Le patron de Danone débarqué, la "prime Macron", la réforme des retraites... Le "8h30 franceinfo" de Geoffroy Roux de Bézieux
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Questions et réponses
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- 0:17OuverteÉludée
Est-ce qu'à la fin, c'est toujours le fric qui gagne ?
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Si vous deviez utiliser un mot pour qualifier l'année qui vient de s'écouler, ce serait quoi ?
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Est-ce qu'il faut des sanctions dans ces cas-là ? Une entreprise qui signe un contrat sur une question aussi cruciale que les vaccins ?
- 4:25RelanceRéponse partielle
Une journée de perdue pour la vaccination est une journée de perdue pour des vies et pour l'économie. C'est ce que vous aviez dit la dernière fois. Là, on a carrément perdu des semaines.
- 5:01OuverteRéponse partielle
Quand vous voyez l'avance de la vaccination au Royaume-Uni, aux États-Unis, vous vous dites pas qu'on va en sortir économiquement écrasés par ces deux puissances ?
- 5:42OuverteRéponse partielle
L'économie tient bon, pour l'instant, grâce à la perfusion du quoi qu'il en coûte ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:36Invité politiqueFait
« J'ai envie de parler de résilience. »
- 10:35Invité politiqueFait
« Les pays qui ont beaucoup vacciné sont dans une logique de baisse des restrictions sanitaires. »
- 11:43Invité politiqueFait
« Il faut ouvrir vite, mais accepter que ce n'est pas tout à fait comme avant. »
Temps de parole
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Bonjour Geoffroy Roux de Bézieux. Oui, bonjour. Le PDG de Danone, Emmanuel Faber, a donc été débarqué cette nuit. Ça faisait des mois qu'il était en conflit avec certains de ses actionnaires qui lui reprochaient, pour faire simple, de faire trop de social, trop d'environnement et pas assez de bénéfices. Est-ce qu'à la fin, c'est toujours le fric qui gagne ?
Moi, j'ai appris, comme vous ce matin, donc je n'ai pas les détails. Je crois que ce qui est important d'Danone, c'est une entreprise un peu particulière parce qu'elle a un projet social et économique, pas depuis quelques années, depuis Antoine Riboud, c'est-à-dire depuis 40 ans. Projet qui vient d'être sanctionné ? Je ne suis pas sûr. Il y a eu des désaccords, semble-t-il. Encore une fois, je parlais avec beaucoup de prudence entre le Conseil et le Président du Conseil, donc à un moment, il faut en tirer les conséquences. Mais Gislep, qui vient d'être nommé, je pense s'inscrire dans cette ligne. Pour moi, ce qui est important, c'est que Danone garde ce double projet, justement.
C'est-à-dire qu'il faut continuer à faire des bénéfices, c'est la pérennité de l'entreprise, mais Danone a toujours eu une dimension particulière, sociale et maintenant écologique. Plus récemment, objectivement. Et je pense que l'objectif, c'est de garder ça. Pour reprendre ma question, le fric ne fait pas tout. Non, je ne crois pas. Je ne crois pas. Au cas particulier, je ne crois pas. Je crois que c'est plus un problème d'hommes et de femmes. J'ajoute une dernière chose. Les fonds dits activistes n'ont que 3% ou 3 ou 4% du capital. Donc, ça compte. Mais il y a 97% d'autres actionnaires. Et au final, tout ça se règle.
Mais ceux qui font basculer la décision ?
Encore une fois, je ne veux pas, je n'étais pas dimanche dans le conseil d'administration. Donc, c'est difficile pour moi de commenter. Au final, si vous voulez, c'est dans une assemblée générale que ça se décide. C'est le vote. Et je suppose que, vous savez, on connaît à l'avance les intentions de vote dans les assemblées générales.
D'un point de vue symbolique, Emmanuel Faber, c'est un patron atypique parce qu'il est partisan d'un capitalisme plus social. Est-ce que vous, vous allez l'appeler pour le soutenir ?
Écoutez, oui. Moi, d'abord, je voudrais rendre hommage à Emmanuel Faber qui a aussi fait avancer tout le monde. Il était peut-être en pointe, si vous voulez. Mais il a été un bon patron de Danone. Donc, je n'ai évidemment pas rien contre Emmanuel Faber.
Alors, Geoffroy Roux de Bézieuil, il y a tout pile un an, le 15 mars 2020, le gouvernement a imposé la fermeture des restaurants, des cafés, des discothèques et cinémas. C'était le début d'un confinement dur. Un an plus tard, les restaurants, les cafés, les discothèques et les cinémas sont toujours fermés. Mais l'on respire un peu plus quand même. Le pays vit toujours au rythme de l'épidémie de Covid. Si vous deviez utiliser un mot, un seul mot pour qualifier l'année qui vient de s'écouler, ce serait quoi ?
Une question compliquée. J'ai envie de parler de résilience. La résilience des Français, d'abord, de tous les Français qui en ont tous, comme vous, comme moi, marre de cette vie, évidemment. La résilience des entreprises qui ont trouvé des solutions pour continuer. Alors, évidemment, celles qui sont fermées, c'est plus compliqué. Résilience globale. Et puis, peut-être aussi l'agilité. Moi, ce qui me frappe beaucoup, c'est qu'effectivement, on pensait que ça durait quelques mois. Mais en même temps, on a trouvé des solutions. Le vaccin, en un an, opérationnel, qui marche. Alors que, normalement, l'industrie pharmaceutique, pour trouver des vaccins, c'est 6, 7, 8 ans, des tests, etc.
Donc, il y a aussi une forme d'inventivité, d'agilité, de génie humain qui s'est manifestée.
Sur les vaccins, Geoffroy Aude-Bézieux, notre sort dépend aujourd'hui de quelques grandes entreprises, parmi lesquelles AstraZeneca, qui ne tient pas ses engagements, avec l'Europe, qui ne livrera environ qu'un quart des vaccins. Est-ce qu'il faut des sanctions dans ces cas-là ? Une entreprise qui signe un contrat sur une question aussi cruciale, aussi vitale que les vaccins ?
Je ne sais pas vous répondre, parce que je ne sais pas pourquoi ils ne livrent pas. Et donc, s'ils ont des difficultés de produire un vaccin qu'ils ont inventé en un an, on peut comprendre qu'il y a de mauvaises surprises. Manifestement, ce qui se passe, c'est pas, en fait, si bien compris, le goulot d'étranglement est plus sur la mise en flacon des vaccins, pour tous les vaccins, que sur la production du vaccin lui-même. C'est pour ça, d'ailleurs, que c'est compliqué, que d'autres fabriquent, vous savez, à Sanofi, c'est proposé pour fabriquer pour le compte 2, et le goulot d'étranglement n'est pas dans la production du vaccin lui-même.
Donc, c'est toujours pareil, un contrat qui n'est pas respecté, quand vous devez livrer une voiture et que vous la livrez 6 mois plus tard, est-ce qu'il y a une sanction ? Ça dépend où est la faute.
Une journée de perdue pour la vaccination est une journée de perdue pour des vies et pour l'économie, pour la reprise. C'est ce que vous aviez dit la dernière fois que vous êtes venu ici. Là, on a carrément perdu des semaines.
C'est toujours vrai. Dans cet ordre-là, d'ailleurs, commençons pas à dire que c'est une journée perdue pour les vies qui vont pas, enfin, les personnes qui vont pas être vaccinées. Après, on a quand même progressé, je sais plus quand j'étais venu la dernière fois, mais le rythme de vaccination française qui était très hors-tard par rapport à la moyenne européenne et puis d'autres pays, là, on est maintenant dans une vitesse de croisière qui fait que les 10 millions, je crois, qui ont été annoncés pour mi-avril, fin avril, devraient être tenus.
Quand vous voyez l'avance de la vaccination au Royaume-Uni, aux États-Unis, vous vous dites pas qu'on va en sortir économiquement écrasés par ces deux puissances ?
Je suis pas sûr que, si vous voulez, les quelques mois d'avance qui ont été pris par le Royaume-Uni, par les États-Unis, jouent vraiment. Parce que si, à la fin de l'année, on a tous réussi à lutter contre la pandémie, que la majorité de la population est vaccinée, à condition qu'elle le veuille, et que donc l'épidémie n'a pas disparu, mais en tout cas qu'elle est à bas bruit, ou en tout cas à un niveau qui permet de vivre normalement, au fond, ces quelques mois ne joueront pas. Ce qui compte, c'est effectivement qu'on ait notre outil de production qui soit préservé, et ça, pour le moment, ça tient, c'est le quoi qu'il en coûte.
L'économie tient bon, pour l'instant, grâce à la perfusion du quoi qu'il en coûte ?
Oui, globalement, avec des exceptions que vous connaissez. Mais, disons-le, on avait un certain nombre de problèmes avant la crise, notamment côté industriel. L'industrie française, en 20 ans, avait à peu près réduit de moitié. Ces problèmes, ils n'ont pas disparu. C'est pour ça qu'il faut, et le plan de relance, de ce point de vue, est très important, il faut reconstruire et continuer à construire une industrie forte en France et en Europe.
Est-ce qu'il est suffisant, notre plan de relance ? Les Américains ont un plan de relance où on va dépenser trois fois plus par habitant que nous, on entend des voix, comme François Bayrou, le commissaire au plan, qui commence à dire que 100 milliards, ce n'est pas assez.
Oui, alors, la comparaison, c'est les 750 milliards du plan de relance européen avec les 1 900 milliards. Sauf que le plan de relance européen, il n'est pas là pour l'instant. Il n'est pas là. Et les 1 900 milliards américains, plus les 900 milliards de Trump avant. Donc, ça fait à peu près 300 millions de milliards. Ça fait beaucoup.
Ça fait beaucoup d'argent aux Etats-Unis, beaucoup plus aux Etats-Unis par habitant.
Mais n'oublions pas d'une chose, c'est que les Américains, c'est une économie sans filet de protection sociale. Vous n'avez pas d'assurance chômage. Vous avez un coût de la santé qui est très élevé, puis qu'on paye sa santé. Il n'y a pas de sécurité sociale. Et donc, pour comparer ce qui est comparable, il faut aussi inclure dans les plans de relance européens, par exemple, le chômage partiel. Quand on met 5 milliards par mois, je crois que c'est le chiffre, sur le chômage partiel, ça rentre dans le plan de relance de manière différente. Les Américains ont envoyé, je ne sais pas si vous avez suivi, 1400 dollars à tous les ménages modestes.
Mais au fond, ça compense l'absence d'assurance chômage, l'absence de RSA. Après, il y a une différence importante de nature. Les montants sont plus élevés, indiscutablement. C'est que c'est un plan beaucoup basé sur la relance par la consommation. Ce qui n'est pas le choix qui a été fait chez nous. Ce qui n'est pas le choix qui a été fait en ce moment. Mais il y a une raison aussi, c'est que les Américains sortent gagnant, et ça répond un peu à votre question, en termes d'industrie et de secteur. Qu'est-ce qui a bénéficié de la crise, en quelque sorte ? Pas bénéficié, mais qui sort renforcé ? C'est le numérique, et c'est la force des Américains.
Donc, ils ont moins besoin, eux, de travailler leur offre, alors que les Européens, et en particulier la France, ont besoin de renforcer son industrie.
Le Fil Info, 8h40 avec Olivia Chandiou. Et on vous retrouve dans un instant, Geoffroy Roux de Bézieux. Retard de livraison, effet secondaire. AstraZeneca se défend dans un communiqué, alors que 6 pays européens, derniers en date, l'Irlande et les Pays-Bas, suspendent l'utilisation de son vaccin anti-Covid. AstraZeneca assure étude à l'appui qu'il n'y a pas de preuve que son vaccin augmente le risque de thrombose. 48 millions d'Italiens sous cloche ce matin. Face à la dégradation de la situation sanitaire, les trois quarts du pays sont reconfinés. Rome impose la fermeture des bars, des restaurants, des magasins non essentiels et des écoles.
L'affronte des bonnets rouges et l'abandon de l'écotaxe était-il il y a 7 ans, mais les députés qui se penchent sur la loi climat viennent de dire oui à des écotaxes régionales. La Fédération Nationale des Transports routiers veut croire sur France Info ce matin qu'il y a encore le temps du débat, mais n'écarte pas une mobilisation. Deux joueurs du Paris Saint-Germain cambriolés hier soir alors qu'ils se faisaient battre au Parc des Princes en clôture de la 29e journée de Ligue 1 par Nantes. De son côté, le leader Lille a fait un match nul, zéro partout contre Monaco. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Avec Geoffroy Roude-Bézieux, le président du MEDEF. Alors selon une analyse de l'INSEE datant de juin 2019, le bassin de l'Île-de-France dégage plus de 40% de la richesse nationale. Qu'est-ce qui se passe si la région est reconfinée ?
Ça dépend un peu du type de confinement, mais évidemment ce n'est pas bon pour l'économie. Maintenant, je vois comme vous les chiffres de tension en réa. Je ne suis pas médecin ni épidémiologiste. Je ne suis pas devenu depuis un an. C'est aux politiques de décider en fonction des chiffres et de l'évolution dans la semaine ou dans les jours qui viennent. On a tout fait pour éviter le confinement. Je pense qu'on a eu raison. C'est six semaines de gagné, plus de gens vaccinés. Peut-être qu'à un moment, il faut y aller, mais ce n'est pas à nous de prendre la décision.
Le confinement, le week-end, est acceptable selon vous ?
L'impact sera significatif. Ça dépend un peu de la gradation et de la durée. C'est surtout ça. Il n'y aurait pas d'opposition du MEDEF ? Il n'y a jamais eu d'opposition. On a eu une opposition au mois de novembre quand on nous parlait de commerce essentiel, de commerce non essentiel. Parce que pour nous, cette distinction n'avait aucun sens. On est sortis de ce débat-là. Après, c'est la durée et surtout, comment on en sort qui est pour nous le plus important.
Alors, tout à l'heure aura lieu à Matignon la troisième conférence sociale de ce quinquennat. Vous allez y participer, évidemment. L'un de ses objectifs, c'est de préparer la vie d'après. La sortie de crise, réfléchir notamment à l'allègement progressif des mesures sanitaires dans les entreprises. Est-ce que c'est déjà le bon moment pour y penser ? Oui. Est-ce qu'il ne s'agirait pas plutôt de les alourdir, aujourd'hui, les règles sanitaires ?
Non, mais je pense qu'il faut commencer à réfléchir à l'après. Parce qu'on voit quand même des pays qui s'en sortent, qui déconfinent, même si d'autres confinent. On voit que les pays qui ont beaucoup vacciné sont dans une logique de baisse des restrictions sanitaires. Donc, il faut y travailler. Avec surtout, comment on, petit à petit, progressivement, de manière habile sectoriellement, on retire, on baisse le quoi qu'il en coûte. On ne peut pas vivre éternellement sous perfusion de l'État. Ce qui est le cas d'un certain nombre de secteurs. Il faut que ça s'arrête cette année. Je vais un peu vous répondre la même chose. C'est-à-dire que ça va dépendre de la situation sanitaire.
Mais tous les indicateurs sur la vaccination semblent indiquer qu'à un certain niveau de vaccination, c'est le syndrome des Anglais, on peut commencer, effectivement, à lever les mesures sanitaires, donc lever les mesures de soutien. Simplement, c'est un peu différent quand vous êtes restaurateur, que vous rouvrez, je ne vais pas donner de date, parce que je ne sais pas quand, mais disons avant l'été, mais qu'on vous donne une jauge de X%, qu'il y a un QR code à l'entrée, etc., évidemment, ce n'est pas tout à fait la même exploitation, le même chiffre d'affaires qu'en temps normal. Donc, il faut que le quoi qu'il en coûte soit réglé un peu en fonction des restrictions sanitaires.
Nous, on a, depuis six mois, je crois que c'est ici, j'avais employé l'expression le monde d'avec. Je constate avec satisfaction, ça a été repris par d'autres, il faut ouvrir vite, mais accepter que ce n'est pas tout à fait comme avant. Donc, les cinémas avec une jauge, il y a les spectacles vivants, qui fait un concert test, pour voir comment on fait pour faire un concert avec moins de monde. Il faut expérimenter, et trouver le bon niveau d'aide qui permet de remettre l'économie au travail, mais en gardant une exploitation, alors, ne prenant pas de bénéfice, mais au moins, ne pas perdre trop d'argent.
Geoffroy Roude-Bézieux, est-ce que l'État a été trop généreux avec son quoi qu'il en coûte ? Maurice Lévy, le président du conseil de surveillance du groupe Publicis, était à votre place il y a quelques semaines, et il nous a donné son avis. Écoutez-le.
Je pense que le gouvernement a été formidable sur l'ouverture des caisses, si j'ose dire, et la possibilité d'aider quasiment tous les secteurs. Et je pense qu'il y a eu quelques largesses qui n'étaient pas absolument indispensables. Je vois autour de moi des tas d'entreprises qui se portent plutôt bien, qui font de très bons parcours, et il n'est pas utile de les soutenir ou de les aider.
Est-ce que, clairement, des entreprises ont profité de la générosité de l'État ?
Non, je ne suis pas d'accord avec ça.
Que, à la marge, il y ait quelques abus. Il y a eu, d'ailleurs, tout simplement des escroqueries. J'ai vu ça, il y a quelques... Bon, on n'en a pas il y a quelques mois.
Au chômage partiel.
Oui, mais globalement, il n'y a pas eu, si vous voulez, d'effet d'aubaine. Et d'ailleurs, les entreprises qui se portent bien, Maurice Lévy a raison de parler d'emprise qui se portent bien, elles ne sont pas aidées. Elles ne bénéficient pas du chômage partiel, elles ne bénéficient pas des fonds de solidarité.
Mais les prêts garantis par l'État aussi ?
Les prêts garantis par l'État. Alors, on arrive à l'année, il y a un centre d'entreprises, alors je ne sais pas combien qui vont les rendre. Ils les ont pris par précaution dans l'inquiétude du mois de mars, ils vont les rendre. Que ça et là, c'est très difficile de faire un système qui est complètement adapté. Il y a eu des gens qui finalement ne s'en sortent pas trop mal, peut-être. C'est pour ça d'ailleurs qu'il faut maintenant rentrer dans une autre phase.
Il y a un autre point qui est au menu de cette conférence sociale. Aujourd'hui, le gouvernement souhaite, semble-t-il, mettre en place une prime pour ceux qu'on avait appelés les travailleurs de la deuxième ligne, les caissiers, les éboueurs, les routiers, effectivement, est-ce que le MEDEF y est, oui ou non, favorable ?
Alors, là-dessus, je pense qu'il y a deux réponses un peu différentes. La première chose, c'est est-ce qu'il y a des métiers qui ont finalement un salaire qui, par rapport à leur utilité sociale, peut paraître insuffisant ? Peut-être. La difficulté, c'est que c'est dans des chaînes de valeur quand les agents de nettoyage, par exemple, il y a un appel d'offres. L'État, pour prendre ces décans, ou les qualités locales mettent ça au prix minimum. Et donc, derrière, très difficile d'augmenter les salaires. Alors, est-ce que la prime que probablement peut répondre ?
Nous, on était défavorable à un système de primes ciblées parce que dans une même entreprise, si vous pouvez donner une prime à une catégorie, pas aux autres, ça crée d'énormes problèmes. Là, ce que va annoncer le gouvernement, semble-t-il, cet après-midi, je ne suis pas complètement sûr, mais en priori, c'est la reconduction de la prime dite prime Macron, que moi, j'appelle la prime patron.
C'est-à-dire primes défiscalisées jusqu'à 1 000 euros. Jusqu'à 1 000 euros, voilà,
pour tous les salariés. Pour tous les salariés. Tous les salariés de France,
donc toutes les entreprises qui voudront bien mettre en place cette prime, mais pas spécifiquement ceux qui ont continué à travailler pendant le confinement en présentiel. Si j'ai bien compris,
un dispositif à 2e état jusqu'à 2 000 euros pour les salariés identifiés comme, ou décrits comme seconde ligne. Le problème, c'est quoi ? C'est qu'on sort d'une année où collectivement, les entreprises françaises, quand on fait l'INSEE, qui dit la somme de tous les comptes d'exploitation, ont perdu de l'argent. Et en particulier, dans ces métiers-là. Alors, pas partout. Vous allez me trouver des exemples. Et il y en a d'entreprises où il y a ce type de profession et qui ont fait une bonne année. Mais globalement, tout simplement, tous les gens qui travaillent pour d'autres entreprises, agents de sécurité, Nettois, etc., avec le télétravail, on réduit.
Ça veut dire que ça va être difficile et que nous, ce qu'on craint, parce que c'est l'argent des autres. L'État dit aux entreprises privées,
donnez des primes. Mais l'argent des entreprises qui a été versé, c'était aussi l'argent des autres. Quelque part, c'était l'argent public, c'était l'argent des impôts. Non, il y a eu une défiscalisation. Vous confondez, pardon. Quand je dis les aides aux entreprises qui ont été accordées, le chômage partiel, c'est aussi l'argent des impôts. Mais bien sûr, mais sauf que l'argent des impôts
que payent aussi les entreprises. Oui, c'est l'argent de tout le monde, on va dire. Mais sans polémiquer, si vous voulez, c'est l'année où le sujet, c'est comment on va pouvoir maintenir des augmentations de salaires ou des primes, alors que la plupart des entreprises, encore une fois, il y a des exceptions, seront dans une situation financière difficile. Et j'ajoute, pardon. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les entreprises
ne vont pas réagir cette prime ?
Je ne sais pas vous dire et je ne peux pas répondre pour toutes les entreprises. Je crains juste que le gouvernement, pour se, entre guillemets, débarrasser de ce sujet, redonne le manche aux entreprises et puis il y aura un effet de déception. J'ajoute, vous savez qu'en France, on a la chance d'avoir un système de partage des profits qui est unique en Europe, participation, intéressement. Mais un des sujets qu'on a, nous, c'est comment ? Parce que si on applique strictement les formules, on risque d'avoir là aussi une baisse forte. Tout simplement, parce qu'évidemment, les bénéfices de l'année 2020, globalement, ne sont pas à la hauteur de ce qu'ils étaient en 2019.
2019, c'était une très bonne année.
Est-ce que vous appelez, par exemple, Geoffroy Roux-de-Bézieux, les entreprises qui ont fait des bénéfices, qui versent des dividendes à verser cette prime à leurs salariés ?
Je ne peux pas appeler parce que toutes les circonstances sont différentes. Ça ne veut rien dire faire des bénéfices. Ça dépend du niveau d'investissement. Donc, chaque entreprise est différente. Alors, c'est qu'ils versent des dividendes. Mais ça, ça veut dire quelque chose.
On en verse, on n'en verse pas.
Pardon ? Le dite répartition de la richesse entre les actionnaires et les salariés. Oui, mais vous simplifiez à l'excès les choses. Verser des dividendes, ça dépend du niveau de dividendes. Le dividende, c'est le loyer du capital. Quand vous avez investi dans une entreprise, vous attendez un loyer, comme vous êtes propriétaire d'un immeuble. On rémunère un risque. Ça rémunère un risque. Les premiers de corvée aussi, ils ont pris des risques. Mais oui, je ne dis pas, pardon, je n'oppose pas le dividende au salaire ou à la prime. Je dis simplement, on ne peut pas généraliser. Si le dividende est en baisse, ce n'est pas la même chose que si le dividende est maintenu ou en hausse.
Je ne sais pas vous dire, sur les résultats 2020, comment seront les dividendes.
Vous résumez clairement cet après-midi, vous n'allez pas soutenir le gouvernement dans cette proposition de verser des primes.
On ne peut pas être contre la possibilité d'une prime des fiscaliers. Mais je dis juste, attention de ne pas créer un énorme étonnant. L'année dernière, 2020, c'était à peu près 5 milliards d'euros qui ont été distribués. Enfin, 2020 pour 2019. Je ne pense pas, ça serait formidable,
mais je ne pense pas qu'on arrive au même chiffre. Geoffroy Roux de Bézieux, vous restez avec nous. Le Fil Info à 8h51 avec Olivia Chandiou. Inceste, viol, agression. Les députés examinent aujourd'hui la proposition de loi pour renforcer la protection des mineurs face aux violences sexuelles déjà adoptées par le Sénat. Le texte propose de fixer un seuil de non-consentement à l'âge de 15 ans. La riposte d'AstraZeneca, le laboratoire se défend et assure dans un communiqué que son vaccin contre le Covid ne cause pas d'effets secondaires et ce, après la suspension de son utilisation dans ses pays européens.
280 000 doses seront livrées cette semaine dans les pharmacies françaises pour la généralisation de la vaccination en officine. Danone tourne la page. Emmanuel Faber, le patron très engagé sur les questions sociales et est remplacé à la présidence du groupe agroalimentaire. Il a été écarté par le conseil d'administration et remplacé hier soir par Gilles Schnepp, ancien PDG de Le Grand. C'est bon, c'est fait. Ticket pour les Jeux Olympiques de Tokyo l'été prochain validé pour l'équipe de France de Handball. Malgré leur défaite hier soir 29 à 28 contre le Portugal, les Bleus premiers du tournoi se qualifient. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec le président du MEDEF, Geoffroy Roux-de-Bézieux. Ce qui n'est pas au menu de la conférence sociale cet après-midi, c'est la réforme de l'assurance chômage qui doit donc s'appliquer au 1er juillet prochain. C'est le bon moment de la mettre en place, cette réforme ?
Toujours compliqué parce que c'est jamais le bon moment. Mais souvenez-vous, il y a un an, jour pour jour, on annonçait un tsunami sur le marché de l'emploi. Les prévisions les plus pessimistes, c'était 1 million de chômeurs en décembre 2020. En réalité, et probablement massivement grâce aux aides et au chômage partiel, on a préservé l'emploi. Il y a eu 300 000 chômeurs de plus. C'est beaucoup, mais pas à la hauteur de l'arrêt économique. Quand le PIB baisse de moins 8, mathématiquement, c'est beaucoup plus.
Après, le problème de l'assurance chômage en France, et on en porte collectivement les partenaires sous une responsabilité, c'est qu'on a un système extrêmement compliqué qui, dans un centre de cas, au fond, pousse à la permittance, pousse les employeurs et les employés à la permittance, c'est-à-dire à enchaîner des périodes de 2-3 jours de contrat. Je travaille le week-end dans un restaurant et en fait, le reste du temps. Et dans ces cas-là, mon revenu est plus élevé que si j'étais sur un contrat plus long. Donc, vous pensez qu'il y a des gens qui font ça volontairement ? Si vous voulez, moi, je ne vais pas accuser ni les employeurs ni les employés de bénéfice du système.
Le système est mal fait. Et donc, il y a cette réforme, cette partie de réforme qu'on avait soutenue, elle reste valable. Simplement, ce que fait le gouvernement avec le gouvernement est d'accord, c'est de le faire rentrer en vigueur que quand le marché du travail reviendra à un niveau normal, donc à des indicateurs notamment de nombre d'embauches qui soient positifs. Après, il y a un autre volet que vous connaissez avec lequel on n'est pas d'accord, c'est ce fameux bonus-manus. C'est le bonus-manus sur les CDD.
Mais qui, lui, entrera en vigueur un peu plus tard. Il faut qu'il y ait 22 secondes alors que la réforme de l'assurance-chemin
c'est dans 3 mois. Pour une raison très simple. Non, pas 3 mois. C'est quand le marché du travail reviendra. La réforme techniquement, mais le cliquet, si vous voulez, n'entra que quand on aura un marché du travail de niveau normal. Sur le bonus-manus, on comprend l'intention. On dit, il y a des employeurs qui, dans le même secteur, font plus ou moins de contrats, donc on va les pénaliser. Sauf que le problème, c'est qu'on compare des choux et des carottes. Dans le même secteur, aujourd'hui, la réforme telle qu'elle est proposée, vous avez les remontées mécaniques et vous avez les transports publics.
Bon, quand vous êtes dans un transport public, la majorité des emplois sont en CDI parce que, quand vous êtes les bus de telle qualité locale, vous avez à peu près, devant vous, la visibilité. Quand vous êtes dans les remontées mécaniques, par construction, vous employez des saisonniers, vous employez les gens 4 mois ou 5 mois par an. Donc, le système, techniquement, ne tient pas à l'autre. C'est ce qu'on dit depuis des mois et des mois. Bon, on n'a pas été entendu.
Vous avez quand même gagné, c'est une petite victoire du MEDEF parce que, comme l'a dit Marc, ça ne va s'appliquer qu'en septembre 2022 et en plus, entre-temps, il y a une élection présidentielle donc il se peut que ça ne s'applique jamais.
Vous savez ça ? Je ne sais pas. Ce n'est pas une victoire du MEDEF parce que, pour une raison très simple, c'est qu'il fallait un benchmark, c'est-à-dire qu'il fallait faire une période d'observation. Et le gouvernement a entendu quand même que l'année 2020 n'est pas tout à fait, en matière d'emploi, une année typique. Donc ça, je pense qu'ils ont à peu près compris cet argument-là. L'autre grande réforme du quinquennat,
celle des retraites, elle est morte et enterrée ?
On aurait posé la question au Premier ministre. Vous avez compris
où on en est de cette réforme-là ?
Je crois, si vous voulez, que c'est une réforme, les retraites, ça concerne tout le monde. C'est le sujet numéro un d'inquiétude des Français. Et d'ailleurs, je pense que les Français, enfin, dans les études qu'on fait, ont montré que le système n'était pas pérenne. Ils ont compris que la retraite par répartition dans une démographie qui se réduit posait un problème. Donc il faut faire quelque chose. Par contre, la réforme qui a été proposée, mal expliquée, mal préparée depuis le début du quinquennat, je pense qu'elle est morte et enterrée parce que les esprits ne sont pas prêts.
Que ce soit côté partenariat, partenaires sociaux, ou tout simplement côté citoyen, n'en tirons pas la conclusion qu'il n'y a pas de problème sur les retraites et qu'il ne faut pas réformer le système. Mais on reprend tout à zéro ? On oublie cette réforme-là ? On reprend tout à zéro ? Il y a des choses qui ont été travaillées. Il ne se fait pas tout à zéro. Mais en tout cas, je pense qu'il faut changer de perspective. J'ajoute un point qu'on a un peu oublié. Nous, on est responsable, les partenaires sociaux, des retraites complémentaires. Ce qu'on appelle Agir Carco. Les Français ne connaissent pas forcément la terminologie. Ils arrivent à la retraite
généralement pour ceux qui sont concernés. Pour ceux qui sont à la retraite,
ils regardent, effectivement, vous avez raison. Et que donc, on a, nous aussi, notre responsabilité. Et dans le cours de l'année, je ne sais pas quand on le fera, il faudra regarder l'évolution d'Agir Carco, le déficit prévisionnel et éventuellement ce qu'il faut faire pour le corriger. Merci à vous, Geoffroy Roux de Bézieux. Bonne journée.