L'interview : Fabien Roussel - 31/01
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC, l'interview, Apolline de Valherbe. Bonjour Fabien Roussel, merci de répondre à mes questions ce matin. Sur RMC BFM TV, vous êtes le candidat du PCF, le parti communiste. D'abord une question, est-ce qu'elle vous a appelé alors, Christiane Taubira, ça y est ? Non. Non ?
Non, elle ne m'a pas encore appelé. Elle a votre numéro ? Elle a mon numéro de téléphone, mais on s'est déjà parlé, et donc voilà.
Vous allez décrocher ?
Elle, bien sûr.
Non, mais on se pose la question maintenant, vous le savez bien après, les appels.
Je parle avec tout le monde, nous parlons avec tout le monde depuis le début, depuis toujours, et nous continuerons de parler avec tout le monde.
Parler c'est bien, mais est-ce que vous ferez l'union ? C'est évidemment ce que demande Christiane Taubira après sa réussite hier à la primaire populaire. Est-ce que vous pourriez vous ranger derrière Christiane Taubira ? Parce que c'est évidemment la question qu'elle va vous poser.
Mais je regrette d'abord que cette primaire populaire ait fait le choix de faire voter sur des personnalités, sur des noms, et pas sur un programme. J'ai été exclu de cette primaire, qui dit quand même un petit peu de ce que ça peut représenter. Et pourtant, 460 000 personnes s'y sont inscrites, ce qui veut dire qu'il y a quand même une attente, un espoir, une volonté que la gauche puisse l'emporter. Mais ce que nous disons, nous, c'est que c'est le contenu, c'est le programme qui compte.
Et moi, je tiens à porter la question sociale, la question du pouvoir d'achat, la question de l'énergie, du travail, des salaires, des retraites au cœur de la campagne, parce que c'est ce que j'entends tous les jours, à l'heure où c'est l'hiver, où il fait froid, où les gens bloquent leur chauffage à 17 degrés. Donc moi, je veux porter cette question du programme. Mettre la question du pouvoir d'achat et de la vie chère, des salaires, au cœur de la présidentielle.
On va en parler, et on va vraiment prendre le temps d'entendre vos réponses sur toutes ces questions de vie quotidienne des Français. Enfin, malgré tout, je vous repose la question. Cette primaire populaire, vous, vous avez l'air de dire que ce n'est pas rien. Vous ne dites pas qu'on balaye d'un revers de main. Anne Hidalgo a dit, ça y est, pour moi, c'est fini cette histoire de primaire. Yannick Jadot a dit, moi, je ne répondrai rien à Christiane Taubira. Vous, vous direz quoi ?
Je dirais que les idées que nous défendons ont vocation à être présentées aux Français. Donc, je ne me rallierai pas derrière Christiane Taubira. Elle n'a, pour l'instant, pas de programme. Elle a été désignée. Et donc, on ne sait même pas sur quel programme elle va se présenter. Quand même, à 69 jours du premier tour, c'est une question, c'est un sujet. Moi, j'ai bien montré ma différence.
Mais elle a une légitimité, désormais ? Est-ce que ça donne une légitimité ? Ou est-ce qu'au contraire, vous vous dites que c'est important ?
Elle ne voulait pas être une candidature de plus. Elle sera une candidature de plus. Surtout, ce qui est important, c'est quelles sont les idées qu'elle va défendre. Et moi, ce sont les idées qui sont importantes. Le programme. Et moi, j'ai marqué ma différence depuis le début. En incarnant une gauche populaire, sociale, républicaine. Je veux véritablement mettre cette question du pouvoir d'achat, des salaires et des retraites au cœur de la campagne. J'ai marqué ma différence sur le revenu. Vous avez vu, je ne suis pas pour le revenu universel, qui est un revenu d'assistance. Je suis pour un revenu issu du travail. Je mets la question énergétique.
Que le travail paye, quoi.
Que le travail paye. Je suis pour que l'on mette la question de l'énergie au cœur de la campagne. Parce que c'est fondamental. D'abord, pour baisser la facture d'électricité des gens.
Ce n'est pas tout le programme d'un coup.
Non, mais sur ces questions-là, c'est une vraie différence que j'ai. Mais justement. Et cette différence-là, je suis le seul à gauche. Le seul à gauche à la portée. Et donc, je demande tout simplement est-ce que le débat s'ouvre et que les Français puissent avoir le choix.
Est-ce que vous vous dites, quand vous dites le débat s'ouvre, est-ce que vous pourriez demander à débattre ? Alors elle, elle dit, je vais appeler Yannick, Jean-Luc, Fabien, Anne. Est-ce que tous ensemble, vous dites, débattons, organisons un débat. Nous, on est sûrement prêts à l'organiser pour vous si vous avez besoin. Organisons un débat pour confronter toutes ces idées-là. Finalement, vous parlez chacun dans votre coin par téléphone. Mais les Français, ils peuvent peut-être vouloir juger.
Maintenant, on est à 69 jours du premier tour. Chacun a écrit son programme. Nous, nous l'avons écrit ces deux dernières années au fil des rencontres que j'ai eues avec le monde du travail. Il est là. Il est accessible sur Internet.
Alors, il est là pour nos auditeurs d'RMC. C'est un petit livre que vous vendissez. Un livre où vous avez tout votre programme. Voilà.
Téléchargeable. C'est son nom est trébuchant. Téléchargeable en PDF gratuitement. Et il sera même accessible en facile à lire et à comprendre.
Celui de Jean-Luc Mélenchon, il est payant.
Pour les personnes en situation de handicap. Je remarque que vous, c'est gratuit. Non, non. Il est à 2 euros. Mais vous le trouverez parmi les comités des jours heureux qui le distribuent.
Les comités des jours heureux.
Les comités des jours heureux.
On a envie de rêver un petit peu.
Mais vous ne pensez pas qu'à l'occasion de cette élection présidentielle, on a besoin justement d'espoir, de réformes heureuses et de montrer aux Français qu'on peut sortir la France de l'ornière dans laquelle elle est aujourd'hui.
Mais François Hollande, vous avez déjà fait le coup avec le rêve français qu'il fallait réenchanter.
Et on a vu derrière ce qu'il en a fait. C'est exactement ce que j'allais vous dire. Mais ce qui montre justement qu'il y a une gauche. Une gauche qui est allée au pouvoir avec les écologistes d'ailleurs en 2012. et qui a douché les espoirs du monde du travail et des Français. Et donc, il est important de faire renaître un véritable espoir. À gauche, mais pas seulement à gauche. Pour la France, moi je souhaite m'adresser à tout le monde, à tous les Français. Je ne demande pas leur carte d'électeur. Je ne demande pas ce qu'ils ont pu voter avant. Je pense qu'il y a besoin que le peuple de France, le monde du travail, les retraités, la jeunesse se lèvent et qu'ils parlent de jours heureux.
On en a tellement besoin. On a tellement besoin de se dire que c'est possible d'avoir des hôpitaux qui fonctionnent, des écoles où on a des professeurs remplacés. C'est possible d'avoir un salaire qui nous permette de vivre dignement. Ce mot de dignité, vous ne pouvez pas savoir à quel point je l'entends partout, à l'occasion de toutes mes rencontres. Que ce soit dans mes permanences, chez moi à Saint-Amant-les-Eaux, ou dans mon tour de France des entreprises. La dignité. La dignité au travail. Pouvoir vivre dignement de son salaire. Pouvoir vivre dignement de sa retraite quand on a bossé pendant 40 ans.
Précisément, cette question des salaires, du travail, quand vous voyez sur la question du pouvoir d'achat, j'ai envie de vous poser la question que je pose presque à tous les candidats. Parce que cette baguette à 29 centimes, proposée par Michel-Édouard Leclerc, c'est devenu presque le symptôme et le symbole de ce pouvoir d'achat. Est-ce que vous, Fabien Roussel, vous considérez qu'une baguette à 29 centimes, c'est une bonne nouvelle ou c'est une mauvaise nouvelle ?
Mais de deux choses l'une. Où il y avait beaucoup de marge sur cette baguette qui était vendue à Leclerc, ou c'est une vente à perte, ce qui est interdit. Mais en tout cas, vous avez raison.
Il dit que c'est une vente à prix coûtant, pour être très précis.
Oui, c'est une vente à prix coûtant. Ça crée un débat avec les artisans, boulangers, qui subissent du coup une concurrence déloyale. Parce que quand Leclerc vend à prix coûtant sa baguette, ce qui peut répondre aux besoins de certains de nos concitoyens. De l'autre côté, il se rattrape sur d'autres ventes, sur l'alcool, sur d'autres produits, ce que ne peut pas faire un boulanger.
Oui, mais je vous en trouve un peu tiraillé. Parce que d'un côté, vous dites, il faut que les plus modestes puissent acheter des baguettes.
Mais parce qu'on se retrouve dans une société... Et en même temps, vous êtes pour le bien vivre, le bien manger comme vous dites. Mais parce qu'on se retrouve dans une société où en gros, si on n'a pas un Leclerc qui peut se permettre de faire ça, on n'a pas accès à un bon pain. Pourquoi on ne fait pas aussi, à prix coûtant, des voitures propres, électriques, hybrides ? Et puis, qu'il se fasse une marge sur la Porsche Cayenne. Mais non, mais parce que pourquoi c'est que la baguette ? Pourquoi on n'arrive pas à garantir à chacun l'accès à une bonne viande, à des fruits et légumes, à des fromages ?
Vous savez, le prix que ça représente, c'est plus de 20 euros le kilo pour ces produits que je viens de citer, la viande et le fromage.
C'est peut-être aussi parce qu'on veut bien payer nos agriculteurs, non ? Et ça, vous êtes contre ?
Mais non, mais justement, c'est pour ça que la question du prix de l'alimentation, la question de la rémunération des agriculteurs, c'est un ensemble. Et la question des artisans, des commerçants, des bouchers, des pâtissiers, des boulangers, qui vendent ces produits. Cette question, on doit la poser tous ensemble. Moi, j'ai fait une proposition, c'est de mettre tous ensemble, quand je serai président de la République, si je le suis, si les Français me font confiance, je mettrai tout le monde dans une salle à l'Elysée, avec un bon repas, et je leur demanderai de se mettre d'accord. Des producteurs, jusqu'aux distributeurs, grandes surfaces, mais aussi industrie agroalimentaire.
C'est pas ce qu'ils sont en train de faire, là ? Et ce que je souhaite, c'est que l'on garantisse des prix rémunérateurs aux agriculteurs, des prix corrects pour les consommateurs, et que la marge qui est réalisée, elle soit équitablement répartie. Je suis désolée de vous décevoir. Et la loi est galime. Mais c'est déjà ce qu'il est fait.
Ils sont déjà tous ensemble autour d'une table, ils n'arrivent pas à se mettre d'accord. Alors peut-être qu'il leur manque le bon vin et le bon fromage autour d'une table.
Tout ce qui leur manque, c'est qu'il n'y a pas de pouvoir de coercition de la part de l'État qui dit stop. Là, vous ne dites pas tout, messieurs de la grande surface ou de l'industrie de l'agroalimentaire. Ils ne veulent pas donner les marges véritables qu'ils se font au nom du secret industriel et professionnel. Ce n'est pas juste. La transparence doit être totale. Et l'État, en dernier ressort, doit pouvoir intervenir en disant le prix du lait, ce sera ça. Le prix du bœuf pour un élevage en plein air respectant la nature et le vivant, c'est celui-là.
Et puis au bout de la chaîne, pour pouvoir s'acheter une bonne viande, un bon fromage, un bon vin ou une bonne bière ou de l'eau minérale de Saint-Amand-les-Eaux, il faut des bons salaires. Il faut des bons salaires. Parce que quand bien même nous arrivons à mettre d'accord la filière derrière, comment va faire un retraité ou une retraitée avec 950 euros de pension qui voit sa facture d'électricité flambée ? Ils ne pourront quand même pas s'acheter ces bons produits. Quand même un ouvrier, il est réduit à s'acheter des steaks hachés importés de mauvaise qualité. C'est ça, c'est ce à quoi on veut réduire.
Une France à deux vitesses face à l'alimentation. Mais ce n'est pas possible. Je voudrais aussi vous poser la question du prix. On a parlé beaucoup de l'essence. Vous avez été favorable à l'idée de la TIPP flottante à nouveau, de la baisse des taxes. Il y a une question aujourd'hui qui se pose qui est celle des péages, du prix des péages qui va augmenter. Est-ce que l'État doit s'engager là-dessus ?
Quel scandale ! Quel scandale que cette privatisation des autoroutes faite il y a 14 ans, je crois, aujourd'hui. Et tous les rapports, tous les rapports qui ont été faits de droite et de gauche disent que c'est un véritable scandale puisque les deux actionnaires, les deux opérateurs privés, Vinci et Effage, à partir de cette année d'ailleurs, vont gagner 7 milliards d'euros, gagner 7 milliards d'euros sur le dos des automobilistes, sur le dos de la hausse des prix des péages qui va augmenter de 2% à partir de demain. Alors que si l'État était resté propriétaire de ces autoroutes, il n'aurait pas augmenté les prix des péages comme cela.
Est-ce qu'il faut bloquer le prix des péages ? Est-ce qu'il faut que l'État dise non, c'est 2% par question ?
Mais on n'a pas la main. On a vendu aux opérateurs privés. Vous ferez quoi ? Moi, ce que je ferai, c'est que je ne renouvellerai pas les concessions d'autoroutes pour que l'État reprenne la main petit à petit sur toutes ces concessions. Ça va prendre du temps. Non, parce que dans les années qui viennent, des concessions vont être renouvelées. Nous voulons renationaliser les autoroutes en reprenant les concessions au fur et à mesure, reprendre la main sur le trafic, sur ces grandes routes françaises qui permettent quand même à des familles de partir en vacances avec leur caravane et qui sont aujourd'hui taxées encore une fois au porte-monnaie.
Donc, si vous ajoutez le péage, l'essence, les assurances qui augmentent, on ne s'en sort plus. Même le droit aux vacances est attaqué.
La question du droit aux soins, de l'égalité face aux soins, j'en ai parlé toute la matinée sur RMC avec une matinale spéciale santé. C'est une des préoccupations majeures des Français aujourd'hui avec la question de la sécurité et du pouvoir d'achat. Sur les déserts médicaux, qu'est-ce que vous ferez ? Est-ce que vous allez contraindre les jeunes médecins ou les médecins à aller s'installer dans des déserts médicaux sachant qu'il y en a quasiment partout en France ?
Des déserts médicaux, il y en a partout. Dans les zones urbaines, dans ces monts peuplés, je pense notamment à la Seine-Saint-de-Nile, Val-de-Marne où je vais me rendre d'ailleurs jeudi. Mais il y en a aussi beaucoup dans les territoires ruraux, dans les zones rurales. C'est terrible. Et donc, on n'a pas accès aux soins. Il manque de maternité. Il y a des centaines de milliers de femmes en âge d'avoir des enfants qui se trouvent à plus de 30 minutes. Sur le constat, on est d'accord. Et je crois vraiment qu'aujourd'hui, tout le monde est d'accord. Quelle est la solution que vous, Fabien Rousset,
sur l'AMC et BFM TV ?
Nous, ce que nous proposons, c'est de lever vraiment le numerus clausus. Permettre à 12 000 médecins, 12 à 15 000 médecins par an de pouvoir exercer la profession. Nous demandons à ce que l'installation de médecins dans des zones densément peuplées en médecins se fasse s'il y a le départ d'un médecin. C'est-à-dire, un médecin aura le droit de s'installer dans une zone qui n'est pas un désert médical s'il y a un départ.
Donc là, maintenant,
on n'en rajoute plus. Non, on n'en rajoute plus. Pour inciter les médecins à aller dans les zones, dans les déserts médicaux. Est-ce que vous pourriez autoriser
les infirmiers à faire davantage d'actes, par exemple ? Ça, c'est une de leurs revendications. C'est une information à l'AMC ce matin. Les infirmiers libéraux qui disent laissez-nous faire des actes pour un certain nombre de soins dont on a l'habitude pour pouvoir renouveler les ordonnances, par exemple, ce qu'ils n'ont toujours pas le droit de faire aujourd'hui.
C'est quelque chose à étudier. Je vous avouerai que je n'ai pas étudié la question, donc je ne vais pas vous répondre parce que là, là-dessus en particulier, je ne peux pas vous dire. Mais ce que nous demandons, nous, c'est l'installation de médecins dans des zones rurales, le favoriser, mais surtout, la réouverture d'hôpitaux de proximité, de maternité de proximité. Aujourd'hui, ces 15 dernières années, tout a été fait pour concentrer l'hospitalisation dans des grands hôpitaux. On a fusionné des hôpitaux de proximité. Du coup, dans des zones rurales, dans des départements ruraux, nous sommes en perte d'accès aux soins. On a fermé des services d'urgence et c'est ça qu'il faut faire.
C'est un investissement lourd, important, mais ça va contribuer à la richesse du pays si les gens sont bien soignés, si on fait de la politique de prévention, si on soigne le cancer suffisamment tôt, on sauve des vies. Donc, c'est important que la santé n'a pas de prix, on n'a pas d'économie à faire sur la santé.
Avec une conséquence terrible, c'est un chiffre que l'Association des maires de France donne. Il y a deux ans d'espérance de vie en moins que vous habitiez à la campagne vis-à-vis des Français qui habitent en ville. Fabien Roussel, le contexte de cette campagne, vous l'avez vu, ces images, Jean Castex, le Premier ministre qui a été hué samedi, hué, sifflé par des antivax, Castex en prison, assassin, honte à la France. Qu'est-ce que vous pensez de ces images et de ce climat de violence ?
Ce climat de violence, je le déteste. Je condamne d'ailleurs toutes ces formes d'agression, d'insulte. Le débat politique ne doit pas être celui de l'insulte, de la dispute. Chacun doit pouvoir présenter ses idées et son programme tranquillement et les Français font leur choix. Moi-même, vous avez vu, à Bayonne, mon affiche a été insultée à côté d'une affiche de Richard Anconina qui est en spectacle et sur laquelle a été dessinée l'étoile juive. Et moi, j'ai été insulté avec un Z en dessous.
Vous imaginez que c'est Zemmour, c'est ça ? C'est complice ? C'est l'enquête que le dira.
Peut-être. En tout cas, c'est lui qui signe ses affiches et ses slogans de cette manière. Mais les auteurs, en tout cas, ont fait le choix là aussi de m'insulter d'un acte antisémite caractérisé à l'encontre de Richard Anconina. Si le débat politique se rabaisse à ça, ça révèle aussi le climat politique en France. L'insulte raciste, l'insulte antisémite, le sectarisme dont fait l'objet le président, le premier ministre. Moi, je ne partage pas du tout la politique du gouvernement. Je la combats. Mais il faut la combattre avec des idées sur le fond et sans tomber au ras des pâquerettes, au ras du caniveau.
Est-ce que ce n'est pas au fond sur cette question précisément de la sécurité qu'il y a le plus grand différentiel entre vous et un Jean-Luc Mélenchon ou une Christiane Taubira ? Vous avez depuis le début décidé, et c'était par exemple symptomatique, vous avez été à la fameuse manifestation de soutien aux policiers qui avaient eu lieu devant l'Assemblée nationale qui est une manifestation qui a été condamnée par vos concurrents de gauche.
Oui, ils étaient d'ailleurs. Mais ce que nous avons condamné lors de cette manifestation, ce sont les propos antirépublicains tenus par le syndicat Alliance qui a tapé fort sur la justice sur son travail alors que la justice a besoin d'être soutenue et a besoin de moyens humains. Mais sur la question de la sécurité, je reviens pour répondre à votre question. Donc je réponds à votre question. Oui, il y a besoin de faire de la sécurité un sujet important parce que les politiques de droite et le programme de l'extrême droite font du mal à la sécurité de notre pays. Ils ont déshabillé les forces de sécurité intérieure, la gendarmerie et la police nationale.
C'est sous le gouvernement Sarkozy qu'il y a eu 10 000 suppressions de postes. Les services de renseignement généraux ont été supprimés alors qu'il y avait besoin de mettre des moyens dans la lutte contre le terrorisme. Donc il y a besoin de remettre des moyens humains, de remettre du fond et du contenu dans le travail de la police. Au fond,
c'était devenu un gros mot à gauche.
Non, oui, c'est devenu un gros mot à gauche de la part de ceux qui ne veulent pas entendre que chez nos concitoyens il y a un souhait profond de tranquillité publique et de sécurité. Tout le monde doit avoir le droit à la sécurité et à la tranquillité publique.
Que ce soit la personne âgée, isolée qui vit à la campagne ou que ce soit les familles qui vivent dans des tours, dans des quartiers où il y a beaucoup de richesses dans la vie associative mais où les maires, les élus se trouvent particulièrement démunis parce que le commissariat n'a plus de moyens voir où ils l'ont fermé comme me l'a raconté le maire de Grigny qui est le champion du monde des maires qui a été élu champion du monde des maires et qui lui se trouve dans une zone dans ces monts peuplés, un banlieue parisienne et où on a supprimé des moyens de police. Donc il faut remettre de la police, de proximité.
Donc vous ne diriez pas comme Jean-Luc Mélenchon la semaine dernière en marge d'une manifestation où le slogan était tout le monde tout le monde déteste la police et lui il a dit bah oui beaucoup de monde déteste la police il faut peut-être s'en rendre compte. Vous vous auriez condamné ce slogan ?
Je condamne ce slogan parce que je ne le partage pas. Nous avons besoin au contraire de redonner des moyens à la police afin qu'elle puisse exercer correctement ses missions. Il y a besoin d'améliorer la formation de la police. Il y a besoin aussi d'avoir une autorité indépendante pour pouvoir juger les violences policières car elles existent aussi et donc quand elles ont lieu il faut pouvoir enquêter de manière indépendante et donc c'est une question d'objectifs et de moyens. Mais je ne voudrais pas que la sécurité que les moyens policiers soient entendus comme étant le seul moyen de remettre de la tranquillité publique dans les quartiers dans les villes et les villages.
Il faut aussi remettre des services publics des éducateurs y mettre des écoles de la culture de l'art du sport. Vous savez quand j'ai dit tout le monde a le droit au bon en parlant de la nourriture j'ai dit aussi tout le monde a le droit au beau parce qu'on a aussi besoin de culture de création.
Vous avez un peu l'ailluminé quand vous dites ça quand même Fabien. Il y a un petit côté le bonheur.
Madame de Malerme que c'est être illuminé que de défendre le bon et le beau pour tout le monde pour ceux qui travaillent pour les enfants pour des mères de famille des parents isolés on devrait la France justement des lumières c'est celle-là.
Le candidat de gauche préféré des gens de droite est-ce que ça vous insulte ça ?
Ce que j'entends de la part des dirigeants de droite c'est qu'ils ont mal lu mon programme et c'est une boutade de leur part ils voteront jamais pour moi. En revanche j'entends j'en ai encore rencontré chez moi ce week-end des électeurs qui ont voté à droite mais qui ont voté à droite pour la personne et qui aujourd'hui se reconnaissent dans le programme que je porte parce que je porte des questions sociales. Voir même
très à droite. Pardon mais vous avez dit cette phrase et je l'ai noté vous avez dit je ne demanderai jamais ce qu'ils ont pu voter avant à mes électeurs. Vous pensez en particulier au Front National ?
Oui parce que je connais aussi des électeurs qui ont pu voter à l'extrême droite et qui aujourd'hui sont déçus et ils se rendent compte qu'ils se sont troupés de colère ils sont en colère et moi je les appelle à faire de la question sociale de la reprise du pouvoir sur l'argent le cœur du projet politique que l'on doit avoir pour la France.
l'ennemi ce n'est pas l'immigré et l'immigration massive quand les usines délocalisent quand nos moyens dans nos hôpitaux publics et dans nos écoles sont affaiblis ce n'est pas à cause de l'immigration massive c'est ça que je veux dire à tous ces français et quand il n'y a pas de candidature de droite sociale aujourd'hui je pense à Xavier Bertrand qui n'est pas présent
donc vous dites je peux être le candidat de la droite sociale
mais bien sûr que j'entends des gens qui sont préoccupés par le pouvoir d'achat et qui pourraient se retrouver dans le programme que je porte
et ils vous entendent ce matin en tout cas vous l'avez dit je m'adresse à tous les français Fabien Roussel merci d'avoir répondu à mes questions sur RMC et BFM TD c'est
Fabien Roussel