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interviewRMC — Face à Face· 20 octobre 2021 21 min

L'invité de Bourdin Direct : Jordan Bardella - 20/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC Jourdain Direct. Jean-Jacques Bourdin. Jordan Bardella, bonjour. Président du Rassemblement National et député européen, Jordan Bardella. Ça fait des mois qu'ici, on dit que le pouvoir d'achat et la préoccupation première des Français s'est confirmé de jour en jour. Le plein, essence, gasoil, cuve du fioul est très cher aujourd'hui. Le gouvernement n'a pas encore dit ce qu'il allait faire. Vous proposez une baisse des taxes sur les carburants, baisse de la TVA de 20 à 5,5, c'est ça ?

0:35
Jordan Bardella

Ce qu'on propose, c'est de décréter l'ensemble des produits énergétiques, l'essence, le gaz, le fioul, tout ce qui a trait à l'énergie comme des produits de première nécessité. Et nous proposons notamment de passer la TVA de 20% à 5,5. C'est immédiat, tout de suite, et ça permettrait notamment sur un plein de 40 litres de gagner 8 euros à la pompe. Mais 8 euros par semaine pour nos concitoyens, c'est énorme. On est ici à Paris où le prix du litre a atteint des sommets de parfois 2 euros dans certains arrondissements de la capitale. Donc il faut agir très vite, tout de suite, sur ces produits énergétiques.

Et il est évident qu'à l'heure où la trêve hivernale va démarrer, vivre dans un pays où un Français sur 5 dit avoir renoncé à se chauffer l'an dernier parce qu'il n'en avait pas les moyens. Et qu'un Français sur 4, un Français sur 4, dit aujourd'hui, ne plus avoir les moyens de régler ses factures d'électricité et de gaz, c'est inacceptable. Donc le pouvoir d'achat doit être une urgence absolue. Et nous proposons notamment cette baisse de la TVA qui permettrait dès demain matin d'alléger les dépenses contraintes de nos concitoyens.

1:41
Présentateur

Alors, le prix du carburant est très haut, donc vous proposez une baisse de la TVA. Mais si les prix du carburant baissent, que faites-vous ? Remonter la TVA ou c'est définitive cette baisse à 5,5 ?

1:54
Jordan Bardella

Non, il y a un scandale sur l'essence et que nos concitoyens paient, vous le savez, 60% de taxes, M. Bourdin. 58% exactement. J'ai entendu un automobiliste dire que c'est un véritable braquage lorsque les automobilistes vont faire le plein à la pompe. Or, contrairement à ce que pensent beaucoup et notamment beaucoup d'écolos, les Français ont besoin de leur voiture pour aller travailler. Il y a des Français qui font des dizaines de kilomètres par jour pour aller travailler, pour emmener les enfants à l'école, pour aller faire les courses quand on est loin des grandes villes. Or, il y a une double peine aujourd'hui, c'est que sur un plein de 60 euros, il y a 36 euros de taxes.

36 euros de taxes sur 60 euros, donc l'État peut agir dès demain matin. Et surtout, il y a une double peine qui fait qu'on paie des taxes sur les taxes. Il y a une taxe essentielle sur l'énergie qu'on appelle la TICPE. Et sur la TICPE, les Français paient de la TVA. Donc c'est un scandale, il faut le supprimer. Donc vous ne baissez pas la TICPE ? Non, nous supprimerons, enfin nous passerons en tout cas la TVA de 20% à 5,5%. La TVA, ça représente 20 centimes à peu près sur un litre. La TVA uniquement sur un plein, je peux vous dire que c'est beaucoup. Pourquoi ne pas baisser la TICPE ?

Et je vais vous dire, et on n'exclut pas le principe d'une TIPPE flottante, d'une TICPE flottante, qui vient de s'ajuster exactement en fonction des prix des carburants. En fonction des prix des carburants. Mais il est clair que le chèque énergie qui est proposé par le gouvernement, il est dérisoire. Non, on ne sait pas. Chèque énergie, peut-être. Taxe flottante, peut-être. On ne sait pas, c'est inquiétant. Peut-être. On ne sait pas, c'est inquiétant. Parce que ce chèque énergie, si vous voulez, moi j'entendais un chef d'entreprise le dire, et je crois qu'il a raison, on nous casse la jambe avec 60% de taxes, et on vient nous offrir la béquille.

Bon, donc cette situation, elle n'est pas admissible. Et encore une fois, je ne conçois pas l'idée que des Français renoncent à se chauffer ou à se déplacer cet hiver. C'est vrai également sur les prix du gaz. Parce qu'il y a 9 millions de Français qui se chauffent au gaz dans notre pays. Le gaz a augmenté depuis le mois de janvier, permettez-moi, de 57%. De 57% depuis le 1er janvier. À cause de quoi ? Une facture annuelle. À cause des taxes. En grande partie. Le gaz a augmenté à cause des taxes. À cause des prix mondiaux. Bon, soyons honnêtes. Oui, mais quand vous avez plus de tiers du prix qui est composé de taxes, le gouvernement peut baisser les prix.

57% d'augmentation sur les prix du gaz. Je vous donne un chiffre. La facture annuelle d'un ménage de gaz, d'une famille qui se chauffe au gaz, c'est 800 euros. Avec l'augmentation de 57%, la facture passe à 1250 euros. Donc, il y a des millions de Français qui, aujourd'hui, ne savent pas comment est-ce qu'ils vont boucler les fins de mois ou comment est-ce qu'ils vont faire pour se chauffer. Donc, nous aimerions que le gouvernement prenne ses préoccupations à bras-le-corps. Alors même, je vous le rappelle, que le prix de l'essence, notamment, est plus élevé qu'il ne l'était en octobre 2018, lorsqu'a éclaté ce mouvement des Gilets-Joens.

Même si le prix de l'essence en France est dans la moyenne européenne. Je veux dire, si Marine Le Pen est élue présidente de la République, nous rendrons 200 euros de pouvoir d'achat par mois aux Français. Ça passera notamment par cette baisse de la TVA sur les produits énergétiques. Il y a d'autres diminutions des dépenses contraintes que nous allons proposer. Mais notre volonté, c'est de rendre 200 euros de pouvoir d'achat. Il y a cette histoire de la TVA, dont je viens de vous parler. La diminution de 50% de la CSPE, qui est la taxe sur l'électricité, qui est la principale taxe sur l'électricité. La baisse des tarifs des péages de 20%. La suppression de la redevance télé.

Et quand on voit, si vous voulez, la tonalité des blagues vaseuses du service public sur les gens qui votent pour le Rassemblement National. C'est-à-dire... Vous pensez à quoi ? Je pense par exemple à la chronique de votre confrère Charline Von Ecker, qui permet de se moquer d'un certain nombre de journalistes avec des propos, de journalistes, de politiques avec des propos qui sont assez limites. Il n'y a aucun problème pour le faire. Je suis pour la liberté d'expression et la liberté de la presse, mais sans nos impôts, voyez-vous. Donc nous allons faire faire cette économie-là à nos concitoyens.

Et nous attribuons également une deuxième part pleine en matière de fiscalité aux familles qui ont deux enfants, ce qui permettra à une famille qui a deux enfants de gagner 500 euros de pouvoir d'achat par an. Donc l'idée, notre projet, c'est de rendre aux Français leur pays et leur argent. Leur pays en stoppant l'immigration et leur argent en arrêtant le matraquage fiscal qui n'a que trop duré. La France est le pays dans lequel les prélèvements obligatoires sont les plus hauts. 48% de prélèvements obligatoires. Et beaucoup de nos concitoyens se demandent où passe l'argent. Et s'agissant des économies à faire dans le budget de l'État, croyez-moi qu'il y en a beaucoup.

6:09
Présentateur

Bien, où passe l'argent ? On va poser la question, Jordan Bardella. La France ne va pas si mal que ça. Un taux de chômage qui a considérablement baissé. D'ailleurs, à ce propos, comment faites-vous pour aider les entreprises qui cherchent de la main-d'œuvre avec un chômage bas ? Comment faites-vous ? Que proposez-vous ?

6:27
Jordan Bardella

D'abord, d'arrêter l'immigration. En Grande-Bretagne... C'est ce qui va permettre de trouver de la main-d'œuvre. Écoutez, d'abord, on parle du pouvoir d'achat. Non, non, non, je ne vous parle pas du pouvoir d'achat, là.

6:38
Présentateur

Je vous demande la main-d'œuvre. Comment faites-vous pour trouver de la main-d'œuvre ?

6:42
Jordan Bardella

Je vais vous répondre. Mais juste pour finir sur le pouvoir d'achat, pour augmenter les salaires. En Grande-Bretagne, ils ont arrêté l'immigration clandestine. Ils ont fait augmenter directement de 8% le salaire moyen en Angleterre. Ce qui veut donc dire que l'immigration est aujourd'hui pesée, est utilisée pour faire peser à la baisse sur les salaires. Et que de recourir à une main-d'œuvre étrangère permet évidemment d'avoir des salaires qui sont beaucoup moins attractifs pour les salariés français. Donc les responsables, ce sont les chefs d'entreprise qui ont recours à la main-d'œuvre étrangère. Beaucoup de grandes boîtes en profitent. Et des moins grandes.

Nous allons faire le patriotisme économique. Nous allons donner une priorité d'accès, par exemple, à nos TPE-PME dans la commande publique. Et puis, nous allons faire des efforts sur la formation professionnelle. Parce que le drame aujourd'hui pour un jeune qui obtient son diplôme, pour un jeune de 20-25 ans qui finit ses études, c'est qu'une grande partie de nos jeunes aujourd'hui soit tentée de partir à l'étranger parce que la France n'offre pas le cadre économique, social pour pouvoir créer son entreprise et pour pouvoir, évidemment, réaliser son projet professionnel en France.

7:40
Présentateur

C'est l'un des pays d'Europe où l'on crée le plus d'entreprises, la France. Jordan Bardella, vous ne m'avez pas répondu. Comment faites-vous pour aider les chefs d'entreprise à trouver de la main-d'œuvre, à trouver des salariés, avec un chômage bas ? Les chefs d'entreprise nous disent quoi aujourd'hui ?

7:56
Jordan Bardella

Ils nous disent qu'ils ne trouvent pas de main-d'œuvre. Ils nous disent qu'ils ne trouvent pas de main-d'œuvre dans un certain nombre de secteurs. Et ça a été vrai, notamment cet été, avec le secteur de la restauration. Mais c'est toujours vrai dans d'autres secteurs. Donc il y a beaucoup d'efforts en matière de formation professionnelle à faire. Mais encore une fois, je ne conçois pas que les futurs travailleurs, nous allions les chercher à l'étranger. Donc Marine Le Pen fera beaucoup de propositions dans le cadre de sa campagne présidentielle.

Des propositions qui ne seront non pas dirigées aux grandes boîtes, qui, elles, n'ont pas besoin d'être aidées par les politiques, mais à destination des TPE-PME. Et l'une des mesures qu'attendent, je crois, nos chefs d'entreprise aujourd'hui, c'est qu'on aille supprimer, en tout cas diminuer considérablement, les impôts, et notamment les impôts de production. Il y a un certain nombre d'efforts qui ont été faits par le gouvernement, il faut le reconnaître, mais qui sont aujourd'hui très largement insuffisants. Le temps de travail, vous revenez sur les 35 heures ? Non, je pense que c'est un faux débat. Je pense que... Sur les Français qui travaillent assez ou trop, pas assez...

Je pense que... En tout cas, moi, les propositions que j'entends de la part d'Emmanuel Macron et d'un certain nombre de candidats de la droite sont des propositions qui sont généralement émises par le MEDEF, par les grands syndicats. Mais la France, aujourd'hui, travaille, s'agissant du temps de travail, dans la moyenne européenne. Donc, il y a beaucoup d'efforts à faire. Donc, il n'y a rien à faire, là. Vous ne revenez pas sur les 35 heures. Nous gardons le temps de travail actuel. Nous allons faire le patriotisme économique. Nous allons protéger notre industrie. Parce que vous parliez de la baisse du chômage sur la catégorie A. Parce que toutes catégories sont confondues.

Les chiffres sont nettement différents. Et permettez-moi de vous rappeler qu'en matière industrielle, Emmanuel Macron aura poursuivi la politique de ses prédécesseurs. C'est-à-dire qu'il a été un liquidateur.

9:30
Présentateur

Non, mais je vous parle du temps de travail, là.

9:33
Jordan Bardella

Alors, sur le temps de travail, qu'est-ce que vous faites ? Je vous ai répondu sur le temps de travail. On peut avoir des négociations par branche. Semaine de 4 jours, 32 heures. Non, on peut avoir des négociations par branche. Je n'ai pas de difficulté là-dessus. Mais en tout état de cause, je pense que c'est un faux débat. Et que la France, quand vous regardez les chiffres par rapport à ses partenaires européens, est parfaitement dans la moyenne européenne.

9:51
Présentateur

Est parfaitement dans la moyenne européenne. Temps de travail. Donc, vous ne touchez à rien. Semaine de 4 jours, 32 heures. La retraite à 60 ans, vous gardez toujours après 40 ans d'annuité. 40 annuités pleines. Oui, 40 annuités, 40 ans d'annuités.

10:02
Jordan Bardella

Moi, je ne suis pas, si vous voulez, comme M. Macron ou M. Philippe, à considérer M. Zemmour. J'ai vu qu'ils voulaient pousser la retraite à 65 ou 67 ans. Parce qu'il y a beaucoup de nos concitoyens. Aujourd'hui, on rentre en moyenne sur le marché du travail à 22 ans et demi. Il y a beaucoup de nos concitoyens qui font des métiers difficiles, qui n'ont pas notre chance, M. Bourdin, d'être dans des bureaux qui sont chauffés l'hiver et climatisés l'été. qui travaillent sur la voirie, qui travaillent à l'extérieur dans le BTP, qui font tous ces métiers de force et qui, par pénibilité du travail, n'ont pas, si vous voulez, vocation à mourir de fatigue au travail.

L'espérance de vie en bonne santé, en tout cas, elle stagne dans notre pays. Et nous permettrons à ceux qui ont commencé très tôt de travailler, de pouvoir partir, effectivement, après 40 annuités, avec un départ à l'âge légal de 60 ans. C'est un choix que nous assumons. Nous assumons ce choix-là. C'est un choix de dignité humaine. Et nous maintenons ce choix, parce que c'est un choix de dignité.

10:53
Présentateur

Jordan Bardella, vous venez de parler d'Éric Zemmour, vous-même. Pas de problème avec lui. Il va se ranger derrière Marine Le Pen. Écoutez, invitez-le. Posez-lui la question.

11:03
Jordan Bardella

Je l'ai invité une fois. J'attends qu'il soit candidat. Maintenant, je pense que ça ne saurait tarder, sans parler à sa place. Mais je vous mets à l'aise tout de suite, M. Bourdin. N'ayez aucun doute sur le fait que Marine Le Pen ira au bout de cette élection présidentielle. Quoi qu'il arrive, elle ira au bout. Quoi qu'il arrive, elle ira au bout de cette élection présidentielle.

11:19
Présentateur

Même si elle est dans les sondages, derrière Éric Zemmour, au mois de février.

11:23
Jordan Bardella

Vous croyez encore au sondage, M. Bourdin ? Ne me posez pas la question, je ne vais pas vous répondre. Je pense que le résultat des élections régionales, comme le résultat des précédentes élections, en tout cas les pronostics qui en avaient été faits, doivent, vous et moi, nous appeler à l'humilité. Donc je suis prudent. Moi, je dis juste au système médiatique, ne faites pas cette élection avant l'élection. Ne volez pas cette élection aux Français. L'élection présidentielle est dans six mois. Bon, Jordan Le Pen, elle ira au bout.

11:46
Présentateur

Et je vais vous dire... Elle ira au bout, quelle que soit la situation, en février par exemple.

11:52
Jordan Bardella

Mais elle ira au bout. Elle est candidate à cette élection présidentielle pour gagner cette élection présidentielle et pour mettre en œuvre son programme. Et il devra se ranger derrière elle si elle veut gagner. Pour l'instant, Éric se demande s'il va être candidat à l'élection présidentielle. Donc Marine, elle... Mais il le sera, vous le savez bien. Marine, elle n'est pas là à six mois d'une élection en train de se dire, j'y vais, j'y vais pas. Je finis la tournée de mon bouquin et je prendrai ma décision ensuite. Marine Le Pen, elle est candidate pour servir la France, pour servir les Français. Elle porte aujourd'hui des idées qui sont majoritaires dans le pays.

Il y a une majorité de Français qui considèrent qu'on ne peut plus accueillir une immigration supplémentaire, qui considèrent que le pouvoir d'achat est la priorité et qu'il faut baisser notamment les taxes sur les produits énergétiques, qu'il faut faire la proportionnelle aux élections, qu'il faut faire le référendum d'initiative citoyenne, qu'il faut rétablir l'ordre et l'autorité d'État dans le pays. Donc, si vous voulez, elle, elle n'est pas dans une démarche d'intérêt personnel. Elle ne se demande pas à six mois d'une élection, bah tiens, si je devenais présidente de la République.

Ça fait plusieurs mois, plusieurs années que nous sommes en campagne, que nous travaillons, que nous avons présenté... Zemmour pense à lui. Avant de penser aux Français ? Éric Zemmour dit, j'annoncerai éventuellement ma candidature à l'élection présidentielle lorsque ce sera mon intérêt. Bon, nous, on n'est pas là-dedans, si vous voulez. Nous, on considère que nos idées, elles sont majoritaires dans le pays et que Marine Le Pen est aujourd'hui, quoi qu'on en dise, et même si on en suit des sondages sur lesquels j'ai toute réserve, la mieux placée pour battre Emmanuel Macron.

13:12
Présentateur

Compte tenu de vos différences programmatiques, pas question qu'Éric Zemmour soit son Premier ministre, on est bien d'accord.

13:19
Jordan Bardella

Mais il aurait toute sa place dans un gouvernement d'Union Nationale que Marine Le Pen souhaite mettre en œuvre parce que, encore une fois, l'heure est trop grave.

13:25
Présentateur

Mais où sont les différences entre les deux ? Au-delà de la candidature non déclarée qui sera effective dans quelques semaines ou quelques jours d'Éric Zemmour ? Quelle est leur différence ? On parlait du pouvoir d'achat.

13:37
Jordan Bardella

Oui. Éric Zemmour a dit ce week-end qu'il n'était pas là pour traiter l'urgence du pouvoir d'achat et que parler du pouvoir d'achat, c'est mépriser les Français. Cette réflexion, c'est une réflexion de millionnaire. Vous voyez ? Parce que nous, les fins de mois, ça nous inquiète. Et lui, ça ne m'inquiète pas.

13:52
Présentateur

Et lui, ça ne m'inquiète pas.

13:53
Jordan Bardella

En tout cas, c'est ce qu'il dit. Moi, je me suis engagé en politique, M. Bourdin, parce que j'ai vu ma mère galérer à finir le mois avec un salaire de 1 300 euros et galérer à se demander comment est-ce qu'on allait payer les factures à la maison. Donc, vous voyez, cette question des fins de mois difficiles, on l'a à cœur et elle tient à cœur de millions de Français qui, aujourd'hui, n'arrivent plus à faire face. Donc, l'immigration, c'est important. Et ce n'est pas moi qui vais vous dire le contraire. Et cette élection présidentielle, elle est un choix de civilisation. Mais je dis juste qu'il y a d'autres sujets sur lesquels les Français attendent aujourd'hui des réponses.

Et je pense que Marine Le Pen a le programme qui est aujourd'hui le plus rassurant en matière migratoire. Parce que nous, on a des solutions concrètes. Éric, il nourrit les Français de constats que nous pouvons partager. Mais l'élection présidentielle, ce n'est pas le temps des constats. Ce n'est plus le temps des provocations. Ce n'est plus le temps des brutalités inutiles. Sur la question... Non, dites-moi, j'ai une question directe.

14:45
Présentateur

J'ai une question directe. Marine Le Pen n'est pas raciste. Est-ce qu'Éric Zemmour l'est ?

14:52
Jordan Bardella

Je ne suis pas son procureur, M. Bourdin. Non, non, mais je... Non, à mes yeux, il n'est pas raciste. Il pose la question simplement comme ça. Mais il fait preuve parfois dans ses déclarations d'une brutalité qui peut être jugée pertinente quand on est journaliste et en charge de dresser des constats, mais qui, lorsqu'on est aux manettes et qu'on a affaire à un pays qui craque de partout ou une partition du territoire s'opère, où nous avons tous les quatre matins des attaques terroristes ou des émeutes en banlieue, alors il faut être extrêmement prudent, avoir un programme de fermeté sans jouer avec une boîte d'allumettes à côté de la station totale.

15:29
Présentateur

Il risque de provoquer une guerre civile ? Non. Par ses propos ?

15:33
Jordan Bardella

Éric dit que la guerre civile est inéluctable. Éric Zemmour dit que la guerre civile est inéluctable. Vous ne le pensez pas ? Non, moi je pense que le rôle du responsable politique et du prochain président de la République sera d'éviter cette partition en cours du territoire national.

15:46
Présentateur

Est-ce qu'une rencontre avec Marine Le Pen

15:48
Jordan Bardella

est prévue ? A ce jour, elle n'est pas prévue. Elle n'est pas prévue. Vous la souhaitez ? Vous la souhaitez ? Mais bien sûr, nous sommes parfaitement disposés à rencontrer... Mais il y aura des débats. Un débat Zemmour, Le Pen. Vous l'accepteriez ? Mais il y aura probablement des débats. Oui, M. Bourdin. Est-ce que vous l'accepteriez ? Non, mais on n'est pas là pour vous divertir. Mais il ne s'agit pas de divertir. Vous rêvez de revoir le match Chirac-Baladur. Non, non, il s'agit d'éclairer. Non, on n'est pas là pour vous divertir. Mais Chirac-Baladur, ça a servi à éclairer les Français.

16:16
Présentateur

Dans cette élection présidentielle. Ça a servi à éclairer les Français, Jordan Bardella.

16:19
Jordan Bardella

Moi, j'entends bien que devant, dans les salles de rédac, le duel de cette élection présidentielle, ça va être Macron-Le Pen. Ça ennuie un peu parce que pendant six mois, ça va être un peu plat dans les rédactions. Oui, je pense qu'Emmanuel Macron et Marine Le Pen s'affronteront parce que cette élection présidentielle est d'un choix de civilisation et que notre famille politique est aujourd'hui prête à arriver aux responsabilités, à rétablir l'autorité de l'État. Et surtout, je le dis et je le redis, pendant que certains veulent nous enfermer dans un match Zemmour-Le Pen parce que ça arrange, Emmanuel Macron se frotte les mains.

Notre adversaire, mon adversaire, l'adversaire de Marine Le Pen dans cette élection présidentielle, c'est Emmanuel Macron, son bilan et les divisions qu'il a orchestrées dans le pays.

17:00
Présentateur

Alors, Jordan Bardella, je termine avec Éric Zemmour qui était avec les anti-VG hier soir. Il y a une différence là avec Marine Le Pen, une forte différence sur ces questions-là, sur les questions sociétales, sur une grande différence.

17:16
Jordan Bardella

Moi, je n'ai pas entendu, si vous voulez, pour l'instant, de plus-value d'Éric Zemmour dans les mesures qu'il propose. Il était hier à la manif pour tous, il a indiqué il y a quelques jours qui ne reviendraient pas sur le mariage homosexuel, dont acte, nous non plus. Mais quelle est la plus-value sur les mesures qu'il propose ? Quelles mesures propose aujourd'hui Éric Zemmour pour arrêter l'immigration de plus que ne propose Marine Le Pen ? Sur l'insécurité, qu'est-ce qu'il propose de plus ? Sur le pouvoir d'achat. Moi, je ne l'ai pas entendu parler du pouvoir d'achat qu'il considère comme une question secondaire.

Donc, vous voyez, on peut avoir des points d'accord, mais on a aussi des points de désaccord. Quand Éric Zemmour dit que les femmes n'incarnent pas le pouvoir, qu'elles ne sont que des régentes, qu'elles sont le but et le butin de tous hommes qui réussissent en société, pardon d'avoir une divergence avec lui là-dessus. Parce que moi, je suis à la tête d'un parti politique. C'est une divergence ou une profonde différence ? C'est une profonde différence. Parce que moi, je suis à la tête d'un mouvement politique qui a pour symbole Jeanne d'Arc et qui a pour ambition, dans six mois, de faire lire la première femme présidente de la République française.

18:18
Présentateur

Bien, Jordan Bardella, je termine avec la hausse de l'épidémie de Covid-19. Hausse timide, mais il y a une hausse. Et cette épidémie rôde toujours au-dessus de nos têtes, Jordan Bardella. Le gouvernement souhaite pouvoir proposer un pass sanitaire jusqu'au mois de juillet. Vous êtes contre. Mais pourquoi est-ce que vous êtes contre ?

18:38
Jordan Bardella

Parce que la quasi-totalité de la population est aujourd'hui vaccinée.

18:41
Présentateur

Non, 75%.

18:42
Jordan Bardella

C'est insuffisant. Et que... Bon, ça, c'est une question de point de vue au Danemark qui a à peu près le même taux de vaccination que nous. On est entre 70 et 80%. A levé l'intégralité de ces restrictions sanitaires. Quel est l'objet d'un pass sanitaire ?

18:57
Présentateur

Et la Russie qui n'a pas vacciné est...

19:00
Jordan Bardella

La Russie, de ce point de vue-là, n'est pas mon modèle. D'une restriction de liberté. A partir du moment où on nous explique que le vaccin protège des formes graves mais n'empêche pas la transmission du virus. Et à partir du moment où 70% de la population, 75% de la population française est vaccinée. Quelle est l'utilité profonde, politique, scientifique d'un pass sanitaire à l'entrée des restaurants ? Alors, alors... Mais j'aimerais qu'on nous réponde là-dessus. Alors, alors, nous avons voté contre... Il y a une autre solution. On lève le pass sanitaire et on rend la vaccination obligatoire. Mais, M. Bourdin, la vaccination, la quasi-totalité de la population est d'ores et déjà vaccinée.

Le problème, si vous voulez, qui s'est instauré ? 75% de la population. C'est un problème de défiance à l'égard du gouvernement. Parce que le gouvernement, il dit tout et le contraire de tout. Souvenez-vous, il y a quelques semaines, on nous avait promis que le pass sanitaire serait levé le 15 novembre. Souvenez-vous, il y a quelques semaines, on nous a dit, mi-juillet, Gabriel Attal nous l'a dit faisant foi, il y aura à la rentrée 100 à 120 000 contaminations quotidiennes si nous ne faisons rien. Il n'y a pas eu ces 100 à 120 000 contaminations. Grâce à la vaccination. Ça fait des semaines qu'on nous parle d'une cinquième vague à la rentrée. Il n'y a pas eu cette cinquième vague.

Donc, il faut, si vous voulez, raison garder. Il y a des mesures qui auraient dû être prises en cette rentrée qui n'ont pas été prises, notamment celles de multiplier les investissements pour les purificateurs d'air dans les classes. Ça a été fait en Allemagne. Ça n'a pas été fait en France. Mais en Italie, on a rendu la vaccination obligatoire pour tous les salariés publics et privés, par exemple. Monsieur Bourdin, moi je suis revenu d'Italie fin août. Il n'y a pas eu un seul contrôle à la frontière. Donc, moi je veux bien, si vous voulez, qu'on aille instaurer un pass sanitaire à l'entrée des restaurants où on nous explique que le vaccin n'empêche pas la transmission du virus.

Mais il faut commencer par contrôler nos frontières parce que les variants, si vous voulez, ils ne poussent pas dans les prairies normandes.

20:40
Présentateur

Bien, merci Jordan Bardella d'être venu nous voir ce matin. Président du Rassemblement National, 8h54, RMC et BFM TV.

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