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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 30 juin 2025 24 minAutoproduitActualité / polémiqueEnvironnement & énergieRetraitesInstitutions & électionsEurope & international

Julien Odoul : "François Bayrou nous prend pour des enfants !" (Public Sénat)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:21OuverteRéponse directe

    Sur la canicule et les mesures climatiques du RN (éoliennes, ZFE, etc.)

  • 3:25OuverteRéponse directe

    Le RN va-t-il voter la motion de censure contre Bayrou demain ?

  • 4:52RelanceRéponse directe

    Pourquoi ne pas censurer le gouvernement maintenant sur les retraites ?

  • 6:47RelanceRéponse partielle

    La réforme des retraites n'est-elle pas un motif suffisant pour censurer ?

  • 7:55OuverteRéponse directe

    Le conclave sur les retraites est-il un échec selon vous ?

  • 8:59FerméeRéponse directe

    L'amélioration des retraites est-elle une vieille lune pour le RN ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52Invité politiqueFait
    « — Pas du tout. Je pense qu'il faut avoir l'honnêteté de dire que les mesures qui étaient proposées en termes d'exclusion sociale, de ségrégation sociale et zones à faible émission, le déploiement des éoliennes partout dans nos territoires qui ont des effets dévastateurs à la fois sur le cadre de vie, sur les paysages, sur la démocratie locale, puisque les habitants ne sont jamais consultés, tout ça n'améliore en rien la situation du réchauffement climatique. »
  • 1:22Invité politiqueFait
    « Et d'ailleurs, c'est même pire, parce que les éoliennes, on l'a bien vu avec nos voisins et amis allemands, plus vous mettez d'éoliennes énergie intermittente par définition, et plus vous êtes obligés de les arrimer avec des énergies thermiques qui polluent. »
  • 1:43Invité politiqueFait
    « Nous, nous souhaitons évidemment un modèle vertueux, le modèle le moins polluant, qui n'est pas parfait. »
  • 2:02Invité politiqueChiffre
    « tout ça est une arnaque, c'est une arnaque, c'est un aspirateur à subvention, ça nous coûte un pognon de dingue, ça fait augmenter les prix de l'électricité, mais en rien, ça n'améliore la situation écologique à la fois de notre pays et de la planète. »
  • 2:20Invité politiqueChiffre
    « Nous représentons 0,9% des émissions de gaz à effet de serre mondiales. »
  • 3:56Invité politiqueFait
    « Puisque aujourd'hui, et d'ailleurs c'est assez illustré par la déclaration de François Hollande, je voterai la censure si le RN ne la vote pas. »
  • 4:25Invité politiqueFait
    « C'est la gauche qui a fait élire et réélire M. Macron la dernière fois. Et la dernière fois, le seul programme de M. Macron, le seul, il n'y en avait pas d'autre, c'était la retraite à 64 ans. »
  • 4:47Invité politiqueFait
    « et qui ont eu les métiers les plus pénibles, et qui auraient voulu effectivement que cette réforme totalement injuste, totalement inefficace, ne soit pas mise en œuvre. »
  • 5:10Invité politiquePromesse
    « nous attendons les orientations, le projet de budget du gouvernement, et comme vous le savez, nous sommes le premier groupe d'opposition, et nous ne tremblerons pas quand il s'agira de censurer, quand il y aura des orientations qui seront contraires aux intérêts des Français. »
  • 9:12Invité politiqueFait
    « et qui n'est pas un système dogmatique, qui n'est pas arrimé sur un âge, mais qui est sur le nombre d'années qu'on a travaillé et notamment sur les 40 annuités travaillées pour avoir une retraite à taux plein. »
  • 11:08Invité politiqueFait
    « La vraie question c'est, aujourd'hui, est-ce qu'on a besoin d'un audiovisuel public ? Est-ce qu'on a besoin de faire participer les Français, de faire payer les Français pour des chaînes qui aujourd'hui agissent, ou en tout cas des programmes, agissent contre leurs intérêts avec beaucoup de mépris, avec des messages totalement surréalistes. »
  • 11:24Invité politiqueFait
    « Je pense par exemple à l'émission « Sommes-nous tous racistes ? » qui a été diffusée sur France 2, qui était une caricature de bien-pensance, de rééducation, d'insultes à l'endroit du peuple français. »
  • 11:45Invité politiqueFait
    « où on associe ce qui se passe à Gaza avec Auschwitz. »
  • 15:20Invité politiqueFait
    « — Alors comme vous le savez, nous sommes très attachés à la proportionnelle. C'était l'une des propositions de Marine Le Pen depuis très longtemps. »
  • 16:32Invité politiqueFait
    « En fait, il nous prend pour des enfants, M. Bayrou. Comme si nous n'avions pas d'expérience, on connaît notre petit Bayrou illustré, on sait très bien la manœuvre, nous ne tomberons pas dans le panneau, »

Temps de parole

  • Julien Odoul78 %
  • Présentateur19 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

— Notre invité politique aujourd'hui, c'est Julien Audoul. Bonjour. — Bonjour. — Vous êtes porte-parole du Rassemblement national, député de Lyon. On est ensemble pour une interview de 20 minutes, une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale qui est représentée aujourd'hui par Stéphane Vernet. Bonjour, Stéphane. — Bonjour. Julien Audoul, bonjour. — Stéphane, je le rappelle, vous dirigez la rédaction parisienne du journal Ouest France. Julien Audoul, on commence par une première question d'actualité sur la canicule, avec des températures qui vont monter cette semaine jusqu'à 40 degrés, 84 départements concernés.

Dans cette lutte contre le réchauffement climatique, l'ERN a pris des positions, a voté certaines mesures ces dernières semaines qui interrogent la suspension des nouveaux projets d'éoliennes, des panneaux solaires, suppression également des zones à faible émission qui interdisent les voitures polluantes dans les centres-villes. Est-ce que le Rassemblement national n'est pas en train de passer à côté de ce combat contre le réchauffement climatique ?

0:52
Julien Odoul

— Pas du tout. Je pense qu'il faut avoir l'honnêteté de dire que les mesures qui étaient proposées en termes d'exclusion sociale, de ségrégation sociale et zones à faible émission, le déploiement des éoliennes partout dans nos territoires qui ont des effets dévastateurs à la fois sur le cadre de vie, sur les paysages, sur la démocratie locale, puisque les habitants ne sont jamais consultés, tout ça n'améliore en rien la situation du réchauffement climatique.

Et d'ailleurs, c'est même pire, parce que les éoliennes, on l'a bien vu avec nos voisins et amis allemands, plus vous mettez d'éoliennes énergie intermittente par définition, et plus vous êtes obligés de les arrimer avec des énergies thermiques qui polluent. Voilà, centrale gaz, centrale à charbon, c'est le modèle qui a été choisi par les Allemands après la sortie du nucléaire. Nous, nous souhaitons évidemment un modèle vertueux, le modèle le moins polluant, qui n'est pas parfait.

1:47
Présentateur

Après, on peut avoir un mix entre le nucléaire et les énergies renouvelables.

1:51
Julien Odoul

En fait, les énergies renouvelables, j'ai dit intermittentes, parce qu'il y a d'autres énergies renouvelables qui sont tout à fait intéressantes, mais que ce soit le solaire ou que ce soit l'éolien, tout ça est une arnaque, c'est une arnaque, c'est un aspirateur à subvention, ça nous coûte un pognon de dingue, ça fait augmenter les prix de l'électricité, mais en rien, ça n'améliore la situation écologique à la fois de notre pays et de la planète. J'ajoute, d'ailleurs, que la France est extrêmement vertueuse en la matière. Nous représentons 0,9% des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Excusez-moi, mais les ZF, pour vous, il n'y a pas de problème de santé publique ?

Il y a quand même un certain nombre de villes dans lesquelles on y touffe, littéralement, en fait. Non, mais moi, j'en ai assez, en fait, qu'on culpabilise M. Bertrand, qui a un véhicule qui a 20 ans, qui circule au diesel, qui n'a pas d'autre choix d'avoir ce véhicule pour aller travailler, pour aller consommer, pour aller voir ses enfants, pour aller consulter un médecin dans une grande ville, parce qu'il ne vous aura pas échappé que dans les campagnes, notamment dans mon département de Lyon, pour avoir un médecin, c'est très compliqué. Ce n'est pas lui qui est responsable du réchauffement climatique. Ce n'est pas lui.

Donc moi, je veux bien qu'on mette, et que les écologistes mettent tout sur les affreux automobilistes qui polluent, qui sont responsables de tous les maux de la société. C'est faux. On allait avoir un système qui allait exclure des millions de Français des grandes villes, un système qui allait faire une différence entre les citoyens français en fonction de leur niveau de richesse, parce que si vous pouvez acheter un véhicule électrique, vous avez le droit. Si vous n'avez pas les moyens, vous n'avez pas le droit.

3:21
Présentateur

Allez, on va parler de l'actualité politique, notamment l'actualité parlementaire, puisque demain, l'Assemblée nationale va débattre de la motion de censure déposée par les députés socialistes, qui estiment que François Bayrou n'a pas respecté ses engagements sur l'issue du conclave sur la réforme des retraites. Vous confirmez que les députés du RN ne vont pas voter la censure du gouvernement. Et comment vous l'expliquez à vos électeurs, qui souhaitent en majorité faire tomber le gouvernement de François Bayrou ?

3:45
Julien Odoul

Nos électeurs sont très lucides, d'une part, sur notre volonté de les protéger, et d'autre part, sur les manœuvres de la gauche, et même sur l'hypocrisie de la gauche. Puisque aujourd'hui, et d'ailleurs c'est assez illustré par la déclaration de François Hollande, je voterai la censure si le RN ne la vote pas. Sous-entendu, je n'ai pas envie de faire tomber le gouvernement, parce que seul le RN a la possibilité, en s'associant à n'importe quelle motion de censure, de faire tomber le gouvernement. Je précise que la gauche est responsable de cette situation. C'est la gauche qui a fait élire et réélire M. Macron la dernière fois. Et la dernière fois, le seul programme de M.

Macron, le seul, il n'y en avait pas d'autre, c'était la retraite à 64 ans. Donc c'est-à-dire que vous avez les communistes, les LFI, les écologistes, les socialistes, qui ont soutenu le candidat de la retraite à 64 ans, contre les travailleurs, contre les salariés français, et notamment contre ceux qui ont commencé à travailler le plus tôt et qui ont eu les métiers les plus pénibles, et qui auraient voulu effectivement que cette réforme totalement injuste, totalement inefficace, ne soit pas mise en œuvre.

4:52
Présentateur

Mais donc vous confirmez que le RN ne va pas censurer le gouvernement demain ?

4:55
Julien Odoul

En tout cas, ce que je vous confirme, c'est que le RN pourra censurer le gouvernement. Et certainement à la rentrée, certainement au moment du budget, puisque c'est le moment fort, en fait. Nous attendons les orientations, le projet de budget du gouvernement, et comme vous le savez, nous sommes le premier groupe d'opposition, et nous ne tremblerons pas quand il s'agira de censurer, quand il y aura des orientations qui seront contraires aux intérêts des Français. – Ok, alors vous attendez le budget, vous attendez l'automne, pourquoi pas maintenant en fait ? Pourquoi attendre ?

– Mais encore une fois, je vous le dis, la censure telle qu'il est proposée par la gauche est une censure d'opérette et d'apparat. C'est pour se donner bonne conscience. Moi, encore une fois, il faut cibler les responsables. Il faut cibler les responsables de cette situation. – Donc sur le budget, là, les choses seraient claires. Ça vous permettra de cibler les responsabilités, etc. ? – Sur le budget, c'est le moment politique par excellence. C'est le cap qui est donné au pays, c'est les arbitrages qui sont faits, c'est le refus de lutter contre les gaspillages aussi, qui sera la constante de ce gouvernement comme des précédents. Aujourd'hui, je le dis, il n'y a pas d'intérêt.

Il y aura effectivement un intérêt à la rentrée. – Et à la rentrée et à l'automne, l'objectif c'est quoi ? C'est au-delà de faire chuter le gouvernement Bayrou sur son budget, c'est de provoquer une nouvelle dissolution ? D'avoir de nouvelles législatives anticipées ? – Vous voyez bien que la situation est totalement bloquée, que nous avons un gouvernement et un Premier ministre. Notre objectif c'est de servir les Français. Et c'est de changer la direction de notre pays qui aujourd'hui va dans le mur. Et qui malheureusement continue d'aller dans le mur. Mais très clairement, vous voyez qu'il y a un gouvernement qui est totalement apathique, qui essaye tant bien que mal de gagner du temps. M.

Bayrou en fait n'est là que pour gagner quelques semaines de plus, sans vouloir apporter des solutions, sans vouloir changer le cap du macronisme. Parce que très clairement, on lui demandait ça, c'était de rompre avec le macronisme.

6:44
Présentateur

– Je reviens sur votre non-censure de demain quand même. La réforme des retraites, vous étiez opposé à la retraite à 64 ans, il y a deux ans, quand on a vu tout ce mouvement social et ces Français descendent dans la rue. Mais donc sur ce motif de la réforme des retraites, pour vous ce n'est pas assez important pour censurer le gouvernement.

7:01
Julien Odoul

C'est quand même un texte symbolique. – Mais la réforme des retraites c'est très important, c'est pour ça que nous avons la constance dans nos combats. Rappelez-vous dans notre niche parlementaire, nous avions proposé l'abrogation de la retraite à 64 ans. Est-ce que la gauche l'a soutenu et l'a voté ? Non, bien évidemment non. – Mais justement, ce serait logique de censurer demain ? – Par sectarisme imbécile, ils ont refusé d'abroger cette réforme des retraites. Et moi je le dis… – Donc ce serait logique de censurer demain pour vous ? – La logique aujourd'hui c'est d'être clair. Et la gauche ne l'est pas du tout.

La gauche veut, et surtout les socialistes, parce que les socialistes n'ont certainement pas envie de censurer, ils veulent rester comme ça, ils ne veulent pas de dissolution, ils veulent un équilibre un petit peu bancal. Ils ont tout fait pour que ce conclave dont ils ont fait semblant de croire qu'il pouvait aboutir à quelque chose tienne. On voit bien que l'éléphant a accouché d'une souris et que tout le monde a été floué particulièrement à gauche.

7:55
Présentateur

– Donc pour vous, ce n'est pas un succès ce conclave sur la réforme des retraites avec quand même des points de convergence entre les syndicats et le patronat sur la hausse des pensions des mères de famille, les carrières hachées, les questions de pénibilité ?

8:06
Julien Odoul

– Pour vous, ce n'est pas important ? – Le conclave n'a été qu'un moyen pour François Bayrou de manœuvrer et de gagner quelques semaines précieuses pour son maintien au gouvernement.

8:17
Présentateur

– Et donc vous voterez à l'automne prochain dans le budget de la Sécurité sociale toutes ces mesures qui ont été annoncées par François Bayrou

8:23
Julien Odoul

pour améliorer le régime de retraite ? – Chaque chose en son temps, nous verrons à ce moment-là. Et je pense que le gouvernement et François Bayrou, au moment du budget, devront mettre carte sur table et proposer un changement de cap. Mais malheureusement, j'ai l'impression qu'il est englué dans une forme d'immobilisme et englué surtout sur des vieilles lunes qui aujourd'hui désespèrent les Français. Et les Français veulent le changement, veulent un choc fiscal, veulent un choc sécuritaire, veulent un choc social également. Le gouvernement leur propose que la morne continuité du macronisme.

8:56
Présentateur

– Donc l'amélioration de notre régime de retraite, c'est une vieille lune,

8:59
Julien Odoul

ce n'est plus la priorité ? – Ah si, c'est la priorité. Mais vous savez que le vrai changement, il aura lieu au moment de la présidentielle. Il aura lieu au moment où nous aurons une majorité pour agir avec un système qui est le plus juste, qui est proposé par Marine Le Pen et qui n'est pas un système dogmatique, qui n'est pas arrimé sur un âge, mais qui est sur le nombre d'années qu'on a travaillé et notamment sur les 40 annuités travaillées pour avoir une retraite à taux plein. Quand on a commencé à travailler tôt, les 42 annuités, pour avoir une retraite à taux plein quand on a commencé à travailler après 20 ans.

– Ce qui confirme que de toute façon, vous ne voulez d'aucune des propositions qui sont issues des négociations entre les partenaires sociaux. De toute manière, si vous censurez le budget à l'automne, ça veut dire qu'il est hors de question de le voter et que vous ne voulez pas que les mesures qui seront dans le PLFSS sur les retraites passent. C'est clair. – Mais nous disons la vérité aux Français, nous leur disons que… – On va faire une autre réforme des retraites après, c'est ça ?

– Les mesures cosmétiques, les mesures qui sont là pour la galerie, qui font semblant d'apporter, j'allais dire, une amélioration, mais qui finalement sont à la marge, nous leur disons que le vrai changement sera politique, il sera démocratique et il pourra, encore une fois, intervenir après l'élection présidentielle. – C'est ça, vous renvoyez une réforme de la réforme borne de 2023 à 2027, pas avant. – Mais ce sera la réforme Le Pen de 2027.

10:14
Présentateur

– Mais c'est encore loin 2027, qu'est-ce que vous dites à ces Français qui ont perdu des trimestres de retraite, qui veulent que leur situation s'améliore et qui ont besoin quand même d'avancer maintenant ?

10:23
Julien Odoul

– Mais nous leur disons la vérité et nous leur disons que nous serons évidemment là pour leur apporter des améliorations notables, qui ne seront pas de la communication, mais ce sera dans les faits. Notre réforme, elle est mieux disante par rapport à toutes celles qui ont été proposées et toutes celles qui ont été mises en œuvre.

10:39
Présentateur

– Julien Audoul, on va parler de la réforme de l'audiovisuel public. Son examen commence aujourd'hui à l'Assemblée nationale et le débat pourrait être très tendu. Je rappelle que c'est une proposition de loi sénatoriale qui vise à créer une seule entité pour diriger les différents groupes de l'audiovisuel public comme France Télévision, Radio France, France Média Monde. Est-ce que les députés de l'Assemblée nationale voteront cette réforme ?

11:02
Julien Odoul

– La vraie question c'est, aujourd'hui, est-ce qu'on a besoin d'un audiovisuel public ? Est-ce qu'on a besoin de faire participer les Français, de faire payer les Français pour des chaînes qui aujourd'hui agissent, ou en tout cas des programmes, agissent contre leurs intérêts avec beaucoup de mépris, avec des messages totalement surréalistes. – Vous pensez à quel programme ? Je pense par exemple à l'émission « Sommes-nous tous racistes ? » qui a été diffusée sur France 2, qui était une caricature de bien-pensance, de rééducation, d'insultes à l'endroit du peuple français.

Je pense aussi à des propos qu'on a laissés dire dans l'émission de Léa Salamé, par exemple, où on associe ce qui se passe à Gaza avec Auschwitz. Je pense à beaucoup de programmes, en fait, où il n'y a pas de pluralisme, où il n'y a qu'une seule ligne éditoriale contre la majorité des Français. Ce n'est pas aux Français de payer pour ça. Donc nous, nous souhaitons une vraie réforme, la privatisation du service public de l'audiovisuel pour rendre leur argent aux Français, arrêter de les culpabiliser, parce qu'aujourd'hui, ils n'ont pas à payer pour ça. – Comment est-ce que vous vous positionnerez dans le débat du jour et de demain sur l'audiovisuel public ?

Si votre objectif et votre but, c'est la privatisation, la privatisation totale du service public, comment est-ce que vous allez participer à ces débats ? – Du coup, est-ce que vous votez ce texte ou pas ? – Nous réservons notre réponse. Vous saurez dans quelques temps et très rapidement quel sera notre vote. Nous, ce que nous disons, effectivement, aujourd'hui, et ce que demandent les Français, puisque vous savez, les Français sont ulcérés. Moi, j'en rencontre beaucoup qui, après chaque programme infantilisant, après chaque programme de rééducation politique, idéologique, se disent, mais pourquoi on nous inflige ça ? Pourquoi ce service public, en fait, n'a de public que le nom ?

On n'a pas à payer pour se faire traiter de raciste, de fasciste, pour nous dire qu'il faut plus d'immigration, plus de vivre ensemble, qu'on n'est pas assez accueillant, etc. C'est insupportable. Et on aimerait, effectivement, qu'il y ait du pluralisme dans le service public, du visuel, ce qui, malheureusement, n'est pas le cas.

13:11
Présentateur

– Donc, pour vous, on ne doit pas parler de vivre ensemble à la télé ? C'est un problème de ligne éditoriale ?

13:15
Julien Odoul

– Il faut qu'on en parle, effectivement, mais qu'on parle de tout. On parle de tout. – Y compris de racisme ? – Non, mais…

13:21
Invité

– Il peut y avoir du racisme en France, on peut s'interroger sur cette question.

13:23
Julien Odoul

– Le problème, c'est qu'on n'avait qu'une ligne politique. Vous avez une ligne politique de gauche, quelquefois d'extrême-gauche, qui s'exprime, regardez tous les programmes sur France Info, sur France 5 notamment, avec clairement une seule orientation. Et quelquefois, vous n'avez pas de contradicteurs. Voilà, sur le plateau, il y a certaines émissions, c'est hallucinant. On parle du Rassemblement National, très bien. On l'insulte, on méprise, on qualifie ses électeurs de fascistes, limite de nazis, mais il n'y a pas de contradiction. Donc, tout ça, évidemment, est insupportable.

13:52
Présentateur

– Le RN est invité sur le service public, donc il n'y a pas qu'une seule parole de gauche.

13:56
Julien Odoul

– Non, non, pas tout le temps, excusez-moi. On est moins invité sur le service public, surtout dans certaines émissions. Et vous le voyez dans les programmes, je fais référence encore à ce programme « Sommes-nous tous racistes ? » où vous avez pendant 2-3 heures, en fait, un déchaînement, une avalanche de poncifs, de rééducation idéologique de type maoïste qui est insupportable.

14:17
Présentateur

– Mais alors si vous privatisez l'ensemble de l'audiovisuel public et que vous… – Pas l'ensemble, pas RFI, pas France Info. – Alors pas France Média Monde, mais si vous privatisez en tout cas une grande partie de l'audiovisuel public et que vous le mettez dans les mains d'intérêts privés, est-ce que ce n'est pas aussi un risque pour le pluralisme ?

14:30
Julien Odoul

– Quel est le risque avec les autres chaînes ? – En fonction des propriétaires de ces chaînes, il peut y avoir des dérives aussi. – Après, il y a des règles. Il y a des règles, il y a l'ARCOM, il y a le grand gendarme qui ne se prive pas d'ailleurs pour infliger des sanctions ici et là, surtout à certaines chaînes, pas à toutes. Moi j'ai fait des signalements plusieurs fois pour des déclarations, des comportements sur le service public qui étaient totalement insupportables. Ça n'a jamais été suivi de sanctions. Je remarque que pour CNews, il y a toujours des sanctions.

14:57
Présentateur

– Alors on va parler d'une autre réforme, la réforme de la proportionnelle pour l'élection des députés, puisque le Premier ministre l'a dit hier sur notre antenne, il va présenter à la fin de l'année prochaine sa réforme de la proportionnelle. Il assure que même si ses alliés sont contre, il aura une majorité pour faire passer ce texte. Est-ce que ça veut dire que le Rassemblement national sera de cette majorité sur la proportionnelle ? Est-ce que c'est acquis ?

15:20
Julien Odoul

– Alors comme vous le savez, nous sommes très attachés à la proportionnelle. C'était l'une des propositions de Marine Le Pen depuis très longtemps. Nous souhaitons la représentativité du peuple français, que chaque voix compte, que les Français ne soient pas exclus du processus électoral. Parce qu'ils seraient minoritaires. Après, sur le projet de M. Bayrou, il y a la question de la gouvernabilité. Et nous, nous souhaitons une prime majoritaire. Nous ne souhaitons pas l'anarchie. Et nous souhaitons surtout qu'une majorité puisse se dégager.

15:53
Présentateur

– Une prime majoritaire, donc des sièges supplémentaires aux partis qui arrivent en tête.

15:56
Julien Odoul

– Exactement. – Tout simplement pour que l'Assemblée nationale soit gouvernable, qu'on dégage une majorité et qu'il n'y ait pas, comme c'est le cas actuellement, une instabilité.

16:06
Présentateur

– Alors que François Bayrou, on le rappelle, est pour une proportionnelle intégrale par département. Donc on répartit les sièges à proportion des voix de chaque parti.

16:12
Julien Odoul

– Exactement. Et puis il y a aussi une manœuvre de M. Bayrou, parce qu'il nous avait promis cette réforme en septembre. – Et là, elle interviendrait après le budget. Après le budget, sous-entendu, laissez-moi tranquille, laissez-moi en paix pour le budget, ne me censurez pas et vous aurez peut-être la proportionnelle. En fait, il nous prend pour des enfants, M. Bayrou. Comme si nous n'avions pas d'expérience, on connaît notre petit Bayrou illustré, on sait très bien la manœuvre, nous ne tomberons pas dans le panneau, nous demandons la proportionnelle, qui est demandé d'ailleurs depuis très longtemps, que M.

Macron avait dans son programme 2017, qui a été répété, ressassé, année après année, et qui n'est jamais sorti des cartons d'ailleurs.

16:55
Présentateur

– Donc la proportionnelle, ça ne pourrait pas faire partie d'un accord de non-censure entre le Rassemblement National et le gouvernement à la fin de l'année ?

17:02
Julien Odoul

Ça ne pourrait pas être une garantie, une ligne rouge ? – Il n'y a pas d'accord de non-censure, nous ne sommes pas le modem ou Horizon, on ne négocie pas avec François Bayrou, nous ne sommes pas des marchands de tapis. Le budget c'est une chose, le budget c'est l'intérêt des Français, c'est ce qu'ils vont payer d'ailleurs, c'est les sanctions fiscales qu'on va leur imposer, c'est les efforts qui vont être demandés par le gouvernement, donc ça nous souhaitons évidemment nous y opposer, la proportionnelle c'est encore autre chose, mais nous souhaitons effectivement qu'il y ait une représentativité, je pense qu'il en va, de la bonne santé démocratique d'un autre pays.

– Un compromis sur le sujet est possible, mais pas autour d'une proportionnelle avec prime majoritaire, ça c'est quelque chose que vous n'obtiendrez jamais ? – Nous le souhaitons, sauf que vous dites que c'est cela défendre cette idée, puisque vous serez particulièrement favorable dans le contexte actuel. – Oui mais c'est le seul projet viable, vous savez si c'est pour… – Oui mais aucun des autres partis n'acceptera en fait. – Écoutez, encore une fois chacun prendra ses responsabilités, mais si c'est pour aller de l'instabilité à l'instabilité, ça apporte quoi ?

Si le seul projet de la proportionnelle c'est tout faire pour que le RN n'obtienne pas une majorité, ne gouverne pas notre pays, je pense que les Français seront très déçus de la manœuvre. Aujourd'hui il nous faut plus de représentativité, mais il faut que ce soit gouvernable, et donc il faut dégager une majorité avec cette prime majoritaire.

18:17
Présentateur

– Un mot sur la dissolution de l'Assemblée nationale, puisqu'on le rappelle à partir du 8 juillet, le président de la République pourra de nouveau dissoudre l'Assemblée nationale, et Marine Le Pen a appelé ce week-end ses troupes à se préparer à une nouvelle dissolution, je la cite, « ne procrastinez pas », leur a-t-elle dit. Est-ce que vous pensez qu'Emmanuel Macron va refaire deux fois la même erreur de dissoudre ?

18:38
Julien Odoul

– Je ne sais pas si dissoudre est une erreur. Dissoudre la dissolution fait partie des outils du président de la République, comme le référendum, j'allais dire comme sa démission aussi, quand il y a une période de blocage, le président de la République, – La dernière fois, il était question de clarifier la situation politique, et de débloquer les choses, ça a été pire. – Oui, ça a été pire. – Et de nous balancer une grenade dans les jambes, comme il l'avait dit. Mais ça a été pire, en tout cas, nous, nous avons gagné les sièges. – Oui, peut-être, mais il n'y a pas de majorité absolue, en fait, en tant qu'on est en stratégie politique et parlementaire.

– Tout à fait, mais ça a montré aussi que nous étions en capacité, d'une part, de peser dans les débats parlementaires, d'avoir ce premier groupe de l'opposition, d'une moyenne alliance avec Éric Ciotti, qui est extrêmement constructive. Ensuite, encore une fois, la dissolution est entre ses mains. Nous nous y préparons depuis septembre dernier, nous préparons les législatives anticipées, nous sélectionnons les candidats, nous auditionnons, nous formons, nous serons prêts si le président de la République dégaine la dissolution. – Est-ce que vous irez jusqu'à faire en sorte qu'il y ait une nouvelle dissolution ?

C'est-à-dire, est-ce que vous êtes dans une logique qui consistera à provoquer un blocage politique et parlementaire du pays à l'automne pour contraindre le président de la République à prononcer la dissolution ? – Alors, ce n'est pas nous qui créons le blocage. Le blocage, il a été créé, d'une part, en 2024, avec les alliances…

19:59
Invité

– Si vous censurez, si, ça bloque le pays, si vous censurez. – Ceux qui ont bloqué, c'est M. Attal et les Macronistes.

20:03
Julien Odoul

– Vous disiez tout à l'heure, c'est vous qui avez les clés de la censure entre les mains. – Ah oui, bien sûr, les clés de la censure, mais nous n'avons pas les clés du blocage. Le blocage, il existe. Le blocage, il est institutionnel, il est politique. Il a été généré par les alliances entre l'extrême-gauche et les Macronistes au moment des législatives 2024. La dissolution permettrait de débloquer cette situation. Là, tous les Français sont désespérés.

Encore une fois, que ce soit les chefs d'entreprise, que ce soit les agriculteurs, que ce soit les familles, attendent des changements concrets pour leur quotidien, pour alléger les normes, la fiscalité, pour plus de pouvoir d'achat, pour plus de sécurité, on voit bien qu'avec ce gouvernement, il ne se passe rien.

20:36
Présentateur

– Donc vous la souhaitez au final, cette dissolution ?

20:38
Julien Odoul

– Nous souhaitons un déblocage et nous souhaitons un changement de politique. Le changement de politique sera impossible avec ce gouvernement, nous le savons, parce que les Français le savent. – Vous êtes convaincu qu'en cas de législative anticipée, après une nouvelle dissolution, vous aurez la majorité cette fois-ci ? – Je suis convaincu que les Français ont vu depuis un an qu'il nous fallait une majorité différente, qu'il nous fallait un changement de cap pour opérer les changements qu'ils attendent depuis très longtemps.

21:02
Présentateur

– On finit par une question sur l'actualité européenne, puisque ce week-end, des dizaines de milliers de personnes et de nombreux élus européens ont défilé à Budapest lors de la marche des Fiertés. Samedi, une marche pour les minorités sexuelles LGBT et qui était interdite par le Premier ministre hongrois Victor Orban, au nom, je cite, de la protection des enfants. Est-ce que le Rassemblement national soutient Victor Orban, qui est d'ailleurs son allié au Parlement européen ? Est-ce qu'il soutient Victor Orban dans cette croisade contre les LGBT ?

21:32
Julien Odoul

– Vous voyez dans cette opération de communication de la gauche et de l'extrême gauche toute l'hypocrisie de ces gens-là qui, à moindre frais, vont à Hongrie, qui est une démocratie, qui est un allié, qui est un partenaire de l'Union européenne, mais qui n'irait jamais à Alger, à Téhéran, à Doha, où les homosexuels sont persécutés, où l'homosexualité est interdite et condamnée. – Oui, mais la Hongrie fait partie de l'Union européenne, elle est censée respecter l'état de droit.

– Et moi, ce qui m'intéresse, excusez-moi, mais en tant que député français, et ce qui m'attriste et ce qui m'effraie, c'est que dans bon nombre de territoires de la République, dans bon nombre de quartiers, l'homosexualité est interdite. Dans bon nombre de quartiers, les homosexuels sont persécutés, sont agressés, sont insultés, n'ont pas le droit d'exprimer leur amour dans les territoires de la République française, en 2025.

Voilà, dans des quartiers islamisés, dans des quartiers communautarisés, où là, des Français, là on ne parle pas de Hongrois, on ne parle pas de gens qui sont à 2000 km, on parle de Français qui ne peuvent pas défendre leur liberté, la liberté d'aimer, parce qu'ils sont agressés, parce que l'islamisme s'est installé. Moi, c'est ce qui m'intéresse, et c'est mon combat pour qu'encore une fois, dans le cadre de la République française, les droits et libertés de tous soient garantis.

22:47
Présentateur

– Oui, ma question porte sur votre allié politique en Europe, Victor Orban, est-ce que vous le soutenez dans son interdiction de cette marge de fierté ?

22:54
Julien Odoul

– Écoutez, on a des divergences, évidemment, nous n'avons pas les mêmes nationalités, nous n'avons pas les mêmes cultures, il y a des divergences, mais comme M. Mélenchon, vous savez M. Mélenchon qui était à la Gay Pride, M. Mélenchon allait encenser le président sénégalais. – Le président sénégalais a durci les peines contre les homosexuels passant à 10 ans d'emprisonnement. Est-ce qu'on lui a posé la question, tiens, il y a un petit problème, votre allié, vos accointances, etc. ? Non, voilà, j'observe que M. Mélenchon qui est… – Non, mais on ne parle pas de M. Mélenchon, on ne parle pas du Sénégalais. – Non, mais attendez, c'est un désaccord avec lui ou pas ?

– Bien évidemment, nous ne souhaitons pas, Victor Orban, nous ne souhaitons pas du tout interdire la Gay Pride, comme Marine Le Pen sera présidente de la République. Ce que j'observe, c'est que les alliés de la gauche et de l'extrême-gauche persécutent, défenestrent les homosexuels quand ils sont au pouvoir. M. Orban se contente uniquement d'interdire une manifestation. Il y a quand même un deux poids, deux mesures.

23:48
Présentateur

– Ce sera le mot de la fin, merci beaucoup. Julien Audoul, d'avoir été notre invité politique aujourd'hui. – Merci.

23:53
Locuteur

– Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci. – Merci.