Conférence de presse du Président Emmanuel Macron et du Chancelier d'Allemagne Olaf Scholz
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 9:00OuverteRéponse directe
Sur les menaces dans l'est de l'Europe, êtes-vous prêts à vous rallier à l'initiative du Président Biden et à mener un entretien avec le président Poutine pour travailler à la désescalade ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Monsieur le Président, la France ne se ralliera probablement pas à un boycott diplomatique des Jeux olympiques. Est-ce qu'il n'aurait pas mieux valu attendre un positionnement européen commun ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Si la Russie envahissait l'Ukraine début 2022, qu'est-ce que ferait l'Allemagne et la France ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous seriez prêt à revenir sur les critères de Maastricht ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous sentez inspiré par les propositions de l'Allemagne sur les migrations ?
- 17:00OuverteRéponse directe
Comment voyez-vous le futur du contrat de Maastricht et les critères de stabilité ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00Emmanuel MacronFait
« Il s'agit d'un combat que nos deux pays portent ensemble, main dans la main, sur beaucoup de ces théâtres d'opérations. »
- 9:00Emmanuel MacronFait
« Nous continuerons de notre côté à agir pour garantir que l'Ukraine ait une bonne perspective. »
- 10:00Emmanuel MacronFait
« Nous avons toujours veillé à ce que la situation des transfrontaliers, des travailleurs transfrontaliers, soit prise en compte. »
- 13:00Olaf ScholzFait
« Nous voulons renforcer l'Europe, travailler à la souveraineté européenne dans toutes les dimensions qui s'y rapportent, les questions économiques, de sécurité et de politique étrangère. »
- 14:00Emmanuel MacronChiffre
« Nous avons su montrer pendant la crise d'abord qu'il y avait suffisamment de souplesse et de flexibilité pour suspendre les règles et nous avons inventé un mécanisme nouveau, celui d'un endettement commun pour lever des investissements inédits : nos fameux 750 milliards du Plan de relance. »
- 15:00Emmanuel MacronFait
« Il ne s'agit pas de préempter les instruments ou de revenir à des débats qu'on a beaucoup connus ces dernières années. Nous sommes dans un environnement nouveau, celui qui est, nous l'espérons tous, la sortie progressive d'une pandémie historique mais des conditions économiques et sociales inédites. »
- 18:00Olaf ScholzFait
« Nous avons lutté contre la crise avec des moyens de grande ampleur et le Fonds de relance et de reconstruction est un exemple formidable de ce que nous pouvons accomplir. »
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Bonjour, Mesdames et Messieurs. Monsieur le chancelier, cher Olaf, merci beaucoup d'être à Paris aujourd'hui pour ta première visite à l'étranger. Je tenais à te féliciter en personne pour ton élection ce mercredi.
Il était en effet important que nous puissions ne pas simplement nous voir, nous avions eu l'occasion à plusieurs reprises d'échanger, mais je pense que cette visite était un moment très important pour bâtir les bases solides d'une coopération entre nos deux pays, à la fois pour la relation bilatérale elle-même, laquelle a été encore renforcée par le traité d'Aix-la-Chapelle, et également pour évoquer les sujets européens, les grands sujets internationaux sur lesquels nous souhaitons étroitement nous coordonner. Et nous avons pu à l'instant balayer la plupart de ces derniers. Nous avons eu un échange d'ores et déjà très riche sur évidemment la situation en Ukraine, en Biélorussie, et réaffirmé l'importance des travaux franco-allemands dans le Format Normandie, ainsi que le rôle de l'Union européenne pour soutenir nos voisins orientaux, à quelques jours du sommet du Partenariat oriental.
Nous avons aussi évoqué notre attachement commun à la protection des frontières extérieures communes de notre Union européenne. Nous avons pu évoquer les relations entre l'Afrique et l'Europe en préparation du sommet Union africaine-Union européenne à venir, et avons abordé la question des relations avec la Chine et l'importance de conserver cet équilibre entre défense et promotion de nos valeurs d'une part, et travail commun avec Pékin sur les grands enjeux globaux d'autre part. Au cours de ces quatre dernières années, j'ai travaillé avec Angela Merkel sur tous ces sujets, souvent en appelant ensemble nos homologues, et avec, je crois pouvoir le dire, une efficacité à plusieurs égards.
Je sais que nous allons continuer ensemble, cher Olaf, sur cette étroite coordination que nous avons actée aujourd'hui de plusieurs initiatives communes et d'une volonté partagée de travailler ensemble sur ces sujets et d'avancer sur un cadre commun. Ce sera un travail fondé sur les valeurs, sur la conception propre et unique que nous, Européens, pouvons apporter à nos partenaires internationaux. Je le dis avec plus de ferveur encore en cette Journée internationale des Droits de l'homme, puisqu'il s'agit d'un combat que nos deux pays portent ensemble, main dans la main, sur beaucoup de ces théâtres d'opérations.
Nous avons également discuté de notre coopération en Europe, dans un moment où nous avons à articuler le G7 et la présidence de l'Union européenne, donc un agenda commun. Et sur les questions sociales, sur la question de la transition climatique et numérique, sur la réponse commune aux défis migratoires et sur les sujets d'investissement ou d'ouverture institutionnelle, nous avons véritablement manifesté une volonté de travailler ensemble. Et je crois que ces premiers échanges traduisent très clairement une convergence de vues solide.
En tout cas, j'ai été très heureux, cher Olaf, de te recevoir à Paris aujourd'hui pour ce premier déplacement hors d'Allemagne avant que tu rejoignes Bruxelles. J'ai pu voir des convictions solides sur beaucoup de ces sujets, une convergence de vues, une volonté de faire travailler ensemble nos deux pays, et une conviction européenne que je connaissais déjà, ferme, déterminée, et dont nous aurons besoin dans les mois et années à venir. Merci beaucoup pour cette visite aujourd'hui, ce premier échange, et surtout le travail commun à venir.
Cher Emmanuel, merci beaucoup de ton invitation. Il était tout à fait essentiel de nous rencontrer rapidement après la formation du Gouvernement allemand, et j'ai annoncé très tôt que je souhaitais effectuer mon premier déplacement ici à Paris pour te rencontrer. Cela a été le cas aujourd'hui.
Nous avons eu une conversation en toute amitié sur toutes les questions qui nous concernent. Nous voulons renforcer l'Europe, travailler à la souveraineté européenne dans toutes les dimensions qui s'y rapportent, les questions économiques, de sécurité et de politique étrangère. Nous devons agir et travailler étroitement ensemble.
Ce n'est donc pas seulement une rencontre amicale, mais une conversation très concrète sur toutes les thématiques qui seront à l'ordre du jour dans les prochaines semaines. De mon point de vue, il y a de nombreuses approches constructives sur le travail qui nous attend, et nous pourrons le faire notamment dans le cadre de la présidence allemande du G7 et de la présidence française du Conseil de l'Union européenne. Notre défi sera de faire en sorte d'avancer sur toutes ces grandes thématiques.
Je suis sûr que nous réussirons, que c'était là une première visite qui en annonce une grande série d'autres, et que les relations franco-allemandes continueront de s'épanouir sur la base de cet échange et de tout ce qui nous attend à l'avenir. Nous allons prendre deux questions de chaque côté. Bonjour, une question pour le Chancelier et le Président.
Sur les menaces dans l'est de l'Europe, êtes-vous prêts à vous rallier à l'initiative du Président Biden et à mener un entretien avec le président Poutine pour travailler à la désescalade à la frontière, et quel format est-ce que cet échange pourrait prendre ? Quelles propositions pourriez-vous faire au Président Poutine ? Une petite question sur la Chine également : Monsieur le Président, vous avez indiqué que la France ne se ralliera probablement pas à un boycott diplomatique des Jeux olympiques.
Est-ce qu'il n'aurait pas mieux valu attendre un positionnement européen commun ? Monsieur le Chancelier, est-ce que, sur cette question, vous êtes toujours indécis, ou pensez-vous que vous pouvez converger avec la position française et exclure ce boycott ? La situation à la frontière ukrainienne, nous la voyons tous se développer avec préoccupation, il y a un fort déploiement de troupes.
Il est donc important que cela soit thématisé dans tous les forums d'échanges politiques. Il est opportun que le Président américain ait cherché le dialogue avec le Président russe, et nous continuerons de notre côté à agir pour garantir que l'Ukraine ait une bonne perspective. Il y a une base positive pour cela, qui pourrait être la réactivité qui doit jouer un rôle pour l'avenir, par exemple la coopération au Format Normandie avec les critères que nous avons formulés ensemble dans ce contexte.
Et, bien sûr, il y a aussi un consensus sur l'inviolabilité des frontières de l'Union européenne. C'est un principe que nous devons tous accepter et respecter en Europe. Nous devons rappeler ce principe pour que tous les acteurs sachent que cette règle s'applique à tout le monde.
Il n'y a pas que des questions de pouvoir, il y a des principes communs qui s'appliquent à tous. Cela veut également dire que nous continuons à travailler en ce sens ensemble, et que tous pourront compter sur nous en ce sens. Pour ce qui est des Jeux olympiques, nous sommes en train d'échanger avec nos partenaires parce que nous voulons avoir un positionnement concerté, et c'est tout à fait utile, il me semble.
Sur l'Ukraine, je souscris pleinement à ce que vient de dire Monsieur le Chancelier. Il est tout à fait utile que le Président Biden ait pu avoir cette discussion avec le Président Poutine, laquelle a donné lieu à des échanges avec les partenaires européens en format dit " Quint " avant et après cet échange. Notre volonté commune est de poursuivre ce dialogue avec à la fois le Président Zelensky et le Président Poutine.
J'ai eu l'occasion ce matin de m'entretenir avec le Président Zelensky sur cette base. Nous le verrons ensemble la semaine prochaine, en marge du Sommet pour le Partenariat oriental à Bruxelles mercredi prochain, et nous aurons l'occasion à ce moment-là de décider d'initiatives nouvelles. Mais le Format dit " de Normandie " conserve toute sa pertinence en ce qu'il permet justement cette procédure de travail entre l'Ukraine et la Russie, et je dirai cette médiation de l'Allemagne et de la France.
Donc nous continuerons aussi à travers ce Format. Je pense que toutes ces initiatives sont complémentaires, et elles traduisent une volonté de désescalade et de stabilité dans la région, en même temps qu'une détermination pour ce qui nous concerne sur la protection de nos frontières communes et de l'ensemble de nos partenaires européens. Je vous inviterai peut-être à revenir plus longuement sur la réponse que j'ai faite hier sur les Jeux olympiques, où j'ai indiqué très clairement que nous souhaitions nous coordonner avec nos partenaires européens, et que c'est bien dans cet esprit que la diplomatie française travaillerait.
J'ai simplement invité chacune et chacun à bien remettre les choses en perspective. Personne à ce stade n'a proposé de boycott des Jeux olympiques, on ne parle que d'un boycott diplomatique. J'ai simplement souligné le fait que la dolorosité de ce boycott était à relativiser.
Bonjour, Monsieur le Président. [INAUDIBLE] Si, comme le suggère le renseignement américain, début 2022, la Russie venait à envahir l'Ukraine, qu'est-ce que ferait l'Allemagne et qu'est-ce que ferait la France ? Deuxième question à l'intention de Monsieur Scholtz.
Est-ce que vous seriez prêt à revenir sur les critères de Maastricht, tout simplement ? Et, Monsieur le Président, est-ce que vous vous sentez inspiré par les propositions de l'Allemagne pour ce qui est des migrations, le fait d'encourager les migrations économiques, d'encourager l'immigration choisie ? Sur votre première question, je pense que notre objectif premier est d'éviter toute tension inutile et ce que j'appellerai les informations autoréalisatrices.
Je pense que notre volonté à tous, membres du Quint en particulier, donc européens comme Américains, est de montrer que nous sommes très attentifs à la situation mais qu'il n'y ait aucune escalade de quelque ordre que ce soit, et de rappeler l'importance de la stabilité et de la souveraineté de l'Ukraine. Je ne vais pas entrer dans un jeu de politique-fiction qui alimenterait une montée en tension elle-même. Pour ce qui est des sujets migratoires, nous en avons longuement parlé.
La migration économique est une réalité de nos deux pays. Dans beaucoup de secteurs, d'ailleurs, elle est réelle. La difficulté à laquelle nous sommes confrontés, c'est que les flux migratoires ont beaucoup augmenté ces dernières années en raison de déstabilisations géopolitiques, voire de guerres, de conséquences de dérèglements climatiques ou d'inégalités.
Donc ce qu'il nous faut faire, c'est maintenir évidemment cette migration qui est nécessaire au fonctionnement de nos économies et qui a toujours existé dans nos sociétés, continuer à être respectueux et fidèles à nos valeurs quand il s'agit de l'asile, car l'asile constitutionnel est une valeur fondatrice de l'Europe, c'est-à-dire protéger celles et ceux qui combattent pour la liberté dans leur pays et qui, ce faisant, risquent pour leur vie, et réussir à augmenter notre efficacité pour lutter contre la migration illégale, et en particulier l'ensemble des réseaux de trafiquants qui organisent ces flux. Le faire par une politique partenariale avec les pays d'origine et les pays tiers, ce sera à l'agenda de notre discussion avec les États africains. Le faire en protégeant mieux nos frontières extérieures communes.
Nous en avons parlé parce que nous avons été victimes de ces attaques hybrides sur la frontière orientale et on doit continuer ce travail, et c'est d'ailleurs au cœur de la refonte de notre espace Schengen. Le faire aussi en accroissant l'efficacité de nos politiques de reconduite vers les pays d'origine pour celles et ceux qui ne sont pas éligibles à l'asile et qui sont sur notre sol sans titres légaux. Voilà la ligne que nous suivons et je crois pouvoir dire, parce que nous en avons parlé à l'instant, que nous avons une approche très similaire de ce sujet.
Merci beaucoup de cette question. Tout d'abord, il convient de dire qu'il est clair pour nous tous qu'il n'y a pas d'alternative aux efforts de désescalade. La paix dans nos frontières européennes exige ce caractère inviolable des frontières et donc nous devons travailler à la désescalade là où il y a des conflits et à développer des perspectives d'avenir.
Je suis très heureux que nous ayons l'opportunité, dans le cadre du Partenariat oriental, de continuer à approfondir ces questions. Cela en fait partie et notre position sur ces points est très claire. Bonjour, Sabina [ INAUDIBLE ] télévision allemande, première chaîne Monsieur le Président, suite à votre discours d'hier sur l'Europe, pourriez-vous préciser un peu comment vous voyez le futur du contrat de Maastricht et les critères de stabilité ?
Est-ce qu'ils sont obsolètes ? Monsieur le Chancelier, vous avez souligné les convergences avec la France mais il y a de toute évidence deux points de divergence. Tout d'abord l'avenir du Pacte de stabilité puisque, dans le contrat de coalition, vous avez indiqué qu'il fallait y revenir après la crise de la Covid 19.
Comment est-ce que vous allez négocier cela avec la France ? Et, deuxième point, la politique sur le nucléaire. La France s'engage pour faire reconnaître l'énergie nucléaire comme énergie verte alors que pour vous, en Allemagne, ce serait difficile à faire passer publiquement.
Merci. Nous sommes tous deux investis dans la coopération européenne et nous avons montré ce qui était possible justement lorsque nous agissons dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance. Nous avons lutté contre la crise avec des moyens de grande ampleur et le Fonds de relance et de reconstruction est un exemple formidable de ce que nous pouvons accomplir.
Je suis convaincu que nous pourrons faire face de manière collective. Il s'agit de maintenir cette croissance qui a été engendrée par le Pacte de relance et donc nous devons, dans le même temps, travailler à la solidité de nos finances. Ce n'est pas contradictoire pour moi, ce sont les deux faces d'un même effort et donc je suis sûr que nous parviendrons à des concepts communs sur cette question.
De notre côté, en tout cas, nous nous sommes engagés à faire en sorte d'utiliser les flexibilités du Pacte de stabilité et de croissance pour définir une politique européenne commune sur cette thématique et nous pensons que cela est tout à fait possible. Il me semble qu'il y avait encore une question pour savoir comment catégoriser les différentes énergies puisqu'il y a le volet de la taxonomie. C'est un sujet complexe mais il s'agit en tout cas des différentes manières de catégoriser les entreprises pour les catégories d'investissement sur les marchés.
Il est tout à fait clair pour moi que chaque pays développe sa propre perspective pour lutter contre le changement climatique. Ce qui nous unit, c'est que nous voyons notre responsabilité et que nous avons une politique ambitieuse en la matière. L'Allemagne a décidé de miser sur le développement des énergies renouvelables, l'éolien offshore et sur Terre et le développement de notre réseau électrique.
Les structures qui nous permettent d'avoir la flexibilité nécessaire, ce sont le gaz et l'hydrogène. C'est notre grand programme de développement de l'énergie et nous nous concentrons sur la réalisation de ces objectifs pour contribuer à notre échelle. Sur le Pacte de stabilité et de croissance et nos perspectives en matière financière, nous devons avoir trois objectifs, pour reprendre ce que je disais hier.
Le premier, comme Monsieur le Chancelier vient de le dire, c'est de maintenir la croissance et surtout de viser au plein emploi en Europe. Je pense que c'est un objectif économique et social essentiel. Le deuxième, c'est de bâtir les filières d'innovation et les filières industrielles qui permettront à l'Europe d'avoir justement une économie plus verte, plus digitale, créant de l'emploi, construisant et améliorant notre souveraineté, ce qui suppose des investissements massifs.
Le troisième, c'est évidemment de poursuivre le travail de convergence entre les États membres qui est au cœur, en particulier pour l'ensemble des États qui partagent la même monnaie, et donc de maintenir un sérieux budgétaire qui permette cela. C'est forts de ces objectifs que nous devons justement trouver les mécanismes, soit les flexibilités soit les nouvelles règles qui nous permettront de tenir ensemble ces trois objectifs. Ce sont les débats que nous aurons dans les prochains mois.
Nous avons su montrer pendant la crise d'abord qu'il y avait suffisamment de souplesse et de flexibilité pour suspendre les règles et nous avons inventé un mécanisme nouveau, celui d'un endettement commun pour lever des investissements inédits : nos fameux 750 milliards du Plan de relance. Je pense que nous avons besoin de la même capacité à innover et à inventer des solutions adaptées pour accompagner la période qui vient. Il ne s'agit pas de préempter les instruments ou de revenir à des débats qu'on a beaucoup connus ces dernières années.
Nous sommes dans un environnement nouveau, celui qui est, nous l'espérons tous, la sortie progressive d'une pandémie historique mais des conditions économiques et sociales inédites et aussi l'accélération de certains investissements massifs, des investissements de souveraineté que les tensions géopolitiques imposent. Pour moi, il nous faut trouver de manière pragmatique les bons accords pour que les trois objectifs que je viens d'évoquer soient ainsi pleinement remplis. Bonjour, Guillaume Daret, France Télévisions.
Au sujet de la lutte contre la pandémie de Covid 19, les mesures sanitaires apparaissent plus strictes en Allemagne, avec un pass sanitaire qui est demandé par exemple dans les entreprises. Est-ce que, question à tous les deux, il ne faudrait pas une uniformisation des règles et des mesures sanitaires au niveau européen, en particulier dans les régions frontalières entre l'Allemagne et la France, par exemple ? Et, Monsieur le Président, une question pour vous.
Votre ministre de la Culture a annoncé ce matin l'ouverture avec quinze ans d'avance des archives de la guerre d'Algérie. Est-ce que vous ne craignez pas que cela réveille des douleurs et une guerre des mémoires ? Merci.
Sur votre deuxième question, ce que la ministre a annoncé est conforme à ce processus que nous avons enclenché et qui a d'ailleurs associé l'ensemble des ministères concernés, ministère des Armées, ministère de la Culture, etc. Et qui s'inscrit dans le droit fil du rapport Stora et de ce travail en profondeur que nous faisons. Je crois que c'est un travail de vérité indispensable et je veux qu'il se fasse dans l'apaisement, je pense que nous en sommes capables, et dans la reconnaissance de toutes les composantes mémorielles qui forgent la nation française, toutes.
Ensuite, sur la Covid 19, il y a des mécanismes très étroits de coordination entre les régions transfrontalières. Nous avons d'ailleurs constamment eu des dialogues depuis le début de la crise en franco-allemand. Il y a eu parfois des mouvements un peu différents qui étaient liés quand il y avait une accélération qu'on a à chaque fois ajustés, avec des systèmes qui sont aussi différents, je vous le rappelle, car l'Allemagne est un système fédéral où chaque land a des compétences importantes en la matière, ce qui rend les choses parfois délicates, et je le dis sous le contrôle de Monsieur le Chancelier qui aura à faire cette coordination.
Nous nous sommes toujours tenus, depuis le début de la crise, sur une très forte convergence et coordination franco-allemande. Nous l'avons fait au niveau de la République fédérale d'Allemagne et de la République française et nous l'avons fait aussi de manière décentralisée puisque par exemple nos préfets ont constamment tenu des visioconférences en associant ministres et présidents des länder voisins et les présidents de régions, pour donner un seul exemple. Nous avons toujours veillé à ce que la situation des transfrontaliers, des travailleurs transfrontaliers, soit prise en compte.
Nous avons, comme vous le savez, ces derniers mois adopté le pass sanitaire en France, ce qui a été un choix fait avec quelques autres États membres qui a permis d'accélérer la vaccination. Nous avons réussi à coordonner une bonne coopération transfrontalière alors même que l'Allemagne n'avait pas fait ce choix. Il y a aujourd'hui un pass qui est adopté, avec d'ailleurs des règles un peu différentes en Allemagne, y compris au travail.
Nous allons évidemment veiller à ce que la coordination soit parfaite, que le cadre des travailleurs transfrontaliers soit pris en compte de part et d'autre et aussi porter à la discussion et à la négociation de nos partenaires sociaux ce sujet pour ce qui est de la France. Mais je crois que nous avons nos équilibres. Il y a des différences qui existent, et c'est normal, mais nous veillons à chaque fois à ce qu'il y ait une bonne convergence entre les deux pays et une bonne articulation.
Je crois pouvoir dire que, grâce à l'engagement de nos responsables politiques locaux et grâce à l'engagement de nos fonctionnaires, nous avons toujours réussi à ce que la vie soit la plus supportable possible pour nos compatriotes qui vivent de part et d'autre de la frontière. [ INAUDIBLE ] la coopération transfrontalière ? Oui, avec plaisir.
Je crois que la coopération a très bien fonctionné par le passé. Je suis d'ailleurs d'avis qu'il n'y a pas de problème dans la pratique, même si les règles peuvent parfois être différentes d'un côté ou l'autre de la frontière, mais elles sont faciles à suivre et c'est en fin de compte le critère le plus important. Les travailleurs transfrontaliers respectent les règles qui s'appliquent dans le pays dans lequel ils se rendent donc ce n'est pas compliqué.
Nous allons donc continuer notre coopération étroite. Il faut qu'il y ait une réponse européenne à ce défi parce que c'est une crise mondiale qui ne s'arrête pas aux frontières, qu'elles soient européennes ou nationales. C'est pourquoi nous devons continuer à travailler ensemble pour l'emporter sur le virus.
Merci beaucoup, Mesdames et Messieurs, et merci encore Monsieur le Chancelier, cher Olaf.