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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 14 novembre 2021 26 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéTravail & emploiInstitutions & élections

13-Novembre : Marlène Schiappa déplore les propos d'Éric Zemmour et appelle à "l'unité de la République"

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Comment jugez-vous ces commémorations cette année ?

  • 2:38RelanceRéponse directe

    Quel est votre commentaire sur les propos d'Éric Zemmour ?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Ces polémiques quotidiennes donnent-elles une idée de la campagne présidentielle ?

  • 4:42OuverteRéponse directe

    Éric Zemmour vous a traité d'imbécile, comment réagissez-vous ?

  • 6:03RelanceRéponse partielle

    Ne pas répondre à Éric Zemmour, est-ce une stratégie ?

  • 8:54OuverteRéponse directe

    Où est la France dans la COP26 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:46InvitéFait
    « J'ai trouvé sa réponse très digne puisqu'il a rappelé que le but des terroristes islamistes, c'est de diviser le pays. »
  • 3:22InvitéFait
    « C'est ce mode de vie que les terroristes ont voulu attaquer. »
  • 3:54InvitéPromesse
    « Moi, j'appelle à l'unité du pays. »
  • 9:00InvitéFait
    « La France est bien présente, elle est à la manœuvre, elle fait partie des leaders sur ce sujet. »
  • 10:21InvitéFait
    « Ce n'est pas le mieux qu'on puisse faire. »
  • 11:52InvitéPromesse
    « Oui, les contrôles vont être renforcés. »
  • 12:35InvitéChiffre
    « Ces dernières semaines, 3500 établissements, donc restaurants, etc., ont été contrôlés. Et seulement 14 étaient en infraction et ont été verbalisés. »
  • 13:21InvitéFait
    « Personne n'a jamais dit au gouvernement qu'on se la coule douce au RSA. »
  • 14:45InvitéFait
    « C'est le sens, par exemple, du travail que nous avons fait en réformant totalement la question de la formation continue. »
  • 20:17InvitéFait
    « À part les élections européennes on observe que depuis plusieurs années maintenant 10-15 ans élection après élection on a de plus en plus d'abstention. »
  • 21:45InvitéFait
    « Vous avez les possibilités de faire des procurations simplifiées. »

Temps de parole

  • Invité60 %
  • Invité 218 %
  • Présentateur10 %
  • Invité 310 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Jean-Jérôme Bertolus. Bonjour. Notre invité ce matin, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur en charge de la citoyenneté. Bonjour Marlène Schiappard. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Vous avez participé hier aux cérémonies de commémoration des attaques terroristes du 13 novembre 2015 dans un contexte particulier compte tenu du procès qui est en cours et pour la première fois aussi des interventions polémiques, parfois provocantes. Comment jugez-vous ces commémorations cette année ?

0:39
Invité

D'abord les commémorations auxquelles j'ai pris part avec le Premier ministre, le garde des Sceaux, le ministre de l'Intérieur, mais aussi la maire de Paris, des élus, et surtout les présidents des deux associations de victimes des attentats du 13 novembre avec à chaque fois un nombre important soit de proches de victimes, soit de riverains qui s'étaient sentis touchés par ces attentats. La veille je suis allée au bar La Belle Équipe pour prendre un verre avec le patron dont l'épouse, la mère de sa fille en tout cas, a été tuée avec beaucoup de personnes qui étaient dans son bar ce soir-là et lui c'était un survivant.

Et lui il nous disait, le message qu'il voulait nous passer c'est justement il ne voulait pas qu'il y ait de récupération et de polémique vis-à-vis de ces attentats. Et je vais vous dire très honnêtement ce qu'il m'a dit et en fait il a été assez visionnaire sur ce coup-là. On a discuté vraiment à bâton rompu et il m'a dit moi en tant que patron de ce bar La Belle Équipe et survivant, je vous demande de ne pas répondre à Éric Zemmour s'il dit quelque chose. Voilà. Et je lui ai dit mais... Il a dit quelque chose. Je lui ai dit vous savez que c'est difficile pour moi de ne pas répondre de façon générale.

Et il m'a dit mais Madame Schiappa je sais et c'est pour ça que je vous le dis parce que moi je vous aime bien et il y a beaucoup de combats que vous menez que je soutiens et j'aime bien votre pêche etc. Et j'aime bien aussi d'autres responsables politiques qu'il a cités. Mais il m'a dit s'il vous plaît ne répondez pas s'il dit quelque chose parce que je n'ai pas envie qu'on soit l'objet d'un débat, d'une instrumentalisation. Vous posez la question parce que... C'est votre droit et votre travail. En fait Éric Zemmour a proféré ses accusations contre l'ancien chef d'État François Hollande vendredi. C'était à Bordeaux. Il a fait allusion au témoignage de François Hollande lors du procès.

Il l'a accusé en fait d'activité, d'avoir eu une action criminelle parce que François Hollande aurait laissé rentrer des migrants terroristes. Mais il a répété ses accusations hier soir devant le Bataclan. Vous, en tant que ministre, vous l'avez dit, vous avez participé à ces commémorations. Quand même, quel est votre commentaire ? Moi, j'ai entendu la réponse du président Hollande et j'ai trouvé... J'ai beaucoup de désaccords avec le président Hollande, mais j'ai trouvé sa réponse très digne puisqu'il a rappelé que le but des terroristes islamistes, c'est de diviser le pays.

C'est de créer le chaos, c'est de semer la discorde et c'est de faire en sorte qu'en France, les gens s'empoignent les uns les autres. Quand ils ont tiré sur un stade, sur une salle de concert, sur des terrasses, leur but, c'était d'attaquer notre mode de vie, d'attaquer aussi la mixité. Ils sont allés dans les quartiers dans lesquels les gens se mélangent le plus. Dans le 10e arrondissement, dans le 11e arrondissement, en Seine-Saint-Denis, dans des endroits de fête dans lesquels, quelle que soit notre origine, notre religion, notre milieu social, on se mélange et on partage des temps festifs. C'est ce mode de vie que les terroristes ont voulu attaquer.

Et je crois que le président Hollande a parfaitement raison de rappeler, sur le fond, que c'est justement la division qui est recherchée par les terroristes. Vous savez, hier, il y avait Bernard Cazeneuve, l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, qui était présent avec nous pour les commémorations. Moi, j'ai le plus profond respect pour les personnes qui étaient aux responsabilités à ce moment-là. Qu'elles aient été Premier ministre, mais qu'elles aient été aussi dans les forces de sécurité civile.

Il y a ce magnifique documentaire en ce moment sur une plateforme qui s'appelle Fluctuate Nekmergitur, qui partage des témoignages non seulement de personnes qui étaient sur place au Bataclan, mais aussi des secours. C'est un vrai mot, en fait, certes. Mais vous dites qu'Éric Zemmour, finalement, fait le jeu des terroristes en divisant la population. C'est ce qu'on doit comprendre de votre propos ? Mais je pense que personne n'a envie d'entendre ce type de propos dans un moment de recueillement. Vous voyez qu'Amalah Harris est venue se recueillir hier après-midi devant le Bataclan. Elle a déposé des fleurs en hommage aux victimes. Et je crois que le président Hollande a répondu.

Mais le président d'une des deux associations de victimes a aussi répondu, me semble-t-il, en disant justement qu'il ne voulait pas faire écho à ses propos et qu'il appelait au soutien et à l'hommage de surcroît en plein procès. On est en plein procès, là. Justement. Marlène Schiappa, au-delà de ces commémorations et de cette polémique lors du 13 novembre, est-ce que quand même, ces polémiques quotidiennes, ces insultes, il y a quelques jours, il vous a traité d'imbécile ? Vous, Marlène Schiappa, Éric Zemmour, est-ce que ces polémiques à répétition, ces insultes, ça donne une idée de ce que va être la campagne présidentielle quand on en sera au cœur ? Je le déplore.

Vous savez, quand vous avez un presque candidat, ou en tout cas un polémiste, qui, lorsqu'une femme politique prend une position opposée à la sienne, quand sa réponse est l'insulte de cette femme politique, ça en dit plus sur lui que sur moi. Hélas. Donc oui, je le déplore. Et c'est pour ça que je crois qu'il y a un piège qui nous est tendu, dans lequel, à l'instar du patron de la belle équipe, je vais tâcher de rester au-dessus de ces bases polémiques. Mais encore une fois, ça veut dire que la campagne présidentielle va être un peu nauséabonde ? La pré-campagne est de toute façon d'une grande violence.

La campagne de 2016-2017 avait déjà été violente, avec un certain nombre de tentatives de déstabilisation. Et je crois qu'il nous appartient, justement, de faire, mais c'est un cas de conscience avec soi-même, d'arriver à chaque fois à trancher entre la volonté de ne rien laisser passer sur les valeurs, sur les droits des femmes, sur la liberté de la presse, sur la démocratie, sur ce qu'est l'unité de la République, qui est une et indivisible, d'une part. Et d'autre part, le fait, effectivement, de tâcher de ne pas faire écho, et donc répondre sans vouloir faire écho aux propos auxquels nous répondent, c'est le défi que nous faisons.

6:03
Présentateur

Mais ne pas répondre, ne pas vouloir argumenter face à un Éric Zemmour, on disait la même chose du Front National.

6:12
Invité

Je me permets de vous arrêter, moi je ne suis pas réputée pour être quelqu'un qui ne répond pas assez. Le reproche qu'on me fait centiternellement, c'est plutôt de trop répondre et de trop réagir.

6:19
Présentateur

Là, en l'occurrence, vous choisissez...

6:21
Invité

Ah non, là, je vous ai répondu, ça fait dix minutes que je vous réponds sur le fond, justement. Je vous réponds en faisant écho aux propos du président Hollande, aux propos du président de l'association de victimes, et en rappelant, justement, c'est une réponse. Quand je vous dis que moi, j'appelle à l'unité du pays. Voilà. Et je pense que c'est un moment où nous devons mettre de côté les différences politiques. À cet hommage, vous aviez aussi bien Jean Castex que Bernard Cazeneuve, qu'Anne Hidalgo, que moi-même et d'autres ministres, des élus de Paris de tous les bords, et personne n'a esquissé la moindre polémique politicienne.

Nous étions tous émus et unis et en hommage, dans la dignité d'un hommage et du recueillement face aux victimes et à leurs proches.

7:00
Présentateur

Marlène Schiappa, invitée du 830 France Info, marque une pause pour le Fil Info avec Diane Ferschit. Il est 9h moins 20.

7:07
Invité

Un compromis plein de contradictions. Les mots du secrétaire général de l'ONU pour qualifier la déclaration finale issue de la COP26. Le texte réaffirme l'urgence d'agir pour parvenir à limiter le réchauffement climatique à un degré et demi. Mais sans garantie de tenir cet objectif. Et au tout dernier moment, ce changement demandé par l'Inde et la Chine sur la question des énergies fossiles. Les deux pays ont fait adopter des orientations moins contraignantes que prévues dans l'accord. Le retour du masque à l'école demain pour les élèves de primaire dans toute la France face à la recrudescence du Covid.

Depuis la rentrée des vacances de la Toussaint, le masque à l'école primaire était obligatoire dans 61 départements. Avec le masque, ralentir la transmission du virus dans les écoles, c'est forcément une bonne chose, estime sur France Info l'enseignant-chercheur en épidémiologie Pascal Crépet. Ça va nous permettre de ralentir la diffusion du virus pendant la période hivernale, selon lui. Deuxième débat des cinq candidats. L'investiture des Républicains en vue de la présidentielle. Quatre thèmes doivent être abordés ce soir. L'immigration, la sécurité, la place de la France dans le monde ainsi que le pouvoir d'achat.

La belle performance de l'équipe de France de football hier soir face au Kazakhstan au Parc des Princes. Les Bleus l'ont emporté huit buts à zéro, mention spéciale à Kylian Mbappé. A lui seul, il a marqué à quatre reprises la France qui est donc qualifiée pour le Mondial de foot 2022 au Qatar. Il reste au Bleu un match de ses phases qualificatives face à la Finlande. Ce sera mardi soir.

8:28
Présentateur

France Info. C'est la ministre Marlène Schiappa qui est l'invité du 830 France Info ce matin avec Jean-Jérôme Bertolus. Marlène Schiappa, on va dire un mot de la COP26 qui se termine à Glasgow, qui s'est terminée hier soir à Glasgow. Un bilan en demi-teinte, c'est vraiment le moins qu'on puisse dire. Pas d'engagement précis, qu'il soit fort. Pas vraiment de leader dans cette organisation. Où est la France ?

8:56
Invité

La France est bien présente, elle est à la manœuvre, elle fait partie des leaders sur ce sujet. D'ailleurs, la ministre française Barbara Pompili est restée jusqu'au bout, jusqu'aux dernières minutes des négociations pour faire aboutir ce pacte de Glasgow. Vous savez, dans ces discussions multilatérales, pour en avoir mené quand la France présidait le G7 sur l'égalité entre les femmes et les hommes, ou pour avoir présidé un conseil de sécurité aux Nations Unies sur la question de la place des femmes dans les conflits, je sais très bien à quel point c'est une négociation difficile, parce que vous devez garder à bord l'ensemble des pays.

Et là, les 200 pays sont bien à bord, aucun n'a quitté le pacte, dit pacte de Glasgow, qui aboutit de cette COP26.

9:33
Présentateur

Mais le bateau dérive de plus en plus, non ?

9:35
Invité

Alors, je sais que certains et certaines disent, et à juste titre, qu'il faut aller plus loin, et que ce n'est pas encore assez ambitieux.

9:41
Présentateur

Que les engagements sont de plus en plus flous.

9:43
Invité

Oui, mais effectivement, et ça a été rappelé, il y a eu plusieurs pays qui, en dernière minute, finalement, sont revenus sur un certain nombre de discussions qui étaient en cours, notamment l'Inde, qui a fait part d'un certain nombre de spécificités qu'elle connaissait. Et donc, l'enjeu pour nous, c'était vraiment de faire en sorte que l'ensemble des pays restent et ratifient véritablement ce pacte de Glasgow avec des engagements de mise en œuvre. Mais je partage tout à fait le fait que ce n'est pas une conclusion et que c'est petit pas par petit pas que les avancées se font et qu'il nous faut être encore plus ambitieux au niveau mondial.

Mais c'est extraordinairement difficile de faire partagé.

10:15
Présentateur

Donc aujourd'hui, le mieux qu'on puisse faire, c'est empêcher l'explosion de la COP ?

10:19
Invité

Non, ce n'est pas le mieux qu'on puisse faire. Il y a un certain nombre d'engagements qui ont été pris, notamment sur la question de la mise en œuvre sur les énergies fossiles pour acter, ne serait-ce que le fait qu'on ne peut pas éternellement être dans cette forme d'addiction aux énergies fossiles et qu'il nous faut trouver des moyens collectifs. Après, c'est vrai que chaque pays a des enjeux différents, des moyens différents. La France est très ambitieuse et pousse à chaque fois pour qu'on aille le plus loin possible dans la droite lignée des accords de Paris. C'est un travail de diplomatie difficile et je salue la ministre Barbara Pompili qui l'a menée pour la France.

Jean-Jérôme Bertolus. Marlène Schiappa, vous êtes ministre déléguée au ministre de l'Intérieur. Mardi, lors de son allocution, le président de la République a demandé plus de contrôle sur le pass sanitaire alors que l'épidémie de Covid progresse notamment partout en Europe, que les pays européens serrent la vis. Est-ce qu'en France, ça va être la fin du laxisme, notamment dans les restaurants, pour le pass sanitaire ? Je n'ai pas l'impression qu'on soit laxiste en France en matière de... Il y a eu des reportages, vous savez, où on peut aller dans beaucoup de restaurants, finalement, plus personne ne demande le pass.

Oui, mais vous savez, en termes de vaccination, en fait, la France est un des pays les plus avancés et moi, j'ai fait un déplacement diplomatique récemment en Autriche et j'étais surprise. J'avais des stéréotypes et des clichés sur les pays en bonne... voilà, comme beaucoup de gens. Et en tout cas, tout ça pour dire qu'arriver en Autriche, je pensais, j'avais ce cliché en pensant que tout le monde serait vacciné et ce n'est pas le cas. La vaccination en Autriche est moindre par rapport à la vaccination en France. Marlène Schiappa, et sur le pass alors, est-ce qu'effectivement, les contrôles de police vont être renforcés ? Oui, les contrôles vont être renforcés.

Mise de l'intérieur a adressé une circulaire au préfet dès cette semaine pour leur demander de renforcer les contrôles. Pourquoi ? Parce qu'il y a un taux d'incidence élevé. On est à quasiment plus de 40% ces dernières semaines. Certains épidémiologistes disent craindre une cinquième vague et c'est arrivé. C'est pourquoi, d'ailleurs, la décision de remettre les masques à l'école a été prise pour faire en sorte de protéger chacun. Donc oui, il y a davantage de contrôles. Mais moi, je veux dire que l'immense majorité des Français respectent bien les règles. Et il y en aura davantage encore sur les lieux de vacances à Noël ?

Est-ce qu'effectivement, les vacances de Noël, il n'y aura pas de pause dans les contrôles ? Non, il n'y a pas de pause pendant Noël parce que le virus ne fait pas de pause. Le virus ne prend pas de vacances de Noël. Pour partager quelques chiffres avec vous, je vais vous dire par exemple que ces dernières semaines, 3500 établissements, donc restaurants, etc., ont été contrôlés. Et seulement 14 étaient en infraction et ont été verbalisés. Donc je veux dire qu'il y a l'immense majorité des établissements qui respectent bien les règles. Et je veux d'ailleurs les en remercier.

Sur ces dernières semaines, depuis la déclaration du président de la République et depuis que le ministre de l'Intérieur a souhaité renforcer les contrôles. Donc je veux saluer ici les restaurateurs qui mènent un travail difficile, qui ont été fermés pendant un temps, qui rouvrent, et qui, pour l'immense majorité d'entre eux, se sont adaptés avec beaucoup d'agilité pour faire en sorte de pouvoir retrouver ces endroits de convivialité. Alors, mardi, le chef de l'État n'est pas revenu que sur la crise sanitaire.

Il a aussi insisté sur les sanctions à l'encontre des chômeurs qui ne rechercheraient pas assez assidûment un emploi, sur le relèvement nécessaire de l'âge légal de départ à la retraite, sur la nécessité de nouveaux investissements en matière nucléaire. Écoutez la réaction de la députée Clémentine Autun. C'était l'invité d'Ercine Lebovitch hier à 8h30. À droite toute ? Moi, j'ai écouté le président de la République. C'est un discours de campagne. Et ce discours de candidat est clairement à droite. Ce qu'il a dit sur les chômeurs fait partie des choses les plus choquantes, avec les retraites aussi. Ils pensent vraiment qu'il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi.

Je ne sais pas où ils vivent, mais c'est une bulle qui n'a pas à voir avec la réalité de la France. Traiter les gens de feignants, estimer qu'on se la coule douce avec le RSA, c'est inadmissible. Ça ne vous gêne pas, vous qui... C'est vrai, il y a quelques années, mais vous qui venez de la gauche, ça ne vous gêne pas cette droitisation du président de la République ? Depuis quand le travail, c'est de droite ? Eh bien, quand on attaque directement les chômeurs, c'est quand même pour répondre peut-être à une préoccupation des Français sur le fait que ceux qui ne travaillent pas gagneraient autant que ceux qui travaillent sur le fameux assistant-là. Non, pas du tout.

Non, personne n'a jamais dit au gouvernement qu'on se la coule douce au RSA, comme dit Mme Autain. Pas du tout. C'est une pensée qui nous est prêtée, c'est une supposition qui est faite. Bien au contraire, toute l'action qui est menée par le président Emmanuel Macron vise à faire en sorte que chacun puisse trouver un vrai travail, un vrai salaire. C'est le sens, par exemple, du travail que nous avons fait en réformant totalement la question de la formation continue. Faire en sorte que chacun puisse se reconvertir, y compris avec des efforts en direction, notamment des plus de 50 ans, pour que chacun puisse trouver un nouveau travail, se former, se remettre à jour.

C'est le sens du programme Un jeune, une solution. C'est le sens de tout ce que nous faisons sur l'apprentissage qui n'a jamais autant été mis à l'œuvre. Quand j'avais rencontré Edith Cresson, on avait échangé sur la place des femmes en police. Ancienne première ministre. Et la seule femme première ministre, d'ailleurs. Absolument. Et elle m'avait dit que son sujet, quand elle était première ministre de préoccupation, c'était l'apprentissage. Et elle me disait à quel point elle se réjouissait, sur ce point en tout cas, de voir que l'apprentissage était enfin devenu une priorité d'un gouvernement pour faire en sorte que des jeunes puissent trouver un travail. Des emplois en France, il y en a.

On parlait de la restauration. Il y a plus de 200 000 postes vacants dans la restauration qui ne trouvent pas de preneur.

15:39
Présentateur

Alors, il y a la restauration, il y a le secteur de la coiffure aussi, on en a pas mal parlé. Bien sûr. Et les secteurs de services. Marlène Schepa, vous pensez que pour voir ces milliers de postes, il faut forcément passer par la contrainte, par une menace de supprimer des allocations ?

15:54
Invité

Ce n'est pas une menace. Ce que je pense, c'est qu'il faut mettre ensemble, il faut mettre en face l'offre et la demande. Et moi, j'observe qu'il y a des gens qui ne trouvent pas de travail à l'heure actuelle en France. Et j'observe aussi qu'à chaque fois que je fais des déplacements, j'étais dans l'Orne la semaine dernière, et je suis allée discuter avec des patrons de PME et des femmes chefs d'entreprise de PME qui m'ont toutes dit, notre problème numéro un en ce moment, c'est le recruteur.

16:14
Présentateur

Donc, il faut que les chômeurs se mettent en adéquation avec les emplois et pas l'inverse. Ce ne sont pas les emplois qui, par exemple, ne seraient pas suffisamment payés, extrêmement difficiles et du coup... Bien sûr, mais je crois que la question du...

16:24
Invité

En fait, je pense que c'est une question plus globale et je crois qu'avec la période de confinement, la place du travail dans la vie des Français a été revue. Il y a beaucoup de Français qui ont quitté leur travail, beaucoup, en tout cas une part certaine de Français qui ont quitté leur travail en se disant qu'ils voulaient trouver un meilleur équilibre entre le temps passé au travail et le temps passé en famille, chez eux, pour leur vie personnelle et c'est tout à fait légitime. Et donc, je pense qu'on est dans une période de transition, de mutation du rapport au travail et que cela convient d'être ajusté pour que chacun puisse avoir un vrai travail et un vrai salaire.

Une dernière question quand même sur ce thème. Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et candidate, elle est l'air au Congrès, vous accuse de siphonner les thèmes de droite. Quant à Xavier Bertrand, le président de la région Île-de-France, mais il lui-même est également candidat LR pour le Congrès. Il estime que la seule chance d'Emmanuel Macron, c'est de se retrouver face aux extrêmes. La seule chance en 2022. Qu'est-ce que vous leur répondez, vous qui répondez ?

Ce sont deux candidats à la primaire LR et donc ils sont en train d'essayer de s'adresser à leur électorat et chacun montre dans cette dernière ligne droite de primaire, veut montrer qu'il serait le plus grand opposant et donc celui qui va le plus loin dans la critique du président. Finalement, aujourd'hui, vous, la majorité présidentielle et Emmanuel Macron en creux et directement lorsqu'il sera candidat, vous craignez plus la droite que la gauche qui aujourd'hui voit ses candidats un peu éparpillés façon Peulze. Moi, je n'ai pas à craindre. Comme disait Marie Curie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre dans la vie.

Je crois que l'important pour nous, c'est de comprendre les aspirations des Français et de voir vers quoi elle se dirige. À l'heure actuelle, je ne fais pas les sondages et à l'heure actuelle, aucun sondage ne donne un candidat LR au deuxième tour. C'est ce qu'il déplore et je vais vous dire, c'est ce que je déplore aussi. Parce que moi, pour le débat démocratique et pour sa qualité, je préférerais que nous puissions avoir des débats républicains avec des candidats qui parlent du fond et qui parlent de leur projet pour la France.

18:19
Présentateur

Marlène Schiappa, invitée du 830 France Info ce matin, on reprend cette discussion après le fil info. Voici Diane Ferschit.

18:24
Invité

Les voyageurs non vaccinés en provenance de Belgique doivent désormais présenter un test négatif au Covid datant de moins de 24 heures pour pouvoir passer la frontière avec la France. Décision de la préfecture du Nord. Des exceptions pour les chauffeurs routiers et les travailleurs transfrontaliers et ceux qui habitent dans un rayon de 30 kilomètres autour de cette frontière. Le taux d'incidence du virus explose en Belgique. Il dépasse les 600 cas pour 100 000 habitants. L'émotion hier soir du président britannique de la COP26 au moment de clôturer le sommet.

Il s'est dit profondément désolé pour le dénouement final marqué notamment par le changement de dernière minute demandé par l'Inde et la Chine sur la question des énergies fossiles. Sur la montée des températures, le texte appelle les Etats membres à relever leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre mais avec la possibilité d'aménagement pour circonstances nationales particulières. Sur France Info, le réseau Action Climat dit ce matin très déçu. Cette COP n'a apporté selon lui aucune réponse concrète pour les millions de personnes déjà affectées par le changement climatique. Une pollution sévère et une alerte sanitaire déclenchée à New Delhi.

En Inde, la ville peuplée de 20 millions de personnes ordonne à partir de demain la fermeture pour une semaine de ces écoles. Les hôpitaux signalent une forte augmentation du nombre de patients se plaignant de difficultés respiratoires. Les Bleus participeront à leur 7ème Coupe du Monde d'affilée l'an prochain au Qatar. Ils se qualifient en battant le Kazakhstan très largement 8 à 0. La qualité est là. Le talent aussi a réagi avec fierté le sélectionneur Didier Deschamps.

19:48
Présentateur

France Info C'est Marlène Schiappa qui est l'invité du 8.30 France Info ce matin. Jean-Jérôme Bertelus. Alors vous disiez

19:56
Invité

effectivement avant le rappel des titres que vous souhaitiez un débat de fond. Vous coordonnez le lancement d'une prochaine campagne contre l'abstention. Est-ce que finalement l'abstention ne menace pas directement la présidentielle comme les régionales ? On se souvient du taux d'abstention majeur, un record sous la 5ème République, plus de 67% d'abstention. Oui bien sûr à part les élections européennes on observe que depuis plusieurs années maintenant 10-15 ans élection après élection on a de plus en plus d'abstention. Mais là ça explose. Ça explose.

Donc c'est évidemment une alerte démocratique je crois qu'aucun parti politique de ce pays ne peut trouver satisfaisant le fait qu'il y ait des gens qui se désintéressent du vote.

D'autant plus que ce que l'on observe c'est que notamment chez les jeunes les jeunes ont rarement autant manifesté leur engagement on parlait du climat c'est un objet d'engagement de la jeunesse qui fait des manifestations qui est très engagée qui porte des demandes sur l'égalité femmes-hommes c'est la même chose il y a eu plusieurs manifestations ces récentes années sur les questions d'égalité femmes-hommes notamment avec beaucoup de représentants de la jeunesse ça n'était pas le cas précédemment vous avez de plus en plus de pétitions sur le bien-être animal et pourtant ces jeunes ne vont pas voter et donc je crois que la responsabilité collective elle est de rappeler que le passage à l'action il se fait par le vote et que grâce au vote grâce à l'acte de mettre son bulletin dans l'ordre de voter pour son candidat Et quand est-ce que vous la lancez cette campagne ?

Écoutez début janvier on va pouvoir lancer une grande campagne d'incitation au vote en rappelant un certain nombre d'éléments notamment comment on s'inscrit sur les listes électorales Comment on va jusqu'à quand pour s'inscrire sur les listes électorales si par exemple on n'est pas déjà inscrit ou si on a changé de domicile ?

Alors cette année comme les années précédentes ce n'est plus jusqu'au 31 décembre Précédemment il y a quelques années de cela vous aviez jusqu'au 31 décembre pour vous inscrire Maintenant vous pouvez vous inscrire jusqu'à quelques semaines avant l'élection présidentielle et ce que je veux rappeler c'est que vous avez les possibilités de faire des procurations simplifiées Il y a un site qui s'appelle maprocuration.fr et qui permet en quelques clics de préparer sa procuration et vous pouvez le faire y compris longtemps à l'avance si vous savez que vous serez en vacances que vous ne serez pas là Y compris en dehors de sa commune ?

Oui et ce qui est important c'est justement de faire en sorte d'abord de rappeler les dates mais aussi de rappeler les enjeux du vote pour retrouver cet engouement Voilà ça ne suffira pas je tiens à le dire directement parce que les causes de l'abstention elles sont profondes Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a confié une mission le député et ancien ministre Stéphane Travers est à la manœuvre pour faire un certain nombre de propositions notamment des élus proposent qu'on puisse faire des cérémonies de la citoyenneté au cours desquelles à l'âge de 18 ans on se voit remettre solennellement sa carte d'électeur c'est une piste qu'il faudra étudier je crois et avec le ministre de l'Intérieur nous sommes en train de travailler aux modernisations des modalités de vote

22:41
Présentateur

Qui parle aujourd'hui Marlène Schiappa à ces Français qui ne votent plus ? Justement Quel est le discours politique qui peut les atteindre ?

22:48
Invité

C'est une très bonne question et je crois qu'il n'y a pas une masse informe d'abstentionnistes je pense qu'il y a des raisons multiples pour lesquelles les Français s'abstiennent il y a le manque d'informations qu'on évoquait mais il y a des gens qui ont aussi l'information qu'il y a une élection et qui choisissent de ne pas y aller soit parce qu'ils ont été déçus soit parce que c'est pour eux maintenant un acte contestataire aussi que de ne pas aller voter donc je crois que l'erreur serait de dire il y a les abstentionnistes qui pensent tous la même chose et qu'il convient de prouver aussi par l'action ce qu'on fait et notamment de prouver par le bilan nous arrivons à la fin du quinquennat il va être fondamental pour nous de montrer comment la France de 2021 est différente par rapport à la France de 2016 on parlait de la question de l'apprentissage on peut parler de la question des forces de l'ordre il y aura davantage de policiers et de gendarmes sur le terrain en 2022 qu'il n'y en avait en 2017 par exemple à propos des forces de l'ordre tout autre sujet c'est une transition pas très habile mais quand même hier il y a eu une manifestation à Calais pour soutenir deux militants associatifs qui sont en grève de la fin depuis à peu près 30 jours ils se battent contre le fait que la police démantèle chaque jour les camps les camps que tentent de monter les migrants éteignent les feux ces feux que les migrants allument simplement pour se réchauffer pendant la nuit et un ancien membre un ancien député de la république en marche qui est aujourd'hui dans un groupe qui s'appelle territoire de progrès estime qu'il y a une maltraitance d'état vis-à-vis de ces migrants qu'est-ce que vous répondez sur ce qui se passe aujourd'hui à Calais alors que la tension monte quotidiennement la situation à Calais elle est extrêmement difficile et même douloureuse et moi je vais vous dire quitte à être contre la doxa générale moi je ne peux pas supporter qu'on considère qu'il est normal qu'il y ait des migrants qui dorment dans des tentes et qu'on fasse des camps pour moi ça n'est pas un but en soi que de faire dormir des migrants dans des tentes particulièrement dans la situation sanitaire de pandémie que nous connaissons et donc pourquoi l'état veut à chaque fois faire en sorte de ne pas laisser la jungle de Calais comme on l'a appelé se réinstaller pour faire en sorte de faire des mises à l'abri c'est à cela que l'état s'emploie les services de l'état sur place d'abord sauvent des vies je veux le dire les sauveteurs en mer repêchent c'est très triste mais c'est ainsi c'est la réalité ils repêchent des personnes qui sont tombées à la mer très régulièrement et je veux leur rendre hommage et ensuite l'idée pour nous c'est de faire des mises à l'abri donc l'état d'abord a des associations qui sont opérateurs de l'état qui distribuent des repas il y a plus de 2000 repas qui sont distribués chaque jour et c'est normal que l'état fasse cela aux migrants qui sont positionnés à Calais et ensuite l'idée pour nous c'est de faire en sorte de les loger de les mettre à l'abri d'ailleurs c'est pour ça que nous avons missionné un médiateur monsieur Didier Leschi qui est le directeur général de l'OFI l'Office français de l'intégration et de l'immigration qui est allé à Calais et qui a mené une table de négociation avec les associations aussi la nomination d'un médiateur Ercine

25:42
Présentateur

on est obligé de s'arrêter là merci beaucoup

25:44
Invité

merci à vous pour l'invitation Marlène Schiappa

25:46
Présentateur

invitée du 830 France Info ce matin la politique revient évidemment demain vous avez rendez-vous avec Marine Le Pen ce sont les matins présidentiels de France Info de 7h à 9h autour de Marc Fauvel si vous aimez le 830 France Info on vous conseille Élisée La Bataille le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses à découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr