L'intégrale de l'interview d'Eric Zemmour dans Questions de confiance face à Apolline de Malherbe
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Éric Zemmour. Bonjour Raphaël Nebel. Merci de répondre à mes questions de confiance ce matin. Vous êtes candidat à la présidence de la République. Il reste 11 jours. 11 jours pour convaincre les indécis de vous faire confiance, de vous accorder leur confiance pour les 5 ans qui viennent. Vous avez été la surprise de cette campagne. Ou alors, si on est un peu plus précis, vous avez été la surprise de ce début de campagne. Vous étiez parti de journaliste, polémiste, devenu candidat, avec maintenant un parti, Reconquête, et vous avez commencé par imposer vos sujets.
Et puis, je dirais qu'il y a un peu plus d'un mois, on a l'impression quand même que la curiosité que vous aviez suscité est retombée. Qu'est-ce qui s'est passé ? Ça ne vous a pas échappé qu'il y a à peu près un mois, Vladimir Poutine a attaqué l'Ukraine. Je pense que c'est la seule raison qui a fait que l'attention médiatique et donc l'attention de l'opinion s'est détournée, tout à fait légitimement d'ailleurs, puisque c'était quand même un événement important, vers la guerre en Ukraine. Mais vous savez, je pense que... Mais... Mais... Mais si c'est uniquement une question d'attention, pourquoi c'est vous qui baissez, pourquoi pas Marine Le Pen ? Elle subit le même contexte.
Mais je pense que nous n'avons pas le même électorat. Vous remarquez d'ailleurs que, si vous voulez, moi j'ai un électorat composite. J'ai un électorat de classe populaire et j'ai un électorat de filloniste. Vous voyez, les deux se composent. C'est pour ça d'ailleurs que je fais l'Union des droites et que Marine Le Pen ne peut pas la faire car elle, elle a uniquement un électorat de classe sociale, d'ouvriers, de petits employés, etc. Voilà. Et donc, ils n'ont pas la même sensibilité à l'actualité, à la guerre, etc. Je pense que c'est tout simplement ça. Et puis que moi, mon parti a 4 mois. Il n'a pas 40 ans.
Mais est-ce que ce n'est pas aussi quand même, Éric Zemmour, ce que vous aviez dit de Poutine ? C'est-à-dire, ce n'est peut-être pas un hasard ? C'est-à-dire, ça aurait été une guerre à un autre endroit ? Oui, oui, je comprends. Je ne pense pas. Vous savez, Valérie Pécresse n'a pas dit la même chose que moi. D'ailleurs, moi, ce que j'ai dit, c'était dans la lignée de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy et de François Fillon sur les nécessités de rapprochement avec la Russie, etc. Mais peu importe le fond. Vous n'avez pas de regrets ? Vous n'avez pas eu une mauvaise lecture quand même de ce qu'est Vladimir Poutine et de ce qu'est l'invasion russe ? Je ne pense pas.
On ne va pas reprendre cette conversation, à moins qu'on ait le temps. Mais malheureusement, on ne l'a pas. Vous avez été longtemps analyste politique. Non, je ne pense pas. Je pense que tout simplement, d'abord, je me suis trompé sur une seule chose. Vous avez raison. Je ne croyais pas qu'il allait attaquer. Mais accordez-moi que tous les spécialistes le pensaient la même chose. J'ai vu que Jean-Pierre Chevènement, il y a quelques jours, a reconnu lui aussi qu'il ne s'y attendait pas. Donc, vous voyez, c'est comme ça. Mais à part ça, je ne pense pas que les gens me fassent payer cela. Non, je pense que simplement, ils se sont détournés vers la guerre. Je leur dis simplement une chose.
Je leur dis simplement une chose. La guerre, c'est certes importante. Ça remet la guerre en Europe, etc. Mais ça n'entache pas le problème fondamental de notre pays qui est que nous subissons une crise inouïe, une crise de désintégration, un grand remplacement de population. Et ce n'est pas la guerre en Ukraine qui va régler notre problème. Au contraire, quand la guerre en Ukraine sera finie, quand on aura trouvé des accords nécessaires, on va les trouver, c'est évident, nous resterons avec notre problème d'immigration, de grand remplacement. Et là, si vous voulez, les Français regretteront de ne pas s'y être intéressés. D'ailleurs, je pense, pardonnez-moi, j'ai fini. Allez-y.
Je pense qu'ils s'y intéressent de nouveau. Je pense qu'ils ont compris que c'était la question majeure qui s'opposait à leur pays. Et donc, je pense que... On va y revenir. On va revenir au fond de votre programme, les priorités à vos yeux, à la fois sur les questions de sécurité, mais aussi sur les questions de pouvoir d'achat. Mais je n'oublie pas deux choses que vous venez de dire. L'une sur la question de votre électorat, qui ne serait pas forcément un électorat populaire. Je voudrais quand même qu'on y revienne. Pas seulement. Est-ce que ce n'est pas un problème quand même ? Pourquoi il n'y a pas... Vous pouvez revendiquer d'abandonner une partie de la...
En tout cas, qui ne se détourne de vous, qui ne trouve pas en vous... Vous m'avez mal compris. Que tout l'électorat populaire ne trouve pas en vous une solution. Mais attendez. Cet électorat populaire a l'habitude de voter pour Marine Le Pen. Depuis 20 ans. Il votait avant pour Jean-Marie Le Pen. Je veux dire, il y a une habitude. C'est normal, ça. Si vous arrivez dans le jeu politique uniquement pour prendre ceux qui restent et qui ne votent pas... Il y a déjà beaucoup d'abstentions. Pardonnez-moi. Et il y a une partie de l'électorat de Marine Le Pen qui m'a déjà rejoint. Une partie de l'électorat de François Fillon qui m'a déjà rejoint.
Si vous voulez, je suis le seul à faire le rassemblement, la réconciliation des droites qui ont été artificiellement divisées depuis 30 ans, depuis 40 ans. C'est ça l'objectif de ma candidature. Pour sauver la France et pour que la France reste la France. Pouvoir d'achat. Voilà une des préoccupations majeures et qui revient sur le devant de la scène. Y compris à cause de la guerre en Ukraine avec les prix de l'énergie. Le président de la commission de régulation de l'énergie sonne l'alarme. Il était au micro d'RMC ce matin. Il appelle les Français à réduire leur consommation. Il faut économiser du gaz et de l'électricité en France dès maintenant.
Sinon, cela pourrait mal se passer l'hiver prochain. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette demande-là ? On peut toujours demander aux gens de faire attention. Ce n'est jamais inutile. En revanche, je trouve scandaleux de faire payer aux Français la guerre en Ukraine. Je trouve scandaleux, plus grave, les mauvais choix. De faire payer aux Français les mauvais choix opérés par le gouvernement au nom de l'Europe. Je rappelle en deux mots que c'est un complexe, cette affaire de l'énergie, mais c'est quand même important. Nous avions et nous avons une énergie nucléaire autonome, souveraine.
Sauf que nous avons accepté que l'Europe nous oblige à obliger le EDF à vendre cette énergie nucléaire à un prix ridicule à des groupes européens. On ne vend pas l'énergie au prix normal où on la produit. Exactement. On fait monter ce prix. C'est un prix pour être plus raccord avec le reste de l'Europe. Et par ailleurs, chère Apolline de Malherbe, comme les Allemands ont choisi d'arrêter le nucléaire, qu'ils sont mis des éoliennes partout, ce qui les a obligés, puisqu'il n'y a pas de vent, on va chercher le gaz, ils sont très dépendants du gaz russe. Quand le prix du gaz monte, les Allemands payent plus cher.
Mais du coup, comme nous avons accepté au nom de l'Europe de s'agréger dans ce système européen, nous payons plus cher. Alors que nous ne profitons pas de notre énergie souveraine. Emmanuel Macron, dit qu'il va réussir à décorréler le prix français des autres prix. Ça fait 5 ans qu'il devrait le faire, qu'il aurait dû le faire. Ça fait 5 ans qu'il ne l'a pas fait. Parce qu'Emmanuel Macron a une seule constante. Il change d'avis tout le temps, surtout. Sauf un sujet, l'Europe. Il sacrifie toujours les intérêts de la France à sa chimère d'États-Unis, d'Europe, de fédéralisme européen, etc. N'empêche que pendant ce temps-là, les prix du gaz en France sont bloqués, l'augmentation est bloquée.
Elle est bloquée pour un certain temps. Vous, vous prolongeriez, si nécessaire, autant que nécessaire ? Oui, mais si vous voulez, ce n'est pas une solution à long terme. Vous avez compris. Ça coûte de l'argent au budget de l'État. Ça coûte de l'argent à EDF. Donc, il va falloir réveiller notre consommation. Non, il va falloir sortir du système européen, se débarrasser de la reine. Attendez. Et il va falloir développer les réacteurs nucléaires. Je propose la création de 14 réacteurs nucléaires et la prolongation à 60 ans des 58 réacteurs actuels. Alors que M. Macron avait proposé au début de son mandat la fermeture de 12 réacteurs nucléaires. Il a déjà fermé Fessenheim.
À court terme, si on n'importe plus de pétrole russe, par exemple, à 17% aujourd'hui, certains, comme l'Allemagne, commencent à se tourner vers le Qatar. Est-ce qu'il faudrait le faire également ? Écoutez, nous, nous avons des énergies beaucoup plus diversifiées que les Allemands. Notre gaz n'est qu'à 20% de gaz russe. On est beaucoup plus diversifiés. On achète à d'autres pays. Est-ce qu'il faudrait ? Si à un moment, on a besoin du Qatar, vous préférez le Qatar ou la Russie ? Moi, acheter à la Russie ne me gêne pas. Vous savez, il faut arrêter avec ça. Aujourd'hui, ce qui finance l'effort de guerre russe, c'est les achats de gaz allemand. Ce ne sont pas les entreprises françaises.
Ce ne sont pas les achats français. Ce sont les achats de gaz allemand. Et je constate que personne ne leur demande quoi que ce soit. Sevran est une enclave étrangère où la loi est appliquée par des caïds de la drogue. Voilà ce que vous avez déclaré. Vous avez déclaré hier les questions de sécurité, pour savoir si là-dessus aussi, on peut vous faire confiance. Vous étiez à Sevran parce qu'il y a eu ces émeutes. Un homme au volant d'une camionnette volée qui refusait d'obtempérer. Les policiers qui ont ouvert le feu. L'homme qui est mort. Et tout ça a entraîné des violences. Si vous aviez été président, comment est-ce que vous pouvez nous garantir que ça ne se serait pas passé comme ça ?
Écoutez, moi, je vais vous dire, c'est que toute ma campagne, justement, est focalisée sur un point essentiel. C'est-à-dire, un, la sécurité des Français. Et je considère que la sécurité et l'insécurité est due, d'une part, à une immigration folle depuis 30 ans et, d'autre part, au laxisme judiciaire. Donc, je vais m'atteler à ces deux phénomènes. Je vais arrêter les flux migratoires, un. Et deux, je vais rendre la justice beaucoup plus ferme avec une série de mesures, comme le retour des peines planchers. Vous savez, ces peines minimales que les juges doivent imposer. Une vraie perpétuité. Une réduction, une remise en cause majeure des remises de peines.
Et une expulsion, une expulsion des délinquants étrangers, des criminels étrangers, ceux qui sont actuellement emprisonnés. Il y en a 15 000. Vous voyez, ce n'est pas rien. Il y a 80 000 délinquants étrangers qui sont condamnés chaque année. Il y a, par ailleurs, des gens qui ont la double nationalité et que je déchoirais de leur nationalité s'ils sont criminels. Mais s'ils n'ont pas la double nationalité, vous ne pourrez pas les renvoyer ? S'ils n'ont pas la double nationalité, je ne les renvoie pas. Évidemment, ils sont français. Mais simplement, je les mets en prison. Et ils font des véritables peines. Vous n'aviez pas dit que vous étiez contre la double nationalité ?
Je vais vous répondre. J'étais au commissariat hier de ce vent. J'ai rencontré ces policiers admirables qui m'ont expliqué leurs soucis. Ils me racontaient, par exemple, que la plupart des délinquants qu'ils arrêtaient étaient relâchés l'après-midi. Vous vous rendez compte ? Et qu'ils les revoyaient l'après-midi même. Donc là, il y a un problème. Vous voyez bien. Donc, je pense qu'il faut une justice ferme. Par ailleurs, il faut protéger les policiers. Et moi, j'ai prévu deux mesures qui sont, un, la présomption de légitime défense. La présomption de légitime défense.
Ça veut dire que ce n'est pas aux policiers de prouver qu'ils se défendaient quand ils, là, en l'occurrence, sur Sevran, par exemple, il y a une enquête qui a été ouverte pour savoir si oui ou non, ils avaient le droit de tirer. Et donc, effectivement, vous avez raison. Il n'y aurait pas d'enquête. Si, si, ah si ! Il y aurait une enquête, bien sûr. Mais ça sera à la justice de prouver que le policier n'était pas en légitime défense. Oui, c'est quand même essentiel. Et le policier n'ira pas en garde à vue. Vous disiez, pardon, je reviens là-dessus, que vous alliez expulser ceux qui ont la double nationalité.
Il y a quand même un petit paradoxe puisque vous voulez supprimer la double nationalité. Non, justement. S'ils n'ont pas la double nationalité, vous êtes obligés de les garder. Cher Apollon, vous avez tout à fait raison. Je me suis rendu compte de cette contradiction. Et donc, comme j'ai renoncé à supprimer la double nationalité pour cette raison majeure, c'est-à-dire que je voulais pouvoir déchoir de la nationalité française tous les délinquants binationaux. Donc, vous ne direz plus que le fait de garder sa deuxième nationalité, c'est une manière de ne pas choisir la France ?
Si, je pourrais dire qu'effectivement, moi, je ne suis philosophiquement, je pense qu'on ne doit avoir qu'une nationalité. Je pense qu'on n'a qu'une mère et qu'on n'en a pas deux. Et que moi, ma mère, c'est la France. Maintenant, il y a des doubles nationaux. Vous savez, j'essaie d'être pragmatique. Il y a des doubles nationaux qui ne posent pas de problème. Ceux-là, je ne vois pas pourquoi les embêter. En revanche, les doubles nationaux criminels et délinquants, je profiterai de cette double nationalité pour les déchoir de la nationalité française. Pour le coup, moi, si j'étais eux, je renoncerais à ma deuxième nationalité. Comme ça, c'est quand même la garantie de rester en France.
Mais ils iront en prison longtemps, je peux vous dire. Bon, ça, c'est vrai que ce n'est pas terrible. Je voudrais revenir quand même sur un mot parce que vous avez parlé d'une remigration, d'un ministère de la remigration qui serait justement chargé de faire toutes les tâches dont vous venez de parler. Vous avez eu une réponse assez surprenante hier. C'est le patron de Baracacé, une association qui a depuis été dissoute qui s'appelle Idriss Siamedi qui s'est exprimée à la suite de cette création d'un ministère de la remigration.
Il dit vouloir créer, je le cite, une organisation permettant aux musulmans refusant l'assimilation, de quitter la France en raison, selon lui, des interdictions qui les empêcheraient de vivre leur foi en sécurité. En gros, si vous êtes élu, il encouragera les musulmans de France à partir. Est-ce que vous estimez ça, que de devoir dire aux musulmans de France partez, vous ne pourrez plus vivre dans le pays d'Éric Zemmour ? Vous estimez que c'est une bonne nouvelle ou une mauvaise nouvelle ? Moi, je pense que c'est cohérent. Je vais vous expliquer en deux mots. La France n'est pas une terre vierge.
Elle a une culture, elle est d'une civilisation européenne qui repose sur le christianisme, sur les valeurs gréco-romaines. Ça ne tombe pas du ciel. On ne vient pas en France comme en McDo. Pas comme on est. Donc on doit s'assimiler, c'est-à-dire s'approprier la culture française qui est faite de cela. Moi, je ne venais pas de cette culture. Je venais de l'autre côté de la Méditerranée, dans une famille juive très pratiquante et avec une culture arabo-musulmane. Mon père parlait très bien arabe, mon grand-père parlait très bien arabe. Vous voyez, c'est très... On a fait l'effort de s'assimiler. On n'est pas les seuls. Beaucoup ont fait cet effort.
Les Italiens, les Polonais, les Asiatiques, même des Kabiles. Et de nombreux musulmans aussi. C'est ce que j'allais vous dire. Vous voyez, c'est ce que j'allais vous dire. De nombreux musulmans. En particulier les Kabiles qui ont fait cet effort-là. Ça, ça veut dire... C'est un effort majeur. Comprenez ce que je veux dire. Ça veut dire dire nous pour une histoire où nos ancêtres n'étaient pas. Ça, c'est important. Et ça veut dire s'approprier le mode de vie. Le patron de Baraka City, je vais vous dire ce qu'il dit. Il dit la vérité. C'est-à-dire qu'il y a dans l'islam une volonté de régenter toute la vie des individus qui est contradictoire avec la civilisation française.
C'est une autre civilisation. C'est d'autres mœurs. C'est pour ça que j'ai expliqué dans l'incompréhension de beaucoup que l'islam est incompatible avec la France. Parce que l'islam est une autre civilisation. En revanche, il peut y avoir des musulmans qui se détachent d'une pratique rigoriste. C'est exactement ce qu'il dit. D'une pratique rigoriste de l'islam et qui s'assimile à la France.
Si des musulmans ne veulent pas se détacher d'une pratique rigoriste, une pratique rigoriste de l'islam, par exemple, que leurs femmes mettent le voile, par exemple, avoir une conception de la charia qui exécute les homosexuels, qui enferment les femmes, qui considèrent que les chrétiens et les juifs sont des ennemis. C'est écrit tout ça dans le Coran. Dans ce cas-là, il faut qu'ils partent. Si vous regardez dans la Bible, il y a quand même des propos extrêmement violents. Si vous les prenez à la lettre... Vous parlez de l'Ancien Testament ou du Nouveau Testament ? Dans l'Ancien Testament. Il y a effectivement... Parce que c'est un récit. Ce n'est pas la même chose. Vous excusez quand même.
Non, je n'excuse rien. Je vous explique. C'est un récit et il y a des prescriptions. Mais justement, les juifs ont fait l'effort de se détacher d'une pratique rigoriste. Mais bien sûr, c'est ça l'assimilation. Et ceux qui ne l'ont pas fait sont partis en Israël dans des endroits très religieux, comme à Jérusalem. Les musulmans auront le même choix à faire. Et donc ce monsieur de Baraka City, il dit en partie vrai. C'est-à-dire qu'il dit soit les musulmans acceptent l'assimilation et ils peuvent rester en France et ce sont nos frères, soit ils n'acceptent pas l'assimilation et effectivement, ils seront mieux ailleurs. Il y a 57 pays musulmans.
Marine Le Pen dit qu'avec elle, il n'y aura plus d'abattage rituel, ni de viande halal, ni de viande cachère. Avec vous ? Avec moi, il y en aura toujours pour une raison simple. Parce que de toute façon, si jamais on interdit cela, d'ailleurs je constate que Marine Le Pen, qui passe son temps à donner des leçons de républicanisme, là, se permet une petite entaille, si j'ose dire, à ses grands principes. Ça m'amuse beaucoup. Je n'aurai pas la cruauté de lui faire le même procès qu'elle me fait tous les trois jours.
Donc, moi, je dis, je respecte la liberté de culte, je respecte le halal et le cachère, mais, parce que de toute façon, si elle interdit en France, ils vont importer de l'étranger et ça va faire souffrir toute une filière d'agriculteurs. Mais en revanche, ce que je trouve scandaleux, scandaleux, c'est que on mange halal sans le dire aux Français. Et qu'il y a à peu près plus de la moitié, de la viande qu'on mange, qui est en vérité, pour des raisons économiques, halal. Et ça, je trouve ça scandaleux. Donc, vous n'êtes pas contre la viande halal, mais vous n'êtes pas plus de transparence. Exactement.
Ce que je propose, c'est qu'on inscrive que c'est une viande halal et les Français choisiront. Sur la question de la remigration, vous l'avez dit tout à l'heure, ce serait parce que la guerre a éclaté que, tout d'un coup, la tension s'est un peu moins portée sur vous. Au contraire, elle s'est portée sur vous, notamment sur ce que vous avez dit des Ukrainiens qui pourraient vouloir trouver refuge chez nous. Votre premier élan n'était pas franchement de les accueillir. Ils sont là, aujourd'hui, et la France les accueille, et toutes les municipalités font l'effort, et de nombreux Français. Il y a déjà 30 000 Ukrainiens qui sont arrivés.
Il y en aura sans doute, en tout cas, la capacité d'en accueillir 100 000. Est-ce que c'est compatible avec ce que vous aviez dit, c'est-à-dire limiter le droit d'asile à une centaine de personnes par an ? Alors, deux choses. Un, pour le ministère de la Remigration, je vous signale quand même que nous avons deux sondages et que les Français l'approuvent massivement. Un sondage à 66% et d'approbation. Et nous avons un autre sondage à plus de 55%. Vous croyez les sondages, finalement, Éric Zemmour ? Mais moi, je crois toujours les sondages. Après, il faut voir... Vous savez, il y a des sondages sur les opinions... Et ceux qui vous donnent autour de 10% ? Vous les croyez ?
Non, il y a des sondages... Ah non, ceux-là, non. Mais non. Il y a les sondages sur les thèmes, sur les opinions, et il y a les sondages sur l'élection. Mais je ne dis pas que je ne crois pas aux sondages. Les sondeurs eux-mêmes disent qu'ils sont dans le brouillard. Mais c'est un autre sujet. Oui, je ne dis rien, je ne critique pas les sondages, on verra bien. Sur les Ukrainiens, qui sont ici. Sur les Ukrainiens. Donc, si vous voulez, ça, ce n'est pas du droit d'asile. C'est de l'accueil provisoire de gens qui sont dans une guerre. Ce n'est pas la même chose. Ce n'est pas du droit d'asile. Le droit d'asile, c'est les combattants de la liberté.
Ce que j'ai dit, c'est que je veux remettre le principe originel du droit d'asile. Le droit d'asile, j'ai l'habitude de le dire, Victor Hugo à Guernesey. C'est Solzhenitsyn dans le Vermont. Vous voyez, c'est des individus qui combattent des régimes oppressifs et que d'autres pays accueillent. C'est tout. Ce ne sont pas, comme on a 140 000 droits d'asile aujourd'hui. Donc, ça n'est pas la même question. Alors, parlons d'autres étrangers qui vivent sur le sol français, qui sont les médecins. Vous dites, vous, que vous allez embaucher 10 000 médecins. Il y a aujourd'hui un grand nombre de médecins étrangers qui font tourner notamment l'hôpital public. Est-ce qu'ils peuvent rester ? Ah non.
Alors, soyons clairs. Tous les étrangers qui travaillent, qui ont un titre de séjour régulier, je n'ai rien contre eux et je ne ferai rien contre eux. Simplement, ce que je dis, c'est que, un, je regrette qu'une application stricte et imbécile du numerus clausus a empêché beaucoup d'étudiants français de devenir médecins pour un demi-point, un quart de point, alors que ça nous a obligés à faire venir des médecins étrangers. Deuxièmement, ce que je dis, c'est que, vous savez, il y a aujourd'hui parmi les étrangers extra-européens 55% de ces personnes-là qui ne sont pas au travail, qui sont inactifs ou chômeurs. Là, il ne faut pas croire que, en vérité, les gens viennent pour travailler.
Dans leur majorité, ils ne viennent pas pour travailler. Il y a sur les 275 000... Ils viennent pour quoi, là ? Je vais vous donner un chiffre. Vous pensez vraiment qu'ils viennent en se disant « j'ai pas envie de trouver du boulot » ? Ah oui. Je vais vous dire. Mais les chiffres parlent. Sur les 275 000 entrées légales de l'année 2020-2021, c'est énorme. Il y a seulement 12%, chère Apolline de Maillard, 12% qui viennent pour... avec un travail. Tous les autres, c'est le regroupement familial, c'est une femme qui... C'est pas parce que c'est par le regroupement familial que vous êtes arrivés que vous n'allez pas pour autant travailler. Mais après. Après.
Mais ils ne viennent pas pour travailler. Donc, si vous voulez, on voit bien que ça n'a rien à voir. Nous ne sommes plus depuis longtemps dans une immigration de travail. Encore deux questions. Éric Zemmour, une question politique. Alors, moi, je veux bien croire que les sondages, pas les sondages... J'ai rien dit contre les sondages. Au jour d'aujourd'hui, vous n'êtes pas au second tour dans les intentions de vote. Si c'est Marine Le Pen, est-ce que vous pourrez vous réconcilier ? Mais, vous savez, d'abord, je vous assure que je serai au second tour. Alors, je vais vous poser la question dans l'autre sens.
Si c'est vous qui êtes au second tour, est-ce que vous vous réconcilierez avec Marine Le Pen ? Je pense qu'on n'est pas fâchés. On n'est pas fâchés. Donc, vous pourrez faire des meetings communs. On peut vous imaginer ensemble entre deux tours. Bien sûr. On est concurrents. On est rivaux. Et on n'a pas la même approche de la politique de la France. Moi, je défends, si vous voulez, une conception simple. Je veux que la France reste la France. Que ce soit vous ou elle, vous pourrez vous réconcilier. Mais, bien sûr. Moi, je suis pour la récon... C'est très bien ce mot. Je suis pour la réconciliation des droites en général.
Quand je serai au second tour, immédiatement, les gens de LR comme Bellamy, Ciotti, Madame Morano, d'autres, peut-être Laurent Wauquiez, appelleront à voter pour moi, contre Emmanuel Macron. Si Marine Le Pen est au second tour, aucun de ceux-là ne le fera. C'est toute la différence. Si je suis au second tour, le jeu des partis est complètement bouleversé et nous allons renverser la table et nous allons changer la face de la vie politique française. Si Marine Le Pen est au second tour, rien ne changera. Marine Le Pen perdra et on repartira pour 5 ans comme on a été pour 5 ans là. Macron, assassin.
Alors, au-delà de la question réagir ou pas réagir, puisque c'est donc la foule devant vous qui, à un moment, a crié cela au cadéro, vous avez répondu là-dessus, mais sur le fond, sur le fond, est-ce que associer Macron assassin, ça vous choque ? Vous faites bien de m'interroger sur le fond. Moi, je ne l'aurais pas dit. Évidemment, ce n'est pas mon type d'expression.
Mais si vous voulez ce que, puisque vous m'appelez à parler du fond, et je vous remercie, il faut bien comprendre, j'ai retrouvé à quel moment des gens l'avaient dit dans la salle, dans la foule, puisque ce n'était pas une salle, au moment où je parlais de Patrick Jardin, qui avait perdu sa fille au Bataclan, de Madame Hébert, Rébert, pardon, qui avait perdu son fils massacré par un soudanais clandestin au cri de Al-Aqbar, les gens étaient émus, les gens étaient communiés dans cette souffrance de ces gens, vous voyez. Je vous invite à voir, à se témoigner de cette dame.
On a entendu tout cela, et ça a été diffusé, d'ailleurs, sur BFM TV, de comprendre le contexte, mais dans un sens, vous excusez ce présent. Je n'ai pas à excuser. Je voudrais reprendre un mot, vous avez, vous-même, au moment de la commémoration du Bataclan, vous avez été devant le Bataclan, et vous avez eu cette phrase, à l'endroit de François Hollande, alors président, il a préféré, avez-vous dit, que des Français meurent plutôt que d'empêcher des migrants de venir en France, il n'a pas protégé les Français, il a pris une décision absolument, et je vous cite, criminelle, de laisser les frontières ouvertes.
Au fond, est-ce que ceux qui ont crié Macron assassin ne vous ont pas juste pris au mot ? Apolline de Valherbe, moi, vous savez, je suis un Français, c'est-à-dire que j'ai une conception de l'État protecteur, l'État royal, l'État impérial, l'État républicain, c'est toute l'histoire de France. En France, l'État doit protéger ses sujets, jadis, et aujourd'hui, les citoyens. Si l'État ne les protège pas, il est responsable. C'est ce qu'ont voulu dire de façon fruste, de façon excessive, ces gens-là. C'est ça qu'ils ont voulu dire. Et je constate d'ailleurs que la réaction de Macron est très révélatrice. Il fait une plaisanterie sur mes capacités auditives. Moi, je m'en moque.
Mais en vérité, ça prouve son mépris de la souffrance des Français. Il n'a que faire de la souffrance des Français. Ce n'est pas son sujet. Moi, je suis le président qui protégerait les Français, parce que justement, ça m'importe. Je ne veux plus que mon peuple souffre. Vous savez, on parlait de sécurité tout à l'heure. J'ai fini. On parlait de sécurité tout à l'heure. 1800 agressions par jour. 1800. Pendant cette émission-là, il y a dû avoir 50 Français qui ont été agressés. Éric Zemmour, candidat à la présidentielle, merci d'avoir répondu à mes questions de confiance chaque jour.
Onze des douze candidats, parce que pour l'instant, le président candidat, il a dit qu'il viendrait, mais je n'ai pas de date. Donc, tant que je n'ai pas de date, je n'y crois pas. Il est 8h54. Évidemment, on poursuivra demain. C'est au-dessus de lui, la campagne électorale.
Éric Zemmour