Taxe Zucman : l’heure de vérité
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:00OuverteRéponse directe
Est-ce que la taxe Zucman est une bonne mesure selon vous ?
- 8:00RelanceRéponse partielle
Quels sont les impacts économiques d'une telle taxe ?
- 10:00OuverteRéponse directe
La suspension de la réforme des retraites est-elle justifiée ?
- 13:00RelanceRéponse partielle
Comment financer le système de retraites sans alourdir les cotisations ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Qui sont les gagnants et perdants du budget actuel ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:00Anne Lord DeelatFait
« Les dépenses publiques spontanément progressent plus vite que le PIB. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
C'est le jour J à l'assemblée pour l'examen de la fameuse taxman sur les haut patrimoines. Pour arracher un compromis au bloc central, le PS veut en défendre une version allégée qui taxerait 3 % à partir de 10 millions d'euros de patrimoine mais en exonérant les entreprises familiales et les entreprises dites innovantes. C'est tout sauf.
C'est au contraire taper plus bas, taper plus large avec un effet qu'on n pas encore réussi à mesurer sur l'impact concret pour les finances publiques. Donc je pense qu'on peut un peu sortir de cette logique dans laquelle on est enfermé depuis maintenant de tr semaines à savoir taxer, taxer, taxer et encore taxer. Estimé à 15 milliards d'euros par les socialistes, le rendement de la taxe Zucman Light ne fait pas consensus. qualifié de taxes passoires par les insoumis, de folie fiscale par LR et le Rassemblement national.
Non seulement je suis opposé à la taxe Zucman, mais même dans sa version allégée qui est portée aujourd'hui par le Parti socialiste, avec qui monsieur Macron est prêt à toutes les compromissions pour rester au pouvoir et pour maintenir son camp au pouvoir aura des conséquences dramatiques pour l'économie française. Devant la levée de bouclier du bloc central à l'extrême droite, le PS ne ferme pas la porte à de nouvelles propositions du gouvernement à condition que les hauts patrimoines soient mis à contribution. Moi, je me tourne vers le gouvernement, vers le socle commun en disant "Très bien, vous voulez pas de cette taxe là, c'est une erreur, mais qu'est-ce que vous êtes prêt à accepter pour avoir plus de justice fiscale ?
Quel niveau de prélèvement supplémentaire qui épargne les classes moyennes, les classes populaires, les PME, les artisans, les commerçants mais qui se concentrent là où il y a des haut patrimoine, là où il y a des entreprises qui dégagent beaucoup de bénéfices. Autre gros morceau de la journée, l'examen en commission de la suspension de la réforme des retraites. Sur ce sujet, comme sur la taxation des plus riches, le gouvernement le corps nu joue sa survie sous la menace d'une censure de la gauche.
Et on va en parler avec nos deux économistes. Bonjour Anne Lord Deelat. Merci beaucoup d'être avec nous.
Directrice de recherche en économie et CNRS rattaché à l'université de Paris Dauphine. Et bonjour Bertrand Martinau. Merci également d'être avec nous.
Économiste expert associé à l'Institut montaigne co-auteur avec Franck Morel de Le travail et la solution c'est aux éditions Hermont. On a vu la taxe Zucman qui va évidemment cristalliser les débats aujourd'hui à l'Assemblée nationale mais qui les cristallise depuis maintenant plusieurs semaines autour de cette question de la justice fiscale. Est-ce que c'est la bonne mesure ?
C'est une des bonnes mesures. On a besoin de récupérer en fait les caisses sont vides. Il y a eu des baisses de prélèvement obligatoires massives dans ce pays depuis 2017.
Et c'est ce qui fait qu'on est dans cette situation de déficit budgétaire. ces baisses de prélèvement obligatoires auraient dû générer de l'activité, des emplois et aurait dû donc compenser euh et mais ça n'a pas eu lieu. En fait, on se retrouve dans une situation où il faut qu'on trouve une solution pour remettre de l'argent dans les caisses.
La taxe Zucman Gabriel Zucman le l'estime à 20 milliards d'euros et ensuite on a besoin en réalité de plus de 100 milliards d'euros sur 6 ans. Vous voyez ? Donc en fait si on met la taxe du aujourd'hui, on aura 20 milliards en plus mais l'année prochaine, il faudra encore trouver des prélèvement supplémentaires ou des baisses de dépenses mais pour qu'on dégage 100 milliards d'euros de façon un à réduire ce déficit, à stabiliser le niveau de dette, euh retrouver un déficit primaire équilibré et deux, on en parlera peut-être, mais faire des investissements dans l'avenir, c'est-à-dire ne surtout pas couper le fond vert, investir dans la transition écologique et réinvestir dans l'éducation là où on a arrêter d'investir depuis 10 ans.
On va parler de la suite mais sur la la taxe du Bertrand Martinau, est-ce que pour vous c'est une bonne mesure ? Non, mais tout ce qui est aujourd'hui, le capital et les revenus du capital sont déjà surtaxés en France. D'ailleurs, comme toutes les assiettes, hein, on est les champions du monde de la taxation et euh s'il y avait un prix Nobel de fiscalité, je pense que ce serait un français qui le gagnerait chaque année.
Je crois que euh les députés là sont un peu hors sol en fait. En une semaine, il faut voir que il y a des choses qui se sont passées dans le monde mais ça a pas l'air de de bouger beaucoup. des vrais des vrais sujets.
Par exemple, Apple s' à SpaceX pour connecter ses iPhones au satellite Starlink. Ça veut dire que c'est peut-être la fin des opérateurs télécom. Nvidia a dépassé les 5000 milliards de capitalisation boursière.
Amazon licencié 30000 personnes à cause de l'intelligence artificielle. Et pendant ce temps-là, alors que le monde bouge, on a un parlement qui vote des taxes massives parce qu'on parle de 15 milliards. Alors, je sais pas ce que vaut cette évaluation personnellement.
Elle fait débat. Voilà. Mais imaginez qu'on va prélever 15 milliards sur les entreprises et sur le capital sans que ça ait le moindre effet collatéral sur l'emploi, l'investissement, l'innovation, la recherche et quelque chose de relativement lunaire.
Bon, par ailleurs, je rappelle, vous avez expliqué effectivement qu'il y a eu des baisses légères de prélèvement obligatoire depuis 2017. Je rappelle quand même que ces baisses ne font que compenser ne font qu'annuler la hausse massive des prélèvements obligatoires qu'il y a eu de 2013 à 2017. et on a quand même les taux de prélèement obligatoire les plus élevés du monde.
Donc moi, je regrette qu'on soit pas sur les bons objets. Euh on a des dépenses publiques qui sont pas sous contrôle, que ce soit la masse salariale publique, que ce soit les retraites, que ce soit l'assurance maladie, elles ne sont pas sous contrôle et plutôt que de ça, on invente de nouvelles taxes. Je rappelle que les dépenses publiques spontanément progressent plus vite que le PIB que la que la richesse produite.
Et donc la solution n'est pas la taxation puisque de toute façon, une fois que vous aurez taxé davantage, l'année suivante, il faudra encore augmenter la taxation puisque de toute façon ça ne suffira jamais. La dépense n'est pas sous contrôle. Alors juste on va revenir à des chiffres parce que je pense qu'il faut se mettre à jour sur les données et il me semble que vous ne le faites pas puisque vous dites "Je ne sais pas ce que représente cette estimation, il fallait lire le papier en fait et vous auriez compris." Euh juste sur les dépenses publiques, un exemple. dans la santé, les Français dépensent dans les dépenses collectives publiques euh si vous les divisez par jour et par français, elles sont inférieures à ce qui est dépensé en Allemagne et dans le reste de l'Europe.
On est en dessous de la moyenne européenne, donc non, on n'est pas inefficace dans la santé. Euh sur les retraites, on est exactement dans la moyenne européenne. En fait, ce que vous dites, on est les champions de la taxation, monsieur, les prélèvements obligatoires, ça permet de financer un système collectif auquel les Français en fait tiennent.
Deuxièmement, vous dites compétitivité. En fait, on utilise en permanence ce terme sans le redéfinir. Qu'est-ce que c'est la compétitivité aujourd'hui ?
Moi, je ne crois pas que ça soit réduire les investissements dans la transition écologique, donc ne pas préparer le pays à l'avenir. Vous avez parlé d'inondation là, juste à l'instant, vous étiez avec un maire qui est inondé dans sa commune. On coupe les investissements des collectivités locales pour se protéger dans l'avenir.
C'est pas de la compétitivité. Le jour où le pont s'effondre, le jour où les gens ne peuvent plus aller travailler, le le PIB, il se réduit. Et ça c'est des c'est des études académiques qui le montrent.
La cour des comptes l'a l'a confirmé. Les investissements dans la transition, sont rentables aujourd'hui. Moins vous en faites aujourd'hui, plus ça vous coûtera.
Donc pardon, mais en fait, on n' pas du tout la même analyse de des finances publiques. Vous vous voyez les impôts mais vous ne voyez rien. Vous ne voyez pas ce qu'il y a en face.
Laisser répondre la non mais sous-investissez dans l'éducation comme on le fait depuis 10 ans et vous verrez la compétitivité française comment elle va s'en sortir. On peut alors on peut faire un sous une discussion sur l'éducation. Effectivement la France n'investisse pas suffisamment dans l'éducation. la recherche et de manière générale dans l'avenir.
Bon, mais précisément euh sauf effectivement il y aurait une solution à augmenter, c'est ce que je disais, d'augmenter les impôts toujours plus jusqu'à à se fixier tout à fait ce qui nous reste de en particulier d'industrie parce qu'on on se plaint que l'industrie a disparu mais on pourrait peut-être se préoccuper des causes. Pourquoi notre industrie a disparu ? Pourquoi est-ce qu'elle est filée à l'étranger ?
Donc si vous voulez, il y a des zones effectivement de l'action publique où il y a certainement pas c'est l'investissement. En gros, tout ce qui concerne l'avenir, vous avez mentionné la transition écologique, je pense que le sujet fondamental c'est quand même l'éducation et pour l'avenir du pays. Bon et le problème, c'est qu'on ne peut pas tout faire hein.
C'est-à-dire que encore une fois les dépenses d'assurance maladie ne sont pas sous contrôle. Elles augmentent deux points de plus en moyenne que le PIB spontanément hein. Les retraites, on a des retraites les plus coûteuses du monde, les plus généreuses du monde.
Je sais que les Français ils sont attachés. Certes, le problème c'est que il y a une équation, on peut pas on peut pas tout faire. Il y a un moment faire des choix, il faut faire des choix. les prél malheureusement malheureusement on a les impôts les plus élevés du monde en particulier sur les entreprises.
Ben si justement que ce soit la rémunération du travail, la rémunération du capital nous sommes le pays le plus taxé du monde. On parle par exemple des droits de des droits de succession. Les droits de succession on peut on peut y réfléchir il il y a des sujets.
Elles sont déjà très taxées. Prenons le la taxation des dividendes si on inclut l'impôt sur les sociétés plus évidemment la PFU le le prélément forfaitaire unique. Bon on est déjà sur les niveaux les plus taxés.
Prenons les impôts de production sur les entreprises, on est les records du monde. Donc si vous voulez, on peut continuer comme ça mais après il faudra pas s'étonner que la croissance ralentit, que le pays s'appauvrit, que les investissements partent ailleurs. On est on est vraiment sur l'accord de raide maintenant.
Je vais juste finir pour en fait on peut continuer comme ça ou alors on lit les études ou alors on se met à jour. La note du conseil d'analyse économique de 2021 sur les successions vous montre qu'il y a un problème sur les successions euh des haut patrimoines. Donc quand vous dites on est les plus taxés du monde, en fait vous savez très bien que le pacte du trail, il faudrait le le retirer parce que c'est ce qui permet aux plus hautes fortunes d'être complètement exonéré des successions.
Premièrement. Deuxièmement, mise à jour sur les données, les entreprises françaises ne sont plus les plus taxées du d'Europe. C'était vrai en 2000.
Vous aviez raison. CDE en tout cas mais bon ou la Commission européenne qui fait des études comparatives mais regardez les données de RTA mais juste parce que du coup il y a il y a un débat est-ce que taxer les plus revenus taxer les les grandes entreprises est-ce que ça rapporte économiquement ou est-ce qu'au contraire ça risque de les faire partir à l'étranger et et du coup de à moyen ou à long terme attendez je je vais vous donner un secret qui est un secret les mieux gardés des économistes. Une entreprise ne paye jamais d'impôts.
De même quand vous taxez du lait c'est pas la vache qui paye. Quand c'est quand c'est une entreprise que vous taxez, ça peut être tout à fait justifiable, mais en fait c'est pas l'entreprise qui va payer. C'est ce sont les actionnaires, bien sûr.
Ce sont les salariés qui auront une qui seront soit qui auront moins d'emploi ou qui qui auront un salaire qui sera réduit. Ce sera les fournisseurs, ce sera parce qu'ils auront une pression sur leur prix, ce sera les clients, ce sera finalement l'ensemble de l'économie. On ne peut pas laisser dire qu'une entreprise paye un impôt.
C'est pas vrai. Un impôt, c'est toujours des vraies personnes qui les payent infinit. Je suis d'accord avec vous.
Et justement le point c'est qui paye. Vous avez tout à fait raison, c'est de toute façon toujours les ménages. Mais alors est-ce qu'on est en train de parler des ménages qui fournissent du travail ou les ménages qui détiennent le capital ? les les ménages qui sont propriétaires de l'entreprise.
Vous avez raison, vous dites les actionnaires et les salariés payent des impôts. Il se trouve que les actionnaires aujourd'hui payent assez peu d'impôts. Premièrement, que l'impôt sur les sociétés, il est énormément exonéré, il est énormément réduit par des crédits d'impôts qui mytent en réalité l'assiette de cet impôt.
Quand salariés, vous dites les salariés payent trop d'impôts, ça réduit leur salaire. On peut aussi voir les cotisations sociales comme un salaire différé. C'est-à-dire que quand vous payez des cotisations sociales, ça vous donne droit à la retraite, à l'assurance maladie, au chômage.
Retrouver j'ai vécu aux États-Unis, j'ai vu ce qui étaient les inégalités aux États-Unis, les gens qui n'ont pas accès au chômage, qui n'ont pas accès au système de retraite. Si vous voulez tout remettre en question, mais on a un modèle social, il y a assez peu de gens en France que que qui qui veulent aller sur le modèle américain. et avouer qu'entre le modèle français qui prélève la moitié de la richesse nationale en impôt et le modèle américain où on est à 28 % à peu près, on peut il y a il y a des bas quand même, on peut voilà par ailleurs, vous parlez de salaires différés, donc au nom au nom d'un salaire différé, on peut taxer les salaires autant qu'on veut puisque effectivement ce sont des prestations futures.
Sauf que une partie de la surtaxation du travail, vous savez, c'est ce qui nous distingue des autres pays, c'est quand même les retraites. Or, le système de retraite va dans le mur et les jeunes d'aujourd'hui savent très bien que ils ont soit pas de retraite si on change pas le système, soit une retraite vraiment réduite à pas grand-chose de misère. En fait, c'est ça qu'on prépare pour les générations futures avec nos inconséquences.
Donc parler de salair différés, moi je veux bien, mais au nom du salaire différé, on peut justifier n'importe quelle taxation salariale et le compte n'y est pas pour les salariés. Maintenant, le juste le le le dernier point, c'est que euh on on a affaire à une dérive des finances publiques qui est qu'il manque à peu près 110 120 milliards d'euros pour stabiliser la dette en part de PIB. Bon, expliquer au peuple que on va en taxant quelques milliers de personnes et en épargnant tout le monde, c'est-à-dire les retraités, les actifs, les classes moyennes, on va réussir à redresser le les finances publiques.
C'est de la démagogie. Mais juste parce que vous parlez de la de la réforme de retraite, c'est l'autre débat d'aujourd'hui. La suspension de la réforme des retraite été examinée en commission.
Il fallait la suspendre cette réforme ou est-ce que ça met en danger le système par répartition ? Alors non, ça ne met pas en danger le système par répartition puisque pour l'instant ça coûte au maximum 3 milliards. Est-ce qu'il fallait la suspendre ?
Euh en fait le débat était confisqué dans le pays. Vous aviez énormément de gens dans la rue. Vous faites des sondages, les gens tiennent à leur système de retraite.
La solution c'est quoi ? c'est de repenser le système de prélèvement. En fait, pour sauver le système, il faudrait augmenter les cotisations sociales de 0,25 points.
Bon, on n'est pas en train de de faire effondrer le système. Et c'est intéressant parce que vous dites "Les jeunes savent bien qu'ils n'auront pas de retraite, mais c'est très performatif en fait ce que vous êtes en train de dire. Ça vous êtes alarmiste et vous ne vous mettez pas à jour sur les données." Pardon encore une fois.
Ben non, c'est le corps, c'est le conseil d'orientation en intertraite. Oui. qui vous dit justement que on peut tout à fait Oui.
Oui. Et avec ces projections et avec un dialogue social qui remettrait à plat prélèvement, en réalité, on pourrait financer ce système de retraite. On comprenne bien de l'ordelà.
Ça veut dire quoi remettre à plat le système de les on a baissé les cotisations sociales de façon massive depuis 95. En fait, vous avez une politique de baisse des cotisations sociales depuis 95 et en réalité ça a vraiment accéléré à partir de 2013 et du CICE, le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi qui était en réalité une baisse de cotisation sociale. Ça s'est transformé d'ailleurs comme ça en 2019.
Aujourd'hui, vous avez 80 milliards de cotisation sociale en moins dans les caisses euh que il y a enfin il manque 80 milliards. C'est compensé en très grande partie par l'État. Mais une partie n'est pas compensée, c'est ce qui explique une très grande partie du déficit de la sécurité sociale.
Et de l'autre côté, quand c'est compensé par l'État, et bien les impôts qui compensent ces baisses de cotisation sociale pendant ce temps-là, elle ne il ne financent pas l'éducation, il ne financent pas l'hôpital. Donc c'est ça qui explique juste pour vous l'avenir du système de retraite c'est pas augmenter l'âge, c'est pas augmenter la durée de cotisation, c'est travailler sur les cotisations sociales. Essentiellement travailler sur les cotisations sociales en français simple, ça veut dire augmenter les cotisations sociales.
Enfin voilà. Oui, c'est ce que je viens de dire. En fait, on les a baissé de façon massive.
On a 80 milliards d'euros en moins. Et ça veut dire quelle conséquence juste pour les Français ? Alors bah pour les Français, ça veut dire qu'on sauve notre système de de retraite et pour la compétitivité, pour la productivité des Français euh de des entreprises, pardon, on a suffisamment de rapports publics aujourd'hui, notamment Bosio Vasmer euh l'année dernière qui vous dit "En fait, on a énormément exonéré les cotisations sociales et ça a très peu d'effets sur l'investissement et l'emploi." Il y a un consensus entre tous les économistes, c'est que au-delà d'un certain niveau, ça ne sert à rien.
Donc maintenez, si vous voulez les les exonérations autour du SMIC, mais au-dessus de 1,88 SMIC, en gros, il y a un consensus, ça ne sert à rien. Or aujourd'hui, jusqu'à trois SMIC, jusqu'à un salaire équivalent à trois SMIC, on est encore exonéré. Donc, vous avez toute une partie des cotisations sociales qui devraient rentrer, revenir dans les caisses et qui n'y sont pas.
On peut peut-être rappeler quelques chiffres incontestables. Euh premièrement, euh vous dites effectivement que la suspension de la réforme des retraites n'a qu'un faible impact à court terme et vous avez parfaitement raison, c'est quelques centaines de millions l'année prochaine et puis 1,5 1,6 milliards, ça dépend comment on compte en 2027. Mais c'est pas le problème.
Un système de retraite, ça ne s'équilibre pas ou ça ne se projette pas à l'horizon d'un an ou deux. C'est pas du tout le sujet. C'est pas géré comme une association de de joueurs de piétank. une une un système de retraite, ça se regarde à 30 ou 40 ans.
Là, on est obligé de faire des projections. Alors, elles sont critiquables, mais on peut faire plusieurs scénarios et le conseil d'orientation des retraites le le fait. Et là, on s'aperçoit de quoi ?
On s'aperçoit que le déficit se creuse terriblement à partir de 2030- 2035 sans compter les déficits des régimes des régimes spéciaux de retraite des régimes des fonctionnaires. Aujourd'hui, si on fait le retraitement comptable, ça a été fait notamment par le le le commissariat au plan et Jean-Pascal Beaufrayet, on est aujourd'hui en 2024, c'est les derniers chiffres, on a 81 milliards de déficit. Bon, donc moi, je veux bien qu'on augmente les cotisations qui sont déjà les plus élevés du monde, mais vous voyez bien que c'est pas très crédible.
Donc les jeunes d'aujourd'hui ont le choix entre avoir une retraite de misère, soit effectivement avoir des hausses massives de cotisation. Pas 0,25 points évidemment, mais des hausses absolument massives de cotisation. Et je rappelle le point de départ, en France, les cotisations qui pèsent sur les salaires, si on prend la part salariale plus la part employeur au niveau du salaire médian, sont de 44 %.
En Allemagne, elles sont de 21 %. Donc vous êtes un vous êtes une entreprise, vous avez le choix entre vous installer en Allemagne ou vous installer en France, le compte est vite fait et c'est ça qui est en train de se passer. Et donc euh on peut pas laisser dire que le le problème des retraites est un problème quasiment anecdotique et que une petite augmentation des cotisations qui vont être payé évidemment toujours les mêmes par les salariés qui sont déjà surtaxés dans ce pays.
On va on peut pas dire que c'est ça qui va euh qui va sauver le système de retraite. vérité, c'est que ce que ce que avec nos renoncements et notre aveuglement, on prépare des générations futures qui vont on le choix entre une retraite de misère ou alors des pressions fiscales qu'on a même pas qu'on est même pas capable d'imaginer. Monsieur, juste en fait, j'ai arrêté de vous écouter à partir du moment où vous avez cité le chiffre de Beaufret qui a été Non, non, en fait même le président du corps a dit que ce chiffre n'était pas correct.
Mais non, il a pas dit ça. Donc à partir de ce moment-là Oui, voilà. À partir de ce momentlà, je vous expliqu vous n'êtes pas just utilises.
Bah si, ce sont alors je rappelle que le chiffre que je cite, il est dans le projet de loi de finance, il est dans le jaune le jaune pension. Ils ont repris justement qui font apparaître un déficit de du régime de la fonction publique de 45 milliards. Voilà, c'est tout à fait comptable.
Je je rappelle aujourd'hui la façon de compter de de votre façon de compter aboutit à ce que quand vous doublez les pensions euh du des fonctionnaires, si par exemple lundi prochain vous doublez la pension des fonctionnaires, vous n'avez pas creusé d'un € le déficit des retraites. Avouez que c'est ça pose un problème de bon sens. Et heureusement, Amélie de Monchalin a dans le PLF, dans le projet de loi de finance, dans la l'annexe budgétaire sur les pensions à rectifier comptablement pour expliquer que effectivement les retraites des finances, les retraites des fonctionnaires étaient également en déficit.
Et si vous faites la somme de tout ça, vous aboutissez au chiffre de 80 milliards de déficit. Un dernier mot rapidement, il nous reste 30 secondes. Dans l'état actuel du budget, qui est gagnant, qui est perdant ?
Bah euh alors euh les Français sont perdants, ça c'est tout à fait clair. Euh et quant aux partis politiques, bah euh j'imagine que ceux qui veulent éviter la dissolution à tout prix euh peuvent être gagnants à très court terme. À très très court terme.
Et puis les autres, j'en sais rien, mais tout le monde est globalement perdant. Je de l'ord de l'ade pour vous. [rires] Euh écoutez, en fait le budget tel qu'il a été proposé initialement était relativement inéquitable.
C'est si vous voulez, vous avez par exemple cette coupe du fond vert. Ça veut dire que des collectivités locales ne peuvent pas financer les l'isolation thermique de leurs écoles. Vous avez des une le 2 milliards sur la santé avec le doublement des franchises.
Ça les français vont tout de suite le voir. Pour vous aussi les Français sont perdants mais bien sûr 2 milliards sur la santé, 2 milliards sur les gens qui sont en mauvaise santé. On prélève ça aujourd'hui.
Merci à tous les deux. Merci pour ce débat. On va terminer par notre histoire en région et en ce weekend tout sain, notre histoire nous emmène à Hortè et dans les Pyrénées Atlantiques à la rencontre d'Agèclavé.
C'est la une de l'éclair des Pyrénées. Elle passe ses journées Agèclavé à arpenter les cimetières pour entretenir les tombes et les sépultures. Elle a tout quitté pour avoir un travail qui a plus de sens.
Elle a lancé son entreprise il y a un an et alors ça désemplit pas. Ça va bien au-delà d'ailleurs d'un simple nettoyage de pierre. Elle s'est formée auprès d'un tailleur de pierre.
Elle [musique] propose des fleurs, des compositions fleurables durables. Elle a développé des compétences spécifiques comme le réchampissage que je ne connaissais pas. Une technique qui consiste à redonner de l'éclat aux gravures.
Agnès Clavé, elle qualifie les cimetières à la fois de lieu de solitude et de lieu vivant et elle est contente du lien qu'elle tisse avec les familles. L'aspect le plus important, ça reste le lien social. Dite, je reste une oreille attentive.
C'est une aide précieuse pour ces familles en ces temps de weekend de la Tousse. [musique] Merci à tous les deux d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivi.
On vous souhaite un très bon weekend. [musique] Oh.