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interviewLe Média (sur YouTube)· 17 avril 2018 31 min

LE JOURNAL DU 17 AVRIL 2018 : GRÈVE AIR FRANCE, SECRET DES AFFAIRES, NOTRE-DAME-DES-LANDES

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonsoir à tous. au menu ce soir le conflit à Airfance et la mobilisation à Notredame des Landes bien sûr Iban viendra nous pointer les dangers de la loi sur le secret des affaires et nous évoquerons encore le mouvement de fronde au sein de la République en marche à propos de la loi asile et immigration dont l'examen se poursuit à l'Assemblée. Et puis nous nous arrêterons sur le déplacement d'Emmanuel Macron à Strasbourg où le président s'est exprimé devant les parlementaires européens.

Deores nous rejoindra pour parler des prix Pitzer. Vous regardez le média et vous avez raison. [Musique] Alors SNCF d'abord sans surprise, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture le projet de loi sur la réforme ferroviaire. 534 votes exprimés, 454 pour et 80 contre.

Le Sénat examinera le texte à partir du 21 mai. Ensuite, il est fort probable qu'une commission mixte paritaire prenne le relais pour une adoption éventuel en juin. Mais d'ici là, la mobilisation des citoyens en défense du service public peut changer bien des choses.

On compte sur vous. À Airfance, la direction a mis fin aujourd'hui aux négociations. Elle donne jusqu'à vendredi au syndicat pour ratifier un projet d'accord qui prévoit 2 % de hausse de salaire en 2018 et 5 % supplémentaires étalés sur la période 2019 à 2021, ce qui représente une augmentation de 1,65 % par an.

Les syndicats de leur côté ont fait un effort et ont révisé à la baisse la revendication d'une hausse de 6 % en 2018. Il ne réclame plus désormais que 5,1 %. Alors pour mémoire, on rappellera que le groupe Airfance KLM a dégager en 2017 un bénéfice record d'exploitation de 1ARD48 millions d'euros, soit une hausse de 42 % sur 1 an.

C'est du jamais vu dans l'histoire de la compagnie. Selon la direction d'Air France, les grèves depuis février auraient déjà coûté 220 millions à la compagnie, d'où son empressement à vouloir clore les négociations et passer en force. à Notre-Dame des Landes maintenant et bien des affrontements se sont produits.

Tôt ce matin autour d'un rond-point stratégique, la Sols sur la départementale 80. Au cœur de l'Azade, une centaine de gendarmes est parvenu à en reprendre le contrôle au terme d'un échange de pierre et de grenades lacrymogène et assourdissante. Par ailleurs, lundi, trois personnes ont été condamnées par le tribunal correctionnel de Nant à des peines de 5 et de 6 mois de prison avec surcis pour violence volontaire sur personnes dépositaires de l'autorité publique.

Ce weekend, les adistes ont entrepris de reconstruire un des bâtiments détruits par les forces de l'ordre. Le Gourbi et notre correspondant citoyen, Sopia Nate Bouddha était sur place. Il a pris des photos, il a tourné des images et surtout il nous raconte ce qu'il a vu.

Sur la Z, il y a ce qu'on appelle un marché. C'est un lieu où on échange les denrées, il y a des infopios, des savoirs, des biens et cetera. Et donc il y avait là un doaire qui avait été détruit par la police et l'idée c'était de reconstruire un lieu collectif.

Et c'était ça l'enjeu de la journée, c'était de montrer justement que la Z, elle avait vocation à construire des lieux collectifs et pas seulement des projets individuels ou des start-ups. L'objectif c'était de montrer qu'on était là pour construire ensemble des choses qui nous appartiennent à tous. La Z, elle continue à vivre.

Il y a toujours des gens qui habitent là-bas. Il y a toujours des gens qui mènent des projets. Il y a toujours un soutien très fort dans la population.

Dans tout le grand ouest, les comités sont toujours très vivants et ils se battent contre la tentative de semer la zizanie commit le gouvernement de diviser la lutte entre différentes composantes pour l'unité pour continuer à monter ensemble des projets collectifs et cetera. On était une force constructive pour la société pour le monde de demain alors que eux ils se présentaient comme des forces de destruction. Alors, cela fait maintenant 8 jours qu'a débuté l'opération des forces de l'ordre contre les occupants de la Zad et 2500 gendarmes sont toujours mobilisés pour chasser les occupants historiques, rejoint désormais par plusieurs centaines d'opposants.

Mais au fait, combien tout cela coûte ? Réy Kenzo Pages qui est courageux a pris sa calculette, s'est livré à quelques additions. Oui Serge, même si je t'avoue que je suis les mathématiques ne sont pas mon forts, mais il y a pas besoin d'être trop doué.

Une simple opération nous permet de faire quelques estimations. On a eu au téléphone Pierstique, c'est le coopérateur Europe écologie les verts et le militant écologiste a réalisé un calcul qu'il publie sur les réseaux sociaux sur la base d'informations de presse océan. Il s'est demandé par rapport à la surface et la valeur foncière de l'espace de l'exprojet d'aéroport en combien de temps rembourser le foncier avec l'opération. et ça nous a donné quelques idées.

Du coup, on a voulu refaire les calculs. Je rappelle qu'on est sur des hypothèses sur la base d'estimation haute. Si on se base sur le fait que 11000 grenades de 100 € ont été tirées et que le budget quotidien de l'opération militaire est de 300000 à 400000 € que la ZAD couvre environ 1650 hectares, que le coût moyen à l'hectare est de 8000 € et bien on se retrouve avec 13200000 € en 25 à 33 jours d'opération.

Donc le nombre de jours qu'il faudrait pour que le coût de l'opération corresponde à la valeur financière du territoire de Laade, de l'argent qui aurait pu être distribué au projet agricoles plutôt que d'être utilisé pour déployer les forces de l'ordre. Alors attends Réy pour que les choses soient bien claires, tu es en train de nous dire que en un mois en opération de maintien de l'ordre on va dépenser l'équivalent du prix des terres dont on essaie de chasser les occupants en 25 à 33 jours. Exactement.

Donc ce qui prouve bien l'unanité de cette opération et le fait que euh la collectivité nationale aurait pu euh euh économiser pas mal d'argent en ayant une solution négociée avec les occupants en développant des projets agricoles. C'est ça. C'est justement ça.

Et bien merci de cette démonstration qui rajoute à la compréhension de ce conflit. On passe sans transition comme dit dans certains journaux à la loi asile et immigration. Euh le débat sur le projet de la loi donc asile à immigration se poursuit à l'Assemblée nationale.

Les voix discordantes au sein du groupe La République en marche continue de se faire entendre depuis la présentation du texte au parlement une trentaine de frondeurs de la majorité présidentielle dont le député du Ménéelloir Mathieu Orphelin tente de faire fléchir le gouvernement. Alors le principal grief et bien c'est le placement des mineurs en centre de rétention et les menaces du président du groupe Richard Ferrand. L'intervention personnelle du ministre de l'intérieur, Gérard Colomb n'ont strictement rien changé à l'affaire.

Les frondeurs continuent de s'opposer à cette mesure, mais les négociations ont repris ce matin. Hier soir, les frondeurs avaient déjà accepté de ne pas déposer d'amendement et ce matin, après une réunion du groupe la République en marche, il a été décidé de la mise en place d'un groupe de travail qui doit faire des propositions pour modifier le texte. On verra donc jusqu'où l'audace des frondeurs pourra s'opposer à Gérard Colomb.

Ça va être le mag. Et oui, c'est le mag avec Iban. Ça va bien ?

Ça va très bien hein. Demain, le Sénat examinera en première lecture le projet de loi sur le secret des affaires. Un projet qui crpe et le mot est faible, les journalistes, les syndicats et les chercheurs.

Une pétition contre ce projet de loi circule. Elle a déjà recueilli plus de 350000 signatures. Alors Iban, est-ce que cette inquiétude est vraiment fondée ?

Bah c'est sûr que vous en avez déjà entendu parler de ce cette proposition de loi du secret des affaires. L'argument du gouvernement en fait c'est simple, c'est que c'est de dire que cette loi, elle va protéger les savoir-faires des entreprises françaises. Des savoir-fair, c'est-à-dire de se protéger contre l'espionnage industriel.

Quand on luit la proposition de loi, on se rend quand même compte qu'elle est dangereuse pour les journalistes, mais aussi pour les ONG, pour les chercheurs, pour voilà pour tout un tas de gens dont les lanceurs d'alerte puisqu'elle donne une définition beaucoup trop large du secret des affaires. En fait, une définition qui donnera simplement la possibilité au juges bah tout simplement d'attaquer la liberté d'informer. Donc avant de parler de la loi et de ce qu'elle contient, je vais commencer par un petit retour en arrière.

Cette proposition de loi, c'est en fait la transposition d'une directive européenne qui date du 14 avril 2016. euh c'était il y a à peu près 2 ans. Du coup, quasiment jour pour jour, en fait la France se doit de la transposer dans son droit national.

À l'époque, la directive a été votée par le Parlement européen et j'ai trouvé intéressant de regarder qui de nos eurodéputés français avait voté pour et avait voté contre. Alors regardez, c'est assez simple et ça donne une petite idée un petit du travail de certains eurodéputés au Parlement européen. Donc pour le Front National, l'UMP à l'époque donc LR maintenant le modem et le PS et contre le PCF donc le parti communiste, la France enfin le Front de gauche donc en partie la France insoumise et Europe écologie les verts donc même le Parti socialiste en fait était pour cette directive du secret des affaires.

Il y a un autre élément à rappeler dans le contexte de cette proposition de loi, c'est ils ont changé d'avis aujourd'hui ou pas ? Alors non, il y a je pense que voilà, ils sont quand même dit "On va pas non plus retourner notre veste euh publiquement." Donc j'ai regardé quelques tweets, ils ont ils sont ils sont restés un peu sur leur position.

Il y a un deuxième élément qu'il faut vraiment connaître euh sur cette proposition de loi, c'est le fait que le gouvernement veut la faire passer en procédure accélérée. La procédure accélérée, c'est une procédure qui ne permet qu'une seule lecture à chaque chambre du Parlement, le Sénat et l'Assemblée nationale. C'est une procédure qui est censée être rare.

Est-ce que tu sais comment avant 2008 s'appelait cette procédure accélérée ? Elle avait un autre nom en fait. Oui, la procédure d'urgence parce que tu me l'as dit à la répétition. tu triches un peu mais c'est ça la procédure d'urgence.

Alors la procédure d'urgence, c'est vrai que ça sonne un petit peu la procédure accélérée, ça sonne moins effrayant que la procédure d'urgence à l'oreille. Euh en fait Emmanuel Macron a d'autres ambitions pour cette procédure et il nous prend pas en traître puisqu'il avait annoncé dans son programme. Quand on a regardé le programme de la d'en marche pour la présidentielle, on s'est aperçu que c'était écrit noir sur blanc.

Regardez, nous ferons de la procédure d'urgence, la procédure par défaut d'examen des textes législatifs afin d'accélérer le travail parlementaire. Donc c'était annoncé. Alors, c'est pas parce que ça annoncé que c'est bien, je te rassure, mais au moins voilà, c'est c'est c'était dit.

C'est curieux quand même chez notre président cette obsession pour contourner le parlement hein, les ordonnances, la procédure d'urgence, faire diversion, aller vite. Alors, tu vois, c'est ce grand constitutionnaliste Guy Carcasson qui qui recommandait justement que les parlementaires devaient prendre leur temps pour bien étudier les textes. C'est un texte très important.

On entend on en entend beaucoup parler et pourtant procédure accélérée comme ça qu'une seule lecture par chaque chambre. Maintenant qu'on a le contexte, Serge, on peut parler de ce qu'il y a dans la loi. En bref, si cette loi passe et c'est probable quand même, le secret des affaires sera jugé par des juges de commerce aussi.

Alors, les juges de commerce, c'est pas un problème qui juge ces affaires-là. Le seul problème, c'est que ils ont pas l'habitude en fait de dealer avec des affaires qui concernent bah la liberté d'informer tout simplement. Et pour comprendre, pour mieux décrypter ça, on est allé voir Eric Halt.

Eric Halt, c'est il est vice-président d'anticorps qui est une association qui lutte contre la corruption et il est aussi magistrat. Il a essayé pour nous d'imaginer quelles seraient les conséquences euh judiciaires d'une telle loi. Regardez, là, c'est une logique différente.

Euh on se retrouve devant le tribunal de commerce, on dit une information a été divulguée et la culture du tribunal de commerce, c'est de faire en sorte que le commerce fonctionne bien. La culture du tribunal de commerce, c'est pas la protection des libertés individuelles, c'est pas le droit de savoir. Et donc l'anceur d'alerte qui va se retrouver en défense, le journaliste qui va se retrouver en défense puisqu'il devra démontrer qu'il a qu'il a divulgué une information pour l'intérêt général qu'il va devoir le démontrer. se retrouvera face à ses juridictions commerciales.

Euh et là effectivement euh il va jouer gros parce que soit il démontre qu'effectivement cette divulgation était conforme à l'intérêt général, soit il devra la réparation du préjudice intégral causé à l'entreprise dont une information a été divulguée. Ça peut être énorme. Et ça peut être énorme.

Autrement dit, il ira pas en prison mais il risque la ruine s'il ne démontre pas l'intérêt général de cette divulgation. Alors à première vue, Serge, on peut se dire que c'est une loi qui concerne que les journalistes et les lanceurs d'alerte, mais c'est pas du tout le cas. En fait, ça concerne tous les citoyens et Eric Alt nous l'explique très bien.

Regardez. Alors, c'est un projet la loi qui a parfois été présenté comme conçu pour la défense des PME. le boulanger qui qui a une recette particulière, il ne doit pas faire il ne pas se faire voler cette recette.

Voilà, je crois qu'il faut pas être naïf. Euh ça concerne le droit de savoir, concerne la liberté d'informer, ça concerne la liberté d'expression. Et donc c'est pas seulement une question de journaliste, c'est une question de citoyen.

Est-ce que le citoyen aura par les journalistes mais aussi par les réseaux sociaux, par les lanceurs d'alerte, est-ce qu'il aura l'information pertinente pour pouvoir juger d'un produit, pour pouvoir juger d'une action concernant certains produits, ce sera peut-être un peu plus difficile pour lui euh malgré ce qui est prévu dans la loi et qui protège les lanceurs d'alerte et les journalistes, ce sera quand même un peu plus difficile pour lui parce que encore une fois le journaliste, le lanceur d'alerte vont se retrouver en défense. Euh et ce n'est jamais une position très agréable et c'est une position encore moins agréable quand on se dit en défense soit j'emporte la conviction du juge, soit je ne l'emporte pas. Et si je ne l'emporte pas, je je répare intégralement préjudice, ce qui peut être considérable et ce qui peut vous conduire à la ruine euh en tout cas jusqu'à ce que la cour d'appel est statuée et parfois il s'écoule un certain temps.

Bon, alors Ivan, si je comprends bien, c'est une espèce de texte de dissuasion, c'est-à-dire il faut faire il faut que le journaliste, le lanceur d'alerte qui veut justement donc alerter l'opinion et bien se pose la question avant d'écrire, avant d'aller devant un micro, est-ce que je ne risque pas euh finalement d'être obligé de payer des sommes astronomiques demain ? Parce que ça c'est encore plus que ça. Eric Alt nous l'a dit, là on l'a pas passé mais il nous le dit.

Il conseille à tous les lanceurs d'alerte et à tous les citoyens plus généralement qui ont une information un petit peu sensible de d'abord consulter un avocat avant de la révéler. Donc ça te dit un petit peu l'épée de Damocles qui pèse sur bah sur tous les citoyens. Tout le monde peut pas consulter un avocat, ça coûte cher.

On est d'accord. On est d'accord. Donc peut-être qu'il y aura d'autocensure dans le futur.

Alors pour bien comprendre quand même les objectifs de la proposition de loi, on est allé interviewer l'un des corrapporteurs de cette loi. Il s'appelle Raphaël Govin. Il est député de la République en marche.

Dans ces passages médias dernièrement que j'ai écouté, on l'entend beaucoup annoncer que la loi protège les lanceurs d'alerte et les journalistes et que c'est l'un des objectifs de la loi. Mais le le vrai objectif lequel est-ce ? Écoutons Raphaël Gin là en fait ce qu'on crée là où je vous dis il y a on est face à un pas un vide juridique parce que la jurisprudence intervient mais où on donne un cadre juridique c'est le cas où une une entreprise se fait piller son savoir-faire et victime d'un espionnage industriel.

Là pour le moment c'est réglé uniquement par la par la jurisprudence. le cas là de l'entreprise ou qui demande 50 millions d'euros, c'est typiquement le truc. Euh là là, je vous assure, il y a il y a pas de euh de lois euh protectrices qui protège les entreprises et en même temps les journalistes parce que elle fixe un cadre.

Elle fixe alors cette loi, elle est quand même plutôt dirigée sur la vers la protection des entreprises que vers la la protection de l'enquêteation. Non, en fait c'est pas ça, c'est que l'objectif c'est de protéger les entreprises, c'est de protéger leur savoir-faire. Il a l'air embêté par tes questions quand même un petit peu.

Alors, je t'avoue qu'il a quand même été assez objectif et surtout il nous a reçu, il a pris le temps de nous répondre. Donc au moins on peut être on peut voilà, on peut on peut saluer. Exactement.

On peut le remercier. En discutant avec lui, on s'est quand même rendu compte que la loi déjà, elle avait été transposée quasiment littéralement par rapport à la directive européenne. Donc c'est c'est presque un copiercollé.

Ça interroge quand même beaucoup et elle a quand même quelques défauts. Comme je te disais, il a été assez objectif. Donc on l'écoute Raphaël Gavain une deuxième fois. il est il est purement j'allais dire financier.

C'est sur le les montants qui sont demandés. C'est pas forcément sur le la multiplication ou le temps à chaque fois à chaque fois qu'une que qu'une qu'une procédure est engagée, vous pouvez être sanctionné au titre de l'amende. Après, je suis d'accord avec vous, c'est pas le gras absolu ce qu'on a à voter, mais je pense que c'est un premier pas.

En tout cas, c'est un un signe pour améliorer face à ces procédures Bayon. Euh après le dispositif pourra peut-être être euh sans doute être complété. Alors l'argument numéro 1 de Raphael Govin, on l'a entendu dans le sonore dans le sens que cette loi, elle protège les journalistes, les lanceurs d'alerte, les ONG, les chercheurs, c'est que il y a un amendement qui s'appelle l'amendement contre les procédures bayons.

Les procédures bayon, je rappelle rapidement ce que c'est, c'est quand une entreprise porte plainte contre un journaliste par exemple parce qu'il a révélé une information qui devait rester privée. Et cette procédure Bayon, elle peut voilà, elle peut enfin elle peut ruiner par exemple une rédaction ou un journaliste. Alors ce qui est intéressant avec cet amendement, c'est que si le juge estime par exemple que la plainte d'une entreprise n'est pas fondée, il peut lui infliger, il peut il ne doit pas il peut lui infliger une amende qui va jusqu'à 20 % du montant que l'entreprise demande au journaliste ou au lanceur d'alerte.

Ça c'est intéressant, c'est un bon premier pas et d'autres députés de l'opposition ont salué ce cet amendement là. La seule faille de cet amendement et elle est simple, c'est que en fait elle se concentre sur les montants. Donc c'est quelque chose de très financier, mais elle se elle se concentre pas sur la multiplication possible des procédures parce que une entreprise, une grosse entreprise, par exemple, on va dire Renault, c'est une totale hypothèse, peutplier les procédures, peut aller en appel, peut aller en cours de cassation si elle est pas contente avec la décision du juge.

Et ça, ben voilà, c'est quelque chose qui est c'est a il y a quand même de la censure derrière. On est d'accord, Serge, tu es d'accord avec moi ? Ce qui est important donc c'est que il y a de l'épuisement physique, mental.

Une procédure comme je disais, ça peut ça peut prendre des années, ça use et c'est je pense aussi parfois l'effet recherché par certaines entreprises et contre ça la loi ne prévoit rien. Alors qui de mieux placé pour parler de cette loi qui est un lanceur d'alerte ? On a interviewé Antoine Deltour.

Je sais pas si vous vous rappelez Antoine Deltour qui c'est. C'est le lanceur d'alerte qui a révélé le scandale financier des Luxlix. Et d'ailleurs, il y a une décision encore sur son procès le 15 mai.

C'est un procès qui qui a commencé il y a des années. Pour Antoine Deltour, c'est simple. la loi va tout simplement provoquer de l'autocensure notamment chez les lanceurs d'alerte on l'écoute c'est c'est c'est vraiment le risqu on dit que c'est une arme de dissuasion massive parce que effectivement des des lanceurs d'alerte vont être alors ça va ça va moi je ce que ce que je souhaite hein c'est que c'est que voilà les gens ne vont pas s'arrêter à ça je veux dire on va continuer à s'il le faut braver les interdits pour pour mettre sur la place publique les les les sujets qui qui le méritent hein donc mais mais c'est juste que en en faisant ça, ben on va s'exposer à davantage de poursuite.

Donc c'est effectivement la multiplication des procédures judiciaires. Bah au bout d'un moment ça peut lasser. Alors comme tu l'as dit Serge, demain il y a la lecture par le Sénat.

Il y a qu'une seule lecture puisque c'est une procédure accélérée. Tu m'as bien écouté j'espère. J'ai tout noté.

Et si le sujet vous intéresse et là je m'adresse aux sociaux, allez voir le site internet. Informé n'est pas un délit. Vous pouvez signer la pétition contre cette proposition de loi.

Voilà Serge. Et ben écoute, merci Iban. Alors, j'en profite pour signaler que c'est le premier épisode de ta toute nouvelle chronique qui s'intitule Parce que c'est notre projet qui va décrypter les enjeux des projets de loi proposés pendant ce quinquena.

Donc, on t'attend pour les suivantes avec impatience. Et on passe à l'Europe. Emmanuel Macron était ce matin à Strasbourg devant les parlementaires européens.

Le chef de l'État a appelé le Parlement européen à construire une nouvelle souveraineté européenne. On l'écoute. Ce n'est pas le peuple qui a abandonné l'idée européenne, c'est la trahison des clairs qui la menace.

Il faut entendre la colère des peuples d'Europe aujourd'hui. Ce n'est pas de pédagogie dont ils ont besoin, mais d'un projet nouveau. Alors, la trahison d'éclair, alors ça fait référence à un ouvrage éponyme écrit en 1927 par un essayé un peu trop oublié aujourd'hui, Julien Bandaard.

Et dans cet ouvrage qu'il faut absolument lire, je vous le recommande Bandacer les intellectuels qui déjà s'égar dans la passion militante, surtout à droite au détriment de la réflexion et des valeurs universelles. Alors critique qui pourrait fort bien s'appliquer à certains philosophes en chemise blanche de nos jours mais passons. À l'issue de cet échange, Emmanuel Macron a été interpellé par un neurodéputé écologiste belge, Philippe Lambert, qui lui a offert une corde d'alpinisme en référence à sa métaphore passée pour le premier de cordé, j'imagine que vous vous en souvenez.

Alors, on va regarder un extrait particulièrement piquant de l'intervention de Philippe Lambert Monsieur le président, ce que vous souhaitez pour l'Europe, vous affirmez que la France doit commencer elle-même à le faire dès aujourd'hui. Votre action en France raconte une toute autre histoire, une histoire qui met à mal la devise de votre pays. Liberté, égalité, fraternité.

Où est la liberté ? Lorsque vos citoyens peuvent être surveillés, assignés à résidence et perquisitionnés sur de simples soupçons de la justice, de la police, pardon, où est la liberté lorsque des policiers armés débarquent au petit matin pour arrêter un groupe de jeunes dont le seul tort serait d'avoir occupé pacifiquement un chantier. Ma fille en était.

Elle fut emmenée devant son fils de 2 ans, loin de chez elle pour subir pendant toute une journée un interrogatoire. Dans votre France, l'état de droit garant de nos libertés s'éloigne jour après jour. Liberté, égalité.

Où est-elle l'égalité lorsque vous imposez toujours plus de de précarité au travailleurs alors qu'en même temps vous faites des cadeaux fiscaux plus riches, ceux que vous aimez appeler les premiers de cordé. Votre foi en eux est inébranlable. Mais voyez-vous ce qui définit la cordée, monsieur Macron ?

La corde, c'est elle qui permet d'adapter la vitesse du premier de cordé aux besoins du groupe. C'est elle aussi qui empêche les derniers de cordé de tomber au ravin. Mais dans nos sociétés, monsieur le président, cette corde n'existe plus.

Les riches s'enrichissent, les classes moyennes stagnent et se précarisent et les plus fragiles sont abandonnés à leur sort. Liberté, égalité, fraternité. Et au nom de la fraternité que vous vendez des armes à des régimes qui les retournent contre leur propre population ou contre leurs voisins.

Où est-elle cette fraternité lorsque votre police lacre tente ses sacs de couchage de migrants ? Procédures expéditives, recours non suspensifs, détentions administratives. Voilà les ingrédients de votre projet de loi sur l'asile et l'immigration.

Contenir et refouler plutôt qu'accueillir des êtres humains en exode forcé. Alors très mauvaise matinée donc pour le président de la République et ça s'est poursuivi ensuite puisque plusieurs parlementaires ont critiqué la participation française au aux frappes en Syrie et donc le président est entré dans une colère froide. Alors ça a été l'occasion pour lui de déclarer donner une nouvelle explication sur ces frappes.

Je vous la livre. Ces frappes ne règlent rien mais elles mettent fin à un système auquel nous étions habitués qui est que en quelque sorte le camp du droit serait devenu le camp du faible. Alors c'est intéressant parce que là il est enain de nous expliquer quand même que c'est pour l'honneur qu'on a fait ça et pas pour un quelconque impact militaire.

Voilà qui rajoute une pierre au questionnement qu'on peut avoir sur cette intervention militaire. Ce soir donc le chef de l'État est à Épinal pour débattre de l'Europe avec 200 personnes et si on avait oublié que les élections européennes sont dans 13 mois et bien nous voilà rassuré, on se rappelle à notre bon souvenir. On va passer despinal au Brésil où des militants sans terre ont occupé hier le triplex qui aurait été prétendument offert à l'ancien président Loula par une société de construction.

Une cinquantaine de personnes se sont installées dans l'appartement du front de mer de Guou Ruja non loin de Saint-Paul. Euh c'est ce logement qui vote au leader de la gauche d'avoir été jeté en prison pour purger une peine de 12 ans. Les occupants ont accroché des banderolles aux fenêtres sous les applaudissements d'une centaine de partisans réunis devant l'immeuble.

En fin de journée, la police a ordonné aux occupants de l'appartement de quitter les lieux sous peine d'arrestation et cela sans aucun mandat de justice. L'évacuation s'est déroulée dans le calme et cette action pacifique a été l'occasion pour le leader des centaires Guillme Boulos de poser la question qui dérange. Si le si le logement appartient à Loula, les occupants peuvent rester mais s'il ne lui appartient pas, que fait donc Loula en prison ?

Et cette question, c'est une vraie question de piège. C'est la bonne question à poser à propos de Loua. Une bonne nouvelle maintenant, une très bonne nouvelle, on a inventé, on a découvert et inventé l'enzyme qui mange le plastique des scientifiques de l'université britannique de Portsmous et du laboratoire national des énergies renouvelables du ministère de l'énergie américain, ont conçu par hasard une enzyme capable de détruire du plastique.

Alors, il travaille sur une bactérie découverte au Japon en 2016. Vais-je j'arrive à le dire. Lidéonella Sakain 6.

Elle se nourrit uniquement d'un type de plastique sur cette petite bête. Le PET qui entre dans la composition de très nombreuses bouteilles de plastique. En étudiant et en manipulant sa structure, ils ont conçu une enzyme qui est encore plus efficace pour désagréger les plastiques PET.

Une enzyme qui permettrait donc de lutter contre les 8 millions de tonnes de plastiques qui finissent chaque année dans les océans de la planète ou plus exactement qui forme de nouveaux continents à la surface des océans. Maintenant je me tourne vers Dolores. Bonsoir Dolores et tu vas nous parler du prix Poulizer.

Enfin, des prix Pulzer parce que moi je croyais jusqu'à présent que le prix Poulizer c'était uniquement destiné au journalistes et bien tu m'as tiré dans mon erreur et donc ça concerne aussi les artistes. Je te laisse nous expliquer tout ça. Et on peut même parler cette année donc de jurisprudence Kendrick Lamar puisque donc jusqu'ici les artistes musiques qui étaient récompensé par ce prix donc qui a été fondé comme tu le sais par Joseph Pouzer qui est un donc un journaliste américain d'origine hongroise et donc ce prix euh célèbre l'excellence jusque- là dans la musique c'était pour célébrer l'excellence donc des artistes jazz ou de musique classique juste et ce jusqu'en 2018 cette année donc Kenrick Lamar remporte porte le prix de la musique et c'est un rappeur.

C'est pour ça que je parlais de jurisprudence. Donc alors c'est qui Kendrick Lamar ? Je sais pas si tu sais.

Absolument pas. Je je confie mon ignorance absolue et clair-moi. Alors donc c'est un rappeur qui est originaire de Compton.

Comton c'est une ville du comté de Los Angeles qui est gérée donc depuis 2013 par une jeune meresse qui s'appelle Adja Brown. C'est bon nombre de rappeurs qui viennent de cette ville. On peut notamment penser à Docteur Dray qui est un rappeur important qui a mis Comton sur la carte du rap mondial.

Et donc Kendrick Lamar est récompensé pour son album Dame, donc c'est le 4e. Donc c'est pas le le c'est pas la première fois hein donc qu'il est qu'il est là. Et la commission a jugé que Kendrick Lamar avait réussi à restituer la complexité de la vie des afro-américains, ce qui n'est effectivement pas rien.

Alors certes, cet album c'est pas le plus incisif, mais il reste très politique et le fait de décerner un prix à cet artiste dans l'Amérique de Trump, on peut quand même juger que ça a une valeur et une symbolique toute particulière. Donc c'est un prix pour lequel par ailleurs il remporte 10000 dollars. Donc tu veux dire que c'est un pied de nez qui est fait à Trump.

Je pense qu'il y a quand même un message là-dedans. Euh mais il y a aussi, comme tu le disais tout à l'heure aussi des catégories euh notamment le journalisme. Et donc pour la catégorie la plus prestigieuse, donc le journalisme de service public, les lauréas eux reçoivent une médaille d'or.

Donc c'est pas la même dotation mais c'est quand même déjà pas mal pour les symboles. Médaille d'or ? Ah bah c'est une bonne question mais je pense que ça doit quand même valoir son pesant d'or.

Je pense pas qu'ils vont la vendre demain. Alors en tous les cas qui ont euh reçu le prix pour donc ce la catégorie du journalisme de service public, ça c'est Judy Cantor et Mégan Toi du New York Times. Et on a aussi Ronan Farot euh du New Yorker qui est accessoirement l'un des enfants aussi de Woody Allen, le réalisateur controversé.

Alors, ils ont tous les trois enquêté sur l'ancien producteur, donc grand mania comme ça, de l'industrie cinématographique Harve Einstein. Et donc la la terreur, hein, c'est la terreur dans tous les sens effectivement puisque leur travail journalistique d'investigation d'ampleur a révélé du coup euh que Harry Einstein avait agressé et violé de nombreuses femmes que ce soit qu'elles soient anonymes ou qu'elles soi aussi des comédiennes. Donc c'est une ces séries d'articles qui ont été publiés en octobre 2017 ont ensuite déclenché une succession d'autres articles sur les agissements d'autres hommes de pouvoir dans d'autres domaines tels que la politique ou les médias.

Donc c'est effectivement dans l'Amérique de Trump une fois de plus un moment important et ce prix bah permet de mettre ça en avant. Donc on retient le Poul un double message adressé au président des États-Unis. Ben écoute, merci Dolores.

Enfin aujourd'hui, cela fait 10 ans que notre grand poète Céser nous a quitté et je vous invite donc à aller sur le site du médiiapress.fr pour y retrouver l'excellent article forcément que lui consacre Théophile. Merci aux sociaux sans qui ce journal n'existerait pas.

Et si vous avez aimé son contenu et bien le média lance une grande campagne de recrutement de 4000 nouveaux sociaux. Nous comptons sur vous. Ce journal est maintenant terminé.

Je vous souhaite une bonne soirée. [Musique] [Musique] [Musique] [Musique] [Musique]