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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 5 novembre 2025 10 min

Oléron : "On savait qu’il allait passer à l’acte, mais on ne pouvait rien faire" (J.-C. Couvy)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

en observateur. Effectivement, on va y revenir dans un instant mais on va partir sur place rejoindre Jérôme Pent nous Jean-Michel Decase. Bonsoir à tous les deux.

Il y a beaucoup de stupeurs, beaucoup d'émotions sur place. Vous avez rencontré tout au long de cette journée les habitants qui sont sous le choc. C'est bien cela Jérôme ?

Oui, effectivement, vous le disiez, beaucoup de stupeurs. Nous sommes avec Jean-Michel Decase à la Cotinière, un lieu généralement très calme. Nous avons pu rencontrer une bénévole de la SNSM qui travaille ici qui nous disait qu'elle n'en revenait pas, que cela se passe sur son île habituellement calme.

Des retraités aussi qui se promenaient nous ont expliqué que d'habitude ici c'est un avre de paix. Alors, on ne se voile pas les yeux. Nous effectivement on sait qu'il y a de la violence partout, que ça peut arriver à tout moment, à tout endroit, mais jamais on aurait pu penser que ça arriverait ici ces 35 minutes de course poursuite de de déambulation où il a fauché cinq personnes, ils n'en reviennent pas.

J'ai pu croiser un pêcheur juste avant qui sortait de son bateau qui me disait euh c'est fou que ça arrive ici. Je pense en regardant les images de la voiture que je l'ai croisé hier à Intermarché en faisant mes courses. Euh sa voiture la son visage me dit quelque chose.

Euh ça aurait pu être moi finalement ce matin. Je suis allé faire mon footing dans le coin une demi-heure avant. Donc vous voyez ici on est vraiment surpris parce que on n'est pas dans une grande ville l'île d'Oléron à cette époque de l'année.

Ce sont quelques habitants. Les touristes sont partis. La moitié des commerces et des villas sont fermés.

Donc ici vous ce que vous disais, on n'en revient pas vraiment. Merci beaucoup Jérôme Prenous Jean-Michel Decas. C'est vrai que ce que vous nous dites rend euh la thèse d'un acte terroriste incompréhensible en c'est on est en saison basse euh on a un homme qui prend sa voiture euh qui pendant 35 minutes, un période de 35 minutes Gautier Lebrine et qui va percuter comme ça volontairement 5 personnes.

C'est absolument hors norme en fait. Oui, le parquet national antiterroriste n'est pas saisi. Il est en observation.

Mais ce qui est sûr, c'est que cet homme, s'il n'est pas considéré comme terroriste, il a réussi à semer la terreur à l'île d'Oléron. Euh vous avez un homme qui crie à la H bar, vous avez un homme qui prend des bonbonnes de gaz dans son coffre et qui met le feu à l'avant de sa voiture, pu échanger avec les différents euh journalistes police justice de ses news et d'Europain. S'il avait mis le feu au coffre de la voiture où se trouvaient les bonbonnes de gaz, on aurait pu être sur un drame encore plus important.

Donc cet homme a semé la terreur dans les les rues de l'île de Lon et ce qu'on retient et ce que le commentaire qu'on peut en faire me semble-t-il, c'est l'ensauvagement de la société euh l'insécurité euh qui est partout. Nous avons débuté la semaine Laurence en parlant du jeune Matis en montrant euh son visage en entendant le témoignage de sa maman. Son père s'est également exprimé. ce jeune homme à 19 ans qui perd la vie en sortant de soirée euh entre la nuit de vendredi à samedi euh à Lille par tué par un chauffard multiécidiviste qui avait déjà été condamné à de la prison ferme.

Et là nous arrivons au prénom d'Ema, cette jeune assistante du Rassemblement national engagée politiquement à 21 ans. Voilà, vous avez un profil très jeune qui est déjà engagé, celle qui est blessée le plus gravement. Elle faisait son jogging ce matin au moment où euh cette voiture la l'a ciblé.

Et donc c'est ce qu'on dit depuis le début de la semaine, ce qui est insupportable, c'est d'avoir ses profils très jeunes et ses noms qui s'enchaînent dans l'actualité. à chaque fois Matis Emma euh pour cette semaine avant on a on a connu Elias euh on sort du procès de la meurtrière de la jeune Lola, on a entendu le témoignage de la maman de Philippine. C'est ça devient insupportable que euh ceux qui pourraient être euh moi en l'occurrence ma petite sœur, mon petit frère se retrouvent tué ou à l'hôpital en urgence absolue.

C'est ce climat dans lequel on est où même à l'île de Lyon on n'est pas en sécurité. Quand j'ai vu qu'on avait crié Allah Akbar à l'île de Lon, voilà, on pouvait ne pas le croire il y a encore quelques années. Maintenant c'est partout, c'est partout, c'est tout le temps.

Donc coui, vous êtes policier, il y a beaucoup de choses qui interpellent en fait parce que cet homme n'a pas le profil d'un djihadiste. C'est pas vous, vous avez raison, on ne sait pas, on ne sait pas mais a priori 35 ans marginal vivant dans un mobil connu pour son alcoolisme et des droits des faits de droits commun et ce passage à l'acte, qu'est-ce qui a pu le déclencher ? Je vais dire, il y a pas de profil type de de du djihadiste en fait et c'est justement c'est des personnes des des épaves humaines, hein, moi j'appelle ça comme ça, on en connaît hein, qui un seul coup peuvent rencontrer d'autres personnes qui les remettent avec la religion dans un cadre bien précis avec un sens, un but dans la vie.

à un moment donné, c'est la manipulation d'esprit et pour lui dire qu'il est élu par les dieux, par le dieu pardon, et qui doit justement passer à l'acte. Ça peut-être aussi une personne qui n'est pas du tout entre guillemets radicalisée mais qui sur un moment pète un un câble et puis euh utilise des méthodes qu'il a vu aussi dans dans d'autres situation et ça c'est l'enquête qui le dira en fait et utiliser le le terme à la wakbar aussi à la volée. Enfin, je veux dire, il peut ça peut être plusieurs plusieurs choses.

Maintenant, seule l'enquête va pouvoir le dire. Ce qui est sidérant effectivement, c'est cet état, j'allais dire, ça se passe dans un endroit tranquille où il y a une vingtaine, enfin il y a 20000 habitants à peu près sur l'île d'Oléron. Les touristes sont partis, donc là, tout le monde se connaît plus ou moins.

C'est la tranquillité, enfin la nature prend reprend ses Dora et d'un seul coup, on est on est touché dans notre quotidien par l'horreur en fait. On s'y attend pas. qu'on est dans un endroit protégé où il se passe rien.

Euh, il y a pas de délinquence bah à 8h du matin. Alors, les délinquants entre guillemets, on les connaît. Et d'ailleurs cette personne là était connue des gendarmes parce que c'est souvent les mêmes qu'on revoit souvent euh qui embêtent les voisins, le voisinage, les personnes et on sait on sait pas quoi en faire de ces personnes-là jusqu'au moment et on sait parce que quand les langues se dédient quand on mène les enquêtes, tout le monde dit "Oui, mais un jour ou l'autre de toute façon tout le monde savait qu'il allait passer à l'acte parce que c'était quelqu'un qui avait violent. il avait un fusil, il avait c il avait ça.

Et en fait et quand ça passe à l'acte, ben là euh voilà, les langues se délient, on dit bah voilà pourquoi pourquoi le l'État n'a rien fait. Bon ben en fait on est dans un état de droit, on est on est en démocratie et c'est toute la difficulté entre euh interpeller et sécuriser quelqu'un en amont d'un passage à l'acte parce que tant qu'il a pas enfrain la loi, on peut pas sûr, il y a pas d'arrestation d'arrestation arbitraire avant les actes. André Valini, vous êtes avocat, ancien ministre.

On voit que les autorités sont très prudentes. Laurent Nouè a été très prudent lorsqu'il s'est exprimé. On entendra peut-être à nouveau le ministre de l'intérieur dans un instant.

L'individu n'était pas connu des services de renseignement au titre de la radicalisation. Néanmoins, il crie Allah Akbar et l'enquête se poursuit. Oui, d'ailleurs on verra à mon avis assez tôt demain ce qu'il en est de l'enquête parce que je pense qu'en ce moment les enquêteurs, je parle sous le contrôle de Jean-Christophe Couvi, ils analysent son téléphone, ses communications, son ordinateur, son voisinage pour savoir s'il y avait des signes de radicalisation et ce qui il y avait des signes en tout cas de marginalisation, ça c'est sûr et je suis d'accord avec Jean-Christophe Couvi quand il dit qu'on connaît ces gens-là, moi je je vois en province là où j'habite, j'ai été maire pendant longtemps.

On sait bien qu'un jour ou l'autre, il peut un drame peut se produire mais on ne sait pas que faire parce que tant qu'ils n'ont rien commis, on ne peut rien faire évidemment. H alors de là à savoir si le déclenchement est lié avec le terrorisme islamiste, on le saura après l'enquête, il faut pas aller trop vite. Michel Cann Non, mais en fait c'est on voit à quel point cette société est malade, à quel point on est dans l'ultra violence et ce qui est fou, ça m'interpelle un peu le fait qu'on ne prononce pas le qu'on ne nomme pas euh on parle d'individus, de gens qui étaient là, des innocents et cetera, on dit jamais civil.

Moi, je pense qu'à partir du moment où on est dans une guerre de de ce type là, de cette violence là avec un mode opératoire qui reprend les codes de l'intiffada, on doit parler de civil. D'accord. Gottier Lebret de l'INTFAD, ça reprend les codes la voiture Bélier, le Alawakba et la la bonbonne de gaz dans une voiture.

Ça reprend exactement les codes. De toute façon, on va voir comment se déroule l'enquête, comment elle avance. Gautier Lebret.

Euh ce qui est intéressant aussi, c'est de voir les réactions politiques, on les a évoqué tout à l'heure, euh très prudent à part euh effectivement Éric Zémour euh qui euh dit lui que il se enfin qu'il évoque le mot djihadiste, mais euh Marine Le Pen, Jordan Bardella reste très prudent. Ne parle pas de terroriste, pas un mot dans les euh communiqués qu'ils ont fait. Non mais on a échangé tout à l'heure sur Europin avec quelqu'un qu'il le connaissait très bien.

Effectivement, il vous dit que il a vu son alcoolisme, il a vu pourquoi pas son penchant même à la à la drogue. Oui, bien sûr. Il n'a pas décelé une forme de radicalisation, même si ça peut se faire à domicile, sur les réseaux sociaux et cetera, mais c'est pas ce qui ressort principalement du du profil et des premiers éléments qu'on qu'on a eu lu là.

Est-ce qu'il a même voulu se faire passer pour un islamiste en criant à Akbar et en mettant des bonbonnes de gaz dans son coffre ? C'est aussi une possibilité. Donc on va voir ce que va dire euh l'enquête.

Pourquoi euh il faut il faut être me semble-t-il assez prudent sur Laurent Lunez parce que effectivement il l'a été mais alors là il il est même euh à mon avis de trop. C'est-à-dire qu'il n'est pas capable de prononcer à Allah Akbar. Il dit que le cri a été prononcé.

On parle pas du cri de Munch. On parle pas d'un cri comme un autre. On parle d'un slogan islamiste euh euh que utilisent les les terroristes depuis euh euh de nombreuses années pour tuer dans notre pays.

Et le fait même qu'il ne prononce pas euh euh ce terme d'ACB pour moi euh en dit euh énormément et je vais même ajouter que si Bruno Rotaillot était encore ministre de l'intérieur, il aurait élargi le débat et il aurait dit l'ensauvagement dont il parle d'ailleurs cette semaine dans les colones du JD News et partout en France. qui a un véritable problème d'insécurité qui gangraine le pays et c'est pas le discours que tient Laurent Nunz. Alors, on va me répondre.

Oui, parce que Laurent Nunz, il est très technique, il est ancien préfet, c'est vrai, mais il est aussi un homme de gauche et donc ça fait longtemps qu'on avait pas eu un homme de gauche, place Beau au ministère de l'intérieur. Et c'est là que vous pouvez avoir des réactions différentes en il a le droit, hein, en en fonction des ministres de l'intérieur. C'est-à-dire que quand il y avait des drames euh comme celui-là ou avec des avec malheureusement des victimes, Bruno Rotaillot avait le l'habitude de parler d'enseauement de la société française.

C'est pas ce que fait le nouveau ministre de l'intérieur. On va faire une petite pause. On se retrouve dans un instant, on écoutera Laurent Onaise, les mots qu'il a employé effectivement et puis on sera en ligne avec un des maires de l'île de Lon qui a vécu ce cauchemar ce matin.