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interviewC dans l'air· 29 août 2025 9 min

Bayrou tente de convaincre les Français - reportage #cdanslair 28.08.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

"Oui, nous étions ouverts aux discussions." C'est la réponse des responsables politiques des principales formations à la sortie de F.Bayrou, hier soir.

Le Premier ministre tente d'en appeler maintenant, non pas à la responsabilité des politiques, mais à la responsabilité des Français. - C'est une petite phrase qui a fait basculer son destin. - F.Bayrou: J'engagerai la responsabilité du gouvernement. - Lundi, F.Bayrou parie, mais déchante vite.

S'est-il auto-dissout? Scénario de crise. Plus que quelques jours pour convaincre.

Le Premier ministre accélère. - F.Bayrou: C'est un moment extraordinairement inquiétant. - Hier, c'est sur un plateau télé qu'il tente de déjouer les pronostics.

Exercice d'auto-persuasion. - F.Bayrou: Les partis politiques qui ont dit qu'ils allaient faire tomber le gouvernement...

Je suis persuadé que dans les 12 jours qui restent, ils peuvent dire: "On a parlé peut-être un peu vite. On est peut-être allés un peu loin..." - Une assurance à toute épreuve... - Vous avez appelé les représentants des partis d'opposition, qui ne sont pas de votre parti, à venir vous voir à Matignon pour consultation à partir de lundi.

Pourquoi ne l'avez-vous pas fait avant? - F.Bayrou: Ils étaient en vacances. - Réaction immédiate des premiers concernés... ...

Sur X et sur les chaînes info... - M.Tondelier: Je pense que vous avez suivi la rentrée politique des Verts qui avait lieu la semaine dernière.

On était à Strasbourg. Je n'étais pas en vacances. Quand on n'a rien à dire, on ne va pas faire un journal télévisé pour faire perdre du temps à tout le monde. - La stratégie de F.Bayrou interroge jusque dans son propre camp. - S.Primas: F.Bayrou continue sa mission d'expliquer aux Français pourquoi il a pris cette décision, qui est un peu étrange et inattendue. - Même le président, qui soutient la démarche de son Premier ministre, lance un avertissement. "Attention à ne faire ni déni de réalité ni catastrophisme sur la réalité financière de la France." Hors de question que l'agitation de F.Bayrou remette en cause son action.

Le Premier ministre continue de s'en tenir à son scénario: lui ou le chaos. Cet après-midi, c'est au Medef, auprès des patrons, qu'il se cherche des alliés. - F.Bayrou: Pas besoin d'insister auprès de vous sur la menace d'asphyxie que nous subissons. 3350 milliards d'euros de dette accumulée sur les 50 dernières années.

Il y a des gens qui nous disent: "Ce n'est pas grave, vous exagérez, on ne remboursera jamais cette dette...

Tout va très bien, madame la marquise." Ceux-là se trompent et nous trompent. - Malgré tous ses efforts, le sort de F.Bayrou semble bel et bien scellé.

Les oppositions se projettent déjà dans l'après. Dissolution réclamée par le RN. Destitution souhaitée par LFI.

Le PS, lui, se rêve en alternative crédible. - O.Faure: Nous allons présenter dans les tous prochains jours un projet de budget alternatif à celui de F.Bayrou.

Nous verrons quelle est la réponse de l'exécutif. - Mais comment faire pour éviter que l'histoire se répète? T.Breton, ancien ministre de l'Economie, a une idée pour E.Macron. - T.Breton: Il ne reste plus qu'à appeler le parti prépondérant. - C.Roux: C'est-à-dire? - T.Breton: Le RN, évidemment.

Ou il l'appelle, ou il fait une dissolution. - Seule certitude: le RN, invité comme le reste de la classe politique, ira bien rencontrer F.Bayrou, lundi, à Matignon. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Non.

Ils étaient en vacances, mais la politique ne s'arrête jamais. Il y a eu la lettre de M.Le Pen le 25 juillet. - N.Saint-Cricq: Le 29... - C.Barbier: C'est une date ouvrable.

Il y a la note d'économie du PS du 23 juillet, qui s'intitule "La France n'est pas la Grèce", qui met en perspective la dette et propose d'autres solutions, comme la relance par la consommation, les taxes sur les riches...

F.Bayrou est resté aux commandes tout l'été. Il a fait des vidéos à l'adresse des Français.

Il aurait pu inviter à tour de rôle les leaders politiques à une garden-party d'été. Ils seraient venus. - C.Roux: Comment vous l'expliquez?

C'est une maladresse, cette phrase? Une erreur de méthode de la part de F.Bayrou, qui a vu Avait beaucoup négocié avec les uns et les autres et que c'était retombé comme un couperet?

Comment expliquez-vous cette méthode? - C.Barbier: Il y a une erreur de méthode...

Ne pas consulter et, surtout, une inversion des boeufs et de la charrue. Il aurait dû d'abord faire cette dramatisation sur la dette, "la vie de la nation est en jeu", et à la rentrée: "Voilà mon ordonnance de docteur Bayrou." On a beaucoup parlé des jours fériés, mais sur toutes les autres propositions, les syndicats et les partis ont dit niet.

Ca l'a un peu glacé. "Pas la peine de discuter avec eux." Il a donc cherché une autre solution. - C.Roux: Est-ce qu'il y croit vraiment?

Est-ce qu'il croit Qu'il peut trouver suffisamment d'alliés pour passer entre les gouttes le 8? Ou est-ce que c'est du théâtre? - N.Saint-Cricq: C'est entre les deux.

Il n'y croit pas. Il a fait ses comptes. Ce qui l'a étonné dès sa conférence de presse lundi, c'est qu'il pensait avoir un petit répit de quelques jours, quelques heures, en se disant qu'ils allaient mettre des conditions, mais qu'il aurait une marge de manoeuvre...

Ou alors, que certains s'abstiendraient. Il suffit d'être là pour l'emporter d'une voix...

Il a été estomaqué par la réaction de M.Le Pen, du PS...

Tout ça, en une heure! La démarche qui était la sienne, c'était de se faire adouber sur le constat. Il n'y croit pas, mais il ne peut pas le dire.

Si son alternative, c'est de sortir par le haut, en étant un Cassandre, il est sur cette ligne, en disant qu'il voulait sortir comme celui qui a dit la vérité. Il va être exécuté...

Soit il sort, soit il sort bien en montrant qu'il a été cohérent. Ce n'est pas possible...

Vendredi, O.Faure propose son contre-programme. C'était à la suite de ce qui avait été envoyé.

Ils ne sont pas sur une ligne amendable et négociable. - C.Roux: On entend le Premier ministre dire qu'ils sont bienvenus à Matignon lundi, pour discuter.

Il donne le sentiment d'ouvrir des pistes sur la taxation des plus aisés... - N.Saint-Cricq: On n'a pas la réponse du PS sur leur présence. - C.Roux: Ils iront, mais pour dire qu'ils ne voteront pas la confiance. - N.Saint-Cricq: Même les autres, au niveau du RN et LFI, on n'en est même pas à lui dire qu'ils n'accordent pas la confiance.

Ils le chassent. - C.Roux: Est-ce que la page Bayrou est déjà tournée? - M.Lazar: Il faudrait vraiment un miracle...

On peut aller à Lourdes pour essayer... - C.Barbier: Ce n'est pas loin de Pau! - M.Lazar: Je crois que c'est fini.

Je ne suis pas dans sa tête. Mais il ne peut pas dire autre chose. S'il dit que c'est déjà fichu, ce ne serait pas glorieux, comme sortie.

Il sait que c'est perdu. Il faut essayer, devant l'opinion, de dire: "Je vous ai prévenus." Il pourrait rappeler: "J'ai toujours été cohérent là-dessus." Il ne faut pas exclure qu'il a une pensée pour une autre échéance politique... - C.Roux: La présidentielle. - M.Lazar: Il a un certain âge, mais il n'a jamais renoncé à ça.

C'est un petit trou de souris, mais il peut se dire qu'en 2027, il aura dit aux Français ce qui se passe, surtout si la situation financière, économique, sociale, politique se dégrade. Le discours qui apparaît inaudible aujourd'hui pourrait prendre... "Je suis un homme d'Etat.

J'avais raison. Je vous avais prévenus." Il a peut-être ça dans la tête, mais je pense que c'est fini. - C.Roux: On verra si l'histoire nous donne tort.

Mais si on se projette dans l'après...

C'est la même situation que le moment Barnier? A votre avis, on est dans une instabilité qui est un peu différente par rapport à l'échec de M.Barnier?