L'invité politique Sud Radio - Avec Elisabeth Borne, ancienne Première Ministre, députée du Calvados et auteure de "Réveillons nous!" (Robert Laffont)
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Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili. L'invité politique de Sud Radio, votre invité, Jean-François Aquili. Ce matin, c'est Elisabeth Borne, ancienne première ministre, députée du Calvados, et puis auteure de ce livre, Réveillons-nous, aux éditions Robert Laffont. Bonjour Elisabeth Borne. Bonjour.
Réveillons-nous, vous écrivez dans ce livre, je me suis autorisé un droit d'inventaire pour dire tout ce qui a marché, tout ce que nous avons lancé réussi, car curieusement, personne, c'est ce que vous dites, personne ne défend ce bilan. À qui pensez-vous en particulier ?
Non, non, c'est un constat, c'est un constat, je vois que personne effectivement ne rappelle que peut-être, par exemple, sur l'attractivité du pays, la création d'emplois, il y a des succès, sur la transition écologique aussi, et puis c'est vrai qu'il y a d'autres domaines dans lesquels on a pu mettre beaucoup de moyens supplémentaires, je pense par exemple à la création de 15 000 postes de policiers et gendarmes, et pour autant, on n'a pas réglé les problèmes de narcotrafic. C'est un peu comme si la politique n'imprimait plus, c'est ce qui sort de toutes ces pages que vous évoquez, en fait, cette politique, tout ce que vous avez mis en place.
Moi, je pensais à Edouard Philippe et Gabriel Attal, qui sont en rupture aujourd'hui avec Emmanuel Macron, est-ce que pour vous, il y a une forme de risque politique qu'il prenne vos anciens collègues, anciens premiers ministres ? Je pense qu'on a été aux responsabilités depuis 2017. Parce que eux, eux, ce sont en rupture, pas vous. Moi, je ne suis pas en rupture, je pense que c'est important de dire ce qui a marché, et je le disais, par exemple, sur l'emploi, et aussi ce qui n'a pas marché, et de comprendre pourquoi ça n'a pas marché.
Ça veut dire aussi qu'il faut de la durée, il faut de la constance dans l'action, et c'est vrai que l'instabilité de la fin du quinquennat depuis la dissolution ne donne pas cette capacité à agir dans la durée, qui est indispensable pour avoir des résultats pour les Français. Elisabeth Borne, réveillons-nous, qui s'est endormi, au fait ?
En fait, c'est d'abord la classe politique, qui ne prend peut-être pas la mesure de la gravité de la situation au plan international, avec une multiplication de crises, et puis c'est aussi un appel à la lucidité, précisément pour que chacun mesure les défis qui sont devant nous et que les responsables politiques se retroussent les manches pour s'attaquer aux causes et pas simplement aux symptômes et apporter des vraies réponses aux Français. Alors, Gabriel Attal va tenir un meeting, il est candidat, le 30 mai, Porte de Versailles à Paris, le 5 juillet, ce sera Édouard Philippe qui tiendra le sien. C'est quoi ça ? C'est un concours de muscles ?
Écoutez, je trouve en tout cas qu'aujourd'hui, les Français peuvent attendre qu'on leur propose des idées, des pistes d'action, des projets, un projet, et qu'on a beaucoup d'aventures individuelles, de jeux tactiques. Peut-être qu'on n'est pas à la hauteur de la situation. Ce spectacle vous navre. Parce que vous écrivez, vous dites, il est absolument nécessaire d'éviter un éparpillement des candidatures qui éliminerait du second tour de la présidentielle les forces réformistes, démocrates et humanistes. Ils prennent un risque, les deux, là ?
Je pense qu'il est certain que si on a une division au sein du bloc central et plus largement, on a un risque important d'avoir un deuxième tour entre les deux extrêmes. Et évidemment, ce n'est pas ce que je souhaite pour mon pays. Vous parlez d'une erreur profonde. Oui, je pense que ce serait évidemment une erreur profonde d'avoir de la division, d'avoir trop d'aventures individuelles, plutôt que de se rassembler. Et c'est l'appel que je lance dans ce livre aussi, de se rassembler de la gauche réformiste à la droite modérée pour apporter des réponses aux Français. Et vous savez, moi, je croise beaucoup de nos concitoyens qui ont des difficultés, qui peuvent douter de l'avenir.
Je pense que c'est important de leur dire qu'il y a un chemin. Ça suppose d'avoir, en effet, des propositions d'action. C'est ce que je fais dans ce livre, de mettre sur la table des propositions d'action. Vous avez claqué la porte des instances dirigeantes de Renaissance. C'était au début mai. Qu'est-ce qui vous a agacé, au fond ? C'est quoi ? C'est le mythe de l'homme providentiel qui va se présenter. On va parler des thèmes qui sont dans votre livre, rassurez-vous. Mais là-dessus, quand même, c'est important. C'est quoi le mythe de l'homme providentiel, Gabriel Attal ? Ça vous agace ? En fait, je conçois, pour moi, un parti politique.
C'est un endroit où on débat, on échange sur des idées. Et donc, il y a des enjeux de méthode avec lesquels je peux ne pas être d'accord. Et puis, il y a des enjeux de ligne. Donc, c'est pour ça que moi, j'ai souhaité, effectivement, me mettre en retrait de ces instances et me consacrer à un mouvement que j'ai créé, bâtissons ensemble, précisément pour rassembler. Avec des, on va dire, des macronistes de la première heure. C'est le canal historique d'Emmanuel Macron que vous refondez. C'est comme une ligue dissoute.
Je reste convaincu que les intuitions de départ, vous voyez, soutenir la création d'entreprises, d'activités, l'innovation, mais aussi lutter, enfin, se battre pour l'égalité des chances, affronter les grands défis qui sont devant nous, la transition écologique, la transition démographique, la révolution de l'IA, ça reste des choses pertinentes. Et puis, bien sûr, porter un projet à l'échelle de l'Europe parce que je reste convaincu aussi que les réponses, elles doivent se bâtir à cette échelle-là. Parlez bien après du micro, s'il vous plaît, Elisabeth Borne. Vous émettez un regret dans votre livre. Vous dites, je n'ai pas compris la décision de me remplacer début 2024.
J'avais fait adopter, dans des conditions difficiles, les textes les plus sensibles du second quinquennat. Vous avez été retiré trop tôt du pouvoir. Écoutez, ce n'est pas moi qui en ai décidé. Ce n'est pas moi qui en ai décidé. Je dis simplement que pour avoir des résultats, et je pense que nos concitoyens attendent des résultats, attendent quand on fait des annonces que ça se traduise concrètement dans leur vie quotidienne, il faut du temps. Il faut de la constance et du temps. Et je pense que ces dernières années, on en a manqué. Comment est-ce que vous expliquez, Elisabeth Borne, que nous en soyons là aujourd'hui ?
Regardez, le pays est menacé par une possible récession, un chômage au-dessus de 8 %, c'est l'INSEE qui le dit, une inflation à plus de 2 points, 70 000 faillites d'entreprises. Vous prenez votre part dans ce bilan qui est désormais négatif au bout de presque 10 ans ? Je pense que tout n'est pas négatif et ça mérite d'être dit. Le chômage a néanmoins baissé. Il n'y a jamais eu autant de personnes qui ont un travail. Le taux d'emploi, comme on l'appelle, a augmenté. Mais on fait face aussi à des crises. Et ces crises, il faut absolument agir à l'échelle européenne pour pouvoir les surmonter. Ce n'était pas la promesse de départ d'Emmanuel Macron.
Souvenez-vous, ce devait être aujourd'hui, nous devrions être dans le plein emploi, dans un pays qui fonctionne. Ce pays est aujourd'hui dans une voie de blocage. Vous le sentez quand même, vous le présentez, vous l'expliquez dans votre livre. Moi, je le dis, je pense qu'on a vraiment besoin d'avoir de la durée et de la constance. On a beaucoup de réformes qui ont été engagées, qui n'ont pas forcément été au bout. Je cite par exemple les nouvelles réponses qu'on peut apporter en termes de garde d'enfance, ce qu'on a appelé le service public de la petite enfance. Malheureusement, ça ne s'est pas déployé, bien que la loi ait été votée en 2023.
Et donc, peut-être qu'il faut moins voter des nouvelles lois et plus se préoccuper de traduire dans la réalité, dans le concret que vivent les Français, les lois qui ont déjà été votées. Vous parlez de la petite enfance. Vous êtes choqué par ce qui se passe, j'imagine, dans le périscolaire parisien aujourd'hui. Nous sommes à Paris, nous sommes dans les centres de pouvoir, là où se trouvent tous les médias. Et il y a toutes ces enquêtes en cours. Comment vous l'expliquez ? Écoutez, moi je m'explique mal qu'il n'y ait pas plus de rigueur dans les recrutements de toutes les personnes qui accompagnent ces jeunes enfants dans le périscolaire.
Il y a normalement des procédures qui existent pour vérifier qu'il n'y a pas d'antécédent chez les personnes qu'on recrute. Et je pense que c'est évidemment indispensable de faire ces vérifications avant de mettre des animateurs en contact avec des jeunes enfants. Elisabeth Borne, sur les carburants, Sébastien Lecornu annonce de nouvelles aides directes ce jeudi. Total Énergie prolonge son opération spéciale avec des prix bloqués, surtout les carburants, durant la Pentecôte. Il faut dire quoi ? Merci à Patrick Pouyanné, le patron de Total Énergie, parce qu'après tout, c'est une initiative très concrète. En fait, c'est une initiative très concrète.
On peut avoir beaucoup de propositions de blocage de prix, de baisse de la TVA dont on sait très bien qu'elles n'auront pas d'impact direct pour les Français et qu'elles ne peuvent pas marcher. Et donc, en l'occurrence, ce blocage des prix que pratique Total Énergie, ça a le mérite d'être une réponse concrète, de peut-être aussi répondre à l'inquiétude des Français qui peuvent craindre que les prix ne continuent à augmenter. Donc, c'est une bonne réponse qui est apportée. Vous êtes assez critique en creux, sans le citer, sans l'attaquer directement avec le président Emmanuel Macron. C'est le droit d'inventaire, Elisabeth Borne.
Notamment sur le grand débat qui a suivi la crise des gilets jaunes. Vous parlez du renouvellement des formes démocratiques. Vous saluez l'initiative. Mais vous dites qu'il a laissé un sentiment d'inachevé. Beaucoup de participants qui ont le sentiment de ne pas avoir été entendus. Et vous proposez deux réformes de la Constitution. Vous voulez revenir au septennat non renouvelable. Et faire présider le Conseil des ministres par le Premier ministre, c'est quoi ? C'est un constat d'échec du fonctionnement des institutions aujourd'hui ? Écoutez, vous voyez, je pense qu'on finit par confondre un peu le rôle du Président de la République et celui du Premier ministre.
Moi, je pense que c'est important qu'on ait un responsable de l'exécutif bien identifié. C'est important que ce soit le Premier ministre, puisqu'il est responsable devant le Parlement. Si le Parlement n'est pas content, on peut censurer le gouvernement. Et donc, je pense qu'une réforme telle que je le propose, effectivement, un septennat non renouvelable, un Conseil des ministres présidé par le Premier ministre et puis une dose de proportionnelle, ça permettrait sans doute à nos institutions de mieux fonctionner.
Je crois aussi, je le disais, à la proportionnelle, à une dose de proportionnelle, parce qu'en fait, je pense que je reste convaincu qu'on a besoin de durer et donc de trouver des compromis. Et c'est ce que les Français attendent de nous, qu'on se mette d'accord pour apporter des réponses aux préoccupations qu'ils peuvent rencontrer dans leur vie quotidienne. Parmi les choses que vous critiquez, décision, la suppression de la taxe d'habitation, vous dites qu'elle a profondément modifié le rapport entre les citoyens et leurs communes. C'est une erreur de la part d'Emmanuel Macron d'avoir voulu cette suppression ?
Écoutez, ce que je constate, c'est que c'est plus de 20 milliards d'euros de recettes en moins que l'État compense aux collectivités. Moi, je n'ai pas croisé un Français qui me dise merci pour la suppression de la taxe d'habitation. Les collectivités, évidemment, on compense les ressources dont on les a privées, mais elles n'ont plus la capacité à lever cet impôt. Et dans une commune, vous voyez, tous ceux qui ne sont pas propriétaires, les locataires, ne payent plus d'impôts. Donc c'est un lien qui se rompt entre la commune et une partie des habitants. C'était une mauvaise décision à vos yeux. Il ne fallait pas y venir.
En tout cas, je note que ce n'est pas une décision qui a répondu au problème de pouvoir d'achat que rencontrent beaucoup de nos concitoyens et que, par ailleurs, ça a privé les collectivités d'un levier pour lever l'impôt qui est indispensable pour avoir une certaine indépendance, autonomie d'action. Elisabeth Borne, la réforme des retraites, vous y revenez aussi. Vous l'avez endurée quand vous étiez à Matignon. Vous dites qu'en fait, il faudrait encore revenir là-dessus. Vous parlez de capitalisation, système à points. On va revenir à la case départ ? C'est un ratage ?
Moi, je dis qu'on a besoin dans notre pays, on peut faire le constat qu'on travaille moins chaque année et moins d'années que nos voisins. Et si on veut avoir un modèle social généreux et je pense qu'on y est tous attachés, on a besoin d'avoir plus de Français qui travaillent. Ça peut être l'accompagnement des jeunes pour que l'entrée dans la vie professionnelle soit moins compliquée, ne soit pas un parcours du combattant. C'est aussi éviter que les entreprises se séparent des seniors comme elles ont tendance à le faire. Ça veut dire, enfin, que ceux qui le peuvent doivent travailler un peu plus longtemps. Et donc, c'est la réforme que j'avais portée en 2023.
Mais une réforme qui n'a pas abouti, apparemment. Qui a été suspendue. Et merci au Parti Socialiste, vous diriez pas ça, non ? Écoutez, je pense que ça n'était pas effectivement responsable de laisser croire aux Français qu'on peut se passer pour ceux qui le peuvent, qui n'ont pas des métiers trop difficiles, de travailler un peu plus longtemps. D'un mot, vous en voulez, Gabriel Attal, de se lancer comme ça. Vous êtes en rupture avec lui. Vous êtes en froid avec lui. Non, je n'ai pas de problème personnel. Je n'ai pas de problème personnel.
Moi, je vous dis, je pense que c'est important qu'on sorte des aventures individuelles, des jeux personnels, quels qu'ils soient, et qu'on puisse se rassembler pour proposer un projet aux Français. Vous êtes comme les autres, Elisabeth Borne, 2027, vous n'excluz rien. Vous savez, c'est la formule consacrée quand nous posons la question à des personnalités. Parce que quand nous lisons votre livre, c'est quand même presque une sorte, bon, il y a le droit d'inventaire, puis il y a des idées qui sont mises sur la table, il y a des projections. Vous avez désormais un micro-parti avec vous. Vous y pensez vous-même ? Parce qu'il n'y a pas de femmes candidates. Il y a très peu en réalité.
En tout cas, ce n'est pas le sens de ma démarche. Moi, je pense que avant de parler d'aventures individuelles, il faut d'abord mettre des propositions sur la table et essayer de rassembler le plus largement possible. Vous êtes sûr qu'on a le temps de ça ? Parce que regardez ce qui se passe avec le Rassemblement National, vous avez déjà deux candidats, soit Marine Le Pen, soit Jordan Bardella, très haut dans les enquêtes. Vous avez Jean-Luc Mélenchon qui a le pied à fond, le pied au plancher, et ils sont quasiment éligibles pour la finale, ces deux-là.
Écoutez, je pense que notre responsabilité, c'est précisément de se rassembler, je l'ai dit, de la gauche réformiste à la droite modérée, avec un candidat qui porte un projet, qui donne de l'espoir aux Français, et en s'attaquant vraiment aux causes des difficultés que rencontrent nos concitoyens, c'est comme ça qu'on peut avancer. Patrick ?
Oui, avec des questions d'auditeurs. Dans un instant, Elisabeth Borne, vous nous faites l'honneur de rester avec nous encore quelques minutes. 0826 300 300. Vous avez entendu Elisabeth Borne qui dit notre modèle social qui est généreux aujourd'hui, peut-être trop d'ailleurs, est menacé si on n'y prend pas garde. Vous l'avez dit à plusieurs reprises, bien sûr. Donc, j'aimerais vous entendre pour interpeller l'ancienne première ministre qui écrit ce livre. Réveillons-nous. 0826 300 300. Vous avez la parole dans un instant. Évidemment, nous y revenons. Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
Oui, encore quelques minutes avec Elisabeth Borne qui nous fait le plaisir de rester avec nous et de vous répondre directement à vos questions au 0826 300 300 avec ce livre. Réveillons-nous. Elisabeth Borne, juste d'un mot avant de prendre Laurent qui est en ligne avec nous à Bergerac. Vous ne dites pas non quand même parce que tout à l'heure, Jean-François Ackley vous a dit pour la présidentielle, il y a une liste de candidats mais il y a peu de femmes. Vous ne dites pas non.
Ce que je dis, c'est qu'on a intérêt je pense à réfléchir aux législatives. Tout le monde vous parle de la présidentielle et moi je pense que si on a effectivement une élection présidentielle en 2027, on aura sans doute une élection législative et là, il faudra qu'on ne se retrouve pas dans la situation actuelle avec une assemblée sans majorité et donc une difficulté voire une incapacité à répondre aux problèmes des Français.
C'est ça, il faut se rassurer. Elle ne dit pas non. Je me projette dans les élections législatives. Pourquoi pas ? Plutôt que vous ne dites pas non. Laurent est avec nous de Bergerac. Bonjour Laurent.
Bonjour.
Elisabeth, on vous écoute.
La question ne va pas être une question économique ni éducative mais plutôt une question sur la sécurité de la France. la sécurité intérieure de la France car on voit de plus en plus des problématiques dans des stades de foot, dans des quartiers hypersensibles. Ça, j'ai 47 ans. J'ai vu la montée de l'insécurité dans nos villes au fur et à mesure des années et je trouve qu'à chaque élection présidentielle on nous promet des choses mais on ne va pas jusqu'au bout. Je trouve que la police ou la gendarmerie ont peu de moyens sur le terrain. Je parle parce qu'ils ont une grosse partie administratif et qui prend du temps pour eux aussi.
Quand ils ont des moyens c'est que quand ils ont des véhicules à 250 000 kilomètres je trouve que c'est quand même énorme et moi en tant que chef d'entreprise je ne veux pas de salarié avoir des véhicules à 250 000 kilomètres. Si demain vous êtes soit présidente de la République ou soit députée députée je voudrais savoir quel serait votre programme par rapport à ça parce que pour pallier à tous ces problèmes qui ne donnent pas forcément une bonne image mais qui donnent aussi un ressenti d'insécurité de vivre en France.
La montée de la violence Il n'y a pas de doute
sur le fait qu'il faut plus de moyens pour nos policiers pour nos gendarmes et plus de policiers et de gendarmes qu'il faut aussi plus de moyens pour la justice parce que il se trouve que dans une vie antérieure j'ai été préfète et effectivement quand les policiers rattrapent des malfaiteurs mais que derrière la justice ne suit pas c'est extrêmement frustrant pour tous ceux qui dépensent beaucoup d'énergie
Donc vous estimez que justement la justice n'est pas assez ferme Écoutez moi
j'ai fait voter en tant que première ministre deux lois de programmation pour garantir des moyens supplémentaires à la fois au ministère de l'intérieur donc les policiers et les gendarmes et en même temps augmenter de 50% les moyens de la justice donc la première chose c'est effectivement de donner les moyens suffisants c'est le sens des deux lois de programmation que j'ai fait voter ensuite vous avez vu qu'il y a des formes très variées de délinquance ça va du narcotrafic et récemment on a voté une loi sur le sujet qui est un phénomène qui touche toutes les villes les villes moyennes comme les métropoles et on a aussi toutes les insuffinités du quotidien je pense qu'on a un texte important qui va venir en débat à l'Assemblée nationale sur les rêves partis sur le projet de loi porté par Laurent Nunez et je pense que c'est important de s'attaquer à toutes les formes de délinquance à la fois le narcotrafic mais aussi toutes ces incivilités du quotidien mais est-ce qu'on n'a pas
fermé les yeux trop longtemps sur cette montée de la violence je rappelle qu'il y a un ministre de la justice que vous connaissez bien Eric Dupond-Moretti qui parlait de sentiments d'insécurité est-ce qu'il avait eu tort de dire ça en fait à l'époque ?
ça peut en effet être mal compris il y a en effet des problèmes réels de sécurité et il faut des réponses fermes ça suppose de donner des moyens à la police à la gendarmerie ça suppose aussi d'en donner à la justice et c'est l'augmentation de 50% des moyens de la justice qui ont été votés quand j'étais première ministre
voilà Laurent donc pour la réponse donc si vous êtes un jour présidente de la république c'est tant jamais vous n'êtes pas candidate mais enfin bon c'était ce que disait Laurent autre question avec vous c'est Diane Dargelès sur mer qui est avec nous bonjour Diane
bonjour
bonjour madame
bonjour je voudrais vous poser une question ça fait 10 ans que vous êtes au gouvernement votre gouvernement votre parti ça fait 10 ans ça fait 10 ans que l'insécurité je ne veux pas en parler vous venez d'en parler c'est simplement une sensation que nous éprouvons français d'en bas sûrement vu votre contexte de 10 ans ça fait 10 ans que vous y êtes on en est on est là actuellement mais alors au ras des pacorètes question finances vous en êtes responsable vous avez 10 ans c'est pas les autres partis c'est vous vous vous sentez concerné le chômage qui augmente vous avez dit tout à l'heure que vous avez ça non le chômage il augmente il explose le RSA explose on a plus de 17 à l'Ukraine et 14 en Afrique actuellement mais on n'a plus de sous pour le chômage
on n'a plus de responsable
de sauf pression
Diane merci pour votre question Elisabeth Borne vous répond
alors je pense qu'effectivement le chômage remonte je le redis il n'y a jamais eu autant de français en emploi qu'aujourd'hui et évidemment tout n'a pas forcément fonctionné je rappelle qu'on a traversé des crises mais je pense qu'on a aussi des choses qui ont avancé et c'est pour ça que je revendique dans ce livre un droit d'inventaire c'est très important quand on a exercé des responsabilités à la fois de voir ce qui a pu marcher et ce qui n'a pas marché et effectivement d'améliorer les réponses sur les sujets qui n'ont pas marché mais je peux vous assurer que mettre des moyens pour la sécurité je pense qu'on l'a fait ça montre que c'est peut-être pas aussi simple et qu'il faut faire attention vis-à-vis des promesses que certains peuvent faire on a l'impression parfois qu'il y a une baguette magique pour répondre aux difficultés des français moi je pense qu'il faut travailler dans la durée avec sérieux et c'est le sens des propositions que je fais dans ce livre
oui parce qu'avec réveillons-nous on a l'impression que justement on s'est endormi alors on s'est endormi depuis combien de temps
non je ne dis pas qu'on s'est endormi dans l'action réveillons-nous c'est de dire que en effet avec toutes les crises internationales qu'on peut rencontrer avec un modèle social et on en bénéficie qui coûte de plus en plus cher il faut prendre la mesure des défis qui sont devant nous et apporter des vraies réponses en s'attaquant aux causes et pas simplement aux symptômes et donc les solutions populistes je peux le dire à madame ça ne marche pas quand on vous dit qu'on a une baguette magique pour régler les problèmes de sécurité ou pour redresser les finances publiques ça ne marche pas il faut des réponses qu'on puisse débattre avec les français
vous comprenez les français comme Diane en fait à l'instant parce qu'ils se disent écoutez on a essayé beaucoup de choses et vous l'avez dit vous-même vous avez essayé beaucoup de choses et finalement le constat la réalité c'est que pour l'insécurité malheureusement pour l'économie que ce soit nos finances ou le chômage alors que c'était l'un des défis de votre gouvernement et puis d'Emmanuel Macron aussi et c'est vrai qu'à un moment donné on avait l'impression qu'il allait gagner cette bataille on n'a pas réussi comment vous l'expliquez
ça ? je le redis je pense que le chômage a quand même significativement baissé on a effectivement aussi des progrès sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre on a mis beaucoup de moyens supplémentaires pour la transition sur la sécurité sur la sécurité et donc il faut aussi pouvoir agir dans la durée et je pense que c'est très important qu'on se préoccupe pas seulement de faire des annonces mais de suivre la mise en oeuvre très concrète sur le terrain pas de voter des lois en permanence mais de s'assurer que les textes d'application les décrets sont pris et qu'on suit attentivement les résultats qu'on peut proposer aux français
encore quelques questions
Elisabeth Borne j'aimerais connaître votre position sur ce qui se passe ce n'est pas anodin à Cannes vous savez les 600 signataires contre Vincent Bolloré qui ne veut plus travailler avec eux vous avez des réactions le maire de Cannes David Disnard qui accuse les signataires de mort de la main qui les nourrit ils auraient dû aller voir le film sur Jean Moulin dit-il vous avez Jean-Luc Mélenchon qui parle du censeur Bolloré qui veut démanteler les monopoles je rappelle que dans votre livre vous évoquez vous-même à ce qui concerne les médias la concentration des médias autres monopoles où est-ce que vous vous situez dans ce débat à Cannes ?
alors je ne veux pas forcément entrer dans le débat précisément qui se tient à Cannes je dis que la concentration des médias c'est un problème je dis que les réseaux sociaux et les manipulations d'informations c'est un problème que c'est important qu'on ait des médias variés qu'on ait un service public auquel moi je crois et je suis attaché de l'audiovisuel il faut démanteler les monopoles comme le dit Jean-Luc Mélenchon je ne crois pas qu'il y ait de monopoles aujourd'hui je pense que c'est important qu'on ait une diversité de médias d'information et qu'on ait aussi des règles qui s'appliquent sur les réseaux sociaux où c'est aujourd'hui disons-le la loi de la jungle qui s'impose sur les réseaux sociaux et les 600 signataires ils ont tort ou raison à vos yeux de critiquer la présence de l'appartenance de Canel Plus au groupe Bolloré ils ont raison ou ils ont tort ?
honnêtement je ne vais pas rentrer dans le débat entre ceux qui ont commencé par dire qu'ils ne voulaient ils ne voulaient plus programmer un certain nombre de personnes parce qu'elles avaient critiqué Bolloré ceux qui répondent que du coup ils boycottent Canel Plus donc je crois que ce n'est pas forcément un débat au niveau des enjeux d'avoir une information pluraliste d'avoir des médias qui peuvent délivrer des informations avec des points de vue différents ça me semble évidemment essentiel bon
donc ils n'ont pas tout à fait raison d'avoir rédigé cette pétition si je vous suis
je pense que chacun peut prendre ses responsabilités et aller dans les médias qui sont variés aujourd'hui oui
dernière question Elisabeth Borne pour vous ce matin sur Sud Radio c'est Laura qui nous appelle de Pau bonjour Laura
oui bonjour
bonjour madame allez-y votre question
oui les femmes ont longtemps été tenues loin de la vie politique pensez-vous aujourd'hui qu'elles ont trouvé toute leur place et que pensez-vous de la parité homme-femme aujourd'hui en politique et en France
alors je pense qu'on est loin du compte aujourd'hui vous savez madame on a des listes paritaires aux élections municipales par exemple mais je constate que parmi les maires il y a 80% d'hommes et puis vous aurez peut-être vu que pour les débats de la présidentielle ça ne choque aucun magazine d'avoir des unes dans lesquelles on vous présente uniquement des candidats hommes et dans toutes les instances qui se réunissent pour parler des prochaines échéances on peut noter qu'il n'y a que des hommes donc je pense que
Marine Le Pen qui pourrait être la présidente
et donc je crois qu'il y a encore du chemin à faire pour avoir une véritable parité en politique
oui mais ça dépend de vous aussi Elisabeth Borne par exemple dans votre camp Édouard Philippe comme Gabriel Attal y vont ils sont candidats vous vous hésitez
oui mais enfin vous voyez je pense que Yael Brun Pivet a eu l'occasion de le dire quand il y a des instances de coordination il n'y a aucune femme autour de la table donc je pense que ces messieurs seraient bien inspirés de remarquer que la moitié de l'humanité ce sont des femmes et qu'il faut leur donner leur place une femme présidente il serait temps non franchement je pense que ça serait une bonne chose pour notre pays alors ensuite on verra comment la campagne avance dans les prochains mois
si c'est Marine Le Pen c'est une bonne chose non je ne pense pas c'est pas n'importe quelle femme
merci en tout cas
Elisabeth Borne d'avoir répondu avec franchise à toutes les questions par Laura Laurent et Diane qui étaient avec nous et puis vous et à Jean-François qui lit je rappelle votre livre Réveillons-nous aux éditions Robert Laffont nous continuons vous pouvez réagir sur toute l'actualité comme par exemple évidemment on l'a évoqué Canal Plus est-ce que les professionnels du cinéma ont raison ou ont tort de tirer sur ceux qui ont parti les financer est-ce que vous estimez qu'une partie du cinéma français fait un mauvais procès à Canal Plus j'aimerais vous entendre
Élisabeth Borne