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interviewBFM TV (sur YouTube)· 7 mai 2026 18 min

Situation dans le détroit d’Ormuz: l'analyse d'Alice Rufo, ministre déléguée des Armées

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Alice Ruffaut. Bonjour.

Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des anciens combattants. Ce Charles de Gaulle, notre porte avion, a donc traversé le canal de Suez.

Il est en mer Rouge. Il va passer, semble-t-il, le passage de Babel Mendeb. C'est donc la direction d Pour le moment, il passe Suez et il est en mer Rouge.

C'est un prépositionnement. Ça veut dire quoi un prépositionnement ? Ça veut dire que jusqu'à maintenant, dans les dernières semaines, il était en Méditerranée orientale dans une mission de réassurance en particulier de nos alliés du sud de l'Europe et puis proche du Liban aussi, pour démontrer qu'on était là en solidarité avec nos alliés.

Le fait de passer le canal de Suez comme l'a décidé le Président de la République et d'aller en C'est vraiment à l'appui de la coalition qu'il a proposée pour la liberté de circulation maritime. Donc c'est un signalement très fort de notre disponibilité à agir pour que la liberté de circulation dans les trois alors Mousse puisse reprendre. Effectivement, on suit la route.

Il a donc passé ce canal de Suez. Dans la plus grande discrétion, on ne l'a appris qu'une fois que c'était fait, il y a, pour sortir de la mer Rouge, ce fameux passage de Bab el Mandem. Est-ce que vous redoutez ce passage ou est-ce que vous dites nous on passe comme on veut ?

Non, on n'a pas à redouter, on a plutôt fait une démonstration de puissance quand même dans les dernières semaines. La question n'est pas de craindre ou de ne pas craindre. La question est de savoir comment on s'en sort de cette situation qui, quand même, pèse beaucoup sur tout le monde, sur l'économie mondiale.

Donc, on ne peut pas faire que l'économie mondiale, finalement, soit laissée à la seule volonté. Et puis les prix à la pompe pour nos concitoyens soient laissés à la seule décision qui change beaucoup, on le voit aussi dans les derniers jours, des belligérants. Donc on doit à la fois porter une initiative, faire une proposition étayée par des moyens.

C'est le cas de vu Charles de Gaulle qui est un groupe, c'est-à-dire qu'il y a des frégates avec lui et des moyens très importants avec lui. Agréger autour de nous des volontés et puis aussi poser nos exigences aux belligérons. Poser nos exigences, on va y revenir une coalition avec qui on va y revenir aussi mais puisque vous mentionnez l'ensemble des bateaux qui accompagnent le Charles de Gaulle combien de bateaux ?

Combien de marins ? Combien de soldats Alors, le Charles de Gaulle a tout son équipage. C'est très important.

C'est plusieurs centaines. Il y a aussi des avions sur le porte-avions par définition. Et puis il y a beaucoup de moyens de surveillance.

J'ajoute qu'il est traditionnellement accompagné de frégates. Il y en avait plusieurs qui étaient déjà en mer Rouge et évidemment l'idée c'est d'agréger autour de nous parce que lorsqu'il était en Méditerranée orientale il était accompagné d'un certain nombre de frégates aussi européennes d'autres pays. Toutes les discussions que nous avons, bon après les éléments sont en cours, il y a des réunions de planification dans ces cas-là qui sont encore en cours dans la journée et qui doivent permettre d'agréger d'autres moyens, y compris d'autres pays européens.

L'Allemagne a fait quelques annonces concernant le déménage qui sont bien venu, chacun doit pouvoir jouer son rôle. Il y a d'autres pays qui ont des moyens comme par exemple l'Espagne, l'Italie et les Pays-Bas avec lesquels nous travaillons beaucoup à justement construire cette coalition, ces moyens qui permettront d'agir. Maintenant, pour agir, il faut que les exigences soient respectées et que les conditions soient réunies.

Les conditions, encore une fois je voudrais y revenir mais là vous commencez à mentionner les uns et les autres. Cette coalition, est-ce que ça veut dire qu'au fond notre Charles de Gaulle, montre la voie, si je puis me permettre ainsi, et va être suivi de ces autres bateaux ou soldats des autres pays. Est-ce que c'est ça l'objectif ?

Absolument. C'est-à-dire que c'est une démonstration de crédibilité de la coalition maritime qui a été construite. Je me rappelle que lorsqu'il y a eu la réunion Alizé, c'est quand même normal de poser le cadre politique et d'agréger autour de soi.

Et en fait, là, il s'agit de mise en œuvre, d d'exécution et de crédibilité de la démarche engagée. Maintenant, on n'est pas belligérant. On n'est pas belligérant, mais on subit.

Et toute la démarche qui est engagée ces derniers jours, c'est aussi de dissocier la question du détroit d'Hormuz de ce qu'on voit des négociations positives ou pas entre les Iraniens et les Américains. Et donc, cette question du détroit d'Hormuz, elle est d'intérêt commun parce qu'on voit les conséquences pour nous. Et donc, on a le devoir, vu la très grande gravité de la situation, de proposer une initiative crédible, qui soit à bonne distance des belligérants, parce qu'on ne participe pas à cette guerre, mais qui puisse permettre de manière crédible la libération du détroit.

Prendrons-nous la direction de cette coalition Nous avons le leadership, enfin en tout cas pris l'initiative en coordination avec les Britanniques. En coordination, mais nous avons le leadership de cette coalition. Aujourd'hui la France est aux avant-postes de cette Oui, parce que la France a des moyens, parce que le président de la République a eu la même stratégie depuis le départ, c'est-à-dire de dire nous ne sommes pas belligérants, nous voulons isoler la question du Détroit qui est quand même d'intérêt mondial.

Du des tensions et de la négociation, parce que c'est une priorité et que j'ajoute, pardon, c'est à la fois une exigence que nous posons aux billigérants, mais aussi une proposition que nous leur faisons. Il n'y a besoin que de temps pour la négociation et cette négociation doit doit se faire dans un contexte où l'économie mondiale n'est pas paralysée. Parce que ça pèse sur tout le monde, ça pèse sur l'Iran, ça pèse sur les Etats-Unis, ça pèse évidemment sur l'Europe, sur l'Asie, sur le monde entier.

Au moment où l'on se parle, ce détroit à Dormouz, il est toujours bloqué, Concrètement, un navire a été attaqué hier. Il appartient à l'armateur CMACGM, qui est également propriétaire de BFMTV et d'RMC, sous pavillon panaméen, mais aussi sous ascorte américaine, à quoi sert l'escorte ? Je ne sais pas.

Honnêtement, je ne peux pas. Il faut voir avec la compagnie, je ne sais pas jusqu'à quel point il y avait une escorte matérialisée américaine. Ce que je sais, c'est que le président Trump avait annoncé une initiative d'escorte qui a finalement été abandonnée, donc on voit bien quand même que la situation n'est pas claire ce que ça montre cet épisode pour un bateau...

C'est pas la France je crois que le président de la République l'a redit il y a quelques C'est important pour vous de mentionner que ce n'est pas la France qui a été visée ? Oui, c'est important parce qu'en fait...

C'est une propriété d'une entreprise française mais ce n'est pas la France. Mais ça n'en est pas moins grave, si je puis me permettre. Ce que ça démontre, c'est que la situation est extrêmement grave extrêmement tendue, qu'il n'y a pas de solution évidente et qu'il faut bien...

Si vous prenez le temps, je voudrais quand même bien préciser les choses et je voudrais qu'on comprenne ce qu'il y a derrière cette phrase. Quand vous dites, et quand vous redites ce matin ce qu'Emmanuel Macron a dit hier en Conseil des ministres et a voulu faire savoir par la voix de la porte-parole du gouvernement hier, la France n'est pas visée. C'est aussi pour dire que ce n'est pas une déclaration de guerre.

Ça ne nous entraîne pas dans la guerre. C'est ça que vous avez en tête. Exactement.

Et d'ailleurs, la question est posée depuis le début. Je crois en ces termes, c'est pour ça qu'on répète qu'on est dans une position défensive, qu'on n'est pas belligérant. Je rappelle quand même la gravité de la situation sur le plan militaire.

On a aussi des soldats qui sont tombés dans la région. Donc il faut vraiment dire la vérité. La vérité, c'est qu'on n'est pas belligérants.

Et le fait de ne pas être belligérants, ça nous permet d'agir. On n'est pas belligérants, mais est-ce qu'on n'est pas en train de devenir lâches ? C'est-à-dire que vous dites, il y a des soldats qui sont tombés, on s'en désole et plus que sans désoler, on souffre et en même temps, il n'y a pas de conséquences ?

En fait, il y a des conséquences sujet par sujet. Si je puis me permettre, pour ce qui concerne le Liban, il y a eu une enquête qui a été demandée de manière extrêmement ferme. En Irak, le président a aussi eu des conversations sur ce sujet.

Mais au-delà de...

Si vous voulez, on voit bien ce que donnent des méthodes qui peuvent être un peu brutales en diplomatie. Je ne crois pas, moi, que le fait d'avoir une posture diplomatique soit lâche ou faible. Je ne crois pas.

Par contre, je pense que la diplomatie doit être armée de moyens crédibles pour porter crédiblement une position. Et je pense que c'est ça qu'on réussit à faire. C'est-à-dire qu'on a toujours dit que cette guerre n'est pas la nôtre, mais on en subit les conséquences.

Donc si on regarde nos concitoyens et qu'on dit « c'est pas la nôtre » et puis on ne fait rien, je comprends qu'on puisse nous le reprocher. Mais là, on ne fait pas rien. Puisque le porte-avions passe le détroit d'Hormuz et puisque nous avons une initiative...

Enfin, le porte-avions ne passe pas le détroit d'Hormuz. Le pardon, excusez-moi. Le détroit de Babelan.

Non, non, le canal de Suez, pardon. Mais il Je suis désolée. Et il va passer ce détroit de l'appel.

Mais ce que je veux dire par là, c'est que notre initiative d'abord, elle est soutenue par de nombreux pays qui ne sont pas belligérants, qui subissent les conséquences. Donc on a réussi à agréger autour de on a aussi des moyens militaires. Ça sert à quelque chose d'avoir investi dans la défense aussi.

C'est important et c'est évidemment un message que vous faites passer aussi aux députés, aux élus, parce que la question du budget de l'armée est à nouveau comme chaque année en discussion et qu'il continue à augmenter. Alice Truffaut on le disait, ce navire qui a été attaqué hier, l'arrivée de notre porte-avions, est-ce qu'on aura vocation à escorter d'éventuels bateaux pour leur permettre de sortir aussi par le détroit d'Hormuz ou même d'y rentrer ? Est-ce que notre vocation sera d'escorter ?

Est-ce qu'on aura ce rôle-là très concrètement Oui, on sait que pour sécuriser le trafic maritime, il faut redonner de la confiance aux armateurs et aussi aux compagnies d'assurance parce qu'il faut bien passer. Donc il y a les questions de mines et de déménage. Il y a plusieurs actions à mener et il y a évidemment des questions de sécurisation des transits.

Maintenant, là au stade où on en est maintenant, au fond ce qu'on dit à l'Iran c'est vous avez besoin de passer. C'est aussi dans l intérêt de l'Iran que le trafic puisse reprendre. Et vous devez pour ça donner des gages crédibles aux Américains que vous êtes prêts à vous engager dans une négociation sérieuse.

Et aux Américains ont dit séparer la question du détroit d'Hormuz, du reste de la négociation. Et nous sommes prêts à prendre nos responsabilités pour permettre sans être belligérant de sécuriser le trafic. Que vous répondent-ils ?

Je trouve en tout Dans les contacts qu'on a eu ces derniers jours à tous les niveaux et le président de la République a eu des échanges aussi avec le président iranien et avec le président Trump, notre voix est entendue. Est-ce que cette coalition est soutenue aussi par les Etats-Unis ? Ou est-ce qu'elle doit être totalement indépendante Je pense que cette coalition doit être indépendante parce que c'est la condition de son efficacité.

Parce qu'au fond, le fait de ne pas être belligérant nous permet de porter un message aux belligérants qui soit à la fois une proposition crédible et en même temps des exigences crédibles. Vous dites « nous ne sommes pas belligérants » et on le comprend bien, c'est une phrase importante pour vous, vous devez poser cette limite. Mais je voudrais qu'on imagine le scénario, c'est-à-dire qu'au fond, une fois que le porte avion sera arrivé à proximité, si effectivement cette coalition entre en action et que l'on participe à la fluidité et à l'ouverture en quelque sorte de ce détroit d'Hormouz, il y aura comme vous le dites, une manière d'escorter les navires.

Si l'un de ces navires est attaqué, comme ça a été le cas hier, un missile iranien qui prendrait pour cible un navire, on rentrerait clairement en action. Vous savez, le droit international est une bonne boussole. En droit international, les détroits doivent être libres de passage et en droit international, un navire attaqué par définition se défend.

La coalition qu'on propose, c'est vraiment une coalition de pays capables et volontaires...

Ce que je veux dire, c'est que concrètement si ce missile arrive, on répliquera ? De toute façon, un moyen...

Enfin là, on est vraiment dans un...

Je ne veux pas faire des scénarios qui qui ne sont pas sur la table aujourd'hui. Mais de toute façon, évidemment que les moyens français se défendent et puis défendent aussi les moyens civils quand ils sont à proximité. C'est littéralement la Convention sur le droit de la mer, ce que je vous dis.

Mais il y a une différence entre utiliser des moyens militaires pour permettre de porter de manière crédible une solution parce que la crise est grave. Vous espérez que notre présence, notre démonstration de force...

Il faudra un accord des belligérants. Il faudra un accord des belligérants sur les conditions et sur les exigences que nous portons. Ce que nous démontrons, c'est que nous sommes capables d'agir et que nous sommes volontaires pour agir.

En fait, ce que vous êtes en train de nous dire ce matin, Alice Ruffeau, c'est qu'au fond, notre présence militaire sera prête. Il n'y aura plus qu'à appuyer sur le bouton, si je puis me permettre. On s'approche pour pouvoir, le cas échéant, si véritablement les deux parties se mettent d d'accord, être entré en action.

Absolument, c'est-à-dire qu'il faut pouvoir peser. Parce que moi j'entends ce que vous disiez tout à l'heure. On dit, alors voilà cette guerre nous ne l'avons pas choisie, et puis il y a des conséquences pour tout le monde.

Bon, ben il faut Il faut agir, voilà. Et donc, agir, ça ne veut pas dire rentrer dans la guerre. Ça veut dire se mettre en mesure d'eux.

Et ça veut dire être clair sur la ligne. Depuis le début quand même, depuis le début, le président de la République, la France et ses partenaires ont été C'est extrêmement clair. La boussole, c'est le respect du droit international, c'est la reprise des négociations, c'est la fin des hostilités et c'est surtout là aujourd'hui tenir compte du fait que le Détroit doit être rouvert et qu'il faut séparer ce sujet des autres.

Vous séparer ce sujet des autres, mais il y a une question évidemment qui est aussi celle de l'accès ou non de l'Iran à la bombe atomique. Selon l'agence Reuters, qui a eu accès à des documents du renseignement américain, l'Iran ne serait qu'à 12 mois de la bombe atomique. Est-ce qu'on peut véritablement se dire qu'une négociation dans ces conditions -là est possible ?

Non seulement elle est possible, mais en plus elle est nécessaire. Et on y participera à celle-là ? Je crois que la France a suffisamment d'expertise sur le dossier nucléaire iranien pour savoir en tout cas qu'une négociation comme celle-là mérite du temps et du calme dans la durée.

D'où aussi l'initiative qu'on porte ? Je veux dire, c'est pas simplement on sépare le détroit d'Ormuz du reste et et on ne s'occupe pas du reste, ce n'est pas ça. C'est juste qu'il faut donner, créer les conditions d'une négociation valable.

Les Émirats Arabes Unis ont été visés par plusieurs missiles, on a des accords de défense avec eux, est-ce qu'on a participé à leur défense ? Oui, nous avons participé à la défense du ciel des Émirats y compris avec des moyens aériens ça fait partie des clauses que nous avons dans nos partenariats de sécurité avec les pays du Golfe de manière permanente pas sur un événement particulier mais je profite de cette occasion pour condamner évidemment les frappes complètement inacceptables qui ont eu lieu sur les infrastructures aux Émirats on voit bien que cette guerre elle a des conséquences pour nos partenaires et en fait la France fait quand même œuvre de crédibilité, de prévisibilité. Quand on a le droit international, quand on le respecte...

Et quand ils nous demandent, quand les Émirats Arabes Unis nous demandent de les défendre, nous sommes au rendez-vous. Nous sommes au rendez-vous, nous sommes crédibles avec des moyens militaires, enfin je veux dire on a une stratégie diplomatique qui est très claire, qui est celle du respect international et de permettre la reprise de la liberté de circulation maritime et d'assurer la sécurité de nos ressortissants et de nos partenaires de la région. Et on met nos moyens militaires à l appui de ces stratégies.

Je rappelle pour ceux qui nous écoutent Alice Ruffaut que vous êtes la ministre déléguée aux armées, l'enquête sur la mort de nos deux soldats tombés dans le cadre de la finule dans le sud du Liban Est-ce qu'elle avance et est-ce que vous en avez un début de conclusion ? Oui, les choses avancent. Le gouvernement libanais a pris vraiment des engagements en la matière.

Nous on a évidemment une exigence forte sur ce sujet. Et j'ajoute que les Nations Unies l'ont aussi. Parce qu'il ne peut pas y avoir d'impunité quand on vise un soldat de maintien de la paix.

Pour l'instant, je n'ai pas d'éléments nouveaux à vous apporter. Le président avait parlé d'éventuels crimes de guerre de toute façon de fait cibler des soldats de maintien de la paix vous ne pouvez pas ignorer que ce sont des soldats de maintien de la paix quand ils sont sur le terrain et qu'en plus quand ils font une mission de ravitaillement en l'espèce d'un poste à un autre de la Il est confirmé que c'est le Hezbollah ? C'est toute évidence une action du Hezbollah.

Demain, c'est le 8 mai, vous accueillerez des vétérans ukrainiens qui viennent d'arriver sur sur le sol français. Est-ce que ça veut dire que cet autre front est toujours un front sur lequel nous sommes nous-mêmes le plus actifs possible ? Il y a évidemment les aides européennes.

Quelle est la position de la France ? Est-ce qu'on continue à aider Oui, on continue à aider l'Ukraine. D'ailleurs, en fait, on voit les conséquences de la déconstruction du cadre international établi précisément après 1945.

Bon, ce cadre quand même, il nous a permis la paix. Donc il ne faut pas lâcher sur les principes du droit international et le fait qu'il y ait des règles. Il ne faut pas lâcher parce qu'on voit bien que quand il n'y a plus de règles, et quand on ne sait pas les défendre, et quand on ne met pas les moyens pour les défendre, ça pèse sur tout et sur la sécurité.

Donc oui, on défend le droit international en Ukraine, comme on le défend, ailleurs dans le monde. Il n'y a pas de double standard en matière de respect du droit international. Et une dernière question, la finule, pardon, mais officiellement, c'est terminé à Noël prochain.

Est-ce que nous prolongerons ? Est-ce que d'une manière ou d'une autre, même si le cadre de la finule lui-même n'aura plus de matérialité juridique ? Est-ce que nous prolongerons notre présence au Liban sous une autre forme ?

Nous avons dit oui aux autorités libanaises. Notre disponibilité a continué d'agir à l'appui des forces armées libanaises, dans le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Liban. Je sais que les autorités libanaises souhaitent un cadre international et c'est parfaitement respectable.

Et nous y travaillons dès maintenant parce que c'est bien ça qu'il faut préparer pour la suite. Nous resterons et presque aussi nombreux ou peut-être même aussi nombreux. Les modalités doivent être définies mais nous sommes tout à fait disponibles pour appuyer les autorités libanaises pour le désarbement du Hezbollah et dans le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Liban.

Merci beaucoup Alice Ruffo d'avoir répondu à mes questions ce matin.