Enfants et écrans : faut-il interdire ou éduquer ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 41 %Attaque 32 %Défensif 28 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:27OuverteRéponse directe
Témoignage ou question ?
- 4:33RelanceRéponse directe
Contradictoire l'attitude de l'éducation nationale vis-à-vis des écrans ?
- 8:49OuverteRéponse directe
Quelle est votre question ?
- 9:48OuverteRéponse directe
En CM2, il y a déjà une grosse demande avant la sixième pour avoir un téléphone portable et un smartphone ?
- 11:56OuverteRéponse directe
Que se passe-t-il dans le cerveau de l'adulte lorsqu'il devient un spectateur passif d'informations qui s'enchaînent à toute allure et sans fin ?
- 14:09ComplaisanteRéponse directe
Vous souhaitiez réagir Sylvie Diozica ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39PrésentateurFait
« D'ailleurs, 5 sociétés savantes affirment désormais qu'il faut proscrire les écrans avant 6 ans et non plus 3 comme c'est la règle depuis quelques années. »
- 4:40InvitéFait
« Oui, d'une certaine manière, c'est quelque chose qu'on entend de manière très régulière de la part des parents qui sont mis en porte-à-faux. »
- 5:00InvitéFait
« Après, il y a une question d'à quel moment on fait rentrer le numérique, parce que le numérique est quand même une réalité de nos sociétés, c'est le moins qu'on puisse dire. »
- 6:27InvitéFait
« On n'a pas du tout évalué ce qu'on fait, quand même. On a mis tous ces écrans dans les écoles sans aucune évaluation, à savoir si c'était supérieur et qu'il y avait un intérêt pour l'enfant. »
- 7:05InvitéFait
« Oui, elle est contradictoire et elle est contradictoire aussi par le fait quand même que trop d'enfants sont mis devant un écran à la pause méridienne. »
- 7:26InvitéFait
« D'ailleurs, les experts réunis dans le cadre de la commission réunis par M. Macron ont dit qu'il faudrait limiter l'accès des élèves à Pronote. »
- 7:50InvitéFait
« Beaucoup trop d'enfants dorment avec leur smartphone comme ils dormaient plus petits avec leur doudou. »
- 8:28InvitéFait
« Il aurait fallu que la moitié du budget soit consacrée à la formation des enseignants et l'autre moitié au matériel. Malheureusement, il n'y a eu que le matériel. »
- 14:53InvitéFait
« Moi, je pense que c'est déjà extrêmement important que nos politiques se posent la question, qu'ils tirent une sonnette d'alarme. »
- 15:10InvitéFait
« On sait actuellement qu'il y a des effets délétères très importants. Donc, en particulier sur TikTok ou sur d'autres réseaux sociaux, on a des tendances qui poussent les jeunes femmes mineures ou majeures mais jeunes adultes à s'affamer, à faire des régimes drastiques. »
- 17:17InvitéFait
« Il n'y a pratiquement plus d'endroits dans lesquels les ados, les pré-ados peuvent se retrouver en présence physique. »
- 23:20InvitéFait
« C'est la technopérence. Le fait que quand les parents interagissent avec l'enfant, ils interposent le smartphone entre l'enfant et eux. »
- 24:32InvitéFait
« Il faut quand même faire une différence entre les écrans accompagnés et les écrans non accompagnés. »
- 26:12InvitéFait
« Il n'y a rien d'éducatif avant 6 ans, que si on regarde un bon film accompagné de son parent, bien évidemment qu'on aura un intérêt. »
- 30:16InvitéFait
« c'est quatre pas qu'on retrouve sur le collectif »
- 32:50InvitéFait
« j'avais autorisé les smartphones pour le voyage »
- 32:54InvitéFait
« ils devaient les donner, ils ne les avaient plus pendant 10 jours »
- 33:36InvitéFait
« la question c'est quand même de développer ce regard critique chez nos enfants, ce qui est clé »
- 34:12InvitéFait
« qu'est-ce qu'on va leur proposer d'autre, il suffit pas d'alerter les parents sur le fait que les écrans sont problématiques »
- 34:25InvitéFait
« tout le monde sait bien qu'entre ce qu'on dit et ce qu'on fait il y a une grande différence »
- 34:35InvitéFait
« moi je milite pour que les cours de récréation et les gymnases des écoles soient ouverts le week-end aux enfants »
- 35:32InvitéFait
« les enfants sont addicts parce que les enfants se sont retrouvés pris dans cette captologie qui est encore une fois faite pour les capter »
- 35:44InvitéFait
« il faut leur redire sans cesse et donc s'ils jouent avec eux l'enfant reprend et sort de sa bulle »
- 36:04InvitéFait
« l'écran ne convient pas à l'enfant de moins de 6 ans et qu'il faut arrêter de lui proposer »
Temps de parole
- Présentateur23 %
- Invité20 %
- Invité 219 %
- Invité 313 %
- Invité 48 %
- Auditeur5 %
- Auditeur 24 %
- Auditeur 34 %
- Auditeur 42 %
≈ 3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et au téléphone sonne ce soir, les écrans et autres smartphones sont-ils en train de tuer notre jeunesse à petit feu ? C'est ce qu'affirment Gabriel Attal et le pédopsychiatre Marcel Ruffeau dans une tribune publiée cette semaine. Ils prônent donc en réaction de nombreuses mesures d'interdiction, un état d'urgence contre les écrans, un couvre-feu numérique. Le champ lexical est guerrier car l'ennemi numérique est accusé d'intoxiquer notre jeunesse. D'ailleurs, 5 sociétés savantes affirment désormais qu'il faut proscrire les écrans avant 6 ans et non plus 3 comme c'est la règle depuis quelques années.
Nous verrons ce soir avec nos invités quelles pistes ils proposent dans leur domaine respectif pour que les enfants et les ados contrôlent un peu mieux les effets néfastes de cette nébuleuse numérique. Notez que tous ces efforts resteront 20 sans le soutien appuyé des parents et on verra que dans ce domaine-là non plus n'est pas gagné. Faut-il interdire les écrans ou bien éduquer au numérique ? Faites-nous part de vos témoignages. Le téléphone va sonner jusqu'à 20h.
Le téléphone sonne 0145 24 7000
Avec une première auditrice en ligne, Mélanie. Bonsoir. Bonsoir. Témoignage ou question ?
Alors, un témoignage.
Allez-y, vous êtes à l'antenne.
Eh bien, je suis maman d'une enfant à l'école primaire et d'un collégien de 15 ans. Et avec son papa, nous essayons de maîtriser le recours aux écrans pour qu'il ne soit pas systématiquement la source de toutes les occupations. Mais je suis depuis quelques années un peu agacée par le double discours tenu par l'éducation nationale. D'un côté, des injonctions « attention aux écrans », « attirez vos enfants vers autre chose », « stimulez-les avec autre chose », ce que je conçois très très bien, évidemment. Et en parallèle, nous sommes sommés d'installer des applications d'organisation du type Pronote ou des tas d'applications pédagogiques. Même à l'école primaire, on nous l'a proposé.
Donc, on voit régulièrement aussi des recours à des vidéos YouTube. En guise de devoirs à la maison, accompagnés certes de questions après, mais tout de même, on se pose beaucoup de questions. Donc, que fait un collégien, même en étant tout à fait honnête, quand il rentre des cours après le collège ? Il doit absolument consulter Pronote pour avoir ses devoirs sur son téléphone. Évidemment, soyons pas naïfs, il ne reste pas sur Pronote, c'est évident. Nous, on le ferait même pas. Donc, ce que je voudrais dire, c'est que nous, parents, on a besoin qu'éducation nationale soit un peu cohérente dans son discours, parce que c'est compliqué, c'est compliqué d'osciller entre ces deux propos.
Et je pense qu'à l'école primaire et au collège, on peut encore relativement bien se passer des supports numériques systématiques.
Merci beaucoup de ce témoignage très intéressant. Je vais le soumettre à nos invités. Ils sont trois ce soir pour vous répondre. Sylvie Dieu, Osika, vous êtes pédiatre à l'hôpital de Bondy, en Seine-Saint-Denis. Et l'autrice du livre « L'enfant écran, comment échapper à la pandémie numérique » paru récemment chez Grasset. Vous êtes aussi membre du collectif Cause sur la surexposition des enfants aux écrans. Gilles Vernet, vous êtes conférencier enseignant en CM2, membre de l'association « Éducation numérique responsable ». Vous êtes aussi réalisateur du film « Et si on levait les yeux », pardon, j'ai dit une bêtise ? « Éducation numérique raisonnée ».
« Raisonnée », je vais rajouter le « Raisonnée ». « Et si on levait les yeux », c'est le film que vous avez réalisé, « Une classe face aux écrans ». C'est devenu aussi un livre, je crois. « Et si on levait les yeux », paru l'an dernier chez Vuibert. Et puis Serge Tisseron, psychiatre, docteur en psychologie, créateur des repères 3-6-9-12 dès 2008. 3-6-9-12+, qui a donné ce livre l'an dernier intitulé « Apprivoiser les écrans et grandir ». C'est aux éditions RS et puis nous passerons un coup de fil tout à l'heure à Sylvie Chaucron, qui est neuropsychologue et directrice de recherche au CNRS. On a entendu cette première auditrice nous mettre en pleine figure ces injonctions contradictoires.
Je vais me tourner vers vous, Gilles Vernet. Je rappelle que vous êtes non seulement conférencier, mais aussi enseignant en CM2, membre de l'éducation numérique responsable raisonnée. Je n'ai pas oublié de raisonner cette fois-ci. Contradictoire l'attitude de l'éducation nationale vis-à-vis des écrans ?
Oui, d'une certaine manière, c'est quelque chose qu'on entend de manière très régulière de la part des parents qui sont mis en porte-à-faux, puisque l'enfant va sans arrêt dire « Est-ce que je peux aller consulter ? » J'ai besoin d'aller consulter pour l'école, pour après volontiers dévier, d'autant plus que, comme c'est dit, ces outils, il y a plein de choses qui sont très bien faites, avec de la couleur pour attirer l'œil et faire dévier l'enfant. Après, il y a une question d'à quel moment on fait rentrer le numérique, parce que le numérique est quand même une réalité de nos sociétés, c'est le moins qu'on puisse dire.
Autant, je pense qu'à l'école, c'est relativement inutile, même si on a les outils pour, on a la classe numérique qui permet de communiquer éventuellement avec les parents. Moi, j'avoue très honnêtement que je passe par le bon vieux cahier de texte, parce que je pense que dans un premier temps, c'est vraiment l'ancrage du texte physique qui est important pour l'enfant. Après, au collège, d'une certaine manière, il paraît logique, selon moi, de faire rentrer le numérique, mais avec des règles.
Il y a des professeurs qui peuvent envoyer des devoirs trop tard, il y a des professeurs qui peuvent donner des notes, mettre des notes à 10 heures du soir, ce qui fait que l'enfant veut rafraîchir pour savoir s'il n'a pas gagné une place ou autre, ce qui crée une addiction, etc. Dernière chose, un point important, plutôt que d'offrir un portable pour pouvoir se connecter à ProNotes ou École Directe. C'est mieux l'ordinateur portable personnel. Le smartphone est vraiment un fil à la patte que l'enfant va garder en permanence sur lui, avec une addiction d'autant plus démultipliée qu'elle l'a tout le temps sur lui. L'avantage du portable, la tablette,
c'est qu'il y a une très... Voilà, de l'ordinateur portable. C'est qu'on s'assied devant et qu'on est un peu plus concentré et que c'est pas... Vous souhaiteriez réagir, Dr. Sylvie Diozica ?
On n'a pas du tout évalué ce qu'on fait, quand même. On a mis tous ces écrans dans les écoles sans aucune évaluation, à savoir si c'était supérieur et qu'il y avait un intérêt pour l'enfant. Et il y a un autre point sur lequel l'éducation nationale devrait s'inquiéter, c'est l'effet sur la vision, qui, à l'avenir, pourrait poser problème dans un usage trop important.
Les ophtalmaux ont de l'avenir.
Eh bien oui, mais les enfants, leur avenir peut être compromis. C'est un point sur l'école.
Serge Tisseron, en tant que psychiatre, ça fait plus de 20 ans que vous travaillez sur ces questions d'écran et leurs conséquences sur les plus jeunes. Je rappelle que vous êtes le créateur des repères 3, 6, 9, 12 ans. L'éducation nationale est vraiment contradictoire concernant les tablettes ?
Oui, elle est contradictoire et elle est contradictoire aussi par le fait quand même que trop d'enfants sont mis devant un écran à la pause méridienne. Et ça aussi, c'est un problème grave alors que la pause méridienne va être consacrée à des activités éducatives, des activités de jeux collectifs, des activités sportives. Voilà. Alors, s'agissant de Pronote, c'est sûr qu'il y a un énorme problème. D'ailleurs, les experts réunis dans le cadre de la commission réunis par M. Macron ont dit qu'il faudrait limiter l'accès des élèves à Pronote. Alors, sur ce qui concerne l'utilisation d'un ordinateur portable plutôt que d'un smartphone, je suis bien sûr tout à fait d'accord avec Gilles Vernet.
Le gros problème, c'est que le smartphone donne accès à l'enfant à Internet en tout lieu, à tout moment. Beaucoup trop d'enfants dorment avec leur smartphone comme ils dormaient plus petits avec leur doudou. Et évidemment, ils peuvent être tentés de joindre des camarades voire de regarder des programmes illicites, voire de répondre à des appels et du coup perdre en sommeil. Alors, on sait que c'est tellement important. Donc, c'est vrai qu'il y a des injonctions contradictoires.
Et c'est vrai aussi que, malheureusement, même si l'utilisation des écrans peut être utile dans certaines disciplines, par exemple les langues étrangères, eh bien, il n'empêche qu'il n'y a pas vraiment eu d'expérimentation, que les choses ont été balancées, beaucoup trop vite, beaucoup trop brutalement. Il aurait fallu que la moitié du budget soit consacrée à la formation des enseignants et l'autre moitié au matériel. Malheureusement, il n'y a eu que le matériel. Et aussi la formation des parents et l'information des parents la plus précoce possible qui n'est pas faite.
On va y venir. Au rôle des parents, justement, nous avons Julie qui est en ligne. Bonsoir Julie.
Bonsoir.
Quelle est votre question ?
Alors nous, notre aînée va entrer au collège l'année prochaine et on ne souhaite pas qu'elle ait de smartphone parce qu'on pense qu'elle n'a pas du tout l'âge justement pour se retrouver toute seule, livrée avec tous les contenus à Internet qui sont possibles. Mais c'est très difficile pour les parents parce que du coup, ma fille a très peur de se retrouver la seule de sa classe à ne pas avoir de smartphone l'année prochaine en sixième, ce qui est fort probable. Et du coup, c'est compliqué. On ne souhaite pas que son enfant soit exclu et en même temps, on ne veut pas qu'elle en ait un. Et c'est vrai qu'on n'a pas vraiment de consignes claires sur la conduite à tenir en tant que parent.
Donc voilà, c'est assez compliqué même quand on est comme nous convaincu qu'à 11 ans, 12 ans, les enfants ne devraient pas avoir un smartphone.
Merci de cette question qui va revenir souvent. Et c'est notamment sur l'entrée en sixième que ça se passe. Gilles Vernet, je rappelle que vous êtes un stit, enseignant, professeur des écoles en CM2. En CM2, il y a déjà une grosse demande avant la sixième pour avoir un téléphone portable et un smartphone ?
Oui, dans mon film, il y avait un élève qui disait avant quand tu avais un téléphone à 13 ans, c'était magnifique. Maintenant, quand tu as à 9 ans, à 9 ans, c'est normal. Et on a peut-être la moitié de nos élèves qui sont déjà équipés. Il faut quand même préciser la question du contrôle parental. Il y a quand même la possibilité et l'obligation même de mettre, quand on donne un portable à un enfant, un smartphone, de mettre en place le contrôle parental nécessaire pour éviter le pire. C'est pas fait. C'est pas fait. Pour répondre à cette question qui est très importante, il s'agit de fédérer d'autres parents.
Essayez, madame, de parler à des parents, des amis de votre enfant pour voir avec eux les convaincre de la réalité, de l'intérêt de ne pas avoir de smartphone. Et quand ils sont plusieurs, ils vont même pouvoir en éprouver une forme de fierté. Et puis dernière chose, c'est véritablement, si on voit tous ces enfants, c'est comme la cigarette, les enfants qui sont obligés parce que les autres fument à la sortie de fumer. On ne va pas se dire « Oh bah oui, il faut qu'ils fument ». Il y a une dimension addictive à ces objets et en prémunir son enfant jusqu'à un âge avancé, peut-être 14 ans, 13-14 ans au moins, peut être fort utile quand même. Docteur Sylvidio Zika ?
Oui, moi je propose une chose assez simple qui est faite dans certains collègues. de mon département et qui donne de très bons résultats et ça pourrait être une idée pour les décideurs politiques, c'est d'offrir un Nokia non plus maintenant, je fais une pub, mais je n'ai pas d'intérêt particulier, non pas en sixième comme vous le disiez, mais dès le CM1 par exemple, pour pouvoir appeler ses parents, envoyer des SMS et c'est ce dont les enfants ont besoin et les parents ont besoin. Et comme d'habitude, si tout le monde a la même chose, il n'y a plus de problème.
Bonsoir Sylvie Chocron. Bonsoir. Vous êtes neuropsychologue, directrice de recherche au CNRS. Votre dernier livre paru cette année s'intitule Plonger dans votre cerveau aux éditions presse de la cité. On va parler des addictions. Que se passe-t-il ? On va commencer par l'adulte peut-être. Que se passe-t-il dans le cerveau de l'adulte lorsqu'il devient un spectateur passif d'informations qui s'enchaînent à toute allure et sans fin ?
Alors, que se passe-t-il ou qu'est-ce qu'il ne se passe pas justement ? En fait, effectivement, quand vous êtes sur un réseau ou sur une application type TikTok, pour ne pas la nommer, vous êtes, comme vous l'avez dit, véritablement passif et donc vous êtes complètement captif de ce qui arrive. Il n'y a plus aucune capacité de choisir, d'arrêter et ni même de réfléchir, d'exercer son jugement critique, de mémoriser.
Donc, en fait, c'est un circuit très court dans le cerveau qui va vraiment de la détection visuelle, la reconnaissance visuelle pour voir ce qu'il y a sur l'écran, un petit peu d'émotions de base, vraiment de base, donc la joie, la peur, la colère, le dégoût, vraiment des émotions de base, et puis, il n'y a pas de place pour exercer toutes les capacités les plus élaborées.
Et donc, finalement, on le rappelle toujours parce que c'est un point important, quand vous êtes sur votre téléphone ou que ce soit un enfant ou un adulte ou quand vous êtes captif comme ça, il y a ce que votre cerveau ne fait pas pendant que vous êtes captif et puis il y a toutes ces tâches que vous ne développez pas et qui vont vous servir vraiment dans l'ensemble de votre vie mentale. On a besoin d'apprendre à se contrôler, on a besoin d'apprendre à choisir, on a besoin d'apprendre à inhiber quelque chose, à refuser quelque chose et l'utilisation de ces outils finalement empêche le développement de ces capacités qui deviennent matures uniquement vers 18-20 ans.
Donc c'est dire en fait de l'enfance jusqu'à 18-20 ans vous n'exercez pas ces capacités et vous avez un risque de ne pas pouvoir vous en servir même dans d'autres domaines.
Donc le rythme effréné de vidéos courtes est subi souvent, ça génère donc des émotions simples qui nous privent de nos jugements critiques. Vous souhaitiez réagir Sylvie Diozica ?
Oui, c'est ce que j'ai créé avec mon mari pédiatre également, l'enfant écran comment échapper à la pandémie numérique, ce que vous dites s'appliquent aux tout-petits. Il faut vraiment penser à ces tout-petits qui se retrouvent sur des vidéos totalement inadaptées qui saturent leur cerveau, qui les empêchent totalement d'apprendre ce qui est autour d'eux et qui les hypnotisent totalement. Et ça arrive à de nombreux enfants et c'est ce qu'on combat et c'est pourquoi il est nécessaire de protéger les enfants parce que ça ne convient pas effectivement au moins de 6 ans et encore moins au moins de 3 ans.
Sylvie Chocron, avant de vous libérer, une dernière question. L'Assemblée nationale a approuvé il y a quelques semaines la création d'une commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs. Vous en attendez quoi ?
Moi, je pense que c'est déjà extrêmement important que nos politiques se posent la question, qu'ils tirent une sonnette d'alarme. Effectivement, on sait actuellement qu'il y a des effets délétères très importants. Donc, en particulier sur TikTok ou sur d'autres réseaux sociaux, on a des tendances qui poussent les jeunes femmes mineures ou majeures mais jeunes adultes à s'affamer, à faire des régimes drastiques. On sait à quel point la santé mentale est menacée par l'utilisation des réseaux sociaux. Donc, moi, j'attends une vraie prise de conscience et des mesures parce qu'on parle d'interdire effectivement les écrans avant 6 ans ou de réglementer pour les mineurs.
mais c'est un problème de santé publique qui inclut évidemment aussi les parents et les adultes de manière générale. Donc, moi, je pense que c'est un vrai problème de santé publique. Je suis ravie que les politiques s'en emparent et j'attends que tout le monde collabore, chercheurs, cliniciens, politiques, enseignants et qu'on puisse avoir des mesures effectives et utiles.
Merci beaucoup, Sylvie Chaucron. Je rappelle le titre de votre dernier livre paru cette année. Il s'intitule « Plonger dans votre cerveau », le livre parait aux éditions Presse de la Cité. Serge Tisseron, vous souhaitiez réagir lorsque l'on disait avec le professeur Chaucron que finalement, ces vidéos courtes et un peu effrénées, ça favorise nos basses émotions, en tout cas, nos émotions simples au détriment de notre jugement critique ?
Oui, alors ça, c'est absolument certain. En revanche, il ne faut pas oublier quand même qu'il n'y a pas que TikTok et que d'autre part, sur TikTok, il y a d'autres usages possibles. C'est certain que TikTok tente à fidéliser les usagers, que c'est très difficile de sortir de ces boucles lorsqu'on commence à s'y accrocher. En même temps, certains enfants décrivent qu'ils sont tellement inquiets que ça crée chez eux une atmosphère plutôt rassurante. Ils sont certains de trouver là des vidéos qui correspondent à leur goût et qui les apaisent.
Et d'autre part, il ne faut pas oublier quand même que si TikTok est dans le collimateur, il y a aussi Snapchat, il y a aussi Instagram et que les jeunes font beaucoup d'activités diversifiées. Il y en a même qui vont s'informer et qui vont lire des articles de journaux sur ces plateformes. Il y en a qui vont se retrouver. Il y en a qui... Parce que vous savez, les ados, ils sont accros à leurs potes. Et le grand problème qu'on n'a pas encore évoqué, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a pratiquement plus d'endroits dans lesquels les ados, les pré-ados peuvent se retrouver en présence physique. Les parents ne veulent pas qu'ils sortent dans la rue, c'est dangereux.
Seuls les riches peuvent s'offrir des activités payantes, des clubs d'activités. Et donc, du coup, les smartphones sont le seul endroit, les réseaux sont le seul endroit où les jeunes aujourd'hui peuvent, hélas, se retrouver. Donc, si vous voulez, on voit bien que la question, ça ne concerne pas seulement le fait de travailler à réduire la consommation par des limites imposées, mais aussi à proposer des alternatives. Et si on ne propose pas des alternatives, et ça, c'est le rôle des villes, des régions, voilà, eh bien, les ados risquent de basculer des réseaux sociaux vers GPT-4 ou GPT-3 et l'intelligence artificielle.
Ils s'inventeront un compagnon imaginaire et ça sera pire encore que d'aller sur les réseaux et retrouver des copains. Donc, il faut vraiment réfléchir aux alternatives avant de prendre des décisions qui pourraient faire migrer cette population vers des choix encore plus problématiques. On doit protéger les enfants. Et on ne le fait pas. Ils sont sur TikTok et ils ne sont pas informés sur TikTok.
Ils ne sont pas suffisamment protégés sur TikTok. Absolument pas. On parlait du rôle des parents tout à l'heure. Je voudrais peut-être revenir à cet aspect. Gilles Vernet, je rappelle, vous êtes enseignant en CM2. Et vous impliquez, vous les parents, dans la recherche de disciplines des usages du numérique. Vous échangez avec eux. Avez-vous le sentiment d'être toujours écouté et surtout d'avoir rendu les parents plus responsables vis-à-vis de leurs enfants ?
Oui, du moins j'espère. Et en l'occurrence, ce qu'ils me disent, c'est qu'ils m'en sont grés de cette réflexion que je mène avec les enfants parce que ça va les aider eux à la maison pour dire, tu vois, à l'école, on te le dit déjà, le maître te l'a dit, donc tu dois faire attention. Donc ça les épaules, en quelque sorte. en particulier, souvent des parents seuls, des parents isolés qui sont dans des situations pas toujours évidentes. Il y a clairement une question d'accompagner l'enfant dans l'ensemble de son processus d'acclimatation aux écrans parce que les écrans sont absolument partout dans notre société.
Il y a des choses merveilleuses sur les écrans, comme je l'expliquais, enfin sur les écrans en général. Ma mère m'a fait voir toute mon enfance des merveilleux films qui m'ont marqué autant que des grands livres. On parlait d'autre chose. Par pitié, parlons de la lecture. Si les enfants, les enfants chaque année, alors le sport évidemment pour l'aspect corporel, mais pour l'aspect de meubler l'ennui, c'est tous ces enfants que j'ai année après année qui lisent et qui, malgré des conditions sociales pas toujours faciles, des parents qui ne parlent pas très bien français à la maison me font des dissertations très jolies, très nourries. C'est systématiquement des enfants qui lisent.
C'est des enfants qui apprennent à s'exprimer. Et aujourd'hui, moi, ma crainte principale par rapport aux écrans, et je tiens vraiment à témoigner, on parle beaucoup de tous ces aspects et force, santé, et puis l'attention, la mémoire, mais on ne parle pas assez du langage. Le langage est véritablement en train de s'étioler. Et j'aimerais vraiment bien qu'on aborde le pourquoi. Et le pourquoi n'est pas seulement que les enfants sont sur écran, c'est que la famille est sur écran et que les temps de langage se réduisent comme peau de chagrin.
on y vient dans un instant. Quels usages numériques pour les enfants, pour les ados ? On en parle jusqu'à 20h.
France Inter, le téléphone son.
pour venir sur tout cela. Anouk est en ligne. Vous nous appelez de Strasbourg. Bonsoir, Anouk.
Oui, bonjour. Oui, je réagis parce que moi, je suis mamie. J'ai l'expérience d'avoir éduqué mon fils et aujourd'hui, je participe avec mon petit-fils qui a 11 ans. Il a un téléphone portable par nécessité pour savoir où il est et ainsi de suite. Et il l'utilise. Et ses parents ont verrouillé un certain nombre de choses. Bon, il n'a pas accès à TikTok, c'est sûr. Bon, il l'utilise. Les enfants utilisent le portable de la même façon que nous, on l'utilise. Si eux sont addicts, c'est que nous, nous sommes addicts. C'est une véritable banque de données. Il faut surtout voir ça. C'est un outil du 21e siècle. Ils l'utilisent.
Et à nous, les parents, en fait, pour éviter cette addiction, c'est simplement de leur proposer aussi autre chose. Il faut parler avec eux de communiquer avec eux, ne pas les laisser dans leur bulle, enfermés dans leur chambre avec leur portable. Il faut aussi parler avec eux et leur proposer. Mon petit-fils lit également et je ferai remarquer aussi qu'il va rentrer en sixième et qu'il sait déjà faire des phrases totales en anglais. Quand moi, je lui parle en anglais, il comprend très bien ce qui se passe. à force de regarder des tutos de jeux vidéo sur Internet qui sont des tutos en anglais ou en américain, il commence.
C'est exactement comme si on l'envoyait dans un pays de langue anglaise et il est en immersion totale. Il faut bien qu'il se débrouille pour apprendre. Donc, il y a plein de choses positives là-dedans et pour éviter le négatif, c'est surtout ne pas se servir du téléphone portable comme une nounou et ça arrange bien des parents qu'ils soient sur les téléphones portables. Pendant ce temps-là, on ne s'en préoccupe pas. Il faut leur proposer d'autres activités, d'autres choses et surtout parler avec eux.
Merci beaucoup de ce témoignage. Je vais le soumettre à nos invités Serge Tisseron. Finalement, l'enfant, qu'il soit en bas âge ou même un peu plus vieux, au final, il ne fait qu'imiter les codes de ses parents.
Alors, oui, d'autant plus à l'adolescence. On avait fait une enquête il y a quelques années et on avait demandé à des jeunes qui ont 8-12 ans qui n'avaient pas de smartphone qu'est-ce qui les embêtait dans la vie. Ils disaient que c'était que leurs parents soient constamment sur leur smartphone. Maintenant, ça porte un nom d'ailleurs. C'est la technopérence. Le fait que quand les parents interagissent avec l'enfant, ils interposent le smartphone entre l'enfant et eux. Et on demandait aux enfants mais alors est-ce que vous leur dites à vos parents qu'ils sont trop sur leur smartphone ?
Et les enfants répondaient non, on ne leur dit pas parce qu'on espère que quand on aura un smartphone nous-mêmes, ils nous laisseront faire pareil. Et là, vous voyez bien comment il y a un cercle vicieux qui s'installe. Alors c'est vrai que depuis 2008, dans le cadre des balises 3-6-9-12, je dis toujours mais si on réduit tous les conseils à un seul, c'est quoi ? C'est prendre les repas sans écran, sans télévision, sans smartphone, pour en faire un moment d'échange privilégié.
Et on a la chance que plusieurs études actuellement montrent en effet que les temps d'échange entre parents et enfants peuvent avoir un effet considérable sur les performances intellectuelles et les compétences verbales, même si par ailleurs l'enfant est devant certains écrans.
Serge Tisseron, vous prenez depuis 2008 un écran, aucun, aucun écran avant 3 ans. Or, il y a deux jours, cinq sociétés savantes affirment qu'il faut proscrire les écrans avant non plus 3 ans mais 6 ans au regard des dernières connaissances. Vous en pensez quoi ?
Alors, j'en pense qu'il faut quand même faire une différence entre les écrans accompagnés et les écrans non accompagnés. Là, il y a beaucoup d'études, enfin quelques études mais c'est seulement depuis les années 2020 donc on n'est qu'en 2025, des études commencent à apparaître qui montrent que les écrans accompagnés ont un effet très positif, enfin un effet positif sur le développement du langage, le développement des compétences de l'enfant. Non, pas autant que la présence du parent réel.
On va en parler mais je n'ai pas dit, je n'ai pas fait une comparaison, je ne suis pas contre ce que vous dites, simplement je dis que ça montre que les écrans accompagnés ont un effet positif sur les compétences parce que c'est difficile quand même avant 6 ans dans les rythmes familiaux de faire en sorte qu'il n'y ait aucun écran. Tout à l'heure, Gilles Vernet parlait des films qu'il a vus et qui ont pu marquer sa vie, je pense qu'il a peut-être vu certains films aux alentours de 5-6 ans
peut-être pas en tout cas beaucoup d'enfants les voient. Sylvie Diaz-Ozika, est-ce que vous reconnaissez des bienfaits aux écrans ?
Oui, moi j'ai 5 enfants et je reconnais des bienfaits aux écrans, il n'est pas question de revenir en arrière, on est bien d'accord, sauf qu'on a donné un produit addictif par nature aux parents et on ne leur a donné aucune solution et aucune information la plus précoce possible qui est à dire pendant la grossesse quasiment et ensuite à la maternité. Ça, ce n'est pas fait. Donc les parents se retrouvent piégés, en plus on a cette petite musique qu'on ne parle pas qui est peut-être éducatif, c'est peut-être pédagogique alors que ça ne l'est pas du tout.
On en parle ce soir.
Ah oui, on en parle ce soir et tout à fait, je remets une couche parce qu'il me semble important de dire aux parents qu'il n'y a rien d'éducatif avant 6 ans, que si on regarde un bon film accompagné de son parent, bien évidemment qu'on aura un intérêt. Le problème, c'est que les programmes, les contenus qui sont proposés sont de mauvaise qualité dans la majorité des cas et qu'ils sont produits pour rendre l'enfant captif. Vous avez des images hyper rapides qui font que l'enfant ne lâche pas et il se retrouve sans capacité à faire quoi que ce soit d'autre que regarder.
Et puis, on a parlé là d'une notion de technoférence dont nous, nous parlons au collectif cause depuis bien longtemps, bien avant, qui est un problème puisque si le parent est capté par son écran, il ne peut pas interagir avec l'écran que l'enfant regarde. Et donc, tout le monde est dans son monde, dans sa bulle et il ne se passe rien d'ailleurs pour l'un comme pour l'autre.
On ne va pas faire un débat non plus et on va revenir à Gilles Vernet mais vous souhaitiez réagir.
Il n'est pas question de dire que les parents doivent regarder les dessins animés frénétiques et décervelants que leurs enfants regardent le matin. Il est question de dire que les parents doivent choisir des programmes éducatifs et les regarder avec leurs enfants. Si vous voulez, il ne s'agit pas de dire que les parents doivent se mettre devant les écrans avec leurs enfants en quelque chose
qu'il faudrait faire. Gilles Vernet, vous êtes enseignant, je le rappelle, en CM2. Vous évoquiez tout à l'heure cette érosion du langage. Je voudrais qu'on y revienne. Vous l'avez constaté dans vos...
Alors je le constate année après année depuis que je suis enseignant, une plus grande difficulté à s'exprimer, à exprimer ses idées, à argumenter. C'est de plus en plus frappant et de plus en plus inquiétant. Ce dont je voulais témoigner par rapport à ce qui a été dit, c'est avec notre société de production du film Wake Up Production, on organise beaucoup de rencontres avec des collégiens, avec des écoles un peu partout en France et ce qui est vraiment frappant lors de ces rencontres avec 200 collégiens qui sont dans la salle de cinéma, c'est quand la parole se libère sur le manque affectif que génèrent ces réseaux. Et le plus...
On parle des parents en les culpabilisant beaucoup d'une certaine manière mais on oublie aussi les frères et sœurs. Ils n'arrêtent pas de dire moi mon frère il me dit dégage, ma sœur elle me dit j'ai pas le temps, va ailleurs, etc. Et il y a une forme de douleur affective et il y a, quand on parle du manque d'échange, il y a le manque d'échange langagier mais en général je t'aime, c'est aussi un échange affectif. Et donc il y a ce besoin profond qu'il ne faut pas oublier. Et chose très importante pour déculpabiliser tout le monde.
On dit, bien sûr il y a la dimension addictive qui est indiscutable mais il y a l'exponentiel des communications tout autant qu'on est adolescent compris, 300-400 messages jour gérés. On gère un nombre incommensurable de messages qui, si on n'éteint pas son portable, nous en rendent automatiquement esclaves. Et c'est ce qui doit faire comprendre aux familles qu'elles doivent sanctuariser des temps sans écran, M. Tisseron disait, le repas, mais au-delà de ça, le week-end, deux heures où on va se balader, des moments mais l'écran n'est plus là pour interférer et faire cette fameuse technoférence.
Je propose justement, effectivement, et ça c'est le cause collectif sur l'exposition écran qui a proposé ça, ce qu'on appelle les quatre pas et ça c'est très important pour les parents.
Quatre pas, c'est-à-dire ?
Les quatre pas, ça c'est très pratique et très utile puisque c'est un lieu sans écran. Si les ados n'avaient pas d'écran dans leur chambre, si les parents ont montré l'exemple et n'avaient pas d'écran dans leur chambre, ce serait quand même une bonne chose. On va acheter des petits réveils et tout le monde dormirait beaucoup mieux en qualité et en quantité. Et la deuxième partie, c'est trois temps. Trois temps essentiels pour l'enfant et pour tout le monde. Les repas, c'est quand même quatre fois par jour.
Sans écran.
Sans écran. On se parle, on discute, on se regarde dans les yeux et on éteint cette télé, on écoute la radio, ça c'est bien. Et puis le deuxième temps important, c'est une heure avant de dormir. Si vous regardez un écran avant de dormir, vous ne serez pas prêt à vous endormir. On sait que la mélatonine ne sera pas bien secrétée et que des images stimulantes et les réseaux sociaux avec les notifications vont vous empêcher de dormir et vont vous-même vous réveiller la nuit. Et le troisième temps qui est important pour les maîtresses, les institutrices, elles le disent bien et vous le dites sûrement, c'est le matin, pas d'écran avant d'aller à l'école.
Donc en fait l'écran, ben voilà, parce que sinon la maîtresse elle ne fait pas sable le pompier et ça n'intéresse absolument pas l'enfant et c'est vraiment, vraiment important. Donc c'est quatre pas qu'on retrouve sur le collectif
sur exposition écran. Si on a le temps avant 20h, j'aimerais que vous nous reparliez aussi tout à l'heure des retards de développement possibles, des surpoids qui sont en ligne de mire, les troubles du sommeil. On va y revenir j'espère avant 20h. Laurence est en ligne. Bonsoir Laurence. Vous vous appelez de Côte d'Or.
Moi j'appelle de Côte d'Or. Et je voulais en fait répondre à la maman tout à l'heure qui s'inquiétait parce que sa fille rentre en sixième et elle se demande si elle doit avoir un portable ou pas et en fait moi je voulais juste lui dire que mon fils est en quatrième et qu'il est importable depuis l'année dernière mais qu'il reste à la maison et qu'au collège il n'en porte jamais son portable et que finalement ça se passe très très bien et que j'ai vraiment l'impression qu'on se met une pression nous, une pression sociale à dire oh bah oui alors si on ne fait pas comme tout le monde ça ne va pas etc.
Mais en fait moi j'ai envie de dire mais non ce n'est pas possible on ne peut pas réagir comme ça et en fait il n'y a pas de discrimination particulière par rapport au fait qu'il n'est pas de portable au collège et en plus au collège de toute façon ils n'ont pas le droit de l'avoir ni en classe ni dans la cour donc ah même pas dans la cour normalement ah bah non normalement ils n'ont pas le portable dans la cour enfin voilà
merci beaucoup et je voudrais juste rajouter
une petite chose
allez-y avec plaisir
c'est que l'autre jour on était au restaurant et qu'à côté de nous il y avait une famille maman, papa, mamie etc. et deux petits un petit deux ans et une petite fille d'à peu près huit ans et les deux enfants étaient sur les smartphones et mon fils les a regardés et en fait ça l'a choqué et il m'a dit mais c'est pas possible donc alors moi je m'expose tous les jours à des résistances de sa part parce qu'il veut il est attiré comme tous les gamins mais n'empêche que là je me dis super je suis contente parce que quand même quelque part j'ai déjà un petit peu gagné quelque chose voilà
merci beaucoup de votre témoignage précieux votre enfant en quatrième et sans portable Gilles Vernet je voudrais revenir sur votre parcours enfin non pas votre parcours vous êtes ancien trader devenu instituteur vous avez mené une expérience originale dans une école du 19ème arrondissement de Paris vous avez proposé aux élèves de réfléchir à la place qu'occupent les écrans dans leur vie cette expérience a duré je crois toute la saison scolaire
oui toute l'année
qu'est-ce qui pour vous a été le plus marquant dans les conclusions de cette opération ?
c'est les 10 jours qu'on a fait à la fin parce qu'on partait en classe découverte dans la meuse et donc ils ont été au contact de la nature on avait j'avais autorisé les smartphones pour le voyage mais arrivé ils devaient les donner ils ne les avaient plus pendant 10 jours et bon aucune demande de les avoir et je m'attendais à ce qu'ils disent ils parlent de la nature tout ce qu'ils redécouvraient de leur environnement ce qu'ils ont fait mais ce qu'ils ont dit le plus et ça fait écho à ce que je disais ils ont dit que là ils avaient créé des liens d'amitié que le soir ils parlaient que quand ils marchaient ils parlaient et qu'ils avaient découvert un tel et un tel et ces élèves aujourd'hui pour faire écho à ce que disait la dame ils m'ont raconté que quand ils sont arrivés au collège ils se sont dit quand ils ont vu les ados se connecter tous à la sortie et s'asseoir sur des bancs en ligne sans plus regarder ils se sont dit mais qu'est-ce que c'est que c'est drogué parce qu'ils avaient été entre guillemets formés à avoir un regard critique la question c'est quand même de développer ce regard critique chez nos enfants ce qui est clé
Serge Tisseron vous souhaitiez réagir à cette expérience
oui tout à fait parce que déjà il y a une vingtaine d'années quand la télévision était pointée comme perturbant les relations familiales il y avait des gens qui partaient comme ça dans des lieux où ils se retrouvaient ensemble et des camps de vacances et moi j'allais faire des conférences et je leur disais vous regardez la télévision ici ils disaient non on la regarde pas je leur disais pourquoi ils me disaient parce qu'on nous propose des tas d'autres choses c'est-à-dire qu'on voit bien en fait que c'est les alternatives aux écrans qui sont importantes qu'est-ce qu'on va leur proposer d'autre il suffit pas d'alerter les parents sur le fait que les écrans sont problématiques il suffit pas non plus de croire que parce qu'ils hochent la tête en disant oui oui on comprend bien ils vont changer de comportement tout le monde sait bien qu'entre ce qu'on dit et ce qu'on fait il y a une grande différence donc ce qu'il faut c'est créer des alternatives et ça vraiment c'est des responsabilités des communautés locales et moi je milite pour que les cours de récréation et les gymnases des écoles soient ouverts le week-end aux enfants sous la responsabilité des associations familiales si les mairies ne veulent pas payer un gardien tout le temps beaucoup de parents sont assez motivés pour prendre en charge ce genre de choses et si on ne crée pas des alternatives en utilisant les écoles parce qu'il n'y a plus d'espace de jeu dans la plupart des villes pour les ados il y en a pour les bébés avec des bacs à sable il y a des pans pour les vieillards à l'ombre parce qu'ils votent mais il n'y a rien pour les pré-ados et les ados donc il faut réagir de toute urgence là-dessus et lancer un grand programme destiné à ce que les enfants qui ne sont plus devant leur portable puissent jouer dehors au ballon notamment
ça revient aux politiques effectivement docteur Sylvie Diozica quelles sont vos approches à l'hôpital de Bondy pour tenter de sevrer les enfants addicts aux écrans
les enfants sont addicts parce que les enfants se sont retrouvés pris dans cette captologie qui est encore une fois faite pour les capter que les parents se sont trouvés face à cette technophérence et non disponible et donc quand on réapprend aux parents et donc les parents ont besoin qu'on leur réapprenne comment un enfant apprend à parler ce sont les meilleurs orthophonistes il faut leur redire sans cesse et donc s'ils jouent avec eux l'enfant reprend et sort de sa bulle lève les yeux et se retrouve en contact et malheureusement il y a des milliers des millions d'enfants c'est pour ça que nous parlons de pandémie numérique dans notre livre il faut comprendre que l'écran ne convient pas à l'enfant de moins de 6 ans et qu'il faut arrêter de lui proposer ça ne lui apprend rien
Julie Arène il reste 30 secondes le docteur Sylvie Diozica parlait des orthophonistes vous êtes orthophoniste juste votre témoignage en quelques secondes s'il vous plaît
oui bonsoir je vais essayer de faire vite je suis totalement d'accord avec ce que dit le docteur Sylvie Diozica dont j'ai lu les ouvrages voilà nous les orthophonistes on constate tout ça depuis des années et quand on en parle alors on a aujourd'hui c'est bien c'est clair c'est prouvé mais ça ne fait pas si longtemps que ça et il faut soutenir les parents moi je suis pour qu'on soutienne les parents qu'on les informe au mieux ce ne sont pas eux les coupables les coupables ce sont les géants du numérique
on voulait vraiment entendre votre témoignage merci à tous d'avoir répondu aux auditeurs de France Inter le téléphone sonne c'est terminé à suivre leur philo votre heure philo Patricia Martin bonsoir
bonsoir Eric Delvaux on va beaucoup pleurer oui est-ce que vous êtes du genre à pleurer pas beaucoup ça m'arrive ça pleure pas
je sais pas
il y en a beaucoup des idées reçues et donc l'émission philosophie sur les sanglots les pleurs les larmes avec Estelle Ferrare et Sarah Ray
à tout à l'heure Patricia Martin leur philo après le flash de 20h et après les petits bateaux qui ont toujours de bonnes questions à poser
bonjour je m'appelle Coline j'ai 9 ans et je voulais vous demander comment ils faisaient les gens avant pour se regarder parce qu'ils n'avaient pas un miroir