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AutreRMC (sur Podcast)· 2 juillet 2026 58 minMixteEnvironnement & énergieInstitutions & élections

La présidentielle s'invite aux Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence – 02/07

Source d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 2 %Défensif 0 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 56:57Locuteur non identifiéFait
    « là où il y a un problème je crois c'est quand l'urgence commande tout »
  • 57:06Locuteur non identifiéFait
    « il faut réagir quand il y a un problème de grève quand il y a un problème de canicule »
  • 57:11Locuteur non identifiéPromesse
    « et nos services publics le font plutôt bien mais il faut aussi qu'on garde »
  • 57:16Locuteur non identifiéPromesse
    « pour préparer le plan d'investissement de demain pour que la canicule dans 2 ans ou dans 5 ans elle se vive un peu mieux »
  • 57:34Locuteur non identifiéPromesse
    « aujourd'hui tout le monde dit qu'il est pour l'écologie je fais partie de ceux qui ont toujours défendu l'investissement et le combat pour l'écologie »
  • 57:42Locuteur non identifiéPromesse
    « pour devenir les investissements et les objectifs donc que tous ceux qui redécouvrent l'écologie aujourd'hui s'en souviennent dans quelques semaines »

Temps de parole

  • Invité31 %
  • Locuteur non identifié19 %
  • Locuteur non identifié 215 %
  • Invité 213 %
  • Invité 311 %
  • Présentateur8 %

0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Présentateur

À 18h sur BFM Business, soyez les bienvenus. Dans un instant, on va retrouver Edwige Chevrillon depuis les rencontres économiques d'Aix-en-Provence. Mais d'abord, l'info éco avec l'économie américaine qui a créé moins de postes que prévu. 57 000 emplois ont été créés en juin, soit 43 000 de moins que ce que le consensus attendait. Des données qui tentent à valider l'idée que des hausses de taux de la part de la Fed ne seraient pas immédiates. Et un statu quo en matière de taux, ça plaît au marché. On verra cela en détail avec Antoine Larigaudry à la fin de ce flash. Le pétrole poursuit sa baisse. Le baril de Bren se stabilise désormais autour de 70 dollars.

Les investisseurs veulent croire à une issue positive des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran. Mais le pétrole iranien peine à trouver preneur. Selon Bloomberg, nombre de pétroliers errent actuellement en mer. En Allemagne, le chancelier veut mettre l'économie sur les rails et annonce un vaste train de réformes. A la clé, une trentaine de mesures pour doper la compétitivité, la flexibilité du marché du travail, mais aussi la fiscalité. Avec 10 milliards d'euros d'allègements d'impôts sur les plus bas revenus. Et à l'inverse, une hausse des taxes sur les plus aisés. Le report de l'âge de la retraite au-delà de 67 ans est aussi acté.

La canicule en France, le ministère de la Santé et Santé Publique France doivent donner un premier bilan de la surmortalité recensée lors du précédent épisode de forte chaleur. Mais déjà, les indicateurs comme ceux de SOS Médecins sont préoccupants. Et la chaleur va repartir ce week-end. Mais aucun département ne devrait être classifié en vigilance rouge canicule. C'est ce qu'a déclaré le Premier ministre avant de présider une nouvelle cellule interministérielle de crise. De son côté, la CFDT durcit le ton dans une interview au Monde. La secrétaire générale, Marie-Lise Léon, demande au gouvernement de mettre davantage la pression sur les entreprises.

Elle réclame l'instauration d'un bouclier social climatique. Aux Etats-Unis, OpenAI est prêt à céder une partie de son capital à l'État américain. C'est en tout cas une solution envisagée par Sam Altman pour sécuriser ses relations avec l'administration Trump. Selon le Financial Times, les discussions sont à un stade précoce. Et tout entente devrait nécessiter une loi fédérale. KNDS reporte finalement son introduction en bourse. Le groupe d'armement fabriquant des canons César et des chars Léopard veut attendre des conditions de marché plus favorables. Les actionnaires espéraient au moins 12,5 milliards d'euros de valorisation. Mais les investisseurs jugent ce niveau trop élevé.

En revanche, toujours dans le secteur, la start-up allemande Quantum System a annoncé une levée de fonds d'1,2 milliard de dollars. Ce qui double sa valorisation. L'entreprise fournit des drones de surveillance à l'armée ukrainienne et développe des systèmes autonomes alimentés par l'intelligence artificielle. Dans le secteur auto, ça va mieux pour Tesla. Le constructeur a livré plus de 480 000 véhicules dans le monde au deuxième trimestre. Soit une hausse de quasiment 25% par rapport à début 2025. Au moment où l'image de la marque était écornée suite aux agissements d'Elon Musk. Lorsqu'il a collaboré avec Donald Trump ou quand il soutenait les gouvernements d'extrême droite en Europe.

Et puis, le plus gros porte-conteneur sous pavillon français a été inauguré aujourd'hui. Le Notre-Dame a été baptisé au Havre. Il appartient à CMA CGM, également propriétaire de BFM Business. Ce mastodonte des maires, le plus grand du monde à fonctionner grâce au GNL, peut embarquer 24 000 conteneurs, soit l'équivalent de 20 000 camions ou 600 trains de fret. 18h03 sur BFM Business, les marchés avec Antoine Larigauderie. Bonsoir Antoine. Le CAC termine en nette hausse, dopé par l'emploi américain.

4:06
Locuteur 1

Oui, parce que des mauvais chiffres de l'emploi américain, ça fait dire aux investisseurs que la Fed va mettre un petit peu plus de temps que prévu à relever éventuellement ces taux. Donc, les anticipations passent de septembre à décembre désormais. Ça a rééquilibré un petit peu les taux obligataires avec une nette détente sur le disant américain. On recule du côté des 4,46%. Et du côté de la cote française, on a eu une très belle performance de secteur plus industriel. ArcelorMittal gagne 6,3% à 55,34 euros. C'est la plus forte hausse du CAC 40. Mais derrière, on a l'ensemble du secteur du luxe qui s'est enfin réveillé à l'image d'LVMH qui a gagné 3,5% à 497,95 euros.

Et Hermès, plus 3,26 à 1 647 euros. A noter quelques prises de profit sur d'autres secteurs qui avaient bien grimpé ces derniers temps. Notamment, Legrand qui a perdu 2,7% à 141,10 euros. Ou encore, resté Microelectronics. Moins 0,9 à 61,78 euros. Les volumes d'échanges élevés, 4,3 milliards pour un CAC 40 qui a même dépassé en séance les 8 500 points et qui termine en hausse d'1,6%.

5:10
Présentateur

Merci beaucoup Antoine Larigauderie. Et puis, j'ajoute cette toute dernière information. EDF devient le premier sponsor des Jeux Olympiques et Paralympiques 2030. C'est ce que l'énergie théicien vient d'officialiser à l'instant auprès du comité d'organisation des JO. Allez tout de suite, direction Aix-en-Provence pour les rencontres économiques. On retrouve Edwige Chevrillon sur place avec ses nombreux invités.

5:38
Invité

BFM Business et la Tribune présente le 18-19 d'Edwige Chevrillon. Bonjour à tous, bienvenue dans le 18-19. Ça y est, c'est parti, nous sommes à Aix. Aix pendant trois jours avec de nombreux invités, que ce soit dans la matinale de leur closier ou que ce soit encore ici en direct ou dans le 18-19. Nombreux invités, évidemment, mais le premier d'entre eux, celui qui organise ses rencontres d'Aix-en-Provence. Il nous fait l'honneur d'être avec nous, pourtant Dieu sait qu'il est sollicité. Bonjour ou bonsoir, il fait tellement beau ici. Bonjour Jean-Hervé. Bonjour, c'est moi que je suis très honoré d'être avec vous.

Le président des rencontres d'Aix-en-Provence, le fondateur du Cercle des économistes. Alors c'est quand même, là on est bien, on sourit, c'est au début, mais c'est là longtemps que moi je viens ici. Et ce qui me frappe quand même, c'est que même votre programme, même vos propos, le titre c'est naviguer dans un monde d'incertitude, un monde sans repères. Il faut réinventer le XXIe siècle, il faut réinventer, j'allais dire le conflit, mais l'intergénérationnel. On sait que les jeunes, c'est quelque chose qui est très présent, en tous les cas, dans vos travaux et dans vos discours. Comment vous abordez ces trois jours, Jean-Hervé Lorenzi ?

Avec le sentiment d'une mission, bon, il y a beaucoup plus de monde que d'habitude. Au fond, c'est lié aux circonstances, c'est pas lié à un talent particulier, il y a beaucoup de monde, beaucoup d'intervenants et pas mal de gens qui vont, en tous les cas peut-être, partie prenante du débat présidentiel. Et nous, notre mission, ça va être de, j'allais dire, de faire des propositions ou des remarques qui vont permettre, obliger nos présidentiables à évoquer tous les sujets qui sont des sujets majeurs. Et sur ce point-là, on aura deux mots absolument clés. Le mot progrès, il faut vraiment que les gens comprennent que c'est pas évident d'avoir un progrès nulle part.

Et deuxième sujet, le sujet jeunesse, donc l'idée que notre pays ne s'en sortira que par sa jeunesse. Mais en même temps, il faut aussi des réformes, des réformes structurelles. On voit tout à l'heure, il y a le Premier ministre qui vient, qui va dialoguer, si j'ose dire, enfin espérons que ça va être un dialogue et non pas un affrontement, face à quelqu'un qui représente des patrons. Trop c'est trop, je crois que c'est le nom de son collectif.

Il y a une envie, il y a un besoin, on le sent ici que les politiques, et Dieu sait qu'ils sont nombreux parce que vous les avez tous invités, sauf les filles et le Rassemblement National, vous me direz dans un instant pourquoi, on a tous envie que ça bouge. Le chancelier Merz vient d'annoncer des réformes pour remettre en mouvement l'Allemagne. Nous, on a envie de dire qu'il faut remettre la France en mouvement. C'est vrai, mais que guise cette perception-là ? Elle est, je vais dire, très partagée. Moi, ce qui me frappe, c'est l'idée que presque des deux tiers des Français se retrouvent dans des groupes extrémistes, que ce soit le RN ou la France insoumise.

Donc ça veut dire qu'il y a un problème, qui n'est pas uniquement la mauvaise humeur habituelle. Les Français qui sont spécialistes, non mais ils sont spécialistes de ça. Donc l'idée, c'est que ceux qui peuvent faire bouger, c'est quand même la jeunesse. Donc on va vraiment insister sur ce thème-là. C'est cette idée. Je vous prends un exemple. La décision la plus stupide du budget 2026, c'est celle qui a consisté à me maintenir à moi, qui suis un vieux, qui est une retraite tout à fait convenable. Le fameux abattement pour que je paye moins d'impôts. Et on a diminué à peu près d'équivalent le montant de ce qu'on accordait à l'apprentissage. Donc c'est vraiment la décision.

C'est au fond un monde qui est complètement gelé, stratifié, on dirait ankylosé. Et comment on fait bouger ça ? On ne le fait pas uniquement par des discours. Je vous rassure sur le garçon qui préside trop, c'est trop. Je le connais très bien. C'est en fait un garçon tout à fait raisonnable. Non mais c'est bien s'il force le Premier ministre à bouger, à réformer, à dire que vous, ce que vous venez de dire, en disant c'est vrai que sur l'apprentissage, c'est quand même absurde, ça marchait, ça permettait à des jeunes de rentrer dans l'emploi. Certes, il y a un coût, mais en même temps, il y a d'autres coûts. Donc vous pouvez peut-être faire des économies, non ?

Vous voyez, ça faisait partie... Alors, moi je suis toujours frappé comme vieil économiste par les stupidités et les erreurs. On dit par exemple qu'il n'y a que 45% des Français qui payent les impôts. Stupidité absolue. 100 milliards... Un peu sur le revenu, c'est pas stupide. Oui, mais quand on pense au prélèvement, la réalité, c'est 100 milliards, un peu sur le revenu, 400 milliards de CSG et de TVA. Donc ça veut dire... Et ça, en tout cas pour la CSG, pour la TVA, tout le monde la paye. Deuxième stupidité, c'est l'idée que, au fond, on consacre trop d'argent aux jeunes, alors qu'évidemment, c'est l'inverse qu'il faudrait faire.

Alors, ce qui est compliqué pour faire bouger, c'est que ce pays est quand même tenu en main par une génération qui est la mienne. Je ne regrette rien d'en faire partie, mais qui a quand même, au fond, une vision assez passéiste des sujets et ne pense pas que l'avenir, c'est autre chose qu'eux. Oui, j'ai envie de dire, alors peut-être, si vous me permettez, moi, je suis dans la génération d'après, je sais qu'il y en a encore beaucoup derrière moi, ça, je suis d'accord avec vous. Non, je ne crois pas.

Mais, en tous les cas, surtout, ce qui est frappant, c'est de la capacité à prendre des réformes, parce que les politiques, s'ils font des réformes, par exemple, sur les retraites, ça va être intéressant, parce qu'il y a Édouard Philippe qui vient, il y a Gabriel Attal, il y a Renaud Retailleau, il y en a d'autres, ça va être intéressant de voir s'ils vont oser dire qu'il faut faire des retraites, Là aussi, les choses ne sont pas tout à fait ce qu'on raconte. Des réformes des retraites, c'est la cinquième. Je rappelle que la grosse réforme des retraites, c'est 93, c'est pas la dure. Deuxième sujet, la réforme des retraites, elle est, évidemment, le fait qu'on repousse l'âge.

Je trouve que ce que dit Édouard Philippe, ou beaucoup de gens, d'ailleurs, ces positions que je partage, on part en annuité, il se trouve que les Français sont très crispés sur l'âge légal. L'âge pivot instauré par Édouard Philippe, Premier ministre. Et là, j'espère que... Bon, et deuxième sujet, après, on a besoin de... Pour régler les problèmes français, il y a deux chiffres à bien connaître. On a besoin, un, de 8% d'heures travaillées de plus par an. Où est-ce qu'on va aller chercher ? Chez les jeunes et chez les vieux. C'est notre immense différence par rapport aux autres pays en Europe, et notamment à l'Allemagne. Quand on prend les 30, 55 ans, il n'y a pas de différence.

Alors, moi, je voudrais qu'on revienne quand même ici, à Aix, parce que vous avez un programme éditorial qui est quand même assez époustouflant. On sent qu'il y a une réflexion derrière, mais maintenant, il faut que tout le monde s'en empare. Comment vous allez faire ça ? Vous voyez ce que je veux dire ? C'est que vous, vous avez fait votre travail, il y a des think tanks qui sont là. Il va y avoir une richesse intellectuelle très forte, mais après, comment faire que les candidats à l'élection présidentielle ou d'autres hommes politiques qui, finalement, dirigent le pays, s'en emparent ? C'est ça, toute la difficulté ?

Parce que les chefs d'entreprise, eux, ils ont compris qu'il fallait bouger. Vous vous posez vous-même la question, parce qu'en réalité, le succès d'Aix, c'est le cercle, c'est la mairie d'Aix, et c'est le journaliste qui, en réalité, nous aide de manière massive. Je vous disais qu'il y en avait... Non, ce n'est pas uniquement pour vous faire plaisir. Je suis ravi de vous faire plaisir, mais ce n'est pas l'objet. Alors maintenant, on va sortir un texte de deux pages et demie, extrêmement clair, extrêmement précis, avec un démarrage d'une page de... En gros, il y aura quoi dedans ? Et... Je ne vous le dis pas. Et il y a... Non, non, parce que c'est...

Non, non, mais les pistes, quand même, puisque là, vous êtes en direct, c'est intéressant pour les gens qui nous écoutent ou qui nous regardent. Les pistes de réflexion, vous les avez déjà ouvertes quelques-unes. Et onze propositions, mais qui vont être modifiées en fonction de tout ce qui va être fait. Permettez-moi, cher ami, de ne pas vous donner des scoops sur ce domaine-là, mais ça va être très vigoureux. Et ça va être, en plus, totalement enrichi des 90 sessions, et notamment toutes les sessions avec les politiques. Donc, je peux vous garantir qu'ils vont l'avoir. Aux journalistes et aux médias de jouer ce rôle-là, non pas de dire les rencontres d'Aix, c'est super, etc.

Franchement, c'est très bien, mais on n'en a pas besoin. C'est vrai que c'est bien. On a besoin que les propositions... Ce regard fait par des économistes, mais enrichi par tous les intervenants, il y en a 390... Pardon, 490. Il faut que ça rentre dans la tête de nos présidentiables. Et ils sont, je vais dire, il y en a pas mal qui sont là. Sur le plan géopolitique, sur le plan géopolitique, c'est un point important, il y a des affaires étrangères, mais il y a beaucoup d'étrangers qui viennent là. Moi, je sais que je fais un débat, par exemple, avec le président de la Baudensbank. Moi, j'aimerais bien savoir qu'est-ce qu'il pense de la France.

Je ne sais pas s'il nous le dira, mais c'est vrai que quand on voit les réformes qui sont faites en Allemagne et quand on voit qu'en France, on nous dit, il faut 100 milliards pour mettre la France à niveau, et quand on connaît notre niveau d'endettement, j'imagine que les Allemands, ils vont se dire, ben là, on a un gros problème avec la France, surtout si certains candidats que vous n'avez pas invités disent, il faut racheter, il faut qu'on rachète la dette française. Alors, peut-être qu'il faut garder peut-être une toute petite notion d'optimisme, parce que sinon, la désespérance n'a jamais conduit à grand-chose. En plus, reconnaissez que c'est un petit talent national.

Je ne parle pas de la période actuelle qui mérite qu'on se tape sur les doigts, mais reconnaissez que c'est un peu notre habitude d'expliquer que ça ne va pas bien. Je prenais l'exemple de la... Prenons un exemple positif. Il y avait tout à l'heure M. Castex. Il doit être encore là. Jean Castex présente la SNCF et dans un instant, je recevrai Christophe Fennichet qui est le directeur de la SNCF Voyage. Reconnaissez que la SNCF marche quand même vachement bien et alors qu'est-ce que je n'entends pas sur la Bundesbank, BAN, sur la... Tous les Allemands vous disent que ça ne marche pas. Donc, de temps en temps, il faut un tout petit peu nuancer.

Alors, c'est vrai que je suis un amoureux de la SNCF. Donc, je dois être pris comme tous les amoureux. Je deviens aveugle. Mais, quand même, vous êtes venus ce matin, ça... Quand même. Or, demandez à n'importe quel Allemand comment marche le réseau ferré. Voilà. Ferré. Je peux vous en montrer pas mal d'exemples. Même chose pour le... Donc, une phrase de conclusion, peut-être, pour nous. Un mot de conclusion. Moi, je crois dans la vie. Ça, nous nous connaissons assez bien. Donc, c'est une croyance très profonde qu'il faut, évidemment, bouger notre pays qui est ankylosé. Le vrai mot, c'est le mot d'ankylosé. mais on le fait comme avec...

Dans une classe, dans un amphithéâtre, on le fait aussi en redonnant un peu d'esprit positif parce que sinon, l'être humain, qui est naturellement assez paresseux, se réfugie derrière le fait que, de toute façon, il ne peut rien faire parce qu'il est très mauvais. Et donc ? Et donc ? Pour Aix, pour ces rencontres ? Deux remarques. Une. Première remarque, il faut que les médias s'emparent de tout ce que nous allons dire. Et deuxième sujet, il nous reste huit mois pour essayer de faire avancer tous les dossiers. Moi, je suis un tout petit peu inquiet sur la croissance française, mais vous le savez, parce que la croissance, ça continue. Et troisièmement, prenons...

Là, je reconnais que c'est pas... Je ne suis pas très honnête. Prenons la SNCF comme modèle. Voilà, prenons la SNCF. Ça, je ne suis pas sûr. Pas sûr que certains Français ne seront peut-être pas forcément d'accord avec vous. Merci beaucoup, Jean-Hervé Lorraine. Je vous ai arrêté ici dans le studio de BFM Business. On vous laisse accueillir notre premier ministre qui était justement à Marseille pour essayer dans une cellule de crise pour voir ce qu'on peut faire pour lutter contre cette canicule et les incendies. Merci beaucoup d'avoir été avec nous et on aura l'occasion de se croiser. Et à BFM Business. Merci beaucoup. Tout de suite, ça y est, il a fait...

Vous pouvez prendre ma place presque, Jean-Hervé. Vous l'avez dit, c'est Christophe Finchek, qui est directeur général de SNCF Voyageurs qui est avec nous. Le 18-19 d'Edwish Chevrion sur BFM Business. Bonjour, Christophe Finchek. Bonjour, du jour où je vous ai dit. Merci d'être avec nous. Je rappelle que vous êtes directeur général de SNCF Voyageurs. Jean-Hervé Lorenzi, à l'instant, il disait, moi, j'aime la SNCF. Votre président est là, Jean Castex. Moi, j'ai quand même des questions. Tous les Français vont partir en vacances, pour ceux qui partent en vacances. Il fait chaud, il fait même de plus en plus chaud. On va connaître une deuxième phase de canicule.

On sait que tout ne s'est pas bien passé. Même votre président a dit il y a quelques jours, je ne peux pas garantir à 100% que tout va bien se passer. Est-ce que là, ce soir ou demain, vous pouvez quand même nous rassurer ? Peut-être d'abord sur la canicule de la semaine dernière. D'abord, c'est une canicule exceptionnelle qu'on a vécue pour plusieurs raisons. Jamais aussi tôt dans l'année, jamais aussi chaude et puis jamais aussi longue. Mais ce que je souhaiterais dire, c'est que c'est vrai, nous avons eu quelques situations compliquées. D'ailleurs, je remercie tous les voyageurs pour leur compréhension.

Je remercie aussi tous les cheminots et cheminotes parce qu'elles ont été elles aussi sur le terrain. Bien sûr. Mais je tiens à dire quand même qu'on avait préparé cet été, on a préparé des épisodes comme celui-là, on a anticipé et ça nous a permis tout simplement par l'adaptation qui a été la nôtre de permettre de faire circuler 9 trains sur 10 qui sont circulés pendant les 12 jours de très fortes canicules. On reconnaissait qu'il y en a beaucoup qui se sont arrêtés pendant très longtemps. On a vu des images partout de gens qui étaient coincés pendant des heures sans bouteille d'eau.

Non, je reconnais qu'il y a eu des situations difficiles mais il faut qu'on reconnaisse tous que ça a été une canicule exceptionnelle et si on sort un tout petit peu du train, si vous me l'autorisez, ça a été exceptionnel pour tout le monde. Ça a été exceptionnel dans l'école, dans les hôpitaux. Donc, oui, ça a été exceptionnel. C'est vrai, il y a eu quelques difficultés. Oui, mais ce n'est pas rassurant pour autant. Je sais bien que tout ça, c'est la sphère étatique parce qu'après tout, vous êtes un service public, une entreprise publique et que les hôpitaux, les écoles, c'est là où on voit le manque d'investissement en France, le sous-investissement. Est-ce que c'est le cas chez vous ?

Moi, ce que je voudrais vous dire surtout, c'est que l'anticipation qui a été la nôtre nous a permis de tenir dans la durée. On a fait, Edbis Chevrillon, rouler 9 trains sur 10. le mieux possible. C'est des centaines de milliers de bouteilles d'eau qui ont été distribuées. Moi, j'aimerais aussi qu'on retienne que l'entreprise a tenu dans la durée. Oui, mais on a envie de comprendre, bien sûr. Vous avez tenu, on a fini par arriver. Ce que je veux dire, c'est que, est-ce que rien, on ne peut pas l'anticiper donc ça peut recommencer la semaine prochaine. C'est ça que vous nous dites ?

Non, ce que je peux vous dire, c'est que l'anticipation qui a été la nôtre a permis de faire circuler ces 9 TG sur 10. Mais surtout, c'est quoi l'étape d'après ? C'est ça qui est intéressant. Oui, c'est quoi la semaine prochaine ? Même ce week-end, on prend un grand départ des juillettistes. Ce week-end, d'abord, l'été, comment il va se passer ? D'abord, c'est un été très positif. On a préparé cet été et c'est un été qui va être meilleur que celui de l'an dernier qui était déjà un été record. Les Français aiment le train et prennent le train.

C'est déjà 12 millions de billets qui ont été achetés donc c'est un élément extrêmement important et on sera prêt pour que tous les Français puissent partir normalement en vacances dès ce vendredi et les week-ends qui suivent. Il y a combien de trains ? Vous l'avez dit ce week-end ? Il y a combien de trains ? Ce week-end, c'est plus d'1,4 millions de Français qui vont prendre le train. Oui, mais ça, les Français, oui, mais de trains. C'est plusieurs milliers de trains qui vont circuler. On pense au TGV mais il faut aussi penser au TER. Les TER, c'est plus de 8 000 TER qui circulent tous les jours et c'est près d'un millier de TGV qui circulent tous les jours. C'est ça, la SNCF.

Et puis, il y a forcément des incidents qui sont indépendamment de votre volonté. Alors, la question qu'on peut se poser, vous n'allez pas du tout aimer ma question, Christophe Vanichet, la concurrence, parce que ça y est, la concurrence, elle arrive notamment sur les grandes lignes, notamment sur le fameux Paris-Lyon, train d'Italia, pour ne pas le citer. Est-ce que ça va vous faire, est-ce que ça va faire bouger la SNCF ? D'abord, vous avez raison, la concurrence, elle est là. Eh bien là, d'abord, elle a toujours un peu existé. Tout petit peu. Et là, c'est un tout petit peu plus. C'était d'abord la voiture qui était notre concurrent.

Je rappelle qu'un voyageur sur 10 prend le train, 9 sur 10 prennent la voiture. Donc, il faut le dire. Oui, il y a un concurrent qui est aujourd'hui sur le Paris-Lyon-Marseille. D'ailleurs, il est très présent et ça va vite. Aujourd'hui, la concurrence, elle est très présente à nous, tout simplement, d'être les meilleurs. Et on est meilleur comment ? Tout simplement parce qu'au sein des CNCF Voyageurs, on a une gamme d'offres qui vous permet d'utiliser TGV Inouï, WeGo, Eurostar. À nous de proposer le plus d'offres possibles et surtout, je dirais très simplement dans la concurrence, mais je ne suis pas le seul à dire ça, à nous d'être les meilleurs.

Et aujourd'hui, ce que je vois, c'est que nos clients sont là de plus en plus et sur les 5 dernières années, sur le TGV, c'est 20% de voyageurs en plus. Est-ce qu'elle est juste, cette concurrence ? Parce qu'à un moment, vous avez dit que cette concurrence, ça fait que du coup, on va moins s'arrêter dans les villes moyennes parce que c'est vrai qu'il y a une espèce de péréquation économique. Vous faites payer très cher les billets de TGV, les lignes qui fonctionnent bien, mais ça permet justement de changer les infrastructures et puis aussi de faire circuler des trains qui sont moins rentables. Votre autorité de régulation, l'ART, elle a dit non, ce n'est pas un argument.

Vous, vous répondez quoi à l'ART ? Ce que je réponds d'abord, c'est qu'effectivement, avec le TGV, on gagne de l'argent et ça nous permet de faire plusieurs choses. D'abord, d'acheter des trains neufs. Vous allez voir en septembre un nouveau TGV qui va arriver, un TGV extraordinaire. Ça nous permet, la deuxième chose, c'est ce que vous avez dit, de pouvoir faire rouler des trains non seulement sur des liaisons rentables, le Paris-Marseille, mais sur ce Paris-Marseille, ça nous permet aussi de nous arrêter au Creusot, par exemple, qui est une plus petite ville et qui est, pour nous, pas rentable, c'est-à-dire qu'il n'y a pas assez de voyageurs pour pouvoir avoir une desserte équilibrée.

Nous, ce qu'on demande, c'est d'avoir une équité de traitement, c'est-à-dire que nous ou nos concurrents aient la même façon d'être traités. Nous, aujourd'hui, et j'en suis très fier, le TGV, aujourd'hui, il fait rouler, on roule dans plus de 200 villes. Ce n'est pas le cas de mes concurrents. Moi, ce que je vois, c'est que mes concurrents, aujourd'hui, ils veulent faire du Paris-Lyon, du Paris-Lyon, Avignon, Aix-Marseille, mais il ne va pas s'arrêter dans les petites villes. Il veut rouler uniquement sur les liaisons rentables. Moi, je pense que là-dessus, cette équité doit être repensée et d'ailleurs, il y a un projet de loi sur ce sujet pour pouvoir retrouver cet équilibre.

Sur votre application, SNCF Direct, Connect, pardon, non, excusez-moi, je retarde d'un métro, c'est le cas de le dire, ou d'un train, plutôt. D'un train. D'un train, il n'y a qu'à faire. Est-ce qu'ils sont sur votre application ? Sur mon application, sur SNCF Connect, je vends tous les trains de SNCF Voyageurs, mais je vends aussi les trains de mes concurrents. Oui, c'est ça. Par exemple, je vends la RATP. Par exemple, je vends Transdev. Donc, je vends tous les trains, je dirais, du service public. En revanche, le train Paris-Lyon-Marseille, ce n'est pas un train du service public, c'est un train dans lequel, je le rappelle, 100% de ce que paye le voyageur permet de payer le train. Et donc ?

Et donc, je ne vends que mes trains. Donc, je ne veux pas, voilà, c'est ça. Je ne vends que mes trains. Mais je ne connais nulle part en France ou en Europe un concurrent à qui on obligerait de vendre son autre concurrent. Moi, je vends mes trains. On dit quand même un mot parce que c'est vrai que c'est un moment important. Il a été un peu décalé. Ça devait être le 1er juillet. Finalement, ça sera en septembre. l'arrivée du TGV Max, du TGVM. Ça sera donc en septembre pour la rentrée des classes ? Pourquoi ? Le TGVM, d'abord, on l'attend tous avec impatience parce que tout simplement, ça va être l'actif stratégique pour SNC et Voyager. On achète un train. On en a acheté 160.

5 milliards d'euros qui ont été investis. Investis grâce aux bénéfices qu'on fait sur le TGV. Ces 160 trains, ils vont commencer à être livrés et mis en circulation début septembre. Vous le verrez, c'est un actif absolument incroyable. Il va être mis sur les rails pour les 50 prochaines années. Et puis, la particularité, c'est qu'il va s'adapter à tous nos marchés. C'est-à-dire que si on décide, par exemple, de faire qu'un train de seconde avec 100 barres, plusieurs voitures de première, il va nous permettre tout simplement de nous adapter à notre marché. Et c'est très important qu'on puisse le faire puisqu'il est écrit, ce train, pour les 50 prochaines années.

Et vous en avez commandé combien ? Il y en aura combien ? On en a commandé 160. Et les premiers sont livrés. Et dès septembre, les six premiers trains se retrouveront en circulation dès septembre. Et puis, pas à pas, on en recevra 15 par an. Je voudrais qu'on parle aussi d'intelligence artificielle parce que tout à l'heure, on parlait de progrès en disant, Jean-Hervé Lorénzi disait, le progrès, il faut qu'on réapprenne ce que c'est que le progrès. L'intelligence artificielle, c'est quand même un sacré progrès. Certains commencent à dire ça peut être dangereux en tout cas sur le marché du travail par rapport à nous, êtres humains.

Mais, vous venez de signer un accord avec le CEA, un accord très important pour le ferroviaire de demain. Est-ce que vous pouvez nous expliquer justement, un, qu'est-ce que l'intelligence artificielle va changer pour la SNCF et en quoi consiste cet accord ? Alors, cet accord, c'est, si j'étais coquin, c'est un de nos slogans de la SNCF d'il y a une vingtaine d'années, c'est pour avoir toujours un train d'avance. Cet accord, c'est décrire notre avenir. C'est un accord d'innovation.

Et puisque vous me parlez d'innovation et d'intelligence artificielle, aujourd'hui, une entreprise comme la mienne, dont l'objet est d'être le leader de la mobilité, leader du train, on ne peut pas être le leader de la mobilité sans être un leader de la tech. Et l'intelligence artificielle est dans l'ADN de l'entreprise. Je vais vous donner un exemple très concret. L'intelligence artificielle, pour nous, c'est par exemple passer de la maintenance préventive, c'est-à-dire au kilométrage, à la maintenance prédictive, c'est-à-dire être capable, avec tous les capteurs qui sont nos, toutes les données qu'on reçoit en temps réel d'un train qui circule, de pouvoir prévoir la maintenance.

Exemple très concret, une climatisation, je pense que c'est le moment d'en parler, qui commence à souffrir, on détecte avant qu'elle tombe en panne, et ça nous permet, lorsqu'elle revient au garage, de pouvoir la réparer. L'objectif, il est assez simple avec ce type de contrat avec le CEA, c'est de se dire que dans les 10 prochaines années, nous n'ayons aucune panne, zéro, zéro panne, d'un train en ligne, parce que nous n'aurions pas bien maintenu ce train. Ça, c'est un point important. Merci beaucoup, Christophe Vanichet, merci beaucoup, parce qu'on sait que vous êtes très occupés, très sollicités pendant ce week-end, c'est un week-end important avec ces transhumances des Français.

Merci d'avoir été avec nous. Je rappelle que vous êtes directeur général de SNCF Voyageurs. Merci. Dans un instant, c'est Pierre-André Tchananda, le président de l'Institut d'entreprise, les patrons qui attendent beaucoup de cette élection présidentielle pour essayer de faire bouger les lignes. Il nous dira s'il est confiant, on ne peut en douter, et puis il est aussi tout nouveau président du Conseil d'administration de l'équipementier Forvia. A tout de suite. Le 18-19 d'Edwis Chevrillon.

Au retour ici, à Aix-en-Provence, où nous sommes donc pour les rencontres économiques, mon invité, c'est Pierre-André Tchananda, le président de l'Institut d'entreprise, président du Conseil d'administration de l'équipementier Forvia et président d'honneur de Saint-Gobain. Bonjour, Pierre-André Tchananda. Bonjour. Merci d'être avec nous. Beaucoup de questions parce que vous, vous représentez l'industriel, les industriels et les patrons. Et les patrons, ils ne sont pas forcément très très contents de ce qu'ils voient en tous les cas dans les différents programmes des candidats à l'élection présidentielle. Alors certains vous satisfont plus que l'autre.

Je voudrais qu'on en parle parce qu'on est vraiment face à un moment très important pour vous, pour cette présidentielle. Vous avez écrit une tribune, je la trouvais très intéressante, qui était dans le point où vous disiez mais attendez, un, nous avons cessé de produire, puis deux, il faut arrêter de prendre les entreprises comme des variables d'ajustement budgétaires. Est-ce que là, c'est un peu le message que vous voulez faire passer ici à Aix ?

31:16
Locuteur non identifié

C'est ce qui s'est passé sur le budget 2026, in fine. Comme on n'a pas du tout bougé sur les dépenses publiques et qu'il fallait quand même boucler le budget, in fine, c'est des entreprises qui ont fait la variable d'ajustement. Et on a tendance, les politiques ont tendance à traiter les entreprises comme les vaches à lait alors qu'elles sont déjà très corsetées. Donc oui, c'est un vrai sujet. Et je pense que les Français, eux, ils font plus confiance à l'entreprise. Donc il y a un sujet de perception par les politiques qui n'ont pas le courage de faire les réformes qu'il faut sur le plan des dépenses, et bien in fine, de faire l'ajustement.

Et donc, oui, les entreprises sont inquiètes parce que la situation politique à l'Assemblée, elle n'a pas changé par rapport à l'année dernière et que le budget 2027, il se présente dans des conditions difficiles. Donc, et si vous voulez, on se dit que ça fait maintenant un moment qu'on n'a plus de réformes et qu'on va encore avoir un an sans réforme, voilà, donc c'est vrai que les entreprises, elles sont inquiètes.

32:15
Invité

Oui, et puis surtout devant le budget 2027 parce qu'on ne sait pas si, un, il y aura une majorité pour la voter. Si on est en loi spéciale, ça sera presque encore pire parce qu'à ce moment-là, toutes les taxes sur les grandes entreprises, ça va être compliqué aussi. C'est ça qui vous inquiète en tous les cas pour les prochains mois à venir ?

32:31
Locuteur non identifié

Oui, c'est pas très... Et puis surtout, si vous voulez, le fait que depuis maintenant 2-3 ans, la France fait du surplace alors que les autres pays avancent. Et donc, en gros, ça veut dire qu'on prend du retard et on prend du retard et aujourd'hui, les entreprises, elles se sont adaptées à énormément de crises, elles ont fait preuve d'une grande résilience, mais la situation française les inquiète. Et donc, alors que la situation dans le monde, elle est compliquée, mais vis-à-vis des entreprises, il y a beaucoup de pays qui prennent mieux en compte les besoins des entreprises que la France aujourd'hui.

33:02
Invité

Oui, on a vu là le chancelier allemand qui est fragilisé aussi dans sa majorité politique, on l'a accusé de rien faire et là, finalement, il a affiché un discours avec des réformes quand même assez fortes, notamment des réformes structurelles sur les retraites, alors aussi sur une hausse d'impôts pour les plus aisés et puis, on voit bien qu'il y a la question qui se pose de qu'est-ce qui va se passer pour la compétitivité, que le problème est encore plus fort presque en Allemagne d'un pays industriel qu'en France, paradoxalement.

33:34
Locuteur non identifié

Pourquoi ? Depuis quelques années, la France avait un retard et une désinstruction qui avait été beaucoup plus forte.

Elle a été arrêtée, je crois que les réformes qui ont été faites en 2017 et 2018 ont été importantes et on l'a vu jusqu'en 2022 et donc, on a un peu amélioré notre situation pas par rapport au monde mais par rapport à l'Europe et puis, il y a eu la crise ukrainienne qui a fait apparaître un vrai problème du business model allemand et aujourd'hui, l'Allemagne est beaucoup plus touchée que la France parce que l'Allemagne a encore une partie très importante de son économie qui est dans l'industrie, nous, on ne l'a plus et que l'industrie, elle a ce problème que nous n'avons pas de l'énergie et elle a ce problème que nous avons mais qu'elle a encore beaucoup plus important qui est le rouleau compresseur chinois qui est en train de balayer toute une série de secteurs et donc l'Allemagne et c'est très important ce qui se passe en Allemagne puisque l'Allemagne a toujours été très libre-échangiste et là, elle s'aperçoit que ça ne marche pas et donc, il y a une tension entre ceux qui disent il faut rester comme avant et ceux qui disent c'est peut-être les français qui ont raison et vis-à-vis des chinois il faut probablement changer de logiciel

34:45
Invité

Oui et du reste il y a des réunions très importantes et pour l'instant sur l'accord qui n'a pas encore été signé avec les chinois parce que c'était les allemands qui bloquaient et que là les allemands ils sont en train de se rendre compte que leur industrie évidemment j'espère qu'ils vont bouger

34:58
Locuteur non identifié

mais ce n'est pas encore

34:59
Invité

parce qu'on est coincé nous les européens on est un peu dans une pince économique si vous me permettez cette expression entre les chinois et les américains et que nous on est au milieu et que finalement il faut bien qu'on essaie de trouver une solution non ?

35:15
Locuteur non identifié

Ce qui s'est passé si vous voulez surtout sur beaucoup de domaines industriels c'est deux choses premièrement les américains se sont complètement refermés et donc les surcapacités chinoises elles vont où ?

elles vont en Europe et l'Europe ne s'est pas protégée ça c'est le premier phénomène et le deuxième phénomène c'est qu'on a sous-estimé les progrès technologiques absolument considérables qu'a fait la Chine qui ont été comme le montre l'OCDE très subventionnées mais qui font qu'aujourd'hui dans beaucoup de domaines on parle beaucoup de l'industrie automobile là c'est très flagrant mais c'est comme ça dans beaucoup de domaines les produits chinois avec en plus un taux de change ça c'est la première chose qu'a dit le chancelier qui est quand même très importante un changement c'est qu'on a un euro

35:58
Invité

qui est très fort par rapport au M&B

36:00
Locuteur non identifié

tout à fait et donc si vous voulez on a une invasion des produits chinois en Europe dans beaucoup de secteurs industriels

36:06
Invité

mais parce que aussi et vous l'avez dit à l'instant Pierre-André Tchendard ce qui est c'est qu'ils ont fait une révolution technologique d'innovation absolument considérable et que nous on ne l'a pas fait

36:19
Locuteur non identifié

pendant longtemps on a cru que les chinois nous copiaient et en fait aujourd'hui on ne peut pas dire qu'ils copient et quand vous regardez les dépenses de R&D des chinois de recherche et développement elles sont très au-dessus des nôtres et donc ils sont en avance ils ont une concurrence très importante c'est un mélange entre un système politique très autoritaire et un système capitaliste très très concurrentiel et qui est très favorable à l'innovation

36:44
Invité

et vous vous êtes dans quelle position est-ce que vous êtes pour

36:49
Locuteur non identifié

moi je pense qu'il faut se protéger

36:52
Invité

alors on se protège comment ? c'est-à-dire on met quoi aux barrières ?

36:55
Locuteur non identifié

si vous voulez il faut il faut il faut comprendre qu'aujourd'hui on est dans la situation c'est pas très agréable à dire mais on est dans beaucoup de domaines dans la situation d'un pays émergent la Chine il y a 25 ans et bien qu'est-ce qu'ils ont fait les chinois pour se développer dans cette situation ils ont dit ok vous pouvez venir les Européens mais vous prenez dans des JV où vous êtes minoritaire et vous transférez la technologie et donc je pense que nous il faut se protéger d'une manière ou d'une autre il y a le taux de change c'est pas très facile à obtenir mais il y a donc il y a les droits de douane et puis il y a toutes les règles qui me paraissent intéressantes sur le contenu local ce qu'ont fait les Américains en gros si vous voulez nous on est le déversoir des surcapacités chinoises parce que l'économie chinoise ne va pas si bien que ça donc ils ont ils ont un modèle qui est tout entier tourné vers l'industrie et vers l'exportation

37:48
Invité

oui et je peux vous confirmer tout le monde vous dit que par exemple les navires sont pleins de marchandises chinoises et qui déversent leurs produits leurs marchandises en Europe

38:01
Locuteur non identifié

et alors si vous prenez l'exemple de l'automobile en plus comme dans l'automobile si vous voulez l'Europe a dit au lieu de donner un objectif de sur le plan neutre sur le plan technologique qui est en gros dire il faut réduire les émissions de CO2 on a dit comment il faut les faire et donc on a dit on a dit l'électrique alors qu'on n'était pas bon en Europe par rapport aux chinois et on n'était pas prêt et on n'était pas prêt voilà donc on a un vrai problème

38:25
Invité

mais donc par exemple si on reste dans le secteur de l'automobile parce que maintenant vous êtes président du conseil d'administration de Forvia qui est le grand équipement automobile français mais il travaille déjà beaucoup avec les chinois donc et quand moi je m'en souviens j'avais posé la question aux dirigeants à l'époque de Forvia et qui me disaient mais nous on est pour travailler avec des chinois parce que c'est parce qu'on en a besoin

38:47
Locuteur non identifié

mais on travaille avec les chinois en Chine et on travaille avec les européens en Europe là moi je parle ce que je viens de vous dire c'est pour l'ensemble de l'industrie automobile et toute la chaîne de valeur

39:00
Invité

est-ce que vous êtes pour faire vous me direz c'est difficile de vous prononcer mais il y a tout un débat vous savez donc Stellantis a ouvert une de ses usines notamment aux chinois pour qu'ils viennent produire en France si vous voulez alors est-ce que c'est est-ce que c'est une bonne idée il y a d'autres constructeurs qui disent mais attendez on ne peut pas faire ça

39:19
Locuteur non identifié

c'est ce que je vous disais pourquoi pas à condition qu'il y ait des règles et où les bonnes technologies sont transférées et à condition aussi que les chinois qui sont en Europe ils achètent leurs équipements en Europe c'est ce qu'ont fait les américains et c'est ce que font les chinois en Chine et vous croyez qu'ils l'accepteraient ?

c'est à l'Europe de le décider et donc il faut que les allemands signent et bien les allemands ils sont en train d'évoluer là dessus c'est un peu compliqué encore mais c'est un petit peu l'idée qu'a eu la commission avec l'acte industriel les propositions de la commission du commissaire ces journées et qui vont maintenant passer au parlement donc les débats ils vont avoir lieu bientôt

39:57
Invité

oui mais il faut voir aussi que le made in Europe il faut dire qu'on a une version quand même très très élargie de l'Europe

40:03
Locuteur non identifié

alors ça fait partie de tout ça quand on rentre dans l'État c'est très compliqué mais je pense que ça va dans le bon sens et que l'Allemagne est en train et l'Allemagne est clé parce qu'aujourd'hui l'Europe est allemande sur le plan du pouvoir c'est souvent les français qui ont les bonnes idées mais c'est les Allemands qui décident parce qu'on est plus crédible compte tenu de la situation de nos comptes à nous et donc il faut que les Allemands bougent

40:22
Invité

et là qu'est-ce que vous allez dire vous allez rencontrer différents candidats à l'élection présidentielle il y a beaucoup de politique je le disais avec Jean-Hérôme Lorenzi qu'est-ce que vous avez envie de faire leur faire passer c'est-à-dire la forme structurelle la compétitivité ok mais

40:35
Locuteur non identifié

quoi particulièrement ?

à l'Institut de l'entreprise pour préparer un peu ces échéances on s'est concentré sur plusieurs sujets on n'a pas traité le sujet de la dette et des finances publiques parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens il est majeur mais on s'est concentré sur ce qu'il fallait faire dans plusieurs domaines qui intéressent l'entreprise mais qui devraient être de politique publique l'éducation la santé l'innovation et le travail et donc on va on a sur certains déjà commencé à publier nos travaux on va le faire à la rentrée et on a commencé à en discuter on va en discuter avec les différents candidats pour essayer de les alimenter en idée sur ce qui nous paraît bon à faire pour la France

41:12
Invité

tiens j'ai juste une dernière question là-dessus le travail puisque vous parlez de travail on voit bien qu'une des grandes questions pour les français et puis pour les entreprises c'est de savoir comment rapprocher dans la feuille de paye le brut du net on fait comment ? vous êtes d'accord qu'il y a un problème ? les augmentations ont comparé les augmentations de salaire notamment entre en Allemagne en Europe et en France et nous on était les plus bas en termes d'augmentation de salaire des français

41:40
Locuteur non identifié

moi j'ai une solution là-dessus qui est de dire qu'une des raisons c'est parce que les cotisations sociales en France sont très élevées c'est parce qu'il faut revoir la manière dont est financé notre modèle social il y a des de mon point de vue il y a des des éléments de ce modèle social qui ne relèvent pas du travail la santé la famille alors que les retraites et le chômage ça relève du travail et donc il faut trouver d'autres assiettes et pour en baissant les cotisations sociales et donc augmenter le pouvoir d'achat et le salaire net par rapport au brut

42:10
Invité

mais alors vous faites quoi vous augmentez la TVA

42:13
Locuteur non identifié

oui tout à fait c'est le seul impôt sur lequel on est très en dessous de la moyenne européenne et je pense que si on ne touche pas au taux réduit on peut avoir quelque chose qui socialement est tout à fait acceptable alors ça n'a pas bonne presse en France mais j'observe qu'il y a des tabous qui tombent il y a un an le tabou sur la retraite par capitalisation il était encore là il a tombé je pense que de la TVA il va falloir qu'on fasse tomber ce tabou

42:37
Invité

juste un point quand même je reviens sur l'industrie la désindustrialisation est-ce qu'on va certains économistes le disent on va vers une nouvelle vague de désindustrialisation est-ce que vous le sentez là à côté chinois

42:51
Locuteur non identifié

en Allemagne c'est très très fort en ce moment en Allemagne il y a 10 000 emplois par mois qui disparaissent donc j'espère que les Allemands vont se réveiller rapidement et chez nous en France chez nous c'est moins parce qu'on avait désindustrialisé déjà mais c'est pas bon oui oui la vague chinoise est terrible en ce moment

43:06
Invité

comment vous dites vous disiez tout à l'heure mais on a fait des choses qu'en 2022 pour réindustrialiser la France ok on est toujours en dessous de 10 je veux dire on est monté une fois à 11 on est en dessous de 10 on s'était remis à peu près dans les clous 10% du PIB

43:19
Locuteur non identifié

on s'était rapproché de la moyenne européenne aujourd'hui le sujet il est l'Europe par rapport à la Chine il est beaucoup plus prégnant le sujet Europe par rapport à la Chine qu'il n'était il y a 5 ans

43:28
Invité

merci beaucoup Pierre-André Chandard d'avoir été avec nous c'est une entreprise président du conseil d'administration de Forvia et président d'honneur de Saint-Gobain vous parliez d'Europe merci vous faites vous aussi le lien avec mon invité dans un instant c'est Clément Beaune le haut commissaire il était ancien ministre de l'Europe donc il va peut-être aussi répondre à cette question sur les chinois à tout de suite le 18-19 d'Edwish Chevrillon sur BFM Business bonjour Clément Beaune bonjour merci ancien ministre voilà maintenant vous êtes haut commissaire à la stratégie au plan c'est important de dire le mot stratégie parce que les deux vous êtes les deux et vous êtes d'autant plus les deux que demain vous publiez mais vous allez nous en livrer les grandes lignes dès ce soir tout un rapport où vous expliquez pourquoi il faut une planification vers une nouvelle planification et vous fixez deux échéances et 2035 2050 mais d'abord je voudrais peut-être poser une question à l'ancien ministre en charge de l'Europe mais aussi parce que la personnalité que vous êtes et qui observe ce qui se passe est-ce que vous avez le sentiment qu'aujourd'hui l'Europe elle est un peu à bout de souffle que l'Europe elle est je veux dire c'était le patron de AXA Thomas Burbell qui dit elle fait plus rêver pourtant moi je suis un pur produit européen il est allemand mais il travaille évidemment dans un groupe français quand même elle fait plus rêver elle est devenue une sorte de monstre technocratique vous êtes d'accord ?

45:08
Locuteur non identifié

non on est quand même les champions du monde de l'auto-dénigrement c'est à dire nous les Européens on passe la journée à avoir des problèmes je crois pas les Américains ont quelques problèmes les Britanniques ont quelques problèmes et ils passent moins de temps à commenter leurs propres problèmes alors oui il faut être lucide et on le fait au plan notamment toute la journée vous parliez avec Pierre-André de Chalandard du défi chinois on n'arrête pas d'alerter sur le fait qu'il faut une réaction européenne qu'il faut sans doute des droits de douane qu'il faut se protéger on voit que sur l'IA il faut rattraper et investir mais on a justement des atouts pour le faire et moi je crois qu'on n'est pas foutu

45:38
Invité

on a les atouts on est d'accord bien sûr il faut les mobiliser il faut les mobiliser c'est tout le problème exactement pendant ce temps-là ça prendra 2 ans 3 ans 4 ans

45:47
Locuteur non identifié

c'est pas vrai parce que je pense que d'abord c'est important d'inverser un peu le récit c'est à dire on a des atouts on peut les mobiliser pour répondre aux problèmes qu'on a plutôt que de dire on a des problèmes on est foutu on n'y arrivera pas moi je suis un Européen lucide mais optimiste j'ai vécu des périodes ça a créé le plan de relance européen en quelques mois et donc ce qu'on doit faire aujourd'hui c'est en gros ce que Mario Draghi a dit il n'y a pas besoin de refaire des rapports ça a été écrit sur l'investissement et sur la dette

46:14
Invité

ça a été écrit il y a combien de temps Clément Beaune ?

46:16
Locuteur non identifié

il y a 2 ans exactement et vous avez raison mais il faut se battre pour ça mais de toute façon il n'y a que 2 solutions soit on dit écoutez il l'a écrit on ne le fait pas c'est dommage soit on dit il l'a écrit faisons-le et battons-nous je crois beaucoup plus à ça et il y a des sujets sur lesquels on le voit sur la défense on est en train de réinvestir on arrive à avoir des coopérations il y en a qui ne marchent pas il y en a qui avancent comme avec NDS donc il faut aussi qu'il y ait un peu un état d'esprit les Chinois et les Américains ils se optimisent sur leur avenir nous on n'est pas optimistes sur notre avenir et on aurait des raisons de l'être si on se bat et donc je pense que sur tous ces sujets-là on peut mobiliser nos atouts d'européens

46:47
Invité

vous connaissez bien l'Europe on va en profiter juste sans langue de bois les blocages à votre avis ils sont ouf ils sont dans la construction politique de l'Europe dans le sens où en fait tout le monde veut décider et il n'y a pas un vrai chef

47:02
Locuteur non identifié

oui mais j'entends beaucoup de projets il faudrait faire l'Europe décide non mais vous

47:05
Invité

qu'est-ce que vous en pensez je vous pose la question

47:07
Locuteur non identifié

moi je pense que la réalité c'est que oui il y a des blocages mais la façon de débloquer les blocages c'est pas de reperdre du temps sur refondre nos institutions c'est prendre des initiatives et puis se battre par exemple la préférence européenne c'est-à-dire le fait que sur le marché public quand on subventionne par exemple l'achat de véhicules électriques on ne subventionne pas les chinois on ne subventionne pas ceux qui sont en dehors de l'Europe et bien sur tout ça c'est pas la peine de faire des machins institutionnels il faut aller se battre aller voir les allemands moi je le fais à ma petite échelle par exemple quand on a dit sur la Chine on est en train de mourir notre industrie peut crever sous la pression chinoise il faut aller à Berlin il faut aller à La Haye il faut aller à Bruxelles et leur dire écoutez voilà le diagnostic voilà les propositions il y a des choses par exemple qui s'appellent la section 301 ce que font les américains ils mettent des droits de douane quand il y a du dumping de la Chine par exemple bon bah ce sujet là je vous prends un exemple parce qu'il avance il a été saisi par les allemands et même le chancelier allemand il dit qu'il faut réagir vite et fort face à la Chine ce qui est complètement nouveau dans son discours donc c'est une initiative politique

48:01
Invité

on vient d'en parler c'est qu'effectivement ils se rendent compte que leur industrie est en train de se faire complètement laminée par les chinois

48:08
Locuteur non identifié

le chiffre de Pierre-André de Chalandard qu'on met dans notre rapport sur la Chine publié en février c'est un chiffre qu'on devrait répéter tous les jours jusqu'à ce que les allemands réagissent ils perdent 10 000 emplois industriels tous les mois depuis 3 ans il y a des secteurs comme la chimie qui ont perdu 30 à 40% de leur capacité de production en moins de 5 ans les capacités d'export en automobile en Allemagne sont en train de s'effondrer et la réalité c'est que j'étais à Berlin il n'y a pas longtemps même les entreprises de ce qu'on appelle le Mittelstand ces entreprises de taille intermédiaire souvent qui exportent qui sont parfois des leaders mondiaux industriels dans leur domaine de la chaudière au boulon ils sont en train de mourir sous la concurrence chinoise on a leur propre gouvernement de réagir et de changer de logiciel pour avoir des protections face à la Chine il faut investir il faut innover mais il faut aussi se protéger les autres le font et donc là pour le coup je partage votre idée que nous Européens il n'y a pas de raison qu'on soit plus bête et plus naïf que les autres mais il faut se battre il faut aller de sommet en sommet de réunion en réunion dire faisons-le et faisons-le vite et je pense que dans les prochains mois ça va se faire

49:04
Invité

et c'est la phrase de McCartney qui est le premier ministre canadien qui à Davos a dit il faut créer la puissance des petites puissances ou des moyennes puissances

49:13
Locuteur non identifié

une alliance de ces puissances moyennes ou en tout cas intermédiaires oui c'est vrai c'est d'ailleurs pour ça qu'on a besoin d'être ensemble mais regardez parce qu'à tous ceux qui disent où est l'Europe que fait l'Europe on a commémoré si je puis dire les 10 ans du Brexit il y a tout juste quelques jours tout va plus mal sur tous les mêmes défis au Royaume-Uni que chez nous et tout va plus mal chez eux qu'avant le Brexit à telle enseigne que même les gens qui ont voté Brexit en majorité dans toutes les enquêtes disent aujourd'hui qu'ils regrettent et qu'ils ne voteraient pas la même chose ce qui ne veut pas dire que le pays s'est effondré le Royaume-Uni reste un grand pays et tant mieux c'est un grand partenaire mais on voit bien que quand on quitte l'Europe et qu'on casse l'outil on fait moins bien donc essayons de l'améliorer et c'est possible on l'a fait dans un certain nombre de domaines je sors d'une table ronde on discutait du climat on est quand même le continent même si parfois on est allé un peu vite un peu loin mais on voit bien qu'on a besoin de réinvestir avec les changements climatiques qu'on vit les dérèglements comme la canicule qu'on a vécu l'Europe est le continent leader y compris sur le plan industriel de la transition écologique énergétique climatique c'est quand même des atouts formidables qu'il faut cultiver

50:11
Invité

vous venez de dire tiens il regrette toute cette décision retour en arrière on peut se poser la question en se disant lorsqu'on voit les sondages pour l'élection présidentielle française cette fois-ci ou a priori c'est plutôt le Rassemblement National qui est en tête en second c'est plutôt et les filles donc les parties extrêmes on peut se demander si les français n'ont pas envie de voter pour eux mais peut-être qu'après ils le regretteraient mais ils ont quand même envie de le faire

50:39
Locuteur non identifié

oui alors ça c'est un combat qu'il faut mener ce sera le combat des mois qui viennent où il faut expliquer que même quand il y a des choses qui vont mal les solutions que proposent les partis populistes d'ailleurs d'extrême gauche comme d'extrême droite sont des solutions qui vont empirer dégrader abîmer le pays et la situation et c'est exactement ce qui s'est passé dans le Brexit les gens qui l'ont rendu

50:57
Invité

pour ça que je fais la comparaison

50:59
Locuteur non identifié

aux ouvriers britanniques que ça allait aller mieux demander à un pêcheur britannique si ce qu'on lui a promis est arrivé demander à quelqu'un qui au Royaume-Uni attend à l'hôpital le fameux NHS la sécurité sociale pour avoir une consultation une opération ça s'est dégradé la grande promesse de M. Johnson qui était l'ami

51:14
Invité

M. Boris Johnson avec ses cars où il disait

51:16
Locuteur non identifié

qui était en fait au fond l'ami pardon de le dire ainsi du Rassemblement National puisqu'à l'époque je rappelle que le Rassemblement National était pour le Frexit donc ils étaient finalement sur la même ligne ce M. Johnson qui s'est barré et ça va très bien pour lui il avait promis qu'il y ait 350 millions de livres par semaine en plus dans le système hospitalier britannique il y a zéro donc il faut avoir en tête que les populistes ils peuvent séduire parce qu'ils ont un discours simple rapide qu'ils capitalisent ils exploitent des colères mais qu'ils n'ont amélioré la situation de personne et si on a un doute il suffit de regarder ce qui se passe au Royaume-Uni

51:44
Invité

Clément Boun donc je le disais demain vous publiez un rapport votre rapport sur lequel vous travaillez au commissariat vers une nouvelle planification deux horizons 2035-2050 vous allez dire pourquoi ces deux dates juste une question une planification il ne faudrait pas qu'elle se fasse au niveau européen en fait

52:02
Locuteur non identifié

en partie mais on a besoin par exemple on va négocier un budget au niveau européen dans les mois qui viennent sur notre agriculture pour le soutien à l'investissement dans la défense c'est un budget sur 7 ans c'est très bien parce que ça donne de la visibilité de la pluriannualité on en manque souvent dans nos budgets nationaux ici en France mais on a aussi besoin d'avoir nos propres décisions moi je suis un pro-européen mais je ne crois pas que ça doive abolir tout effort ou tout investissement national évidemment et donc on a fait effectivement ce travail qui a une dimension européenne mais qui s'appelle France 2035-France 2050 on va publier différents chapitres sur le climat sur la démographie sur les finances publiques dans les prochaines semaines progressivement et demain on donne le coup d'envoi en disant si on veut que tout ça réussisse il y a une forme de chapeau qui est nécessaire c'est d'avoir de la pluriannualité de la stabilité et ce que j'appelle le retour d'une planification à la française d'avoir des lois de plan des lois avec les grandes options et on vote au parlement c'est débattu à ciel ouvert c'est voter démocratiquement et on dit voilà les priorités pour les 5 ans qui viennent parce que donnez-nous un exemple je vous donne un exemple quand vous avez des dispositifs qui sont très bien très utiles comme le leasing social pour encourager pour les ménages modestes le passage aux véhicules électriques quand vous avez des primes pour faire c'est d'actualité

53:09
Invité

quand vous voyez tous les allers-retours quand vous voyez sur la marque quand vous avez des changements tous les 3 mois ou tous les 6 mois ça ne marche pas

53:14
Locuteur non identifié

exactement et donc qu'on soit pour ou contre une politique il faut qu'elle soit assumée dans la durée et donc c'est ce que faisait exactement le plan La Française le plan La Française c'était pas juste des tableaux chiffres c'était des priorités et de la stabilité et ces 2 éléments ils sont la clé pour tout le reste pour la démographie pour la défense pour le climat et il n'y a pas de raison qu'on soit pas capable de faire ça c'est ce que font les chinois c'est pas parce qu'on est une démocratie qu'on n'est pas capable de faire ça on peut en débattre et on l'a fait le plan il a été créé en 46 on commémore ses 80 ans il y avait tous les 5 ans un grand plan qui était discuté préparé concerté et qu'on votait au parlement et que des forces politiques différentes votaient

53:50
Invité

avec la vitesse du monde aujourd'hui on voit ce qui se passe sur l'intelligence artificielle je veux dire et pas que sur l'intelligence artificielle tout va très vite les géopolitiques un plan à 5 ans en 10 ans il est plus valable au bout d'un an c'est un peu ça qu'on a envie de vous dire

54:05
Locuteur non identifié

je pense au fond le contraire c'est parce que ça va vite il faut avoir des priorités stables les chinois ils ont le monde qu'on connait ils sont pas mauvais dans l'IA ils sont en train de devenir les champions du monde pas loin des américains ils sont les meilleurs dans le véhicule électrique et dans les technologies vertes aujourd'hui

54:19
Invité

ils sont les meilleurs

54:20
Locuteur non identifié

dans énormément de technologies modernes et ils ont des plans ils viennent même d'adopter leur 15ème plan quinquennal au mois de mars et dans ce plan justement ils disent si on veut monter en puissance sur l'IA si on veut monter en puissance sur les biotechnologies si on veut monter en puissance sur les thérapies innovantes dans la pharmacie il faut qu'on ait des investissements dans la durée qu'on change pas de priorité tous les ans et qu'on en discute et qu'on les affiche et qu'on les tienne et ça je crois que ce cadre là ce cadre là il a existé dans des périodes où il y avait aussi des bouleversements et parce que justement si on regarde l'actualité c'est le buzz chaque jour c'est le changement chaque jour on a besoin de cette stabilité je préfère qu'on ait ça plutôt que le tweet du matin qui nous dise voilà comment ça va se passer ça c'est la méthode Trump ça ne marche pas très bien

55:00
Invité

oui un peu la méthode Macron non aussi

55:02
Locuteur non identifié

non honnêtement je crois pas et avoir de la stabilité heureusement qu'on a eu j'étais assez coté à ce moment là quand on a lancé des investissements de défense heureusement que quand personne n'en parlait par exemple en 2017 on a réinvesti dans notre défense et on aura doublé notre budget de défense sur 10 ans ça c'est un choix de long terme que tout le monde ne soutenait pas au départ

55:18
Invité

souvenez-vous aussi de l'éviction du général de Villiers parce que justement il avait eu ce langage de vérité en disant il faut plus de dépenses militaires

55:26
Locuteur non identifié

ça je crois honnêtement que c'est un autre sujet

55:28
Invité

c'est le même sujet alors c'est peut-être ce qui a permis une prise de conscience

55:34
Locuteur non identifié

oui je ne suis pas sûr mais c'est un autre débat mais en tout cas l'investissement de la défense ça se vérifie il a été fait il a été voté au parlement et loi de programmation militaire c'est exactement ce qu'on décrit c'est pour ça que je prends cet exemple ça fait partie encore des rares objets des rares sujets en France sur lesquels on a réussi à avoir un consensus politique assez fort avoir des budgets qui sont en hausse et c'était nécessaire il faut encore les renforcer et avoir de la stabilité dans l'exécution de ces priorités si on avait un budget de défense qui changeait chaque année dans un sens ou dans l'autre d'ailleurs on ne pourrait pas faire les investissements dans les technologies dans les drones dans un futur porte-avions et dans notre force de dissuasion on a besoin de cette stabilité ce qui est vrai dans la défense maintenant chacun en convient parce que les menaces sont visibles il faut le faire sur le climat il faut le faire sur la démographie il faut le faire sur l'école il faut le faire sur l'agriculture il faut le faire sur 5-6 grands sujets sur lesquels on ne peut pas se permettre le luxe de changer d'avis et de cap tous les 6 mois

56:23
Invité

oui et vous avez raison ce sont des sujets structurants en tous les cas ceux que vous avez cités la question c'est qu'il faut que les politiques ne changent pas d'avis en fonction du tweet qu'ils font le matin pour reprendre votre expression

56:38
Locuteur non identifié

c'est vrai ça c'est une discipline collective j'ai été en responsabilité je me mets dedans parfois on est happé par l'urgence mais d'ailleurs moi je ne pense pas du tout qu'il faut mépriser l'urgence la vie quotidienne des français c'est des crises que dirait-on si le gouvernement face à une crise climatique ou face au détroit d'Ormousse ne faisait rien il faut réagir

56:54
Invité

mais ça c'est pas écrit dans le plan non ça c'est sûr bien sûr

56:56
Locuteur non identifié

mais en revanche là où il y a un problème je crois c'est quand l'urgence commande tout c'est à dire que quand vous passez 100% de votre temps et de votre énergie dans l'urgence j'ai s'occupé d'un portefeuille comme les transports vous l'avez rappelé il faut réagir quand il y a un problème de grève quand il y a un problème de canicule évidemment heureusement d'ailleurs et nos services publics le font plutôt bien mais il faut aussi qu'on garde 10, 20, 30% de son temps pour préparer le plan d'investissement de demain pour que la canicule dans 2 ans ou dans 5 ans elle se vive un peu mieux qu'aujourd'hui donc je crois pas que le temps long ça soit l'ennemi de l'urgence mais c'est pas non plus une lubie ou un luxe on en a besoin pour éviter de vivre des situations extrêmement difficiles et pour éviter justement les coups yo-yo aujourd'hui tout le monde dit qu'il est pour l'écologie je fais partie de ceux qui ont toujours défendu l'investissement et le combat pour l'écologie ça peut pas être passager ça peut pas être une variable d'ajustement pour devenir les investissements et les objectifs donc que tous ceux qui redécouvrent l'écologie aujourd'hui s'en souviennent dans quelques semaines

57:49
Invité

et ceux qui redécouvrent la planification lisent votre rapport

57:52
Locuteur non identifié

demain matin

57:53
Invité

demain matin merci beaucoup d'avoir été avec nous Clément Beaune le haut commissaire en charge de la stratégie du plan voilà c'est la fin de ce 18-19 bien sûr on se retrouve demain et après-demain tout de suite le journal avec Stéphanie Collot le 18-19 d'Edwish Chevrillon sur BFM Business

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