Marion SESSIECQ : Maire Les Ecologistes du 3e arrondissement de Lyon
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Questions et réponses
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- 0:46OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça fait d'abord ?
- 0:48OuverteRéponse directe
Madame le maire ou Madame la maire ?
- 1:29OuverteRéponse directe
Vous n'avez pas de demande particulière sur le titre ?
- 1:42OuverteRéponse directe
Est-ce que être une femme en politique est un sujet pour vous ?
- 3:32OuverteRéponse directe
Vous vous considérez comme une femme politique ou une femme qui fait de la politique ?
- 4:25OuverteRéponse directe
Comment date votre engagement politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:07Invité politiqueFait
« Je pense qu'on a pris l'habitude de dire Madame le maire, puisque jusqu'à présent, jusqu'à il n'y a pas longtemps, c'était quand même beaucoup des hommes. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Si ce n'était pas le peuple qui faisait la langue, si c'était l'académie française qui faisait la langue, on roulerait encore les R et on ne dirait pas François, on dirait Françouais. »
- 2:51Invité politiqueFait
« Il a fallu faire des lois pour la parité. »
- 3:10Invité politiqueFait
« Maternisantes, voilà. Avec des tout petits budgets, etc. »
- 4:34Invité politiqueFait
« Moi, je viens du secteur associatif, j'ai toujours été salariée dans le domaine socioculturel, de plus en plus dans le social, la politique de la ville, l'accompagnement des familles. »
- 8:45Invité politiqueChiffre
« Un cinquième de la population, quasiment un cinquième de la population de Lyon vit dans le troisième arrondissement. »
- 15:16Invité politiqueFait
« Le groupe La Poste, en France, est une société depuis, je crois, 2010, peut-être que c'est une mauvaise date, mais enfin, depuis quelques années, qu'il y a une mission de service public. »
- 15:39Invité politiqueChiffre
« Il avait été prévu une coupe franche de 50 millions d'euros par l'État pour le groupe La Poste en 2024. »
- 18:02Invité politiqueFait
« La ville du quart d'heure, c'est l'idée que tout un chacun peut se déplacer et peut avoir accès à des équipements fondamentaux, une école, du soin, une pharmacie, un commerce, à un quart d'heure à pied de son espace de vie. »
- 18:23Invité politiqueFait
« Ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'OMS. »
- 20:05Invité politiqueFait
« Nous, on a des finances extrêmement saines et d'ailleurs, Audrey Henoch, la première adjointe de Grégory Doucet, on a parlé dernièrement. On est très, très bien noté sur la ville de Lyon. »
- 23:22Invité politiqueChiffre
« Avant le mandat, donc en 2019, il y avait en moyenne un enfant par mois sur la métropole qui se faisait renverser aux abords des écoles. »
- 24:58Invité politiqueChiffre
« 25 millions d'euros sur le mandat, 12,5 sur la première édition et 12,5 sur la prochaine, qui a commencé le 1er octobre. »
- 32:10Invité politiqueFait
« L'écologie sans justice sociale, c'est du jardinage. »
- 32:33Invité politiqueFait
« C'est l'OMS qui le dit et ce n'est pas des affreux idéologues ni des sectaires comme quelquefois on est taxé de l'être. »
- 32:33Invité politiqueFait
« c'est l'OMS qui le dit et ce n'est pas des affreux idéologues ni des sectaires comme quelquefois on est taxé de l'être. »
- 33:56Invité politiqueFait
« Il y a une des limites planétaires qui en passe d'être dépassée, c'est l'acidification des océans. »
- 36:09Invité politiqueFait
« la qualité de l'air à Lyon s'est améliorée, l'occidentologie a grandement diminué. »
- 36:21Invité politiqueFait
« on n'est pas du tout dans une écologie punitive mais au contraire dans une écologie joyeuse et qui permet à tout le monde de mieux vivre. »
Temps de parole
- Invité politique68 %
- Présentateur30 %
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A Lyon, vous écoutez Lyon Première. Lyon Première ! Lyon Première, l'invité politique du samedi, avec Lyon Positif, Frédéric Duval. Bonjour à toutes et à tous, je suis heureux de vous retrouver pour cette nouvelle émission L'invité politique le samedi d'11h à midi sur Lyon Première. Et je suis ravi de vous rencontrer Marion Sessiec. C'est la première fois qu'on se rencontre.
Et oui, bonjour à vous.
Et pour cause, puisque vous êtes la nouvelle maire du 3ème arrondissement de Lyon. Tout à fait. Depuis peu, depuis le mois de juin. Et puis, j'avais envie d'abord de vous rencontrer. Et puis, vous savez qu'ici, on a le plaisir d'accueillir l'ensemble des maires d'arrondissement pour les découvrir. On est beaucoup dans la proximité, mais ça ne se fait que maintenant. Merci d'être à ce micro. On va parler d'actualité, on va parler de votre arrondissement, on va parler de votre activité au quotidien. Qu'est-ce que ça fait d'abord ? Souvent, d'ailleurs, ma première question, c'est est-ce que je dois vous appeler Madame le maire ou Madame la maire ?
Parce que je sais que certaines de vos collègues sont très à cheval là-dessus. Je ne voudrais pas commettre d'un père.
Alors, je pense qu'on a pris l'habitude de dire Madame le maire, puisque jusqu'à présent, jusqu'à il n'y a pas longtemps, c'était quand même beaucoup des hommes. Comme on disait Monsieur le ministre. Et puis, très naturellement, on a dit Madame la ministre. Donc, pour moi, il n'y a pas de raison de ne pas dire Madame la maire. Après, il y a l'homophonie avec la maire la maman ou la maire l'océan. Donc, si ça gêne des gens de dire Madame la maire, dites comme vous voulez.
Mais vous ne vous offusquez pas, vous ? Vous n'avez pas de demande particulière ou ça ne représente pas quelque chose ? Pourtant, je sais que, et j'imagine, il y a souvent aussi cette discussion qu'être une femme en politique, c'est peut-être un sujet. Est-ce que ça l'est, d'ailleurs ? Est-ce que cela a été pour vous ou pas ?
Oui, je pense que c'est un sujet, mais avant toute chose, sur les noms, moi, j'ai fait des études de lettres et j'ai retenu une chose, c'est le peuple qui fait la langue. Si ce n'était pas le peuple qui faisait la langue, si c'était l'académie française qui faisait la langue, on roulerait encore les R et on ne dirait pas François, on dirait Françouais. Voilà, donc c'est vraiment l'usage qui fait que certains mots, certaines expressions changent. C'était fromage, c'était formage, bon voilà, je vais trop loin. Mais voilà, c'est vraiment l'usage qui fait ça.
Donc, Madame le maire, Madame la maire, un après-midi, une après-midi, il y a des mots comme ceux-là où on voit bien qu'on n'est pas forcément très à l'aise, que ce n'est pas tranché. Donc, le temps le dira. Est-ce que je vais m'offusquer de ça ? Non. Après, je vais plutôt m'offusquer de gens qui vont invisibiliser les femmes dans le langage ou dans leur discours ou qui vont invisibiliser la place des femmes en politique. Donc, est-ce que c'est un sujet d'être une femme en politique ? Oui, forcément. Déjà parce qu'il a fallu faire des lois pour la parité. Il a fallu faire des lois ensuite pour que les premières places ne soient pas réservées aux hommes.
Et c'est notamment grâce à ça que j'ai été...
Que les femmes ne soient pas cantonnées dans des délégations soi-disant réservées pour les femmes.
Maternisantes, voilà. Avec des tout petits budgets, etc. Moi, si je suis première adjointe, si j'étais première adjointe, c'est notamment aussi parce qu'il fallait intervertir homme-femme-homme-femme et qu'on était très adjoints. Donc, sept femmes, six hommes. Et donc, il fallait commencer par une femme. J'ai donc été première adjointe. J'aurais pu être troisième, mais en l'occurrence, j'aurais pu être deuxième aussi si cette règle n'est pas. Elle n'avait pas été obligatoire.
Vous êtes attentive, mais ce n'est pas un cheval de bataille. Est-ce que d'ailleurs, quand on est comme ça, comme vous, une élue locale, est-ce que vous vous considérez... Je crois que vous étiez candidate en 2014, vous avez été élue en 2020, etc. Est-ce que vous considérez aujourd'hui comme une femme politique ou comme une femme qui fait de la politique, d'ailleurs ?
Je préférais femme qui fait de la politique parce que j'ai du mal avec la personnification de l'engagement politique que je trouve regrettable. On a l'impression, par exemple, que les élections pour élire un président ou une présidente, c'est justement sur une personne qu'on a l'impression d'élire Miss France ou le candidat à The Voice. Non, ce n'est pas des individus, c'est un programme, c'est une énergie, c'est une vision, soit d'un État, soit d'une municipalité. Et donc, je suis une femme qui fait partie d'une équipe, qui fait de la politique, de la politique de terrain, de la politique de proximité.
Est-ce que vous vous souvenez de quand date votre engagement ? Vous êtes arrivée par quel biais, par quel endroit à la politique, du coup ?
Moi, je viens du secteur associatif, j'ai toujours été salariée dans le domaine socioculturel, de plus en plus dans le social, la politique de la ville, l'accompagnement des familles, l'accompagnement des enfants, de l'aide sociale à l'enfance. Et du coup, j'ai été finalement tributaire aussi des politiques en tant que responsable associatif pour pouvoir financer les projets qu'on mettait en œuvre dans les quartiers, par exemple. Et puis, ça m'a toujours intéressée, je pense. Après, il y a des petits marqueurs. Par exemple, très jeune, je vois le film Soleil Vert qui me terrorise sur la dystopie.
J'ai plus de 50 ans qui peuvent s'en survivre.
Oui, voilà. Du coup, je me suis fait redarve, comme on dit. Oui, j'ai plus de 50 ans. Ça ne se voit pas du tout. Non, merci. Donc, voilà, il y a ça. Et ensuite, de mon métier, et puis j'ai toujours été bénévole dans des associations.
Donc, il y a une conscience du soin, de l'accompagnement, d'une forme de justice sociale, etc. Peut-être une conscience écologique. Mais vous avez pris assez tardivement, d'ailleurs, votre carte au parti, entre guillemets. Qu'est-ce qui fait que vous avez mis le temps pour devenir membre des écologistes ?
Parce que j'avais, je pense, le sentiment que, personnellement, j'étais plus utile dans un engagement associatif. Et puis, il s'est trouvé qu'on m'a aussi sollicité, proposé le programme des écologistes de 2020, 2014 déjà. Mais 2020 me convenait aussi. J'avais envie de faire partie de l'aventure. On me l'a proposé aussi, donc j'ai été flattée. Et puis, non, c'était raccord avec mes valeurs. Et puis, c'était une autre façon de mettre en œuvre, de transformer la ville et le territoire pour le mieux.
Et ce passage de l'associatif au politique, c'est quelque chose qui a généré plutôt de la satisfaction, une forme de frustration. C'est souvent dans ce sens-là, parfois c'est dans l'autre sens. Est-ce que vous avez l'impression qu'à l'endroit où vous êtes aujourd'hui, on parlera un petit peu de votre fonction de maire, vous êtes là où il faut pour pouvoir agir ?
Oui, je pense. Après, un arrondissement, c'est un élément d'une collectivité. C'est un élément parmi d'autres, la région, le département, la métropole, l'État, l'Europe, pour agir sur des politiques publiques, chacun modestement ou pas d'ailleurs, là où il est. Bien sûr qu'il y a des frustrations, mais je pense que dans n'importe quel engagement, qu'il soit professionnel, bénévole ou politique, il y a des espaces où on n'arrive pas assez vite, où on n'arrive pas du tout à faire des choses. Et puis, il y a quand même des choses qu'on arrive à faire. La ville de Lyon est quand même en train de se transformer là depuis 4 ans.
Oui, on va en parler.
Et donc, oui, moi j'essaye de faire ce qu'il faut.
Donc, pas trop de frustration, la satisfaction. Et en même temps, est-ce que ça ne doit pas faire un peu étrange ? Vous le disiez, vous étiez première adjointe, tout d'un coup vous devenez maire. Je crois que l'ancienne maire a souhaité Véronique Dubois-Bertrand partir pour des raisons personnelles. Est-ce que vous étiez prête à succéder ? Est-ce que ça fait un vrai changement entre être première adjointe et tout d'un coup devenir maire ? Est-ce qu'on vous a regardé un peu différemment ?
Alors, oui, ça change. Moi, j'ai déjà quitté mon emploi. Quand on est adjoint d'arrondissement, la plupart du temps, on a un emploi par ailleurs, ce qui fait une fonction très difficile à tenir malgré tout. Et je salue mes collègues pour leur engagement et tous les arrondissements, parce que c'est vraiment pas facile. Ça change, oui, c'est un plein temps. C'est tous les dossiers. C'est une tension quotidienne. C'est beaucoup d'heures. C'est aussi les week-ends, c'est aussi les soirs. Mais c'est absolument passionnant et on a été élus. J'essaie de rendre compte le plus fidèlement possible l'engagement sur lequel les gens nous ont élus.
D'accord, donc ça a changé un peu quand même votre quotidien, etc.
C'est très intense.
Et ça explique que vous ayez en partie quitté votre activité. Alors, on va découvrir un petit peu peut-être votre parcours, c'est un peu le cas, mais peut-être aussi votre arrondissement et on y reviendra. Mais ce que les gens ne savent peut-être pas forcément, c'est que c'est l'arrondissement le plus peuplé de Lyon.
Oui, un cinquième de la population, quasiment un cinquième de la population de Lyon vit dans le troisième arrondissement.
Un peu plus de 100 000 habitants, donc ? Oui, 101 000, oui. 101 000, exactement.
On est 522 et quelques, je crois, sur Lyon.
Alors, concrètement, qu'est-ce que c'est le quotidien d'un maire d'arrondissement ? Vous vous occupez de quoi, en vrai ?
Alors, écouter les concitoyens, aller à leurs rencontres, mener des projets en lien avec la métropole, en lien avec les autres arrondissements, en lien avec l'État parfois même. étudier aussi la faisabilité des projets, animer l'équipe des adjoints et quelques fois quand même, par bonheur, aller à des inaugurations, des choses qui ont été réalisées, que ce soit des projets avec la métropole ou la SPL Pardieu, comme le M+, on a posé la première pierre du M+, l'inauguration du passage Pompidou, voilà.
C'est divers.
Oui, c'est très divers, c'est très varié.
On va le découvrir un petit peu plus en détail, on va comprendre un petit peu, vous voyez, toujours votre engagement, vos réalisations, vos projets pour le troisième arrondissement dans une deuxième partie de notre émission, à tout de suite.
On se retrouve pour la deuxième partie de notre émission, l'invité politique, le samedi de 11h à midi, toujours sur Lyon 1ère, toujours avec vous Marion, c'est siècle, je rappelle que vous êtes la nouvelle maire du troisième arrondissement de Lyon, on était en train de commencer à en parler de votre engagement, de votre parcours, de ce changement un petit peu qui vous est arrivé, j'ai eu le plaisir de me plonger dans votre discours d'intronisation, vous citiez des auteurs latins très très compliqués, j'ai retenu cette phrase avec la chance pour compagne et le courage pour guide. Est-ce que c'est ça votre conception de l'engagement en fait aujourd'hui ?
Comment vous définissez ce que c'est que de s'engager pour la cité et d'être maire d'arrondissement ?
Alors, soit on emploie des grands concepts avec les cheveux dans le vent, soit on essaye d'être modeste, soit les deux, parce que je pense que c'est un petit mélange des deux, de ce qui nous meut dans un engagement, qu'il soit associatif, syndical, politique. Une fois qu'on est élu, on est redevable par rapport à un programme sur lequel on s'est engagé, qu'on a présenté très clairement pendant la campagne et qu'on essaye de mettre en œuvre. La chance, forcément, c'est un des éléments, puisque les pleins pouvoirs et la totale maîtrise de tout est une folle utopie. Donc, peut-être qu'on a besoin de chance que les planètes s'alignent.
Par exemple, sur ce mandat, la métropole avec Bruno Bernard et la mairie de Lyon avec Grégory Doucet, c'est la possibilité de très concrètement faire des projets qui avancent, quelquefois pas assez rapidement pour certains, mais qui avancent quand même. On est en train de transformer la ville et depuis quatre ans, quand même, c'est des choses qui se voient.
Même si on est un peu, et je sais que je l'évoquais il n'y a pas longtemps avec le président Bernard et même avec Grégory Doucet, un peu au milieu du guet, est-ce que ce n'est pas compliqué comme ça, quand on a la sensation de transformer, qu'il y a beaucoup de travaux, on peut les voir lyonnaises, etc. On en reparlera, mais peut-être que les gens aujourd'hui ne voient que un peu tous les trucs qui posent problème. Ça, ça ne vous inquiète pas ? Parce qu'on est quand même à un an et demi des prochaines échéances, non ?
Mais en fait, moi, je suis aussi un peu dans la compassion. C'est-à-dire qu'on vit tous à Lyon. Moi, je vis dans le troisième aussi. Oui, les travaux, on en pâtit tous au quotidien pour l'instant, mais on sait que c'est pour le mieux. Rappelons-nous, le tramway T1 qui traversait la rue de Marseille et le cours de la liberté, les gens étaient très véhéments. Ils pensaient que ça allait ruiner le commerce de la place Gabriel Péry, alors que pas du tout. Ça a permis aux gens de mieux traverser la ville et puis ça n'a pas du tout tué le quartier. Et donc, j'ai bon espoir que les travaux qu'on met en place actuellement, certains sont finis, participent de l'amélioration des quartiers.
Je parlais de la traversée, le passage Pompidou. La gare de Lapardieu, actuellement, et depuis longtemps, coupait complètement l'arrondissement d'Est en Ouest.
Vous êtes bien placé, pour mémoire, je crois que tout le monde s'en souvient, mais la gare de Lapardieu, on est en plein milieu du 3e. Complètement. Et ça fait au moins 10 ans que c'est quand même complexe.
Voilà, c'est un chantier particulier. Et même avant le chantier, de toute façon, je ne dirais pas que l'arrondissement était défiguré, mais il était complètement hermétiquement fermé par ces voies. Avec le passage Pompidou, on a enfin un mode doux juste en bas de la tour Tout-Lyon qui permet aux gens qui vivent dans ce quartier de traverser de part et d'autre d'Est en Ouest. Et c'était quand même la moindre des choses de le faire. Ça paraît évident maintenant. C'est fou, ça a à peine un mois. Et tout le monde prend cette... C'est normal. Mais voilà, et tout le monde prend ça.
C'est d'ailleurs, je crois me souvenir, un des endroits où ça avait été évidemment lancé avant la nouvelle gouvernance, mais sur lequel la mairie de Lyon avait pu un peu impacter, et faire changer, aménager un certain nombre de choses en lien avec le programme que vous présentiez.
Oui, oui. Quand on est arrivé, le travail avec l'ASPL de Lyon, la société publique locale de la part d'yeux, ça a été un travail pour... Alors, certains chantiers étaient lancés juridiquement. De toute façon, il n'y avait absolument rien à faire. Il y a des grandes tours qui sont quand même sortis de terre. Et on a pu revoir à la baisse certaines choses. Le bois de la part d'yeux, qu'on appelle le boisement bouchu pour l'instant, qui va devenir le bois de la part d'yeux, végétalisé en grand, en cœur de ville, dans un quartier aussi dense. On est en train de le faire.
Le passage Pompidou, des voies lyonnaises qui vont traverser, l'esplanade Mandela qui va être beaucoup plus végétalisé que ce qui était prévu. Oui, on arrive à réhumaniser et à transformer Lyon, et notamment ce quartier d'affaires, en un quartier de vie.
Alors, parmi les choses qui font le quotidien de la maire d'arrondissement, il y a évidemment une présence sur le terrain, dans la proximité, ce qui fait un peu notre actualité, puisqu'il y a quelques jours, vous étiez à une manifestation, une marche, je ne sais pas quel est le terme qui convient, pour défendre la présence postale. Je sais que le maire de Lyon s'est exprimé sur ce sujet, pour exiger une présence significative. Je crois que la ville de Lyon a perdu près d'un quart de ses bureaux de poste en six ans. Dans votre arrondissement, il y en a un, rue Dauphiné, qui est menacé. Pourquoi c'est important de garder une présence postale ? Et qu'est-ce que vous pouvez faire concrètement ?
Quel est le poids que vous avez face à la poste, par exemple ?
Alors, c'était une mobilisation citoyenne, le 9 octobre, qui est la journée internationale de la poste, qui est un droit fondamental. Le groupe La Poste, en France, est une société depuis, je crois, 2010, peut-être que c'est une mauvaise date, mais enfin, depuis quelques années, qu'il y a une mission de service public. Est-ce que l'État soutient assez le groupe La Poste pour qu'elle puisse faire dans de bonnes conditions et assumer sa mission de service public ? Je n'en suis pas convaincue. Il avait été prévu une coupe franche de 50 millions d'euros par l'État pour le groupe La Poste en 2024. Apparemment, le gouvernement est revenu dessus, ce qui est une très bonne nouvelle.
Du coup, il y a peut-être moyen de sauver ce bureau de poste de la rue du Dauphiné, qui est dans un quartier populaire, un quartier mixte, mais avec des gens tout simples, comme vous et moi, qui ont besoin d'un bureau de poste. Un bureau de poste, c'est ça, pas seulement des lettres, des cartes postales d'été, quelques colis.
Ce qui est intéressant, c'est que souvent, on l'entend parler, on entend parler de tout ça, de la présence postale en territoire un petit peu abandonné, dans les ruralités, etc. En ville, on se dit, c'est quand même peut-être moins nécessaire, mais ça vous semble aussi important.
Mais exactement, oui, c'est ça qui est fou, c'est qu'ils sont en train de dégrader le service public absolument partout. Et nous, on trouve ça absolument alarmant. Il y a énormément de gens qui vivent autour de ce bureau de poste. C'est aussi une banque postale. La banque postale, c'est la banque des gens qui ne peuvent pas aller dans d'autres banques. C'est énormément de commerces et d'entreprises autour qui ont leur compte là-bas. C'est un distributeur de monnaie. C'est de l'accès au numérique. Enfin, ils ont des missions quand même de service public qu'il faut absolument préserver.
Et on ne peut pas demander aux gens, et notamment aux plus âgés, aux personnes qui ont des enfants au bas âge, qui pourraient être à mobilité réduite, mais même, je dirais, tout un chacun, dégrader le service public en leur disant qu'il suffit de faire un kilomètre, mais un kilomètre en ville, de traverser là où c'est. Ce n'est pas du tout... La question territoriale n'a rien à voir dans des zones aussi denses que les nôtres. Et l'hyper-proximité, elle sert à réduire, dire la rue du Dauphiné, il y a de moins en moins de monde qui y va. De fait, ils réduisent les horaires. Ce bureau de vote n'est ouvert que le matin désormais.
Le poste.
Oui, j'ai dit quoi ?
Le bureau de vote, mais... Le bureau de vote. Les élections sont encore noires, mais on comprend l'idée.
Pardon. Oui, ce bureau de poste. Mais c'est un droit fondamental aussi, même que voter.
Non, mais c'est pour poste qu'on en parlait un peu avant aussi de toutes ces questions par rapport à la taille de l'arrondition. Donc, c'est sans doute ça qui vous a fait penser à ça. Sur cette hyper-proximité, d'ailleurs, sur la présence de ces services publics, est-ce qu'il n'y a pas un lien aussi avec ce qui, je crois, figure dans le programme de la nouvelle gouvernance écologiste, cette fameuse ville du quart d'heure ? Est-ce que c'est ça aussi ? Qu'est-ce que c'est d'ailleurs cette ville du quart d'heure, après tout ?
La ville du quart d'heure, c'est l'idée que tout un chacun peut se déplacer et peut avoir accès à des équipements fondamentaux, une école, du soin, une pharmacie, un commerce, à un quart d'heure à pied de son espace de vie. Et notamment aussi des espaces verts. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'OMS. Le bien-être de n'importe quel être humain, c'est avoir accès à la nature assez régulièrement, d'avoir accès à une alimentation saine pas très loin. Il y a des villes aux États-Unis où il faut faire 60 kilomètres et souvent en voiture parce qu'il n'y a pas d'autre voie pour acheter des légumes ou des fruits frais. Bon, on n'en est pas encore là, mais on est là-dessus.
Sur une ville du quart d'heure, c'est une ville où on est en capacité de se mouvoir et d'avoir accès aux équipements sur un environnement d'environ un quart d'heure.
Est-ce que vous comprenez, d'ailleurs, parce qu'on est toujours impacté par un contexte politique et en ce moment, il y a la préparation du budget et parmi les recherches d'économie importantes, parce qu'on peut partager le constat, il y a ce débat qui commence à s'agiter autour de les collectivités locales. Il y a peut-être trop d'argent dépensé, il faudrait faire attention comment vous vous entendez en tant qu'élu local, justement, ce débat, est-ce que ça vous semble admissible, inadmissible, insupportable, totalement faux ? C'est quoi votre réaction par rapport à cette démarche en cours ?
Moi, j'allais dire insupportable, donc vous m'avez, vous m'ôtez les mots de la bouche. On parle beaucoup de dette publique en la comparant à de la dette privée d'un foyer. C'est complètement absurde. La dette publique, c'est un outil, c'est un outil financier pour les pays et pour les États et pour les gouvernements. Et comparer ça à un foyer qui saurait mal gérer son argent, c'est complètement faux. Ça me paraît la base, c'est-à-dire de détricoter ces fantasmes de la dette publique, on va couler, on va ruiner, ça veut dire quoi ? On ne va pas mettre la clé sous la porte d'un État, on va toujours être là. Par contre, les collectivités locales, elles, elles doivent avoir un budget équilibré.
Donc nous, on a des finances extrêmement saines et d'ailleurs, Audrey Henoch, la première adjointe de Grégory Doucet, on a parlé dernièrement. On est très, très bien noté sur la ville de Lyon. On a une gestion exemplaire. La métropole de Lyon également, elle a un taux de désendettement qui est vraiment fort. Donc, on a des dépenses saines, des finances saines et par contre, de fait, étant donné qu'on a des équipements à payer, les écoles, les équipements sportifs, les équipements culturels, on a un patrimoine municipal aussi, en plus de tout ce qu'on fait avec la métropole sur les mobilités notamment ou sur la santé, il y a énormément de domaines sur lesquels on agit.
De fait, on a besoin de recettes. Voilà. Si l'État coupe de plus en plus les recettes des collectivités, il ne fait pas d'économie, il dégrade encore une fois le service public et le droit à tout un chacun de vivre dans une ville correcte.
Mais est-ce qu'il n'y a pas aussi derrière peut-être une forme d'attaque un peu indirecte ou de discrédit sur les fonctionnaires en général ? C'est aussi quelque chose qu'on entend. Vous qui les côtoyez, est-ce que vous pourriez nous parler un petit peu de leur quotidien, de leur engagement et comment vous vivez ça ? Parce qu'il y a des équipes sur le terrain qui doivent peut-être s'adresser à vous pour vous demander ce que vous en pensez et ce qu'il se passe.
Alors, fonctionnaire, vous dites fonctionnaire d'État ou fonctionnaire des collectivités ? Parce que fonctionnaire d'État, c'est par exemple la police nationale.
Alors, si on dit que la police nationale est paresseuse ou ne sert à rien, moi, je pense qu'au contraire, la police de proximité qu'on appelle de nos voeux encore une fois puisqu'on est encore en sous-effectif à Lyon et que ça permet quand même de la tranquillité et du lien simplement par leur présence, je suis vraiment là sur la question du fonctionnaire de proximité qui permet justement à tout un chacun de vivre en sécurité et sereinement dans un pays après les fonctionnaires qui vivent, qui travaillent sur la ville de Lyon, c'est des gens qui vont s'occuper des parcs, de la nature en ville, c'est des gens qui vont faire votre carte d'identité, c'est des gens qui vont faire en sorte que votre mariage peut avoir lieu, c'est des gens qui sont au service des citoyens et des citoyennes, des citoyens et des citoyennes.
Je ne vois pas comment faire de l'économie là-dessus. Quand on parle d'État de droit, ça veut dire la même loi pour tout le monde et un service public pour tout le monde. Donc, si on s'amuse à faire des économies sur l'égalité, là, ça me paraît absolument dangereux.
Alors, je le disais tout à l'heure, vous avez été élu au mois de juin, c'est-à-dire à peu près à deux ans des échéances, en fait, un petit peu moins parce qu'il y aura un moment de campagne, etc. Comment est-ce que vous vous projetez, j'allais dire, presque, dans la fin de ce mandat ? Qu'est-ce que vous avez envie de terminer ? Qu'est-ce qu'il y avait en cours ? Racontez-nous un petit peu la transformation peut-être qu'il y a eu dans le troisième avancement et les grands projets qui sont sortis de terre ou qui vous semblent importants de finir ou qui sont déjà terminés.
Alors, quelque chose d'assez emblématique, c'est les rues des enfants. C'est-à-dire qu'on a piétonnisé aux abords des écoles certaines rues. Le chiffre que j'avais en tête, c'est qu'avant le mandat, donc en 2019, il y avait en moyenne un enfant par mois sur la métropole qui se faisait renverser aux abords des écoles. Ce qui est un chiffre, alors Dieu merci, heureusement, ce n'était pas forcément toujours très grave, mais enfin, c'est fou. L'espace public, je pense que c'est le gros travail qu'on a fait. C'est un partage plus équitable de l'usage de l'espace public. Le tout voiture, c'était les 30 glorieuses, c'est quelque chose du XXe siècle.
Avoir systématiquement son petit espace privé avec de l'essence dedans dans plein d'endroits en France, c'est absolument utile, indispensable, nécessaire parce qu'il n'y a pas d'alternative. En ville, ça se questionne et l'idée, ce n'était pas de supprimer la voiture, mais c'était de repartager de manière plus équitable l'espace public avec plus de transports en commun, avec des voies pour les modes doux et notamment les vélos. Alors, certains utilisent mal leurs vélos, mais certains l'utilisent très bien aussi dans cette salle, je pense. Mais voilà, c'était très très important.
Et autour des écoles, sur le 3e arrondissement, il y a eu 6 écoles, je ne vous les citerai pas toutes, j'en oublie toujours, mais Pompidou-Mourguet, Ménis, Condorcet, Jules Verne, Léon Jouot, autour de Léon Jouot avec l'île Odanton à côté aussi, c'est vraiment un quartier qu'on a vraiment transformé et apaisé. Donc, c'est un des premiers, je dirais, un des premiers...
Marqueurs un peu.
Voilà. Marqueurs de ce qu'on a pu faire dans les 4 ans. Et puis, sur la démocratie participative, le lancement du budget participatif, 25 millions d'euros sur le mandat, 12,5 sur la première édition et 12,5 sur la prochaine, qui a commencé le 1er octobre, des dépôts d'idées et des citoyens qui ont pu présenter des idées et qu'on a réalisées en projet.
On va regarder tout ça et parler d'autres initiatives et d'autres projets réalisés dans une troisième partie de notre émission. A tout de suite. On se retrouve pour la troisième partie de notre émission, l'invité politique, toujours sur Lyon 1ère, toujours samedi, 11h à midi, toujours avec vous, Marion Sessièque. Je rappelle que vous êtes toujours, a priori, la maire du 3e arrondissement. Ça n'a pas changé. Nouvellement élu, on a parlé de votre parcours, de votre projet, de l'actualité. On était d'ailleurs en train d'évoquer une belle idée des budgets participatifs.
Est-ce que vous avez l'impression d'ailleurs que le principe comme ça de demander un peu leur avis au vent, de les responsabiliser, c'est un élément qui aide aussi peut-être fondamental ?
Vous avez dit le mot fondamental pour moi, c'est responsabiliser. Dire, on va faire un peu plus de démocratie participative, donc déjà, c'est complémentaire de la démocratie représentative, ça ne s'y substitue pas.
Mais c'est deux choses quand même, il faut laisser sa responsabilité aux élus, mais il faut aussi donner la possibilité à ceux à qui on demande quelque chose de pouvoir faire concrètement.
Pour moi, ce qu'a mis en place Chloé Vidal, l'adjointe en mairie centrale sur la démocratie participative, c'était de dire aux gens, voilà, on met une partie du budget d'investissement entre vos mains et on va travailler ensemble à du coup la complexité de la chose publique et de comment on peut faire des choses ensemble et discuter ensemble, voir ce qui est faisable, ce qui ne l'est pas, effectivement, avec des compétences d'une ville qui ne sont pas celles d'un État ni celles d'une région ni celles d'un département et de faire naître des idées et de demander aussi aux citoyens d'être les premiers experts d'usage de leur quartier, de nous faire remonter des besoins et puis, pas forcément d'être experts de la faisabilité de leur projet, ça c'est les services qui ont eu cette charge et puis, on a mis en œuvre des choses très belles, par exemple, sur le square Sacré-Cœur à côté de la rue Baraband, un City Stade.
Moi, je vous avoue, quand j'ai vu ça, je dis, oh là là, on va transformer la place en un City Stade géant, ça ne va être que pour ceux qui jouent au foot et pas du tout, en fait, ça a été émanagé en concertation, il y a encore des espaces aménagés, c'est au cœur mais finalement, la place est tout à fait agréable à vivre tout autour, il y a un panneau de basket pour jouer en 3-3-3, je suis nulle en basket, je suis petite, je ne fais pas mal.
C'est pas mal,
mais en tout cas, c'est une discipline qui est en plein essor et ça a vraiment dynamisé le quartier, c'est le conseil de quartier qui a été moteur là-dessus.
Ce qui fait que demander leur avis aux gens, est-ce que c'est aussi un moyen d'avoir un peu plus peut-être d'acceptabilité de ce qui se passe ou de meilleure compréhension des politiques publiques mises en place ?
Peut-être, c'est tout à fait possible, en tout cas, les concertations sur certains projets, quelques fois, sont assez complexes, on n'arrive pas forcément à avoir un consensus global. Il y a des gens qui sont pour, des gens qui sont contre, il y a des intérêts contradictoires, mais sur le budget participatif, il y a vraiment eu consensus sur énormément de projets, par exemple, la cuisine des Gones qui a été l'amélioration d'un espace de cuisine pour les gens qui en ont besoin avec une association qui s'appelle Mama Road. et donc, on va là-bas, ils cuisinent des invendus de certains magasins autour et ils font la cuisine ensemble et ils partagent un repas. Mais ça, c'est vraiment génial.
Enfin, moi, on était absolument ravis de payer la rénovation de leur cuisine. Ils ont doublé leur capacité, il y a quatre fours au lieu de deux, il y a des choses en plus et c'est un moment, c'est un espace de convivialité. On fait du lien social, finalement, à peu de frais avec des gens qui s'impliquent et c'est là où je rejoins votre mot de responsabilisation ou de responsabilité, c'est de reconnaître qu'on a tous notre part à faire en tant qu'élus, en tant que bénévoles, en tant que citoyens sur le vivre ensemble.
Et je me souviens, il n'y a pas si longtemps, j'ai écouté Thomas Hurrier, le fondateur des Jeans 1083, enfin 1083, qui parlait, qui est un fervent de la relocalisation et il expliquait que pour lui, la proximité, le fait de relocaliser, de rapprocher, de réduire les distances et les filtres, était la source principale de l'engagement. Plus c'était prêt, plus on s'engageait en fait.
Complètement. Et ça n'est pas un repli sur soi. C'est l'idée de faire du local, du sobre, du simple, ce n'est pas un repli sur soi, ce n'est pas du protectionnisme forcené, c'est de se dire faisons les choses avec les gens qu'il y a autour, les gens qui viennent d'ailleurs, des gens qui sont différents les uns des autres, mais engageons-nous là où on vit déjà. Et c'est un engagement qui a énormément de sens et qui est très riche.
Parmi les réalisations, je crois que vous êtes assez fiers dans la fameuse MJC sans souci, est-ce que vous pourriez nous raconter un peu peut-être la place et le rôle de la culture dans le quotidien de votre arrondissement, par exemple ?
La culture et l'éducation populaire, puisqu'une MJC, c'est aussi ça, c'est en lieu et place du château sans souci, donc certaines associations avaient peur que leurs créneaux de leurs salles soient privés de leurs créneaux, mais en fait, on a optimisé ça aussi. Donc voilà, une mairie d'arrondissement, c'est une mairie d'hyper proximité qui a permis à énormément d'associations d'avoir plus de créneaux ou d'avoir simplement accès à des créneaux, à des salles municipales pour leurs activités. La MJC, ça répond à des tas de besoins, on se dit, mais comment on faisait avant la MJC sans souci dans ce quartier-là ?
Donc c'est un accès à l'éducation populaire et à la culture et d'émancipation pour les plus jeunes, mais aussi pour les seniors. C'est des espaces intergénérationnels, donc c'est des activités de théâtre et si on parle de théâtre, on a aussi rouvert le théâtre de l'Assemblée qui est rue Saint-Euseb et c'est la compagnie du bonhomme qui gère ce théâtre actuellement. Il y a des résidences d'artistes et il y a une dynamique culturelle de proximité qui est vraiment, vraiment très chouette et qui est clos petit à petit dans ce quartier-là.
Vous l'avez évoqué, vous êtes écologiste depuis toujours et vous avez pris votre carte au parti écologiste depuis plus récemment. Qu'est-ce que c'est aujourd'hui ? Vous le disiez, vous êtes une femme qui fait de la politique donc on peut parler un petit peu de politique. Qu'est-ce que c'est aujourd'hui pour vous que d'être écologiste en vrai ? On a le sentiment aujourd'hui que tout le monde a une conscience écologiste et qu'en fait ça n'appartient pas à tout le monde ou que tout le monde pourrait l'être. C'est quoi la distinction aujourd'hui que vous faites vous dans votre engagement ?
Oui, oui, tout le monde se prévaut de l'écologie. Alors je donne une petite anecdote quand même, une fameuse pâte à tartiner au chocolat et à la noisette qui se prévaut maintenant de faire un produit vegan. De fait, à la base, c'était vegan puisque c'est de l'huile, du chocolat et du sucre. Donc le greenwashing est partout, tout le monde se prévaut de l'écologie. L'écologie, je vais reprendre cette phrase, l'écologie sans justice sociale, c'est du jardinage. L'écologie, c'est avoir déjà conscience qu'on vit sur une planète finie, qu'on doit respecter le vivant au sens général. Dans le vivant, il y a les êtres humains, mais pas seulement.
Et l'être humain ne peut pas bien vivre sans un équilibre naturel autour de lui. Encore une fois, c'est l'OMS qui le dit et ce n'est pas des affreux idéologues ni des sectaires comme quelquefois on est taxé de l'être.
Est-ce que vous pensez que c'est le bon endroit, c'est-à-dire que la ville est le bon endroit pour la mettre en œuvre ? Je sais que je m'étais exprimé là-dessus avec Grégory Doucet, j'avais utilisé le terme et je comprends pourquoi il m'avait reproché ça. C'est comme un laboratoire, il dit mes habitants ne sont pas dans un laboratoire, mais on parle de démonstrateurs. Est-ce que vous avez l'impression aujourd'hui qu'il y a, sur la ville de Lyon ou peut-être même sur la métropole, des vrais démonstrateurs d'un changement en fait ? Comment est-ce qu'on peut raconter que l'écologie ça permet des choses et que ça change vraiment ?
Alors, est-ce qu'on est au bon endroit ? Oui, puisque n'importe où c'est le bon endroit. Est-ce que la collectivité municipale c'est le meilleur endroit ? En tout cas, c'est là où on a été élu, donc c'est là où on agit. On peut dire que c'est un territoire d'expérimentation puisque c'est la première fois, c'est notre premier mandat en tout cas. et encore une fois, on n'est pas en capacité de tout diriger, de tout transformer, mais on le fait à notre échelle avec réalisme, modestie et ambition aussi. C'est-à-dire que très souvent, nous, les militants, les marches pour le climat disaient c'est le dernier mandat pour le climat. On voit bien qu'il va nous falloir plus de temps.
Il y a une des limites planétaires qui en passe d'être dépassée, c'est l'acidification des océans. Ça, c'est absolument dramatique. Donc, bien sûr que l'échelle d'une ville, elle paraît peut-être une goutte d'eau dans l'océan pour filer la métaphore marine, mais il faut agir là où on est, agir global, penser global.
C'est aussi pour ça sans doute que je crois que le maire de Lyon a mis en place ce qu'il appelle la ville à l'horizon 2030. C'est comme un objectif pour essayer d'arriver à cela. Comment est-ce que vous expliquez, vous, presque comme citoyenne ou comme femme qui fait de la politique, le fait que la conscience écologique, à part si on est complètement à côté de ses pompes, on voit les chiffres, on en a une réalité, mais qu'est-ce qui fait que parfois on ne passe pas à l'acte ou on n'arrive pas à avancer plus vite ou l'action ? Il y a plein de gens qui sont toujours climato-sceptiques.
Aujourd'hui, quand on parle d'écologie, c'est devenu excessivement clivant et difficile d'en discuter de manière sereine. Comment est-ce que vous pensez faire pour pouvoir convaincre davantage et aller plus vite puisqu'il y a quand même une urgence sans tomber dans ce qu'on vous a reproché au début ? C'est un peu cette notion d'écologie punitive ou de vouloir priver les gens d'eux, etc. C'est quoi l'équilibre en fait ?
En fait, je pense que quelquefois la réalité, la peur de l'effondrement, elle est complètement paralysante et je pense que tous autant qu'on est, on est un peu dans le déni parce que c'est la catastrophe imminente éventuelle, elle fait peur et du coup, on peut se dire à quoi bon ? Donc, je pense que les gens qui ont pu nous taxer d'écologie punitive ont pu nous dire vous êtes des oiseaux de mauvaise augure ou des cassandres. Enfin, peut-être qu'on est des cassandres, c'est-à-dire à dire la vérité jour après jour et à ne pas être crue. Je pense que la politique des petits pas, bien sûr, ça ne suffit pas mais cependant, ne rien faire, c'est pire. Donc, il faut agir là où on est.
J'ai beaucoup de mal avec le discours qui pourrait dire qu'on a une écologie punitive. Au contraire, les écologistes actuellement, là, quand ils ont les manettes, arrivent à transformer les choses, à limiter la pollution, la qualité de l'air à Lyon s'est améliorée, l'occidentologie a grandement diminué. Je pense qu'il y a des indicateurs assez simples comme ça qui montrent qu'on n'est pas du tout dans une écologie punitive mais au contraire dans une écologie joyeuse et qui permet à tout le monde de mieux vivre.
Vous êtes plutôt optimiste parce que je pensais à Grégory Doucet qui, contrairement à Bruno Bernard et le seul Louis Grégory à avoir annoncé qu'il serait candidat en 2026 parce que ça lui semble est logique. Président de la métropole, il attend un peu. Ça viendra peut-être, je ne sais rien. Mais vous êtes plutôt optimiste avec l'envie de continuer et de poursuivre. Vous aurez besoin d'un deuxième mandat pour achever ou parachever ce que vous êtes en train de faire ?
Alors, je pense qu'on est condamnés à l'optimisme toutes et tous, là. Sinon, effectivement, on ne fait plus rien. Un deuxième mandat, peut-être. Moi, je viens d'être élue au quotidien. C'est très dense comme je vous l'ai dit. Donc, je n'y pense pas tout de suite. Bien sûr qu'on s'imagine de « Ah là là, et si on faisait un deuxième mandat, qu'est-ce qu'on pourrait faire ? » Ou « Ah là là, on ne va pas avoir le temps dans les 18 mois qui nous restent ». C'est des choses forcément qui nous traversent mais la question ne se pose absolument pas pour l'instant. Il y a énormément de choses encore à faire.
Alors, on est samedi, demain, c'est dimanche. Vous l'avez évoqué, c'est un engagement à plein temps d'être maire d'arrondissement. Est-ce que ça vous laisse le temps, peut-être pour un hobby, une passion ou des lectures autres, peut-être que des rapports de conseils municipaux ? Est-ce que vous avez un livre de cheveux ou qu'est-ce que vous faites d'ailleurs de votre temps le dimanche ? Je suppose que vous êtes en famille. Comment on prend un peu de recul par rapport à cet engagement du quotidien ?
Alors, moi, je fais un truc pas du tout. Alors, il paraît que c'est à la mode
mais je vais vous faire un avis.
Un truc qui est redevenu à la mode, apparemment, je fais du crochet. C'est très nouveau et c'est une drogue dure le crochet quand on a commencé. Il faut faire attention parce qu'on a mal au cervical.
J'imagine, c'est physique.
Voilà. Et sinon, les blind tests. J'adore les blind tests.
D'accord. Donc, musique à fond.
Musique à fond.
C'est bien, on verra ça dans vos choix. Et sur le livre de cheveux, est-ce que vous avez un livre en ce moment qui vous interpelle ou vous permet de vous évader un petit peu ?
On vient de m'offrir un livre. C'était mon anniversaire il n'y a pas très longtemps de messieurs David Greber et David Wengro avec mon super accent qui s'appelle Au commencement était, trois petits points, une nouvelle histoire de l'humanité.
C'est un programme.
Et c'est fascinant. On m'a dit que c'était un peu ardu. Alors oui, mais c'est absolument passionnant. Moi, je trouve que ce n'est pas trop difficile à lire. C'est un gros livre. Je n'en suis qu'au début. Et ça reparle, effectivement, ça remet en perspective les idées préconçues qu'on pouvait avoir sur l'histoire de l'humanité.
C'est-à-dire que quand on fait de la politique, on est capable aussi un peu de se remettre en question et en cause pour avancer ou regarder les choses autrement ?
C'est le moteur de regarder, de douter, de remettre en perspective et de réfléchir et de discuter avec d'autres gens.
Alors, puisque vous êtes une fan de Blind Test, je pense que la musique, ça doit être quelque chose d'important. Vous savez qu'on se quitte souvent en musique. Est-ce que vous avez choisi un morceau en particulier ? Est-ce que vous avez hésité avec un ou deux morceaux ?
Oui, j'ai hésité avec plein de morceaux. La chanson magnifique qui me fait pleurer et qui est trop belle, c'est Le temps des cerises chanté par Yves Montand qui rappelle cet épisode terrible et magnifique de la Commune de Paris. Mais c'est quand même trop plombant. Du coup, je me suis... Je suis allée au plus simple. Je suis fan absolue de Prince depuis que je suis adolescente. Et donc, j'ai choisi le morceau 1999.
Très bien. Excellent. On aurait pu en choisir un certain nom, mais on va se quitter donc en musique avec Prince. Merci beaucoup, Madame la mère ou le maire d'être venue avec vous sur le plateau pour découvrir le troisième arrondissement. C'était un plaisir. et la semaine prochaine, on sera avec un candidat à l'élection présidentielle, figurez-vous, puisqu'on va recevoir André Gérin, l'ancien maire de Vénitieux qui a un projet pour la ville et pour le pays. Merci. Merci à vous. pour une nouvelle émission. Au revoir. C'était l'invité politique du samedi sur Lyon Première en partenariat avec Lyon Positif, la plateforme inspirante des acteurs engagés dans la transition du territoire.
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