Jean-Michel Fauvergue : "Le thème de la police de proximité est à développer dans le Beauvau de la sécurité"
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Vous allez y participer, Jean-Michel Fauverg, bonjour.
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Ça ne fait pas 50 ans qu'on dit qu'il faut améliorer les relations entre la police et la population ?
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Vous dites qu'il faut inventer la police du XXIe siècle, elle doit ressembler à quoi cette police ?
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C'était la police de proximité ça ? C'était une erreur de la supprimer ?
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Donc ça veut dire que la police ne doit pas faire que de la répression et du maintien de l'ordre ?
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Donc c'est quoi ? C'est un problème de mission, un problème d'effectifs, un problème de formation ?
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« Oui, ça fait longtemps qu'on dit ça et effectivement la situation ne s'est pas arrangée depuis les dernières décennies »
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« Savez-vous que si on ajoute le nombre de policiers et le nombre de gendarmes avec les réserves, on est un des pays qui a le plus de policiers, enfin on est dans le premier tiers des pays européens. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Par exemple, sur les départements, savez-vous que sur les départements, vous avez deux salles d'information H24, une police, une gendarmerie. »
- 5:16Invité politiqueChiffre
« C'est à 95% dans ce sens-là. »
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« Les propositions sont d'enlever cette IGPN, et donc par conséquent, ce serait aussi pour l'IGGN »
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le Beauvau de la sécurité. Cette grande concertation sur la police voulue par Emmanuel Macron entre dans le vif des débats aujourd'hui. Première table ronde organisée sur le thème du lien entre la police et la population, comment rétablir la confiance entre les deux. Vous allez y participer, Jean-Michel Fauverg, bonjour. Bonjour. Vous êtes l'ancien patron du RAID, aujourd'hui député LREM de Seine-et-Marne, également co-rapporteur de la proposition de loi sécurité globale et auteur d'un rapport parlementaire sur le maintien de l'ordre. Ça ne fait pas 50 ans qu'on dit qu'il faut améliorer les relations entre la police et la population ?
Oui, ça fait longtemps qu'on dit ça et effectivement la situation ne s'est pas arrangée depuis les dernières décennies et effectivement on a vu une police, une police, quand je dis police, c'est police-gendarmerie, les forces de sécurité, qui se sont éloignées de plus en plus et une population qui s'est éloignée elle aussi de sa police. Alors les codes de confiance sont toujours très bonnes au niveau de la population police mais on voit quand même une évolution qui inquiète dans toutes les strates de la société. Je l'explique parce que c'est quelque chose déjà de général avec une contestation généralisée de l'autorité, ça c'est quelque chose déjà d'important.
et ensuite le fait qu'il faut que ces forces de sécurité intérieure se réforment, que la police ouvre ses portes et ses fenêtres et que l'ensemble des forces de sécurité se mettent au service de la sécurité des Français.
Vous dites qu'il faut inventer la police du XXIe siècle, elle doit ressembler à quoi cette police ?
La police du XXIe siècle c'est à la fois une police qui sera basée sur l'intervention, ce qu'elle est à l'heure actuelle. C'est une police spécialisée au service de l'État qui fonctionne bien, une police d'intervention, quand les effectifs sortent c'est pour aller intervenir sur des appels téléphoniques qu'ils ont eus. Il faut passer de cette police d'intervention à une police au service des citoyens, c'est-à-dire une police de voisinage, ce qui existe d'ailleurs chez nos voisins anglo-saxons, quelque chose de plus proche, on a initié ce mouvement.
C'était la police de proximité ça ? C'était une erreur de la supprimer ?
Elle est tombée en destutue depuis les années 80, et ce n'est pas l'expérience récente, l'expérience de ce siècle-là qui a été intéressante. Ce qu'il y a c'est qu'on l'a réinitié avec la police de sécurité du quotidien, il faut qu'on accélère ce mouvement, il faut voir comment on peut travailler là-dessus, c'est quelque chose d'important et de nécessaire.
Donc ça veut dire que la police ne doit pas faire que de la répression et du maintien de l'ordre ?
Bien sûr que non, la police est là pour rassurer, pour protéger, pour être au contact, pour être au voisinage. C'est un thème qu'il faudra développer dans ce mouvement de la sécurité. Donc c'est quoi ? C'est un problème de mission, un problème d'effectifs, un problème de formation ? Un problème d'effectifs, un problème de répartition des effectifs. Savez-vous que si on ajoute le nombre de policiers et le nombre de gendarmes avec les réserves, on est un des pays qui a le plus de policiers, enfin on est dans le premier tiers des pays européens. Donc c'est un problème de répartition d'effectifs, c'est un problème de mentalité aussi. Il faudra...
Quand vous dites répartition, vous faites écho à ce que dit le Premier ministre ? Ils sont trop dans les bureaux, pas assez sur le terrain, c'est ça ?
Il y a ça, il y a des missions indues, des missions périphériques, il y a le fait qu'on a des unités qui sont en double, en triple, en quadruple. Il y a peut-être le fait aussi qu'on n'a pas assez tiré profit de l'arrivée, il y a un peu plus d'une dizaine d'années, la gendarmerie au sein du ministère de l'Intérieur, pour se restructurer. Par exemple, sur les départements, savez-vous que sur les départements, vous avez deux salles d'information H24, une police, une gendarmerie. Peut-être qu'il est temps maintenant de faire sa révolution.
Sans parler de fusion, qui n'est véritablement pas à l'ordre du jour et qui serait totalement injuste pour les deux organisations, il faut mieux coordonner, essayer de mieux s'orienter, justement en ayant pour but cette sécurité des Français.
Donc ça veut dire aussi, par exemple, chaque corps de métier au bon endroit et le maintien de l'ordre, ça fait partie des 35 propositions que vous faites dans votre rapport, le maintien de l'ordre réservé aux unités spécialisées, donc uniquement CRS et gendarmes mobiles.
Alors le maintien d'ordre réservé en priorité aux unités spécialisées, ce n'est pas toujours faisable et ce n'est pas toujours facile parce que vous pouvez avoir des manifestations qui ne sont souvent pas prévues, qui éclatent et il faut faire avec ses effectifs. Mais en tout cas, les effectifs qui ne sont pas ni CRS ni gendarmes mobiles, qu'ils soient mieux formés, c'est une proposition que nous faisons aussi, qu'ils soient mieux formés à ce maintien d'ordre-là et chaque fois que l'on peut utiliser, effectivement, CRS, gendarmes mobiles et compagnies d'intervention qui sont aussi spécialisées dans ce maintien d'ordre.
Et c'est à cause de ça qu'il y a des violences parfois parce que des personnes ne sont pas au bon endroit ?
Non, s'il y a des violences, c'est parce que les policiers et les gendarmes sont agressés en général sur les points qu'ils ont à défendre. Il n'y aurait pas de violences si la police nationale, la gendarmerie nationale n'était pas agressée de cette manière-là. Il faut remettre les choses à l'endroit. C'est à 95% dans ce sens-là. Évidemment que, si vous voulez parler des violences illégitimes, évidemment que ces violences illégitimes existent, mais elles sont minimes et c'est le fait de personnes qui sont en nombre restreint et qui, en général, font l'objet de sanctions disciplinaires et d'enquêtes.
À propos, justement, alors de ces sanctions et de cette violence illégitime, quelle est votre position à propos de l'IGPN, de la police, des polices ? Est-ce qu'il faut la réformer ? Est-ce qu'il faut carrément la supprimer ?
On a fait des propositions dans la commission. Les propositions sont d'enlever cette IGPN, et donc par conséquent, ce serait aussi pour l'IGGN, parce qu'il n'y a pas de raison de faire de poids de mesure, de la direction directe des directeurs généraux et de la rattacher auprès du ministre de l'Intérieur et en mettant à l'intérieur de cette IGPN des cadres qui pourraient venir de l'extérieur. Alors les enquêteurs, on a besoin que ce soit des policiers et des gendarmes, mais les cadres pourraient venir de l'extérieur.
C'est quoi le problème selon vous avec l'IGPN et l'IGGN aujourd'hui ?
Je vais vous expliquer très clairement. Au niveau de l'IGPN et de l'IGGN, vous n'avez aucun problème. Actuellement, l'IGPN travaille sous le contrôle des magistrats. Ça continuera. Les enquêtes judiciaires vont se dérouler sous le contrôle des magistrats. Néanmoins, on est dans une situation telle que la crédibilité au niveau en particulier de l'observation à la fois des médias et de l'opinion publique fait qu'à un certain moment, on est obligé de bouger dans ce domaine-là. Et ce que l'on propose, ce sont ces mesures-là.
Et vous faites des propositions également sur la police municipale, sur les sociétés de sécurité privée, parce que vous dites que c'est une équation à plusieurs degrés. Il y a plusieurs intervenants dans ce tableau sécuritaire en France.
Oui, la sécurité du XXIe siècle, elle sera sécurité globale ou elle ne sera pas. C'est-à-dire qu'on doit travailler avec toutes les composantes, qu'elles soient régaliennes, qu'elles soient municipales, qu'elles soient sécurité privée dans leur domaine de compétence, voire même avec la population qui sera de plus en plus acteur de sa sécurité.
Merci Jean-Michel Fauvergue. Je suis désolé, 700 pages à résumer en 7 minutes, c'est compliqué, votre rapport est très détaillé, très long. Merci député La République En Marche de Seine-et-Marne. Vous étiez l'invité du 5-7 ? Merci. France Inter