France-Algérie-Maroc : comment Macron a créé une crise ouverte
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Quelle est l'histoire particulière du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole ?
- 2:21OuverteRéponse directe
Peux-tu nous donner des clés de compréhension historique sur ce territoire ?
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D'un point de vue du droit international, est-ce que le Maroc avait le droit de s'approprier ou de récupérer le Sahara occidental ?
- 5:09OuverteRéponse directe
Quelles sont aujourd'hui les positions respectives des Nations unies, de l'Union africaine et de la Ligue arabe ?
- 6:45RelanceRéponse directe
Et l'Union africaine, également, elle est paralysée par ce conflit ?
- 8:20FerméeRéponse directe
Et la Ligue arabe ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Emmanuel Macron a reconnu la marocanité du Sahara occidental, ce qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait fait jusqu'ici »
- 0:24PrésentateurFait
« Emmanuel Macron s'aligne sur la position du Maroc concernant le plan d'autonomie du Sahara occidental »
- 0:31PrésentateurFait
« Le plan marocain de 2007 est la seule base pour aboutir à une solution politique juste, durable et négociée »
- 0:42PrésentateurFait
« Le présent et l'avenir du Sahara occidental s'inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine »
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« Mohamed Sidati, membre du Polisario, a accusé la France d'agir en contradiction avec le droit international »
- 2:33InvitéFait
« Le Sahara occidental est ce qu'on pourrait appeler finalement un conflit gelé »
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« L'action marocaine ne respecte pas les résolutions onusiennes et ne respecte pas la position des Nations Unies »
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« La position française était déjà une position plutôt favorable au Maroc »
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« La France soutenait aujourd'hui de manière définitive la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental »
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L'information a fait l'effet d'une bombe et créé un petit séisme dans les relations entre la France, l'Algérie et le Maroc. Emmanuel Macron a reconnu la marocanité du Sahara occidental, ce qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait fait jusqu'ici, en dépit des efforts et du plaidoyer incessant du royaume shérifien. C'est un tournant dans la diplomatie française au Maghreb. Ce mardi, dans une lettre adressée au roi Mohamed VI, Emmanuel Macron s'aligne sur la position du Maroc concernant le plan d'autonomie du Sahara occidental.
Le plan marocain de 2007 est la seule base pour aboutir à une solution politique juste, durable et négociée, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le présent et l'avenir du Sahara occidental s'inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine, peut-on lire ? Bien entendu, le front Polisario, qui porte la voix des indépendantistes saharaouis et l'Algérie, principal soutien diplomatique du Polisario, ont exprimé tout de suite leur indignation.
Lundi, Mohamed Sidati, membre du Polisario, a accusé la France d'agir en contradiction avec le droit international et de soutenir l'expansionnisme du Maroc, dont l'influence diminue dans toute l'Afrique. En réaction, Alger, qui soutient les indépendantistes saharaouis, a annoncé ce mardi le retrait immédiat de son ambassadeur en France. Son gouvernement dénonce des puissances coloniales anciennes et nouvelles, faisant allusion à la France et au Maroc.
Quelle est l'histoire particulière du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, qui n'est pas passée par un processus d'autodétermination classique, mais a été investie par le Maroc à la faveur de ce qu'Assane II a appelé la marche verte. Tant quoi, le soutien de Paris à la marocanité du Sahara occidental, déjà validé par l'Espagne, Israël et les Etats-Unis, change-t-il la donne diplomatique ? Les relations entre la France et l'Algérie sont-elles définitivement dégradées ? Pour quels effets en termes de politique intérieure française et au sein des diasporas franco-maghrébines ?
Pour répondre à toutes ces questions, nous avons fait appel à Adelaine Mohamedi, docteur en géopolitique et enseignant. Bonjour Adelaine. Bonjour. Alors, ces derniers jours, on entend des éclats de voix entre Paris et Alger au sujet de la reconnaissance par Emmanuel Macron de la marocanité du Sahara occidental. Avant d'entrer dans le fond du sujet, peux-tu nous donner des clés de compréhension historique sur ce territoire, un des rares à avoir un statut gris, on va dire, en Afrique et dans le monde ?
Alors, le Sahara occidental est ce qu'on pourrait appeler finalement un conflit gelé, c'est-à-dire finalement un conflit qui est issu de la chute d'un empire, comme souvent les conflits gelés, en l'occurrence c'est la chute de l'empire colonial espagnol, mais sans solution politique pérenne. Donc, ça a commencé finalement au lendemain des indépendances à la fin des années 50 et au début des années 60, où on avait un processus qu'on a appelé la décolonisation, mais le Sahara occidental n'a pas été concerné par ce processus.
Donc, vous aviez encore une présence espagnole dans la région, contre cette présence espagnole, il y avait un front uni, ça il faut le rappeler, c'est-à-dire uni, où vous aviez à la fois des Marocains et des Sahraouis, etc., des Mauritaniens, et après le départ des Espagnols, effectif notamment après la mort de Franco, cette union a laissé place à un nouveau conflit, où là, à la question impériale espagnole, s'est substituée la question nationale marocaine. C'est-à-dire, en gros, le Sahara occidental a fini par être petit à petit un élément de la construction d'un récit national espagnol ou d'un nouveau récit national espagnol. – Marocain.
– Marocain, pardon, d'un nouveau récit national marocain. Alors, cela a donné lieu à un conflit armé, avec la création du front polisario qui a combattu les autorités marocaines, et le conflit depuis les années 70 a duré jusqu'au début des années 90 avec un cessez-le-feu, et ce front polisario a obtenu le soutien du voisin algérien, principal soutien du front polisario.
Donc, à partir de 1991, à partir du début des années 90, la question sahraoui s'est retrouvée entre les mains des Nations unies, même si, en réalité, elle l'était déjà dès les années 60, puisque dès les années 60, les Marocains ont demandé à l'organisation des Nations unies de classer le Sahara occidental parmi ce qu'on appelait les territoires non autonomes. Au début des années 90, en fait, le principe d'un droit international d'autodétermination s'est imposé pour les Nations unies dans le règlement de la question du Sahara occidental. Et bien sûr, forcément, le principe d'autodétermination se heurte à la revendication marocaine d'une souveraineté sur l'ensemble du territoire.
Alors, d'un point de vue du droit international, est-ce que le Maroc avait le droit de s'approprier ou de récupérer le Sahara occidental selon la manière dont on voit les choses ? Et quelles sont aujourd'hui les positions respectives des Nations unies, de l'Union africaine et de la Ligue arabe ? Qu'est-ce qu'elles pensent ?
Alors, c'est une question très intéressante et en même temps très délicate, parce que cela dépend souvent, finalement, de la définition qu'on donne du droit international. Alors, si on est dans un droit international positif, clair, etc., on peut dire que non. C'est-à-dire que la légalité internationale, elle est du côté de l'autodétermination. C'est simple. Donc, du front polisario. Voilà, c'est-à-dire, en gros, de l'organisation d'un référendum d'autodétermination où, finalement, la population sahraoui est invitée à se prononcer. Encore là encore, encore faut-il être d'accord, par exemple, sur les listes des sahraouis qui doivent voter.
Est-ce que ceux qui vivent en Algérie peuvent voter, etc. C'est une question, comment dire, récurrente dans ce dossier. Donc, ça, c'est très simple. Le problème, c'est qu'on sait que le droit international, c'est devenu un simple outil discursif. On n'est pas dans un cadre, mais on est vraiment dans une construction. Donc, évidemment, pour les Marocains, il n'est même pas question de droit international ici. C'est-à-dire que, pour les Marocains, ce n'est pas une question de droit international. Mais pourquoi, comment ils le justifient ? Parce qu'ils considèrent que c'est une question purement nationale, marocaine.
Et que, finalement, si on devait, à tout prix, faire opposer deux principes en droit international, je commence par dire que, du point de vue de la légalité internationale, et en partant des Nations Unies, le principe qui est censé prévaloir, c'est celui de l'autodétermination. De ce point de vue, l'action marocaine n'est pas légale, ça, on peut le dire. Ça, il n'y a pas de doute là-dessus. Puisque l'action marocaine ne respecte pas les résolutions onusiennes et ne respecte pas la position des Nations Unies sur cette question et ne respecte pas le principe d'autodétermination.
– Et il ne respecte pas non plus la position de l'Union africaine, parce que l'Union africaine, également, elle est paralysée par ce conflit. Et on voit l'Algérie et l'Afrique du Sud qui en jouent pour mettre un peu le Maroc à l'écart de cette organisation.
– Alors, pour répondre à ta question, je dirais que le principe que les Marocains opposent au principe d'autodétermination, c'est le principe tout simple, tout bête, de la souveraineté marocaine. C'est-à-dire que c'est une affaire intérieure. Tout ce qui vient finalement donner, tout ce qui vient contrecarrer le projet marocain est à vocation à être considéré comme un obstacle à la souveraineté marocaine. Donc le principe marocain, le principe sur lequel se fondent les Marocains, c'est le principe de non-ingérence et la souveraineté marocaine. Ça nous regarde, c'est une affaire interne, ce n'est pas une affaire internationale.
Et ensuite, pour te répondre, bien sûr, selon les organisations internationales, tu vas avoir des points de vue assez différents. Pour l'Union africaine, l'Union africaine a reconnu ou a admis en son sein la République arabe sahraoui, la RASD. Donc ça, c'est un fait. Donc l'Union africaine, finalement, est une institution assez singulière sur le plan international où le Maroc côtoie la République sahraoui, c'est-à-dire le Front Polisario, plus ou moins, parfois ils se fâchent, parfois, évidemment, ils ne sont pas là.
Mais en tout cas, la position de l'Union africaine, c'est celle-là, c'est de reconnaître cette République, même si, effectivement, certains pas ont été faits aussi en direction des Marocains.
Et la Ligue arabe ?
Pour ce qui est de la Ligue arabe, bon, la Ligue arabe, c'est particulier, parce que la Ligue arabe, il faut savoir que, depuis quelques décennies, le centre de gravité de la Ligue arabe est passé, finalement, des républiques qui insistaient sur une espèce de nationalisme ou de nationalisme arabe vers les monarchies du Golfe.
Et les monarchies du Golfe, il se trouve que, ça n'a pas toujours été le cas, mais il se trouve qu'aujourd'hui, les monarchies du Golfe défendent, et quand je dis les monarchies du Golfe, je parle principalement, en l'occurrence, des Émirats arabes unis, par exemple, défendent le projet marocain et considèrent que le Sahara occidental, c'est une affaire de souveraineté marocaine. Donc, c'est vraiment, pour le coup, une position qui se distingue de celle de l'Union africaine. Ça n'a pas toujours été le cas. Pourquoi ?
Parce qu'à la fin des années 80, quand on a créé ce projet, finalement, qui, aujourd'hui, est un échec, mais peut-être qu'il ne le sera pas toujours, à savoir celui d'un Maghreb uni, l'Union du Maghreb arabe, les pays du Golfe ont joué plutôt un rôle moteur. C'est-à-dire que les Saoudiens, par exemple, ont soutenu cette initiative. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Et, effectivement, on peut dire que, là, la position officielle, c'est de soutenir la souveraineté du Maroc. Et les Émirats sont allés encore plus loin en allant installer des représentations diplomatiques sur le sol sahrabe, par exemple.
Et puis, d'un point de vue purement cynique, étant donné que cette question empoisonne toute construction diplomatique en Afrique du Nord, en fait, elle renforce la puissance déjà existante des pays du Golfe sur le monde arabe.
Oui, c'est vrai. C'est-à-dire que c'est, en fait, le fait de ne pas avoir de Maghreb uni, de ne pas avoir de convergence entre les puissances du Maghreb, forcément, ça affaiblit le Maghreb dans son ensemble. Et le Maghreb, sur la scène internationale, est autrement moins fort que les pays du Golfe. Il est aussi beaucoup moins dans sa propre région, puisque même au Maghreb, même dans le voisinage direct du Maghreb, même au Sahel, etc., les pays du Maghreb ont un rôle moins important ou moins influent que des puissances Moyen-Orientales, a priori lointaines, c'est-à-dire... Ou même la Turquie, on voit la Turquie sur le...
Voilà, Moyen-Orientale, c'est-à-dire à la fois les pays du Golfe ou la Turquie.
Alors que la Turquie n'a pas grand-chose en commun avec le Sahel, a priori. Alors, qu'est-ce qui se change dans la position traditionnelle de la France sur ces différents territoriales avec cette déclaration d'Emmanuel Macron ? Elle fait parler d'elle beaucoup, elle indigne, ou elle suscite des you-you-approbateurs. Maroc, Maroc. En tout cas, voilà. Mais qu'est-ce qui se change fondamentalement ?
Bon, je dirais, pas tout à fait grand-chose. Alors, effectivement, d'abord, il faut quand même admettre qu'avant cette déclaration, avant cette lettre, la position française était déjà une position plutôt favorable au Maroc. Concrètement, c'est quoi ? C'est entre l'autodétermination onusienne et le plan d'autonomie proposé par le Maroc, notamment en 2007, la France, comme d'autres puissances européennes ou occidentales, a plutôt penché côté marocain. Ça, il n'y a pas de doute là-dessus. La France a soutenu plutôt cette initiative. Et même au Conseil de sécurité des Nations Unies, la France a déjà eu l'occasion, par exemple, de voter en faveur du Maroc sur cette question.
Y compris, d'ailleurs, sous un gouvernement socialiste. Donc ça, c'est un fait.
Les socialistes étaient tant considérés plus proches de la dirie que la droite.
Exactement, c'est ce qu'on dit. Mais il se trouve qu'en 2014, par exemple, la France s'est plutôt opposée, par exemple, à une résolution voulue par les Américains, à l'époque par Obama, qui voulait, par exemple, intégrer la question humanitaire à la mission onusienne. Les Français ont plutôt, pour le coup, soutenu les Marocains. Donc, ce n'est pas nouveau. Mais effectivement, la position française était plutôt ambiguë. Et selon la formule consacrée, on ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens. C'est exactement ce qui s'est passé aujourd'hui. Puisque avant, l'idée, c'était, certes, on soutient le Maroc, mais on soutient aussi les principes onusiens et on soutient aussi la démarche onusienne.
Aujourd'hui, le ministre français de l'Étrangère, Stéphane Séjourné, a évoqué le processus onusien. Mais il a surtout dit, au même titre que le président de la République, que la France soutenait aujourd'hui de manière définitive la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. En cela, effectivement, le fameux en même temps, tout comme, d'ailleurs, le en même temps entre l'Algérie et le Maroc. Là, le en même temps, il est en côté. C'est toujours le problème du en même temps, c'est qu'il n'est jamais tout à fait stable. Et en l'occurrence, bien sûr, c'est un tournant.
Puisque là, c'est très difficile, finalement, de laisser le moindre espace à l'autodétermination qu'on a déjà dit dès le début, l'avenir du Sahara occidental ne peut être ailleurs que dans le cadre de la souveraineté marocaine. C'est déjà un positionnement assez direct.
Alors, si on est un perfide, on peut finalement faire un parallèle entre les prétentions marocaines sur le Sahara occidental et les prétentions françaises sur la Kanaki Nouvelle-Calédonie. parce qu'il serait très compliqué pour la France de défendre un plan d'autodétermination radicale, entre guillemets, face à une formule qui est une formule à la Néo-Calédonie. C'est-à-dire, en fait, c'est un processus de décolonisation qui va finalement, in fine, selon toute évidence, aboutir à ce qu'on a déjà décidé, c'est-à-dire l'insertion dans l'édifice français d'un côté et dans l'édifice marocain de l'autre.
C'est un parallèle intéressant. D'abord, c'est intéressant, mais en même temps, la France est censée soutenir quand même le principe d'autodétermination partout, y compris en Nouvelle-Calédonie. Y compris en France. Y compris en France, a priori. Donc, l'autodétermination est un principe que la France... Qui impose, en fait. Qui s'impose, et même en Nouvelle-Calédonie, d'ailleurs. Jusqu'à preuve du contraire, a priori, la France n'est pas contre l'autodétermination en Nouvelle-Calédonie, même s'il y a eu quelques péripéties.
Mais il y a eu Emmanuel Macron également qui a dégelé le corps électroval. Absolument, exactement. Et finalement, engager un processus d'affaiblissement de l'indépendantisme.
C'est un parallèle. Le parallèle que tu fais est intéressant, parce que c'est le parallèle, par exemple, qu'ont fait les Espagnols sur la question catalane. On ne va pas soutenir l'autodétermination ailleurs, parce que la question se pose chez nous. Le problème, c'est que la France l'a fait ailleurs. Elle l'a fait pour le Kosovo, par exemple. L'Espagne, à l'époque, était plutôt hostile à l'indépendance du Kosovo, avec cet argument, parce qu'on est soi-même concerné... Voilà, parce qu'on est soi-même concerné par cette question-là. Le problème, c'est que la France l'a déjà fait ailleurs, parce que la France a soutenu l'indépendance du Kosovo.
Et l'indépendance du Kosovo ne se fonde que sur l'autodétermination du Kosovo, sur aucun autre principe. Donc là, effectivement, on a un positionnement qui est assez bancal, enfin, qui était assez bancal, et on peut dire que maintenant, il est clair, parce qu'on peut difficilement parler d'autodétermination de manière conséquente si on a déjà donné son avis sur l'issue, c'est-à-dire que l'avenir du Sahara occidental doit se faire dans le cadre de l'État marocain. Là, pour le coup, c'est très difficile de parler d'autodétermination en même temps, parce que là, on a déjà l'issue.
En même temps, ça pose une sorte de doctrine en termes d'autodétermination, une sorte de doctrine d'autodétermination resserrée, on peut dire, ici et ailleurs, ça clarifie. Alors, est-ce qu'on peut dire que quelque part, la France choisit le Maroc face à l'Algérie, et pourquoi ?
Alors, c'est l'impression que donne la France aujourd'hui. C'est l'impression que donne la France aujourd'hui, parce que l'Algérie a fait de cette question une espèce de ligne rouge de sa diplomatie. Il faut savoir que l'Algérie, comme le Maroc, ont eu tendance ces derniers temps à faire de la question du Sahara occidental une boussole de leur diplomatie respective. C'est comme ça qu'on va juger nos partenaires. Alors, le Maroc l'a fait avec d'autres pays, l'Algérie l'a fait, par exemple, avec l'Espagne. À chaque fois qu'un pays a eu tendance à montrer une certaine sympathie pour le plan d'autonomie marocain, les dirigeants algériens se sont braqués.
Par exemple, crispation avec l'Espagne, et aujourd'hui, crispation, bien sûr, diplomatique avec la France, avec un rappel de l'ambassadeur, etc. Donc, bien sûr, dans ce contexte précis, quand on décide d'affirmer haut et fort la marocanité du Sahara occidental, forcément, on tourne le dos à ceux qui soutiennent le front polisario et qui considèrent que l'autodétermination onusienne est la seule voie possible et que le plan d'autonomie marocain n'est pas acceptable. Donc, forcément, bien sûr, que là, il y a eu un parti pris. C'est indéniable.
On peut se demander, d'ailleurs, pourquoi l'Algérie soutient autant le front polisario ?
C'est très difficile de répondre à cette question parce que la diplomatie algérienne n'est pas une diplomatie si lisible que ça, en réalité, parce que le régime algérien n'est pas le régime le plus lisible qui soit. Alors, on peut dire que ça peut être utile en termes de politique intérieure, mais ça ne peut pas être le facteur le plus important puisque le Sahara occidental n'est pas la cause la plus enthousiasmante pour l'opinion publique algérienne. C'est-à-dire que c'est une cause qui a été clairement nourrie par les dirigeants algériens eux-mêmes mais qui ne ressemble en rien à la cause palestinienne, par exemple, pour les Algériens.
Même si on a des populations sahraouies installées à Tindouf en Algérie, bon, ça, c'est un fait. Il y a un lien. Mais je ne pense pas qu'on puisse expliquer cela uniquement par la politique intérieure. Je pense que ça entretient le différent avec le Maroc et que le régime algérien a appris à se légitimer en exacerbant des conflits comme celui-ci. Et c'est valable pour le Maroc et c'est valable aussi pour la France avec la question mémorielle. Ça, c'est indéniable. Donc, ça fait partie aussi des mécanismes utilisés par les autorités algériennes pour se légitimer. Il y a aussi une affaire de principe et une manière, là encore, de sonder les autres partenaires.
Par exemple, quand l'Italie, et quand on manifeste de la solidarité ou de la proximité avec l'Italie, on insiste sur le fait que l'Italie, contrairement aux autres pays européens, n'a pas encore flanché. Pas encore, mais l'Italie pourrait bien sûr demain... D'ailleurs, on se demande comment les dirigeants algériens vont réagir si tous les pays européens se mettent, par exemple, les uns après les autres, à soutenir le plan d'autonomie marocain. Là, ça serait problématique. D'autant que c'est une boussole, mais c'est une boussole qui ne fonctionne pas toujours.
Puisque quand les Américains sont allés très loin, très très très loin avec Trump et avec la fameuse diplomatie transactionnelle, normalisation avec Israël, contre-reconnaissance de la marocanité du Sahara, les Algériens n'ont pas fait grand-chose contre les Américains. Il n'y a pas eu de rume.
C'est quand même les Américains.
Oui, mais en 67, l'Alger pouvait rompre ses relations diplomatiques avec les États-Unis à cause de la guerre des six jours. Là, aujourd'hui, il n'y a rien. C'est-à-dire qu'au contraire, non seulement il n'y a rien, mais en plus, les relations avec les États-Unis sont très bonnes et ont été très bonnes ces dernières années. Donc, il y a quand même un vrai problème avec la politique étrangère algérienne.
Alors, on peut aussi se demander, mais pourquoi la France, finalement, choisit le Maroc, alors qu'on se rappelle du scandale Pegasus, des espions marocains qui ont quand même espionné les Français, les autorités françaises en partenariat avec Israël. On a eu aussi une montée de tensions avec des accusations qui sont allées jusqu'à évoquer la sexualité supposée de Macron dans les médias très, très proches du palais. On ne comprend pas, en fait, d'autant plus que l'Algérie a des atouts, notamment le gaz. L'Algérie est un pays quand même autrement plus riche que le Maroc.
C'est vrai. Il y a des atouts des deux côtés. Et moi, je pense qu'il y a un vrai problème avec la politique étrangère française, parce que c'est une politique étrangère qui est très, comment dire, qui n'est pas... En fait, si on est honnête, on a affaire à trois pays qui n'arrivent pas à concevoir des politiques étrangères pérennes et sérieuses et à long terme. Le Maroc mise sur des relations bilatérales étriquées sans trop se soucier de l'environnement régional, comme l'illustre la normalisation avec Israël. Mais c'est un fait, comme l'illustre aussi le fait de faire du Sahara occidental une boussole pour toutes ses relations bilatérales. Ça, c'est un problème.
L'Algérie tourne le dos à bien des égards à sa région aussi, puisque là encore, l'Algérie entretient de très bonnes relations avec les puissances lointaines, Washington, Pékin, Moscou. Mais dès qu'il s'agit de son environnement direct, qu'il soit sahélien ou méditerranéen, à part la tentative de vassalisation de la Tunisie, il n'y a pas grand-chose. Parce que là encore, on a affaire à un problème de légitimité des dirigeants algériens et on a affaire à un problème de solidité du régime, puisque c'est un régime qui est quand même fondamentalement et foncièrement contesté.
Et la politique étrangère française, bien sûr, n'est pas non plus très créative ou très imaginative de ce point de vue, puisque là encore, on a un bilatéralisme étriqué. C'est-à-dire qu'à chaque fois, on se contente de bonnes relations avec certains et on s'accommode de relations désastreuses avec les autres. Il y a quelques années, tu le disais, avec l'affaire Pegasus, etc., les relations étaient plutôt mauvaises, elles étaient plutôt froides avec le Maroc. Les relations avec l'Algérie étaient plutôt bonnes. Il y a eu la grande visite des dirigeants français à Alger. Puis, on ne sait pas faire les deux.
Alors que normalement, la politique, on va dire, la plus intelligente serait de jouer la carte, par exemple, de la puissance médiatrice et de faciliter les choses et de jouer la carte de la stabilité régionale. Ce n'est pas le cas. La France donne l'impression de choisir un camp et ce camp-là, il se trouve que c'est un camp qui ressemble à une espèce de camp occidentaliste. C'est-à-dire, c'est Tel Aviv, Washington, etc. Alors qu'aujourd'hui, ce n'est pas comme ça que fonctionne normalement la scène internationale.
Mais est-ce que ce n'est pas ça, justement ? Est-ce que ce n'est pas un alignement sur Washington et sur Tel Aviv ?
C'est en grande partie un alignement, bien sûr. C'est en grande partie un alignement sur ça. Et c'est aussi, alors je me mets à la place de ceux qui fabriquent la politique étrangère française, c'est aussi une manière pour eux d'arriver à cette conclusion, j'imagine. Ils peuvent se dire, puisque de toutes les façons, les relations avec l'Algérie sont condamnées à être conflictuelles, puisque ces dernières années, les dirigeants algériens se sont systématiquement et méthodiquement crispés sur beaucoup de dossiers, autant au moins miser jusqu'au bout sur une relation qui a vocation à être un peu plus fiable. Et ça, c'est une hypothèse parmi d'autres.
Ce qui est certain, c'est que ce n'est pas le pas le plus intelligent en termes de politique étrangère, puisque crisper un pays avec lequel on a une relation intime, en termes de diaspora, en termes de relations économiques, tu l'évoquais, etc., ce n'est pas forcément, on ne peut pas forcément dire que c'est un succès.
Dans le point de vue économique, on peut se dire, de toute façon, l'Algérie a diminué ses achats de blé français, parce que l'Algérie était un des principaux acheteurs du blé français, avec des conditions qui étaient très favorables à la France. On peut se dire, la France a moins besoin que l'Allemagne de gaz. Et on peut aussi se dire, il y a des possibilités d'exploiter des énergies renouvelables dans le Sahara. D'ailleurs, l'AFD et Proparco sont impliqués dans le développement, disons, de fermes énergétiques solaires, je crois, dans le Sahara occidental. Et donc, finalement, on ne gagne pas d'argent avec l'Algérie, même si on aurait pu, parce que le partenaire est irascible.
Certes. Bon, d'abord, il y a quand même des exportations d'hydrocarbures. Et ces exportations d'hydrocarbures ont eu tendance à grimper ces derniers temps. Même si, bon, le record pour les exportations algériennes, ça a été l'Italie, forcément. Mais il y en a eu aussi vers la France. Donc, bon, le gaz algérien, je pense qu'à l'échelle européenne, on en a encore un peu besoin. Il y a aussi des entreprises françaises présentes en Algérie. Bon, ça, c'est quand même problématique.
Mais j'ai envie de dire que toute la politique étrangère ne peut pas se résumer à des considérations économiques, même si les considérations économiques sont importantes, puisque en termes de renseignement et de sécurité, il y a un partenariat avec l'Algérie. C'est un fait. Est-ce qu'on peut faire sans ? Je ne le pense pas. Est-ce que le fait d'avoir des millions de binationaux, c'est un détail ? Je ne le crois pas. Et effectivement, même si ce qui s'est passé dans le Sahel n'a pas été un succès géopolitique et géostratégique, dans la sécurité du Sahel, l'Algérie a vocation, forcément, par sa géographie, à être un partenaire de la France.
Alors, la France peut aussi se dire que, perdu pour perdu, le Sahel est perdu, tout autant que l'Algérie.
C'est possible de se dire tout ça. La vraie question, c'est est-ce que c'est très fin sur le plan diplomatique ? Est-ce que sacrifier une relation pour une autre est la meilleure façon de faire de la diplomatie ? Ça, ça rappelle quand même l'état d'esprit de Donald Trump. Parce que cette manière de voir la diplomatie de façon exclusivement transactionnelle, a priori, ce n'est pas la tradition française. Donc, c'est problématique, de ce point de vue.
Alors, est-ce qu'on peut considérer, justement, que ce choix de Macron signe la fin de la relation particulière entre la France et l'Algérie et des accords déviants ? Les accords franco-algériens, notamment sur l'immigration, qui agitent l'extrême droite, pourraient-ils être remis en cause ? On sent une sorte de désir de punir l'Algérie à la droite et à l'extrême droite du spectre politique français. L'atmosphère malsaine en France avec des œillades qu'Emmanuel Macron fait à l'extrême droite, en tout cas à tout le spectre droit du champ politique français.
Est-ce que ça ne pourrait pas, justement, annoncer des crispations dans le cadre de la politique des déplacements entre l'Algérie et la France ?
C'est possible, bien sûr. Surtout si on a, même si, pour l'instant, les relations consulaires ne sont pas touchées. Il faut savoir que, même après la rupture diplomatique algéro-marocaine, les relations consulaires algéro-marocaines ont été préservées, c'est-à-dire tout ce qui a trait aux ressortissants des deux pays. Donc, effectivement, c'est un risque. Mais j'ai envie de dire que ça en dit quand même long sur les deux pays eux-mêmes, en fait. Ça en dit long sur ce qui se passe en Algérie et sur ce qui se passe en France.
Sur ce qui se passe en France, parce qu'effectivement, comme tu le disais, au moment des élections législatives, on était persuadés qu'une victoire du RN allait menacer les relations franco-algériennes. Bon, il se trouve que, finalement, on n'a pas besoin d'une victoire du RN pour avoir ça. Il a fallu attendre juste la fête du trône au Maroc et la lettre de Macron pour avoir ce qu'on aurait pu avoir avec une victoire du RN.
Il est en train d'un contexte flou parce qu'il n'y a pas de gouvernement. Il y a un gouvernement démissionnaire.
C'est un problème, bien sûr, en termes de politique intérieure en France puisqu'on a, a priori, un gouvernement démissionnaire et un gouvernement d'affaires courantes. Je ne pense pas que ça s'assémile à des affaires courantes de faire ça et de le dire maintenant. Parce qu'avec un gouvernement de cohabitation, il n'eût pas été possible de le faire. On imagine mal Jacques Chirac faire ça quand il a une hubervédrine socialiste aux affaires étrangères. Je ne suis pas sûr que ce soit possible. Même si on parle de domaines réservés, mais les domaines réservés, ça reste à bien des égards un mythe.
Donc, c'est problématique en termes de politique française, c'est-à-dire la manière de faire de la politique en France. Et pour l'Algérie, c'est problématique parce que ça rappelle quand même aux dirigeants algériens leur faiblesse sur la scène internationale. C'est-à-dire que parfois, on vend à l'opinion publique algérienne une espèce d'anti-impérialisme mythifié pour se légitimer auprès des populations algériennes. Et ce genre d'événement rappelle à quel point l'Algérie sur la scène internationale est isolée. Et ça, c'est un problème. C'est un problème parce qu'en termes d'image, qu'est-ce qu'on a aujourd'hui comme image ? Puisque les dirigeants algériens s'intéressent à l'image.
L'image aujourd'hui, c'est le Maroc qui libère des prisonniers politiques, obtient une énorme victoire diplomatique avec la reconnaissance du Sahara occidental marocain par la France. Sur le plan diplomatique, c'est important. En dépit de la faute diplomatique à l'échelle régionale, qu'a été la normalisation avec Israël ? Et côté algérien, qu'est-ce qu'on a ? Un président de la République qui va se faire réélire indépendamment de tout processus démocratique réel. Des prisonniers politiques qui sont encore en prison.
C'est-à-dire, on a encore le plus grand journaliste algérien qui est en prison aujourd'hui et qui est un prisonnier politique pendant qu'on parle d'une campagne présidentielle comme si de rien n'était. Donc, voilà le contexte algérien et bien sûr, la gifle diplomatique reçue par la France parce qu'il faut rappeler que le président algérien Thibault parce qu'il faut savoir que le président de la République algérienne était censé venir à Paris après sa réélection dans le cadre d'un voyage diplomatique pour, là encore, se relégitimer auprès de sa population en obtenant je ne sais quoi sur le dossier mémoriel. Aujourd'hui, bien sûr, tout cela est compromis.
On imagine mal une visite en septembre, en octobre d'un président bon réélu avec ça, avec ce qu'on vient d'avoir.
Et donc, ça suppose aussi un rédissement mémoriel en France qui également nous indique de quel côté va le cœur d'Emmanuel Macron entre la gauche et la droite. Alors, est-ce que, à ton avis, il n'y a pas quelque chose à voir au sujet de la classe politique française parce que l'Algérie est un sujet de positionnement au sein de cette classe politique ? À droite et à l'extrême droite, on l'a dit, on se félicite de la décision de Macron parce qu'elle irrite l'Algérie. Globalement, on n'essaie pas d'aller plus loin. Mais à gauche, on sent une forme de malaise à la France insoumise et aux partis socialistes plus qu'aux PCF et aux écologistes, par exemple.
Et là encore, le coup est fort pour l'Algérie puisque la quasi-totalité du spectre politique français semble être influencée par les positions marocaines.
Oui, c'est vrai. C'est-à-dire qu'il y a une... Et là encore, je pense qu'on ne peut pas sous-estimer ça. C'est-à-dire qu'on a affaire à des régimes autoritaires. On a affaire à des régimes autocratiques qu'on ne peut pas qualifier véritablement de démocratie. Les deux côtés. Les deux côtés, bien sûr. Je veux dire en Algérie ou au Maroc. Mais le problème, c'est que le régime algérien qui s'est maintenu malgré l'énorme enthousiasme du Hirak, etc.
et de ce soulèvement populaire de 2019, qui s'est maintenu tel quel, c'est-à-dire que malgré le mythe du Nouvelle-Algérie, n'a pas vocation à apporter beaucoup de crédit aux dirigeants algériens puisque les dirigeants algériens suscitent finalement la même méfiance qu'avant, même s'ils ne veulent pas l'admettre. C'est-à-dire qu'ils ne veulent pas admettre qu'ils suscitent de la méfiance chez leurs partenaires et que la question de la crédibilité et de la légitimité n'est pas complètement indépendante de la question de la diplomatie, de la politique étrangère.
Et je pense que c'est un vrai problème et ça répond en partie à ta question, c'est-à-dire qu'y compris auprès des partis politiques, le régime algérien ne réussit pas à se rendre très attrayant. Et ça, c'est un fait. Il n'empêche que je pense qu'une bonne partie de la gauche, si ce n'est toute la gauche aujourd'hui, refuse évidemment, rejette l'action d'Emmanuel Macron pour ce qu'elle est d'abord parce que c'est un passage en force dans un contexte particulier en politique française, c'est-à-dire un gouvernement démissionnaire, de gêne.
Il y a des voix de gauche qui ont applaudi.
Il y a des voix de gauche, bien sûr, qui ont applaudi, mais... Bon, ça, Farid Amrani, la France Insoumise,
certaines voix socialistes.
Mais de façon très individuelle, pas les partis politiques parce que je vois mal les partis politiques dire officiellement qu'on applaudit le fait que le président de la République qui est un gouvernement démissionnaire nous cause une crise diplomatique avec un pays comme l'Algérie du jour au lendemain, alors qu'on parle de trèves olympiques. Tout ça est quand même très, très, très problématique à la fois sur le plan politique et sur le plan diplomatique. Et comme je le disais, ça en dilue, en fait, ça en dilue sur les visions étriquées à la fois au Maroc, en France et en Algérie.
Est-ce que la relance de la conflictualité, enfin la relance, cette relance, parce qu'il y a toujours une occasion de conflictualité dans cet espace, est-ce que donc cette relance de la conflictualité au Maghreb aura des effets sur les communautés franco-maghrébines ?
C'est un risque, bien sûr, mais je pense que les relations entre Algériens, enfin je veux dire, il y a une certaine fraternité, qu'on le veuille ou non, entre les Algériens et les Marocains, même si cette fraternité est largement remise en cause, mais j'ai tendance à penser que ce qui a fait le plus de mal, le plus de tort en réalité à ces relations entre Marocains et Algériens, c'est la normalisation avec Israël et surtout c'est l'absence de remise en cause de cette normalisation après les massacres à Gaza. Ça évidemment, ça indigne beaucoup plus que cette question du Sahara occidental.
Je ne dis pas que c'est une question dérisoire parce que c'est une question importante, une question de principe, y compris de principe en droit international, mais quand on voit comment on s'accommode plus ou moins de la normalisation avec Israël et de la rupture diplomatique contre l'Algérie et le Maroc, parce que finalement la rupture diplomatique contre l'Algérie et le Maroc, c'est un effet de moins encore plus important, je me dis que ce n'est peut-être pas forcément une rupture dans les relations algéro-marocaines.
C'est-à-dire que là, c'est peut-être l'image de la France en Algérie ou les relations bilatérales entre la France et l'Algérie qui seront davantage touchées que les relations intermaghrébines, je pense.
Merci beaucoup Adelaine Mohamedi, je rappelle, docteur en géopolitique et enseignant, et merci à vous d'avoir regardé cet entretien d'actu, vous le savez, malgré le sérieux de notre dossier et la ferveur populaire, nous n'avons pas été sélectionnés par l'ARCOM pour être diffusés sur la TNT, mais nous ne lâchons pas le combat et nous engageons un recours après le renouvellement de CNews, 6 chaînes sur 15 ont été attribuées au groupe Bolloré, l'arrivée de Réel TV, la chaîne du milliardaire de chèques Daniel Kittreteski est également un résultat de cette sélection de l'ARCOM, nous exigeons une répartition plus démocratique, plus équitable des fréquences TNT, signer et partager notre grande pétition sur tnt.lemédiatv.fr.