Budget 2026 : «Si l’année blanche est un écran de fumée, ça ne nous conviendra pas», prévient Jean-Didier Berger
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Et le budget 2026, le Premier ministre François Bayrou doit en présenter les grandes lignes mardi avec cet objectif, faire des économies de l'ordre de 40 milliards d'euros afin de ramener le déficit public à 4,6% du PIB en 2026 puis à 3% en 2029. Pour l'évoquer avec nous en studio, Jean-Didier Berger, député droite républicaine des Hauts-de-Seine, vice-président de la Commission des Finances à l'Assemblée Nationale, Jean-Didier Berger. Bonjour. Bonjour. Alors cette idée d'une année blanche serait actuellement privilégiée. Est-ce que c'est une bonne piste selon vous?
Tout dépend de quoi on parle. Si c'est une année blanche qui permet à l'État de geler ses dépenses, d'arrêter de dépenser toujours plus, à ce moment-là on est d'accord. Si en revanche c'est une année rouge, c'est-à-dire une année qui finalement se traduit par plus d'impôts, le gel des retraites, par davantage d'efforts demandés à ceux qui travaillent ou à ceux qui ont travaillé, à ce moment-là on ne pourra pas soutenir ce budget. Donc c'est toute la question qui se pose, c'est qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur de cette année blanche parce que si c'est un écran de fumée qui ne permet pas vraiment de baisser les dépenses publiques, ça ne nous conviendra pas.
Alors vous ne pourrez pas soutenir ce budget, c'est-à-dire ça sous-entend une éventuelle censure ?
Non, on a dit depuis le début avec Laurent Wauquiez et mes collègues de la droite républicaine, on n'est pas là pour ajouter du chaos au chaos, on n'est pas là pour faire comme le Rassemblement National qui s'allie avec la France Insoumise dès lors qu'il s'agit des questions financières et sociales. On est là pour apporter notre pierre à l'édifice, pour faire en sorte que l'État passe vraiment à l'acte. Le gouvernement de François Bayrou dit, répète très souvent, qu'il est là pour baisser la dépense publique. Je rappelle qu'on est le pays qui dépense le plus, on est le pays qui a le plus de déficit, on est aussi le pays qui a le plus d'impôts.
Donc il faut simplement que le gouvernement arrive à passer des paroles aux actes et quand on nous dit baissons la dépense publique, on dit chiche et on est là pour le proposer.
Et vous avez des propositions concrètes ?
Absolument, on a fait avec nos collègues du Sénat plusieurs dizaines de milliards de propositions d'économie dans tous les domaines, en particulier dans les dépenses de l'État. Déjà pour commencer à baisser la dépense publique, il faut commencer par arrêter de dépenser plus, dépensons moins et arrêtons de dépenser plus, que ce soit sur le train de vie de l'État, mais également sur le train de vie des opérateurs et des agences de l'État. Les budgets de ces opérateurs ont augmenté de 50% en quelques années seulement, donc reprenons l'argent à ces opérateurs qui en plus ne sont pas sous le contrôle des politiques.
Et puis en matière sociale également, on assiste à des dérives, à une explosion des arrêts maladie, à des conditions trop généreuses en matière de chômage. Donc il y a des efforts à faire pour redresser le pays, pour remettre la dépense sociale en ligne avec la soutenabilité. Être généreux c'est très bien, mais il faut avoir les moyens de cette générosité.
Alors en tout cas, il y a un budget qui ne devrait pas être gelé, qui devrait même être augmenté, c'est celui de la défense, le ministère des armées, qui devrait voir son budget augmenter, et on devrait avoir un indice dès demain, avec le discours du président Emmanuel Macron. Est-ce que vous trouvez que ce discours du chef des armées, qui a parlé de France menacée, les mots étaient quand même assez forts, est-ce que c'est réaliste ou est-ce que c'est alarmiste selon vous ?
Non, je crois que c'est une réalité, et on voit bien qu'on est dans un monde de plus en plus violent, qu'on est dans un monde où l'Occident, comme l'a dit Thierry Borca, est menacé dans ses valeurs et dans son intégrité, que la guerre est déjà aux portes de l'Europe, voire en Europe, et que donc avec toutes les influences, à la fois militaires, sur terre, mais également dans les airs, dans l'espace, du point de vue également de la puissance maritime, voire en sous-marin, on a tout un tas de menaces, et puis des menaces qui pèsent également sur l'information, donc il ne faut pas faire preuve de naïveté, et si nous voulons passer le budget de la défense de 50 milliards à 100 milliards, que le ministre des armées a dit être le poids de forme du budget de la défense, vous voyez bien que pour faire 50 milliards de plus, alors qu'on a du mal à faire 40 milliards d'économies sur le budget, et que 40 milliards, c'est pas du tout assez par rapport à ce qu'il faudrait faire, je rappelle que mécaniquement, le budget de la France augmente de 60 milliards tous les ans, donc en réalité, l'année prochaine, de toute façon, même si on fait 40 milliards, on va augmenter quand même de 20 milliards, donc si on veut faire tous ces efforts, en particulier pour nos armées, et bien il faut être capable de proposer beaucoup d'économies.
Très bien, merci beaucoup Jean-Didier Berger, député droite républicaine des Hauts-de-Seine, vice-président de la Commission des Finances à l'Assemblée Nationale, merci d'être venu en direct sur Europe 1.
Jean-Didier Berger