AGRICULTURE ET ALIMENTATION : FAUT-IL UNE INTERVENTION DE L'ÉTAT ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Dans votre intervention vous disiez que vous souhaitiez justement l'intervention de l'Etat. Est-ce que c'est une inquiétude que vous avez à propos de ces Etats généraux de l'alimentation, que finalement il y a une phase où on laisse les acteurs s'écouter, se parler et finalement s'entendre entre eux sans intervention d'un extérieur, ce qui fait que peut-être que l'effort serait fort dans le cadre de ce rapport de force là, enfin voilà, c'est la première question. On avait votre prédécesseur qui lui souhaitait qu'il n'y ait pas pas de nouvelle loi.
Est-ce que vous vous souhaitez une nouvelle ? On croit énormément à l'intervention de l'Etat et un Etat qui organise et qui régule. Moi je crois pas qu'à un moment les grands capitaines d'industrie qui se gavent sur le dos des paysans ils vont dire ouais j'ai vraiment trop la honte, il va falloir que j'en redonne un peu, non.
Il va falloir que l'Etat, il va falloir que le parlement, falloir que vous vous empariez de la question et dire: voilà il faut une loi pour régir les rapports commerciaux entre la distribution, la transformation, et les producteurs, il n'y aura pas le choix, parce que le rapport de force il est trop déséquilibré. Il y a quatre centrales d'achat en France, il y a quelques milliers de transformateurs et puis à côté de ça il y a encore quatre cents mille paysans quoi. Moi ce que j'ai compris aussi, ça a été annoncé à la journée de lancement, c'est que le président de la République doit conclure sa première étape des Etats généraux avec une intervention et qui sait peut-être des interventions de l'Etat pour essayer de régler les manquements qui seront notés ici ou là.
Aujourd'hui on sait plus trop où on va, on sait plus trop surtout où ça s'arrête. Et il y a une forme de spirale. Et c'est pour ça encore une fois on peut être d'inspiration de philosophie libérale, je suis plutôt convaincu qu'aujourd'hui on a besoin que législateur mette un coup d'arrêt sur certaines pratiques et si le législateur le fait pas les acteurs eux mêmes seront incapables de le faire.
Encore une fois le type qui aujourd'hui dit : je remonte mes prix parce que c'est aberrant de vendre ce prix là sur tel produit, il est massacré. Sans mauvais jeu de mots depuis ce matin je bois du petit lait moi comme député communiste, puisque j'entends des propos, quels que soient les acteurs présents, de revendication d'un Etat qui protège, d'un Etat stratège, d'une loi qui régule et notamment sur la question du prix et puis là encore à travers votre intervention, la demande que la concurrence libre et non faussée ne percute pas l'originalité de la France dans le domaine qui nous concerne. En plein débat sur le CETA, en plein débat sur l'apologie des fois de ceux qui veulent être les chantres de la dérégulation, est-ce que vous nous confirmez que pour l'agriculture on a besoin d'un Etat fort notamment sur les sujets qui font l'actualité, l'élevage bovin et de la crise laitière.
Oui. Je réponds oui tout de suite, oui on a besoin d'un Etat fort, on a besoin d'un soutien parce que ce modèle on ne peut pas que le porter, et on doit le soutenir, on doit l'encadrer et quand on parle d'un encadrement effectivement ça fait partie des choses qu'on a évoqué au départ.
François Ruffin