Comprendre la TROISIÈME GUERRE DU GOLFE
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[musique] France Culture Affaires étrangères [musique] Christine Crent. Bonjour à tous. Il y a un mois tout juste, les États-Unis et Israël déclenchaient la troisème guerre du golf et ce [musique] matin l'issue en paraît plus incertaine que jamais. escalade, négociation ou guerre d'usure.
Au fil des bombardements et de la riposte vigoureuse du régime iranien, les déclarations de Donald Trump ont été tellement contradictoires sinon mensongères qu'on en est venu à attendre pour les valider. Les réactions de Teran et maintenant du Pakistan. Des [musique] contacts seraient organisés par l'homme fort d'Islamabad, le maréchal Mounir, très bien vu à Washington, impliquant cette fois le secrétaire d'État Marco Robio, peut-être Jay Vans et non plus le tandem Wov Kuchner, sans doute meilleur en business qu'en diplomatie.
Le président américain a beau calculé la chronologie de ces messages sur les réseaux sociaux pour calmer les marchés pétroliers et financier, Teran, c'est désormais la puissance du levier d'ormous sur l'économie mondiale, l'inquiétude existentielle des Émirats, l'hésitation de l'Arabie Saoudite à entrer en guerre, la fracturation de l'Irak sous l'action des milices chiites qui lui sont alliées. Et hier, ces affités outil sont entrés en action en lançant un missile contre Israël à terme une menace sur Babel Mandeb, l'autre des trois qui commande l'entrée dans la mer rouge et le canal de Suè. Bien à sa façon, jeudi dernier face à une chute brutale de Wall Street, Donald Trump a une nouvelle fois ajourné son ultimatum de frapper les installations énergétiques ennemies, affirmant en même temps qu'il avait gagné la guerre, que Teran le suppliait de conclure un accord et qu'il déclencherait l'enfer si le régime n'était pas sérieux.
Craignant une paix baclée par son allié, Israël durcit son offensive au Liban et ses bombardements sur l'Iran. Benjamin Netania poent-til maintenant à une intervention américaine au sol ? Pourquoi l'acheminement sur zone de deux unités de marine, 5000 hommes et des milliers de parachutistes ?
En un mois, tous les alignements régionaux ont été bouleversés et la crédibilité des États-Unis protecteur des monarchies arabes, sérieusement ébrêché. Vers qui vont-elles se tourner ? La Turquie affiche ses ambitions régionales et craint une vague migratoire.
Vladimir Poutine reste discret malgré son partenariat avec l'Iran auquel il fournit du renseignement militaire contre les Américains. Pas question d'indisposer à Donald Trump dont la mensuétude lui est utile pour sa guerre en Ukraine. Serait-ce un signe d'impuissance à l'instar de l'autre partenaire majeur de l'Iran, la Chine dont l'économie est directement affaiblie par la guerre ?
L'Inde compte 10 millions de de ressortissants travaillants au Moyen-Orient. Quel est le jeu de nos délit qui assure par ailleurs la présidence des bricks plus ? Les ministres des affaires étrangères du G7 se sont réunis hier et avant-hier près de Paris en présence de Marco Rubio.
Quel résultat ? Un consensus entre les occidentaux est-il encore possible ? C'est ce qu'on va comprendre ce matin grâce à vous Dorot Schmet vous êtes responsable du programme Turquie Moyen-Orient àri.
Maya Candel, historienne, chercheuse associée à l'université Sorbon Nouvelle, Emmanuel Linco, professeur à l'Institut catholique de Paris, directeur de recherche à l'IRIS et Cyril Brecht, chercheur associé à l'Institut Jacques de l'Or et expert associé à l'Institut Montig. Maya Candel, on a eu droit hier soir, juste avant qu'il ne reparte du Bourget aux déclaration du secrétaire d'État américain Marco Rubio qui a expliqué en gros presque le contraire de son président en faisant allusion non pas des discussions avec l'Iran, ce qu'affirme Donald Trump, mais en fait des contacts, des signaux. C'était assez flou.
Est-ce que c'est un signe de plus d'une forme d'incohérence ou d'impréparation américaine et de surprise par rapport à on peut le regretter d'ailleurs, à la vigueur de la réposte iranienne. Alors oui, c'est c'est il semblerait qu'il y ait des des embrillons de de discussion. Euh la surprise effectivement euh les alors les Américains parlent de de par exemple de de réalisme flexible.
Euh ce qui veut tout dire et rien et il y a une grande incertitude dont témoigne Marco Rubio, mais qui est le reflet aussi, je crois que de du fait que Trump lui-même ne sait pas euh encore ce qu'il va ce qu'il va faire. Ce qu'on voit euh à travers cette guerre là depuis un mois, c'est effectivement Trump, on le sait, l'année dernière a a dynamité tout le processus de politique étrangère euh aux États-Unis. Il y a plus vraiment de de conseil de sécurité nationale.
Marco Rubio, donc le le NSI qui est vraiment l'organe de de d'harmonisation de la politique étrangère qui se trouve dans la Maison Blanche qui était le centre de décision quand même sur les dernières administrations et puis qui est aussi l'endroit où on discute des options, on évalue les différents scénarios, l'expertise. Là effectivement ce qui est complètement sidérant c'est que 100 % des experts, 100 % des scénarios auraient disaient le levier de l'Iran, c'est le D3 d'Ormouse. Enfin, c'est absolument Ah ben on sait ça depuis quelques quelques milliers d'années en quelque sorte, mais est-ce que ça veut dire que la purge, il y a eu une purge idéologique, il faut bien le dire, au département d'État comme dans les agences de renseignement.
Est-ce que c'est l'une des clés de cette mauvaise appréciation ? Oui, je pense que c'est c'est absolument l'une des clés. On sait que Trump, le Trumpisme en général, mais Trump en particulier méprise l'expertise.
Il considère que lui sait comment décider à partir de de ses instincts. Euh je pense que là effectivement, il était porté par le succès de l'intervention au Venezuela. Il s'est laissé convaincre qu'il pouvait faire la même chose en Iran.
Alors, convaincre par qui ? Par Benjamin Netaniaou. parce que on on voit quelques républicains, même des républicains qui osent dire et parfois dénoncer, il y a une démission spectaculaire de l'un des membres de l'administration dénoncer en quelque sorte l'emprise d'Israël sur Trump.
Ben je pense c'est la décision de Trump. Il a il s'est convain il est dans un une espèce de de mouvement où il pense à son héritage, à la place qu'il va laisser dans l'histoire. Il est de plus en plus à l'aise avec l'utilisation de l'outil militaire et il s'est laissé convaincre.
Je pense que oui, c'est vrai. On sait que Netaniaahu lui parle très souvent, était à Maralago à la fin décembre. C'est le moment où le déploiement vers le golf euh la le le la mise en place de de l'ensemble des des outils militaires a commencé à ce moment-là. s'est déroulé ensuite sur janvier février.
Euh oui, il y a eu il s'est laissé convaincre, c'est assez clair, je crois aujourd'hui que ça pouvait être fait facilement. Euh et la première déclaration le 28 février, il y a un mois exactement, il parlait très clairement de changement de régime. Ensuite, évidemment le problème c'est toujours le même avec Trump.
Euh d'une part, son art de la négociation euh pour citer son premier livre, c'est toujours de lancer euh des éléments euh comme ça pour voir comment l'adversaire va réagir. Et puis clairement, il n'a pas écouté euh alors peut-être qu'il a écouté justement euh son chef d'étatmajor, le général Kane, qui était très réticent. On l'a on l'a su après qui face à cette opération qui exposait tous les risques euh le fait que ça ne se déroulerait peut-être pas justement comme l'opération au Vené.
On sait que le vice-président Jedy Vanz qui pourrait être à la manœuvre de de négociation avec l'Iran euh était lui aussi euh très réticent. Euh mais effectivement, on voit les effets de cette purge. Il y a une purge également au Pentagone.
Le le et puis surtout c'est la différence majeure entre cette deuxème administration Trump et la première. c'est que Trump n'est entouré quasiment que de gens qui sont d'accord avec lui, de courtisans. C'était même la condition de leur embauche.
Absolument. Donc Cyril Bret sur cette alliance très étroite et d'abord évidemment politique et même face à un ennemi commun, l'Iran et cette alliance militaire dont on a vu l'extraordinaire coordination. Est-ce que on assiste selon vous au premier signe d'une divergence d'objectifs entre Israël et les États-Unis ?
Oui, on on a vu il y a quelques jours effectivement une première fissure dans la façon de désigner euh les cibles au moment où euh Israël a a bombardé euh les installations euh iraniennes dans dans le la poche de South Parks. Et là euh et voilà euh et c'est ce qui a exposé les alliés des États-Unis dans le golf à des à des répliques extrêmement sévères. Et ça bon c'est une première divergence qui une divergence opérative tactique militaire et on voit également se manifester depuis quelques jours depuis que des ballons d'essais ont été lancés par Donald Trump parlant de de négociation de pèse.
Donc on sache évidemment si la réalité de ces négociations est vraiment tangé mais on a commencé à comprendre que le point d'atterrissage des deux alliés était probablement différent. Ils ont tous les deux Trump et Netaniaou une échéance électorale importante en octobre. Ils ont une croyance voir un fétichisme dans la puissance militaire qui les réunit.
Ils ont également et bien un ennemi commun, vous l'avez rappelé dans le le régime des Molas. Et là maintenant, on comprend que par-delà les écrans de fumée he qui sont entretenus par Rubio, on comprend que et bien une porte de sortie va être cherchée par l'administration Trump sans doute pour des raisons économiques hein, les cours du pétrole presque le prix à la pompe et voilà le prix à la pompe. On sait que l'inflation pèse énormément sur l'électorat américain, enfin sur l'économie américaine et donc vraisemblablement sur l'électorat américain.
Et donc [raclement de gorge] une divergence, ce sera pas évidemment un clash entre les deux alliés, peut se trouver et notamment en cas de scénario cauchemar pour Tel Avive Jérusalem, c'est-à-dire une espèce de paix séparée directement négociée par des Américains à identifier avec des Iraniens à identifier sur un c'est c'est le feu dans le dos ou presque en l'absence d'Israël, jamais au détriment d'Israël. Et ça, ce serait un scénario cauchemar pour les Israéliens qui marquerait une divergence stratégique, pas militaire. Néanmoins, pour Israël, cette guerre est extrêmement coûteuse aussi en en homme d'ailleurs d'abord avec un un appel au réserviste.
Enfin, TAL est en guerre pratiquement de façon continue depuis depuis au moins 2 ans et un coup terrible aussi pour l'économie puisqueévidemment ceux qui servent dans l'armée et notamment pour la technologie israélienne, le coût est très élevé. Est-ce que cela peut calmer en quelque sorte ce sont les freins endogènes à l'effort de guerre à l'effort de guerre israélien. Ça fait 2 ans et demi 3 ans qu'Israël est en guerre.
Gaza évidemment Iran. Et cette semaine on a appris donc l'effort de guerre le rapport la la part du PIB israélien qui qui serait consacré en 2026 à la guerre tangenterait les 10 % ce qui est considérable. Évidemment, on a appris que c'est désormais presque un/ers des réservistes de Tsal qui sont appelés sous les drapeaux et que le coût d'une journée de guerre pour l'économie israélienne est considérable.
Mais encore une fois, les forces de rappel qui s'exercent sur les États-Unis ne sont pas celles qui s'exercent sur Israël. J'allais être familier. Ça en vaut presque le coup pour le Premier ministre israélien puisque il a une échéance électorale qui est très difficile et toujours une échéance judiciaire aussi et un impi bien sûr et il a un impératif de sécurité nationale qui est presque absolu qu'il veut jouer c'est la suprématie militaire d'Israël donc la sécurité d'Israël dans la région ce qui n'est pas le cas de Donald Trump qui est soumis à d'autres contraintes régionales et internes.
Doroté Schmid, on a l'impression pour le moment, en tout cas donc 1 mois plus tard que les trois parties prenantes, si j'ose dire, c'est-à-dire euh Israël, les États-Unis et l'Iran, euh chacun pense que son plan fonctionne et en fait ceux qui sont en plein désarrois, bien évidemment, ce sont les monarchies arabes qui s'appuyaient bien sûr à grand coup sur la protection militaire américaine qui ont investi dans la famille Trump. euh si j'ose dire de façon extrêmement évidente et généreuse euh tout au long des derniers mois. Et là euh l'Arabie Saoudite qui a été frappée euh hier soir, un missile qui est tombé sur une base militaire prince sultane, 12 américains 12 militaires américains blessés, le Kit, l'aéroport l'aéroport frappé.
Euh ces monarchies arabes ont-elles les mêmes intérêts, les mêmes priorités et le même niveau d'angoisse ? Alors, il y a un point très important là qu'on a évoqué, c'est le nerf de la guerre, l'économie. Je voudrais juste dire un point de plus sur les chiffres que Cyril a cité à propos d'Israël, c'est que Israël mène plusieurs guerres qui ont des coûts très différents.
Et là, la guerre contre l'Iran, elle va faire exploser le coût de la guerre. C'estàd que les prochaines statistiques, ça sera pas ça, ça sera beaucoup plus fort. C'est une guerre qui engage des moyens techniques, des des armements qui sont extrêmement coûteux.
Il y a une autre guerre en ce moment qui est en train de se développer sur le front libanais qui celle-là engagera les réservistes et ça ça sera un sujet d'opinion publique plus compliqué à traiter qui est une guerre au sol et qui est une guerre au sol. Absolument qui est une guerre qui engage les Israéliens physiquement je dirais beaucoup plus bien même si on a des missiles qui tombent sur Israël tout le temps. Je vous rappelle que on a des des des frappes qui sont tombées sur Dibona, le rédacteur nucléaire israélien.
Donc ça c'est une galère. angse population, même si encore une fois il y a un système extrêmement au point, extrêmement perfectionné d'abris et cetera et des réflexes de la population civile, néanmoins, on peut imaginer l'angoisse des habitants dans toutes les parties d'Israël en fait. Donc pour revenir sur votre point qui est les trois protagonistes principaux ont l'impression que leur plan se déroule, je crois que les États-Unis ont pas l'impression vraiment que leur plan se déroule puisqu'ils se réorient en permanence.
Je pense que les Israéliens sont dans une course de vitesse parce qu'ils ont peur que les États-Unis trouvent une porte de sortie et que dans ce cas, ils ne pourraient pas poursuivre cet effort de guerre. Et j'ai l'impression que les Iraniens sont dans un un plan de réaction tout simplement qui en fait en essayant d'engager un maximum de pays de la région crée effectivement beaucoup de dégâts matériels et aussi psychologiques. Et donc sur la question des monarchies du golf on est on est dans des pays qui vont rester la ligne de front face à l'Iran et qui donc se demandent la géographie est est sans piqué. est là et il y avait aussi beaucoup d'interaction déjà entre ces États.
Il y avait beaucoup d'argent iraniens dans les banques des Émirats par exemple. Beaucoup d'argent des Molas d'ailleurs. Beaucoup d'argent des Mola.
Et donc l'avenir de pour ces pays, c'est de savoir comment est-ce qu'ils devront s'arranger d'un Iran qui sera probablement très affaibli militairement effectivement, mais où le régime bon des probabilités qu'on a aujourd'hui continuera d'exister sous une forme ou une autre et que les États-Unis vont peut-être déserter parce qu'ils ont mieux à faire. ou en tout cas être un partenaire dans lequel la confiance aura été très fortement ébranlée puisque le fait d'avoir des implantation militaires américaine sur leur territoire était censé conforter le parapluie de sécurité américain. Or, c'est ce qui déclenche les frappes iraniennes.
Les Iraniens passent leur temps à s'excuser du fait qu'ils envoient des missiles sur leurs voisins en disant "Mais à partir du moment où on nous frappe depuis ces bases américaine, moi je frappe les bases américaines, elles sont sur vos territoires et ça élargissant en élargissant élargissant pas mal jusqu'à bah jusqu'à Chypre par exemple, on a quand même des bases britanniques qui ont sont utilisées par l'OTAN pour toutes les frappes sur le Moyen-Orient depuis des décennies. Euh on on voit aussi euh que euh il y a un début de diversification ne serait-ce qu'en terme d'armement avec en particulier et c'est quand même l'ironie de ces deux guerres en parallèle la guerre d'Ukraine et la guerre au Moyen-Orient. Le président Zelenski qui était à Riad jeudi dernier qui a conclu avec Mohamed Belsaman un accord sur les drones donc un accord de défense aérienne.
Donc cela veut dire que les Ukrainiens qui depuis plus de 4 ans maintenant reçoivent sur la tête les drones iraniens livrés à la Russie vont maintenant protéger en principe l'Arabie Saoudite et les Émirats. Il y a un autre accord avec MBZ, euh le patron donc d'Abou Dhabi. Euh ils espèrent ils espèrent obtenir un retour des systèmes de défense que les États-Unis veulent pas leur donner.
Donc on a des réorganisations régionales absolument étonnantes qui sont en train de se fabriquer, qui sont des mini alliances militaires en comprenant bien que les pays du golfe veulent à tout prix éviter un engagement avec l'Iran. C'est ce qu'ils essaient d'éviter depuis des années. C'est sur quoi il travaillait diplomatiquement.
C'est pour ça que l'Arabie Saoudite pousserait les États-Unis à aller jusqu'au bout. Alors, je sais pas si c'est tout à fait vrai de dire qu'il les pousse aller jusqu'au bout parce qu'on a pas une naïveté complète qui est de se dire qu'on va nettoyer entre guillemets l'Iran. L'Iran, c'est un gros pays.
Alors, je suis très frappé d'une chose, c'est que au début de la guerre, on disait "Attention, rappelez-vous, on a le précédent iraakien." Maintenant, on nous dit non mais ça n'a rien à voir. C'est pas du tout le même pays, c'est pas du tout les mêmes conditions.
Alors effectivement, mais en Irak, les États-Unis sont parvenus à faire un changement de régime. Donc d'une certaine façon, ils sont parvenus à leur fin. Ça n'a pas empêché la séquence suivante d'être absolument catastrophique pour les États-Unis et de continuer à l'être de l'être pour toute la région.
Il y a des il y a évidemment des milices chites pro iraniennes qui visent des intérêts amélior vous disz comme vous le disiez dans votre introduction, on était parti dans cette nouvelle offensive contre l'Iran avec l'idée que les proxy iraniens étaient très affaiblis puisqueeffectivement Israël menait sa guerre contre le Hamas le Hzbol là que Bachar Alassad était parti à Moscou et remplacé par un ancien djihadiste qui lui se tient l'écart de la guerre tout en étant très antisérien. Et ce matin, on se réveille avec les Rousies qui sont en train d'entrer en guerre et qui menacent de effectivement poser un nouveau problème pour la circulation de Mandep qui est le deuxième des trois de la région encore plus petit que Hormouse. Emmanuel Linco, il y a dans toute cette affaire aujourd'hui un protagoniste majeur dont la plupart du temps sous-estime le rôle, c'est le Pakistan. le Pakistan qui a une impor une population chite euh considérable et évidemment des liens euh religieux, historiques, culturel avec l'Iran et qui se place maintenant au centre euh de ce tissu diplomatico flou auquel Marco Robio hier soir faisait allusion.
C'est ce C'est ce [raclement de gorge] que faisait dire Héraclit l'opposé coopère. Donc est venu le moment en effet du Pakistan qui vous le dites très justement a des affinités idéologiques avec l'Iran. Il faut rappeler que le Pakistan a été la première République islamique à être proclamée en 1947, donc bien avant l'Iran.
Euh anecdotiquement euh parlant, mais c'est bon de le rappeler, le père euh de de l'imam Roménie, de l'ayatomie euh était un Cachmiri, hein. Donc, il venait euh des régions du nord-est de l'actuel euh Pakistan. Et enfin, il est vrai, il y a une communauté chite très très importante et je pense que je souscris par tout ce qui a été dit à l'instant, je pense que la dimension chite euh de ce conflit n'a absolument pas été prise en compte évidemment par Trump et son équipe parce qu'on parle toujours des proxis, les outils notamment.
Bon d'accord, mais il y a des relais formidables pour le pouvoir iranien euh que sont les relais chiites de par le monde. Je pense à l'Azerbaïdjan, je pense précisément au Pakistan, voire même à l'Inde, voire à certaines régions de l'Asie centrale où il y a par ailleurs une autre dimension personne quant à elle. Bref, des soutiens multiples qui n'ont pas été encore mobilisés par le pouvoir iranien mais qui pourraient l'être assurément.
Le Pakistan est une puissance nucléaire euh qui a conclu avec l'Arabie Saoudite en septembre de de l'année dernière un un traité de défense mutuelle euh tout à fait explicite et il semblerait, c'est en tout cas ce qu'on pouvait lire ce matin, je crois dans le Financial Times, que les Pakistanais sont assez déçus par ce partenariat parce qu'il y a pas eu vraiment d'investissement saoudien chez eux. Néanmoins, expliquez-nous comment ce maréchal Mounir. Euh Trump dit "C'est mon maréchal préféré." Se demande s'il en connaît beaucoup d'autres, mais euh comment Mounir s'est-il euh imposé en quelque sorte au milieu des tractations éventuelles entre Teran et Washington ?
Vous mettez le doigtin effectivement sur l'une des autres versatilités de Donald Trump. Il faut rappeler qu'en avril 2025, juste après la fin de la très brève guerre opposante des Indiens au Pakistanais au Cachmir, justement le chef d'état-major pakistanais s'est rendu à Washington au Grand âmes évidemment des Indiens qui ne s'y attendaient pas. C'est sans doute malgré tout une façon pour Donald Trump de renouer avec un certain nombre de fondamentaux de la politique étrangère américaine hérité de la guerre froide.
être présent en l'occurrence à l'époque là même où les soviétiques pouvaient l'être et aujourd'hui à la place des soviétiques, ce sont évidemment les Chinois. Donc bien sûr Trump est odieux versatil tout ce qu'on voudra. Enfin, ce que je constate quand même, c'est une obsession de Trump à vouloir euh faire le jeu des États-Unis dans des régions où les Chinois sont massivement présents et le Pakistan, on le sait.
Donc là, il y a une stratégie. Ah là, il y a clairement d'ailleurs absolument. Et je peux supposer qu'infiner Donald Trump n'oublie jamais que l'objectif final pour les États-Unis, c'est sa rivalité avec la Chine.
Rappelons néanmoins que cette stratégie est mise à mal du fait même du retard de la visite qui a été annoncée de Donald Trump à Pékin et qui est maintenant programmé pour le 14 et et 15 mai avec néanmoins à nouveau des frictions évidemment sur le plan commercial. En tout cas, il va y avoir demain et après-demain à Islamabad, [raclement de gorge] donc au Pakistan, une réunion des ministres des affaires étrangères Pakistan, Arabie Saoudite, Turquie et Égypte. Et donc, on voit bien cette espèce de cordon euh qui essaie de créer sinon un glaci en tout cas un cordon de protection autour de de ce de ce conflit.
Cyril Bret, il y a eu une autre réunion, celle du G7, des ministres d'affaires étrangères du G7 euh donc dans les Yvelines euh hier, hier et avant-hier. Roubliot y a participé hier, donc français, britannique, allemand, italien, canadien, japonais, qu'est-ce qu'il en est sorti ? de la confusion supplémentaire puisque comme vous l'avez rappelé, les déclarations de de Rubio euh sont entrées en tension pour ne pas dire plus avec celle de de Donald Trump.
En revanche, ce qui ce qui en est sorti et ça c'est une constante aussi, c'est euh l'attitude des États-Unis à l'égard de ses alliés. Alors interne à l'OTAN, il y avait un certain nombre d'alliés de l'OTAN autour de la table et pas des moindres et à l'égard également de son réseau d'alliance en Asie en Asie du Nord avec Japon. C'est-à-dire une espèce de désinvolture qui place toujours les alliés les plus proches euh d'abord devant le fait accompli.
Ça a été le cas des Européens pour le déclenchement de l'opération puisqu'ils n'ont été ni consultés évidemment ni avertis. Et ensuite de les placer d'eau au mur en les admonestant. C'est-à-dire que puisque euh il faut bien euh et bien partager le fardeau, il est absolument nécessaire que les États-Unis puisse compter queles que soient les conditions, les objectifs de ces interventions extérieures, ben puissent compter sur le soutien. et on s'est retrouvé nous collectivement européens bien sommet de fournir un appui logistique de donner des des points d'appui au sol à Ramstein. a été rappelé par Dorothé à Crotti à Chypre à ISRE pour la France pour et bien concourir à l'effort logistique puisque c'est une guerre logistique très importante avec [grognement] peut-être une cauda Venenouum une menace supplémentaire sur l'autre guerre qui se déroule c'est-à-dire la guerre des stocks de munition un chantage très net que que monsieur Rubio n'a pas n'a pas masqué qui est que évid Évidemment, si les Ukrainiens veulent bénéficier des des munitions en en voie de consommation très rapide, bien les Européens doivent absolument se ranger sous la bannière étoilée.
Et nous voilà donc des munitions pour [raclement de gorge] américaines pour l'Ukraine payé par les Européens. Et Marco Rubio a dit hier oui mais si nous si l'Amérique en a besoin, ce sont des armes américaines. Donc évidemment América first.
Voilà ce qui signifie les alliés bien après. Euh nous voici donc encore une fois prix de cours et placé devant l'évidence, c'est-à-dire que l'alliance américaine est transactionnelle pour rester poli, c'est-à-dire méprisante pour être beaucoup plus réaliste. Maya Candel euh le président Trump était lui à à Miami où il s'adressait hier euh à une assemblée de d'hommes d'affaires.
Et là, il a à nouveau évidemment euh exprimé sa colère et son mépris vis-à-vis de l'OTAN. Mais on a l'impression qu'il ne sait pas ce que c'est que l'OTAN. Euh, il a dit "Oh là là, ils sont jamais là quand on a besoin, ça nous coûte énormément cher." Euh donc que que veut dire sérieusement encore une fois et là c'est toujours facile de faire de l'ironie mais profondément cela veut dire qu'il y a au sein même de de l'alliance atlantique et peut-être au sein de l'entourage de Donald Trump dont vous rappeliez le ciment qui est celui du du louange au chef.
Néanmoins, qu'est-ce que cela veut dire vraiment ? Oui, une chose qui est frappante, c'est que souvent quand Trump parle de l'OTAN, on a l'impression que les États-Unis n'en font pas partie. Alors, est-ce que ça exprime quelque chose d'inconscient chez lui à quoi il viserait ou euh Bon, ce qui est certain, c'est que dans son entourage, si on regarde les les deux plus impliqués dans la politique étrangère qui sont donc Robio et V, même si c'est Trump qui décide et les deux se soumettent, hein, je pense que déjà là, on a deux conceptions un peu différentes de l'Alliance transatlantique et et de l'OTAN.
Robio reste quand même euh marqué par ses ses son pédigré euh c'est néoconservateur. Je pense que c'est quelqu'un qui qui voit encore l'utilité de l'OTAN pour les États-Unis. Euh en revanche, Vanz, on le sait, c'est quelqu'un qui est extrêmement hostile à à l'Europe, qui est beaucoup plus sincèrement isolationniste que ne l'it Trump puisque Trump ne l'est pas.
Là, je pense que c'est assez clair. Et donc, il y a ces ces deux et dans et dans l'entourage de vente, ce qui a quand même noyauté un certain nombre de de d'administrations avec des gens proches, il y a effectivement des gens pour qui très clairement le le temps de l'OTAN est est passé, qu'il faudrait peut-être transférer l'alliance au aux Européens ou donc on a ces ces deux ces deux aspects contradictoires. Non, effectivement, c'est complètement c'est complètement délirant. après avoir en janvier menacé de de d'annexer, d'envahir le territoire d'un pays membre de l'OTAN, il déclenche cette opération, si il le rappelait, effectivement, sans même avertir euh les Européens euh pour ensuite leur demander d'aide, pour ensuite les insulter en disant que de toute façon, ils n'ont pas besoin d'aide puisque les alliés ne servent à rien et que les États-Unis sont les plus forts, ce qui est un fait d'ailleurs.
Mais néanmoins, où sont passés les démocrates ? À chaque fois, il semblerait qu'au Congrès, il y a quand même timidement l'idée que une il pourrait y avoir un vote pour contraindre le président et son administration à demander l'autorisation du Congrès et notamment s'il y a l'hypothèse d'un débarquement au sol. Les démocrates, on les entend à peine.
Alors, les démocrates sont minoritaires au Congrès et donc c'est les les règles de fonctionnement du Congrès font que c'est extrêmement difficile pour la minorité de de elle ne peut pas organiser des auditions là. Bon, il y a eu quelques auditions classifiées. Ce que les démocrates disent quand même, c'est que comme c'est le cas déjà, c'était le cas dans la première dans le premier mandat de Trump, les Républicains en privé, les élux républicains en privé euh sont beaucoup plus critiques qu'ils ne le sont en public.
Et effectivement, mais bon, on a vu encore cette semaine échouer un vote où il y a un seul républicain qui a qui a voté pour pour essayer de de contraindre les les président Trump dans la dans la conduite de la guerre actuelle. Ce qui est certain, il y a quand même eu des des élus républicains et non des moindres, hein, comme le le sénateur Josh HY qui disait que sa limite et c'est ce que disaient tous ces ces républicains qui se sont exprimés, que leur limite c'est euh l'envoi de troupe au sol. Et dans ces derniers jours à Washington, il y avait quand enfin de ce que j'entendais, il y a quand même l'idée que c'est possible euh que Trump là avec cette succession d'ultimaton, bon à chaque fois il recule mais il y a quand même un certain nombre de près de 10000 forces expéditionnelles.
C'est considérable. Il y a 5000 marines, 10000 parachutistes et il y aurait davantage euh de troupes qui pourrait rejoindre la zone. Et là, on voit que l'opinion publique américaine qui dans son ensemble désapprouve cette guerre, je crois près de 58 % mais enfin il y en a quand même 38 % qui l'approuvent.
Mais s'il y a une intervention au sol, alors là euh le le taux d'approbation tomberait à 7%. Oui, on est on a une une opposition alors écrasante côté démocrate à cette guerre assez très majoritaire, pas loin de 60 % chez les indépendants qui sont des qui sont un groupe très important dans l'opinion et toujours un soutien tout juste majoritaire des républicains mais très écrasant chez les ce qu'on appelle les républicains magar. En gros, les la la secte de base de soutien à Trump, mais qui représente quand même quoi 38 % 36 % je dirais.
Là, c'est le pourcentage d'approbation de Trump qui est aussi au plus bas. Mais c'est vrai qu'on a toujours ce noyau dur. C'est une c'est une un noyau dur qui est très travaillé par les courants évangéliques chrétiens pour qui l'alliance avec Israël et la figure de l'Iran comme ennemi absolu, figure du mal. euh et quelque chose qui est très construit depuis plusieurs décennies et très fortement depuis euh les attentats du 11 septembre.
Et donc ça reste là-dessus, mais même chez ces gens-là, il y avait la grande convention, la fête annuelle de CPAC qui se termine là en ce moment aux États-Unis, au Texas. Euh il y a quand même une une légère incompréhension s'il devait y avoir des trop au sol et puis euh beaucoup de gens qui qui quand même effectivement regardent comme ça a été dit le le prix à la pompe et l'inflation qui se qui se répercute sur le aussi les prix des des denrées alimentaires. Et c'est vrai qu'auprès de ce noyau dur, Trump conserve cette espèce d'emprise de de c'est d'ailleurs à ces gens-là qu'il s'adresse sans arrêt sur les réseaux sociaux et et d'abord sur le sien qui s'appelle True Social avec les majuscules, les points d'exclamation.
C'est c'est un travail de communication qui est qui est extrêmement ciblé et extrêmement efficace. En fait, Dorothy Schmidth, on évoquait tout à l'heure la les dernières insultes du président américain vis-à-vis de l'OTAN. Il y a un pays qui pour des raisons géographiques évidentees qui est un membre, un pilier de l'OTAN, c'est la Turquie.
Euh la Turquie qui évidemment euh et encore une fois la géographie euh impose sa loi craint euh euh une marée migratoire sous l'effet euh des bombardements en Iran. On peut imaginer aussi euh les drames et les souffrances de de ces Ianiens qui sont pris en étau entre entre deux calvères. le calvaire du régime qui continue de les opprimer et le calvaire des bombardements.
Alors ça, je pense que les Turcs considèrent que c'est pas leur problème. Ils sont en [raclement de gorge] train d'essayer de rapatrier les 4 millions de Syriens qu'ils ont sur leur territoire. Doncid oui de les sortir de Oui. de les renvoyer en Syrie enfin de les les réinstaller en Syrie.
Euh donc évidemment ils veulent éviter complètement une nouvelle euh vague migratoire qui serait une conséquence d'un conflit qu'ils n'ont pas déclenché et dont ils pensaient rester immunisés pratiquement parce qu'ils ont d'assez bonnes relations avec l'Iran. ISO, une frontière qui est très stable depuis le 17e siècle et qui est complètement sécurisée avec un mur. Euh je pense que l'entrée de l'OTAN est une entrée qui est intéressante.
On en parlait un petit peu avec Cyril en préparant cette émission. Il y a un sommet de l'OTAN à Ancara au mois de juillet prochain où les Turcs ont dit qu'en fait ils auraient deux priorités. L'une, c'est les capacités. leur obsession, c'est d'arriver à euh continuer à à intégrer la montée en puissance de leur industrie de défense euh en en transformant l'alliance et en faisant en sorte que ils aient plus de marché d'armement tout simplement que finalement l'OTAN tienne compte de cette nouvelle vraie puissance physique de de de production matérielle capacitaire de la Turquie.
Alors qu'il y a encore une méfiance jusqu'à présent. On a vrai sujet sur les euh les euh le l'équipement européen. Les Grecs freinent des cas de fer, les Cypriotes aussi pour que les Turcs puissent participer aux appels d'offre européen.
Euh et l'autre sujet, c'est les priorités de l'OTAN. Et aujourd'hui, les Turcs ont bien compris que euh enfin, ils le savent hein, ils ont quatre frontières aujourd'hui qui sont sous pression puisque la frontière nord, c'est la mer noire et ils ont un problème avec la Russie aussi avec de plus en plus d'attaques de drone ukrainienne sur les bateaux de la flot de fantôme russe. Donc, ils sont sous pression sur toute leur frontière, sauf la frontière de l'UE.
Et aujourd'hui, ils ont bien compris qu'il y avait un très gros sujet sur le Moyen-Orient. Ce que j'observe dans toutes les réunions multilatérales auxquelles ils participent et comme vous l'avez dit, sont en train de resserrer leur lien aussi sécuritaire avec le Pakistan, l'Arabie Saoudite. Il y a eu un sommet à Riade cette semaine des pays arabes de la ligne de front.
La Turquie a participé et elle a insisté pour que dans la déclaration soit identifié Israël comme étant une menace pour la stabilité régionale. Donc leur grand sujet, c'est quand même ça au Turc aujourd'hui. C'est la montée de cet affrontement indirect avec Israël. qui se voit aussi bien en Mégger que en Syrie bien sûr.
Euh il y a beaucoup de déclarations turque sur le Liban aussi alors qu'en principe ils ont pas beaucoup d'intérêt au Liban mais parce qu'ils ont le sentiment qu'ils sont peut-être la prochaine cible. En tout cas, c'est ce qui est dit et donné sur la Turquie, puisqu'on vient de parler des discours de Trump, on a euh ces jours-ci un grand sommet intitulé Stratcom qui s'ouvre à Istanbul qui est un sommet qui va discuter de la la production des récits nationaux et les Turcs sont en train de de prendre à bras le corps cette question de la communication et et c'est central aussi. Évidemment, et c'est un grand élément du soft power turc.
Il faut pas se se leurer là-dessus. Il y a une très forte audience des Turcs auprès de de toutes les de tous les publics du BenOrient et ils ont décidé qu'ils allaient travailler à la construction d'un contre récit parce que à terme une fois que la poussière sera retombée au Moyen-Orient, la question est quel sera ce Moyen-Orient ? Est-ce qu'effectivement il aura complètement changé de figure ?
Quel leadership ? Quelle priorité ? Et on a quand même un récit régional qui hésite à s'aligner sur le récit un peu triomphaliste israélien de la destruction du régime iranien et d'une forme de sécurité que les pays arabes du golf ne voient pas du tout se matérialiser en réalité.
Et donc on en reste dans ce désarroi des pays du golfe avec Emmanuel Linco, les deux partenaires essentiels de l'Iran avec des des accords anciens qui sont d'un côté la Russie. Et là, on voit que que Poutine offre du renseignement militaire pour taper les Américains. Euh il offre ses renseignements à Terran mais Donald Trump dit "Ah ben c'est pas grave puisque nous on aide de l'Ukraine." Donc voilà.
Et puis il y a la Chine. La Chine qui reste assez discrète en fait. Il y a les déclarations habituelles, ils vont mieux négocier et cetera.
Mais enfin, on même si ces intérêts commerciaux, économiques sont frappés de plein fouet, on a l'impression que Pékin reste sur la réserve. Oui, Pékin est sur la réserve parce que quelque part, l'avenir nous le dira, cette guerre peut être une opportunité pour la Chine. C'est-à-dire que la Chine probablement vise au pourrissement même de la situation et le fait que l'Iran soit un piège qui se referme sur les États-Unis avec, on le voit par ailleurs, une délocalisation de système d'armes depuis la Corée du Sud, de système d'armes américain, les batteries Tag par exemple en vue de renforcer le dispositif sécuritaire américain au Moyen-Orient.
Donc c'est une opportunité clairement parce que les Américains dégarnissent le front extrême oriental d'une part. Et puis euh bon, c'est vrai que il y a un impact sur l'économie chinoise. Euh le les exportations iraniennes de pétrole sont essentiellement destinées à la Chine et à l'Iran.
Euh mais euh pour autant, il ne faut pas euh sous-estimer les efforts colossaux qui ont été faits par la Chine en matière d'écodurabilité. C'est-à-dire que bien sûr les énergies fossiles, c'est encore très important pour la croissance chinoise, mais euh la Chine est en train de changer véritablement son paradigme économique, si bien que sa dépendance par rapport aux marchés énergétiques étrangers est moindre qu'il y a quelques années. Assurément.
Et il y a aussi la Doroté parlait de l'importance du récit. Il y a aussi la consolidation du récit chinois. Nous sommes une puissance stabilisatrice, respectable et cetera.
Oui, un mot de l'Inde. Euh h, enfin c'est presque absurde ce survol, mais je crois que la la situation on l'exige. L'Inde a un enjeu économique majeur et un enjeu aussi en terme de de comment dire de devis que les 10 millions d'indiens travaillants en particulier dans les dans les Émirats en Arabie Saoudite rapporte euh tous les mois au patrimoine indien.
Donc là pour Maudit qui est par ailleurs le président en exercice du Brix Plus, on bon on peut se demander d'ailleurs voilà ce Brick Plus qui est totalement évidemment divisé. Euh maudit peut-il continuer ce jeu de multialignement euh quand il est frant se joue au Moyen-Orient euh plusieurs rivalités et l'un des directement concernés, vous vous l'avez rappelé, euh tout d'abord des alliances de revers contre le Pakistan. Ça c'est absolument fondamental.
C'est-à-dire que depuis très très longtemps, l'Inde vise à une réconciliation de l'Occident avec l'Iran. a investi massivement dans dans le port de Chabar des infrastructures high-tech et cetera et cetera dans le but de convoiter l'Asie centrale plus à l'est hein. Et donc là, vous avez clairement une logique de revers par rapport au Pakistan mais mais qui est totalement contrarié, frontalement contrarié.
Contrarié évidemment pour le moment. Et puis c'est vrai qu'il y a des rentrées devises qui sont absolument vitales pour effectivement au moins 10 millions d'Indiens. Et il est clair que l'Inde qui joue la carte du multialignement selon la formule consacrée va être obligé de choisir à un moment donné.
C'est un choix cornélien par ailleurs quand on sait la relation extrêmement important était historique avec Moscou d'une part dans le domaine de la vente d'armes, mais aussi par la réalisation d'un projet qui s'est concrétisé à partir de 2021, le North South International Transport Corridor qui a pour objectif de connecter la Russie via l'Iran à l'Inde. en matière énergétique et cetera et cetera et ce projet est naturellement aussi en souffrance. Donc l'Inde va être obligé effectivement de sortir de sa réserve d'une manière ou d'une autre.
Maya Candel, dans cette réunion des mises étrangères du G7, il y a eu c'est la coutume, hein, les vœux pieux, il faut protéger les les les populations civiles et cetera. Mais on on sent bien que l'angoisse des Européens c'est toujours cette possibilité pour l'administration Trump 2 de peser sur l'Ukraine au détriment de la défense euh ukrainienne contre les ambitions de Vladimir Poutine. Donc comment apprécier euh cet étrange dialogue que Donald Trump veut maintenir à tout prix avec Vladimir Poutine ?
Je crois qu'il y a même eu une conversation il y a une quinzaine de jours en pleine guerre au Moyen-Orient. Excellente conversation a écrit Trump. Est-ce que ce chantage ukrainien peut peser sur nous autres européens par rapport au Moyen-Orient ? quand même, il faut faire le le constat que les Européens ont vraiment énormément cédé à Trump toute l'année dernière sur le plan commercial.
Ensuite sur sur l'Ukraine. Trump voulait que ce soit des armes américaines mais payées par les Européens. C'est ce qu'on a fait là.
Il commence à utiliser ces armes dans un autre conflit où les Européens n'ont pas été consultés. Enfin, il y a il y a il y a un changement de de d'attitud enfin en tout cas les choix de faits par les Européens visiblement n'ont n'ont ni impact ni résultat. Et et Trump enfin sinon que les Européens euh assurent jusqu'à présent les livraisons d'armes américaines à Kief.
Oui. Oui. Bon mais c'est vrai que les derniers enfin l'article justement que vous évoquiez je crois du Washington Post il y a de jours était quand même assez inquiétant.
C'est quand même l'initiative financée par les Européens faite pour ça, créer pour pour faire plaisir à à Trump sur l'Ukraine qui maintenant risque d'être utilisé pour Oui. Et Marco Robio, il a fait très directement allusion hier soir. Voilà.
Donc bon, il je pense queil faut euh enfin c'est toujours la même chose mais [rires] c'est ça plaide pour pour l'autonomie stratégique européenne et pour et puis surtout je bon c'est la la stratégie européenne a assez peu de de résultats quand même vis-à-vis de Trump. Trump garde cette affinité pour Poutine. Il veut faire des affaires avec la Russie. il est entouré de gens qui sont travaillés par la vision russe du monde que Trump semble partager partager aussi.
Et moi un des effets, par exemple, vous évoquiez dans l'introduction la démission de Joe Kent qui est donc ce numéro enfin qui dirigeait le centre contre terrorisme de du renseignement américain qui est quelqu'un qui a démissionné, c'est quand même la première démission de cette administration Trump 2. C'est absolument pas négligeable parce qu'il parcourt tous les toutes les émissions. Et lui, il a démissionné en disant c'est Israël qui a la main, c'est insupportable.
Voilà, il a il a démissionné en disant euh c'est clairement le contraire d'America First et du Trumpisme puisque on est en train de faire les une guerre pour les intérêts d'un autre pays en l'occurrence Israël. Le problème c'est que euh si la situation euh évolue mal pour les États-Unis, si Trump soit déclare victoire alors que clairement il n'a pas gagné, soit s'embarque dans une opération au sol euh qui pourrait durer des semaines et des mois et dont on ne sait pas du tout le résultat mais les précédents récents de pla pour l'optimisme. Si donc Trump fait ça, il va en quelque sorte valider cette vision, cette critique de de Jo Kent et de cette fraction isolationniste où on a aussi des personnes importantes, on a J V mais on a aussi un certain nombre de de stars médiatiques, d'influenceurs extrêmement importants et de complotistes et de complotistes.
Et en fait voilà, c'est là où je voulais en venir, c'est que c'est en quelque sorte un package. Enfin, ça va avec Joken. C'est aussi quelqu'un qui pense que c'est l'OTAN qui a attaqué la Russie.
C'est aussi quelqu'un qui pense que la Russie finalement c'est une puissance chrétienne avec qui les États-Unis pourraient bien s'entendre. Blanche, ce qui est faux d'ailleurs, voilà que est-ce que finalement l'Ukraine ça serait pas une dictature nazi ? Enfin voilà, c'est c'est un espèce d'ensemble et c'est évidemment aussi l'aile antisémite de ce mouvement MAGA, une aile qui est en ascension et qui est extrêmement hostile à Israël.
Et donc il y a un certain nombre de de conséquences de 2e 3e degré de cette glre la politique intérieure américaine et sur le plan de l'évolution du parti républicain qui sont qui sont importantes. Bon, encore une fois, c'est de la prospective. C'est un peu loin.
C'est un peu loin et on approche de la conclusion très provisoire de cette conversation. Néanmoins Doroté Schmidt, on voit aussi quel que soit et c'est imprévisible l'évolution au jour le jour de cette guerre. Là on voit que les l'Iran, mais c'est toujours aussi la guerre des récits, affirme avoir visé euh un navire américain dans un port domand.
Euh donc on voit encore une fois ce monde arabe pris en étu entre la stratégie Netaniau parce que lui il a une stratégie et c'est la même depuis 30 ans au moins. Euh et puis l'imprévisibilité de Trump et ces monarchies qui se sont armées jusqu'aux dents et qui ne s'en servent pas et qui ne veulent pas s'en servir. [raclement de gorge] Oui, effectivement, on a cette contradiction entre probablement une une vision stratégique régionale d'Israël qui risque de ne pas apporter la sécurité à ces pays arabes et finalement une offensive de puissance mondiale américaine puisque c'est ça qui se joue, c'est quand même l'image de la puissance américaine. après la démonstration de au Venezuela, quand on demande à tous les alliés, particulièrement en Asie, de se de se raller à une opération pour libérer le D3 d'ormous, quand on a l'impression qu'on a vu sur le Japon, la Corée, l'Australie qui dit "Non, je vais pas y venir", c'est vraiment pour moi une démonstration de force mondiale, de demande d'alignement très fort sur des impératifs américains, une guerre à laquelle personne n'a été associé au départ et sur laquelle il faudrait s'aligner en cours de route.
Pour revenir sur les pays arabes du Golf, ce qui est absolument euh pour nous euh fascinant et terrifiant, c'est de voir la déroute économique euh et de se demander combien de temps est-ce que cette région qui était devenue vraiment à nœud de la mondialisation va pouvoir rester en quarantaine. Est-ce qu'elle va rester une zone tampon advitam et Ternam entre finalement les impératifs de sécurité israélien et un Iran qui continuera d'être une puissance de nuisance très forte et peut-être même ailleurs comme on l'a dit tout à l'heure à travers des relèches chites ailleurs dans le monde. Et cette question économique elle est très importante parce que j'ai eu cette semaine des discussions avec des acteurs économiques qui nous disent "On va commencer à côté les récoltes." Je vous rappelle que le pétrole c'est aussi c'est la mon c'est la balle c'est les engrais.
Aux États-Unis, on a déjà un début de réorientation de l'agriculture depuis le maïs vers le soja. Donc tout ça va avoir un impact mondial extrêmement important en terme de sécurité alimentaire. Et pour nous autres européens, Cyril Bret évidemment on on dit on ce n'est pas notre guerre.
Néanmoins, plus elle dure cette guerre, plus nos économies sont menacées et plus l'enjeu du détroit d'Ormous et peut-être du détroit de Babel Mandebout se mettent véritablement au travail. Euh nous autres Européens, est-ce qu'il va falloir animer cette idée d'une coalition navale pour escorter les les navires dans le détroit d'Ormous ? Oui.
Alors, les Européens, bon, réagissent comme il le mon avis, ils ont surtout à préparer le coût d'après. Et le coût d'après, c'est de ne surtout pas renoncer à la décarbonation de leur économie puisqu'on voit bien que le blocage de cette région rend euh la décarbonation absolument indispensable. Ils ont une autre feuille de route qui est l'autonomie stratégique, je ne sais pas, mais en tout cas l'autonomie capacitaire pour être maître de leur propre stock et de leur propre ligne de production au moins des munitions.
On en parlait euh tout à l'heure et ils ont leur propre feuille de route stratégique à l'égard des puissances du golf. Eux, les Européens ont des accords, des partenariats stratégiques très structurants. Ils ont à montrer au monarchie du golf qu'être allié avec les Européens, ça n'est pas la même chose qu'être allié avec les États-Unis.
Donc comme dans toute crise, il y a une fenêtre d'opportunité. Encore faut-il que les Européens sont saisis sur tous les plans économiques, capacitaires, stratégique, diplomatique et dans la conduite des récits bien sûr. Mais encore une fois, Cyril, est-ce qu'on peut échapper, nous autres Européens à cette injonction géographique et économique ?
Le D3 d'Ormous, nos propres économies. Plus cette guerre dure, plus nos économies sont évidemment menacées. Et donc là, l'idée d'une coalition que le président français d'ailleurs avait évoqué une fois le conflit apaisé, je crois que c'est le l'adjectif qu'il avait qu'il avait utilisé, euh on avait vu un début de coalition navale contre les outils euh quoi il y a de il y a 2 ans, 1 an et demi, 2 ans.
Ouais. Enfin, c'est tout une ébauche, hein. Ça n'allait pas très loin mais enfin c'était un début avec les Britanniques, les Français, les Européens au sens large britannique compris vont buter sur leur capacité de projection navale.
Donc à court terme, ça n'est pas la solution. En revanche, le secteur privé a déjà commencé à à se réorganiser en ce qui concerne Babel Mand, peut-être, on verra à Malaka aussi, par de nouvelles routes, par des primes d'assurance maritime qui sont supérieures. Mais la seule solution structurelle à Ormouse, elle n'est pas militaire.
Elle est économique et technologique. Elle est de poursuivre absolument et à marche forcé la décarbonation euh des économies et d'encaisser le coût de l'inflation induite par sur le secteur primaire extractif et euh et dans l'agriculture et dans le secteur industriel. Lieum là, on a vraiment besoin de penser au coût d'après puisque de toute façon le coût d'aujourd'hui il est perdu.
Nous sommes passifs et réactifs. Euh le coût est perdu et Terran met en place un système de péage avec un paiement en yan, ce qui n'est pas indifférent non plus par rapport à cette volonté de d'affaiblir le dollar et donc de faire oui enfin de comment dire de d'officialiser son rôle de contrôleur en chef du D3 d'Ormous. Et voilà, les Européens mis à l'amende de tous les côtés, de la part des États-Unis sur via le le temps qui devient une espèce d'alliance extractive de fonds de fonds européens par les Iraniens qui profitent du fait que la nuance adoptée par les Européens, nous n'aidons, ce n'est pas notre guerre mais nous aidons logistiquement les États-Unis à mon avis sera assez trop subtil pour Terran.
Et nous voilà également mise à l'amende via les canaux de transmission de de l'inflation. Il est donc absolument nécessaire que les Européens arrêtent de poursuivre l'idéal chimérique de faire plaisir à papa. Ce qui était l'expression du secrétaire général de l'OTAN et de jouer leur propre de leur propre partition avec les instruments dont ils disposent qui sont en croissance mais qui ne sont évidemment pas suffisants pour mettre fin à la guerre à court terme.
La fin de la guerre ne viendra que de la décision de papa. Mais euh donc Dad Oui, Dad enfin oui, Mariné Modre disait ça de façon plus éloquente d'une certaine manière euh que Marc Routeux, c'est vrai que c'est une comparaison à laquelle on ne pense pas immédiatement. Néanmoins, le ce qui est si dérange, c'est c l'épaisseur de cette incertitude euh qui nous accable tous.
Je pense qu' au brouillard de la guerre très inhérent à la réalité stratégique s'ajoute vraiment les écrans de fumée délibérément semé par l'administration Trump justement pour polluer pour polluer la compétition des récits. Et donc au milieu de ce trouble savamment entretenu, je pense que seuls des objectifs stratégiques clairs peuvent guider les peuvent guider les différents protagonistes. Donc, en attendant d'avoir ces objectifs stratégiques euh euh clairs et sans sous-estimer l'affaiblissement massif euh du régime euh de Teran.
Euh je vous remercie tous les quatre. Euh [musique] euh Cyril Bret, je vous rappelle que vous avez euh coécrit avec Florent Parmien un livre qui n'a pas grand-chose à voir puisque c'est sur la géopolitique de l'Eurovision sur la conduite des récits. Sur la conduite des récits tout à fait.
Dorothé Schmidt, un papier très intéressant dans le monde il y a quelques jours sur précisément la pression exercée par Donald Trump sur ses alliés. Maya Candel, ce très bon livre que vous avez publié l'an dernier, une première histoire du trumpisme chez Galimar. et Emmanuel Linco, vous venez de faire paraître le mois dernier un ouvrage sur la Chine, la Chine et l'Inde, la guerre des mondes aux éditions du CER.
À la réalisation ce matin, j'aurais remercie bien sûr Luc Jean Renault, à la technique Nicolas Loroulet, Thorler et la documentation de Radio France m'ont aidé à préparer cette émission. [musique] Et voici maintenant Marina Carrière d'encourse et ses carnets de santé. Très bon weekend et à samedi [musique] prochain.