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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 8 août 2017 9 minComplaisantFond programmatiqueAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Jérémy Decerle : "En agriculture, il y a de la place pour tout le monde, du bio au conventionnel"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:23OuverteRéponse directe

    Qu'avez-vous dit à Emmanuel Macron ?

  • 1:20OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous êtes satisfait des réponses d'Emmanuel Macron ?

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Il fera des annonces pour les agriculteurs mi-octobre et là vous espérez du concret ?

  • 2:19OuverteRéponse directe

    Quelle serait la bonne solution selon vous pour que vous puissiez vivre de votre activité ?

  • 3:53OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous des transferts d'aides européennes aux producteurs français ?

  • 5:39OuverteRéponse directe

    Ces aides européennes sont-elles adaptées aux incertitudes de votre profession ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:54Invité politiqueChiffre
    « On a perdu plus de 25% des agriculteurs en 10 ans »
  • 3:43PrésentateurChiffre
    « 30% des agriculteurs ont un revenu équivalent à 354 euros par mois. »
  • 4:04Invité politiqueFait
    « C'est ça. Alors donc, encore une fois, c'est assez facile de dire on va promettre 5 milliards d'euros. »
  • 5:50PrésentateurFait
    « Ces aides européennes sont-elles adaptées aux incertitudes de votre profession ? Les quantités de récolte, le climat, les intempéries, bref, les risques naturels »
  • 7:08PrésentateurFait
    « En Allemagne, les usines agricoles se portent bien. Est-ce que nous devons aller vers cela ? »

Temps de parole

  • Jérémy Decerle79 %
  • Présentateur21 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Jérémy Decerle

France Inter.fr. France Inter. Kerveille. Le 6-9 de l'été.

0:12
Présentateur

Jérémy Desserle, bonjour. Bonjour. Vous êtes président des Jeunes Agriculteurs. Vous avez rencontré hier à l'Elysée Emmanuel Macron pour évoquer la situation du monde agricole. Qu'avez-vous dit à Emmanuel Macron ?

0:25
Jérémy Decerle

Écoutez, déjà on lui a rappelé quand même de manière un peu forte la situation catastrophique que traverse le monde agricole. Donc après avoir évoqué ces sujets-là, nous en tant que jeunes agriculteurs, on avait à cœur aussi de lui rappeler l'importance, malgré cette situation un peu dramatique, l'importance de renouveler les générations en agriculture dans notre pays. On a perdu plus de 25% des agriculteurs en 10 ans et on voit que ce n'est pas source de revenus ou ce n'est pas en tout cas une bonne raison pour dire qu'après les agriculteurs s'en sortent mieux. Donc il nous faut renouveler les générations dans ce pays.

1:11
Présentateur

Alors on va revenir dans quelques instants sur les dossiers qui sont à l'origine de cette crise dans le monde agricole, de cette situation dramatique que vous évoquez. Est-ce que vous êtes satisfait des réponses d'Emmanuel Macron que vous avez entendu hier ?

1:23
Jérémy Decerle

C'était un président de la République qui était plutôt à l'écoute hier, donc on n'a pas, encore une fois, on n'est pas ressorti de l'Elysée avec ni des promesses ni de l'argent sous les bras. Par contre, voilà, on a senti aussi qu'il était sensible quand même à cette situation justement délicate et qu'il entendait bien, il trouvait un certain nombre de réponses, entre autres par le biais des états généraux de l'alimentation qui ont débuté il y a une quinzaine de jours.

1:49
Présentateur

Et il fera des annonces pour les agriculteurs mi-octobre et là vous espérez du concret ?

1:55
Jérémy Decerle

On espère du concret, on espère surtout qu'il y ait un cap et des décisions de prise et qu'on puisse dire à nos agriculteurs et agricultrices dans ce pays qu'est-ce qu'on attend d'eux et comment on compte les accompagner et les soutenir.

2:12
Présentateur

Alors il y a un point important, c'est le dossier du prix juste face aux acteurs de la grande distribution et de l'industrie agro-alimentaire. Jérémy de Serrel, quelle serait la bonne solution selon vous pour que vous puissiez vivre de votre activité ?

2:26
Jérémy Decerle

En France, au niveau agricole, il y a une certaine valeur ajoutée existante qui aujourd'hui est très mal partagée. On vient de parler de la démographie agricole qui est catastrophique, il n'y a pas tant d'entreprises dans l'agro-alimentaire ou d'entreprises dans la grande distribution qui se cassent la figure tous les ans. Donc c'est bien qu'il y a un problème quand même de répartition à un moment donné et donc ce qu'on attend nous et ce qu'on souhaite c'est qu'il y ait un rapport de force rééquilibré entre producteurs, transformateurs, distributeurs et qu'il y ait une entente qui permette à tout le monde de s'en sortir.

Parce qu'aujourd'hui, la distribution et la transformation profitent d'une production qui est pour nous de qualité, qui est faite dans les conditions qui nous sont demandées et elle profite de ça et ça ne rémunère pas aujourd'hui le producteur. Donc il faut quelque chose qui soit un peu plus équilibré. Donc il faut une grande négociation ? Une grande négociation et puis il faut tout simplement que le monde économique qui entoure la profession agricole se rende compte de la situation dramatique que les paysans traversent.

3:43
Présentateur

Je rappelle que 30% des agriculteurs ont un revenu équivalent à 354 euros par mois. C'est ce qu'annonce la mutualité sociale agricole. Autre dossier, que vous a dit Emmanuel Macron à propos de sa promesse électorale d'un plan Marshall agricole, un plan d'investissement de 5 milliards d'euros sur 5 ans ?

4:04
Jérémy Decerle

C'est ça. Alors donc, encore une fois, c'est assez facile de dire on va promettre 5 milliards d'euros. Enfin on va promettre, on va donner 5 milliards d'euros. Bien réexpliquer aussi aux auditeurs que ce n'est pas 5 milliards d'euros qui vont tomber dans la poche du paysan comme ça demain matin. Ça va être, dans ce qu'il nous a expliqué, ça va être en cohérence aussi avec les résultats des états généraux de l'alimentation. Donc ce sera peut-être de l'argent qui sera injecté dans les filières pour qu'elles se restructurent, pour justement qu'elles arrivent à recréer de la valeur ajoutée là où il en manque et à mieux la partager aussi. Donc voilà, il nous a expliqué que ça irait là-dedans.

Ça ira aussi ces 5 milliards d'euros pour de l'innovation, de la recherche. Enfin voilà un petit peu comment il entend se servir de cet argent-là. Et bien sûr, je vous rassure de notre côté, on a aussi des propositions à lui faire pour utiliser ces 5 milliards d'euros. Par exemple ? Le mettre sur, encore une fois, justement les programmes de recherche, ça nous semble indispensable aujourd'hui qu'on puisse... Parce que la société attend de nous aussi, agriculteurs, qu'on fasse évoluer nos systèmes, nos systèmes de production, nos moyens de production. Alors ça nécessite aussi qu'il y ait un investissement de fait et de la recherche de fait là-dessus.

Donc nous, on demandera en tout cas et on exigera que dans cet argent promis aux agriculteurs ou à la profession, il y en aille sur la recherche mais aussi peut-être sur l'installation et la transmission en agriculture.

5:39
Présentateur

Jérémy Decerle, que pensez-vous des transferts d'aides européennes aux producteurs français ? Ces aides européennes sont-elles adaptées aux incertitudes de votre profession ? Les quantités de récolte, le climat, les intempéries, bref, les risques naturels et avec une conséquence, bien sûr, c'est la volatilité des prix.

5:59
Jérémy Decerle

Écoutez, non, je pense que si les aides européennes et si finalement la PAC étaient encore... Pas utiles mais étaient encore pertinentes, on ne serait pas dans cette situation-là. Donc ça nécessite aussi que l'Europe, avec la France en chef de file, j'allais dire, se repose réellement la question de la stratégie agricole qu'elle choisira pour les prochaines années.

Donc nous, ce qu'on demande effectivement pour répondre aux problématiques que vous avez évoquées sur les risques qu'encoure une exploitation agricole et donc les agriculteurs qui travaillent dessus, il faut que la politique agricole permette justement et apporte des soutiens pour mieux anticiper les différents risques auxquels on est confrontés. Donc nous, c'est aussi ce qu'on demande mais pour ça, il faut que les pays européens soient un petit peu responsables puis décident ou non s'ils veulent faire de l'agriculture un secteur stratégique. C'est le cas dans d'autres pays. Aux Etats-Unis, c'est un secteur stratégique, au Brésil aussi.

7:12
Présentateur

En Allemagne, les usines agricoles se portent bien. Est-ce que nous devons aller vers cela ? Est-ce que les exploitations françaises sont trop petites, faibles ? Vous savez, la traditionnelle exploitation familiale, est-ce que c'est adapté à notre temps ?

7:27
Jérémy Decerle

Je ne pense pas qu'en France, nous devons suivre le modèle ou le développement de l'agriculture allemande. Et quand on dit que les exploitations allemandes se portent bien, pas toutes déjà, se portent pas toutes bien. Et il y a aussi des agriculteurs allemands, comme beaucoup d'agriculteurs européens malheureusement, qui ont du mal aussi à tirer un revenu de leur travail. Donc en France, je pense que par rapport aux attentes sociétales, par rapport à comment a évolué l'agriculture aussi en France, je ne pense pas qu'on doit aller forcément vers un système plus grand ou plus... Parce qu'il n'y a pas de règle.

Aujourd'hui, quand on est dans une production où on perd de l'argent, plus on en a grand, plus on perd de l'argent. Donc ce n'est pas forcément vers ce système-là qu'on doit aller. Ce qu'on doit par contre ne plus faire, c'est opposer les différents systèmes d'exploitation, les différents modèles. Voilà, il y a de la place pour tout le monde, du bio au conventionnel, du circuit court au circuit un peu plus long. Et normalement, si on arrête d'opposer les modèles, on avancera de manière un peu plus pertinente.

8:38
Présentateur

On reviendra sur tout cela dans Interactive, vos appels au 0 1 45 24 7000 à partir de 9h moins 20.

Jérémy Decerle : "En agriculture, il y a de la place pour tout le monde, du bio au conventionnel" — Jérémy Decerle · Pourquijevote