Dépôt de motions de censure, succesion de Michel Barnier... Le "8h30 franceinfo" de Marine Tondelier et Lucie Castets
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Bonjour Marine Tondelier. Bonjour. Bonjour Lucie Casté. Bonjour. Le Rassemblement National et vous, la gauche, avez donc décidé de faire tomber le gouvernement Barnier via une motion de censure demain ou jeudi. Le Premier ministre va s'exprimer ce soir à 20h dans les journaux TF1 et France 2. Qu'est-ce qu'il peut dire pour vous faire changer d'avis, Marine Tondelier ?
Que voulez-vous que nous en attendions ? On n'en attendait pas grand-chose sur le fond. On avait quand même fait l'effort, je pense que c'est le cas de l'ensemble des partis de gauche, des partis écologistes, de le rencontrer, de lui expliquer nos lignes rouges, nos lignes vertes, pour le cas des écologistes. Il a mené une politique injuste. Il n'était pas très légitime dans sa fonction puisqu'il n'avait pas remporté les élections législatives. Et à tout cela, il a ajouté le déshonneur. Moi, je pense qu'il y a eu, dans toute cette période inédite, déstabilisante, moi je suis comme les Français, je pense qu'on est assez déroutés par la situation.
Mais il y a eu un fait politique majeur cet été qui s'appelait le Front Républicain. Les personnes qui sont aujourd'hui en soutien de Michel Barnier, les macronistes, etc., ils ont un point en commun. C'est que leurs électeurs, soit ils ont voté pour eux, soit ils ont voté parce qu'ils ne voulaient pas du Rassemblement National au pouvoir. C'était un truc fort, c'était un vrai sursaut démocratique, une participation quasi sans précédent en France. Et qu'en ont-ils fait ? Ils se sont mis dans les mains de Marine Le Pen, pas juste en leur nom, puisqu'hier, ils publient un communiqué de Matignon disant, citant Marine Le Pen, ça n'est jamais arrivé pour aucun politique.
Alors, c'est votre réduction de ce qui s'est passé hier, on va y revenir. Mais attendez, ils ont capitulé au nom des institutions. Ça laissera des traces. Et moi, je ne vous dis pas juste ça parce qu'en tant que femme politique, on est choqués. Mais parce que c'est l'inverse, exactement l'inverse, de ce que, non pas juste nos électeurs, mais tous les électeurs qui ont fait le choix du Front Républicain cet été. Et eux, ils étaient au rendez-vous. Vous parlez du Front Républicain, mais c'est à qui ? Et ça laissera des traces parce qu'il aura la censure et le déshonneur.
Marine Tondelier, vous parlez du Front Républicain, mais c'est avec l'aide du Rassemblement National que vous allez faire tomber le gouvernement demain.
La réalité, c'est que tout l'été, les macronistes nous ont expliqué qu'on ne pouvait pas avoir une Première Ministre issue de la gauche parce qu'elle serait bien incapable de passer un budget. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, on a un gouvernement qui est dans les mains du Rassemblement National. Explicitement, Marine Tondelier l'a dit, un communiqué de Matignon avec le logo de Matignon de nos institutions françaises qui cite le Rassemblement National. Nous étions prêts à gouverner, nous étions prêts à faire des compromis. À aucun moment, aucun moment, le Premier ministre ne s'est tourné vers la gauche, ne s'est tourné vers le camp républicain.
Et on insiste sur ce point pour aller construire les compromis.
Si vous aviez été nommé à Matignon, Lucie Castex, les choses se seraient passées autrement, là, en ce 2 décembre ?
Mais évidemment, évidemment. D'une part, je n'aurais pas fait de communiquer citant Marine Le Pen, c'est une évidence. Mais d'autre part, et nous l'avons répété tout l'été, c'est ce que j'ai dit, tout l'été, nous avons signé un courrier avec tous les présidents de groupe du Sénat et de l'Assemblée Nationale du Nouveau Front Populaire pour dire, nous allons chercher des compromis. Lucie Castex, vous auriez été censurée a priori ?
Le Rassemblement National, Marine Le Pen le disait.
Le Rassemblement National seul ne pouvait pas nous censurer, madame. Et la droite, les LR aussi, en fait, étaient contre votre revenu à Matignon ? J'ai eu des discussions tout l'été avec des membres de l'IOT, des membres du Modem, c'est-à-dire des parlementaires qui ne sont pas du camp du Nouveau Front Populaire, qui étaient prêts à travailler avec nous. J'en veux pour preuve les discussions que nous avons eues dans le cadre de la Commission des Finances autour du projet de loi de finances.
Le Nouveau Front Populaire a proposé énormément d'amendements, beaucoup d'entre eux, beaucoup d'entre eux, la majorité d'entre eux, ont été adoptés en Commission des Finances, donc avec les voix de parlementaires qui ne sont pas du Nouveau Front Populaire. Nous sommes capables de bâtir des compromis, nous l'avons dit, non seulement nous l'avons dit, mais nous l'avons aussi démontré. C'est ça la méthode de gouvernement du Nouveau Front Populaire. La réalité, c'est qu'Emmanuel Macron n'a jamais voulu se tourner vers nous au départ, et que Michel Barnier a perpétué cette méthode. Il s'est tourné immédiatement vers le Rassemblement National, le résultat est là.
Je m'explique. De toute façon, on a compris que c'était toujours de notre faute.
Il y a des responsabilités, tout le monde est conscient qu'il y a des responsabilités, mais ce qu'on entend sur ce plateau depuis maintenant 10 jours, c'est que tout le monde se renvoie la balle.
On respecte le travail parlementaire. Nous avons mené ce travail parlementaire à fond, et j'en remercie tous les députés du Nouveau Front Populaire, qui étaient là en commission, le jour, la nuit et en séance, qui ont fait passer des mesures pour s'interposer, je dis bien s'interposer, entre la brutalité sociale, environnementale, économique des politiques macronistes et de droite, et les Français. C'est ça que nous avons fait. Vous avez obtenu des victoires majeures en hémicycle. Et vous savez ce qu'il s'est passé ? Le gouvernement fait des secondes délibérations pour faire table rase de tout le travail parlementaire.
Et les macronistes, qui n'étaient pas là en commission, qui n'étaient pas là en séance, ils ne sont même pas venus travailler. C'est la seule chose qu'on leur demande. Ils sont élus, qui viennent en hémicycle et en commission défendre leur programme. On ne sait pas lequel, mais qu'ils défendent. Les sénateurs, ils ont dû quitter l'hémicycle. Tous les sénateurs de gauche, ça ne s'était jamais vu. Ils ont dit, mais à quoi ça sert ? C'est pas juste un truc... Pardon, mais j'ai besoin de poser des questions. C'est pas un discours. Il faut que les téspectateurs comprennent. C'est pas juste un truc, on est de droite, ils sont de gauche, on n'est pas d'accord.
On parle de défendre vos collectivités territoriales. Parce qu'aujourd'hui, la désespérance des Français, c'est aussi qu'ils voient plus que la politique leur apporter. Ce qui arrive un peu à les tenir en confiance envers la politique, c'est leur maire. Et il faut dire aux Français qu'avec ce budget, avec ce qu'eux sont en train de dessiner, leur maire, demain, il ne pourra plus réaménager la salle de sport. Il ne pourra plus faire la police municipale pour garantir leur sécurité parce que le budget de l'été n'arrive plus à le faire. C'est ça la réalité. Les collectivités étaient le dernier en part. On va en parler des conséquences. Et sur les Français, parce qu'elles sont énormes.
Ils savent aussi maintenant les collectivités, mais comment on va t'en faire ?
Marine Tordelier, sur votre attitude, l'attitude de la gauche pendant les débats, en annonçant, dès le début, en annonçant la motion de démission, pour une démission du président de la République, ce sont vos amis de destitution, de vos amis de la France insoumise, quand vous avez annoncé une censure, a priori, du Premier ministre pour ce budget, est-ce que vous n'êtes pas décrédibilisés comme interlocuteurs pour des négociations ? Parce que les négociations, elles, elles ont eu lieu avec le Rassemblement national hier jusqu'en début d'après-midi. C'était eux les interlocuteurs, ce n'était pas vous.
Ces négociations ont eu lieu exclusivement avec le Rassemblement national et la responsabilité de cet état de fait est entièrement apputable au gouvernement et au président de la République. Nous avons montré notre ouverture, nous ne sommes pas responsables du fait que le président de la République et le camp gouvernemental a choisi de se tourner exclusivement vers le Rassemblement national, en grande partie pour des raisons idéologiques. Vous voyez bien l'espèce de connivence idéologique qu'il y a aujourd'hui.
Lorsque Michel Barnier fait des concessions sur l'aide médicale d'État, qui va avoir pour conséquence directe, d'une part, d'éloigner la France de ses principes d'humanité, qui sont absolument fondamentaux, mais aussi d'autre part, d'avoir des conséquences budgétaires délétères et d'accroître la pression sur notre système de santé, est-ce que, raisonnablement, vous pensez que la gauche peut ne pas s'engager à voter la censure contre un gouvernement comme ça ?
Lucie Castel, est-ce que vous êtes plus que jamais candidate pour Matignon ?
Alors, cette question, c'est une question qu'il faut poser. C'est la responsabilité du président de la République de désigner une première ministre ou un premier ministre. Nous l'avons toujours dit, le résultat des élections est tel que si le président de la République souhaite respecter l'esprit des institutions, il se tourne vers le nouveau Front populaire qui a obtenu les meilleurs scores aux élections législatives et a désormais une majorité relative. C'est ça, la question qu'il faut se poser.
Ensuite, sur la question du non, je l'ai toujours dit, j'ai fait partie de la solution à l'été, je me suis tenue disponible et je me suis préparée à gouverner avec l'ensemble des forces du nouveau Front populaire et également avec des responsables de la société civile qui ont beaucoup à apporter en termes de réflexion sur la politique publique à mener. Maintenant, s'il apparaît qu'une autre personne est plus adaptée et dans une meilleure position pour jouer ce rôle de première ministre, je n'en ferai absolument pas une question personnelle.
Alors il faut qu'on parle de ce qui se passe.
Oui, on vous pose la question parce que les socialistes ont publié un communiqué hier et effectivement, pour la suite, ils n'ont pas cité votre nom pour Matignon. Eux, ils appellent à un accord de non-censure avec les macronistes. Marine Tondelier, vous dites quoi là-dessus ?
Que c'est ce que nous avons travaillé tout l'été.
Et nous, on vous dit qu'il faut discuter avec les macronistes, c'est ça la question pour établir...
Excusez-moi, vous avez des macronistes, ils ont deux choix là aujourd'hui. Soit ils discutent avec nous, soit ils continuent de discuter et de se compromettre en discutant avec l'extrême droite. On a bien compris quelle ligne ils avaient pris pour l'instant. On a bien vu aussi là où ça nous menait. Donc normalement, là, c'est le moment où ils s'arrêtent, ils font marche arrière dans cette impasse, ils s'excusent peut-être un petit peu et ils reviennent du bon côté de l'histoire. Peut-être que c'est ça qu'il faut faire. Mais vous savez, il y a quand même une règle en politique.
C'est Einstein qui le disait, donc ce n'était pas que pour la politique d'ailleurs, c'est que celles et ceux qui sont à l'origine d'un problème ne peuvent pas en être la solution. Parce que leur certitude, leurs arguments d'autorité, leur leçon de morale permanente nous ont conduit là où nous en sommes aujourd'hui. C'est eux qui nous ont conduit là politiquement, c'est eux qui nous ont conduit là démocratiquement, c'est eux qui nous ont conduit là environnementalement, socialement, économiquement, budgétiquement. Donc même pas de solution du côté d'Emmanuel Macron ? C'est leur bilan. Quand on nous dit aujourd'hui, est-ce que ce n'est pas un peu de votre faute, Michel Bernier, etc. ?
Moi, j'ai un peu envie de m'étrangler quand même. Parce qu'ils font l'inverse depuis le début de tout ce qu'ils devraient faire. On a exactement expliqué comment ça se terminerait. Et au moment où se passe ce qu'on dit depuis des semaines, vous venez nous voir en disant que ce n'est pas un peu de votre faute. Ben non, il se passe ce qui devait absolument se passer s'ils prenaient cette direction-là. Quand on se met entre les mains du Rassemblement national, on finit toujours par leur servir de paillassons. Et c'est quelqu'un qui vit sur un territoire qui, depuis dix ans, est dirigé par eux, qui vous le dit.
Toutes celles et ceux qui ont essayé de les brosser dans le sens du poil pour essayer de les apaiser, de les dompter de je ne sais quoi. Ça, c'est toujours fini de la même manière. Lucie Casté ?
Si la question, c'est est-ce qu'il faut construire des accords texte par texte pour obtenir des majorités texte par texte au Parlement et si vous voulez appeler ça accord de non-censure, alors d'accord, c'est ce que j'ai dit tout l'été. Si la question, c'est est-ce que vous voulez construire un... Ce n'est pas ce qu'elle dit, par exemple, les insoumis.
J'étais le NFP, c'était le programme et rien que le programme. Mais pas du tout.
Moi, je ne l'ai jamais dit. C'est ce qu'on dit, les insoumis. Pas du tout. Mathilde Panot, présidente du groupe à l'Assemblée nationale, du premier groupe à l'Assemblée nationale, a signé un courrier avec tous les présidents de groupe disant on va faire des compromis texte par texte. En revanche, si la question, c'est est-ce qu'il faut construire un grand accord gouvernemental avec les macronistes pour gouverner ? La réponse est on doit la vérité à nos électeurs. On ne peut pas construire un accord de gouvernement, un socle gouvernemental avec des gens, un camp macroniste avec qui on ne partage pas un projet politique. Ce ne serait ni réaliste ni souhaitable.
D'autant plus que je crois que depuis le projet de loi de finances, on a vu que les macronistes avaient même doublé le gouvernement, doublé Michel Barnier par sa droite en disant il est absolument exclu d'augmenter les impôts pour financer nos services publics. Je pense qu'on ne peut pas négocier un accord de gouvernement avec des gens qui pensent de cette manière.
Marine Le Pen, comme vous dites prendre cette décision de censurer le gouvernement pour protéger le pouvoir d'achat des Français. Sauf que par exemple, selon Bercy, 17,6 millions de foyers verront leurs impôts gonfler et 380 000 ménages commenceraient à s'acquitter de l'impôt alors qu'ils en étaient pour le moment exemptés.
Alors il ne faut pas... Vous leur dites quoi
à tous ces foyers ?
Alors déjà tous ces foyers, je leur dis que je comprends leur inquiétude. Le projet de budget qui a été proposé par le gouvernement aurait des conséquences absolument délétères sur la vie quotidienne des Français, sur le système de santé, sur le système éducatif, 4 000 postes de professeurs supprimés. J'ai fait la rentrée à la Cour Neuve début septembre. Il y a déjà les profs, ils disent c'est la pire rentrée qu'on n'a jamais eue. On va encore supprimer des postes de professeurs.
Là on vous parle des conséquences de la motion de censure qui sera vraisemblablement adoptée.
Oui, la situation budgétaire et financière de la France est préoccupante. On a aujourd'hui, on s'endette à des taux qui sont plutôt proches de ceux de la Grèce et qui sont moins favorables que l'Espagne. C'est une indication importante. Ça, c'est la conséquence directe de la politique. Mais encore une fois, qu'est-ce que vous dites
aux 380 000 Français qui vont commencer ?
C'est la conséquence directe de la politique économique menée par le gouvernement, les gouvernements successifs sous l'autorité d'Emmanuel Macron depuis sept ans. On a une situation où la politique n'a donné aucune visibilité aux investisseurs, aucune visibilité à nos entreprises qui produisent chaque jour et qui emploient chaque jour. On a eu des annonces totalement désordonnées en matière de déficit public.
Et là, c'est la décision de censurer le gouvernement qui va produire cette conséquence immédiate qu'on vient de citer. Vous dites quoi ? Ces foyers qui vont payer plus d'impôts ou qui vont payer d'impôts alors qu'ils n'avaient pas payé jusqu'à maintenant ?
Les taux d'endettement, les taux d'intérêt auxquels on s'endette n'ont quasiment pas bougé depuis quelques jours. La situation, c'est que... Mais vous parlez
de macroéconomie. Les Français qui nous écoutent, ils pensent à leur quotidien demain, ils vont devoir payer des impôts.
Bien sûr, et ils ont raison. La situation est telle que si le budget passe, la situation serait totalement dégradée pour les citoyens et les services publics ne pourraient pas fonctionner. Donc la situation actuelle, c'est la conséquence directe de la politique qui est venue. J'ai d'autres exemples
rapides à vous donner parce que c'est important de se rencontrer.
On a le fil d'info qui nous attend.
Oui, d'autres conséquences. Marine Tondelier sur les finances en l'absence de nouveaux budgets. Les agriculteurs en colère. Il faut les citer parce qu'ils sont mobilisés. Eux, par exemple, n'obtiendront pas les fonds qu'ils attendent. Le secteur du logement en crise, pareil, pas de fonds prévus. Les ministères, dont la justice, l'intérieur, les armées qui devraient avoir leur crédit augmenté.
On va nous expliquer. Michel Barnier, il propose un budget qui est le pire pour les collectivités territoriales de l'histoire des budgets de l'État. Il propose un budget qui veut dérembourser nos médicaments, qui va sabrer les services publics. C'est un budget atroce. Et ce qu'on nous explique maintenant, c'est qu'en fait, on n'a pas le choix parce que si on ne vote pas, les fonctionnaires ne seront plus payés, rien ne va fonctionner et peut-être même que le Père Noël attendez, on a l'habitude, c'est toujours pareil. Pour soutenir la droite, on n'a pas le choix en fait. Il faut faire tout comme ils disent sinon tout s'effondre.
Mais ça s'effondre déjà et c'est leur bilan, c'est leur politique qui nous conduit là. Qu'on ne dise pas aux gens qu'ils n'ont pas le choix. On a toujours le choix. Moi, je fais confiance à ce pays pour trouver des solutions. Je fais confiance aux représentants politiques pour trouver des solutions autres qu'à les compromis des services de paillassons à Marine Le Pen qui les conduit exactement au même endroit mais avec en plus humiliation et déshonneur. Donc maintenant qu'il y ait un sursaut dans ce pays, qu'on se mette autour de la table, qu'on trouve des solutions mais ne disons pas à vos téléspectateurs que si cette motion de censure est votée, tout va s'effondrer et que c'est terminé.
C'est si elle n'est pas votée que ça continuera et si on laisse aller ce budget jusqu'au bout, nous sommes en train de nous interposer entre la politique de Michel Barnier, d'Emmanuel Macron que les Français ont massivement rejetée aux législatives et les Français. C'est ça qu'on est en train de faire.
Marine Tondelier, Lucie Casté, on vous retrouve dans une minute juste après le fil info de Maureen Suignard à 8h47.
Les sécheresses coûtent près de 300 milliards d'euros par an au niveau mondial selon l'ONU. Calcul dévoilé à l'occasion de la COP16, conférence sur la désertification. L'ONU appelle à des investissements urgents, notamment pour la reforestation. Les sécheresses pourraient toucher 75% de la population mondiale d'ici 2050. Il a encore des choses à dire. Michel Barnier, invité du 20h sur France 2 et TF1 ce soir, interview du Premier ministre à suivre aussi sur France Info. Son gouvernement est visé par deux motions de censure. Les députés se prononceront demain ou jeudi et peuvent faire tomber le gouvernement.
Sur France Info, Lucie Castel, la candidate de la gauche au poste de Premier ministre, se dit prête mais affirme qu'elle peut aussi laisser sa place si une autre personne est dans une meilleure position. Encore des difficultés sur les routes d'Île-de-France, des bouchons sur l'A1 en direction de Paris, nouvelles manifestations des taxis, ils viennent d'arriver devant l'Assemblée nationale, mobilisation contre une tarification à la baisse pour le transport des malades, une opération escargot est aussi prévue à Orléans. Le dispositif de sécurité était déjà important avec 6000 policiers et gendarmes prévus pour la réouverture de Notre-Dame de Paris ce week-end.
Il sera peut-être encore renforcé. Donald Trump, le président américain réélu, annonce qu'il sera présent.
France Info. Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Braclia.
Et toujours avec Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes, Lucie Castex avait été désignée candidate au poste de Premier ministre par le nouveau Front populaire et on évoquait cette méthode que vous proposiez en cas de chute du gouvernement de Michel Barnier, des accords texte par texte, notamment avec les macronistes. Au-delà du budget, ça commencerait par quoi, Lucie Castex ?
Ça commencerait par exemple par les services publics. Vous le savez, c'est un sujet qui me tient particulièrement à cœur mais aussi qui me tient évidemment très à cœur à l'ensemble de nos concitoyennes et de nos concitoyens. Par exemple, on a des projets de texte qui sont déjà préparés, qui ont été préparés par des parlementaires du nouveau Front populaire, des députés, des sénateurs, sur la santé, la santé publique.
On a un projet de texte qui propose par exemple un nombre minimum de soignants par nombre de patients pour être sûr que les gens sont correctement soignés à l'hôpital, qu'ils n'attendent pas des dizaines d'heures absolument fondamentales pour améliorer la qualité de vie des soignants mais aussi évidemment la qualité des soins qui sont prodigués à nos concitoyens.
Un autre texte par exemple, un texte pour lutter contre les déserts médicaux, sur ces sujets, comme sur les sujets typiquement l'éducation, je pense que nous pouvons rassembler des voix extrêmement largement parce que les parlementaires, en circonscription, ils entendent tous les jours nos concitoyens qui leur disent l'hôpital va mal, l'école va mal, les transports vont mal, je n'ai pas de logement. Sur ces sujets-là, je pense sincèrement que pour peu qu'on joue un petit peu le jeu de la démocratie, on arrivera à bâtir des compromis avec l'ensemble des forces à l'Assemblée nationale. Mais pour ça,
il faut donc un accord de non-censure comme l'avait suggéré le patron du groupe socialiste à l'Assemblée, accord de non-censure dont ne veulent pas vos alliés, les insoumis. Comment on fait ?
Mais c'est faux, les insoumis, ils ont signé... Mathilde Panneau était là ? Encore une fois, Mathilde Panneau, elle a signé un courrier à l'ensemble des parlementaires qui dit nous construirons des accords texte par texte. On peut appeler ça globalement un accord de non-censure. Ce n'est pas différent.
Ah donc les insoumis sont prêts à travailler avec les macronistes ? C'est ce que vous dites ce matin ? Les insoumis sont prêts
à proposer des textes sur la base de nos propositions, sur la base des valeurs qui sont portées par le nouveau Front populaire, notamment la restauration des services publics et ensuite, voir comment ça se passe au Parlement. Ils l'ont fait
en rémission des finances. Énormément d'abondements provenaient du groupe de la France insoumise. Pour se mettre d'accord avec quelqu'un, déjà, il faut avoir une relation.
C'est la seule personne qui a refusé de me parler. Ben oui. C'est la seule personne qui a refusé de me parler. J'ai eu des échanges avec le Modem, j'ai eu des échanges avec Lyot, j'ai eu des échanges avec des anciens macronistes, j'ai eu des échanges avec tout le monde. Gabriel Attal a refusé de me parler.
Mais pardon d'insister sur la France insoumise parce qu'on a l'impression que vous n'avez pas tout à fait le même agenda. Mathilde Panot qui était là l'autre jour et encore une fois qui ne disait pas tout à fait la même chose que vous, disait autre chose, c'est qu'elle, son objectif, c'est la démission d'Emmanuel Macron. Est-ce que c'est votre objectif ce matin Marine Tondelier ?
Ce n'est pas mon objectif dans la vie. Moi je veux qu'on arrive à protéger les Françaises et les Français. Et donc oui, commence à se poser la question de ce qu'Emmanuel Macron va faire maintenant. Mais ce n'est pas notre question à nous, c'est la sienne. Il s'est mis dans une impasse, il a posé tout seul, il a décidé de poser une question très claire aux Français en jouant la dissolution. Est-ce que vous voulez ou non une alternance politique ? Les Français ont répondu très très clairement. Très clairement. Ils ne s'y attendaient pas, c'est leur réponse. Et après, on n'a rien compris tout l'été, obstruction, il ne voulait pas changer de Premier ministre.
Il a d'ailleurs ce budget, quel que soit le Premier ministre nommé, nous on vous l'avait dit cet été, plus les semaines passaient, plus quelque part la personne qui était nommée perdait toute capacité, tout le viet d'action parce qu'il était trop tard pour préparer les choses sérieusement. Il se passe exactement tout ce qu'on avait dit. Mais donc vous ne demandez pas
la démission d'Emmanuel Macron
aujourd'hui comme vos collègues insoumis ? Mais parce que ce n'est pas mon obsession dans la vie parce que je vois bien que de toute façon là où on en est rendu tout va être compliqué. Mais ce qu'il faut dire quand même c'est que de plus en plus de Français se posent cette question. Regardez les sondages sur la démission et sur la destitution parce que les Français ils ont été trahis par leur Président de la République. Mais ça changeait quoi une démission d'Emmanuel Macron ?
Et je pense qu'ils ont l'habitude d'être trahis parfois par les politiques mais par le Président de la République qui vous pose une question vous devez annuler vos vacances, les mariages, les trucs, toute la vie de tout le monde a été chamboulé. On s'est arrêtés pendant cinq semaines tous, vous, nous, les Français pour suivre ce moment politique majeur et qu'en a-t-il été fait ? Donc moi je vous dis ce qui m'intéresse maintenant c'est comment on se sort de là. Voilà, c'est la suite. Et je ne suis même pas sûre qu'une présidentielle là en catimini parce qu'une présidentielle anticipée c'est en 35 jours que ça se joue. On replonge dans une crise politique etc.
Donc ce que doit nous dire Emmanuel Macron, ce que doit nous dire Michel Barnier j'ai vu qu'il parlait ce soir c'est est-ce qu'ils ont encore une solution pour nous ? Mais cette solution elle ne peut s'inscrire que dans le cadre du Front Républicain et je ne vous dis pas ça parce que je suis inflexible parce que je suis obtue parce que je suis sectaire ou parce que je ne sais quoi. Je vous dis ça parce que c'est le fait politique majeur de cet été. Sauf que vous faites partie d'un ensemble.
Le Front Républicain existe encore. Vous faites partie d'un ensemble Marie-Tondelet qui s'appelle le Nouveau Front Populaire et parmi les membres du Nouveau Front Populaire il y a la France insoumise. Laissez-moi juste poser ma question
et vous l'avez déjà posée cinq fois
donc c'est ce que vous voulez dire. Vous allez dire quand les insoumis
demandent la destitution etc.
Laissez-moi finir la question. On va aller au bout des choses. Donc vous faites partie d'un ensemble le Nouveau Front Populaire dans lequel il y a les insoumis. Eux ils veulent une présidentielle anticipée et c'est le vœu particulier de Jean-Luc Mélenchon qui souhaite être le candidat de toute la gauche de ceux qui veulent bien justement c'est ce qu'il dit. Et là ça coince aussi dans votre propre camp mais du côté de François Hollande. Écoutez ce qu'il dit.
Il veut une élection présidentielle anticipée. Il veut être candidat à l'élection présidentielle. Il ne sera pas président. Il le sait aussi. Il ne sera même pas au deuxième taux. Il le sait aussi. La position et même la personne de Jean-Luc Mélenchon sont les plus rejetés dans l'opinion publique. Je ne me trompe pas. Donc quand on a autant de niveaux de détestation quand on a autant de niveaux de refus de réprobation ça pose quand même une question.
Il a raison de dire ça François Hollande ? Vous êtes d'accord sur le constat qu'il fait ? Je vais me permettre de répondre si vous voulez bien. Allez-y.
Moi je pense qu'on fait une erreur lorsque l'on se concentre sur la question des noms. Si on veut bâtir la victoire de la gauche pour qu'enfin la gauche soit en mesure de gouverner là on a fait 28% aux élections législatives c'était bien plus que ce que tous les sondages envisageaient mais c'est insuffisant on l'a vu tout l'été c'est insuffisant pour gouverner pour gouverner sereinement et pour changer significativement la vie des français. Et donc c'est le sens de l'appel qu'on a lancé avec Marine Tondelier ce week-end. La question c'est un travail d'équipe. Comment on prépare un projet qui va convaincre les français et nous permettre de gouverner et donc de rassembler plus largement.
Pour ça il faudra parler du travail d'équipe avant de parler du nom du capitaine. Mais l'équipe c'est pas le NFP ? L'équipe c'est tout à fait le NFP. On peut continuer à approfondir. On a un programme on a déjoué les pronostics cet été on a créé un élan sans précédent je pense qu'on peut tous s'accorder à le dire un élan sans précédent en juin et en juillet on a mobilisé massivement la société civile organisée on a mobilisé massivement les militants y compris des gens qui n'étaient pas militants auparavant. Maintenant la question c'est comment on transforme cet essai comment on poursuit cet élan et comment on construit quelque chose en vue des prochaines échéances électorales.
Mais pardon d'insister sur la question de Jean-Luc Mélenchon parce que vous dites que la gauche doit s'adresser largement aux classes populaires et à entendre notamment par exemple François Ruffin on ne sait pas trop s'il y a consensus là-dessus parce que François Ruffin dit que dans sa région celle des Hauts-de-France Marine Tondelier Jean-Luc Mélenchon lui a dit qu'il fallait mobiliser la jeunesse les quartiers populaires et que tout le reste fallait laisser tomber
il n'y a aucun moment ou alors j'étais pas à la Réunion où on se serait dit à gauche on va devoir choisir entre les cités et la ruralité ça n'a aucun sens il y a eu en 2011 notamment
une note de Terra Nova dans laquelle il y avait un axe politique qui était clairement
on parle à vos téléspectateurs qui sont en train de se demander s'ils auront un gouvernement demain vous ressortez des polémiques d'il y a trois mois vous n'en avez pas marre ?
Non mais attendez sur ce point là et un rapport de 2011 je vais vous répondre la seule chose
que vos téléspectateurs ont à savoir je leur dis solennellement et je ne suis pas la seule à le dire puisqu'on se déplace beaucoup avec Lucie Casté sur tout le territoire c'est ce que tous nos électeurs et nos soutiens nous disent nous n'avons pas le luxe des divisions nous n'avons pas les luxes de l'impréparation et donc la seule chose qu'on doit faire là c'est se préparer à toute éventualité la chute du gouvernement Barnier la démission peut-être d'Emmanuel Macron parce qu'à un moment il sera au bout et il ne sera plus quoi faire d'autre que ça du coup une présidentielle anticipée et même si elle n'était pas anticipée elle finira bien par survenir des prochaines élections législatives des municipales où on voit bien quand même que la vie dans des villes de droite n'est pas la même que dans des villes soutenues par le camp progressiste la gauche ou les écologistes donc il va falloir faire basculer un maximum de villes nous c'est ça notre objet c'est pas de commenter toute la journée je ne sais qui qui aurait dit je ne sais quoi sur je ne sais quel autre ça ne nous intéresse pas parce que à chaque fois que la gauche et les écologistes se divisent nos adversaires sortent le pop-corn mais vous savez bien pourquoi on pose cette question
c'est qu'aujourd'hui les classes populaires si on regarde les résultats des élections il y en a une très grande part qui est au Rassemblement National
peut-être que les classes populaires ils ont envie qu'on leur parle de leur quotidien et de comment on va faire pour changer leur vie vraiment plutôt que de commenter des micro-polémiques entre plusieurs personnes de gauche peut-être que les classes populaires elles ont envie de savoir qu'on fera tout pour les aider et de ce point de vue là ce qui va se passer là est important parce que vous nous disiez tout le programme rien que le programme etc arrêtons les fausses polémiques
c'est pas nous qui le disons c'est Jean-Luc vous nous renvoyez ça
sur la journée est-ce que c'est difficile de comprendre que évidemment que notre cap c'est celui-là on a écrit ce programme on l'a chiffré c'est notre horizon c'est notre objectif c'est ça qu'on doit faire est-ce que tout le monde a compris que tant qu'on n'était pas à Matignon on n'était pas en mesure de le faire mais est-ce que tout le monde a aussi compris qu'on ne pouvait pas attendre le grand soir où tout d'un coup on pourrait faire tout d'un coup et ce serait facile ça ne va pas être facile ça ne va pas être évident il n'y a rien qui va être fluide dans les semaines qui viennent mais tout ce qu'on pourra arracher en s'interposant entre Macron et les Français et en améliorant leur quotidien et en préservant le lendemain nous le ferons c'est ça notre engagement et ça se passe sur gagnonsensemble.fr pour celles et ceux qui veulent nous rejoindre et travailler avec nous à la réflexion mais aussi et surtout à l'action aux campagnes de mobilisation sur le terrain
Merci Marie-Théolier Lucie Castet était les invitées de France Info ce matin merci d'avoir été avec nous
Marine Tondelier