"L'Europe doit mettre fin à une forme de naïveté à l'égard de la mondialisation", assure Jordan Bardella
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France Inter, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Yael Gauze, nous recevons ce matin le président du Rassemblement National, tête de liste RN aux élections européennes. Question réaction au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Jordan Bardella, bonjour. Bonjour M. Demorand, merci de votre invitation. Soyez le bienvenu à ce micro. Beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin. Un mois du scrutin des européennes. Mais commençons tout de suite par la visite en France du président chinois. Visite qui s'achève aujourd'hui. Au cœur de ce déplacement, la guerre en Ukraine et les tensions commerciales. On va y venir.
Mais sur le fait même de recevoir le dirigeant chinois dans ce format-là, avec dîner d'État hier, voyage plus intime aujourd'hui au col du Tourmalet dans les Hauts-de-Pyrénées, est-ce que vous approuvez l'accueillir avec les faces d'une visite d'État ? C'est une erreur ou c'est normal dès lors qu'il s'agit de célébrer 60 ans de relations diplomatiques entre nos deux pays ?
La Chine est un grand pays, est un très grand pays, puisque la Chine est la deuxième puissance économique mondiale. Et il est normal que deux grandes nations et que deux grands pays qui pèsent et qui ont vocation à peser dans le XXIe siècle puissent discuter, échanger, dialoguer, évoquer aussi un certain nombre de sujets, peut-être ceux qui fâchent. C'est notamment la question qui me semble essentielle aujourd'hui du déséquilibre des relations commerciales entre la Chine, l'Union européenne et plus largement entre la Chine et la France.
En 1960, le général de Gaulle, à l'origine de cette relation soutenue bilatérale avec la Chine, avait eu ces mots « vivre » comme si la Chine n'existait pas, c'est être aveugle. Et il faut bien dire que le général de Gaulle avait été visionnaire, parce qu'aujourd'hui la Chine soutient très massivement ses entreprises, inonde les marchés européens de produits très largement subventionnés, et on a un peu le sentiment que nous sommes aujourd'hui aveugles et naïfs face à une concurrence bien souvent déloyale qui est menée contre nos producteurs, nos entreprises et nos intérêts.
Jordan Bardella, depuis de Gaulle, de l'eau a coulé sous les ponts, il y a l'Europe des 27 aujourd'hui. Face à une telle puissance économique, quel est le bon échelon pour résister et riposter ? Vous croyez que la France qui exporte trois fois moins qu'elle n'importe de Chine a les épaules toute seule pour ça ?
Je pense surtout que l'Europe, puisqu'on est dans une élection par définition européenne, doit mettre fin à une forme de naïveté à l'égard de la mondialisation. L'Europe est aujourd'hui, et les nations qui la composent, sont entourées de grandes puissances économiques, notamment américaines, chinoises et même russes, qui font plus de frontières, soutiennent massivement leur industrie, leur entreprise, et défendent leurs intérêts d'abord.
L'Union européenne est aujourd'hui, dans l'économie mondiale, une anomalie, dans le sens où elle continue une forme de naïveté dans les accords commerciaux, en refusant toute réciprocité, et en refusant, par exemple, ce que moi je défends, c'est-à-dire le patriotisme économique, la priorité nationale et la préférence européenne. Je vous donne un exemple de cette naïveté. Les taux d'ouverture de nos marchés publics en Europe, c'est 82%. C'est proche de zéro en Chine. C'est 27% au Japon, 32% aux Etats-Unis.
Par conséquent, nous devons faire ce que font toutes les grandes puissances économiques qui marchent dans la mondialisation, c'est le patriotisme économique, c'est le soutien à nos industries, c'est une stratégie de protection. Je note que ce mot de protectionnisme, que nous avons un peu été les seuls à mettre sur la table il y a quelques années, est aujourd'hui en train de s'imposer comme une arme économique efficace dans le cadre de la mondialisation. Il ne s'agit pas de se fermer autour du marché unique, bien entendu.
Mais je souhaite également que dans ce marché unique, on puisse changer un certain nombre de règles du jeu et qu'on puisse autoriser pas seulement la préférence européenne, mais aussi la priorité nationale. Sur le spatial, par exemple, on est le seul espace économique au monde à ouvrir notre industrie spatiale à la concurrence internationale. On n'imagine pas les Américains ou les Chinois en faire de même.
Vous avez dit que la Chine était une grande puissance, comme la France. Jean-Yves Le Drian, à ce micro hier, disait que la Chine n'était pas amie, mais pas non plus un ennemi. Vous reprenez ces mots ?
Je crois, et c'est en cela une phrase du général de Gaulle que je cite une nouvelle fois, mais qu'une grande puissance n'a pas d'amis, elle n'a que des intérêts. Nous pouvons avoir, à l'égard d'une puissance, à la fois des relations d'amitié, des relations adverses, mais aussi parfois des intérêts qui divergent. Or, je note qu'à l'égard de la Chine, il y a aujourd'hui un déséquilibre commercial absolument majeur. 400 milliards d'euros de déficit commercial avec l'Union européenne. Exemple très simple, sur les véhicules, par exemple. Lorsque des véhicules chinois sont importés en Europe, c'est 10% de droits de douane. Dans le cas inverse, c'est 25%.
Nos partenaires américains appliquent des droits de douane de 27% sur les véhicules chinois pour précisément soutenir leur industrie et protéger leur filière automobile. Pourquoi est-ce que l'Union européenne serait une anomalie et serait le seul espace économique au monde à faire l'exact inverse ? Donc, je prône une stratégie de protection de nos intérêts avec des droits de douane ciblés lorsque c'est nécessaire pour nous protéger de la concurrence internationale des loyales. Deuxièmement, la priorité nationale et la préférence européenne pour donner un avantage à ceux qui produisent en Europe dans l'accès au marché public.
Et plus largement, il faut libérer les contraintes aujourd'hui qui pèsent sur l'Europe des projets et sur les coopérations qui sont nécessaires demain face à la Chine, sur l'intelligence artificielle, évidemment la question environnementale. Regardez les panneaux solaires. Depuis 10 ans, on refuse d'appliquer des droits de douane aux panneaux solaires qui viennent de l'étranger. Résultat, les derniers fabricants de panneaux solaires français sont en train de fermer et les délocalisations vers l'Inde et la Chine sont en train de se multiplier. Ça n'est pas une fatalité, mais il faut mettre fin à une forme de naïveté économique.
On avait une question très simple à laquelle on veut que vous répondiez. La France serait-elle plus forte contre la Chine sans l'Union Européenne ?
Non, mais il faut que la France défende ses intérêts au sein de l'Union Européenne. Moi, le constat que je fais, c'est que l'Union Européenne, par des règles de concurrence qui ne sont plus adaptées aujourd'hui à la réalité économique du monde et aux nouveaux antagonismes géopolitiques, agit trop souvent comme un accélérateur du déclin français. Par conséquent, je souhaite que la France, qui est aujourd'hui l'un des premiers contributeurs nets au pot commun, au budget de l'Union Européenne, puisse faire évoluer un certain nombre de règles. C'est la condition de notre participation à une Union Européenne à 27. La France doit défendre ses intérêts.
On doit protéger notre industrie et défendre cette idée qui est celle du patriotisme économique que nous avons toujours porté. Dans son discours de la Sorbonne, Emmanuel Macron fait une évolution qui est très révélatrice. Il dit, ce concept qui nous paraissait étrange de souveraineté s'est imposé. Grâce à qui ?
Le premier discours de la Sorbonne était plein du mot souveraineté. Oui, vous savez, Emmanuel Macron, à quelques mois des élections, c'est toujours plein de bonnes intentions.
Je parle du premier d'il y a des années, 2017. Le problème, c'est qu'ils ont fait l'inverse et qu'Emmanuel Macron s'est voulu le chantre de la mondialisation heureuse du village global et que le modèle économique qu'il a mis en place et qu'il défend est aujourd'hui un modèle du passé. Toutes les grandes puissances aujourd'hui font précisément ce que nous préconisons pour la France.
Le deuxième sujet de cette visite, c'était l'amitié indéfectible entre la Chine et la Russie. La Chine qui soutient l'effort de guerre russe. Emmanuel Macron, il faut rester prudent, a salué hier les engagements de Xi Jinping à s'abstenir de vendre toute arme et de fournir toute aide à Moscou. Vous saluez cette avancée, si elle se confirme ?
Je pense que ça relève de la déclaration d'intention. Vous savez, depuis le départ, nous disons que, évidemment, l'alliance du pays le plus peuplé du monde avec le premier pays exportateur d'hydrocarbures au monde, le renforcement de cette alliance aurait évidemment des conséquences très lourdes pour l'Europe et pour les grands équilibres mondiaux. Ce qu'on doit rechercher, non pas seulement dans ce conflit, mais à l'égard de toutes ces grandes puissances, je le disais, c'est la fin d'une forme de naïveté économique, mais c'est aussi la recherche d'une indépendance et d'une autonomie. Les grandes puissances sont en train de se réarmer.
Il y a un rapport parlementaire qui est sorti, il y a quelques, me semble-t-il, du Sénat, qui est sorti en 2023, et qui pointait les faiblesses stratégiques de la France à l'égard de son armée. Si demain, il devait y avoir un conflit de haute intensité qui impliquerait la France, nous ne serions pas capables de tenir plus de trois semaines.
Nous n'avons plus d'industrie de défense, précisément parce que nous avons renoncé à soutenir nos industries françaises et européennes, et par conséquent, je plaide moi aussi pour que cette industrie de défense puisse se renforcer et qu'on puisse, dans le cadre de cette relance de l'industrie de défense, mettre en place la préférence européenne pour avantager nos industries. Regardez, depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine et l'invasion par la Russie de l'Ukraine, 80% des hausses de budget liées aux armées dans les États membres et liées à la défense sont allées à des prestataires extra-européens et généralement à des sociétés américaines.
Donc, face à cette nouvelle réalité du monde...
Le Valérier qui était dévoilé hier, vous l'avez vu, préférence européenne pour les stratégies d'armement et le financement des appels d'offres publics pour l'armement.
Écoutez, c'est l'hommage du vice à la vertu. Mais si vous voulez, qu'aujourd'hui, idéologiquement, beaucoup de personnes convergent vers les analyses que nous faisons depuis très longtemps, tout ça est incontestablement légitime, incontestablement notre discours. Mais ça fait très longtemps que nous prenons pour ces mesures et demain, nous les mettrons en œuvre à la tête de l'État, bien sûr.
Jordan Bardella, sur l'Ukraine, toujours Emmanuel Macron réitère ses propos sur l'envoi de troupes au sol. Si l'armée russe perce les lignes de front, ce sont ces mots. Le président de la République dit « je n'exclus rien parce que nous avons face à nous quelqu'un qui n'exclut rien ». Pour vous, les troupes au sol, c'est exclu, pour reprendre le mot ?
Je suis défavorable. Et pour prolonger l'argument que je développais il y a quelques instants, si la France, demain, voulait mener un conflit au sol de haute intensité, elle n'en aurait pas les moyens, elle n'en aurait pas les moyens. Mais nous ne serions pas seuls, Jordan Bardella ? Ça n'est pas dit, monsieur. Ça n'est pas dit. Parce qu'aujourd'hui, en Europe, la France est l'un des seuls États à disposer d'une armée, à disposer notamment de l'arme nucléaire.
Par conséquent, je pense que les propos du président de la République sur l'envoi possible de troupes en Ukraine, comme sur l'hypothétique partage de la dissuasion nucléaire, j'ai vu que même François Hollande s'inquiétait des propos de son successeur, inquiète, je crois, beaucoup de Français remettent en cause aujourd'hui les intérêts vitaux de la nation. L'Ukraine, et le président Zelensky lui dit il est même, n'a pas besoin de troupes au sol. On est dans une guerre aujourd'hui qui est une guerre de masse militaire, qui est une guerre de logistique, qui est une guerre d'obus.
Et moi, je souhaite que l'Ukraine puisse disposer du matériel nécessaire pour tenir le front, c'est-à-dire du matériel anti-drone, des missiles anti-chars ou des missiles anti-aériens, et accessoirement des munitions, mais pas des troupes que l'Ukraine ne réclame pas.
Marine Le Pen disait hier, chez nos conférences de BFM, que cette guerre n'est pas la nôtre, pas celle de la France. Mais vous estimiez vous-même, le 29 février, que Poutine fait peser depuis deux ans une menace sur l'Occident. Donc, ce n'est pas un peu la nôtre quand même, cette guerre ? Tout la question, c'est de savoir
si les intérêts vitaux de la nation française sont engagés aujourd'hui en Ukraine, au point d'envoyer des troupes au sol, et au point d'envoyer des soldats de l'armée française se battre contre une puissance nucléaire. Je ne le crois pas.
L'ancien chef d'état-major des armées, François Lecointre, sur France Info, hier, disait que ça éveillait les consciences. C'est un ancien, très haut gradé qui le dit. Ça vient d'un militaire.
Alors qu'un très haut gradé, dans le sens du président de la République, c'est l'esprit français, et cela va dans le bon sens. Mais Lecointre, d'ailleurs, M. Lecointre ne dit pas qu'il faut envoyer des troupes. Il dit que cette annonce du président de la République participe à éveiller les consciences, ce qui est quand même une nuance, me semble-t-il, assez notable.
Il dit qu'il y a trop de politiques français qui sont enfermées dans une bulle virtuelle.
La Russie... Dont vous, visiblement. Non, pas du tout. Je ne suis pas enfermé dans une bulle virtuelle. En revanche, je pense que la Russie est aujourd'hui une menace multidimensionnelle, à la fois pour la France et pour l'Europe, qui contesse un certain nombre de nos intérêts. On le voit lorsque des éléments militaires français sont menacés directement par la Russie en mer Noire.
On le voit dans nos Outre-mer, et notamment à Mayotte, où les Comores revendiquent le territoire de Mayotte avec le soutien de la Russie, évidemment plus largement en Afrique, où sur nos zones d'influence historiques, à chaque fois que les intérêts français reculent, ce sont les intérêts, notamment de la Russie, et les intérêts de milices privées qui avancent sur le terrain. Donc, encore une fois, le temps de la naïveté doit cesser.
À l'égard de toutes les grandes puissances, qui en même temps peuvent être des partenaires, des adversaires, nous n'avons pas d'amis, nous n'avons que des intérêts, et je pense que l'une des grandes ambitions que nous devons porter sur le plan français comme européen, c'est la conquête, peut-être la reconquête, de notre autonomie, de notre indépendance et de notre souveraineté.
Question de nos auditeurs sur l'application d'Inter. Guillaume, pourquoi Thierry Mariani, pro-russe notoire, qui a reconnu l'injection illégale de la Crimée, est-il présent sur votre liste européenne ? Guillaume poursuit, Thierry Mariani récite la propagande russe en France et a des liens plus que suspects avec la Russie de Poutine. Que répondez-vous à notre auditeur ? On n'a pas de lien plus que suspect, Thierry Mariani a été ministre. Juste d'un mot, depuis trois ans, enquête pour soupçons de corruption, trafic d'influence, abus de confiance et blanchiment, l'association, l'association Dialogue Franco-Russe. Oui, enquête, absolument rien, une association,
non mais d'accord, mais Thierry Mariani a été ministre de Nicolas Sarkozy. Alors, ça ne vous aura pas échappé, il a donc sur ce conflit la position de l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, sur ce conflit. Nous avons, avec Thierry Mariani sur ce sujet, une différence de sensibilité, qui je crois est évidente pour tout le monde. maintenant, il a encore une fois sur ce sujet la position de l'ancien président de la République dont il a été accessoirement le ministre. Mais vous savez ce que pense Nicolas Sarkozy aujourd'hui ? Vous lisez... C'était il y a dix ans. Oui, enfin, sur la Crimée, puisque la question que vous mentionnez, M. Demand, relevé de la Crimée.
Sur la Crimée, le président Sarkozy, puisque vous m'interrogez sur sa position, moi je lis ce qu'il dit, ce qu'il écrit, ce qu'il relate, il dit que tout retour en arrière est aujourd'hui une illusion. Et d'ailleurs, même le président américain, l'ancien président Barack Obama, avait indiqué que la sympathie russe en Crimée empêchait aujourd'hui toute réponse occidentale dans la région.
Mais en 2024, Nicolas Sarkozy ne dit pas qu'il y a... Nicolas Sarkozy dit qu'il y a un agresseur et un agressé. Thierry Mariani ne dit pas qu'il y a un agresseur et un agressé. Thierry Mariani dit qu'il y a un agresseur et un agressé.
Vous m'interrogez, oui, il le dit, et vous m'interrogez d'ailleurs sur la position de la Crimée, je vous ai répondu sur la Crimée, c'est mot pour mot ce que dit Nicolas Sarkozy. Sur ce sujet, tout le monde au Rassemblement National, y compris Thierry Mariani, indique clairement qu'il y a dans ce conflit quelqu'un qui déclenche la guerre et qui est en situation d'agresseur, c'est la Russie, et quelqu'un qui évidemment l'a subie. Moi je suis souverainiste et je le suis partout. Et donc je n'ai jamais eu la moindre ambiguïté. Vous dites qu'il n'a pas la même sensibilité que vous sur le sujet. Parce qu'il a été député des Français de l'étranger et qu'il a appartenu à une autre famille politique.
Lorsqu'il était président par exemple du groupe d'amitié entre la France et l'Azerbaïdjan, il le faisait aussi au titre de ses fonctions de député et de représentant de la majorité présidentielle à l'époque qui était celle de l'UMP. Donc à partir du moment où moi je fais un rassemblement qui est très large et qui vise aussi à rassembler les déçus des Républicains, les déçus de l'UMP, il y a aussi des gens qui viennent avec une sensibilité qui sur l'intégralité des sujets n'est pas toujours la mienne.
En tout cas moi sur ce sujet j'ai toujours été extrêmement clair et j'ai toujours essayé de me tenir à cette ligne qui est le soutien à l'Ukraine en évitant l'escalade avec la Russie parce que je pense que le fait que deux puissances nucléaires se regardent face à face n'est jamais bon pour la paix du monde.
Au standard inter, c'est Jean-Michel qui nous attend. Bonjour.
Bonjour Monsieur.
Bienvenue. Bonjour Monsieur.
Merci. Donc bravo Monsieur Bardella pour la politique internationale. C'est une évidence partagée par beaucoup de gens. moi-même qui étais beaucoup de gauche auparavant et je revendique auprès des journalistes justement un terme nouveau que vous avez employé c'est le mot souverainiste qu'on cesse de balancer le mot de fasciste ou extrême droite même qui ne représente pas le grand éventail de vos électeurs par le remplacer par celui du parti souverainiste notamment comme dans la revue Front Populaire de Michel Onfray.
en revanche je suis moins d'accord sur l'état du Réunion nationale sur votre vision écologiste qui est quasiment absente et je déplore le parti des républiques il s'appelle les écologistes qui est un contre-sens de français et qui est ridicule, enfin c'est même pas la peine d'argumenter et puis d'autre chose sur la réforme des retraites qui a été encore un festival de bêtises françaises où tout le monde s'est bloqué sur le nombre 64 qui était inéluctable mais plutôt sur les injustices énormément de travailleurs manuels je connais des cousins des gens qui ont travaillé honnêtement et qui se retrouvent avec 800 000 euros et je pense que rétroactivement alors on va me dire que c'est illégal, je ne sais quoi on devrait rectifier, avancer rapatrier des revenus des gens qui ont 3 000 euros de retraite des gens qui ont déjà maison qui n'ont pas besoin de ça pour vivre et réattribuer des honnêtes travailleurs ne pas distribuer aveuglément à des immigrés ou je ne sais pas quoi
Merci Jean-Michel pour votre intervention vous êtes électeur RN je crois donc
Je l'ai quasiment jamais fait parce que je suis outré des langages
Mais vous allez le faire, je n'ai pas entendu le début de votre réponse vous allez le faire, c'est ça
Je vais le faire pour les européennes notamment, c'est vraiment un exemple type de la solide
C'est simplement pour que les choses soient claires d'où tu parles comme on disait avant Merci infiniment Jean-Michel pour votre intervention Jordan Bardella vous répond Merci monsieur pour votre question
et pour vos mots d'encouragement Écoutez, je pense que le défi climatique et la question environnementale est peut-être l'un des plus grands défis qui va se poser avec me semble-t-il l'augmentation de la démographie et l'immigration mondiale au 21ème siècle il faut discuter avec n'importe quel agriculteur pour se rendre compte que les questions de sécheresse et que le manque d'eau posent aujourd'hui des questions logistiques extrêmement concrètes à notre société Moi je combats l'écologie punitive qui est aujourd'hui le cœur de la politique environnementale qui est menée à Bruxelles qui vise systématiquement à punir à interdire parfois des produits alors qu'on n'a pas d'alternative au risque de dépendre et de renforcer nos importations Donc aujourd'hui un tiers de l'empreinte carbone de l'Union Européenne est lié à nos importations C'est 50% des effets des émissions de CO2 de la France qui sont liées à nos importations Par conséquent l'un des moyens de réduire l'empreinte carbone de l'Union Européenne sur la planète c'est précisément et je le dis depuis le début de cet entretien d'encourager la production nationale de recourir au circuit court pas exclusivement mais par l'encouragement par le patriotisme économique et la priorité dans nos marchés publics pour les gens qui produisent sur le sol européen et deuxièmement c'est le soutien à une énergie décarbonée je pense que le nucléaire est un atout français qui doit nous permettre demain de redevenir un paradis énergétique pour permettre à nos entreprises et aux familles françaises d'avoir une énergie pas chère décarbonée et je pense que les revirements d'Emmanuel Macron sur ce sujet ont eu des conséquences évidemment dramatiques au point de nous faire risquer les blackouts
à l'hiver dernier il faut s'en souvenir mais parlons aussi de votre bilan au parlement européen Jordan Bardella vous avez peut-être entendu Elodie Forêt dans le journal de 7h vos votes sont restés parfaitement alignés sur les grands lobbies industriels exemple le devoir de vigilance qui oblige les grandes entreprises à se doter d'un plan de transition climatique il y a un lobby patronal qui s'appelle Business Europe qui fait pression contre vous votez contre l'an dernier McDo s'oppose à la vaisselle jetable vous suivez McDo la marque de voiture de luxe Ferrari bataille pour freiner le passage au taux électrique vous vous abstenez pourquoi êtes-vous aussi perméable au lobby à Strasbourg quant à Paris vous prenez la décarbonation
vous avez déjà parlé avec un chef d'entreprise parce que vous voyez nous sommes aujourd'hui donnés en tête des intentions de vote chez les patrons et figurez-vous qu'il n'y a pas un seul chef d'entreprise qui se réjouit de voir ce qu'on appelle le reporting extra-financier c'est-à-dire la multiplication de contraintes de normes de paperasse administrative avec à l'intérieur des engagements sur le respect environnemental sur le respect de conditions sociales c'est tellement de paperasse aujourd'hui à remplir je parle du devoir de vigilance pour des chefs d'entreprise pour des chefs de TPE-PME pour des chefs d'ETI que aujourd'hui beaucoup passent plus de temps dans leur bureau à remplir de la paperasse sur la vaisselle jetable chez McDo pardon mais pourquoi ?
Premièrement deuxièmement les grandes boîtes deuxièmement les grandes boîtes monsieur elles ont la possibilité d'avoir des cabinets de conseil elles ont la possibilité d'embaucher des experts comptables pour remplir l'intégralité de ces paperasse les petites et moyennes entreprises n'ont pas cette possibilité par conséquent je me suis opposé à la directive sur le devoir de vigilance ça a été voté il y a quelques semaines au Parlement européen et je l'assume vous voyez ?
donc encore une fois trop de normes tuent notre activité et tuent nos entreprises moi je milite pour une pause réglementaire je milite pour l'arrêt de surtransposition qui sont contraires à nos intérêts et je pense qu'il faut déverrouiller les contraintes qui pèsent sur la croissance et ça passe par une énergie décarbonée par un nucléaire pas cher et évidemment par la simplification moi je ne dépends de personne je ne dépends d'aucun lobby je suis totalement libre et vous me parlez de McDonald's mon parti politique européen n'est pas financé par McDonald's contrairement contrairement à la LDE qui soutient la campagne de madame Hayé les macronistes au parlement européen vous faites un raccourci non non je ne fais pas de raccourci reçoivent des financements d'Amazon de Microsoft et de McDonald's donc eux dépendent de ces financements pas moi
notre auditeur parlait d'une forme de péréquation vers les petites retraites de sommes allouées disait-il aux immigrés sur ce point vous ne lui avez pas répondu c'est très clair aujourd'hui vous avez
vous arrivez en France de l'étranger vous avez plus de 65 ans vous bénéficiez je crois de 600 ou 700 euros de retraite minimum voilà je trouve que c'est injuste parce que il y a des millions de nos concitoyens de retraités qui ont travaillé très dur toute leur vie et qui aujourd'hui n'arrivent plus à joindre les deux bouts parce que leur retraite est trop petite et parce que les factures d'électricité ne cessent d'augmenter et en cela je trouve que la décision qui a été prise par monsieur Attal au 1er février d'augmenter de 10% une nouvelle fois les tarifs de l'électricité avant de renouveler une hausse de 10% des tarifs du gaz au mois de juillet est absolument inadmissible
la préférence nationale appliquée de façon systématique est contraire à la constitution c'est ce que dit Laurent Fabius qui préside le conseil constitutionnel est-ce à dire que si vous arriviez au pouvoir vous seriez anti-constitutionnel ?
non puisque monsieur Fabius fait non pas du droit mais de la politique et vous savez que nous souhaitons changer la constitution pour y intégrer la priorité nationale je vous donne un exemple très simple d'abord ce n'est pas une préférence nationale c'est une priorité nationale c'est à dire que dans l'accès au logement social et bien nous donnons la priorité aux familles françaises qui ont la nationalité française sans toute autre sans aucune autre condition cette priorité nationale pardon existe déjà dans la fonction publique aujourd'hui les emplois sont réservés aux citoyens de nationalité française je pense que dans la question du logement s'est instauré aujourd'hui une véritable préférence étrangère un tiers des immigrés selon l'INSEE occupe aujourd'hui un HLM ça permet à beaucoup de municipalités de faire du clientélisme moi je pense que le HLM est une aide sociale qui doit revenir d'abord aux familles françaises qui sont dans de grandes difficultés françaises sans aucune autre distinction que la carte d'identité française
une dernière question Jordan Bardella on est déjà très en retard sur les chiffres de l'antisémitisme en France Gabriel Attal était hier soir au dîner du CRIF il a parlé de déferlantes antisémites 366 faits recensés au premier trimestre soit 300% de plus sur un an réaction déjà à ce chiffre et à ce qu'il a dit de vous Rassemblement National ne nous laissons pas berner par le cynisme absolu de ceux qui disent soutenir les français juifs par réflexe anti-musulmans fin de citation Oui
Gabriel Attal comme Emmanuel Macron divise les français les oppose les uns aux autres moi je pense que la lutte contre l'antisémitisme est une cause qui devrait rassembler tous les français et mobiliser l'ensemble des moyens de l'état moi j'ai grandi dans un département la Seine-Saint-Denis où il n'y a plus beaucoup de français de confession juive qui d'abord qui habitent ou qui peuvent porter la kippa ça n'est pas la faute du Rassemblement National mais des islamistes que ce gouvernement fait entrer sur le territoire français et je pense aujourd'hui compte tenu de sa fermeté à l'égard de l'islamisme que le Rassemblement National est très certainement le meilleur bouclier pour les français de confession juive
Jordan Bardella merci d'avoir été au micro d'affaires il est 8h49
Jordan Bardella