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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 8 octobre 2025 7 min

"Je ne vois pas l'intérêt de l'interview de Sébastien Lecornu sur France 2"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Sébastien Lecornu

Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve.

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Présentateur

L'actualité, c'est bien sûr l'interview de Sébastien Lecornu à la télévision. Ce soir, il y a environ 210 députés, dit Sébastien Lecornu, qui veulent toujours une plateforme de stabilité avec des conditions à débattre pour le budget. Ils rajoutent, la France aura-t-elle un budget ? Tous les partis hors LFI et RN m'ont dit qu'il fallait un budget avant la fin décembre. En tout cas, quand on écoute Sébastien Lecornu ce soir, on a compris qu'il ne voulait plus d'une chose, c'est qu'il ne voulait plus retourner à Matignon. On écoute.

0:34
Sébastien Lecornu

Moi, j'ai présenté ma démission lundi matin. Je pense donc démontrer que je ne cours pas après le job, dans la mesure où j'ai démissionné. J'ai accepté de faire 48 heures dans des conditions qui ne sont pas que faciles. J'ai un côté moins de soldats, donc j'ai accepté évidemment la mission que le président m'a demandé. Ce soir, je considère que ma mission est terminée. Ce que je peux donc vous dire, c'est que je sens qu'un chemin est possible encore, il est difficile et j'ai dit au président de la République que les perspectives de dissolution s'éloignaient et que je pense que la situation permet pour le président de nommer un Premier ministre dans les 48 prochaines heures.

1:07
Présentateur

Arnaud Benedetti, vous me disiez pendant la pause publicitaire, en fait, il n'a rien dit. Il n'y a pas d'annonce, en fait.

1:13
Invité

Il dit qu'il y a 210 parlementaires pour former une coalition gouvernementale. Ça ne fait pas le compte. Si je fais mes calculs, ça ne fait pas le compte. Tout simplement, il reste exposé à une motion de censure à tout moment. Quand il nous dit qu'il y a une majorité à l'Assemblée nationale pour ne pas vouloir une dissolution, je rappelle que de toute façon, ce n'est pas à l'Assemblée nationale de savoir s'il faut une dissolution ou pas. C'est au président de la République. Donc, très objectivement, je ne crois pas qu'on ait beaucoup avancé.

Et je ne vois pas tellement l'intérêt de cette interview ce soir, si ce n'est finalement de donner le sentiment que, pour l'instant, on patine et qu'on l'éternise et qu'on ne trouve pas de solution.

1:47
Présentateur

Oui, à part de dire qu'il y a quand même cette majorité qui ne veulent pas d'une dissolution. Oui, peut-être. Oui, peut-être. Oui, peut-être. Oui, parce qu'il y a beaucoup de députés qui n'ont pas envie de retourner au feu. Pardon, je me corrige, c'est pas la majorité. Mais il y a environ 210 députés, dit Sébastien Léon, qui veulent toujours une plateforme de stabilité avec des conditions à débattre pour le budget. Oui, ça ne fait pas une majorité. Ça ne fait pas une majorité si on calcule.

2:13
Invité

Non, non, bien sûr que non.

2:15
Présentateur

Non, non, ça veut dire qu'il y en a 367 qui, soit pensent le contraire, soit les sans-opinion, comme on dit dans le sondage.

2:22
Invité

Qui peuvent voter une censure, en tout cas. Le président de la République a désormais en main la totalité du dossier. Il ne souhaite pas, si on a bien compris, il ne souhaite pas, lui non plus, dissoudre. C'est vrai que la première fois n'a pas été un franc succès, c'est le moins qu'on puisse dire. Donc il n'a pas envie de recommencer. Il met toujours des semaines et des semaines avant de prendre des décisions sensibles. Là, qu'est-ce qu'il souhaite, au fond, le président de la République, si je puis risquer cette interprétation ? Il veut essayer d'aller jusqu'au pouvoir, s'entend, à l'Élysée. Il veut aller au moins jusqu'au municipal du mois de mars, c'est ça ?

Après mars, les commentaires qui suivront, et s'engagera quasi immédiatement la campagne présidentielle. Et il se dit que peut-être les opposants le lâcheront un peu. On a vu depuis 48 heures que ses anciens premiers ministres ne le ménageaient pas. Il veut à tout prix aller au bout de son mandat. J'espère que ça ne va pas nous coûter une réforme des retraites. Toute l'Europe a traité sérieusement ce dossier. On en est incapables. On pensait que le président de la République allait s'échiner à garder cette réforme qui lui a tant coûté. J'en suis moins sûr ce soir. J'espère me tromper. Mais sincèrement, si on bricole encore la réforme des retraites, là on est mal parti.

3:47
Présentateur

En tout cas, parce qu'on parle alors que Sébastien Lecornu continue de parler à la télévision dans son interview. Il lit d'autres choses. Il y a une autre chose sur laquelle il est revenu. Sur la suspension de la réforme des retraites. Oui. Qu'a éventualisé, ça existe éventualisé, envisagé, Mme Borne dans le journal. Oui. Voilà ce qu'il dit. On ne peut pas être dans un déni démographique, mais il faut être sourd pour ne pas entendre qu'il y a une blessure démographique. Alors ça c'est dû en même temps copier-coller du président de la République. Il s'est installé, dit M. Lecornu, l'idée qu'il n'y a pas eu de vote. Ça c'est le 49-3. Ce n'est pas complètement vrai.

Ce que je crois, c'est que c'est une source de blocage. Il y aura un débat pour la prochaine présidentielle. Il faudra trouver un chemin. Tout à l'heure, Maël Hassani me faisait remarquer que dans les gestes et dans les expressions, il est très proche du président. C'est vrai. Il faudra trouver un chemin. Je n'ai pas ouvert le débat. Je dis juste qu'entre suspendre et dire circuler, il n'y a rien à voir. C'est difficile. Et puis, quand on l'interroge sur les holdings, il dit, je ne peux pas parler du budget, j'ai démissionné. Aucun budget n'a été présenté. Il faut que la crise se dénoue.

5:01
Invité

On est mal parti. Pour l'instant, ce qu'on constate, c'est que surtout, ce qu'on constate, c'est que la crise n'est pas dénouée en la matière. Parce que si quelqu'un comprend ce que veut dire le Premier ministre, si ce n'est qu'il n'a pas finalement trouvé de solution dans les 48 heures qui viennent de s'écouler, que finalement, d'une certaine façon, il met le président de la République face à ses responsabilités, et je ne suis pas sûr que le président de la République ait à ce stade les moyens de sortir de la situation dans laquelle il a mis finalement le pays,

5:34
Présentateur

parce que c'est quand même la dissolution qui est responsable de ce contexte. Écoutez justement Sébastien Lecornu sur les retraites.

5:41
Sébastien Lecornu

À la fois, c'est une source de blocage. Regardez la fin du conclave, CFDT, CFTC, MEDEF. C'est une source de blocage au Parlement. On aura bien du mal à dire qu'il ne faut pas qu'il y ait un débat. En tout cas, je l'ai dit au président de la République, il faudra trouver un chemin pour que le débat ait lieu sur la réforme des retraites.

5:56
Présentateur

Ça va coûter combien à la France si on suspend la réforme borne ?

6:00
Sébastien Lecornu

Pas moins de 3 milliards d'euros en fonction du périmètre de ce qui peut être suspendu en 2027. Donc c'est quand même une somme qui est considérable. C'est pratiquement 0,1% de notre PIB.

6:10
Invité

En fait, il ne veut pas s'associer non plus, monsieur Lecornu, qui connaît et qui fréquente depuis longtemps le président de la République, et qui le connaît bien. Je crois qu'il y a une entente amicale très forte entre les deux. Mais je crois que là, la messe est dite. Et je pense qu'il ne va pas très loin, même sur la réforme des retraites, puisqu'il semble suggérer un débat. Ça veut donc dire un projet de loi qui modifiera la réforme des retraites telle qu'elle a été votée dans les conditions qu'on connaît. Donc on n'est pas sortis de l'auberge. Le président de la République, plus que jamais, va devoir tout seul désormais, éventuellement nommer un Premier ministre.

S'il nomme un socialiste dans un pays où la dernière candidate du PS a dû faire moins de 2% des voix, ça va quand même secouer très fort. Et si j'ai bien compris, sur les retraites aussi, ça va secouer très fort. La crise n'est pas terminée, loin s'en faut.

7:04
Présentateur

Ce qui est assez impressionnant, c'est que cette interview, elle continue. Il y a 20h38, il continue son dialogue avec notre consœur Léa Salamé. Et c'est pas pour rien dire, mais on y est presque.