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interviewC dans l'air· 29 mars 2024 9 min

Gabriel Attal vole au secours du proviseur du lycée Maurice Ravel - Reportage #cdanslair du 28.03.24

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Concentré, le point fermé, Gabriel Attal est venu sur le plateau du JT avec un message à faire passer.

0:08
Invité

L'État, l'institution sera toujours aux côtés de ces agents, de ceux qui sont en première ligne face à ces atteintes à la laïcité, face à ces tentatives d'entrisme islamiste dans nos établissements scolaires.

0:21
Présentateur

La mise au point d'un ancien ministre de l'éducation qui a fait interdire le port de l'Abaïa à l'école. Celle d'un premier ministre aussi, bien obligé de réagir après des menaces de mort perpétrées contre un proviseur de lycée. L'affaire remonte à fin février dans cet établissement parisien. Le proviseur demande à une élève de retirer son voile. Elle refuse. S'en suit une altercation dont il est difficile de connaître tous les détails. Très vite, l'affaire s'emballe sur les réseaux sociaux. Le proviseur reçoit des menaces de mort. Il annonce finalement quitter ses fonctions en début de semaine. Un départ pour raison de sécurité, selon un message adressé aux parents, élèves et enseignants.

Le rectorat, lui, évoque des convenances personnelles et une retraite anticipée. Il a été décidé, au vu des événements qui ont marqué ces dernières semaines, de lui accorder en accord avec la direction de l'Académie de Paris un départ anticipé. La formule édulcorée témoigne-t-elle d'un malaise sur le sujet ? Les faits, en tout cas, sont là. Les élèves rencontrés hier devant le lycée regrettent le départ de leur proviseur, mais sont plus ambiguës sur la question du port du voile au sein de l'établissement.

1:31
Invité

Moi, personnellement, je serais d'accord parce que je suis musulman. Ça ne me dérangerait pas et ça ne dérangerait personne, en fait. Qu'une femme musulmane porte le voile, je ne vois pas pourquoi ça dérangerait. Après, chacun a son avis, mais...

1:41
Présentateur

Ça ne dérangerait pas au principe de laïcité dans l'École ?

1:44
Invité

Si, certainement, mais je ne sais pas trop, en fait. La personne qui porte le voile, elle fait ça pour sa religion, mais non pas pour être en dehors des règles de l'établissement. Elle ne fait pas ça pour attirer l'attention ou autre. C'est vrai. C'est vrai, c'est vrai. En fait, ce n'est même pas que le voile qui pose problème, c'est tout. C'est les robes longues, les pulls longues, les pantalons larges, les jupes longues. C'est tout. Il faut faire attention parce que sinon, c'est de la provocation. Et au final, c'est les élèves qui en payent les conséquences. Et du coup, moi, je trouve ça dommage.

2:21
Présentateur

Aucun professeur, en revanche, n'a souhaité s'exprimer. Preuve, s'il en fallait encore une, que certains sujets sont difficiles à aborder.

2:29
Invité

Bien sûr que les enseignants ont peur de déraper, ont peur qu'un cours se passe mal, que des propos soient mal compris ou mal interprétés. Je pense que certains enseignants s'autocensurent, oui, sur certains sujets. Aborder la Shoah, par exemple, aborder le conflit du Moyen-Orient, il y a des sujets qui sont plus compliqués. Une affaire qui prend une tournure politique.

2:57
Présentateur

Gabriel Attal cible l'opposition, notamment la députée LFI, Daniel Simonnet. Accusée d'avoir relayé sur X un témoignage de la lycéenne de Maurice Ravel, depuis remise en cause, dans lequel elle indiquait avoir été frappée par le proviseur.

3:10
Invité

Ces accusations qui ont ensuite été relayées sur les réseaux sociaux, et je le dis ici, y compris par certains élus, je pense notamment à une députée de la France Insoumise, ont donné lieu à des menaces de mort à l'endroit de ce proviseur. C'est tout simplement inacceptable et inadmissible.

3:25
Présentateur

Le Premier ministre a annoncé que l'État allait porter plainte contre les lèvres impliqués pour dénonciations calomnieuses. Agir vite et fort, pour éviter aussi que l'histoire se répète. En octobre 2020, Samuel Paty était également visé par des menaces de mort. Ce matin, sa sœur témoigne.

3:45
Invité

De quoi est mort votre frère ? Comment vous qualifieriez les choses ? D'un abandon. D'un abandon. Le fait d'attendre, de savoir s'il allait se passer quelque chose, c'est une somme de lâcheté qui fait qu'on cumule. Donc effectivement, on a un terroriste qui va agir. On a une mouvance islamiste derrière, qui a activé tout ce qu'il pouvait pour faire monter la sauce. Mais on a également ceux qui auraient dû le protéger.

4:13
Présentateur

Dans l'affaire Maurice Ravel, force est de constater que les choses sont allées plus vite. L'enquête sur les menaces de mort visant le proviseur a déjà abouti à l'arrestation d'un jeune homme de 26 ans sans lien avec l'établissement. Il doit être jugé le 23 avril à Paris.

4:29
Invité

Juste un mot avec vous, Guillaume Darès, sur cet axe pris par Gabriel Attal hier soir sur ce sujet-là. J'allais dire que c'est un marqueur pour lui. C'est constitutible de son identité politique. Comme le disait Anne, il y a eu l'Abbaya quand il était ministre de l'Éducation nationale. C'est ce qu'il revendique et son entourage. C'est un peu le langage de communiquant, mais ce qu'ils appellent la parole performative. C'est-à-dire qu'effectivement, on prend une décision et immédiatement, les Français voient dans leur vie quotidienne un changement. Ils estiment que c'est la façon justement d'essayer de lutter contre ce sentiment des Français.

De toute façon, la politique, ça ne sert plus à grand-chose et que ça ne change plus leur vie quotidienne. Donc, sur cette question de la laïcité, il veut vraiment tenir la ligne qu'il a prise lorsqu'il était au ministère de l'Éducation nationale. Il restera très ferme là-dessus. On voit qu'il se déplace très souvent lorsqu'il y a ce type d'incident. Son entourage nous fait savoir qu'il a passé un coup de fil à tel proviseur ou tel professeur quand certains ont été agressés. Il va continuer. Et sur le plan politique, on voit aussi qu'il avait essayé de conserver, vous savez, le ministère de l'Éducation nationale quand il a pris la rue de Varennes. Ça ne lui a pas été accordé.

Il est quand même aussi un peu ministre de l'Écune. Ce sont ses convictions ? Moi, je pense que ce sont ses convictions personnelles. Là où on a un peu plus de difficultés à savoir depuis 7 ans quelles sont les convictions exactes d'Emmanuel Macron sur cette question de la laïcité. Sur cette question-là, Gabriel Attal semble plus clair que le président de la République. Sur la ligne dure, en tout cas, cette question de Robin. Pourquoi est-ce au proviseur de prendre sa retraite ? L'État est-il incapable d'assumer sa sécurité ? Indre Zancher.

5:59
Gabriel Attal

Je crois que, heureusement que l'État, normalement, devrait être capable d'assurer sa sécurité. Mais il me semble, pour l'instant, il n'a pas parlé, ce proviseur, mais qu'il a renoncé face à l'angoisse, face au nombre de menaces de mort. Il a pris sa retraite anticipée. Et quelque part, chacun doit pouvoir se mettre à sa place. Bien sûr, personne ne juge sa décision. Ça doit être extrêmement difficile à vivre. Et ça l'est d'autant plus, je pense, qu'on ne mesure pas assez le trauma Samuel Paty chez les professeurs et les proviseurs. On a un peu trop vite parlé de résilience. Vous savez, on a toujours tendance à vouloir tout dire « Non, mais finalement, c'est bon, on s'est remis, le choc, là.

» Non, je veux dire, la trouille s'installe, bien évidemment, parce qu'à partir du moment où vous connaissez la mécanique terrible qui a mené à la décapitation de Samuel Paty, c'est-à-dire une polémique de ce genre-là, en plus, pareil avec une élève qui ment au départ et qui après part sur les réseaux sociaux sans flamme et à la fin, ça arrive dans la poche de la mauvaise personne, eh bien, c'est évident que la trouille s'installe. Donc, si vous voulez, moi, c'est ça qui me désespère un peu aujourd'hui, même si, bien entendu, je pense qu'il faut aller de l'avant.

7:16
Invité

– Là, pardonnez-moi, l'État n'a pas failli, c'est-à-dire que le rectorat s'est emparé du sujet, la ministre de l'Éducation s'est rendue dans l'établissement, il y a eu des signalements, il y a eu des interpellations, notamment de jeunes qui avaient véhiculé des menaces de mort sur les réseaux sociaux.

7:39
Gabriel Attal

Là, pour le coup, l'État n'a pas rien fait. – En effet, pas de ce qu'on sait, après, peut-être qu'un jour, il y aura des interviews du proviseur qui nous expliquera si… – Qui s'est senti seul, oui. – Ça, je ne sais pas, je ne veux pas préjuger, mais ce qui est sûr, c'est que je pense qu'il faut qu'on fasse attention à avoir l'impression que les électrochocs successifs, en fait, nous font avancer, ça n'est pas vrai. Au contraire, les électrochocs successifs, nous, on a l'impression d'une prise de conscience générale, mais en fait, la seule chose que ça fait, c'est que ça fait avancer la trouille, voilà.

Parce que, quand vous avez, finalement, un proviseur qui est amené à prendre sa retraite anticipée parce qu'il a fait l'objet d'un bad buzz et puis de menaces de mort, etc., eh bien, je pense que, oui, les islabistes gagnent cette partie-là.

8:27
Invité

– Ils ont gagné, vous considérez, dans ce dossier-là ?

8:29
Gabriel Attal

– Quelque part, c'est lui qui a démissionné, qui a pris sa retraite anticipée. Ça veut dire que, pour l'instant, nous ne sommes pas dans une société qui permet de rassurer assez pour se sentir en sécurité. – Jean-Garie, la jeune fille, a quitté l'établi.

8:42
Locuteur

– Merci. – Merci.

Gabriel Attal vole au secours du proviseur du lycée Maurice Ravel - Reportage #cdanslair du 28.03.24 — Gabriel Attal · Pourquijevote