Simon Abkarian sur de Gaulle, l’homme seul qui a sauvé l’honneur
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La France n'a pas capitulé. Vous n'êtes pas la France. C'est une figure [musique] qui compte le général de Gaul.
Pour nous, c'est l'homme qui a sauvé l'honneur de la France, ce qui n'est pas rien. Il vous demande de vous élever parce que la cause est noble. La France n'est pas un enfant, monsieur le président. [musique] Elle a toujours continué à se battre.
Mais c'est sa solitude surtout qui m'a qui m'a frappé. Je ne savais pas que c'était à ce pointl quoi. Le mot patrie, c'est pas un gros mot. [musique] Ros compte occuper la France, l'amputé.
En quelques mots, c'est un homme seul qui refuse le réel, qui refuse la capitulation de la France et qui décide de de s'y opposer et de continuer de reprendre les âmes comme il dit de ramasser le tronçon du glève et de continuer le combat. C'est un film d'aventure en fait. C'est un film d'aventure dont les personnages sont personnes et qui vont devenir des héros.
Qu'est-ce que vous saviez du général de Gaulle avant le tournage ? Quel quelle quelle grande idée vous aviez de lui ? Bah à la maison, mon père de en parler, enfin c'est c'est une figure importante pour nous.
Mon père est d'arménien donc et du Liban mais au Liban, c'est une figure qui compte. Le général de Gaulle pour nous, c'est l'homme qui a sauvé l'honneur de la France, ce qui n'est pas rien. Et vous en avez appris quelque chose après le tournage ?
Beaucoup. Beaucoup. De quoi par exemple ?
Bah, je ne savais pas qu'il était aussi seul. Qu'il était aussi seul et démuni et raillé et baladé un peu au début entre les Anglais, les Américains. Je ne savais pas qu'il était condamné à mort. est déchu de sa nationalité, mais c'est sa solitude surtout qui m'a qui m'a frappé.
Je ne savais pas que c'était à ce point-là quoi. De ce que j'en ai vu dans dans ma tentative de l'incarnation que j'en ai faite, c'est quelqu'un qui est intègre d'un courage physique et politique sans faille, d'une probité et d'une érudition surtout. C'est quelqu'un qui qui quand il parle, quand il écrit m'élève parce que c'est pas binaire, c'est pas c'est pas réduit, c'est pas comment dire, c'est pas tweeté. vous montrer un de Gal qui pleure ou en tout cas qui se retient parfois de pleurer mais qui pleure quand même qui a des doutes.
Est-ce que c'est pas d'une certaine façon exagéré pour le rendre un peu plus sympathique ? Non. Euh non.
Euh je je sais très bien à quoi à quoi vous faites allion. C'est quand Kenig décide de de ne pas se rendre avec ses légionnaires. Et je me souviens d'avoir reçu cette nouvelle et d'avoir eu cette émotion là.
Et figurez-vous que il y a pas plus tard que 3 jours je parce que moi je continue mes recherches. Même si j'ai fini, j'ai pas fini, c'est quelque chose qui me travaille. Et il y avait un documentaire qui disait que quand il a appris cette nouvelle, il s'est enfermé dans son beureux, il a pleuré.
Donc non, bien sûr, c'est quelqu'un les héros pleurent pleurent la grandeur, il pleure devant la beauté, devant l'acte courageux de de Kenig et de ses légionnaires. Lui rendre son humanité, sa palette entière de de personnages qu'il a été, c'est-à-dire avec ses doutes, ses colères, sa fermeté, sa mauvaise foi, sa sa stratégie. Mais tout ça, tout ça animé par une seule chose, l'amour l'amour de la France.
C'est-à-dire saurait s'adulciner qu'à la France. Vous aviez dit que le que le mot France vous serrait la gorge quand vous [grognement] l'entendez, quand vous le lisez. Pourquoi était si important alors pour vous de jouer de Gaul ?
Je l'ai pas décidé moi de jouer de Gaul, on me l'a proposé. Je connais la le perdu, je sais ce que c'est. et la sidération de de la des Français à ce moment-là de voir l'ennemi marcher dans ce dans ses foyers, dans ses rues jusqu'à jusqu'à défiler sous sous l'Arc de Triomphe.
Euh ça doit ça vous a rappelé quelque chose en particulier par exemple sur votre histoire dans votre inconscient, vos parents ? Forcément, puisque je suis arménien et en plus je suis libanais. Donc je vais pas redire l'actualité qui qui est en train de se dérouler en ce moment.
Euh ce qui est en train de s'abattre sur le Liban, on vit la même époque. C'est la même époque 40, c'est pas on dit souvent mais ça c'était avant les gens parlent différent. Non, c'est la langue qui s'est éée, donc la pensée qui s'est éolée.
J'entends personne qui me tire vers le haut. J'entends mon j'entends qui me tire vers le bas. Ça c'est sûr.
C'est le contraire absolu. Il vous demande de vous élever parce que la cause est noble. C'est un homme seul qui crie dans le désert, qui est debout et et qui est animé de son de son voilà de cette de sa mission qu'il s'est- donné.
Il y a de la verticalité là-dedans. Il y a du sacré là-dedans. C'est pas seulement un type qui se lève qui dit "Je vais sauver mon pays." Nous, les héros euh ils sont accrochés à nos murs.
Les héros arméniens de Gaul, enfin ils sont ils sont accrochés à nos murs euh à dans la maison de mes ancêtres. C'est c'est des gens qu'on révè, c'est des gens qui sont à mi-chemin entre le temporel et le divin. Sylvain Tesson, l'écrivain disait "La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer." Est-ce que euh vous qui êtes un français d'origine étrangère, d'origine arménienne et libanaise, est-ce que d'une certaine façon pour mieux faire aimer la France ou mieux faire aimer son histoire, en tout cas prendre conscience qu'il y a des grands hommes comme de Gaulle qui se sont levés à un moment où ils étaient seuls et dans un dans un moment tragique ?
Est-ce que il faut être français d'origine étrangère d'une certaine façon, peut-être étranger même pour comprendre ce que dit Sylvain Tesson avec cette phrase ? Il faut avoir voyagé pour faire aimer son histoire. Mais je pense qu'il faut avoir voyagé.
Quand je suis arrivé en France en 76, enfin je suis revenu en France en 76. Pour nous le mot patrie, c'est pas un gros mot pour les Arméniens. C'est le drapeau, c'est pas quelque chose qui qui définirait une appartenance politique plutôt qu'une autre.
C'est pas du tout le cas. Et quand je suis arrivé en France, j'étais surpris de ça. Par exemple, on avait un prof qui était maoïste et il nous il nous faisait asseoir en cercle.
Il avait, je me souviens, mis des photos à qu au sol, un couple qui s'embrasse, la nature, des cuisines, un cuisinier qui fait la cuisine et plein de photos comme ça, il y avait une vingtaine de photos. Il y avait un défilé militaire. Moi, j'ai pris celle-là et tout le monde m'a m'a traité de fachot.
Moi, je je savais pas ce que c'était. J'arrivais de France, je savais pas ce que c'était la gauche, l'extrême gauche, pas la gauche, l'extrême gauche. Et après, j'ai dit pourquoi j'ai j'ai choisi cette photo là ?
Parce que j'ai dit, si nous à cette époque on avait eu une armée, on on aurait pu défendre nos frontières et faire que l'Arménie soit voilà toujours la nôtre. Pas besoin d'aller, comme certains le disent en Corée du Nord pour comprendre la beauté de ce pays. Juste voyager, sortir un petit peu, revenir et voir que c'est un pays formidable de part d'ailleurs sa géographie, son histoire, son terroir, sa folie, sa diversité, son accueil, son intelligence, sa tolérance. euh sa fermeté politique selon qui est au pouvoir euh et sa voix dans dans le monde.
Moi, il y a des gens au Liban, même en Arménie, même en Inde, j'en ai rencontré qui me citait du musée. Le le problème et qui est un beau problème, c'est que De Gaul se bat pour la prospérité de la France qui le devient, qui est aujourd'hui une prospérité prospérité, on va dire relative, mais prospère néanmoins. Et la prospérité engendre l'oubli.
On se dit tout va bien et c'est vrai tout va bien. Nos frontières sont protégées. Nous sommes assis au au à la table de des Nations- Unies au Conseil de sécurité.
Nous avons une arme de dissuasion qui est pas des moindres qui est l'arme atomique et cetera et cetera. Et et la prospérité fait que de temps en temps, on s'assoit dans le confort et on oublie son histoire. Et parfois, malheureusement, il faut que le danger revienne guetté à votre porte, que l'os couteau atteigne le pour se dire tout d'un coup, je parlais avec un militaire français qui était conseillé sur le film, il disait euh il si demain il y a une force étrangère, ça va rentrer comme dans du beurer.
Je dis oui et non parce que la guerre aussi ça s'apprend vite. Combattre ça se réapprend vite. Je l'ai vu au Liban. [musique] Il se peut que je sois un obstacle à l'avenir de la France.
M.
Charles de Gaulle