Le Planning familial de Grenoble fête ses 70 ans
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Questions et réponses
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Est-ce que vous diriez que l'histoire du planning familial est connue des jeunes générations ?
- 3:21OuverteRéponse directe
Vous le disiez, un accueil gratuit qui repose essentiellement sur des financements publics. 84% des financements du planning familial sont publics. Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez suffisamment de moyens pour agir sur tous les fronts ?
- 4:13OuverteRéponse directe
Dans un contexte budgétaire très contraint, vous avez des inquiétudes pour l'avenir du planning familial ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51PrésentateurChiffre
« on est la plus grosse association départementale du planning national, avec plus de 70 salariés. »
- 1:07PrésentateurFait
« Nos missions, elles sont autour de la contraception, de l'avortement, l'IVG, de la vie affective et relationnelle, du vécu des violences. »
- 3:27InvitéChiffre
« 84% des financements du planning familial sont publics. »
- 3:58PrésentateurFait
« On avait alerté là-dessus en 2025. On avait dit qu'en 2027, ce serait un tournant financier pour l'association. »
- 4:26PrésentateurChiffre
« En Isère, on a cette particularité d'être beaucoup, beaucoup de salariés. »
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On va nous permettre, Noémie Philippot, de célébrer un anniversaire. Celui du planning familial créé en 1956, d'abord sous le nom de la Maternité Heureuse. Il fête ses 70 ans cette année. On en parle avec Léa Delahaye, chargée de communication du planning familial en Isère. Bonjour. Bonjour. Merci de m'inviter. Quand on parle du planning familial en Isère, on parle de ses racines, puisque c'est à Grenoble que le premier accueil du planning familial a ouvert au public. Et aujourd'hui,
on
parle de l'antenne la plus importante du mouvement en France, c'est ça ?
Oui, c
'est ça.
Alors
au début, effectivement, c'était un seul centre ouvert au public en 1961. Et en fait, l'association a grandi. Et maintenant, on a 7 centres sur l'Isère, notamment dans le Nord-Isère, à Grenoble, à Échirol, à Villarbonneau. Et du coup, une association qui coordonne le tout. Donc maintenant, oui, on est la plus grosse association départementale du planning national, avec plus de 70 salariés.
Et
avec des missions autour de la santé sexuelle, rappelez-le-nous, parce qu'on entend souvent parler du planning familial. Certains oublient peut-être un petit peu quelles sont vos missions.
Absolument. Alors nos missions, elles sont autour de la contraception, de l'avortement, l'IVG, de la vie affective et relationnelle, du vécu des violences. Voilà, du suivi gynéco aussi, on ne sait pas forcément qu'on peut venir au planning pour ça. Suivi de grossesse, parentalité, problème de couple. Voilà, c'est très large autour de la santé sexuelle, affective et relationnelle.
Alors qu'au départ, c'était concentré sur le droit à l'avortement, la contraception. Vous le disiez, aujourd'hui, on parle d'actions très larges. Ça a évolué au fil de l'histoire du planning familial, avec la lutte aussi pour le droit des personnes LGBTQIA+. C'est ancré dans les évolutions de la société, finalement ?
Oui, c'est ça. Effectivement, on a commencé ce mouvement avec la lutte pour le droit à la contraception. L'IVG est venu quelques années plus tard, au début des années 70. Et puis, au fil des transformations de la société, le mouvement du planning s'est adapté et a mis des points d'orgue à accueillir toutes les personnes. Et donc,
c
'est vrai qu'effectivement, depuis les années 2000-2010, on a beaucoup de campagnes autour de l'accueil inclusif des personnes LGBTI. Mais comme de la même manière que dans les années 80, on est devenu un mouvement féministe qui a lutté contre les violences faites aux femmes. Dans les années SIDA, VIH, on a beaucoup dénoncé la sérophobie, etc. Donc voilà, on parle de notre temps aussi.
Est-ce que vous diriez, Léa Delahaye, que l'histoire du planning familial est connue des jeunes générations ? Ou est-ce qu'il y a justement tout un travail à faire pour mieux connaître le mouvement
? Alors,
il n'est jamais assez connu, puisque je pense que pas suffisamment de personnes savent que c'est un lieu gratuit, confidentiel, où on peut venir comme on est pour parler de nos problèmes. Mais par contre, chez les jeunes, grâce notamment aux séances d'éducation à la sexualité dans les collèges, les lycées, les écoles, il y
a
quand même de plus en plus de jeunes qui nous identifient. Donc ça, c'est une bonne chose. Et puis aussi sur les réseaux sociaux, on a aussi toute une présence à défendre sur le numérique. Mais voilà, je pense que c'est quand même un mouvement qui est assez connu de la part des jeunes, en tout cas, je l'espère.
Vous le disiez, un accueil gratuit qui repose essentiellement sur des financements publics. 84% des financements du planning familial sont publics. Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez suffisamment de moyens pour agir sur tous les fronts
?
Non. Effectivement, on aura toujours besoin de plus de moyens. Ça fait des années qu'on a atteint notre capacité maximum d'action, de personnes à rencontrer, à sensibiliser, à soigner. Et donc là, aujourd'hui, si on veut pouvoir faire plus, il nous faut plus de moyens. Et on est aussi dans une situation financière très compliquée, notamment liée à la prime Ségur. On avait alerté là-dessus en 2025. On avait dit qu'en 2027, ce serait un tournant financier pour l'association, parce qu'on n'a plus la trésorerie suffisante pour assurer le versement de cette prime Ségur que l'État nous oblige à verser. Voilà. Dans
un
contexte budgétaire très contraint, vous avez des inquiétudes pour l'avenir du planning familial ?
Absolument. Oui,
oui.
Alors, c'est le cas dans plein de plannings départementaux. On n'est pas les seuls. Mais en Isère, on a cette particularité d'être beaucoup, beaucoup de salariés. Donc, on a une énorme masse salariale. Et donc, notamment, la prime Ségur pèse très lourd. Et les subventions n'augmentent pas de la part de nos financeurs principaux, enfin, les financeurs publics principaux. Ça n'augmente pas depuis des années. Donc là, on commence à avoir vraiment du mal à joindre les deux bouts. Donc, on est inquiète pour la suite, oui.
Vous fêtez, malgré ce contexte difficile, les 70 ans du planning familial demain à la correspondance à Grenoble. Un petit mot, peut-être des animations
?
Alors, ça sera une journée grand public de 14h à 23h30 avec des tables rondes sur l'IVG, sur l'éducation à la sexualité, des spectacles, des concerts, DJ sets. Voilà. Donc, un moment pour célébrer nos luttes qui nous unissent depuis 70 ans et puis aussi se retrouver, s'amuser, se détendre un peu avant la suite, justement.
Merci beaucoup, Léa Delahaye, chargée de communication du planning familial en Isère, pour parler donc des 70 ans du mouvement. Bonne journée et bon anniversaire.
Merci.