Sébastien Chenu : "En France, on peut aujourd'hui mourir pour un regard !" (CNEWS)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:06OuverteRéponse directe
L'actualité, ce sont ces deux individus, deux mineurs, 16-17 ans, avec un pédigré judiciaire édifiant, qui ont été interpellés pour l'agression mortelle d'Elias. De quoi tout cela devient-il le signe, le symbole, selon vous ?
- 1:46FerméeRéponse directe
Tout changer, renverser la table, tout refaire et détricoter la justice des mineurs, et aujourd'hui aller vers l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans, comme vous le demandez ?
- 2:30OuverteRéponse directe
Sébastien Chenu, quand le Premier ministre François Bayrou dénonce, dit-il, une violence adolescente et un sentiment d'impunité.
- 3:01RelanceRéponse directe
Ce sont des mineurs, en tout cas les suspects, sont multi-délinquants, multi-réitérants, comme on dit. Est-ce qu'il faut interroger, est-ce que vous y arrivez jusqu'à dire, il faut maintenant interroger la responsabilité des juges qui les ont mis en liberté ?
- 3:14RelanceRéponse partielle
Pourquoi elle n'est pas appliquée ? Donc la loi, dans un certain cas, elle est là ?
- 3:55FerméeRéponse directe
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il n'y a pas les moyens pour des multirécidivistes de les garder en prison ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueFait
« on peut aujourd'hui, en France, mourir pour un portable, pour une cigarette, pour un regard. »
- 1:05Invité politiqueChiffre
« Nous sommes confrontés à une hausse très forte sur les 20 dernières années, on va dire, de la délinquance des mineurs, extrêmement forte, avec des taux de récidive très très forts également »
- 1:56Invité politiqueFait
« il faut faire en sorte que, sacraliser les atteintes physiques dans notre droit, c'est-à-dire que vous touchez à quelqu'un physiquement, vous irez en prison. »
- 2:11Invité politiqueFait
« il faut revoir évidemment l'excuse de minorité, il faut revoir la majorité pénale »
- 2:35Invité politiqueFait
« Mais ce n'est pas un sentiment, il y a de l'impunité. »
- 2:51Invité politiqueFait
« on sait que les mineurs, il y a deux types d'audience. Il y a d'abord l'audience de culpabilité et ensuite il y a l'audience de peine. »
- 4:00Invité politiqueFait
« il nous faut, comme on le fait dans certains pays du Nord, des peines courtes, immédiates, adaptées dans des centres adaptés. »
- 4:39Invité politiqueFait
« Il faut enfermer des jeunes qui sont extrêmement violents, qui sont récidivistes et qui sont des menaces pour la société. »
- 5:27Invité politiqueFait
« Il y a évidemment des sanctions auprès des familles sur lesquelles il faut travailler. »
- 6:01Invité politiqueFait
« tout le monde fait les mêmes constats, s'arrange pour penser, grosso modo, pour déplorer les mêmes choses. L'action n'est pas suivie. »
- 7:48Invité politiquePromesse
« Quand vous êtes entrés illégalement, quand vous vous maintenez illégalement sur les territoires français, vous n'aurez avec nous jamais la possibilité d'être régularisés. »
- 10:11Invité politiqueChiffre
« Non, on est en train de payer la facture de leur nullité depuis qu'ils sont aux commandes. Ça fait 7 ans. 3 000 milliards d'euros de dettes supplémentaires. »
- 10:26Invité politiqueFait
« Demain, c'est la politique du Green Deal. C'est-à-dire ces contraintes supplémentaires à une politique de décroissance imposée par l'Union Européenne qui va ruiner notre industrie automobile. »
- 11:28Invité politiqueFait
« Quand je vois que le rabot va être passé partout, les yeux fermés. »
- 11:46Invité politiqueChiffre
« Par exemple, il y a 640 millions d'euros en moins sur la recherche. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu70 %
- Présentateur30 %
≈ 7,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour à vous Sébastien Chenu.
Bonjour Madame.
Et bienvenue à la grande interview sur CNews Europe 1, député du Nord et vice-président du RN. L'actualité, ce sont ces deux individus, deux mineurs, 16-17 ans, avec un pédigré judiciaire édifiant, qui ont été interpellés pour l'agression mortelle d'Elias. L'un d'eux aurait avoué avoir porté le coup mortel, selon les informations du Figaro. Elias est une victime, évidemment, innocente de plus, une victime encore tuée à l'arme blanche. De quoi tout cela devient-il le signe, le symbole, selon vous ?
D'abord, moi je veux penser à Elias, à sa famille, à ses parents. Ça nous brise le cœur de voir un jeune qui perd la vie. Jordan de Bardella, Marine Le Pen l'ont dit depuis longtemps, nous l'avons dit depuis longtemps, on peut aujourd'hui, en France, mourir pour un portable, pour une cigarette, pour un regard. Et c'est inadmissible, ça dit tout du délitement de notre société. On a parlé, évidemment, d'une société de violence, de conflit, mais ça dit aussi l'effondrement des autorités, des repères. Et cet effondrement, il ne vient pas de nulle part, parce qu'à quoi sommes-nous confrontés en la matière ?
Nous sommes confrontés à une hausse très forte sur les 20 dernières années, on va dire, de la délinquance des mineurs, extrêmement forte, avec des taux de récidive très très forts également, à des statistiques qui ne sont pas fiables. Donc comment aborder les problèmes, comment les traiter sur le fond lorsque les statistiques ne sont pas fiables ? À des moyens aussi qui ne sont pas très bien orientés, parce que ces moyens sur la justice éducative, ils sont très mobilisés sur les mineurs non accompagnés, qui évidemment submergent nos départements. Et donc, s'ils sont mobilisés sur les mineurs non accompagnés, ils ne sont pas mobilisés sur d'autres formes de justice éducative.
Donc on a évidemment aujourd'hui une problématique de justice des mineurs, mais qui se répètent à l'envie.
Tout changer, renverser la table, tout refaire et détricoter la justice des mineurs, et aujourd'hui aller vers l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans, comme vous le demandez ?
Oui, mais pas seulement. D'abord, je pense qu'il faut faire en sorte que, sacraliser les atteintes physiques dans notre droit, c'est-à-dire que vous touchez à quelqu'un physiquement, vous irez en prison. Et donc il faut revoir évidemment l'excuse de minorité, il faut revoir la majorité pénale, ce sont des choses sur lesquelles, j'allais dire, presque l'entièreté de la classe politique peut s'entendre, sauf l'extrême-gauche qui trouvera toujours une raison de ne pas le faire. Mais ça fait 7 ans que le président de la République est élu, ça fait des années que les mineurs multirécidivistes continuent à...
On va de drame en drame, de fait de société en fait de société. Sébastien Chenu, quand le Premier ministre François Bayrou dénonce, dit-il, une violence adolescente et un sentiment d'impunité.
Mais ce n'est pas un sentiment, il y a de l'impunité. Si François Bayrou, qui est quand même un vieux leader politique, n'est toujours pas capable de voir que ce n'est pas un sentiment, mais que c'est une réalité, alors on n'avancera pas. Il y a des choses simples aussi à mettre en place. Ce n'est pas qu'une question de moyens ou... Par exemple, on sait que les mineurs, il y a deux types d'audience. Il y a d'abord l'audience de culpabilité et ensuite il y a l'audience de peine. Eh bien, on devrait raccourcir ces deux audiences parce qu'entre les deux, du temps se passe.
Ce sont des mineurs, en tout cas les suspects, sont multi-délinquants, multi-réitérants, comme on dit. Est-ce qu'il faut interroger, est-ce que vous y arrivez jusqu'à dire, il faut maintenant interroger la responsabilité des juges qui les ont mis en liberté ?
En tous les cas, d'abord, il faut que la loi soit appliquée, que la loi soit plus sévère, soit moins laxiste et plus efficace, plus rapide. Ensuite, la question de la responsabilité des juges pourrait se poser. Mais déjà, appliquons une loi qui soit adaptée, c'est-à-dire des peines.
Pourquoi elle n'est pas appliquée ? Donc la loi, dans un certain cas, elle est là ?
Non, elle n'est pas tout à fait là, dans certains cas. On a parlé de l'excuse de minorité, on a parlé de la majorité pénale, on parle de la nécessité de revoir les peines, c'est-à-dire les audiences, puisque je vous le disais, il y a un décalage entre le moment où on l'entend et où le juge prononce une peine au moment où il a reconnu la culpabilité. Donc ça, on peut dire que non, la loi n'est pas efficiente. Mais tout ça...
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il n'y a pas les moyens pour des multirécidivistes de les garder en prison ?
Alors, et ensuite, il y a le volet, évidemment, de moyens, c'est-à-dire qu'il nous faut, comme on le fait dans certains pays du Nord, des peines courtes, immédiates, adaptées dans des centres adaptés. Et tant qu'on n'a pas ça, évidemment, eh bien, on est en échec.
Alors, certains y sont totalement défavorables. Par exemple, la maire socialiste du 14e arrondissement de Paris, justement, là où Elias a été tué, Karine Petit, estime d'abord que tous les moyens ont été mis en place dans la ville et qu'il faudrait plutôt aller chercher du côté du nombre d'éducateurs. Que lui répondez-vous ?
Non, mais ce sont les vieilles maraudes gauchistes. Enfin, la maire rouge-verte du 14e arrondissement de Paris est totalement à côté de la plaque. Ils en sont encore là, encore à dire qu'il faut des éducateurs. Non, il faut des peines. Il faut enfermer des jeunes qui sont extrêmement violents, qui sont récidivistes et qui sont des menaces pour la société. Il faut les enfermer de façon courte, immédiate et dans des endroits adaptés. Donc, des ultra-tropes-tropes à la première ? Évidemment, mais ça fait combien d'années qu'on le dit ? Il n'y a pas de volonté politique parce qu'il n'y a pas de courage politique.
D'abord, il y a une idéologie qui habite beaucoup d'hommes politiques, dont la maire du 14e, qui nous montre qu'en fait, ce n'est pas ce qu'elle pense. Elle ne souhaite pas ça. Elle pense que faire joujou avec des gamins qui ont des couteaux et qui sont capables de tuer un gamin de leur âge, ça suffit. Non, on ne fait pas joujou, on n'éduque pas comme ça, à travers des jeux de société, des gamins qui menacent la vie des autres. Il faut des peines, il faut une justice adaptée, rapide, évidemment.
Peine, justice adaptée, responsabilité des parents.
Bien sûr, c'est ce que j'allais dire. Il y a évidemment des sanctions auprès des familles sur lesquelles il faut travailler. Là encore, c'est un dossier, un levier qui n'a jamais été activé.
On a l'impression que ce sont les mêmes mots qui se répètent à chaque dame. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, réunit aujourd'hui les procureurs généraux, les procureurs de la République en leur transmettant une nouvelle circulaire, quand même de politique pénale, pour un réarmement, une fermeté. Est-ce que là, on peut y croire ? Est-ce que vous y croyez ?
Moi, je ne crois qu'aux actes. J'ai tellement entendu ça. Vous avez l'air blasé. Non, absolument. Effectivement, je trouve que c'est désespérant pour notre société qu'au bout de sept ans, alors que tout le monde fait les mêmes constats, s'arrange pour penser, grosso modo, pour déplorer les mêmes choses. L'action n'est pas suivie. Gérald Darmanin, il est à la justice. Hier, il était à l'intérieur. Et on déplore encore les mêmes choses. Tout ça aussi. Elie, je parlais d'évidence non accompagnée. Au phénomène migratoire, on ne veut pas regarder les choses en face.
Mais enfin, je veux dire, est-ce qu'à un moment, ce qui s'impose comme des évidences pour les Français, les Français voient la société telle qu'elle est, va s'imposer comme une évidence pour les hommes politiques et qu'ils vont faire preuve de courage.
Et pourtant, dans les paroles, c'est vraiment un accent qui est mis sur la fermeté. Vendredi encore, nous recevions ici même le ministre de l'Intérieur qui a salué d'ailleurs l'action des forces de l'ordre. En ce moment, il y a des kidnappings qui s'est multiplié avec une peur. Oui, comme en Colombie. Comme en Colombie. Vous faites la comparaison, France-Colombie.
Mais enfin, si on ne regarde pas les choses en face, si on ne s'aperçoit pas de la pente sur laquelle la France est en train de glisser, alors on va déplorer les choses très longtemps sans agir.
Vous même l'avez dit, un mexicanisation.
Oui, d'accord. Mais Bruno Retailleau, moi je suis désolé. J'entends, je l'entends beaucoup parler. Mais surtout, je regrette le fait qu'il s'accomode finalement d'un certain nombre de logiques. Dans ce qu'il propose sur l'immigration illégale, sur la régularisation de travailleurs illégaux. Et ça veut dire qu'il accepte une logique.
Reconnaissons qu'avec l'abrogation de ce qui était appelé la circulaire valse, on va quand même vers un durcissement de 5 à 7 ans.
Mais madame, oui, mais on reste dans la même logique. Vous même, vous avez voté la loi immigration. Mais parce que tout ce qui peut...
D'ailleurs, qui permet de régulariser de 7 à 10 000 migrants.
Tout ce qui peut permettre un tout petit mieux va dans le bon sens. Mais en réalité, ce qu'il faut, c'est changer de logique. Là, c'est des accommodements. Bruno Retailleau, c'est l'homme des accommodements. Il s'accomode de l'immigration illégale. C'est-à-dire qu'avec nous, moi je le dis, on voit des hommes politiques à l'étranger...
C'est zéro régularisation de sans-papier avec nous.
Quand vous êtes entrés illégalement, quand vous vous maintenez illégalement sur les territoires français, vous n'aurez avec nous jamais la possibilité d'être régularisés. C'est-à-dire que si vous êtes là en ayant franchi une frontière de façon illégale, en n'ayant pas respecté la loi, en vous imposant sur le sol français, vous ne serez jamais régularisés. Ça, c'est un changement de logique. Et c'est un message que vous envoyez également à ceux qui veulent se maintenir sur notre territoire.
Alors, la méthode Trump peut-être vous a-t-elle inspiré ? En tout cas, elle porte ses fruits, notamment avec la Colombie. Sébastien Chenu, le président américain, a réussi à tordre le bras au pays, avec des menaces évidemment sur les droits de droite, mais aussi sur les visas qu'il pourrait ne pas accorder aux dirigeants colombiens. Est-ce que, justement, ce sont des méthodes qui vous inspirent ?
Mais Donald Trump n'est pas un modèle. Les situations sont différentes. Les États-Unis ne sont pas la France. Donc moi, je ne prends pas Donald Trump comme un modèle. En revanche, il envoie un message qui est celui de la volonté et du courage politique qui manque à nos hommes politiques. Quand je vois que Bruno Retailleau, finalement, il accepte de s'arranger avec le travail au noir, en disant, finalement, on décale un peu, même si vous avez travaillé au noir.
L'homme des accommodements qui accepte de s'arranger avec le travail au noir, il est devenu la bête noire de la gauche, c'est quand même pas un signe pour vous ?
Non, mais parce que c'est une illusion de fermeté, Bruno Retailleau. Il fait semblant alors qu'il s'accomode dans un gouvernement Macron avec des ministres et une majorité qui reposent sur le Parti Socialiste.
Peut-être vous mangez-t-il la laine sur le dos et c'est pour ça que vous l'attaquez ce matin ?
Non, parce qu'il ne peut pas aller au bout. Il a accepté de s'accommoder. Il a accepté d'être sous la tutelle aujourd'hui, d'ailleurs, du Parti Socialiste, d'être sous l'autorité d'Emmanuel Macron. Et il ne peut pas enclencher une autre logique. On a vu, de l'autre côté, évidemment, de l'Atlantique, un président qui, lui, a tous les leviers, qui a le Parlement avec lui et qui a un courage politique qui l'amène à respecter la parole qu'il a prise devant ses électeurs. Eh bien, je pense que c'est aussi ça dont on a besoin dans notre pays. Avoir, évidemment, demain un président, une présidente, en l'occurrence, qui, avec une majorité, changera de logique.
Avec une majorité, justement. Vous faites référence à la situation de blocage. On est le 27 janvier, il n'y a toujours pas de budget. La France n'a pas de budget. Et selon la ministre en charge des comptes publics, Amélie de Montchalin, la censure, Sébastien Achenieux, aurait coûté 100 millions par jour. Écoute, 100 millions par jour. Aujourd'hui, là, un chèque de 100 millions. Demain, 100 millions. Est-ce qu'on est en train de payer tous la facture de la censure ?
Non, on est en train de payer la facture de leur nullité depuis qu'ils sont aux commandes. Ça fait 7 ans. 3 000 milliards d'euros de dettes supplémentaires. Ce n'est pas la censure. C'est d'abord la dissolution. Mais c'est aussi les politiques qui ont été menées depuis tant d'années. Demain, c'est la politique du Green Deal. C'est-à-dire ces contraintes supplémentaires à une politique de décroissance imposée par l'Union Européenne qui va ruiner notre industrie automobile. Jordan Bardella a demandé qu'on sorte du Green Deal. Qu'on sorte de tout ce qui nous handicap. On va finir par subventionner avec ça nos concurrents en matière automobile.
Moi, je suis élu du Nord, du Valenciennois, dans ce secteur où l'industrie automobile fait vivre des milliers de personnes. On est en train de voir que l'Union Européenne, appuyée, soutenue par ce gouvernement, est en train d'assassiner l'industrie automobile.
Je vais prolonger sur le budget une question sur la cohérence. Vous attaquez beaucoup certaines lois. Sur l'immigration, j'y reviens. Non, Sébastien, vous avez voté la précédente loi immigration. Je rappelle qu'elle institutionnalisait quand même une certaine régularisation de sans-papier. Donc, la question est, est-ce que vous êtes parfois dans l'accompagnement parce qu'on n'avait pas le choix ?
Non, on est toujours dans ce qui peut améliorer au minima la vie quotidienne des Français. On avait dit, mais on avait dit très clairement, je l'avais dit chez vous, une petite loi qui aura de petits effets. Donc, une petite loi qui a de tout petits effets. Mais il faut changer de logique. Pour ça, il faut une majorité. Mais sur le budget, voyez-vous, il y a des choses qui me heurtent. Quand je vois que le rabot va être passé partout, les yeux fermés. C'est-à-dire qu'on va prendre...
La non-suppression de 4 000 passes dans l'éducation, ça coûte 150 millions.
Oui, mais madame, on est en train de...
3 jours de carence, 300 millions.
Mais madame, on est en train de prendre du retard, je vais vous dire, avec ces politiques-là. Par exemple, il y a 640 millions d'euros en moins sur la recherche. Au moment où Donald Trump, puisque vous en parliez, met 500 milliards d'euros sur la table, sur l'intelligence artificielle, nous en mobilisons, je crois, 5 sur 5 ans. Donc, je veux dire, on est très très loin de ce qu'il faut. Au moment où on va passer le rabot, on laisse le musée du Louvre s'écrouler.
Alors, à quoi faudrait-il toucher pour vous ?
Eh bien, là encore, ce sont des logiques auxquelles il faut s'attaquer. Les deux pistes, lesquelles ? Ce sont des logiques auxquelles il faut s'attaquer. D'abord, aller chercher l'argent de la rente. Nous avons fait un certain nombre de propositions pour taxer l'argent de la rente. Et puis, dégraisser l'État, la suradministration de l'État.
Ce que dit, et ce qu'a dit ici, notamment Éric Ciotti, avec sa loi... Oui, mais bien sûr, ça va dans le bon sens. Mais l'exécutif ne veut pas toucher à deux domaines, Sébastien Chenu. L'immigration et l'Europe. Et même sur l'Europe, si on entend un petit peu ce qu'il dit dans les discours, les nuances, le budget européen devrait être augmenté. Donc, on imagine que notre contribution également... Que feriez-vous si c'était le cas ?
L'inverse, l'inverse, madame. Alors, avec Éric Lombard, on peut toucher à tout sauf l'immigration. Si vous êtes un retraité, on peut venir vous taxer. Si vous êtes malade, on va baisser le remboursement des médicaments. Si vous êtes un travailleur, on va vous demander de travailler gratuitement. On peut toucher à tout sauf à l'immigration. Mais il l'assume, c'est vrai. L'Union Européenne, Jean-Noël Barrault, le ministre des Affaires étrangères, dit qu'il faudrait aller vers le doublement de la contribution. Nous, nous pensons exactement...
Le budget européen à rembourser par rapport à Donald Trump.
Mais nous pensons exactement l'inverse. Nous pensons qu'il faut reprendre la main sur des politiques nationales comme celle de l'immigration, qu'il faut aller vers des politiques de croissance et non pas de décroissance, comme je vous l'ai dit sur le Green Deal. L'inverse, exactement l'inverse de ce qu'ils font.
Alors, quand je comprenne, M. Sébastien Chenu, ce matin sur ces news européens, vous nous dites d'abord que c'est un budget sous la tutelle socialiste, qu'ils ne toucheront donc pas à de totem l'immigration et l'Europe. On s'achemine doucement, mais sûrement, en tous les cas, vous, vers la censure...
Oui, mais c'est un budget d'austérité, c'est un budget de retard, c'est un budget qui ne définit pas les bonnes priorités.
Attendez-vous pour annoncer la couleur ?
Nous attendons de voir concrètement, parce qu'un jour ils avancent, le lendemain ils reculent. Mme Panosian voulait taxer les retraités. Il semblerait que notre pression, la pression du premier groupe, on nous dit « vous ne servez plus à rien ». Si, je crois que la pression du Rassemblement national fait qu'ils vont renoncer à taxer...
Pas que vous ne servez plus à rien, c'est que vous n'avez plus la tutelle.
On va voir, on va voir. Mais en tous les cas, ils ont renoncé à taxer les retraités. Mais pour l'instant, on attend de voir ce qu'ils comptent faire exactement. Mais il ne faudra pas compter sur nous pour voter un budget pareil.
Je voudrais conclure cette journée, Sébastien Chenu, c'est le 80... Plutôt cette interview par cette journée particulière, en ce jour de 80e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz. Emmanuel Macron, évidemment, sera tout à l'heure en Pologne. Il y a aujourd'hui des personnes, et plus largement des entreprises, de diminution, d'altération des faits et de la Shoah. Comment on lutte contre cela ?
D'abord par le témoignage, par la pédagogie, mais aussi par une autorité politique. C'est l'antisémitisme qui, aujourd'hui, se développe dans notre société. Je vous rappelle que nos compatriotes de confession juive représentent 1% des Français, et ils subissent 50% des agressions. Donc, évidemment, c'est en luttant fermement contre l'antisémitisme...
Vous êtes le parti, aujourd'hui, de votre point de vue, qui défend, le plus, je ne sais pas, je ne veux pas faire de hiérarchie, mais qui défend les Juifs, en l'occurrence les Français ?
Nous défendons les libertés. Nous avons dit, Marine Le Pen l'a dit il y a très longtemps, il ne fait pas bon, dans certains quartiers, être une femme, un juif, un homosexuel. Nous y sommes, nous défendons les libertés, nous défendons la sécurité qui est la première de ces libertés. Et quand je vois certains qui versent des larmes de crocodile, aujourd'hui, 80 ans après la libération des camps, je leur dis, mais où êtes-vous lorsqu'il s'agit d'aller marcher contre l'antisémitisme, lorsqu'il s'agit de lutter pied à pied, lorsqu'il s'agit de prendre les mesures contre l'antisémitisme ? Je ne les vois pas dans ces cas-là. Ils sont là aujourd'hui pour commémorer très bien.
J'attends là aussi des actes et pas uniquement des paroles.
Merci Sébastien, c'est votre grande interview. Bonne journée à vous.
Merci.
Sébastien Chenu