L'assimilation est-elle toujours possible en France ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
bonjour Michel Laurent bonjour pourquoi être français et pour reprendre votre formule la formule du titre de votre livre devenu un défi alors c'est devenu un défi pour ceux qui sont français sans parfois l'avoir choisi parce que je montre qu'il existe effectivement une petite forge de Français qui sont français sans vraiment le savoir donc c'est pour eux c'est un défi d'être français mais c'est aussi un défi pour les Français dont je suis c'est-à-dire les Français d'origine française qui aujourd'hui ont un Français de souche qu'on aurait oui mais qu'on peut appeler les Français touche maçonnaise pas du tout c'est en tout cas c'est les Français d'origine française ceux qui ont plusieurs générations dans cette pensée derrière eux et qui aujourd'hui ont un vrai défi qui est de transmettre ce qu'est leur j'ose pas parler d'identité parce que j'aime pas trop ce mot mais leur valeur leur savoir leur histoire et leur histoire surtout à des gens qui arrivent et qui comprennent pas le monde dans lequel enfin le pays dans lequel il s'installe pourquoi le mot identité vous fait peur mais il a beaucoup été utilisé moi j'ai du mal à le définir donc à chaque fois on repose cette question puis rappelez-vous ce débat un peu unique qui avait il y a quelques années sur l'identité sous Nicolas Sarkozy avec comme ministre Éric Besson puis après Brice Hortefeu qui était ministre de 7 ans qui a mobilisé auquel j'ai appuyé qui a mobilisé des dizaines de milliers de personnes dans toutes les préfectures et qui a donné strictement rien en termes de décrivent c'était impossible de faire une synthèse c'est pour ça que je me méfie beaucoup de cette idée de la d'une d'identité synthétique c'est d'autant plus intriguant de vous entendre d'entendre votre méfiance sur ce sujet que vous passez quand même votre livre à définir ce qui est l'identité française oui parce que malgré tout il existe bien une identité française il existe bien des trades caractères qui sont propres aux Français il existe surtout une histoire du peuple français qui est très ancienne et qui est très ancré dans les territoires on l'oublie toujours parce que on nous enseigne que l'histoire de France commence à la Révolution française on oublie complètement les siècles antérieurs et surtout on oublie mais alors de façon volontaire qu'une partie du peuple français et d'origine et d'origine locale et le local c'est Gaulois il faut le dire ainsi quoi donc il existe en fait quand on y songe un peu la France elle s'est construite aussi par des millions d'union entre les familles qui étaient locales qui étaient françaises et qui ont créé si ce n'est la culture avec un grand C du moins la culture la façon de vivre qui qui fait la France aujourd'hui vous dites que le nombre de Français qui le sont depuis le Moyen-âge et largement majoritaire ça concerne trois quarts de la population c'est intéressant ce que vous avez eu accès aux chiffres oui alors les chiffres varient mais c'était les chiffres de l'INSEE 3 3 Français sur 4 sont issus d'une souche française si on veut et qui remonte ce titre au Moyen-âge et quand on et quand l'étudie sauf sur les marges de la France c'est-à-dire celle qui ont été soumises et en parlant que de la métropole pardon et celles qui ont été soumises à des brassages aux populations la Franche-Comté l'Alsace en particulier tout le reste on le voit bien on n'a pas de rupture dans le peuplement de la France depuis le début du millénaire quoi on n'a pas de rupture fondamentale on n'a pas de grand mouvement migratoire qui est venu s'imposer à la population qui était en place pourquoi dites-vous que l'Europe s'est trompée en promouvant une émigration positive destinée à compenser ces déficits démographiques je pense que je la position de l'Europe et là on l'entend de plus en plus c'est et on le lit ces derniers jours c'est il faut compenser la baisse démographique et paraît-il un risque pour l'économie par une immigration extérieure sauf que le faire ainsi c'est mieux connaître complètement la question culturelle c'est-à-dire que si je ne dis pas qu'il faille arrêter l'immigration et je pense que c'est pas une intelligent de faire venir à nous des gens qui participent aussi à l'activité économique à condition d'ailleurs qu'on n'oublie pas les 2 millions de Français qui sont partis de France pour échapper à toute une série de difficultés qu'ils auraient rencontrées et qui sont d'une certaine façon nos enfants moi j'ai compris c'est j'ai une fille qui est partie à l'étranger qui sont nos enfants et les enfants de tous nos amis qui sont partis s'installer à Londres à New York ou même en Chine tout cela qui était la force vive ce que c'était beaucoup d'élèves qui venaient des grandes écoles cette force vive de la France qui est déjà partie et qu'il faudrait peut-être penser à récupérer avant de commencer à imaginer faire venir des ingénieurs de l'étranger un point que vous soulignez que vous soulignez souvent c'est que le drame pour beaucoup d'immigrés peut-être pour beaucoup de ces Français qui sont des émigrés maintenant c'est qu'ils sont coupés de leurs racines ils ne connaissent pas le parcours de leur père et quand ils le connaissent ils en souffrent et vous expliquer que cette souffrance c'est une dimension de leur rapport à la violence alors ça c'est un phénomène que j'ai observé parce que j'ai travaillé deux ans sur les jeunes violents délinquants violents de des quartiers d'Ile-de-France et alors j'avais pas du tout perçu ça de cette façon là mais tous les professionnels de terrain et je les constaté moi-même disent la même chose c'est-à-dire que on a une frange de population juvénile la tranche d'âge étudiée elle est c’était 13-17 ans qui a aucun rapport avec sa propre histoire c'est à dire qu'en fait le père n'a pas raconté son sa migration quand le père est présent d'ailleurs ce qui est pas toujours le cas et la plupart de ces jeunes savent pas du tout quelle est leur propre histoire et par comme par ailleurs on les a placés dans une situation où il y a aucun repère historique ils sont dans des quartiers qui portent des noms qui ont rien à voir avec l'histoire de France on leur enseigne plus l'histoire de France à l'école ils n'ont strictement aucun repère je suis quand même très étonné et je le vois à chaque fois constater que la plupart de ces jeunes au collège par exemple ignorent le nom même de leur commune donc ils savent pas dire pourquoi leur collège leur lycée porte un nom et à quoi ce nom se fait référence mais pourtant c'est ça qui est très intéressant ce que vous dit qu'il y a finalement il y a une nouvelle enracinement c'est la façon dont se nomme c'est ces groupes dans lesquels sont ces jeunes allez souvent des bandes et parfois il y a des bandes de racaille et il vous dites il y a quand même une appartenance de groupe qui est géographique qui est lié à un quartier et qui est parfois même à une école oui tout à fait ça c'est tout à fait ça c'est à dire que comme ils n'ont strictement plus aucun repère enfin plutôt ils ont plus c'est qu'ils n'ont aucun repère ils n'ont jamais eu le repère il se le crée à l'échelle du quartier qui devient je l'ai dit une fois je le redis une échelle tribale c'est-à-dire qu'en fait on est on appartient à un petit univers géographique dont on sort peu et si on en sort c'est pour aller se battre parfois à mort d'ailleurs contre un quartier voisin ça c'est une logique mortifère je veux dire il faut que la France mette fin de façon définitive à ce type de relation entre entre les groupes et ça passe aussi par la réinscription de ces jeunes dans une géographie nationale et une simple mais et une histoire et une histoire mais pas uniquement l'histoire de la France parce qu'en fait je me suis rendu compte aussi qu'il fallait prendre la question leur propre histoire la question c'est ça c'est est-ce qu'il faut leur enseigner nos ancêtres les Gaulois non il faut pas la renseigner nos ancêtres les Gaulois il faut quand même le renseigner les Gaulois parce que il faut quand même leur dire que le pays où ils arrivent c'est un pays d'une très belle civilisation et il faut quand même leur dire pourquoi dire que dès lors que aujourd'hui on parle plus de Gaulois c'est un terme qui est Oni malheureusement on a le président de la République on a parlé avec un lit qualificatif pour eux et donc mais moi qui pratique un peu dans mon jeune temps l'histoire antique on parlait déjà plus de Gaulois on disait les laténiens parce que c'est l'époque de La Tène pour l'archéologie tout ça est très étrange les Gaulois tester et pour beaucoup d'entre nous nous avons forcément quelques gènes qui remontent à l'époque de la de la protohistoire donc il faut leur enseigner les Gaulois mais il faut pas leur dire qu'ils sont eux descendants des Gaulois il faut leur renseigner aussi l'histoire de du pays où ils viennent et les rapports de la France avec ces pays et peut-être qu'il faut réécrire tout ça je veux dire dans sous une autre forme que ce qu'ils entendent habituellement parce que on revient donc à la question coloniale on peut on peut relativiser une partie de ce qui s'écrit ou ce qui se dit aujourd'hui et puis on revient à la question de l'immigration et à l'image j'en parle aussi parce que ça m'avait beaucoup choqué quand j'avais la tutelle sur la cité des migration on l'image de l'immigré sur sa propre histoire et pas la même image que nous nous véhiculons sur l'immigration quels sont les quelle est l'image que nous véhiculons sur l'immigration et quel est l'image que l'immigré ass sur sa propre histoire la France a une image misérabiliste de l'immigration c'est le pauvre immigré qui est venu avec sa valise en carton le malheureux mais quand vous interrogez des gens qui ont participé à l'immigration eux leur image de leur parcours elle est très positive parce qu'en fait c'est ce sont des gens qui ont eu le courage un jour de partir de chez eux où ils étaient misérables ils ont les choses clairement d'arriver en France dit construire un avenir pour leurs enfants la plupart sont très fiers de la scolarité de leurs enfants même quand la scolarité a pas atteint un niveau considérable et quand il retourne au pays ils sont ce que j'ai le droit d'emploi d'une expression populaire les rois du pétrole c'est-à-dire en fait et comme ils sont ceux qui ont réussi donc eux ils ont une image très positive de l'immigration et nous on leur transmet une image très négative et ça ça crée un hiatus pour les plus jeunes c'est clair pour revenir à une autre question vous abordez donc sur la construction d'une nation et d'une identité vous l'aviez dit tout à l'heure le mariage est une clé essentielle c'est une des clés de la construction des nations écrivez-vous est-ce que l'abandon de la politique familiale sacrifiée sur le thème notamment d'une approche comptable et au profit de l'individualisme n'a pas accru les mots que vous dénoncez c'est évident c'est complètement évident c'est sûr c'est d'ailleurs toutes les études montrent que la démographie est très liée aux politiques familiales qui sont menées et par ailleurs on a une politique familiale stupide parce qu'en fait elle encourage d'abord les femmes seules avec des enfants nombreux parce que toute la politique du logement social elle est fondée là-dessus le premier critère c'est ça ça c'est vraiment délétère comme type de police pourquoi c'est délétère parce que en fait on ne croit pas personne ne croit vraiment qu'une mère seule avec beaucoup d'enfants à les capacités à les mêmes capacités d'élever ses enfants qu'une famille unie avec des enfants nombreux aussi ils avaient le sujet mais enfin avec des capacités d'éduquer ses enfants c'est pas du tout la même chose moi je connais beaucoup de femmes africaines en particulier le fait d’origine africaine et puis j'en connais toujours donc j'en suis toujours et c'est très compliqué aujourd'hui quand vous êtes une femme seule surtout d'origine africaine parce que vous travaillez vous faites des ménages souvent très loin de chez vous donc vous avez des enfants vous laissez chez eux chez elle toute la journée et qui sont la plupart du temps dehors donc et qui constitue une partie une petite partie une partie des ventes que je rencontre par ailleurs vous dénoncez l'égalité réelle qui a remplacé l'égalité des chances oui oui ça c'est clair c'est clair parce que je pense c'est une mauvaise lecture me semble-t-il de l'égalité de notre Déclaration des droits de vie citoyen je pense que l'égalité c'était d'abord l'égalité des chances c'est-à-dire la capacité quelle que soit l'endroit où on partait d'arriver en fonction de ses capacités aux meilleurs aux meilleurs niveaux ça c'était le c'était ça la promotion républicaine et celle là elle a été perdue donc aujourd'hui c'est beaucoup plus compliqué pour un enfant de banlieue par exemple ou un enfant qui a vécu un challem comme je l'ai que cela a été mon cas d'arriver en haut de la hiérarchie administrative par exemple j'ai une dernière question à quelles conditions c'est peut-on réussir le défi de la simulation et de l'intégration selon vous le d'abord l'assimilation c'est toujours dans le Code civil donc on fait son rôle d'oublier c'est comme juste dans le droit positif français donc déjà il faudrait revenir ne serait-ce que là-dessus avant de refaire de la loi pour dire que la simulation ça existe et c'est défini et l'intégration le premier élément c'est quand même la langue française comme on est comme effaré je le dis aussi c'est du concret tous les jours vous rencontrez des gens avec lesquels vous allez travailler et qui parle français ou qui le parle très mal et pourquoi parce que on a pas mis en place on les a supprimés les outils qui permettaient de renseigner le français je pense que déjà le fait de pouvoir comprendre et penser en français c'est une forme d'intégration importante et en marge de votre livre c'est très beau très doux c'est ce qui fait qu'on le recommande il y a un hommage à la Beauce à la région de Chartres vous êtes né où votre famille Chartier et ouvriers c'était installé depuis le Moyen-Âge on pense en vous lisant à cette formule de la philosophe Simone Veil de tous les besoins de l'âme le plus profond le plus méconnu et celui de l'enracinement le défi d'être français c'est un livre très émouvant très profond et c'est à dire c'est aux éditions presse de la cité je m'étouffe pas d'émotion mais ça vaut le coup d'être vraiment lu point de vue c'est terminé on se retrouve demain même heure même endroit [Musique]
Bruno Le Maire