Trois question à Bertrand Martinot
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Trois questions ce matin à Bertrand Martinau. Bonjour Bertrand Martinau. Bonjour.
Bienvenue sur Europe. Vous êtes économiste, expert associé à l'Institut Montaigne. Votre dernier livre le travail est la solution aux éditions Herman.
Mais alors la solution à quoi ? Vous nous le direz dans un instant. En tout cas à gauche clairement la tendance est plutôt de soutenir qu'il en faudrait moins du travail entre le PS qui plaide pour la généralisation progressive de la semaine de travail de 4 jours, la CGT qui veut faire du 8 mars un nouveau jour férier et LFI qui en veut carrément 7 de plus sep nouveaux jours fériers en plus des 11 du calendrier actuel.
Est-ce que on peut chiffrer le coût qu'aurait en théorie la création de ces 7 jours fériers supplémentaires ? Bertrand Martinau ? Bah, écoutez, oui, euh l'INC estime que un jour férier, donc passer un jour férier, c'est à peu près euh 1 milliard et demi de production en moins en fait, de valeur ajoutées pour l'économie en moins.
Donc, si vous multivez par 7, ça vous fait à peu près 10 milliards. J'ajoute que ce coût c'est il essentiellement, il serait essentiellement porté par les entreprises puisque si j'ai bien compris, il s'agit pas de baisser les rémunérations. Donc, c'est à rémunération donnée, vous avez 10 milliards de production de valeur ajoutée de moins.
Ouaisit sur les c'est-à-dire à peu près, on va dire un/ers de points de PIB quand même pour se donner une une idée. Un point de PIB c'est 30 milliards d'euros. Exactement, c'est ça.
Voilà. Et alors un jour férier, alors la gauche rétorque à à ça. Vous dites 1,5 milliards en moins dans dans les caisses de de richesse nationale.
Oui, mais de l'autre côté, il y a la consommation, il y a le bien-être aussi qui se mesure pas forcément en terme de richesse nationale. Bertrand Martinau, euh oui, enfin euh c'est de la consonnement est intégré dans le 1,5 milliards. C'est-à-dire que quand vous supprimez un jour férier, vous avez beaucoup de secteurs qui y perdent mais vous avez effectivement quelques secteurs qui y gagnent.
En particulier les loisirs, le tourisme, l'hôtellerie, restauration. Cela dit, si vous allez trop loin, de toute façon, vous n'avez plus de pouvoir d'achat et de toute façon, les gens bah ils restent chez eux devant la télé. Ils vont pas ils vont pas les consommer davantage.
Ouais. Alors donc ça c'est pour l'économie française. Qu'en est-il du coup d'un jour férier pour les finances publiques ?
Bertrand Martinau maintenant ? Bah comme euh comme les les finances publiques tout compris hein, prélèvent à peu près la moitié de la richesse produite. Euh ça fait une perte d'environ ça fera une perte d'environ 5 milliards chaque année dans les caisses de l'État au sens large y compris la la sécurité sociale.
Non ça ça n'est pas rien. Alors maintenant qu'est-ce que ça implique en terme de temps de travail puisque la gauche répond qu'en substance le la France travaille autant que les Européens jour férier compris. Justement, qu'est-ce que ça nous dit du temps de travail en France ?
Bertrand Martinau ? Alors bah si on parle de jours fériers en fait comme vous avez dit tout à l'heure, il y a à peu près le même jour férier en France que dans les autres pays en moyenne. Alors dans les autres pays souvent ça dépend des régions.
Par exemple dans les lenders en Allemagne, il y a euh deux il y a une spécificité française, c'est qu'il y a 4 jours fériers concentrés entre début mai et début juin. H euh donc ça ça désorganise un peu l'économie évidemment et ça c'est un peu unique en Europe. Il y a pas d'autres pays à ma connaissance où il y a 4 jours fériers concentrés sur 5 semaines en fait.
Donc là, il y a un sujet mais en vérité si on parle de jour fer en France, c'est pas pour des raisons économiques fondamentales, c'est juste que c'est dans un contexte où par ailleurs contrairement à ce que raconte une partie de la gauche, et bien les salariés français travaillent moins que les salariés allemands. C'est pas moi, ou que les salariés européens en moyenne. C'est pas moi qui le dit hein.
C'est Eurostat qui est le seul institut qui fait des des qui fait des des qui fait méthodologie comparable pour comparer effectivement les les nombre d'heures effectivement travaillé. C'est-à-dire y compris les congés, y compris les arrêts maladies et cetera. Et là, la France travaille par exemple en moyenne, les salariés à temps complet travaillent en moyenne 3 semaines de moins que les que les Allemands.
Et donc, on est à la traîne sur ce côté sur ce sur ce sujet-là. Donc, c'est pour ça en fait qu'on parle des jours fériers. C'est pas parce qu'il y en a beaucoup en France, c'est parce que c'est dans un contexte où globalement les salariés à temps complet travaillent moins que dans les autres pays.
Et ben du coup, je reviens sur le titre de votre ouvrage. Le travail est la solution. Mais la solution à quoi Bertron Martinau ?
Alors, pas la solution à tout, mais c'est la solution en partie à la crise du pouvoir d'achat qu'on a. C'est aussi une solution pour en partie à la compétitivité des entreprises et c'est une solution en partie à la crise des finances publiques. Alors, il n'y a pas que la quantité de travail qui compte, il y a aussi la qualité du travail.
Il y a la productivité, il y a l'innovation. Évidemment, c'est des sujets beaucoup plus large que ça, mais à la base, de toute façon, il n'y a pas d'innovation, il n'y a pas de compétitivité, il n'y a pas de d'amélioration des finances publque, en particulier des retraites, s'il n'y a pas une hausse de la quantité de travail dans notre économie. En tout cas, on retiendra ce chiffre que vous nous livrez ce matin.
Un jour férier, c'est 1 milliard et demi de richesse nationale créée en moins multiplié par 11. Bah vous faites le calcul he ça fait de l'ordre de quasiment un peu plus de 15 milliards. Merci d'être venu nous en parler ce matin en direct sur Rin en ce 1er mai.
Bertrand Martinau. Je rappelle le titre de votre ouvrage le travail et la solution aux éditions Herman. Bonne journée à vous.
Bonne journée Europ la revue
Xavier Bertrand