Anne Hidalgo, "La vocation du périph ce n’est pas de rester une autoroute urbaine"
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Il est 8h21. France Inter. Nicolas Demorand. Le 7-9. Et avec Karine Becker, nous recevons aujourd'hui dans le grand entretien du 7-9 la maire de Paris. Vous avez la parole, amis auditeurs, dans une dizaine de minutes. 01 45 24 7000, vous connaissez le numéro, les réseaux sociaux et l'application mobile France Inter. Anne Hidalgo, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro de France Inter ce matin. Bien, commençons par la manifestation du 1er mai hier à Paris. Il y avait du monde dans les rues, cortège syndicaux classiques, gilets jaunes. L'exécutif redoutait la présence et l'action des black blocs. Le dispositif de sécurité était de ce fait extrêmement important.
Il y a eu des violences, mais Paris n'est pas devenue la capitale de l'émeute, pour reprendre un slogan qui circulait ces derniers jours. Dites-nous, de votre point de vue de maire et du point de vue du maintien de l'ordre, le bilan que vous faites de cette journée ? Hier, j'étais comme toutes les semaines, finalement, dans cellules de crise, à observer, analyser, prendre les mesures aussi, pour vérifier. Par exemple, il y a eu une tentative d'intrusion dans une école du 13e arrondissement. On a vu la tentative, plus que tentative, l'intrusion dans l'hôpital de la salle pétrière.
Et puis, dans mon rôle de maire aussi, de préparer l'organisation de tous ceux qui viennent réparer la ville, chaque semaine, après, ou ces émeutes, ou ces scènes de violence. Moi, ce que j'ai observé, c'est d'abord un 1er mai volé aux organisations syndicales et aux mouvements sociaux, puisque, finalement, on n'a parlé que de ces violences et de ces ultras qui sont venus pour casser, des dégradations importantes, même s'il y avait eu, heureusement, des actes préventifs et qu'il avait été demandé à tous les commerçants, sur le trajet de la manifestation, de fermer, et donc, tout était, effectivement, barricadé.
Donc, les dégradations sont moins spectaculaires, mais beaucoup de dégradations sur la voie publique, sur la chaussée, beaucoup de réparations. Vous avez un chiffrage, déjà, ou c'est trop tôt ? Pas encore, non, c'est beaucoup trop tôt. Mais, voilà, moi, ce qui me désole, c'est de voir, semaine après semaine, que ces mouvements et ces violences n'en finissent pas, et qu'il faut, chaque semaine, se préparer au pire, réparer. Ça met vraiment toute l'organisation, au-delà, je dirais, du problème démocratique que cela pose, ça met aussi toute l'organisation d'une ville en tension, une fois par semaine, pour réparer des dégâts de ceux qui ne respectent rien.
Et je veux vraiment condamner, avec beaucoup de fermeté, ces actes de violence, dire aussi que je pense, notamment, aux policiers qui ont été grièvement blessés hier, dans ces manifestations, et qu'il faut qu'on aille vers un apaisement. On ne peut pas vivre dans une société démocratique avec un tel niveau de violence.
Alors, au-delà de ces dégâts et de ces tensions dont vous parlez très bien, il y a des images hier qui ont été extrêmement marquantes. Philippe Martinez, le patron de la CGT, qui est obligé d'être expiltré. La FSU, qui a quitté le défilé, qu'est-ce que ça veut dire, tout cela, pour vous ? Est-ce que c'est la fin du traditionnel 1er mai qu'on connaît depuis tant d'années ?
J'espère que c'est une parenthèse, et que ces scènes de violence, où finalement, le 1er mai, qui est l'occasion pour le mouvement social, les organisations syndicales, de dire, de poser des revendications, de poser le cadre aussi de ce qui doit être débattu dans le cadre du dialogue social. Mais le syndicalisme, là, il est quand même abîmé, et de plus en plus abîmé, non ? Il est empêché, surtout. Il est empêché, et on lui vole l'espace qui est le sien. Le 1er mai, c'est plutôt traditionnellement aussi une fête populaire.
Les 1er mai, en famille, c'est le muguet, c'est les organisations syndicales qui défilent pacifiquement pour exprimer leurs points de vue, et puis leurs aspirations dans une société qui a besoin, et je partage ce point-là, de plus de justice sociale, qui a besoin de plus de reconnaissance de celles et ceux qui, aujourd'hui, ne sont pas ceux qui profitent de la mondialisation, bien au contraire. Encore un mot, Anne Hidalgo, de ce qu'on appelle la doctrine du maintien de l'ordre qui a évolué samedi après samedi, manifestation après manifestation.
Est-ce que vous estimez désormais que la préfecture de police et le ministère de l'Intérieur ont la bonne doctrine pour affronter un maintien de l'ordre tout de même nouveau ? En tout cas, ils ont été débordés au début. Est-ce que là, maintenant, c'est bien positionné et bien taillé ? Je n'avais pas un sentiment d'échec de la part du précédent préfet de police avec lequel j'ai beaucoup travaillé. Il se trouve que dans l'organisation, la mise en place de moyens extrêmement conséquents pour contenir les manifestants les plus violents, il y a un changement, mais pas non plus, je dirais... Oui, en tous les cas, ce n'est pas un changement majeur. Il y a beaucoup, beaucoup de forces mobilisées.
Il y a un quadrillage de la ville. Mais en ce qui concerne la préparation de ces manifestations, on reste dans un dialogue avec le ministre de l'Intérieur et le préfet de police.
En tout cas, ces manifestations et surtout ces manifestants, ils sont toujours là tous les samedis. Donc là, 1er mai également. Ça sent quand même l'impasse politique, non ? Pour le gouvernement, qu'est-ce qu'il peut faire maintenant ?
Je ne vais pas commenter impasse, pas impasse. Je pense qu'on est dans une situation extrêmement difficile. Tout le pays est dans une situation extrêmement difficile. On n'en sort pas. C'est une crise qui a démarré d'abord sur une question sociale. C'est une crise qui a conduit le gouvernement à prendre un certain nombre de mesures, dont des mesures de pouvoir d'achat, 17 milliards d'euros mis sur la table. C'est vrai que ce n'est pas une question de assez ou pas assez. C'est dans quel sens, pourquoi faire ? Comme beaucoup, je regrette que, par exemple, la question de la transition écologique n'ait pas été saisie comme le moyen justement de changer de modèle. On est au bout d'un modèle.
On ne peut pas aller plus loin. On est en train de consommer d'une façon indécente les ressources de la planète. Je crois que le jour du grand dépassement, vous savez, ce jour où on a consommé toutes les ressources, l'année dernière, c'était le 5 mai. Donc, on est pile, même pas à la moitié de l'année, et déjà en France avec une consommation des ressources qui va au-delà de ce que l'on peut faire. Donc, il manque un grand dessin, c'est ça ce que vous voulez dire ? En tout cas, une trajectoire pour en sortir par le haut ? Voilà, il manque vraiment une trajectoire. Je pense que la question, justement, de la transition écologique et énergétique doit être cette trajectoire.
D'abord, parce qu'il y a une urgence, elle s'impose à nous et qu'on ne peut plus faire comme si on ne savait pas que la planète était dans cette difficulté et que nos modes de production, nos modes de consommation ne sont plus compatibles. Bien sûr que pour faire cette transition écologique et énergétique, il faut un accompagnement social. Un accompagnement social pour que l'on n'oppose pas l'écologie et le social, parce que c'est quand même ce qui s'est passé au tout début de ce mouvement en novembre, et pour qu'on trouve aussi, par la démocratie, par le dialogue, les voies d'une sortie.
Je pense qu'on est dans un pays où il y a beaucoup trop de crispations, beaucoup trop de crispations, et aujourd'hui, cela met notre pays dans un état de pessimisme et de dépression qui n'est pas acceptable, en tous les cas, qui ne va pas pouvoir tenir comme ça très très longtemps.
Alors, vous ne vouliez pas répondre précisément à la question de l'impasse politique du gouvernement. On a entendu votre réponse. Parlons aussi un peu de vous et de la gauche du Parti Socialiste. Vous avez soutenu l'idée d'Olivier Faure, le premier secrétaire, d'installer Raphaël Glucksmann comme tête de liste aux élections européennes. Avec 5% dans les dernières intentions de vote,
maintenez-vous qu'il était le bon choix pour les socialistes ? D'abord, Raphaël Glucksmann est une personne que j'aime beaucoup. Ça ne suffit pas pour gagner, ça ? Non, ça ne suffit pas, mais c'est une personne authentique, sincère. Et je pense que ce qui est en train de se jouer, qui peut prendre du temps, ce n'est pas juste à l'occasion de cette élection européenne, ce qui est en train de se jouer, c'est effectivement la reconstruction d'une gauche. Vous savez, je suis social-démocrate, je suis écologiste. Je pense que c'est en conjuguant la social-démocratie et l'écologie qu'on va pouvoir trouver justement ce chemin de sortie de crise.
Et là, on est au tout début, j'imagine, c'est ça ce que vous disiez. Je pense qu'on est au début, mais en tous les cas, je veux remercier Raphaël Glucksmann et tous ses amis de place publique d'avoir aussi fait ce geste vers l'EPS. Moi, je ne l'ai pas quitté, j'ai été très critique vis-à-vis de ce qui s'est passé ces dernières années. Mais je trouve que ce qu'a fait Raphaël Glucksmann permet justement d'entrevoir un nouveau chemin et qu'il faut saisir, il faut vraiment saisir cette opportunité. En tous les cas, je le fais.
Je pense que dans ce groupe place publique qu'il y a autour de lui, il y a des personnalités, je pense bien sûr à Claire Nouvian, je pense à beaucoup d'autres qui vont nous permettre de réinventer. Et la question européenne est sans doute la première des questions qui doit nous permettre cette réinvention. En tous les cas, je reste vraiment un soutien fidèle à Raphaël Glucksmann. Dites-nous en quelques mots, Anne Hidalgo, ce que vous retenez de la leçon espagnole du week-end dernier. Les socialistes du PSOE, PSOE, sont arrivés en tête des élections. Comment vous l'expliquez ? C'est quand même assez rare de nos jours en Europe qu'une gauche sociale-démocrate remporte des élections.
Dites-le-nous rapidement, puis on vient à Paris. Rapidement, d'abord je pense que le courage et puis une forme de génie de Pedro Sanchez, que je connais bien, qui est vraiment un ami, que j'ai suivi et soutenu depuis le début, son courage, parce qu'il s'est fait railler. On lui a dit pendant des années que la social-démocratie était morte, qu'il n'y avait plus d'espoir. Et puis en fait, Pedro Sanchez a repris le chemin du terrain. Il est allé dans tous les villages, dans toutes les villes espagnoles pour discuter avec les Espagnols et voir ce qu'ils attendaient. Et puis il est encore ouvrier, ce parti socialiste. Il est un peu dans l'évolution. En tout cas, il n'a pas changé de nom.
Il n'a pas changé de nom. Et puis surtout, il est social-démocrate assumé. C'est-à-dire qu'il considère qu'il ne peut pas y avoir de progrès économique sans progrès social. Que la question de la justice sociale est une question clé. Et il a intégré aussi la question écologique. Donc c'est un exemple pour nous, en tous les cas. Lui et aussi Antonio Costa au Portugal. Politique parisienne, puis les auditeurs, ils sont très nombreux au standard. Karine.
Alors dans la perspective des élections municipales, maintenant, il y a déjà beaucoup de candidats à votre poste, à la mairie de Paris. Quand allez-vous officialiser, vous, votre entrée en campagne ? Je rappelle quand même que les municipales, maintenant, c'est dans dix mois, quoi.
D'abord, il reste quasiment un an encore de mandat. Et le mandat municipal, ce n'est pas six ans, moins un an qui serait dédié à la campagne. Donc je suis à la tâche en tant que maire et encore beaucoup de dossiers à présenter aux Parisiens. Je pense, par exemple, à toute cette transformation urbaine qu'on est en train de faire autour des pistes cyclables. Il y a des questions déjà là-dessus au standard. Je n'en doute pas. Vous n'en doutez pas. Je n'en doute pas. Mais autour des pistes cyclables, autour de toutes ces livraisons de jardins. Mais vous vous déclarez quand, alors, le top départ ? Soyez patient, Nicolas Demeurent. Où serez-vous candidate ? Dans quel arrondissement ?
Mais ça, on verra. Je ne vais pas... Vous avez toujours été candidate dans le 15e. Je suis en train de livrer encore et de travailler entièrement à la tâche pour ce mandat qui a été un mandat particulièrement éprouvant. Un mandat qui a été très sollicité, tant sur les questions sociales. Je pense à la crise des migrants et des réfugiés à laquelle on fait encore face aujourd'hui. Je pense bien sûr aux grandes transformations liées à la transition écologique. Donc, j'ai encore du travail. Hervé est en ligne. Hervé de Montrouge. Bonjour et bienvenue.
Oui. Bonjour Nicolas Demeurent. Bonjour Ami Dalgo.
Bonjour.
Ma question était... Il est question de... Plus que question de passer à 70 km heure sur le périphérique. Et avec en vue la baisse à 50 km heure avec l'interdiction pour les poids lourds éventuellement de circuler sur le périphérique. Donc, je voulais savoir effectivement si vous voulez que l'escape ou si au contraire vous avez des... Accélérez un peu Hervé.
Accélérez un peu. On est sur une autoroute là le matin. De 50 à 70. On l'a bien compris. Merci beaucoup Hervé. Anne Hidalgo vous répond. Allez-vous déclarer alors, oui ou non, cette réduction de la vitesse sur le périphérique ? D'abord, on est déjà à 70 km heure. Oui, c'est ça. Et on descend à 50. Et puis là, d'abord une méthode. La méthode qui est la mienne, c'est quand même d'abord d'étudier, d'analyser, de concerter. Il se trouve qu'un groupe d'élus du Conseil de Paris, mais de vraiment toute la représentation politique, de la droite à la gauche en passant par les écolos, ont fait une proposition que je vais recevoir le 21 mai. cette proposition propose d'aller plus loin.
Et je suis assez favorable évidemment à cette proposition-là, que je vais regarder quand même précisément.
Ça peut coûter très cher quand même, les 80 km heure pour le gouvernement,
on sent que... Vous savez, on est déjà passé à 70 nous sur le périphérique. Donc là, l'idée c'est d'aller à 50. C'est la première question que vous a posée quand même. Bien sûr, mais il faut évidemment étudier, concerter. Mais je pense que la diminution... Mais la décision est prise ou pas ? Non, non, la décision n'est pas prise, puisque d'abord le rapport doit m'être rendu le 21 mai. À partir de là, il y aura évidemment débat au Conseil de Paris. Je pense que de toute façon, le périphérique parisien qui joue un rôle dans la métropole, donc évidemment ça doit se faire avec les élus de la métropole, comme on a fait sur beaucoup d'autres sujets, on doit travailler ensemble.
Mais la vocation du périphérique, ce n'est pas de rester une autoroute urbaine dans les années qui viennent. Donc la proposition de transformer le périphérique en d'abord boulevard parisien, c'est-à-dire faire réduire la vitesse et en même temps végétaliser, c'est bien sûr dans ce sens-là qu'il faudra aller. Mais j'attends le 21 mai d'avoir toutes les propositions de ces groupes politiques du Conseil de Paris et puis de pouvoir travailler avec eux et de prendre les décisions, mais ça va dans le bon sens évidemment. Martine, Martine est au standard. Bonjour et bienvenue.
Oui, bonjour Madame Hidalgo.
Bonjour.
Je suis parisienne et je dois dire que depuis votre mandature, la ville est terriblement impactée. Là, il y a 6000 chantiers qui ont été réalisés, qui sont en cours, on ne peut pas circuler et la plupart de ces chantiers sont dus à la ville de Paris. Ensuite, vous privilégiez totalement les voies cyclables. Je suis avocat, j'ai besoin de ma voiture pour me déplacer, mais je prends aussi le taxi. On ne peut absolument plus circuler. Donc, deux points noirs. Un, on ne peut plus circuler. Deuxièmement, au niveau de la pollution, c'est monstrueux parce que depuis que vous avez fait couper les voies sur berge, la pollution a terriblement augmenté vers les voies sur berge et tout autour.
Qu'allez-vous faire pour réduire, un, la pollution, et deux, pour qu'on puisse mieux circuler à Paris si on n'a pas envie, et je n'ai pas envie de prendre un vélo parce que je ne me sentirai pas en sécurité. Il faut penser aussi à tous nos concitoyens qui ont envie de prendre des taxis et qui roulent en voiture.
Merci Martine pour cette question. Alors, les chantiers d'abord et la difficulté à circuler dans Paris. Vous allez me dire que vos chiffres vous disent l'inverse. Absolument. Mais je pense que, voilà, absolument. Mais je pense que, intuitivement, il y a un énorme nombre de Parisiens qui pensent mot pour mot ce que vient de dire Martine. Anne Hidalgo. Alors, d'abord, chère Martine, les nombreux chantiers qu'il y a à Paris, 7000, pas 6000, 7000 chantiers, donc vous voyez, je corrige à la hausse, sont pour l'essentiel des chantiers liés, non pas à la ville de Paris.
Là-dedans, on doit avoir à peu près 700 chantiers qui sont directement liés à la ville et notamment, par exemple, les pistes cyclables. Tout le reste, c'est quoi ? C'est les réseaux de gaz, les réseaux d'eau, les réseaux d'électricité. Parce que Paris est une ville ancienne et que si on ne l'entretient pas et si on n'entretient pas les réseaux, eh bien, on risque d'avoir vraiment des dégâts importants. Vous connaissez la dangerosité du gaz. Imaginez qu'on ne fasse pas ces chantiers qui sont des chantiers GRDF ou les chantiers CPCU ou les chantiers d'eau. Imaginez dans quel état serait la ville si on ne l'entretenait pas.
Mais quand une Parisienne comme Martine vous dit « On n'en peut plus, on ne peut plus circuler ». Non, et c'est vrai que nous sommes, en fait, dans une période de transition. Et la transition est difficile. Donc, j'entends, évidemment, que celles et ceux qui avaient des habitudes avec la voiture individuelle, tout d'un coup se disent « Il faut changer nos modes de déplacement. » « Ça n'est pas facile d'abandonner ses habitudes ». Donc, je comprends et je ne balaye pas du tout d'un revers de main ce que vient de dire Martine. Et elle parle des taxis aussi. C'est un métier, les taxis. Alors, taxi, c'est un métier, mais taxis... Compliqué, visiblement.
Les taxis, d'abord, on les défend beaucoup, on les soutient beaucoup. Je pense que les taxis, et d'ailleurs, la plupart d'entre eux le reconnaissent aussi, ils ont accès aux voies dédiées aux bus et aux taxis. Ils ont un accès prioritaire. L'objectif qu'il faut comprendre, Martine, c'est que dans nos grandes villes, et ce n'est pas que le cas de Paris, on ne va plus pouvoir continuer comme avant. C'est-à-dire, chacun, dans sa petite voiture, personnelle, individuelle, avec un moteur thermique et au diesel, c'est fini. Ça, c'est un modèle du passé.
D'ailleurs, regardez, Martine, toutes les grandes villes du monde qui réussissent, qui attirent, sont des villes qui, comme nous, d'ailleurs, sont en train de faire ce travail et privilégier le vélo. Je finis là-dessus, Nicolas Demorand. Oui, il y a beaucoup de questions. Le vélo, c'est quelque chose de très important. Bien sûr, tout le monde ne peut pas faire du vélo. Mais aujourd'hui, vous avez une augmentation à Paris extrêmement importante de la pratique du vélo, y compris assistance électrique. et c'est parce que nous faisons des pistes cyclables sécurisées que vous pourrez, ou d'autres pourront, prendre le vélo. Et c'est très agréable.
Anne Hidalgo, je voudrais qu'on retourne au standard parce qu'il y a ceux qui se plaignent de la circulation en voiture. Il y a des piétons aussi qui ne sont pas contents. Bonjour, Dominique.
Oui, bonjour. Merci de prendre ma question.
Je vous en prie.
Madame, je voudrais vous poser une question. C'est, être piéton à Paris est devenu dangereux et épouvantable. Je vais vous parler des trottinettes électriques qui sont maintenant une plaie. Je vous demande si vous allez mettre en place une réglementation sur la vitesse, qu'elle soit mise à disposition par des opérateurs ou des trottinettes manuelles, enfin électriques personnelles. Ça roule n'importe comment. Ça renverse les piétons. C'est devenu vraiment une plaie. En plus, quand les utilisateurs les laissent de côté et les mettent n'importe où. Donc, surtout, Madame le maire, je vous demande par rapport à la vitesse. C'est devenu une plaie. Merci beaucoup.
Merci à vous, Dominique. Anne Hidalgo. Vous avez entièrement raison. D'abord, ces trottinettes électriques sur les trottoirs, ce n'est pas juste la vitesse. Je les ai interdites. J'ai pris un arrêté d'interdiction. Et nous avons, avec l'embryon de police municipale que j'ai mis en place, avec Michel Felquet, qui est responsable de la sécurité à Paris, nous avons conduit plusieurs opérations, notamment dans le centre de Paris, où on ramasse ces trottinettes qui sont en plus posées, je ne dis même pas garées, mais posées n'importe où, et qui entravent la marche des piétons. Et nous les enlevons. Et on verra bien ce qu'elles deviennent, ces trottinettes enlevées. J'ai demandé...
Et on verbalise, évidemment. Mais les entreprises,
les entreprises qui les déposent, en fait, parce qu'elles-mêmes les mettent,
n'importe quoi. Bien sûr. On verbalise ces entreprises-là. Vous savez, il y avait au début une société qui joue à peu près le jeu et qui avait signé, a signé une charte de bonne conduite à Paris. Et puis sont arrivés beaucoup d'autres opérateurs. Et c'est du grand n'importe quoi. J'ai demandé, parce que ce qu'il faut savoir aussi, c'est que la trottinette électrique n'existe pas dans la loi. Donc j'ai demandé aussi à Elisabeth Borne, la ministre des Transports, et elle va dans ce sens-là, que dans la future loi sur les mobilités, il y ait des textes qui permettent aux maires, au pluriel, de pouvoir sévir encore de façon plus efficace et plus importante.
Mais notre auditrice a parfaitement raison. C'est inadmissible de voir ces trottinettes qui sont dangereuses, qui empêchent, lorsqu'elles sont sur les trottoirs, la place de ces trottinettes, parce que c'est un moyen de locomotion, évidemment, c'est d'être sur les pistes cyclables.
Mais la question, c'est qui a le droit de rouler où aujourd'hui ? On a l'impression que tout ça n'est pas vraiment organisé. Ce n'est pas que ce n'est pas organisé,
ça n'est pas défini parce que les trottinettes sont apparues récemment dans le paysage de la mobilité et il n'y a pas de texte de loi qui reconnaît ce qu'est une trottinette. Donc, on attend la loi sur la mobilité. Mais je n'ai pas voulu attendre parce que cette loi sur la mobilité a été repoussée de mois en mois. Donc, j'ai pris un arrêté là où je pouvais agir, c'est-à-dire en interdisant l'usage de ces trottinettes électriques sur les trottoirs et c'est là où elles sont sanctionnées aujourd'hui. On fait beaucoup d'opérations toutes les semaines de verbalisation et de retraite de ces trottinettes. Karim est au standard. Bienvenue, bonjour. Bonjour. On vous écoute. Bonjour.
Bonjour. J'habite le 18e arrondissement de Paris. Je vous appelle pour la saleté. La saleté dans les rues de Paris et dans les quartiers les plus populaires. Moi, j'habite proche de la rue de Clignancourt, la place de Clignancourt par dans la porte. Et on a vécu pendant deux ans une saleté qu'on ne peut pas nommer. et on a pris des photos, on a signalé très peu d'interventions et là, les élections approchantes, on a aujourd'hui plus de propreté. Je voulais vous questionner sur le niveau de propreté dans Paris et notamment les quartiers populaires. On a des HLM.
Effectivement, peut-être, une population qui a peut-être des incidivités plus importantes mais pour autant, elle mérite comme je mérite aussi d'avoir de la propreté dans mes rues. Merci. Vous pouvez le faire pour nous, madame.
Merci, Karim. Avalanche de questions sur ce thème. Qu'attendez-vous pour faire de Paris une ville modèle ? Paris est dégueulasse, les poubelles débordent. Ça, c'est Julie sur l'application France Inter sans parler des déjections canines, etc. Anne Hidalgo. D'abord, vous avez raison, les quartiers populaires méritent toute notre attention et notamment au regard de la propreté.
Vous savez, je suis toutes les semaines à la porte de la chapelle parce que la porte de la chapelle dans le 18e arrondissement a été ces dernières années très impactée par différents phénomènes et encore aujourd'hui, notamment les réfugiés mais aussi un débordement qu'on a vu sur la voie publique et une situation qui est absolument totalement insatisfaisante. Bien sûr qu'on a pris des mesures, ça fait déjà plusieurs mois qu'on a pris ces mesures de renforcement des équipes de propreté notamment dans ces quartiers populaires ou dans les quartiers très fréquentés par les touristes parce qu'il y a aussi beaucoup d'incivilités. Mais alors qu'est-ce que vous pouvez faire ?
C'est ça ce que demandent les auditeurs ? Ils ont l'impression de vivre dans une ville salle. Non, je pense qu'il faut aussi sortir, regarder les choses avec objectivité. Il y a beaucoup d'incivilités, beaucoup de densités, beaucoup de fréquentations de la ville. Plus il y a de personnes dans une ville, plus il y a des problèmes effectivement d'incivilités et de propreté. Donc on a augmenté évidemment les services pour cette propreté.
J'ai même passé des marchés spécifiques avec des opérateurs privés pour venir plusieurs fois par semaine, quasiment 5 jours par semaine sur la porte de la chapelle et dans les quartiers qui étaient les plus dégradés pour nettoyer, pour accompagner évidemment les habitants parce qu'on ne peut pas les laisser dans cette situation. Et puis la verbalisation qui est aussi une façon de répondre à ceux qui sont dans des comportements inciviques.
Mais ce que je veux dire c'est que cette question de la propreté, par exemple sur le nord de Paris, elle est aussi liée à une situation sur l'espace public qui ne relève pas que de la ville de Paris, qui relève aussi de la police nationale et de la préfecture. Je pense notamment aux ventes à la sauvette, je pense à la question des réfugiés et des migrants sur lesquels nous sommes abandonnés, sur lesquels nous sommes abandonnés et sur lesquels je demande avec d'autres maires, Paris n'est pas la seule ville dans cette situation, que l'État nous vienne en aide. Un mot, dernière question. Sur Notre-Dame de Paris,
on découvre ce matin des démos du ministre de la Culture, Franck Riester, qui nous dit que finalement l'incendie aurait pu démarrer de la flèche. Jamais on avait entendu parler de ça. Est-ce que vous avez des informations supplémentaires et quand est-ce qu'on saura véritablement ce qui s'est passé ?
D'abord l'enquête est en cours mais l'enquête a déjà permis de voir qu'on était au pied de la flèche, pas sur la flèche mais au pied de la flèche puisque c'est là que le chantier était en cours. En tous les cas, il n'avait pas vraiment commencé mais que l'échafaudage... Non, non, vraiment c'est autour de la flèche. Bien sûr, sur Notre-Dame, voilà, moi je pense qu'il faut, c'est bien de fixer un cap et je suis d'accord avec le président de la République sur un délai de 5 ans, bien sûr pas au détriment de la qualité et de l'histoire. Je suis plutôt conservatrice sur la question de Notre-Dame. Merci Anne Hidalgo, merci beaucoup d'avoir été au micro d'Inter ce matin.
Le carrefour du 7-9 est à suivre, il est encombré, on est en retard.
Anne Hidalgo