Visite d’État en République de Corée : déclaration du Président Emmanuel Macron depuis Séoul.
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bien, merci beaucoup. Merci à tous et à toutes mesdames et messieurs d'être là. heureux d'être à vos côtés en ce début de visite d'État en en Corée et c'était l'occasion pour nous d'abord de rendre de rendre hommage à nos anciens combattants aux Français qui sont tombés ici au côté de leur frères d'armes coréen et de l'ensemble des contingents qui étaient engagés au cas des Nations-Unies pour la liberté et la paix et puis de pouvoir voir des vétérans de cette guerre ici ainsi que quelques-uns de nos jeunes. un des liens que nous avons avec avec la Corée, celui de de partager les mêmes valeurs et celui de nous être battu pour pour la liberté et ceci au début de d'une visite pendant laquelle nous voulons redynamiser les relations sur le plan à la fois militaire, économique, culturel et j'aurai l'occasion d'y revenir.
Je vais peut-être en deux mots vous dire aussi ce que je retiens de la visite que nous venons d'effectuer au Japon où nous avons eu l'occasion en effet à la fois d'avoir de entretiens approfondis avec la première ministre Takaishi et puis plusieurs séquences sur les questions de recherche sur les liens économiques et les liens culturels. Dans le temps que nous vivons, la France et le Japon ont d'abord des liens extrêmement structurés. Je l'ai rappelé hier sur le plan économique, technologique et de recherche.
Donc nous souhaitons les consolider. Nous avons signé plusieurs textes. Mais je crois profondément la stratégie que poursuit la France depuis plusieurs années et que poursuit l'Europe aujourd'hui, c'est celle de renforcer notre autonomie stratégique, notre indépendance et de refuser une dépendance excessive à quelque hémonie que ce soit.
Le Japon poursuit le même objectif dans la région. Ensuite, nous croyons aux valeurs démocratiques, nous croyons à l'ordre international qui repose sur la charte des Nations Unie et au respect entre les peuples qui en découlent. Nous croyons à la coopération, au commerce libre et équitable et nous croyons à la science, à la nécessité de répondre au défis climatiques.
Tout ça relie très profondément la France et le Japon et d'ailleurs la France et la Corée du Sud aussi. Et donc c'est dans ce cadre-là que nous considérons qu'il y a des partenariats à renforcer. Et ce que nous faisons sur l'intelligence artificielle, le quantique, les semi-conducteurs, le spatial, mais également sur les terres rares et les minerais critiques et que nous avons renforcé avec le Japon hier ou sur le nucléaire civil permet de renforcer dans chacun de ces domaines notre autonomie stratégique et de bâtir ensemble des solutions qui sont pas hégémoniques, qui sont des partenariats, mais de réduire nos dépendances aux uns ou autres et d'apporter à la fois de la croissance, de la décarbonation et de l'indépendance Et c'est aussi pour ça que nous défendons pas simplement les liens bilatéraux avec ces pays, mais un renforcement de cet espace régional qui s'appelle le CPT pipi avec l'Union européenne.
Cette 3e voix, vous m'entendez défendre depuis plusieurs années, qui est au cœur de la stratégie indo-acifique de la France a encore plus de sens au moment actuel parce que c'est celle qui permet justement de de continuer à défendre la voie du droit international et c'est pour moi très important de venir la renforcer par ce voyage. Je vais maintenant répondre à vos questions. Justement sur cette question, est-ce que madame Takaichi vous a donné des signes montrant qu'elle était prête à faire une forme d'émancipation de son allié américain ?
Paris hier vous avez fustigé l'imprévisibilité de certains alliés. On a compris que vous parliez des États-Unis et est-ce que c'est un message que vous allez essayer de porter aussi ce soir avec monsieur Lee en lui disant il faudrait aussi rejoindre cette coalition des États indépendants et un peu s'émanciper des États-Unis ? D'abord je ne présente pas en ces termes qui seraient je dirais négatif.
Ensuite, c'est une question qui est souveraine et quand on regarde le niveau de la présence à la fois militaire de de l'importance des liens et c'est bien légitime depuis maintenant plus de 70 ans, je pense ça peut pas être incantatoire. Néanmoins, j'ai je perçois chez tous mes interlocuteurs la même chose que chez nous, c'est-à-dire une interrogation, un doute quand on est confronté à des situations qui ne sont pas prévisibles et qui peuvent parfois mettre dans la difficulté. Et donc je crois que la la conviction qui maintenant est croissante à la fois chez les responsables politiques mais également chez les responsables économiques, c'est celle de devoir diversifier les partenariats.
Et je crois que l'Europe, en tout cas, c'est ce que je suis venu plaider, l'Europe et la France doivent être regardé sans doute un peu différemment. J'ai rappelé nos chiffres, nos atouts, mais également le fait que nous étions des partenaires au service de l'ordre international prévisible et de confiance. Et au fond, dans la guerre aujourd'hui qui à court au Moyen-Orient, c'est la même chose.
C'est le même message qu'envoie la France. Nous sommes des partenaires de confiance et nous sommes du côté du droit international et de la stabilité. Je crois que ça a beaucoup de valeur.
Voilà. Donc tout ça prendra du temps mais je pense que les choses sont en train de s'infléchir et en tout cas c'est très cohérent avec ce que nous défendons depuis maintenant 9 ans sur la stratégie indo-acifique. Monsieur le président, vous faisiez allusion à l'instant au président Trump qui s'en est pris ces derniers jours plusieurs fois à la France et hier soir, il s'en est même pris à vous directement avec des allusions privées sur votre couple.
Qu'est-ce que vous lui répondez ? Est-ce que c'est une attaque que vous considérez comme la contre la France ? Ce qu'il a dit.
Écoutez, je veux pas rentrer. On parle de choses trop graves, on parle de guerre. Euh, on parle de aujourd'hui de de femmes et d'hommes qui sont au combat, de femmes et d'hommes et de civils qui sont tués, de la guerre qui s'est vit dans cette région.
On parle aussi des conséquences de cette guerre sur nos économies. Je pense à nos compatriotes, les Américains vivent la même chose. Les prix de l'essence, du gaz qui montent et donc les propos que j'ai pu entendre auquel vous faites référence ne sont ni élégants ni à la hauteur.
Voilà, donc je vais pas y répondre, ça mérite pas de réponse. Ce qu'il faut faire, c'est agir pour la désescalade, pour incesser le feu, pour la reprise de négociation qui seul peuvent régler en profondeur ce qui se joue dans la région qui est important pour la stabilité. de tous nos partenaires et de nous tous et pour la reprise aussi d'une d'une libre circulation et la reprise des des échanges économique dont nous avons besoin parce qu'aujourd'hui ce sont nos compatriotes, c'est nous tous qui sommes les victimes des conséquences de cette guerre.
Malgré tout, malgré tout, est-ce que ça ne dist pas vos vos liens ? Est-ce que ça ne fait pas encore plus peut-être des États-Unis un partenaire qui deviendrait encore plus imprévisible que jamais ? C'est pas ces mots qui changent quoi que ce soit.
La réalité est là. Et donc moi ce qui m'importe c'est d'aller de l'avant pour pour notre pays, pour nos compatriotes et pour tous nos amis dans la région. Et donc maintenant il faut il faut bâtir les solutions diplomatiques.
Voilà et donc permettre permettre d'avoir la paix le plus vite possible. cesser le feu, un cadre clair et permettre de reprendre la libre circulation à travers le D3 d'Ormous et pouvoir avoir justement un cadre établi et ensuite construire le chemin d'une paix durable. Alors, il y a toute la région et puis il y a la question aussi du Liban à laquelle évidemment euh nous sommes très attachés et sur laquelle nous œuvrons au côté des autorités libanaise.
Juste pour président, hier, vous avez justement parlé, vous avez dit sur NHK à quoi servirait d'avoir bombardé l'Iran pendant des semaines s'il ne sortait pas un nouveau cadre ? Quel pourrait être ce cadre ? On sait assez assez bien ce qu'il en ce qu'il convient de bâtir.
Il y a eu des emprises nucléaires qui ont été détruites, à nouveau frappé. Je rappelle qu'il y a 6 mois, on nous avait expliqué que tout avait été détruit, tout était réglé, hein, pour ceux qui l'avaient oublié. Donc, on voit bien que qu'est-ce qui manque ?
S'il y a pas derrière des enquêteurs internationaux qui vont regarder où sont la matière existante, comment se font les recherches, aller vérifier les sites, ça n'est pas sérieux parce que vous avez toujours aujourd'hui et vous aurez demain en Iran des gens qui ont la compétence. vous avez toujours des sites cachés et cetera. Et donc ça n'est pas une action militaire ciblée même sur quelques semaines qui permet de régler dans la durée la question du nucléaire.
Et donc derrière, il faut un cadre le plus exigeant possible pour éviter qu'il y ait de nouveaux enrichissements, pour éviter pour traiter la question des matières qui seront encore justement sur place, de voir comment les traiter. Il y a plusieurs, je vais pas rentrer ici dans les modalités techniques, mais sous l'autorité de l'Agence Internationale de l'énergie atomique de pouvoir en reprendre le contrôle et de s'assurer qu'il y a pas d'enrichissement ni derrière de militarisation. Ça c'est la première chose.
S'il y a pas de cadre de négociation diplomatique et technique, la situation peut se redétériorer en quelques mois ou quelques années. Ensuite, sur les activités balistiques, c'est la même chose. Il faut derrière qu' qu'à travers la négociation, on bâtisse un cadre qui permet d'observer l'évolution de ses capacités et de s'assurer qu'il y a pas à nouveau un réarmement.
La troisième chose, c'est qu'il y a un engagement aussi sur ce qu'on appelle les proxis. En tout cas, tous les groupes, groupes terroristes ou milices qui agissent au nom de l'Iran dans des pays voisins et qui viennent bousculer la souveraineté de plusieurs de ces de ces États. Et donc sur chacun de ces sujets, ça n'est que par une négociation approfondie un accord et d'ailleurs, il faut mettre dans cet accord également la question des sanctions qu'on pourra donc c'est par un tel accord qu'on pourra s'assurer d'un suivi dans la durée et préserver la paix et la stabilité pour tous.
Monsieur le président, parmi les déclarations notamment d'hier, il y a cette menace de nouveau brandi de se désinvestir de l'OTAN de la part des des Américains. En tout cas Donald Trump et certains de ses ministres qui insistent de plus en plus sur ce point en restant évidemment en bigu. Et puis il y a aussi une autre déclaration hier soir, c'est ces annonces de frappe encore plus dure pour de à 3 semaines sur l'Iran.
Quelle est votre réaction sur ces deux points ? Écoutez, moi j'ai pas beaucoup de réactions à avoir. Je je pense que des organisations, des alliances comme l'OTAN, elle valent par ce qu'on ne dit pas, c'est-à-dire la confiance qu'il y a derrière.
Et c'est souvent comme ça d'ailleurs des sujets militaires et stratégiques. Si on crée chaque jour le doute sur son engagement, on envie de la substance. m'appartient pas de commenter.
C'est une responsabilité que prennent aujourd'hui les autorités américaines en chaque matin disant qu'elles ne feront ceci, ne feront pas cela ou autre. Quand on a signé un texte, quand on s'est engagé dans une alliance, quand on croit qu'il est important de défendre la sécurité de ses alliés, en tout cas partenaires, n'est à la hauteur des engagements qu'on a signé. On les commande pas chaque matin, ni pour dire qu'on le fera ou qu'on le fera pas.
On dit rien. Et le jour où il y a un problème, on est là. On a signé des accords avec les pays du golf.
On n' pas commenté ces accords pour dire on sera là, on sera pas là. Ils ont été attaqués, on était là. C'est comme ça que ça doit se passer et pas d'une autre manière.
Donc moi, je suis pas là pour commenter les commentateurs. Je trouve que je parle trop et ça va trop dans tous les sens. Voilà.
Et donc je pense que le monde a besoin de stabilité. Je pense qu'on a tous besoin de stabilité, de calme, de retour à la paix et ça n'est pas un spectacle. On parle de paix, de guerre, on parle de la vie de femmes et d'hommes.
On parle de la situation de nos pays, des risques qu'il y a sur nos pays et on parle de la situation économique de nos pays. D'ailleurs, qu'il s'agisse des États-Unis d'Amérique ou de nous européens ou ici d'asiatique. Tout le monde paye les conséquences.
Donc faut être sérieux. Quand on va être sérieux, on dit pas chaque jour le contraire de ce qu'on a dit la veille. Et il faut peut-être pas parler tous les jours, faut juste faire calmer les choses et bâtir une paix durable.
Sur les frappes, potentielles frappes massives annoncé hier soir. J'ai pas tellement de commentaires à faire. Je pense que je suis pas le commentateur d'une opération que les Américains ont décidé avec les Israéliens seul.
Ils peuvent après déplorer qu'ils ne sont pas aidés dans cette opération qu'ils ont décidé seul. C'est pas c'est pas notre opération. Nous ce que nous voulons c'est qu'il y ait la paix le plus vite possible et un cadre diplomatique qui soit établi.
Et donc je vais pas moi commenter ce qui est dit par les uns les autres. Je m'assure en tout cas que la sécurité de nos partenaires est préservée, que la sécurité de nos emprises est préservée et que nous puissions aussi aider les pays qui sont les plus déstabilisés du ban que j'évoqué et surtout que le plus vite possible on puisse restaurer la liberté de de circulation sur le des trit d'ormous justement. Est-ce que les la la première ministre japonaise et vous allez en parler avec le président sud-coréen se sont engagés à participer à l'initiative que vous avez évoqué il y a il y a maintenant de tr semaines et là encore Trump a redit dans son allocution [grognement] ça ne suffit pas d'intervenir comme vous proposez une fois que les armes se seront tues au pays qui ont besoin du mousse de venir maintenant le libérer.
Prenez-le, allez-y. Est-ce que il y a pas une quelque chose de difficile à réconcilier entre ces deux ? Non, il y a d'abord il y a des gens qui défendent l'idée de libérer de vif force par une opération militaire le D3 d'ormous. position qui a parfois été exprimée par les États-Unis d'Amérique.
Je dis parfois parce qu'elle a pu varier. Ça n'est jamais l'option que nous avons retenu et nous considérons qu'elle est irréaliste. Elle est irréaliste parce qu'elle prendrait un temps infini et elle exposerait tous ceux qui iraient au travers de Z3 des risques côtiers de la part des gains de révolution qui ont des moyens mais aussi de missiles balistiques de tas de risques.
Depuis le début, nous ce qu'on dit c'est que il faut pouvoir rouvrir ce D3 parce qu'il est stratégique pour l'énergie, pour d'ailleurs les engrais aussi commerce international mais que ça ne peut se faire que de manière concertée avec l'Iran. Et donc première chose, c'est évidemment qu'il a un cesser le feu, une reprise de négociation et dans ce cadre pour garantir qu'il y a pas de frappe qui touche ces bateaux avec possiblement c'est ce qu'on offre des missions de réassurance. C'est une des options possibles de pouvoir le faire mais ça n'est en aucun cas une opération de vive force dans laquelle nous enfin que nous avons proposé.
Voilà, le cadre est clair. Donc c'est pour ça qu'il est il vient dans un temps second mais ne pensons pas qu'on puisse libérer l'ouvrir de vive force. Après c'est là où aussi la négociation diplomatique est très importante, c'est que le monde ne peut pas vivre avec non plus l'Iran qui du jour au lendemain déciderait d'ouvrir de fermé.
Donc il faut que le cadre soit établi. Il y a des eaux iraniennes, il y a des eaux internationales, il y a des eaux humanaises. Il faut que tout ça soit bien établi et respecté et surveiller et que les choses puissent reprendre.
Quelques mots très rapides, monsieur président, juste sur le territoire national. On vous a pas entendu de vive voix sur cette cet attentat déjoué Bank of America à Paris et ce matin, on apprend que la Gonman Sack s'est placée sous protection judiciaire après des menaces d'un groupe iranien. Quelles sont les informations que vous avez à ce sujet ?
Je ne ferai pas de commentaire au-delà de ce que les magistrats en charge du dossier et les ministres peuvent dire. Je veux ici simplement dire que nous sommes extrêmement vigilants comme nous le sommes depuis toujours sur le les menaces terroristes. Je félicite les services enquêteurs qui ont tu l'information et qui ont ainsi pu déjouer la tentative qui s'est organisée il y a quelques jours.
Je veux dire que nous sommes très vigilants sur chacun de ces sujets pour aussi rassurer tous ceux qui peuvent être ciblés d'ailleurs en France comme ailleurs parce qu'on a vu plusieurs autres pays européens qui ont été ciblés par des tentatives d'attentat du même du même type. Grande vigilance, mobilisation de l'ensemble des services compétents et des magistrats et c'est eux qui vous éclaireront sur les faits. Merci à toi aussi.
Merci beaucoup. Merci mesdames et messieurs. [raclement de gorge]
Emmanuel Macron