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Podcast / conversationFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 18 juillet 2025 21 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesNumériqueSolidarités & famille

Où en est l'épargne des Français ?

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:54OuverteRéponse directe

    Pourquoi les taux du livret A et des autres livrets ont baissé autant d'un coup ?

  • 2:04OuverteRéponse directe

    Si on a 7000 euros sur le livret A, combien aura-t-on en moins cette année ?

  • 3:08OuverteRéponse directe

    Les Français épargnent toujours autant, voire plus. Quelle part du salaire cela représente-t-il ?

  • 4:53OuverteRéponse directe

    Ce ne sont pas tous les Français qui épargnent, c'est ça ?

  • 7:05RelanceRéponse directe

    Vous n'étiez pas tout à fait d'accord sur qui épargne ?

  • 8:05OuverteRéponse directe

    Est-ce que la baisse des taux ne va pas faire ralentir la collecte et aller vers la consommation ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:08InvitéFait
    « La raison, elle est simple. C'est qu'on a vaincu l'inflation. »
  • 1:22InvitéFait
    « Quand le taux du livret A était à 3%, à un moment, l'inflation était montée à 6%. »
  • 1:32InvitéChiffre
    « Aujourd'hui, on a une inflation qui est autour de 1%, avec un taux d'intérêt du livret A à 1,7% et 2,7% pour le livret d'épargne populaire. »
  • 1:50InvitéChiffre
    « L'an dernier, on a pu financer 110 000 logements sociaux supplémentaires et rénover aussi 110 000 logements sociaux. »
  • 2:14InvitéChiffre
    « 7400 euros selon les derniers chiffres de l'observatoire. »
  • 3:42InvitéChiffre
    « Le taux d'épargne qui était avant Covid, c'était à peu près ce qu'on appelle entre 14 et 15 % du revenu disponible. »
  • 3:49InvitéChiffre
    « Aujourd'hui, il est à plus de 18 %. »
  • 6:40InvitéFait
    « On bat des records d'épargne, mais on bat des records en termes d'inégalités qui n'ont jamais atteint ce niveau depuis 30 ans. »
  • 7:12InvitéChiffre
    « La dernière enquête que j'ai faite, on est plutôt sur 7 Français sur 10 qui épargnent que 4 ménages sur 10. »
  • 7:27InvitéFait
    « L'effort d'épargne est majoritairement réalisé par les 20% des Français les plus aisés. »
  • 7:45InvitéChiffre
    « Au-delà de 55 ans, deux tiers à peu près, de l'effort d'épargne. »
  • 12:50InvitéFait
    « Depuis le début de l'année, on constate un regain pour l'assurance-vie. »
  • 13:16InvitéChiffre
    « Le taux de rendement des fonds euros de l'assurance-vie qui ont une garantie en capital, c'est à peu près 2,6% en moyenne. »
  • 13:48InvitéChiffre
    « L'encours de l'assurance-vie, c'est plus de 2 000 milliards d'euros sur l'assurance-vie contre 440 milliards d'euros pour le livret A. »
  • 15:36InvitéChiffre
    « Il y avait 7 millions de ménages en 2021, aujourd'hui il y en a quasiment 12 millions. »

Temps de parole

  • Invité27 %
  • Invité 226 %
  • Invité 324 %
  • Présentateur23 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

1,7% ce sera donc le taux du livret A à partir du 1er août, un rendement en baisse alors qu'il était à 2,4% depuis le début de l'année, même à 3% jusqu'à début janvier, une telle baisse est inédite depuis plus de 15 ans. L'occasion de se pencher ce matin avec nos invités sur l'état de l'épargne des français. Philippe Creuel, bonjour. Vous êtes directeur du Cercle de l'épargne, centre d'études sur le sujet. Olivier Garnier, bonjour. Économiste en chef à la Banque de France qui vient de publier son rapport annuel sur l'épargne des français. Eganel Goh, bonjour. Vous êtes directrice générale de l'OBSOCO, l'Observatoire Société et Consommation. J'attends vos questions aussi, chers auditeurs.

0145 24 7000 ou l'onglet Réagir sur l'application Radio France. Alors déjà, expliquons peut-être à nos auditeurs qui sans doute s'inquiètent ou sont déçus, j'allais dire, pourquoi les taux du livret A et des autres livrets, notamment le livret du développement durable et solidaire, ont baissé autant d'un coup, Olivier Garnier ?

1:08
Invité

La raison, elle est simple. C'est qu'on a vaincu l'inflation. Alors qui dit moins d'inflation veut dire aussi des taux d'intérêt plus bas. Et du point de vue des épargnants, du point de vue des détenteurs du livret A, ils ne se sont pas pénalisés. Puisqu'il faut se souvenir que quand le taux du livret A était à 3%, à un moment, l'inflation était montée à 6%. L'inflation a beaucoup plus baissé que les taux d'intérêt. Aujourd'hui, on a une inflation qui est autour de 1%, avec un taux d'intérêt du livret A à 1,7% et 2,7% pour le livret d'épargne populaire. Et dans le même temps, ça veut dire aussi qu'on aura des coûts de financement plus bas pour le logement social, pour financer les PME.

L'an dernier, on a pu financer 110 000 logements sociaux supplémentaires et rénover aussi 110 000 logements sociaux. Donc c'est gagnant-gagnant, gagnant pour les détenteurs du livret A et gagnant aussi pour le financement de l'économie.

2:04
Présentateur

Phil Crevel, gagnant-gagnant, ça représente un petit manque à gagner tout de même puisque le taux va baisser. Donc si on a, je ne sais pas, le montant moyen sur le livret A, c'est à peu près 7000 euros, c'est ça ?

2:14
Invité

7400 euros selon les derniers chiffres de l'observatoire.

2:16
Présentateur

Ça va représenter, on aura combien en moins cette année ?

2:18
Invité

Sur une base annuelle, donc c'est une soixantaine d'euros en moins, mais comme cela vient d'être dit, ce qui compte, c'est le rendement réel du livret A. Et donc avec une inflation à 1 point, voire moins, et un taux de livret A à 1,7%, on est en positif. Quand ? Dans le passé, pas si lointain. Quand il y a eu l'inflation à 6 et quand le taux du livret A était à 3, on perdait de l'argent si on calcule de la même façon. Donc aujourd'hui, la situation des épargnants est meilleure que dans le passé. Et un point de rendement réel positif pour un produit d'épargne de court terme, même si pour certains ce n'est pas beaucoup, c'est pas mal au regard de l'histoire de ces 20 ou 30 dernières années.

3:02
Présentateur

Il ne faut pas s'arrêter juste au taux, c'est bien ça que vous nous dites pour commencer. cette discussion. Olivier Garny, je reviens vers vous parce que vous avez donc publié le rapport annuel sur l'épargne des Français, sur l'épargne réglementaire, rapport sur 2024, évidemment. Et ce qu'on constate, c'est que les Français épargnent toujours autant, voire même un peu plus. Alors, on ne peut pas égaler les niveaux de la période Covid parce que c'était très particulier. Mais aujourd'hui, ça représente à peu près quelle part du salaire en moyenne, par exemple ?

3:30
Invité

Alors aujourd'hui, il ne faut pas regarder que le salaire puisque dans le revenu, il y a aussi tout ce qui vient des prestations sociales. Il y a bien sûr les impôts qui viennent aussi. S'il y a plus d'impôts, on a moins d'argent pour épargner. Mais le taux d'épargne qui était avant Covid, c'était à peu près ce qu'on appelle entre 14 et 15 % du revenu disponible. Aujourd'hui, il est à plus de 18 %. Alors, il était monté encore plus haut au moment du Covid. Il y a plusieurs raisons qui jouent. D'abord, après Covid, notamment les ménages les plus aisés, ils n'ont pas dépensé finalement la surépargne qu'ils avaient accumulée pendant la période Covid.

Deuxièmement, on le voit bien et en vous écoutant, on est dans un monde qui est où il y a tous les jours des événements géopolitiques, des incendies. On va revenir sur les causes, bien sûr. Il y a une inquiétude chez les Français, sur les finances publiques aussi. Donc, il y a ce facteur-là qui joue. Puis, il y a un dernier facteur, c'est la composition du revenu. Ce que justement, j'ai dit tout à l'heure, il y a eu de l'inflation. Quand il y a de l'inflation, les taux d'intérêt augmentent. Mais ce revenu-là, ce n'est pas du véritable revenu, c'est juste la compensation de l'inflation. Mais ça fait monter mécaniquement le taux d'épargne.

Quand les taux d'intérêt vont baisser, avec par exemple aussi la baisse du taux du livret A, ça veut dire aussi que mécaniquement, le taux d'épargne va baisser. Mais ça ne veut pas dire que la consommation, que ça va pénaliser la consommation. La consommation, elle dépend d'abord et avant tout des revenus d'activité.

4:53
Présentateur

– Gana Elgo, je vous voyais acquiescer sur l'épargne qui continue, le niveau de collecte par an continue d'être assez élevé. Et surtout, cet argent, il reste sur les comptes d'épargne en fait.

5:04
Invité

– Oui, alors, il reste sur les comptes d'épargne. En fait, moi, ce que je trouve intéressant, ce que vous disiez, c'est qu'aujourd'hui, en fait, on a une épargne qui fonctionne un peu comme un baromètre inversé de la confiance collective. C'est-à-dire que, justement, on va épargner, et on pourra en reparler peut-être, mais parce que la consommation marque un peu le pas, et notamment sur certains publics, on va épargner aussi, parce que, justement, par rapport à l'incertitude dont vous parliez, c'est-à-dire la crainte des imprévus, la crainte aussi du futur, des financements de sa retraite, financements de son logement, financements de sa santé.

Et donc, l'épargne, là, ça devient une sorte de rempart un peu personnel aussi, en pensant à des institutions qui paraissent en tout cas plus fragiles et peut-être moins protectrices à l'avenir qu'avant. Et puis, l'incertitude aussi, il ne faut pas se le cacher, qui est politique. On ne sait pas non plus très bien, en fait, quelles décisions vont être prises. Donc, voilà, on va épargner pour ça. Après, et là aussi, on en reparlera peut-être, ce ne sont pas tous les Français qui épargnent.

6:01
Présentateur

Ah, alors c'est intéressant. Continuez peut-être là-dessus. Ce ne sont pas tous les Français, ce sont ceux qui ont les plus hauts revenus, j'imagine, et le plus de patrimoine peut-être. Exactement.

6:09
Invité

En fait, il y a à peu près 4 ménages sur 10 qui épargnent. Et dans le même temps, il y a 7 ménages sur 10 qui limitent sa consommation. Et là, c'est aussi autre chose. C'est-à-dire que là, il y a quand même une sorte de grand écart qui s'accentue entre justement une France qui va épargner, qui est plus aisée, qui est plus âgée, et une France, au contraire, qui est plus en train de se priver et au milieu, une sorte de classe moyenne qui est en train d'arbitrer un peu entre les deux. Mais il ne faut pas oublier la concomitance du rapport que vous publiez et de celui qui est paru il y a une semaine de l'INSEE qui montre que les inégalités ont augmenté bien plus. Là aussi, on bat des records.

On bat des records d'épargne, mais on bat des records en termes d'inégalités qui n'ont jamais atteint ce niveau depuis 30 ans. Donc voilà, il y a un petit peu ces tensions aussi, ces records, mais ces tensions et ces crispations.

7:05
Présentateur

Philippe Crevel, vous n'aviez pas l'air tout à fait d'accord sur qui épargne ?

7:08
Invité

Alors, sur le taux d'épargne, c'est vrai qu'il y a plusieurs statistiques en la matière. La dernière enquête que j'ai faite, on est plutôt sur 7 Français sur 10 qui épargnent que 4 ménages sur 10. Après, c'est en fonction évidemment des bases. C'est l'INSEE. Et d'autre part... De toute façon, il y a une différence de montant, ça c'est assez évident. Il est certain que l'effort d'épargne est majoritairement réalisé par les 20% des Français les plus aisés. Là, je suis d'accord. Par ailleurs, c'est vrai. Mais pour des raisons de composition, de revenus et également de dépenses, ce sont les ménages les plus âgés qui épargnent. Au-delà de 55 ans, deux tiers à peu près, de l'effort d'épargne.

Mais c'est vrai en France, c'est vrai dans tous les pays. Après, sur le taux de pauvreté, il a augmenté légèrement. Il ne faut pas dire massivement quand même. D'un point tout de même depuis 2022. Voilà, enfin bon, on est à 15% et la France figure quand même parmi les pays où il est le plus faible en Europe. Mais c'est vrai qu'il a augmenté, je le reconnais.

8:05
Présentateur

Olivier Garnier, vous parliez, vous évoquiez déjà un petit peu la consommation. Est-ce que pour revenir à la baisse de ces taux, ça ne va pas faire ralentir le record de collecte et donc aller un peu plus vers la consommation ? On se dit que c'est souvent l'objectif aussi de baisser les taux, c'est que les Français consomment un peu plus.

8:22
Invité

Je ne crois pas que l'objectif de la baisse du taux de livret A, ce n'est pas un effet sur la consommation. Comme je l'ai dit tout à l'heure, quand les taux d'intérêt étaient plus élevés, ce montant-là, il a été principalement épargné. La baisse des taux d'intérêt, ça fera comptablement moins d'épargne, mais ça ne jouera pas sur la consommation. Après, la baisse des taux d'intérêt globalement via le financement de l'économie, ça joue aussi sur la croissance, sur l'investissement, ça peut aussi favoriser l'acquisition. On le voit, par exemple, dans le domaine de l'immobilier où la production, ce qu'on appelle de crédits nouveaux d'immobilier, maintenant est repartie à la hausse.

Donc là, qui dit aussi davantage d'achats immobiliers, il y a aussi davantage de travaux. Donc ça, ça participe à la croissance. Mais ce n'est pas directement l'arbitrage. Il ne faut pas se dire, parce que les taux d'intérêt sont plus bas, je vais moins épargner et je vais plus consommer.

9:16
Présentateur

Guéna Elgo, évidemment, c'est votre sujet à l'Obsoco. Qu'est-ce que vous imaginez comme effet sur potentiellement la consommation ? Est-ce que ça peut faire repartir ? Ou bien les Français sont trop prudents, entre guillemets, à cause du contexte aussi qu'on vient d'évoquer et des incertitudes ?

9:30
Invité

Oui, je pense qu'on a... En fait, ce qu'on voit, c'est un autre record dans notre baromètre, justement, de pouvoir et intention d'achat à l'Obsoco. Ce qu'on voit, c'est un record de peu d'appétence pour la consommation aujourd'hui. C'est-à-dire peu de désir de consommation. Et à ça, il y a plusieurs raisons. La raison qu'on a évoquée là, c'est-à-dire l'incertitude. Donc, on va différer ces dépenses, on va les reporter, les grosses dépenses, notamment voitures, travaux, etc. Et puis, il y a des raisons plus structurelles. Il y a des raisons plus structurelles, comme par exemple la démographie.

Nous sommes un pays qui vieillit, et plus on vieillit, moins on consomme, plus on est déjà équipé, en fait. Mais aussi, on voit aussi un changement, ce n'est pas majoritaire, mais un changement du rapport à la consommation, avec une sorte de retenue volontaire par rapport à des valeurs d'hyperconsommation qui sont interrogées. Mais surtout, comme on le disait là, c'est-à-dire qu'il y a quand même aujourd'hui, en fait, des gens qui se restreignent, voire se privent. C'est-à-dire qu'on a, dans notre baromètre, à nouveau, on a 25% des Français qui sont dans une situation où ils se restreignent fortement sur des dépenses essentielles.

Donc, en fait, pour toutes ces raisons, on voit que la consommation marque le pas, en tout cas, la forme de consommation que l'on avait jusqu'à présent.

10:44
Présentateur

L'inflation a nettement reculé. On l'a dit, je vous livre la question de Rosen, peut-être pour vous, Philippe Crevel. Les prix restent hauts, malgré tout, parce que c'est ça, l'inflation s'est arrêtée, mais les prix restent hauts. Mon salaire n'a pas changé. Je suis perdante quand même avec ce taux à 1,7%, nous demande-t-elle.

11:01
Invité

Il n'y a pas eu de déflation. Il n'y a pas eu de baisse des prix. De manière globale. En revanche, on a toujours un ressenti extrêmement fort pour les prix qui augmentent. On n'a pas de ressenti quand les prix baissent. Certains produits ont connu des baisses depuis donc un an, un an et demi. Il y a certains produits alimentaires qui ont baissé. Il y a certains produits dans l'électroménager, industriels, qui ont baissé. Mais il n'y a pas de ressenti positif sur le sujet. On est sensible, fortement à la hausse. On n'est pas sensible. Donc à la baisse, surtout que c'est souvent les dépenses du quotidien qui ont pu augmenter. Évidemment, il y a une très forte sensibilité.

Après, évidemment, pour le cas en question, s'il n'y a pas eu d'augmentation de salaire, c'est vrai qu'il y a eu une perte de pouvoir d'achat. Olivier Garnier. La bonne nouvelle aussi, c'est qu'avec le repli de l'inflation, c'est aujourd'hui, les salaires augmentent plus vite que l'inflation. Ce n'était pas le cas. Lorsque l'inflation s'est envolée, les salaires ont moins augmenté que l'inflation, sauf pour le salaire minimum, les salaires autour du salaire minimum qui, eux, étaient indexés. Les autres ont évolué moins vite. Aujourd'hui, ce que l'on observe, c'est que les salaires augmentent plus vite que l'inflation. C'est une des raisons aussi. C'est ce qui va soutenir la consommation.

J'ai dit tout à l'heure, c'est d'abord et avant tout les revenus d'activité qui soutiennent la consommation. Et là, le regain de pouvoir d'achat sur le salaire moyen par tête, là, va contribuer à soutenir la consommation. On prévoit pour 2026-2027 une hausse de l'ordre de 1% par an de la consommation.

12:27
Présentateur

Au-delà des livrets et de l'épargne réglementée, qu'est-ce que vous observez les uns et les autres sur les mouvements d'épargne ? Est-ce qu'il y a des tendances qui se dégagent ? On sait que l'assurance-vie reste le placement préféré des Français. On a tendance à dire que c'est le livret A, mais en fait, c'est plutôt l'assurance-vie. Est-ce qu'on observe des tendances, des changements, sur l'année qui vient de s'écouler, Philippe Crevel ?

12:48
Invité

Vous l'avez dit, depuis le début de l'année, on constate un regain pour l'assurance-vie. La collecte de l'assurance-vie depuis le début de l'année est positive et bat des records en ce qui concerne les cotisations brutes. Et donc, les ménages sont en train de réorienter une partie de leur liquidité ou leur surplus d'épargne vers l'assurance-vie pour une raison simple, c'est que les Français ne sont pas des aussi mauvaises gestionnaires que certains prétendent. Le taux de rendement des fonds euros de l'assurance-vie qui ont une garantie en capital, c'est à peu près 2,6% en moyenne.

Ils constatent que l'épargne donc réglementée, que les dépôts à terme sont moins bien rémunérés, donc il y a un transfert vers l'assurance-vie. Puis, il y a également la capitalisation, le fait qu'on réinjecte les gains de l'assurance-vie sur ce produit, donc ça fait monter, évidemment. Également, le volume, l'encours de l'assurance-vie, c'est plus de 2 000 milliards d'euros sur l'assurance-vie contre 440 milliards d'euros pour le livret A. Guénail Gault ?

Oui, alors à nouveau, peut-être derrière ces chiffres, voir une diversité de situations, parce que même on parlait de la proportion d'épargnants, même derrière le livret A, c'est la moitié des livrets A ont un solde inférieur à 1 500 euros. On voit bien que non seulement tout le monde n'épargne pas, mais tout le monde n'épargne pas au même niveau, donc quand on dit les Français, en fait, c'est déjà une partie des Français et on voit aussi qu'il y a une partie des Français les plus modestes qui sont en train, eux, de désépargner depuis notamment le Covid qui a pu beaucoup les impacter.

Après, ce qui est intéressant avec le livret A, même si on voit qu'effectivement il y a ces mouvements vers l'assurance-vie, c'est que le livret A est sans doute que les annonces politiques ne vont pas, ça ne va pas changer grand-chose, mais ce n'est pas non plus anodin en cela que ça peut provoquer un petit peu d'agacement, un petit peu de ressentiment en fait, parce que le livret A, il y a un rapport un peu affectif au livret A, c'est sans doute le seul produit financier où il y a un rapport affectif des Français.

Il occupe en fait une place un peu à part dans l'imaginaire économique des Français parce que déjà la plupart pour le coup des Français en possèdent un et puis les symboles de sécurité mais aussi c'est un marqueur un peu social de transmission, on va commencer par le livret A sa vie financière. Donc ça c'est vraiment quelque chose aussi qu'on note, ce n'est pas anodin. Olivier Garnier, en un mot, vous voulez rajouter.

Ce qui est à noter puisqu'on parlait des ménages modestes, c'est le développement du livret d'épargne populaire qui est justement ciblé sur les ménages qui gagnent, qui ont un revenu fiscal de moins de 23 000 euros pour une personne seule ou 35 000 euros pour un couple et là on est passé entre 2021 et 2024, il y avait 7 millions de ménages en 2021, aujourd'hui il y en a quasiment 12 millions et ça va continuer d'augmenter et l'encours est passé à doubler, il est passé de 40 milliards à plus de 80 milliards.

15:49
Présentateur

On rappelle que le taux

15:50
Invité

est de 2,7% puisqu'il est complètement protégé contre l'inflation et on l'a maintenu à un niveau plus élevé d'ailleurs que ce qu'aurait dû donner la formule.

16:00
Présentateur

Puisque vous l'évoquez, vous avez identifié à la Banque de France environ 19 millions de Français éligibles, vous avez dit on a à 12 millions. C'est pour ça

16:05
Invité

qu'il y a une nouvelle campagne qui est lancée, la Direction Générale des Finances Publiques lance ce mois-ci une nouvelle campagne pour sensibiliser les personnes qui seraient éligibles. Il y en a d'ailleurs parfois qui ont un livret A et pas de livret d'épargne populaire alors qu'elles seraient éligibles au livret d'épargne populaire qui est mieux rémunéré.

16:21
Présentateur

Il nous reste peu de temps, je voudrais évoquer avec vous les sollicitations, les publicités parce qu'on a une question de Florian à ce propos qui nous dit quid des banques en ligne qui proposent des intérêts journaliers sur l'argent déposé sur un compte ? C'est vrai qu'on a l'impression ces derniers temps d'avoir beaucoup de publicités de banques qui disent mettre au travail notre argent. Philippe Crevel, est-ce qu'il faut faire un petit peu attention à tout ça ? Regardez bien attentivement ?

16:44
Invité

Il faut faire évidemment attention. Premièrement, sur les banques en ligne, il faut qu'elles soient agréées auprès des autorités françaises et européennes et pas forcément faire confiance à des banques en ligne qui seraient dans des pays exotiques. Premier point. Deuxième point, sur le taux de rendement. Parfois, c'est vrai qu'il y a des publicités indiquant des taux de 5% mais sur des périodes extrêmement courtes. qu'on ramène évidemment sur une période annuelle, on va se retrouver avec des taux beaucoup plus faibles parce qu'on va avoir le droit à 5% pendant un mois ou deux mois et après, on va revenir à 1%.

Par ailleurs, c'est fiscalisé pour ce type de livret à la différence du livret d'épargne populaire ou du livret A.

17:24
Présentateur

Gennel Go, là-dessus, est-ce que vous observez vous aussi dans les habitudes des consommateurs notamment de se dire « Ah bah tiens, je vais ouvrir un nouveau compte dans telle ou telle banque parce que ça m'a l'air avantageux ? »

17:37
Invité

En la matière, il y a plutôt une forme d'inertie en réalité en tout cas pour l'essentiel des Français. Il peut y avoir cette tentation pour les plus jeunes. Les banques notamment en ligne ou les banques vont souvent être des secondes banques c'est-à-dire pas les banques principales. Donc effectivement, ça peut agir mais à la marge.

18:01
Présentateur

Le livret défense, je voulais qu'on parle de ça également, va être lancé en octobre. C'est ce qu'a annoncé le directeur général de BPI France, la Banque Publique d'Investissement cette semaine à partir de 500 euros pour investir dans les PME du secteur de la défense. Olivier Garnier, quel taux on peut espérer

18:19
Invité

avec ce livret défense ? Alors là, ce n'est pas encore défini donc je ne peux pas vous dire quel sera le taux. Je crois que ce qu'il faut rappeler c'est que le livret A lui-même finance déjà largement les PME puisque le livret A il y a une bonne partie de l'argent du livret A qui va aussi aux banques et les banques financent près de 600 milliards de crédits aux PME dont des PME qui peuvent être des sous-traitants par exemple pour le secteur de la défense et pour d'autres secteurs de l'économie pour la transition écologique notamment aussi tout ce qui est rénovation énergétique. Donc je crois il ne faut pas non plus trop compartimenter l'épargne.

On a un bon produit le livret A et laissons-le comme ceci. Philippe Crevel sur le livret A Défense. Je partage tout à fait ce qui vient d'être dit. Premièrement créer un nouveau produit d'ailleurs ça ne va être pas si simple que ça parce qu'il va falloir le définir justement les rémunérations les règles et d'autre part la fiscalité et puis il va falloir le mettre en place. La loi Industrie Verte avait prévu la création d'un produit qui s'appelait le plan d'épargne à venir climat qui visait à orienter l'épargne des jeunes vers la transition écologique. fort légitime.

Le seul problème c'est que le produit est un petit peu compliqué à créer et qu'aujourd'hui il n'y a qu'une seule banque qui le propose alors qu'il est commercialisable depuis le 1er septembre 2024. Donc créer un nouveau produit c'est une source de complexité et c'est vrai qu'il y a déjà beaucoup de produits en France que ce soit le livret A que ce soit l'assurance vie qui peut également financer la défense ou le PER le plan d'épargne retraite à travers des fonds d'investissement qui sont intégrés à ce type de produit.

19:52
Présentateur

Une toute dernière question d'Alexis qui nous dit je suis surpris de plus en plus de jeunes s'intéressent à la bourse chaque année est-ce que ça aussi on le voit est-ce qu'il y a de plus en plus d'actions achetées plus qu'avant ? Philippe Crevel peut-être encore ?

20:05
Invité

Oui, l'autorité des marchés financiers dans ses dernières analyses a indiqué qu'il y avait un rajeunissement assez rapide des actionnaires et puis une augmentation ce qui est une bonne nouvelle donc là-dessus il y a eu depuis donc le Covid il y a eu donc là une rupture les jeunes se sont mis à s'intéresser aux actions à en acheter à ouvrir des comptes en particulier en ligne. Certains sont prêts

20:29
Présentateur

à prendre des risques de nouveau Merci beaucoup en tout cas Guéna Helgo Olivier Garnier Philippe Crevel d'avoir été nos invités pour parler de l'épargne des Français La revue de presse arrive