« Labellisation » des médias : pourquoi une telle polémique ?
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 1:58OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est une idée qui est compréhensible ? Est-ce que c'est une bonne idée, Elisabeth ?
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Philippe De Villiers dénonce une menace totalitaire inédite. Qu'en pensez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Pour la droite et l'extrême droite, Emmanuel Macron veut trier les médias en leur attribuant un label de certification journalistique. »
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« L'objectif d'Emmanuel Macron, c'est de maîtriser l'information. »
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« Il dit que ce seraient les journalistes eux-mêmes qui jugeraient leur train de faire. »
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« Il est des journalistes choisis par qui ? Par Emmanuel Macron ? Donc ça revient au même. »
- 1:04InvitéFait
« La ministre de la Culture, Rachida Dati, précise que cette idée de labellisation vient des États généraux de l'information qui ont réuni toute la profession. »
- 1:16InvitéFait
« Chaque média sera libre de le faire ou non. C'est votre choix. C'est le choix de votre profession et des représentants de votre profession. »
- 1:28InvitéChiffre
« Plusieurs labels existent déjà. Et plus de 2000 médias dans une centaine de pays ont adhéré à celui créé par Reporters sans frontières. »
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« Ce qui est en jeu, ce n'est pas de savoir si on lâche ou pas le gouvernement. Ce qui est en jeu, c'est ce qu'on lâche les Français, et ce qu'on lâche le déficit. »
- 14:25InvitéChiffre
« C'est 6 à 9 milliards de déficit en moins. »
Temps de parole
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Pour la droite et l'extrême droite, Emmanuel Macron veut trier les médias en leur attribuant un label de certification journalistique. Et l'objectif d'Emmanuel Macron, c'est de maîtriser l'information. Alors il dit que ce seraient les journalistes eux-mêmes qui jugeraient leur train de faire. Il est des journalistes choisis par qui ? Par Emmanuel Macron ? Donc ça revient au même. Il n'a pas à imposer une pureté journalistique. Mais si Emmanuel Macron a évoqué une labellisation, cet outil ne serait pas à la main de l'État, mais selon des critères définis par les journalistes eux-mêmes. Si c'est l'État qui doit vérifier, c'est pas mieux que le système où on vit aujourd'hui.
Parce que là, ça devient une dictature. Mais il faut que les journalistes garantissent à leurs lecteurs qu'eux ont vérifié avec une déontologie dont ils sont les garants entre eux. La ministre de la Culture, Rachida Dati, précise que cette idée de labellisation vient des États généraux de l'information qui ont réuni toute la profession et qui ont abouti à une liste de préconisations, mais que chaque média sera libre de le faire ou non. C'est votre choix. C'est le choix de votre profession et des représentants de votre profession. Nous, on ne fait pas l'arbitre des élégances. Plusieurs labels existent déjà.
Et plus de 2000 médias dans une centaine de pays ont adhéré à celui créé par Reporters sans frontières. En France, les journaux du groupe Ebra, France Télévisions ou encore TF1 ont obtenu cette certification. Et on va en parler avec nos deux éditorialistes. Bonjour Elisabeth Martichoux. Bonjour Henriane. Merci beaucoup d'être avec nous. Et bonjour Françoise Degoy. Bonjour M. Henriane. Merci également d'être là. Alors, idée de labellisation des médias pour éviter la désinformation. C'est ce que veut à l'origine Emmanuel Macron. On le voit, ça fait polémique. Est-ce que c'est une idée qui est compréhensible ? Est-ce que c'est une bonne idée, Elisabeth ? Je vais commencer par le secondaire.
Et après, je viendrai à la labellisation. C'est passionnant et c'est complexe. Mais le secondaire, c'est quand même... Je relève que Philippe Devilliers, dans sa réponse au clip d'Emmanuel Macron, dénonce, je cite, une menace totalitaire inédite sur la France depuis la peste brune et la peste noire. Donc, je voulais juste dire que c'est un propos délirant, qu'il a le droit de tenir, que personne ne viendra le chercher pour le mettre dans une jôle, contrairement évidemment à un État totalitaire, si nous étions dans ce cas-là. Et évidemment, il a le droit de critiquer Macron en France et on a le droit de le critiquer aussi. La labellisation, maintenant, c'est pas une bonne idée.
C'est pas une bonne idée, chacun peut en convenir. D'abord, tout ce qui émane d'Emmanuel Macron est radioactif. Donc, il devrait éviter de faire des propositions aussi importantes parce que ça, comment dirais-je, je ne sais même plus comment qualifier ça, mais la détestation qu'il inspire, et qui est quand même considérable aujourd'hui, et il ne s'en rend pas compte, fait que tout ce qu'il propose est disqualifié dans l'instant. Donc, pour les besoins de l'information, il devrait l'éviter. L'information, elle est menacée. J'entendais ce matin que les vidéos fabriquées de toutes pièces par l'IA sont maintenant indétectables.
Vous vous rappelez, avant, on cherchait le cinquième doigt, la quatrième patte, le truc, l'oreille, machin, c'est terminé. Donc, on est dans un monde qui sera illisible. Donc, il faut effectivement travailler cet évident dessus. Une labellisation prônée par un président de la République, je pense que ça n'est pas la bonne réponse, puisque la première chose, évidemment, qui tombe sous le sens, c'est qui contrôlera les contrôleurs ? Qui émettra, formulera les critères ? Tout sera sujet, à caution, pourra être utilisé, instrumentalisé, à rebours de l'intérêt des Français, qui est évidemment de s'en sortir dans ce maquis. Seule l'éducation y parviendra, mais on y reviendra.
Je suis d'accord avec Elisabeth. Vous savez, d'où parle-t-il à partir du moment où c'est Emmanuel Macron ? Emmanuel Macron est en colère. Moi, je le sais, il est en colère parce qu'il considère qu'il est un génie incompris dans sa démarche. On a envie de lui dire quoi au président de la République ? Aucun président de la République, et je parlerai même d'un président de la République de gauche, qui serait mon ami, en l'occurrence François Hollande, qui, lui, ne fera jamais ça. Il aime trop la presse. Eh bien, aucun président ne doit s'emparer, véritablement, de ce sujet. Ce sujet ne peut pas être porté par un président de la République. Ça n'est pas possible.
Tout simplement, ça ne peut pas être un sujet porté par un politique. Et a fortiori Emmanuel Macron. Vous savez, il y a deux choses. Il y a évidemment ce que dit Elisabeth Martichoux. Je ne crois pas du tout, moi, contrairement à Philippe de Villiers, qu'Emmanuel Macron a envie de commencer une carrière de dictateur à 47 ans. Ça n'est pas le sujet. Et évidemment, tout ce qui vient de lui est radioactif. Mais je rajouterai, il y a un facteur aggravant, c'est l'incohérence. Vous savez, l'incohérence est véritablement ce qui sanctionne toujours, au fond, au fond, les politiques. Emmanuel Macron, il est sanctionné avant tout parce qu'il est incohérent et qu'on ne le comprend pas depuis huit ans.
C'est incohérent qu'Emmanuel Macron, Emmanuel Macron, qui a, si vous voulez, qui n'a jamais pris en l'espèce la moindre position sur la presse, qui est quelqu'un qui varie entre la manipulation de la presse et le mépris de la presse. C'est cette image qui s'est construite. C'est quelqu'un qui part au combat contre une certaine chaîne, on va la nommer le groupe Bolloré CNews, avec lequel, lui, il joue depuis huit ans. Il joue avec les éditorialistes de cette chaîne. Cette chaîne, elle est prévenue avant même le Premier ministre de la dissolution. Donc, l'incohérence, elle est là. Et en plus de ça, il est l'ami des milliardaires, dans l'esprit des gens, je ne dis pas que c'est ça.
Donc, quand vous avez des traits d'image aussi négatifs, une incohérence, il y a un truc complètement incohérent, comme un cheveu sur la soupe quasiment, de voir ce président-là se préoccuper à un moment donné d'un sujet qu'il n'a jamais investi, et en plus de ça, avec ce qui le caractérise, lui, par rapport à la presse.
François Hollande, qui est un vrai, le seul président, je le dis, parce qu'il faut quand même lui rendre grâce, à la décharge d'Emmanuel Macron, tous les présidents ont la tentation de gérer la presse, tous les présidents ont ce rapport totalement conflictuel, paradoxal avec les journalistes, à la seule exception de François Hollande, qui est le seul président qui comprend à peu près la presse et qui la respecte. Seul François Hollande, par exemple, aurait pu porter ça. Mais là, on ne touche pas. Il ne veut pas le comprendre. Vous savez qu'il ne décolère pas depuis 48 heures, parce qu'il pense qu'on est manipulé, qu'on est la meute, etc.
S'il n'a pas la lucidité, Emmanuel Macron, de comprendre que parce que c'est lui, en plus, qui le porte, ça ne peut être que rejeté, qu'est-ce que vous voulez ? On plie les gueules. Mais il ne veut pas gérer la presse pour en prendre le pouvoir. Bien sûr que non. L'enfer n'est pas fait de bonnes intentions. La difficulté d'Emmanuel Macron, c'est de comprendre que oui, c'est un sujet, mais c'est évidemment un sujet. Et ceux qui disent le contraire, évidemment, non seulement se trompent, mais nous trompent. Donc évidemment que c'est un sujet, on n'en a plus conscience. Mais c'est vrai que lui, parce que c'est un sujet, il pense qu'il a la bonne solution. Eh bien non, c'est évidemment faux.
Mais c'est un sujet. Il ne faudrait pas qu'on se concentre sur l'erreur d'Emmanuel Macron pour éviter de traiter ce sujet. Et comment on le traite ? C'est vertigineux. Non mais Elisabeth, il faut d'abord réguler les calmes. Il a raison. Tant pis pour lui, il perd encore des points, à mon avis. Oui, bien sûr. Il est sous des monceaux, des torrentes critiques. Tant pis, je veux dire, il y a un moment... Bon, mais il a raison sur le fond. Il a raison sur le fond. Et si, au prétexte de critiquer Emmanuel Macron, on oublie le sujet, alors là, on est mort. On est mort. Et c'est un peu, effectivement, ce que la droite et l'extrême droite, surtout l'extrême droite, a sauté dessus.
C'est vrai que Marine Le Pen, elle défend la liberté d'expression au plus haut. Je reviens à Philippe De Villiers. C'est pas une obsession, mais Philippe De Villiers critique Emmanuel Macron pour sa réponse au clip. Il est promis à dire que Trump est formidable, alors que Trump, il dégaine 25 tweets par seconde pour désinguer de façon grossière le moindre adversaire. Non mais Elisabeth, c'est justement ça qui va pas. C'est-à-dire que là, je suis d'accord avec vous. Je ne sais pas, les conseillères ne sont pas les payeurs.
Moi, je ne fais pas partie des gens qui vont taper sur l'ambulance parce qu'en plus de ça, on a besoin d'un président de la République quand même qui soit au-dessus, au minimum de 10%. Parce que je ne vois pas comment on va tenir l'année qui vient avec un président aussi affaibli. Et moi, ça m'arrange un peu, si vous voulez, de faire des erreurs de bleu à ce point quand on est aussi faible. La clé de voûte de nos institutions, c'est lui. Si lui s'effondre, on passe tous à la baille. – Dans trois mois, on est dans la présidentielle. – Je ne sais pas. En tout cas, ce qui est certain, c'est que l'erreur qu'il fait en plus de ça, c'est qu'il s'enfonce.
Errare umanumest, persévérare et diabolicum. Pardonnez-moi, est-ce qu'ils ont besoin à l'Élysée de tweeter cette espèce de clip où ils mettent en une les supposés mensonges ? Vous savez, qu'est-ce que c'est ? C'est du trumpisme pur et dur. – Alors, François, vous avez raison. Bon, et bien maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? Oublions ce clip est une erreur. – On oublie Macron, on oublie ce clip. – Et bien alors, qu'est-ce qu'on fait ? – Il faut réguler les plateformes. – Il faut réguler les plateformes. – Il faut réguler les plateformes. – Qui est majeur. – Elisabeth, moi, je fais partie des gens un peu radicaux.
Alors, là où je soutiens Emmanuel Macron, vous allez voir, c'est un paradoxe, c'est sur toute son référence libre sur les écrans. Et je pense qu'il a raison. Mais il faut aller plus loin. À un moment donné, vous ne pouvez pas être dans l'un en même temps. Moi, je fais partie des gens qui pensent qu'il faut en prendre un pour l'exemple. C'est-à-dire, dans le sens métaphorique, c'est-à-dire dire à un moment donné, moi, en tant que président de la République, je décide que TikTok, j'interdis. Ou je suis très sévère. Aux États-Unis, ils sont en train de trouver une réaction. responsabilité pénale aux patrons des plateformes quand, par exemple, les adolescents se suicident.
Je suis pour une radicalité absolue. Donc, qu'il ne reste pas au milieu du guet. S'il veut être utile et intelligent, Emmanuel Macron, parce qu'il a pris un bon chemin sur les écrans, il faut aller… – Et là, le débat est devenu très politique. Et les Républicains, notamment, s'en sont emparés. – Pardon, pardon. – Mais c'est très bien, on adore. – Bruno Retailleau a lancé une pétition. On va l'écouter, le président des Républicains. – C'est une tentative, finalement, d'imposer une sorte de vérité officielle. Et ça ne marche pas. Ça ne peut pas marcher. La liberté d'expression, c'est la liberté d'information.
Et le meilleur garant, ça n'est pas je ne sais quelle labellisation par je ne sais quel machin qui serait inventé avec des journalistes qui, évidemment, auraient ce monopole d'une vérité officielle. On voit bien, d'ailleurs, on les désignerait comme indépendants. Ils seraient d'abord de gauche, j'imagine, comme d'habitude. Et du coup, je pense que, franchement, c'est une très mauvaise idée. Et cette idée-là, il faut la combattre. – Tentative d'imposer une vérité officielle. – Non mais bon, ça va. – Alors là, franchement, on a compris que Bruno Retailleau essaie de remonter sur le cheval dans les sondages. Il a perdu beaucoup dans les derniers sondages d'intention de vote.
Jusqu'à 10 points, selon certains instituts. Donc, il fait maintenant de l'antimacronisme primaire son alpha et son oméga. Non, il n'y a pas de tentation totalitaire. Il y a une tentation d'être là, surtout d'être encore celui qui règle tout. Oui, son omni-pouvoir, il ne comprend pas qu'il l'a perdu depuis la dissolution. Déjà, il était affaibli avec la majorité relative. Il a perdu son pouvoir. Il a perdu sa vista et son pouvoir depuis la dissolution. Donc, c'est ça le problème d'Emmanuel Macron. Effectivement, il devrait éviter absolument… C'est ça qu'on doit lui reprocher d'abord. C'est d'avoir, du coup, mal emmanché un sujet fondamental. Fondamental.
Donc, moi, je suis heureuse qu'on s'en rende compte. Heureuse qu'on puisse interdire les réseaux sociaux, si c'est possible. Elle est portable dans les écoles. Les réseaux sociaux, sous 15 ans, faisons-le. TikTok, je crois que c'est un enjeu européen. On ne pourra pas. Et puis, pour le reste, l'éducation, l'éducation, l'éducation. L'éducation dès la maternelle. Elisabeth, d'accord. D'accord, et l'enjeu européen… Emmanuel Macron, il se tait. Non, non. Alors, il ne se tait pas parce que sur l'enjeu européen, il a ce pouvoir-là aussi. Oui, mais qu'il le fasse au niveau européen. Il faut qu'il le fasse au niveau européen. Et alors, on est quand même assez critiques. Qui aime bien, châtie bien.
On est critiques avec Emmanuel Macron. Évidemment, en gros, président de la République, en gros, prenez des sujets que vous pouvez porter. Mais lui, là, le Bruno Retailleau, monsieur le sénateur Bruno Retailleau, je suis sur Public Sénat. Moi, je connais la qualité de Bruno Retailleau. Bien sûr. Mais écoutez, vous ne pouvez pas… Maintenant, le dernier truc à la mode, c'est plus anti-macroniste que moi, tu meurs. Bruno Retailleau, que serait-il sans Emmanuel Macron ? C'est Emmanuel Macron qui accepte à un moment donné que cet homme soit au ministère de l'Intérieur, d'accord ? Édouard Philippe, dont on va parler tout à l'heure.
Celui qui est en train de devenir l'ingénieur du chaos dans le budget. Celui qui est en train de se transformer en plus radical que moi, tu meurs, ok ? En plus anti-macroniste que moi, tu meurs. Excusez-moi, c'est une forme de guignolade, je le dis véritablement. Et c'est une erreur, et de la part de Bruno Retailleau, et de la part d'Édouard Philippe, parce que les Français voient tout. Elisabeth a noté une chose tout à fait juste. Effondrement de Bruno Retailleau dans les sondages. Effondrement d'Édouard Philippe dans les sondages. Cette peur du vide-là leur fait faire n'importe quoi. Et la peur du vide fait faire n'importe quoi à Emmanuel Macron. Ressaisissez-vous.
Prenez les vacances de Noël, et on repart sur des bonnes bases le 1er janvier. Et vous me faites ma transition, Françoise. On va parler d'Édouard Philippe du budget. Édouard Philippe qui a donc annoncé qu'Horizon ne votera pas le budget de la Sécurité sociale. Ce n'est pas du goût du gouvernement. On écoute la ministre des Comptes Publics, Amélie de Montchalin. Ce qui est en jeu, ce n'est pas de savoir si on lâche ou pas le gouvernement. Ce qui est en jeu, c'est ce qu'on lâche les Français, et ce qu'on lâche le déficit. S'il n'est pas voté, et je veux le dire avec beaucoup, beaucoup de calme, mais surtout de gravité, c'est 29 milliards de déficit. Et on va parler à Amélie de Montchalin.
C'est 6 à 9 milliards de déficit en moins. Amélie de Montchalin, on va parler de ce qu'il y a dans ce budget. Donc ceux qui s'intéressent au déficit doivent bien voir que sans budget, il y a plus de déficit. À quoi joue Édouard Philippe en disant ça hier soir, Elisabeth ? Édouard Philippe, il a déchiré le voile en appelant à la démission du président. C'est comme ces choses-là sont dites, j'adore, c'est drôle. Donc maintenant, si vous voulez, il reste sur sa ligne, très raide.
En fait, Édouard Philippe, il ne veut pas assumer la suspension de la réforme des retraites, mais surtout, il se dit que s'il n'a pas les recettes qui compensent la suspension de la réforme des retraites, là c'est trop. Donc, il ne peut pas assumer un déficit au-delà des 17 milliards ou peut-être 20 milliards. Pour l'instant, il y a beaucoup plus, il y a jusqu'à 27 milliards, je crois, de déficit de la sécurité sociale et la suspension de la réforme des retraites.
Donc, il a la raideur un peu jupéiste, voilà, et il se dit, j'ai demandé à la démission de Macron, je ne vais pas être associé à un budget de la sécurité sociale qui fait des compromis avec le parti socialiste, et qui donc, on y revient toujours, et qui donc porte la marque de cette compromission macroniste incarnée par Sébastien Lecornu. Je mets de côté la rivalité Lecornu-Philippe, je la mets de côté parce que, si c'est ça, ce n'est même pas la peine d'en parler, non. Mais, évidemment qu'il y a des arrières-pensées présidentielles, en revanche.
Voilà, il veut être celui qu'il est le moins possible associé à Emmanuel Macron, le moins possible associé à ce budget de compromission, pas de compromis pour lui, pour lui c'est une compromission. Il va faire une campagne dure, avec des exigences, il ne peut pas arriver, on va lui dire, ah ben alors vous avez voté pour une aggravation du déficit de la Sécu, il ne peut pas apporter ça. Sauf que s'il n'y a pas de budget, c'est 30 milliards de déficit l'année prochaine. Oui, mais attendez, juste pour finir, on est au milieu du chemin.
Ce qu'il veut obtenir, je pense, je ne l'ai pas eu au téléphone, pardon, mais ce qu'il veut obtenir, c'est une plus de rigueur sur le déficit, plus de recettes, de compensation, de pouvoir dire, ok, la suspension de la forme de retraite, il fallait qu'on le fasse, parce que sinon on n'avait pas de budget, et franchement, je ne veux pas justement être l'ingénieur du chaos. Mais, en revanche, sur le déficit, il faut faire ce qu'il faut. Donc, c'est un coup de pression. On est loin du compte, parce que pour l'instant, ça ne passe pas du tout. J'ai fait les comptes ce matin, ça ne passe pas du tout. Alors, moi je pense que ça peut passer, parce qu'à la fin, je pense que les socialistes voteront.
Le PLFS, ils voteront pour. C'est-à-dire que la ligne rouge pour les socialistes, c'est sur le budget global, le maximum que les socialistes puissent faire, puisque c'est le PS qui tient véritablement, et qui mène en plus les négociations. C'est complètement dingue. C'est assez rare d'entendre Olivier Faure exprimer d'être excédé. Hier, il est excédé, parce que lui, en n'oubliant pas qu'il est de gauche, et que Sébastien Lecornu est de droite et macroniste, ils essaient de trouver un chemin.
C'est des gens qui bossent non-stop pour trouver un chemin, sans compromission, et qui arrivent comme ingénieurs du chaos, pour une simple pensée présidentielle, parce que vous êtes très gentille, Elisabeth, en essayant de prêter une pensée politique élaborée, si vous voulez, à Édouard Philippe. Édouard Philippe, aujourd'hui, il est dans l'affolement. Édouard Philippe perd tous les jours deux points dans les sondages. Il pense véritablement qu'en donnant un coup de volant à 180, lui aussi va payer son incohérence, en étant le plus radical des radicaux de l'Assemblée contre Emmanuel Macron, il va s'en sortir. C'est ça, uniquement ça. Vous l'avez dit plus softement que...
J'ai dit pas le cornu, mais Macron... Moi, je pense que véritablement, c'est ça. Et Édouard Philippe, qu'est-ce qui va se passer ? Qu'est-ce qui va se passer dans cette histoire-là ? Qu'est-ce qui va se passer ? Il va se passer que les socialistes, de toute façon, moi, je le pense, je vois bien que tout le monde met des bémols, parce qu'il vaut mieux mettre des bémols. J'aime pas les bémols, moi, ça m'ennuie. Si je me plante, je me plante. Je pense que ça finit, que les socialistes voteront le budget de la Sécu. Attendez, juste une seconde. Attendez, ils voteront le budget de la Sécu, ça me paraît assez évident qu'à la fin, ils vont être obligés de voter le budget de la Sécu.
Sur le budget général, il n'y aura jamais de vote pour du groupe socialiste. Le maximum que fera le groupe socialiste, le maximum, c'est l'abstention. OK ? Donc, en tout cas, sur le PLFSS, il faut prendre son gain. Les socialistes n'ont aucune raison de ne pas le voter. Il faut prendre le gain. Bien sûr, mais ça ne vous parlez pas. Ça ne résout pas le problème. Mais comment ça va finir, cette histoire, si Édouard Philippe continue ? Ça va finir un budget dégradé qui passe par une loi spéciale, derrière la motion de censure, et derrière la censure... Il ne peut pas y avoir de loi spéciale sur le budget de la Sécu. Hein ? Il ne peut pas y avoir de loi spéciale sur le budget de la Sécu.
Non, je ne parle pas de ça. Je parle de la fin de l'histoire. Parce que le budget de la Sécu, c'est la semaine prochaine. Elisabeth a raison, l'autre, il fait monter les enche-chères, il peut... Elisabeth dit que ça ne passe pas. Non, alors... Moi, je pense que ça passe avec le vote du socialiste, oui. Ça passe. Si les socialistes votent pour, Renaissance votent pour, si les écolos et Horizons s'abstiennent... Bien sûr, ça passera. Et si, attendez, ce n'est pas fini, et si LR vote pour... Donc, quand on regarde l'état des groupes aujourd'hui, ça ne passe pas aujourd'hui. Dans une semaine, on aura la vérité des prix. Dans une semaine, on saura qui veut ou pas mettre le bazar.
Parce que, en réalité, si le budget de la Sécu ne passe pas... C'est fini, c'est fini. C'est terminé. C'est terminé, il n'y a plus d'histoire. De toute façon, le texte tombe dans un trou. Vous le savez, il n'y a pas de loi spéciale, vous l'avez dit. Et ce sera, pour le cornu, un coup d'arrêt. Et donc, pour l'instant, on est très loin du compte. Tous les LR doivent voter pour. Et justement... Vous vous rendez compte ? Et on a l'abstention de tous les écolos et de Horizons. Et on va voir ce que disent les LR. On verra ce que fait LFI. On verra, vous savez, on va voir des... Ah bah, les filles. Attendez, vous savez... On va faire autre chose que voter contre. On parle de la LFI. C'est quoi ?
On parle de la Sécu. On parle de la suspension de la réforme des retraites. On parle de la situation politique extérieure qui tourne quand même pas si bien que ça pour la France insoumise. Je pense notamment à tout ce qui se passe avec les municipales. Regardez les offensives qu'ils lancent. Ça m'a... Attention... Ils voteront pas. Ils voteront pas pour. Ils voteront pas. Et s'abstenir... Et s'abstenir... Vous ne savez pas absolument comment vont se tourner les choses. En tout cas, Elisabeth a raison. Si ça passe pas, fin de l'histoire. C'est fini. Elisabeth, vous parliez de dissolution. DLR. On va écouter Laurent Wauquiez, invité ce matin de la matinale de TF1.
Pour qu'on sauve ce budget, les 4 jours qui viennent vont être déterminants. Parce qu'il y a des choses qui doivent changer. En fait, aujourd'hui, le budget tel qu'il est, c'est un budget qui propose d'augmenter les impôts sur l'épargne des Français et qui ne revalorise pas toutes les retraites. Je souhaite que ce budget soit voté. Mais ça ne peut pas être un budget à tout prix et à n'importe quel coût et surtout pas au prix d'augmentation d'impôts sur le dos des Français et d'une France populaire et de classe moyenne. Tout. Il y a un sujet qu'Amélie Danchalin a déporté finalement de quelques heures, de quelques jours. C'est la hausse de la CFG si on est revenu du capital dans le PLFS.
C'est ça. Ça, c'est un casus belli. Donc, ça devait être... Et pour raison. Et pour les LR et pour... Oui. Et pour les LR, justement. Donc, pourquoi je vous dis ça ? Parce que ça devait discuter là aujourd'hui. Parce que tout le monde essaie de faire du judo. Et qu'on se donne du temps. Non, mais ce n'est pas une assemblée, c'est un dojo. Je vous dis tout de suite. C'est un dojo. Et que donc, le gouvernement se donne du temps. Moi, je trouve ça inexplicable. Je trouve que là, le corps nu, Sébastien, le corps nu, je ne sais même pas comment il s'y retrouve. Avec Olivier Faure, je suis assez... Il a quand même toute une autonomie parfaite. Mais c'est vrai qu'il fait des concessions.
Ça ne ressemble plus à rien, ce budget. On donne un coup. On verra à la fin s'il arrive à retomber sur ses pattes. Et je peux vous dire que s'il y arrive, ce ne sera pas le moindre de ses sujets. Je pense, moi aussi. Alors, je pense que ça fonctionne aussi sur le duo Olivier Faure-Sébastien Lecornu, qui sont tous les deux des animaux à sang-froid. Je pense que là, à la matière, c'est important le tempérament. C'est-à-dire la capacité à rester placide et à essayer à chaque fois de faire avancer le mécano. Mais la réalité, si vous voulez, c'est qu'il y a un moment donné, et je parlais de la colère d'Olivier Faure hier, c'est qu'à un moment donné, il y a une limite.
Les socialistes ne peuvent pas être plus macronistes, lecornuistes, si vous voulez, Édouard Philippiste et Attaliste que les suces nommés précédemment. Vous comprenez bien que le PS ne peut pas tout faire. On comprend bien qu'Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu font peser toutes les concessions, donnent toutes les concessions, parce qu'ils n'arrivent plus à gérer leur bloc central. Il n'y a plus de bloc central. On n'a pas encore parlé, et on n'en parlera pas, des renaissances. Comment dirais-je ? Ils viennent voter avec les pieds. Je veux dire, comment dirais-je vraiment ? On aura sans en parler. On aura parlé budget la semaine prochaine. Dans une semaine, on sera fixé.
Le matin, à la même heure. On saura. On saura. Exactement. On sera beaucoup plus avancés. On pourra revenir la semaine prochaine. Mais avec plaisir, évidemment. Vous prenez votre ticket, vous, d'ailleurs. Non, je prends mon ticket, parce que je pense que ça peut passer à la fin. Elisabeth, vous avez votre ticket. Non, non, mais sur la vérité du PLFSS, ça peut passer. Allez, on va terminer par l'histoire du jour. C'est celle de Noah. Il a 11 ans. Je vous l'abaisse. Mais non, il a 11 ans. Il habite à pauvres, dans les Ardennes. Et avec deux de ses amis, il a eu l'idée de nettoyer les panneaux routiers de son village, qui sont souvent salis par le temps, par les véhicules agricoles.
Et il fait ça de manière très simple. Équite vaisselle, seau d'eau, éponge. Et en plus, c'est écologique. Quand l'eau est trop sale, pour ne pas gâcher, il verse tout sur le panneau et il termine de nettoyer. Alors, sur TikTok, la vidéo du nettoyage, elle a fait un million de vues. Il est sélectionné dans la catégorie « Jeune talent pour le concours de l'Ardennes de l'année ». Et le trio, lui et ses amis, pour projet, continue à nettoyer les panneaux de leur village. Non, mais c'est une bonne initiative. Il nettoie tout. Et peut-être que l'été prochain, il avait aussi comme idée de ramasser les déchets dans les rues ou encore d'essayer de mettre en place un petit potager participatif.
On félicite Noa. Mais qui s'engage en politique. Mais oui ! C'est le futur maire. C'est le futur maire, c'est sûr.
Je la bélise. Vous la bélisez ? Je la bélise, je le dis tout de suite. Merci beaucoup Elisabeth et Françoise. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.