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interviewBFMTV· 3 octobre 2025 18 min

Budget 2026, grève du 2 octobre, Nicolas Sarkozy... L'interview de Fabien Roussel en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

8h28 sur BFM TV et RMC. Bonjour Fabien Roussel. Bonjour Laurent Demani. Vous êtes secrétaire national du Parti communiste français, maire de Saint-Amant-les-Eaux dans le Nord. Merci d'avoir accepté mon invitation. Vous prenez la parole quelques minutes avant le Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui va s'exprimer donc de Matignon, avant de recevoir d'ailleurs les formations politiques. Vous y serez tout à l'heure à Matignon vers midi et demi. C'est un moment important. Sébastien Lecornu ne s'est pas encore exprimé. C'est sa première prise de parole à la télévision. Qu'est-ce que vous en attendez ? Vous attendez qu'ils vous disent quoi, le Premier ministre ?

0:33
Fabien Roussel

On attend de savoir c'est quoi le plan. J'attends de savoir où va la France. J'attends de savoir si les Français vont enfin avoir un peu plus de pouvoir d'achat. Il y a une soif de justice dans notre pays, de justice sociale, de justice fiscale. Les Français le disent beaucoup, par tous les moyens, les retraités comme les salariés. Est-ce qu'il va y avoir enfin des mesures fortes pour répondre à leurs attentes ? Est-ce qu'il va y avoir des moyens pour les services publics ? Et je pense à nos écoles et à nos hôpitaux. On attend donc d'avoir enfin un Premier ministre qui va montrer qu'il va y avoir des ruptures. Il en a parlé. Nous attendons des ruptures.

1:12
Présentateur

Cette prise de parole avant de vous recevoir, j'imagine qu'il ne va pas dévoiler tout ce qu'il va vous dire dans le secret du bureau à Matignon, si ?

1:21
Fabien Roussel

Je ne sais pas. Peut-être qu'il va fixer un cadre. Et par exemple, il y a quelque chose que nous, nous avons demandé à gauche et nous étions prêts à le faire. C'est par exemple de dire qu'il ne faut plus utiliser le 49-3. Il faut laisser le Parlement travailler. Nous avons dit, nous, que si nous étions en responsabilité, on n'utiliserait pas le 49-3. On construirait des majorités, texte par texte, sujet par sujet et sans motion de censure.

1:48
Présentateur

Dans le grand livre qu'il a accordé à la presse écrite, il a dit de toute façon, ne vous trompez pas. Ce ne sera pas le budget Lecornu, ce sera le budget du Parlement. Alors c'est vrai qu'il n'a pas renoncé formellement au 49-3. Mais c'est quand même une manière de dire que la main est à l'Assemblée et au Sénat.

2:02
Fabien Roussel

De toute façon, il y a une Assemblée aujourd'hui composée de trois blocs et personne n'a de majorité absolue. Et donc, sauf à appuyer sur le bouton de la dissolution dès maintenant et à provoquer de nouvelles élections, il faut faire avec, avec ses représentants du peuple, quels qu'ils soient. Et donc, il faut laisser le Parlement travailler. On a subi trop de brutalité avec des 49-3 qui nous ont imposé une réforme des retraites injuste et des budgets injustes aussi. Et donc, en laissant le Parlement travailler, et donc en s'engageant à ne pas faire de 49-3, eh bien, le Premier ministre peut demander en même temps aux oppositions, ne me censurez pas.

Moi, je ne ferai pas de 49-3, mais par contre, à vous de faire un budget. Et chaque député, je le redis, chaque député, sera face à de grandes responsabilités, de voter ou de ne pas voter sur des mesures fortes pour le pays.

2:53
Présentateur

J'ai bien compris. Vous ne savez pas pour autant ce que Sébastien Lecornu va dire dans quelques instants. En revanche, j'imagine que vous, vous savez ce que vous allez lui dire. D'ailleurs, vous y allez séparément, les uns après les autres, dans le bloc de gauche. Vous êtes concerté ou chacun y va avec ses options et ses mesures ?

3:10
Fabien Roussel

Non, on se parle beaucoup quand même à gauche.

3:13
Présentateur

Alors vous, par exemple, vous allez lui demander quoi concrètement ? Sur la fiscalité, sur les retraites, vous voulez quoi précisément ?

3:19
Fabien Roussel

On est quand même d'accord sur des mesures fortes et d'urgence que nous demandons ensemble, c'est-à-dire une augmentation des salaires, mais surtout une indexation des salaires sur l'inflation. Le SMIC a augmenté, mais pas les salaires qui sont au-dessus du SMIC. On demande une augmentation des pensions. Et entre ce que nous demandons et zéro, il y a une marge. Et c'est ça que nous voulons mettre sur la table. Donc à l'inverse, l'année blanche ou la non-indexation, c'est une ligne rouge. Mais bien sûr. Y compris pour les retraites les plus élevées. Le SMIC aujourd'hui, il est à 1 420 euros net. Il y a aujourd'hui près de 40% des retraités qui ont une pension inférieure à 1 000 euros.

On peut vivre décemment avec ça ? Les factures augmentent. Les factures d'électricité, les mutuelles, les déremboursements de médicaments qui s'accumulent. Beaucoup de gens ne peuvent plus finir leur mois parce que le compte est à sec. Ça ne peut pas durer. C'est cette colère-là qui s'exprime aujourd'hui dans le pays. Même quand on travaille, même des salariés, des femmes qui se retrouvent seules avec leurs enfants, avec des temps partiels, ne s'en sortent plus alors qu'elles travaillent. Ce n'est plus supportable. C'est pour ça qu'il y a ton de colère. Vous dites justice fiscale, les salaires. De la justice sociale d'abord. Et bien sûr pour financer ces mesures.

Et des mesures pour nos services publics. Parce que je pense, encore une fois, à nos hôpitaux, à nos écoles, deux services publics en souffrance. Il faut des recettes supplémentaires dans l'État.

4:42
Présentateur

Donc Sébastien Lecornu a dit pas de taxe Zuckman, pas de retour de l'impôt.

4:45
Fabien Roussel

Moi, je ne fais pas, je ne focalise pas sur telle ou telle mesure. Taxe Zuckman, ISF, taxation des dividendes, etc. Ce qui est sûr, c'est que ça fait, depuis que M. Macron est là, les plus riches ont eu plein de cadeaux, ont vu leurs impôts baissés, mais pas les Français, pas les salariés. Et donc, vous seriez prêts à une autre mesure à condition que les plus riches participent ? Nous demandons à ceux que les plus fortunés, le capital, les multinationales, les grands actionnaires, que ceux-là, enfin, payent un impôt en pourcentage au même niveau que nous. Les 0,1% les plus riches payent moins d'impôts qu'une infirmière, qu'un instituteur, qu'un ouvrier. C'est quand même pas acceptable.

Je parle en pourcentage, pas en somme. Et donc, il faut qu'enfin, ils contribuent au budget de la nation, que l'on aille chercher 15 à 20 milliards d'euros auprès de ceux-là, eux qui ont vu leur patrimoine multiplié par 3 depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir.

5:47
Présentateur

Donc, j'ai bien compris, peu importe la mesure, ce qui vous intéresse, c'est le rendement de la mesure qui sera proposée.

5:52
Fabien Roussel

Je vais donner un chiffre à nos concitoyens. Ceux qui payaient l'ISF avant, ceux qui payaient l'ISF, c'était 250 000 foyers. Ils avaient 1 000 milliards d'euros de patrimoine taxable. 1 000 milliards. 1 000 milliards pour 250 000 familles. On peut en prendre 15 à 20, il va leur en rester un petit peu quand même. Et on a besoin de cet argent pour financer nos services publics, nos écoles, nos hôpitaux.

6:16
Présentateur

Je vous ai compris sur la taxation des hauts revenus ou des capitaux les plus importants. Très bien. Sébastien Lecornu, il a quand même fait hier des propositions sur le travail. Vous parliez à l'instant des salaires. Il a proposé le retour de la défiscalisation des heures supplémentaires, le retour de la prime Macron défiscalisée et exonérée de cotisations sociales, la baisse de l'impôt sur le revenu pour les couples qui sont légèrement au-dessus du SMIC. Ça, c'est presque le contraire de ce qu'avait proposé François Bayrou. Il voulait supprimer les jours fériés à ceux qui travaillent. Là, vous devriez dire que ça va dans le bon sens pour donner du pouvoir d'achat à ceux qui travaillent.

6:54
Fabien Roussel

Je vais vous dire, avec ces propositions, on voit bien qu'il y a une porte qui est ouverte pour améliorer le pouvoir d'achat. Il faut qu'on mette le pied dedans. Parce que l'autre question... Donc ça, ça vous convient ? Je dis qu'il y a une porte qui est ouverte. Nous, on a proposé, par exemple, de baisser la CSG sur les pensions de retraite, sur les salaires, en dessous de 2 000 euros net par mois.

7:14
Présentateur

Que vous remplacez par quoi ?

7:15
Fabien Roussel

Mais justement, c'est la question qu'on pose. Parce qu'entre la baisse de la CSG que l'on propose et lui, ses mesures de défiscalisation, comment il le finance ? Nous, nous proposons justement des recettes nouvelles en allant taxer le capital. Mais lui, quelles sont les recettes nouvelles qu'il propose ? Parce que s'il finance ça, en faisant encore des mesures d'économie sur nos services publics, sur les communes, le budget des communes, ce n'est pas acceptable. Et donc, il va falloir aller chercher des recettes nouvelles. Regardez le scandale encore, aujourd'hui, que l'on découvre avec l'affaire des coum-coum, cette fraude fiscale.

Mais c'est 33 milliards d'euros qui a manqué au budget de la France parce que des grandes banques ont proposé à des grandes multinationales de ne pas payer d'impôts sur les dividendes. Mais c'est un scandale. Je dis ici, je le dis, que ces dénaquants en col blanc doivent aller en prison. Il faut durcir la loi. On ne peut plus accepter de se faire faire les poches par des banques qui ont pignon sur rue. Et après, c'est de l'argent qui manque pour financer le pays.

8:14
Présentateur

Il y a un autre sujet que vous portez, le Parti communiste, mais en réalité, la plupart des partis de gauche, c'est celui du conditionnement des aides aux entreprises. Et vous avez forcément vu le PDG de Michelin, Florent Ménégaux, qui dit, bah oui, j'ai touché du crédit, impôts, compétitivité, emploi, le fameux CICE, pour acheter des machines-outils. Bah, l'usine, elle a fermé. Ces machines-outils, je les ai envoyées en Roumanie. Je les ai délocalisées. Je vais rendre l'argent. C'est quand même la preuve que c'est possible, donc.

8:44
Fabien Roussel

Que certains patrons sont vertueux et rendent l'argent. Ah oui, carrément. Heureusement qu'il le fait. Il le fait sous la contrainte parce qu'il a été dénoncé. Cette affaire a été révélée par les syndicats, les salariés, la CGT de Michelin. Je l'ai dénoncée dans mon livre. J'ai révélé ce scandale que Michelin a perçu des aides publiques. Ils ont acheté des machines et plusieurs d'entre elles ont été délocalisées en Espagne et en Roumanie. On l'a écrit noir sur blanc. Fabien Guay, auteur de la commission d'enquête sur les 211 milliards d'euros d'aides publiques.

9:13
Présentateur

Sénateur communiste qui avait fait cette tribune.

9:15
Fabien Roussel

Il a lui aussi rappelé dans son audition qu'il a fait du PDG de Michelin. Et à l'occasion de cette audition, le PDG de Michelin a dit « Oui, bon, c'est vrai, on a pris la main dans le pot de confiture, on va rembourser. »

9:25
Présentateur

Ce n'est pas tout à fait ce qu'il dit. Il dit « On n'a pas touché d'aides indues. On a touché des aides, mais la conjoncture a fait que ces aides, on n'aurait pas dû les toucher. On les rend reconnaissait que c'est vertueux. » Mais d'accord.

9:35
Fabien Roussel

Donc est-ce que c'est utile de conditionner ces aides ? Mais bien sûr. Il faut l'écrire noir sur blanc. Il faut écrire noir sur blanc que des aides publiques versées aux entreprises, nous ne sommes pas contre. Les aides publiques versées aux entreprises doivent servir l'intérêt de la France, des travailleurs. La relocalisation de l'industrie dans notre pays doit servir à ce que les machines restent ici et tournent ici. Elles doivent servir l'égalité femmes-hommes. Elles doivent servir la formation en France. Ça doit servir à ça.

Mais est-il logique dans notre pays, alors que l'on cherche des économies, que sur ces 211 milliards d'euros d'aides versées aux entreprises, certains touchent ces aides et versent des milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires ? Michelin va verser en 2025 1,4 milliard d'euros de dividendes. Et il perçoit des aides publiques. Nous proposons que quand une entreprise verse des dividendes à ce niveau-là, qu'il en déduise les aides publiques versées. Enfin, il n'y a pas de sens à ce que l'argent de nos impôts aille dans les poches d'un groupe qui ensuite verse à ses actionnaires. On a besoin de cet argent pour justement faire des économies et financer les besoins du pays.

10:38
Présentateur

Hier, pour toutes les raisons que vous venez d'évoquer, vous étiez dans les cortèges. Je crois que vous étiez à Valenciennes hier. Oui, à Valenciennes, avec les salariés d'Outinor qui se bat pour en défendre ses emplois. Vous avez vu qu'il y avait beaucoup moins de monde dans les rues. La CGT disait le 18 septembre 1 million. Hier, elle dit 600 000. Le ministère d'Intérieur dit même moins de 200 000. C'est la faute à qui ? C'était une erreur, au fond, de lancer cette manifestation alors qu'on ne connaît pas le budget, qu'il n'y a pas de gouvernement, qu'on ne sait pas quelle sauce on va être mangé. Est-ce que c'était le bon timing, finalement ?

11:08
Fabien Roussel

D'abord, il y a toujours une soif de justice forte. Je l'ai dit. Il y a moins de monde, mais la colère est la même. Oui, parce que, vous savez, c'est difficile pour des salariés de faire grève deux fois de suite et de perdre du salaire à chaque fois qu'ils font grève, parce que c'est comme ça que ça se passe. Et donc, ce n'est pas parce qu'il y avait moins de monde dans les cortèges, et il y en avait quand même plusieurs centaines de milliers, plus de 250 grèves, que la colère serait plus faible. Nous sommes assis sur un volcan, la France va mal, on vit mal même quand on travaille. C'est insupportable pour des millions de nos concitoyens. Il y a besoin de changement.

Même s'il y avait moins de monde dans les cortèges hier, la soif de changement, elle existe.

11:53
Présentateur

Alors, vous, vous étiez à Valenciennes, donc vous n'avez peut-être pas entendu ce qui s'est passé à Paris, mais il y a eu quand même un moment qui a frappé tous ceux qui ont regardé cette manifestation. Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste, et son collègue Boris Vallaud, qui est le chef des députés socialistes, hué, invectivé, insulté. PS collabos, saluent les traîtres, retournent lécher les pieds de le cornu. Tout le monde déteste le PS. C'est ça, l'union de la gauche. Pendant que les syndicats montrent qu'ils sont unis, les partis de gauche, voilà l'image qu'ils montrent d'eux-mêmes.

12:24
Fabien Roussel

C'est bien sûr inacceptable, scandaleux, mais je sais que ce genre de pratique existe de la part d'une minorité, une minorité d'extrémistes. Une minorité de la France insoumise ? Non, je ne sais pas, moi. Je ne sais pas qui est-ce qu'il y a derrière. C'est une question, je ne sais pas non plus. Parce qu'en plus, souvent, ils sont masqués, ils n'ont même pas le courage de leurs opinions, ils se cachent derrière des cagoules ou des parapluies. Non, ça n'a pas de place, justement. On a besoin d'être unis et forts, les salariés, les syndicats, les forces de gauche, pour pouvoir peser aujourd'hui et obtenir des changements.

13:00
Présentateur

Olivier Faure, il était à votre micro cette semaine, lundi, au micro d'Apolline de Malherbe, et il a dit « si rien ne change, nous, on censure ». Vous êtes exactement sur cette ligne-là, vous êtes aligné avec lui ?

13:10
Fabien Roussel

Les députés communistes et du groupe GDR disent la même chose, et je pense à ceux d'Outre-mer aussi qui sont dans notre groupe et où la vie chère pèse beaucoup là-bas aussi, nous disons la même chose. S'il n'y a pas de changement en France métropolitaine, dans les Outre-mer, nous censurons de la même manière, parce que la soif de changement, elle est trop importante. Il faut l'entendre, mais je l'ai dit comme ça à Sébastien Lecornu.

13:33
Présentateur

Tout ça, vous en êtes conscient évidemment, ça crée de l'instabilité politique. Et quand on regarde les sondages, cette instabilité politique, dernier sondage IFOP, ça semble profiter essentiellement au Rassemblement National, qui caracole en tête 33-35% d'intention de vote pour Marine Lefebne ou Jordan Barnella. Ça ne vous interroge pas ?

13:49
Fabien Roussel

Mais c'est pour ça que j'invite le Premier ministre à laisser le Parlement travailler. Et que les Français se rendent compte, découvrent ce que chaque député va voter. Les députés du Front National, du Rassemblement National, ne veulent pas de taxes sur les plus riches, ne veulent pas d'ISF, ne veulent pas d'augmentation des salaires. Ils veulent tuer la Sécurité sociale en supprimant les cotisations, alors qu'on fête le 80e anniversaire de la Sécurité sociale, d'Ambroise Croizat. Et donc, moi je souhaite que justement, on laisse le Parlement travailler. Qu'il n'y ait pas de 49-3, qu'il n'y ait pas de censure derrière,

14:27
Présentateur

mais que le Parlement travaille. Fabien Roussel, il nous reste quelques minutes avant la prise de parole du Premier ministre à Matignon. Vous ne vous êtes pas exprimé encore depuis la condamnation de Nicolas Sarkozy à 5 ans de prison, avec mandat de dépôt différé, mais exécution provisoire. Un président de la République qui va aller en prison, c'est quand même historique, c'est un choc. La présidente du tribunal est menacée de mort, certains critiquent l'état de droit. On ne vous a pas entendu réagir. Qu'est-ce que vous avez pensé en entendant cette condamnation ?

14:57
Fabien Roussel

D'abord parce que je ne fais jamais de commentaire sur des décisions de justice. Et je n'ai pas voulu en faire concernant Nicolas Sarkozy. Il y a une procédure longue, plus de 10 ans, il est condamné, dont acte. Et donc, je ne vais pas tirer sur l'ambulance, je ne vais pas en rajouter, c'est fait. Je ne commande pas une décision de justice. En revanche, je me suis exprimé pour dénoncer les menaces dont font l'objet les magistrats. Et ça, c'est inacceptable. Ça, ça remet en cause l'état de droit. Mais quand il y a une décision de justice qui tombe, que l'on soit misérable ou puissant, il faut l'accepter et ne pas la contester.

Et c'est pour ça que moi, je n'ai pas voulu faire quelques commentaires que ce soit sur cette décision de justice. Et je regrette que certains la remettent en cause.

15:39
Présentateur

Il faut accepter la justice. L'exécution provisoire qui a frappé Marine Le Pen en première instance, condamnée à de l'inéligibilité, ou Nicolas Sarkozy également, vous vous dites que l'exécution provisoire, elle s'applique à tous les Français, donc elle s'applique aux responsables politiques ?

15:54
Fabien Roussel

Mais bien sûr. Pourquoi les responsables politiques devraient être exemptés de dispositions qui existent aujourd'hui dans la loi ? Je rappelle que c'est Rachida Dati, ministre de la Justice, qui l'a introduite dans la loi, quand Nicolas Sarkozy était président de la République. Donc il subit ce que lui-même a voulu introduire dans la loi. S'il ne faut pas l'appliquer, l'exécution provisoire, il faut remettre la loi en débat et la sortir des décisions de justice. Mais si les juges estiment qu'il faut la mettre en application, il faut respecter la justice.

16:25
Présentateur

Encore une question en attendant la prise de parole, je le répète, de Sébastien Lecornu, ce sera en direct dans quelques secondes sur BFM TV. Vous avez vu ce syndicat des enseignants du primaire qui veut débaptiser les vacances qui sont liées à des fêtes religieuses, les fêtes de Noël, les fêtes de l'Atoussin, pour les appeler les fêtes de l'automne, les vacances de l'automne, ou les vacances de l'hiver, pour les laïciser. Vous êtes pour ou vous êtes contre ?

16:51
Fabien Roussel

Je n'ai pas vu ça. Je sens que je vous... Mais non, mais ce n'est pas... Est-ce que c'est le niveau du débat qu'on doit avoir aujourd'hui ? Je suis un républicain laïc, mais je ne pense pas que ce soit forcément la priorité. Mais bon, qui pousse le débat, pourquoi pas ? Mais ce n'est pas le sujet. Je ne pense pas que c'est la priorité du moment, franchement.

17:14
Présentateur

J'ai gardé le meilleur pour la fin. Vous vous en doutez, au mois de mars, il y a des élections municipales. Vous êtes candidat à la mairie de Saint-Amand-les-Eaux ?

17:22
Fabien Roussel

Permettez-moi de réserver cette réponse aux Amandinois. Et je m'exprimerai aux Amandinois pour dire ce que je compte faire. Mais j'ai déjà dit depuis plusieurs mois, depuis que je suis maire, que je ne suis pas là pour faire de l'intérim. J'aime ma ville, j'y vis, je suis passionné, j'y mourrai, parce que j'habite là avec ma compagne, mes enfants y ont été à l'école, et donc je défendrai toujours, toujours ma ville que j'adore.

17:47
Présentateur

Merci Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste. Merci d'être venu répondre à nos questions. Il est 8h47 sur RMC et sur BFM TV. Sous-titrage ST' 501