Face à Face : Michel-Edouard Leclerc - 15/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:08OuverteRéponse directe
Quelles conséquences et qu'est-ce que ça dit de l'instant que l'on est en train de traverser ?
- 2:19OuverteRéponse directe
Vous trouvez presque logique cette réponse de colère ?
- 3:42OuverteRéponse directe
Un dépôt pétrolier bloqué, est-ce que ça a des conséquences sur l'acheminement du pétrole ?
- 4:31OuverteRéponse directe
Est-ce que vous redoutez une éventuelle contagion de ces colères ?
- 5:59OuverteRéponse directe
Quand on regarde les prix à la pompe ce matin, 2,30 euros pour le litre de gasoil, 2,08 euros pour le sans-plomb 95. Pensiez-vous que ça serait si vite ?
- 6:39RelanceRéponse directe
On y arrivera aux 2,50, mais ça ne durera peut-être pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:20Invité politiqueFait
« Ce sont les diableries irano-américaines et maintenant étendues à l'Arabie saoudite et aux outils qui contribuent à faire flamber très artificiellement le prix du pétrole brut. »
- 1:55Invité politiquePromesse
« On voit bien aujourd'hui que ces aides ciblées doivent être étendues à certains métiers. »
- 2:36Invité politiqueFait
« Mais nous, professionnels, professionnels du transport, professionnels de la pêche, professionnels de l'agriculture et peut-être aussi dans les BTP, dans les bâtiments et travaux publics, on comprend très bien que vous ne pouvez pas ouvrir le robinet de toutes les aides parce que l'État n'en a pas les moyens. »
- 3:54Invité politiqueFait
« Déjà, il faut savoir que par la géographie et le climat, on a beaucoup de difficultés. Par exemple, pour amener du carburant moins cher, du gasoil par exemple, dans l'Est de la France, on utilise beaucoup des barges qui vont sur le Rhin et sur le Rhône. Et là, pas de pot, il n'y a pas d'eau. »
- 5:25Invité politiqueFait
« Les agriculteurs, ils ont la double peine, puisqu'ils ont la peine du climat et de la sécheresse, dont il est difficile d'évaluer à long terme les conséquences, mais à court terme, ça va forcément raréfier un certain nombre de fruits, de légumes. »
- 8:31Invité politiqueChiffre
« Il y a près d'un million de personnes qui sont bénéficiaires des mesures Le Cornu et qui ne sont pas allées les chercher. »
- 8:42Invité politiqueChiffre
« Les aides devaient toucher 3 millions de personnes et un peu plus d'un million de personnes les ont demandé. »
- 10:05Invité politiqueFait
« Les raffineurs, aujourd'hui, ils gagnent plus que le prix du pétrole en raffinant le pétrole. »
- 10:28Invité politiqueChiffre
« Mettre trois ministres du gouvernement en face de nous, alors que les raffineurs ne sont pas convoqués et qu'ils sortent, quelquefois, des bénéfices sur raffinage de 100 dollars le baril, c'est-à-dire le prix du Brent. »
- 12:52Invité politiquePromesse
« Je pense que la mesure la plus simple, c'est de suspendre les 20 centimes qui financent les obligations de ceux qui vendent des carburants fossiles. »
- 13:19Invité politiquePromesse
« On aurait une baisse de 20 centimes le litre. »
- 13:53PrésentateurChiffre
« Les grands spécialistes du carburant en France disent qu'il y a eu 6% de baisse de volume. »
- 16:59Invité politiquePromesse
« Nous avons décidé de diminuer de 15 jours les délais de paiement. On passe de 30, délai légal maximal, à 15 jours sur tout ce qui concerne fruits et légumes français. »
Temps de parole
- Invité politique64 %
- Présentateur29 %
- ?7 %
≈ 26,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous
écoutez
RMC, RMC
jusqu'à 9h, Apolline Matin,
face
à face, Apolline de Malherbe. Vous êtes bien sur RMC et BFM TV, bonjour Michel-Edouard Leclerc,
merci
d
'être dans ce studio et en particulier aujourd'hui parce que les enjeux sont cruciaux. Vous êtes président du comité stratégique des centres Leclerc, deux enjeux cruciaux qui sont au cœur des préoccupations et à la une ce matin. Deux enjeux sur lesquels votre parole est particulièrement attendue, le carburant et le pouvoir d'achat. On va parler prix et on va parler colère sur le carburant d'abord avec ces images que vous allez découvrir sur BFM TV en direct. Je les décris évidemment pour ceux qui nous écoutent sur RMC, il s'agit d'un dépôt pétrolier à Fosse-sur-Mer qui est occupé, bloqué depuis ce matin avec des revendications des pêcheurs.
Ils ont déjà manifesté hier à Sète ou à Port Vendresse. Quelles conséquences et qu'est-ce que ça dit de l'instant que l'on est en train de traverser Michel-Edouard Leclerc ?
Alors ça dit que d'abord la crise pétrolière, la crise des carburants dure. On sait très bien que ce n
'est
pas le gouvernement Lecornu qui est à l'origine de cette crise. Ce sont les diableries irano-américaines et maintenant étendues à l'Arabie saoudite et aux outils qui contribuent à faire flamber très artificiellement le prix du pétrole brut. Donc du prix des produits dérivés comme le gasoil, les pêcheurs souffrent. Dans le prix du poisson, le gasoil c'est énormément. Il
y
a l'amortissement du bateau, il y
a
le travail et il y a le prix du gasoil. Et donc on voit bien que c'est la limite, en quantité en tout cas, de ce que la politique du gouvernement qui vise à donner des aides ciblées. On voit bien aujourd'hui que ces aides ciblées doivent être étendues à certains métiers. Je dis comme ça, les transporteurs, les taxis qui n'en ont pas, les pêcheurs bien évidemment et probablement dans le package agricole aux agriculteurs.
On va revenir sur toutes ces professions. Elles sont aussi à un moment ou à un autre confrontées à la question du commerce, à la question évidemment de la consommation. Au fond, quand je vous écoute, vous trouvez presque logique cette réponse de colère ?
Je
trouve en tout cas que c'est une manière de dire on est là, écoutez-nous. Pour le moment, vous avez fait du sur-mesure pour les consommateurs, pour ce qu'on appelle les gros rouleurs. Mais nous, professionnels, professionnels du transport, professionnels de la pêche, professionnels de l'agriculture et peut-être aussi dans les BTP, dans les bâtiments et travaux publics, on comprend très bien que vous ne pouvez pas ouvrir le robinet de toutes les aides parce que l'État n'en a pas les moyens. Ouvrir le robinet aussi, ça voudrait dire enrichir tous les spéculateurs qui font monter les prix. Parce qu'il y
a
beaucoup de spéculateurs
qui font monter les prix.
Le chemin
est étroit. Le chemin
est étroit et donc simplement, on est dans une autre phase de cette crise. Elle dure, j'insiste, le gouvernement Lecornu n'y peut rien. Elle dure, elle nous est imposée. Donc à mon sens, le gouvernement Lecornu va devoir élargir le nombre de bénéficiaires, d'allègements, de charges, d'impôts, ou en tout cas ceux qui pourront acheter moins cher les carburants
pour travailler.
Michel-Edouard Leclerc, le chemin est étroit, disais-je. On va y revenir aussi sur la question d'ailleurs des prix. Chemin étroit entre lutte contre l'inflation et en même temps ne pas casser l'agriculture qui aujourd'hui est dans une situation très difficile. Mais si on reste sur la question du carburant, d'abord une question très concrète. Un dépôt pétrolier bloqué, est-ce que ça a des conséquences sur l'acheminement du pétrole ensuite jusqu'à vos stations et aux
autres ? Oui, ça n'arrange pas les choses. Déjà, il faut savoir que par la géographie et le climat, on a beaucoup de difficultés. Par exemple, pour amener du carburant moins cher, du gasoil par exemple, dans l'Est de la France, on utilise beaucoup des barges qui vont sur le Rhin et sur le Rhône. Et là, pas de pot, il n'y
a
pas d'eau. Donc c'est des camions, ça coûte plus cher. Pour approvisionner une ville comme Toulouse, il faut amener du carburant en train. Le consommateur ne comprend pas toujours pourquoi, même dans une même enseigne, il y a des écarts de prix. Mais c'est parce que les écarts de coûts de transport sont très différents.
La
logistique. Un dépôt pétrolier comme ça, il y en a environ 150 en France. Il n
'y
en a qu'un qui soit bloqué à cette heure. Est-ce que vous redoutez une éventuelle contagion de ces colères
?
Oui, ça peut arriver. Ça n'a pas de logique. Ça ne fera que paralyser. Ça ne résoudra pas les réponses. On les a entendus. Nous soutenons Leclerc, tout le mouvement, et même mes collègues de la distribution. Nous soutenons les professionnels qui approvisionnent le marché français, parce qu'ils sont le lien entre la nourriture et les Français. On a parlé des pêcheurs,
mais
on en parle très très peu. Mais nos transporteurs, ceux qui amènent tous les produits agricoles dans tous les magasins de France, depuis les maraîchers, etc., ils n'ont pas gueulé. C'est eux qui se sont pris de plein pot dès la première hausse. Et donc, aujourd'hui, on fait du sur-mesure avec eux. On les connaît bien, y compris nos propres camions ont repris des surcharges.
D
'ailleurs, Thierry Cotillard avait donné des chiffres
une fois dans
cette émission.
Il l'a dit ici même,
il y a un peu moins d
'une semaine. Il y
a
les transporteurs. Et puis, il
y
a les agriculteurs. Les agriculteurs, ils ont la double peine, puisqu'ils ont la peine du climat et de la sécheresse, dont il est difficile d'évaluer à long terme les conséquences, mais à court terme, ça va forcément raréfier un certain nombre de fruits, de légumes. Et donc, ça va faire flamber ou en tout cas monter le prix des fruits et des légumes. Et de l'autre côté, ils ont une hausse de coûts d'exploitation qu'il faudra bien répercuter quelque part.
On va y venir parce qu'il y a évidemment une grande attente aussi sur la réponse que vous leur apporterez. Un certain nombre d'entre eux demandent une réouverture des négociations commerciales pour revoir les prix à la hausse. Mais je voudrais encore une fois vous interroger sur le carburant. Quand on regarde les prix à la pompe ce matin, 2,30
euros
pour le litre de gasoil, 2,08 euros pour le sans-plomb 95. Il y a quelques semaines, vous disiez, on arrivera aux 2,40
euros.
Pensiez-vous que ça serait si vite ?
Non, non. Et puis d'ailleurs, hier, je crois que vous l'avez reçu aussi, je discutais, j'ai des antennes partout. Je discutais avec Philippe Chalmin, qui a plus de tchatch que moi.
Économiste et spécialiste des questions d'hydrocarbures.
Il parlait même d'un 2,50. En fait... Vous pensez qu'on va arriver à 2,50 ? Mais on ne sait pas combien de temps. Et le problème, c'est le combien de temps. Parce que des à-coups, ok, ça se règle. Le problème, c'est combien de temps ?
En fait, vous êtes en train de dire, on y arrivera aux 2,50, mais ça ne durera peut-être pas
? En fait, voilà. Personne ne sait rien. Parce que de toute façon, on a quand même des belligérants, là, qui ont l'air complètement petits. Pour
vous, c'est de l'ordre de l'irrationnel ?
C'est de l'ordre de l'irrationnel.
Ils
ne savent pas finir leur conflit. Et donc, une manière de finir le conflit, c'est de faire gueuler tout le monde autour pour qu'on leur impose d'arrêter. Il n
'y a
pas un vainqueur, il n
'y a
pas un vaincu. C'est la même chose entre l'Ukraine et la Russie. Pour revenir, on ne
va
pas faire que de la géopolitique. Mais
ça
a des conséquences, jusque dans nos stations essence et dans nos rayons.
Donc, pour le moment, je trouve la stratégie du gouvernement, Bréjon, Lecornu, Lescure, Papin, vous voyez, j'essaie de citer tout le monde. Je la trouve normale, c'est-à-dire qu'on fait du sur-mesure. D'ailleurs, vous avez remarqué que...
Vous aviez
pourtant dit, il faudra plafonner les
prêts.
Et voilà, il y a deux temps. C'est très important pour que la punchline y en ait deux et pas une. D
'accord, donc
pour vous,
il
y a deux moments.
Oui, dans mon commentaire, il y a le moment présent où il y a des professions qui sont touchées.
Et elles, il faut les aider et les cibler.
Et si ça part trop longtemps et que ça va par capillarité sur d'autres métiers et toute la population, là, il faudra des mesures collectives. Pour le moment, je vous rappelle que le carburant en France est du même ordre de prix qu'en Allemagne. 10 centimes un petit peu plus cher qu'en Italie, mais on est quand même dans le même package. Il n
'y a
que l'Espagne qui est moins cher. On dit que c'est à cause de la fiscalité, mais c'est surtout parce que c'est un grand pays raffineur. Donc, il a du gasoil. Nous, nous n'en avons pas de gasoil.
C
'est la question que j'allais vous
poser. Mais on n
'est quand même, on n'est pas hors consommation
européenne. Au fond,
vous laissez entendre qu'on peut encore tenir le choc. Pour l'instant, on peut encore tenir le
choc.
Ce
qui ne veut pas dire que pour certaines populations, c'est compliqué. Et là où je suis étonné quelquefois, j'ai regardé les statistiques hier soir, il y a près d'un million de personnes qui sont bénéficiaires des mesures Le Cornu et qui ne sont pas allées les chercher. Donc là, ça me fait penser que vraiment, il ne faut pas ouvrir le robinet à fond. Les
aides
devaient toucher 3 millions de personnes et un peu plus d'un million de personnes les ont demandé. Ce sont inscrits sur la plateforme,
1
,4 million de mémoire.
Ça fait beaucoup qu'ils ne sont pas allés. Donc, c'est à la rentrée, tout le monde n
'est
pas forcément au courant, tout le monde n'est pas sur
Internet. Savent-ils
simplement qu'ils y ont droit ? Pourtant, vous en avez beaucoup parlé.
Oui, mais c'est
confus. Moi-même, j'ai essayé de regarder pour comprendre le dispositif. Il est complexe. Voilà.
Alors, si ça dure très longtemps et que ça pèse sur tous les mécanismes de transport en France et tout ça, il faudra à ce moment-là regarder où est-ce qu'on peut aller chercher de la baisse du prix
ou du tampon.
Et c'est alors que vous parlez de cette question du plafonnement des prix.
C
'est donc dans ce deuxième
moment, si cela durait ? C
'est LFI. Si
cela durait quoi ? Plusieurs mois ?
C'est LFI qui parle de plafonnement. Moi, je ne crois pas au plafonnement. Si vous mettez un plafonnement, à ce moment-là,
il
faut tout plafonner en dessous. Non. Ce que je crois, c'est qu'à ce moment-là, il faudra revenir à des... Mais il ne
faut
pas que ça dure. Il ne
faut
pas que ça coûte
à l'État. Ah quoi ? Une
fiscalité flottante
dans ces cas-là ? Alors, soit une fiscalité
flottante à la Jospin... Pardon pour lui...
Mais tout à fait, c'était du temps de Jospin, la
TIPP
flottante.
C'est-à-dire ces taxes qui évoluent en fonction, justement, pour ne pas contribuer à l'augmentation du prix à
la baisse.
Alors, Dominique Schellcher, hier, sur une autre chaîne ou sur son réseau, disait, c'est quand même incroyable qu'on va faire payer les consommateurs, alors que les raffineurs s'en mettent plein les poches en
ce moment.
C
'est la question que j'allais vous
poser.
Les raffineurs ?
Les raffineurs, aujourd'hui, ils gagnent plus que le prix du pétrole en raffinant le pétrole. Donc, il y
a
quand même un sujet. Moi, mes adhérents Leclerc, ça leur donne des boutons d'être convoqués à Bercy, alors que Serge Papin, notre ministre et ancien concurrent, sait très bien qu'on n'a pas plus de un centime dans
nos services.
Mettre trois ministres
du
gouvernement en face de nous, alors que les raffineurs ne sont pas convoqués et qu'ils sortent, quelquefois, des bénéfices sur raffinage de 100 dollars le baril, c'est-à-dire le prix du Brent. Donc, les
vrais coupables,
c
'est les raffineurs. En tout cas, c'est les profiteurs.
Donc, il y a un sujet là. Il y
a
un vrai sujet là que je n'entends pas, que Dominique Schellcher a repris.
Est-ce que Total, qui est à la fois distributeur et raffineur, joue sur ces deux termes
? Oui, bien
sûr.
C'est pour ça qu'il peut nous faire... Moi, je ne
peux
pas le suivre. Les distributeurs aujourd'hui, je peux le dire pour Leclerc, mais je peux le dire aussi pour Systemup, on achète des carburants ensemble, pour Intermarché, pour Carrefour, nous ne pouvons pas descendre plus bas nos prix qu'aujourd'hui. C
'est
impossible. Impossible. Parce que nous ne sommes pas fabricants, nous sommes acheteurs sur un marché international.
Et vous achetez
très souvent à Total, d'ailleurs.
Et on achète aussi à Total, mais partout dans le monde. Aujourd'hui, vous vous rendez compte, on a des jeunes de 30 ans hyper formés, mais quand on achetait une barge à l'Europe du Nord, c'était 30 millions. Et puis, ça venait en deux jours au port du Havre. Aujourd'hui, il faut acheter des super tankers dans le golfe du Mexique, qu'on n'a pas encore appelé le golfe Trump. Ça met 25 jours pour venir. C'est-à
-dire
25 jours de risque sur le cours du pétrole. 25
jours de risque. Après avoir sorti
vos 50 millions.
Oui. Le bateau, c'est 300 millions, un super
tanker. 300 millions maintenant, d'accord.
Et on est des épiciers, donc on ne savait pas faire ça. Et il y a un risque de cours, un risque sur le dollar, des taux d'assurance, et encore, il faut pouvoir le
décharger. Donc, pendant les 25
jours entre son départ
et son arrivée, vous ne savez pas, évidemment, s'il vaut toujours le même prix.
Je le dis pour les téléspectateurs, au niveau des intentions, on fait ça.
Michel-Edouard Leclerc, vous étiez quand même en train de laisser entendre que les profiteurs, ce sont les raffineurs. Je vous pose la question de la solution. Comment on fait
pour imposer
aux raffineurs de baisser ce prix ? Ou en tout cas, d'être taxés ou de payés parce
que
c
'est
eux
qui profitent ?
Il n'y a pas que les raffineurs. Les producteurs s'en mettent plein les poches. Nos copains européens de la mer du Nord,
vous
ne les entendez pas
?
Ils sont européens. Ils font partie de la fédération européenne presque. Eux
profitent parce qu'ils vendent davantage.
Les Américains viennent
d'autoriser les Indiens à racheter aux Russes, malgré les sanctions que nous avons prises en Europe. Donc vous voyez, on est dans un monde un peu glauque, très cynique, franchement hypocrite. Et donc, pour aider les Français, à un moment donné, s'il faut faire du collectif, Moi, je pense que la mesure la plus simple, c'est de suspendre
les
20 centimes qui financent les obligations de ceux qui vendent des carburants fossiles. C'est 20 centimes. C'est 17 centimes. C
'est les certificats d'énergie ? C'est les certificats d'énergie.
Nous nous engagerions, Leclerc et tous ceux qui ont à payer ces certificats, dont le prix est dans l'essence, nous nous engagerions à simplement endifférer le paiement. Il ne faut pas que ça dure plus de trois mois. Ça
veut dire que de manière
immédiate, parce que ça, ça peut être décidé vraiment d'un claquement de doigts, on aurait une baisse de 20 centimes
le litre. Voilà. Mais par contre, vous voyez, il faut que ce soit un one-shot. Il ne
faut
pas que ça dure des années. Il ne
faut
pas que ça remette en cause le plan
de décarbonation
de l'économie française.
Michel-Edouard Leclerc, il y a-t-il des risques de pénurie avec le blocage de fosses sur mer notamment ?
Non, là, non.
Non.
À
ce stade, il n
'y
a pas de risque de pénurie et il n'y a pas
de pénurie ou de difficulté d'acheminement. On est bien d'accord.
À ce stade,
au moment où on se parle. Mais il ne
faudra pas que ça dure. Michel-Edouard Leclerc, une question encore là-dessus. Et sur les conséquences de la consommation, on va venir justement au prix dans les rayons. Les grands spécialistes du carburant en France disent qu'il y a eu 6% de baisse de volume. C'est-à-dire que les Français, non seulement se sont serrés
la
ceinture, mais ont visiblement renoncé à un certain nombre de plaintes, 6% de moins de ventes. Est-ce que c'est le cas d'abord dans vos stations à vous ? Et qu'est-ce que ça dit ? C'est-à-dire consacrifier les Français dans tous ces trajets qu'ils n'ont pas faits.
Ça veut dire que les Français, ils sont intelligents et qu'ils rationalisent leurs dépenses. Vous voyez ?
Vous constatez, vous aussi, 6%, vous avez écrit
les grands enjeux de l'économie dans notre quotidien. Ça se lie presque comme un manuel
d'économie. On m'a dit que j'étais vieux, j
'ai fait ça pour mes étudiants de Néoma et pour les étudiants de l'Iris. L'idée, c'est de se rendre compte que le pouvoir d'achat, ce n
'est
pas que l'alimentaire et le carburant, c'est aussi les conditions de transport, c'est les conditions de logement,
c
'est toute la santé. Et c'est tout un ensemble aujourd'hui sur lequel les gens arbitrent.
On se pose la question,
est-ce que d'abord, dans vos magasins, vous avez constaté, vous aussi, des baisses de volume d'achat
de carburant
de l'ordre de 6% ? Oui. C'est ça ?
Oui.
On est sur ce chiffre-là.
Il y a
une partie, il faut dire ce qu'il y a, une partie, c'est Total Access qui était moins cher. Si
vous avez une station totale pas très loin de la vôtre, évidemment, ils vont plutôt privilégier la station totale où ce sera moins cher. Est-ce que ce volume de baisse du carburant se répercute aussi dans le volume d'achat dans les caddies ? Est
-ce qu'on achète moins
? Dans nos magasins, non. Et je peux dire, chez Intermarché, Système U, Leclerc, Lidl, Aldi, je ne crois pas.
Il n'y a donc pas, ce matin, vous nous le dites, il n'y a
pas de baisse de la consommation.
En tout cas, c'est une consommation plus rationnelle, plus hésitante, arbitrée plus longtemps. Mais franchement, je m'inscris en faux dans tout ce qui a été dit depuis une semaine. La consommation continue à attirer la croissance. C'est faible, c'est compliqué. Mais la rentrée des classes, ça s'est très bien passé. Et d'ailleurs, la rentrée des classes, elle était en baisse de prix en moyenne. D'accord ? Il y avait les licences qui coûtaient très cher. Mais si vous voulez acheter simple, c'était en baisse. Et aujourd'hui, même l'alimentaire qui était vendu cet été était en moyenne légèrement en baisse.
Le patron de Bonduelle, que je recevais la semaine dernière sur RMC, disait les productions de petits pois, de haricots verts, de maïs, moins 30 à 40% de baisse de production. Et là, pour le coup, ce n'est pas seulement le prix de l'hydrocarbure et du transport, c'est la production elle-même après la sécheresse et la chaleur. Allez-vous rouvrir les négociations commerciales avec les agriculteurs et les industriels de l'agroalimentaire ?
Deux temps.
Le
temps de maintenant, nous avons pris des dispositions très... J'étais encore hier en Bretagne, avec produits en Bretagne, avec des alliances locales. Tout nous garantit. On dialogue. On prend le même train pour venir à Paris. Il n'y
en
a que deux. Enfin, j
'imagine que vous ne
dialoguez pas uniquement entre deux wagons.
On dialogue beaucoup dans le train, figurez-vous. Bon,
c'est là que se passent les négociations informelles. Il y a le train à Rangou.
Non, il se passe beaucoup de choses. On apprend à se connaître. Enfin, on continue de se connaître. Donc, pour tout ce qui est producteur de fruits et de légumes français, nous avons décidé de diminuer de 15 jours les délais de paiement. On passe de 30, délai légal maximal, à 15 jours sur tout ce qui concerne fruits et légumes français.
C'est-à-dire que vous les
payerez plus vite ?
Ils n'auront pas
à avoir des problèmes de trésorerie dus à vos délais de paiement ?
Plus vite, d'accord ? Il faut qu'ils soient transparents et qu'ils soient français. On ne
va
pas les payer. Les Marocains ou les Algériens ou les Espagnols, on privilégie la Maison France.
Donc, 15
jours au lieu de 30. Voilà. Sur tout ce qui est alliance locale, c'est 17 000 contrats. Ça fabrique des fruits, des légumes, du miel, des tas de pâtés, de la charcuterie, de la salaison, du cidre. La bière, la bière brassée, là, c'est le même cas. On passe de 30 à 15 jours.
Mais ça,
c
'est juste une histoire de délai. Vous n'allez pas les payer
plus cher. Vous n'allez pas les payer plus cher.
Je vous dis tout
de suite. Et eux, ils disent qu'on
a besoin aussi d'augmenter
de quelques
centimes d'euros.
Je comprends, mais pour le moment, le prix viendra dans la période de négo. Là, c'est coup de main. Là, c'est survie. Là, c'est on reste ensemble. Donc, on donne des facilités de paiement à ces producteurs français qui sont souvent des petites entreprises et des PME. Et sur toutes nos marques de distributeurs qui font 40% de notre chiffre d'affaires. Je ne
suis
pas en train de faire l'abbé Pierre de la distribution. C'est vraiment 40%. C'est massif. Marques repères, nos régions, du talent, etc. On fait la même chose sur tout ce qui est à base.
Michel-Édor Leclerc, vous êtes en train de nous dire que certes,
en termes de
délai, vous allez faire évoluer les choses. Mais vous ne dites pas que vous acceptez l'augmentation de quelques centimes par boîte de petits pois. Allez-y.
C
'était un temps. C'est le temps de maintenant, ça. D'accord ? Parce que personne n'a le bilan de ce qu'il y a. Et d'ailleurs, vous n'avez pas vu des constats de réunion avec les préfets pour connaître l'état des productions. Moi, je n'en sais pas. Donc maintenant, il y
a
une date qui est prévue, qui est à partir de décembre, où tous nos fournisseurs vont nous fournir des tarifs pour l'année qui va venir. Et là, c'est le dernier point, là aussi, nous serons à l'écoute des produits agricoles. Nous rémunérerons, nous ne négocierons pas
les
produits agricoles qui sont dans les produits transformés ou qui sont dans les confitures, qui sont dans les plats préparés. Nous ne les négocierons pas. Nous prendrons ces hausses de prix d'achat. Vous
accepterez les hausses qu'ils vous demanderont
?
Oui. On va demander de les argumenter.
Ça
veut dire qu'il faut prévoir... Alors,
ça
veut dire, un, que vous n'acceptez pas de les renégocier avant. Ça veut dire que vous n'acceptez pas leur demande de rouvrir
la
question des prix avant.
Non, mais les productions...
Rien avant décembre.
Mais il n
'y a
pas de production là.
Non, mais parfois,
certains disent
qu'on ne
va
pas y arriver, on ne
va
pas s'en sortir.
Vous
comprenez la même chose. Le lait, par exemple... Phase
1. Phase 1.
C'est la production
qui a été brûlée, où il y a été moindre. Ils ont des problèmes de trésorerie.
J'essaie de chercher l'entourloupe. Pardon, Michel-Édouard Leclerc, mais je sais que vous êtes un
très
bon négociateur. Et c'est tout à votre honneur. Et c'est aussi ce qui est
apprécié
par
vos
consommateurs. Mais je sens bien que là, il y a un dilemme, au fond.
Il y a un dilemme, Michel-Édouard
Leclerc, entre la lutte contre l'inflation,
dont vous avez fait d'ailleurs l'un de vous,
et de l'autre côté, la lutte pour la survie des agriculteurs.
Vous me noyez là. Soyez pas vislard. Soyez simple. Je vous ai dit, dans le temps de maintenant, qui est des produits ou qui n'en est pas, le premier problème des petits
agriculteurs,
c'est la trésorerie. Ceux qui n'ont pas de production, ça ne
sert à
rien de parler du prix. S'il n
'y
a pas de produit, il n'y
a
pas de rémunération,
il
n
'y a
pas de produit. Pour la saison d'après, il faut qu
'ils
se refassent. On négocie une fois dans l'année les choses. Ça ne
va
pas être à partir de décembre. Je vous dis, et on s'engage, on respectera d'ailleurs une loi qui s'appelle la loi EGalim, qui interdit aux distributeurs de renégocier la matière première agricole.
J'ai
bien compris. Donc, dans ce point de vue-là, vous respectez la loi. Michel-Edouard Leclerc, est-ce que ça veut dire qu'il faut s'attendre au 1er mars prochain, c'est
-à
-dire à la fin de cette phase de discussion, à une inflation nette
? Il y aura forcément une augmentation des prix, parce que c'est le moment où les producteurs vont vendre aux industriels ou vendre aux distributeurs, vendre aux restaurateurs ou aux grossistes, en tenant compte des coûts de production et même de l'anticipation, si la guerre continue, des coûts de production. Mais nous serons là, et quand je vous dis qu'on achètera plus cher, ça ne veut pas dire qu'on va les vendre plus cher.
Éventuellement,
vous amortirez dans ces cas-là sur
votre propre marge. Absolument, parce que nous, on veut garder
nos clients, on veut être les moins chers, et donc nous allons prendre sur nous, parce que là,
on
peut, contrairement au carburant, là, on peut effectivement vendre moins cher ce qu'on a acheté plus cher.
Merci Michel-Edouard Leclerc d'avoir répondu très précisément à mes questions ce matin. Vous êtes le président du
comité
stratégique. Non, non, mais il
n'y
a aucun problème, je l'assume parfaitement. Président du comité stratégique des centres Leclerc. Il est 8h51 sur RMC et BFM TV.