L'invité de Bourdin Direct : Robert Ménard - 18/11
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23OuverteRéponse directe
Si l'épidémie progresse encore, faudra-t-il rendre la vaccination obligatoire ?
- 1:24OuverteRéponse directe
Philippe Devilliers affirme que le vaccin, c'est le traçage numérique et le contrôle total de la population. Il déraille, il est complotiste ou pas ?
- 2:04OuverteRéponse directe
Robert Ménard, la dynamique Zemmour ralentit. Pourquoi, selon vous ?
- 3:14RelanceRéponse directe
Pourquoi, selon vous, la dynamique Zemmour ralentit-elle ?
- 4:27OuverteRéponse directe
Mais est-ce qu'Éric Zemmour est à la hauteur de l'événement ?
- 5:22OuverteRéponse directe
Vous avez choisi entre les deux ou pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« Si l'épidémie progresse encore, faudra-t-il rendre la vaccination obligatoire ? »
- 0:51PrésentateurFait
« Et qu'on ne me casse pas les pieds avec les libertés et tout. »
- 0:55PrésentateurFait
« Quand je mets mes gosses à l'école, il y a un certain nombre de vaccins obligatoires. »
- 1:28Invité politiqueFait
« Philippe Devilliers, l'un de vos amis, affirme que le vaccin, c'est le traçage numérique et le contrôle total de la population. »
- 2:04Invité politiqueFait
« Robert Ménard, la dynamique Zemmour ralentit. »
- 3:21PrésentateurFait
« Parce que je crois que ça finit par faire peur, les propos qu'Éric tient. »
- 4:27Invité politiqueFait
« Mais est-ce qu'Éric Zemmour est à la hauteur de l'événement ? »
- 4:38Invité politiqueFait
« Dire devant le Bataclan, François Hollande savait que les terroristes seraient infiltrés parmi les migrants et qu'il n'a pas arrêté le flot des migrants, est-ce à la hauteur d'un candidat à la présidentielle ? »
- 5:22PrésentateurFait
« Vous avez choisi entre les deux ou pas ? »
- 6:52PrésentateurFait
« Je trouve qu'il n'y en a aucun qui se détache. »
- 8:10Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron est courageux, et pas sectaire, c'est ce que vous avez dit mardi, alors ça a fait beaucoup de bruit, après l'avoir accueilli à Béziers, il est européen, il est libéral, comme vous ? »
- 8:56PrésentateurChiffre
« il arrive avec 200 millions d'euros pour une entreprise à Béziers qui va être l'avenir de ma ville. »
- 12:00Invité politiqueFait
« Robert Menard, un mur va être construit à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. 180 kilomètres de mur, est-ce une solution de construire des murs pour empêcher l'immigration ? »
- 13:53Invité politiqueFait
« À propos d'immigration, on parle beaucoup d'immigration sous l'angle identitaire. Moi, j'ai envie de vous parler un peu d'immigration sous l'angle travail. »
- 17:39Invité politiqueFait
« Robert Ménard, aujourd'hui, loi à l'Assemblée nationale, ça doit vous satisfaire. Harki, ce qu'on appelle la loi Harki, voulue par le Président de la République, bon, j'imagine que vous applaudissez, pourquoi ? »
- 20:02Invité politiqueChiffre
« Dans une lettre ouverte, 35 sociétés de journalistes expriment leurs plus vives inquiétudes après la multiplication de menaces et intimidations venues de l'extrême droite contre les journalistes. »
Temps de parole
- Présentateur76 %
- Robert Ménard23 %
≈ 2,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC.
RMC Bourdin Direct.
Jean-Jacques Bourdin. Robert Ménard, bonjour. Bonjour. Maire de Bézis, on va commencer avec le Covid qui, aujourd'hui, inquiète tout le monde. L'épidémie progresse. Si l'épidémie progresse encore, faudra-t-il rendre la vaccination obligatoire ?
Ah mais moi, je suis pour la vaccination obligatoire. Depuis tout le temps. Vous savez, le pass sanitaire, au fond, c'est une façon d'inciter les gens à se vacciner. Mais on n'ose pas franchir le pass suivant qui est la vaccination. Bien sûr qu'il faut vacciner. Regardez, un certain nombre de vieilles personnes qu'on n'arrive pas à vacciner. Il reste un certain nombre de pourcentages de gens qu'on n'arrive pas. Or, il faut qu'ils se vaccinent. Il n'y a que ça. Attendez, moi, ça ne me choque pas du tout. Et qu'on ne me casse pas les pieds avec les libertés et tout. Quand je mets mes gosses à l'école, il y a un certain nombre de vaccins obligatoires. Enfin, vous le savez.
Quel est le problème ? On recule, encore une fois. Mais pourquoi est-ce qu'on a peur de rendre la vaccination obligatoire ? Parce qu'il y a ce débat sur les libertés. Honnêtement, je ne comprends même pas son objet. Moi, le pass sanitaire, je ne l'ai pas vécu comme une atteinte à mes libertés. Je le vois comme un moyen d'exercer le fait de pouvoir aller dans un certain nombre d'endroits. Justement, d'être libre. Je ne comprends pas ce débat.
Oui, mais par exemple, Philippe Devilliers, l'un de vos amis, affirme que le vaccin, c'est le traçage numérique et le contrôle total de la population. Il déraille, il est complotiste ou pas ?
J'aime bien Philippe, quand on parle du pied du fou, là, il dit que des idiots aussi. Enfin, ça ne tient pas la route cinq minutes. Et puis, vous savez, il y a un certain nombre de gens, alors ça ne s'applique pas à Philippe Devilliers, mais à d'autres de cette mouvance-là, qui est la mienne en plus, de ça, qui pensent qu'ils vont grappiller trois voix en espérant profiter, vous savez, du réflexe, oui, complotiste, anti-vaccin qui existe en France. Enfin, qui est de moins en moins imprégnant, parce que moi, je vois, ils sont 40 à manifester chez moi quand ils étaient 400 toutes les semaines.
Oui, il y a aussi notre solution, c'est confiner les non-vaccinés.
Moi, je ne suis pas forcément contre.
Vous n'êtes pas forcément contre ? Bien sûr que non. On confine les non-vaccinés.
Et alors ? Ce qui les pousse d'ailleurs, peut-être, à la vaccination. Mais c'est juste ça. Mais l'objectif, c'est quoi ? L'objectif, c'est de se dire, il faut que les gens se vaccinent. Il faut qu'ils se vaccinent. Le pass sanitaire, c'était un moyen de pression, et moi, je l'ai vécu comme ça. Et quand le chef de l'État a dit qu'il l'a proposé, j'ai applaudi de deux mains. Et pareil, s'il faut prendre des mesures de ce type-là pour faire en sorte que les Français se vaccinent, si on n'est pas vaccinés, on ne sortira pas. C'est aussi bête que ça.
Et rendre le télétravail obligatoire ?
Je ne sais pas. Vous savez, le télétravail, ça me semble absolument pas une réponse. Vous croyez que je vais dire aux gens qui ramassent les poubelles à Béziers qu'ils vont faire du télétravail ? Ou les gens qui sont dans les écoles, les ATSEM, qui accompagnent les maîtres et les maîtresses, ils vont faire du télétravail ? Le télétravail, c'est pour la partie aisée de la population. Celle qui vit, ou les gens et les employés de bureau. Il y a tout un tas de métiers. C'est impossible. Les balayeurs à Béziers ne vont pas faire du télétravail. Et ils ont balayé tout le temps. Tout le temps. Même quand tout le monde était confiné à la maison.
Robert Ménard, la dynamique Zemmour ralentit. Pourquoi, selon vous ? Pourquoi ?
Parce que je crois que ça finit par faire peur, les propos qu'Éric tient. Parce qu'il est monosujet, un peu monomaniaque ? Parce qu'on ne peut pas parler de l'immigration, que de l'immigration, toujours de l'immigration. C'est une question centrale, mais ce n'est pas la seule question. Et puis, parce qu'il faut être attentif aux gens. Attentif aux gens. Il dit, je ne veux pas faire de la sensiblerie une politique. Il a raison. Mais est-ce que c'est une raison d'être insensible aux gens ? Moi, quand j'entends un certain nombre de ses propos, je me dis, mais enfin, attends, les gens, ils sont... Oui, les gens, ils ne sont pas tous des héros. Ce n'est pas tout le monde...
On n'est pas tous de Gaulle en juin 40. Quand on est les Français, ils sont compliqués, peut-être. Pas comme ils le rêvent. Mais tu ne peux pas aimer que la France. La France, c'est les Français. Et ça, il ne l'entend pas. Éric Zemmour n'est pas à la hauteur de l'événement.
Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Jean-Marie Le Pen. J'ai vu. Vous l'avez vu ? Qui a donc choisi sa fille ?
Il choisit sa fille. Il y a quelques semaines, il choisissait Zemmour, là, quand même. Oui, oui. Donc, il est flûte. Non, non, mais peut-être... Non, je crois qu'il a dû faire...
Mais est-ce qu'Éric Zemmour est à la hauteur de l'événement ? Dire devant le Bataclan, François Hollande savait que les terroristes seraient infiltrés parmi les migrants et qu'il n'a pas arrêté le flot des migrants, est-ce à la hauteur d'un candidat à la présidentielle ?
Bien sûr que non. Bien sûr que non. Mais c'est exactement ce que je vous dis. Tu ne peux pas dire, au moment d'un procès, il y a le procès du Bataclan, le lieu qui incarne la souffrance de ces gens-là, avoir des mots de politique, politicienne, les polémiques, et Dieu sait que moi, je ne suis pas avare de polémiques, mais il faut voir où on les fait. Je pense que le problème d'Éric, c'est qu'il confond la table où nous sommes tous les deux, où je peux dire un certain nombre de choses, mais après, il faut être capable de redire les mêmes choses, ou ne plus ou ne pas les dire dans des lieux où... Ou les assumer. Les assumer. Et il y a des choses que tu ne peux pas dire.
Il y a des choses que tu peux dire ici, que tu ne peux pas dire ailleurs. Peut-être qu'il lui manque l'expérience de la vie. Voilà ce qu'il lui manque. Vous avez choisi entre les deux ou pas ? Moi, j'ai dit depuis des mois et tout, je donnerai ma signature à Marine, mais si demain, c'était Éric Zemmour qui était en position de l'emporter, je proposerai à Marine, je le lui ai dit, de se retirer. Mais aujourd'hui, vous êtes derrière Marine Le Pen. Attendez, aujourd'hui, Marine, elle ne s'en sort pas si mal que ça. Moi, je la vois, je trouve qu'elle a l'attitude, les mots qu'elle n'a jamais eus. Elle montre un visage d'elle qu'elle n'a jamais montré.
Alors peut-être, c'est qu'à un moment donné, quand vous êtes en position difficile, vous êtes capable de montrer, d'avoir des fissures qui vous rendent au fond attachante. Je la trouve plus attachante qu'elle n'a l'a jamais été.
Bien.
Vous avez aidé, et vous aidez, Éric Zemmour, à trouver des signatures d'élus. Non, non, je n'aide personne à trouver les signatures d'élus. Non, non, non. Aujourd'hui, je veux garder à ma main, et je pense que c'est pour tous les gens de cette droite-là, il faut faire la même chose. Il faudra, à un moment donné, les contraindre à s'entendre. Les contraindre à s'entendre. L'union des droites dont il parle à longueur de temps, il faudra qu'il s'y... On dirait la gauche, dites-moi. Comment ? On dirait la gauche. Ils sont aussi stupides que la gauche en 2002. À force d'être éparpillés, ils vont être privés d'un deuxième tour, et ils vont être contents du voyage.
Ils sont aussi stupides que la gauche.
À propos du deuxième tour, vous regardez les débats entre les candidats de la primaire et l'air, qu'en pensez-vous ?
Écoutez, je trouve qu'il n'y en a aucun qui se détache. Je trouve, évidemment, moi je suis le plus proche, c'est Ciotti, parce que je partage 99% de ses idées. J'ai été... Oui, j'ai été... Comment il s'appelle, notre professeur de médecine ? Philippe Juvin. Juvin, je lui ai trouvé de temps en temps de vrais accents, de vraies sincérités. J'ai le sentiment que M. Barnier, je ne sais pas, il me donne le sentiment... Je fais attention à ce que je dis pour ne pas blesser les gens, je n'aime pas qu'on me blesse. Je le trouve un peu, pas dépassé, mais un peu hors course de temps en temps, comme s'il n'était pas tout à fait présent. Voilà, et ensuite, le reste, Pécresse et Xavier Bertrand.
Aujourd'hui, honnêtement, aujourd'hui, Pécresse et Xavier Bertrand, je signe leurs interviews. Sans hésiter. Tout ce qu'ils disent, je suis d'accord avec tout ce qu'ils disent. Quasiment tout. sur l'immigration, attendez, je veux dire... Ah mais tiens, je vais y revenir. Non mais attendez, le problème, c'est, est-ce qu'ils le feront ? Ils ont tous les deux été ministres, quand même, j'ai un peu de mémoire, mais je n'ai pas 20 ans, et c'est la seule chose que je me dis, je me dis, mais s'ils faisaient ce qu'ils disent, ce qu'ils vont faire, mais bravo, bravo.
Emmanuel Macron est courageux, et pas sectaire, c'est ce que vous avez dit mardi, alors ça a fait beaucoup de bruit, après l'avoir accueilli à Béziers, il est européen, il est libéral, comme vous ? Oui, finalement, vous avez beaucoup de points communs, Robert
Ménard. Il est chef de l'État, moi, j'apprends à mes enfants à respecter les personnes plus âgées qu'eux, les personnes qui ont de l'autorité, les personnes qui représentent un certain nombre de choses, et je ne vais pas respecter le chef de l'État, qui me fait l'honneur de venir dans ma ville, c'est le premier chef de l'État de la Ve République qui vient à Béziers, jusqu'ici, jusqu'ici, même les ministres hésitent à venir à Béziers, et je ne vais pas lui serrer la main chaleureusement, et je ne vais pas le remercier, mais il rend un grand service à ma ville, il arrive avec 200 millions d'euros pour une entreprise à Béziers qui va être l'avenir de ma ville.
Je le lui ai dit, je le lui ai dit, je me souviens, j'ai encore, mais moi, parce ça m'avait terriblement blessé, j'étais, quand il vous rappelait, c'était après les gilets jaunes, il avait invité tous les maires d'Occitanie, il y a un maire qu'il n'avait pas invité, c'était moi, et là, il vient chez moi. Vous lui avez dit ? Bien sûr que je lui ai dit. Qu'est-ce qu'il vous a dit ? Je ne vous le dirai pas, parce que c'était une discussion privée, mais il a eu les mots justes. Moi, attendez, je ne suis pas un sectaire, je ne vais pas être... Mais vous êtes Judas, vous êtes Judas, vous savez qui a dit ça ? Ouais, collard, mais comment on peut dire de bêtises ? Quoi ?
On va se comporter, on va se comporter comme certains se comportent à notre regard. Écoutez, moi, le nombre de gens de l'extrême gauche qui ont refusé de me serrer la main parce que j'étais soi-disant d'extrême droite, et je ne vais pas serrer la main à quelqu'un qui me tend la main, je ne vais pas l'accueillir. Mais bien sûr, je l'accueille, et s'il revient demain, je l'accueillerai, et j'applaudis à ce qu'il a dit. Pardon de vous dire, j'ai reçu Zemmour, les mêmes, quand il y a trois semaines, je recevais Zemmour, il ne me faisait pas des reproches. Alors, il faut recevoir Zemmour quand t'es maire comme moi, et pas le chef de l'État. Mais ils sont tombés sur la tête.
Janvier, parlons de janvier un peu, janvier, c'est formidable. C'est l'hydrogène vert, c'est la production pilote d'électrolyseurs, haute température pour produire de l'hydrogène. C'est formidable, c'est formidable pour la ville, c'est formidable parce que vous attirez des chercheurs, c'est formidable. C'est cette France qui avance, c'est cette France qui avance. Et pourquoi est-ce qu'elle avance ? Elle avance parce qu'il y a une région qui participe financièrement, il y a l'État qui participe financièrement, parce qu'il y a le maire qui participe financièrement et qui aide à l'infrastructure. C'est ça la France qui avance, non, Robert Ménard ?
Puisqu'on parle sans arrêt de déclin de la France. C'est pour ça que mon camp doit retenir quelque chose. Si le chef de l'État gagne, si M. Macron gagne en 2017, c'est aussi parce qu'il incarne l'espoir. Vous ne pouvez pas être tout le temps des rabats-joies, tout le temps dire il n'y a rien, ce n'est pas vrai que la France est à genoux. Il y a des trucs incroyables. Et pour Geneviève, c'est une histoire fantastique. Ma ville, c'est une ville ouvrière, vous le savez. C'est une des rares villes ouvrières là. C'est une ville dont on disait, elle est spéciale, elle a des ouvriers, elle a des textiles, des ingénieurs, elle est dans la métallurgie, mais tout ça s'est passé.
Tout ça, c'est son passif, tout ça c'est un boulet. Et tu découvres aujourd'hui que ce passé-là, ce savoir-faire-là, il est formidable pour produire, vous l'avez dit, la technologie de demain. Je trouve que c'est incroyable. Il faut être optimiste, il faut donner de l'espoir aux gens. Et malheureusement, malheureusement, mon camp, oui, mon camp, il est tout le temps dans, on va mourir, c'est la catastrophe et tout. Oui, il y a des problèmes, oui, il y a des soucis, je ne cesse de le dire, mais il y a aussi une belle réussite. Et de vous à moi, M. Macron, il a raison de venir à Genvier, il a raison de venir, y compris dans une ville comme la mienne.
Robert Menard, un mur va être construit à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. 180 kilomètres de mur, est-ce une solution de construire des murs pour empêcher l'immigration ? Je me souviens, enfin je me souviens, je me souviens dans les livres, au Moyen-Âge, on construisait des châteaux forts. Aujourd'hui, on en est à construire des murs. Est-ce une solution ? Vous avez dirigé Reporters sans frontières. Est-ce que vous pensez que les migrants seront arrêtés par des murs ?
Bien sûr que non, mais je suis le dernier à faire la leçon aux Polonais, le dernier à leur dire ce qu'il faut faire parce que je n'aimerais pas être à leur place. Et en plus, permettez-moi un autre souvenir, sans remonter au Moyen-Âge, les mêmes qui aujourd'hui acceptent l'idée ou soutiennent l'idée du mur entre la Biélorussie et la Pologne, et je suis pour, c'est les mêmes qu'en M. Trump proposait ou a commencé à faire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique. Est-ce que vous vous souvenez, les mêmes, ce qu'il disait ? Je ne le dis pas pour dire que M.
Trump est un modèle, il n'est pas un modèle, mais sur ce point-là, sur ce mur-là, les mêmes qui aujourd'hui trouvent qu'on a raison en Europe, le critiqués aux Etats-Unis.
Oui, mais Robert Menard, puisque vous prenez cet exemple, entre les Américains et les Mexicains, il y a un accord qui a été trouvé pour éviter justement de construire des murs. On arrête et on s'occupe de l'immigration au Mexique, à l'origine.
Vous croyez qu'on va trouver un accord avec la Biélorussie ? Enfin, vous savez ce que c'est,
pas avec la Biélorussie, mais peut-être avec le Kurdistan, ou avec l'Irak, ou avec les pays d'origine de celles et ceux qui viennent attirer par les Biélorusses.
Dans l'absolu, je suis d'accord. Aujourd'hui, je constate que personne n'empêche dans les pays d'origine de cette immigration les vols jusqu'à Minsk. Et je pense qu'aujourd'hui, les Polonais ont raison de se défendre, parce que cette immigration-là, elle va les déstabiliser. Et je vous rassure, ou je vous inquiète, elle va déstabiliser nos propres pays. Oui, c'est notre affaire.
Alors, à propos d'immigration, on parle beaucoup d'immigration sous l'angle identitaire. Moi, j'ai envie de vous parler un peu d'immigration sous l'angle travail. Est-ce qu'on a besoin, est-ce que la politique d'intégration est un investissement utile ? Attendez, moi, je n'ai jamais dit qu'il fallait faire une immigration zéro. Je n'en crois pas. J'ai entendu ça, mais dans les débats, pardon, dans les débats LR, j'entends ça. J'entends ça, il faut supprimer les étudiants étrangers. Il faut, bon, le regroupement familial, c'est autre chose. Mais l'immigration travail, aucun ne parle d'immigration travail.
Attendez, d'abord parce qu'elle n'est pas la majorité. Aujourd'hui, c'est l'immigration familiale qui est la majorité. Mais attendez, est-ce que vous m'avez entendu une fois parler d'immigration zéro ? Parler d'immigration zéro, c'est se moquer des gens, c'est se discréditer, c'est parce que, vous savez pourquoi ? C'est ruiner la parole politique parce que personne ne le fera. Moi, je suis depuis des années et des années contre l'immigration massive. Je veux dire, il faut mettre, il faut en gros une immigration choisie. Parlons d'immigration choisie, mais ne disons pas qu'on va réduire à ça.
Mais est-ce qu'on a besoin des immigrés économiquement ?
Dans un certain nombre de filières, à un certain nombre de moments, oui. Mais il faut que ce soit le Parlement qui le décide. Enfin, attendez, ça existe au Canada. Le Canada, ce n'est pas un pays xénophobe. Vous êtes favorable à une immigration à point ? À point, choisie, où on dit chaque année, on a besoin de tant d'immigrés qui savent faire telle chose et on les reçoit.
Mais on les paie de la même manière. Mais on leur donne les mêmes droits. Pardon, parce que qu'est-ce que j'entends ? Ils sont en règle, ils travaillent, ils paient des impôts, des charges sociales. Oui, mais on leur supprime certaines aides pendant 5 ou 10 ans.
Attendez, attendez, non, non, on ne confond pas. Moi, je suis pour que quelqu'un qui travaille ait le droit le jour où il ne travaille pas et dès qu'il travaille, aux allocations chômales. On ne parle pas de ça. On parle de toutes les aides qui n'ont rien à voir avec le travail. Aujourd'hui, vous arrivez en France, monsieur, vous arrivez en France, comme ça, immédiatement, vous touchez les allocations familiales, les allocations logements, un certain nombre d'aides qui n'ont rien à voir avec le travail. Il y a tout un tas de... Mais si vous travaillez, vous devez pouvoir toucher les APL, par exemple, ou je ne sais pas. Oui, les allocations qui sont liées au travail.
Celles qui ne sont pas liées au travail, il faut une période de latence. Attendez, mais en Europe du Nord, c'est le cas dans un certain nombre de pays. Personne ne trouve que le Danemark est une dictature xénophobe et raciste. Simplement, ils disent un truc de... Mais écoutez, c'est des choses de bon sens. Le bon sens, c'est de te dire, aujourd'hui, tu arrives en France, légalement, tu attends une période de latence avant d'avoir les mêmes droits que les Français. Ce n'est pas montrer le doigt à les gens, c'est dire, oui, être Français, pas Français, ce n'est pas la même chose. Sinon, il faut donner la nationalité à tout le monde.
Est-ce qu'il y a une tendance à les sous-payer, ces migrants, qui sont légaux, qui ont tous leurs droits, et que l'on retrouve dans les mêmes quartiers ? Vous le savez, Abélier.
Jean-Jacques Bourdin. Oui, dans les quartiers les plus difficiles de ma ville, les gens qui sont les plus opposés à l'immigration massive, c'est les immigrés qui ont réussi, et Dieu sait que c'est difficile, il faut le dire, qui ont réussi à s'intégrer, et qui sont menacés. Personne ne va prendre votre boulot ou le mien, personne. En revanche, quand tu es dans un quartier à la devaise, où tu es épicier, si tu as un mec devant qui vend les mêmes produits, comme ça, dans la rue, sans faire attention, et qui vient, et qui est en plus en situation régulière, je vous garantis qu'ils vous menacent.
Alors, il faut arrêter de dire, l'immigration, les gens qui sont contre l'immigration, c'est d'abord des vieux réacs, blancs et mâles. Bien sûr que non, c'est d'abord les plus faibles de nos sociétés qui sont concurrencés par l'immigration, parce qu'il y a toujours des gens qui sont prêts à payer moins cher.
Robert Ménard, aujourd'hui, loi à l'Assemblée nationale, ça doit vous satisfaire. Harki, ce qu'on appelle la loi Harki, voulue par le Président de la République, bon, j'imagine que vous applaudissez, pourquoi ? Reconnaissance de la nation pour service rendu, Harki, reconnaissance des Harkis, pendant la guerre d'Algérie, responsabilité de la France, et puis responsabilité de la France dans les conditions indignes de rapatriement des Harkis, avec aussi droit à réparation. Vous applaudissez.
Je dis, enfin, dans la loi, on va inscrire ce que tout le monde sait. Est-ce que la loi va assez loin ?
Non.
Honnêtement. Exclure, je vous donne des exemples, alors c'est vrai que ça va vite être un peu technique, mais exclure, exclure de cette loi les Harkis qui ont été emprisonnés en Algérie, qui sont arrivés après 1975, c'est pas bien, c'est pas bien. Et puis, c'est pas qu'une histoire d'argent. C'est une histoire aussi de mémoire. Vous savez, dans les... Il y a la reconnaissance dans la loi. Oui, attendez. Je veux que ça se traduit, je veux. Oui. Je souhaite, j'espère, que ça se traduira dans les livres d'histoire, par exemple. Ce qu'on dit des Harkis dans les livres d'histoire, encore, dans les livres pour nos enfants et tout, c'est pas possible.
Je vous rappelle, enfin, attendez, moi je suis pied noir, vous le savez. Oui. Les Harkis, ils ont été, il faut le redire aux gens, ébouillantés, égorgés, empalés, brûlés vifs, entérés vivants. Vous entendez les mots que j'emploie ? C'est ça. Ils ont été... Et parqués quand ils sont arrivés en France, dans des toits en tol. Je suis arrivé à Brusque, dans l'Aveyron. Oui. Ils faisaient un hiver terrible. C'est l'hiver le plus terrible qu'on ait. De Gaulle ? C'est De Gaulle qui a échoué. Le mépris de De Gaulle. On les a lâchés, on les a oubliés, on les a trahis. Je le dis, c'est amusant. Tout le monde, pour l'anniversaire de la mort du général De Gaulle, tout le monde est égoliste.
On se souvient de l'indifférence de De Gaulle au sort des Harkis, de l'abandon de De Gaulle par rapport aux Harkis. Vous savez, s'ils sont revenus, c'est qu'il y a des militaires, des gens au-dessus d'eux, qui ont trahi les ordres et qui les ont pris avec eux, malgré les ordres. On leur doit une immense réparation. Honnêtement, ce n'est pas possible. Il faut trouver les mots, trouver les mots, trouver les mots, leur dire, leur parler au cœur, leur parler au cœur.
Robert Méner, j'ai une dernière question quand même. Dans une lettre ouverte, 35 sociétés de journalistes expriment leurs plus vives inquiétudes après la multiplication de menaces et intimidations venues de l'extrême droite contre les journalistes. Vous condamnez ?
Bien sûr que je les condamne. Vous avez vu cela ? Non, je n'avais plus vu ça. Bien sûr, s'il y a des arbres rutis d'extrême droite qui menacent la presse, c'est scandaleux. Il faudrait que les mêmes journalistes dénoncent avec la même rigueur toutes les menaces d'où qu'elles viennent. Je connais assez, en étant le patron de l'Europe de l'Ontario pendant des années, à quel point on peut être au-le-coeur à géométrie variable dans ce métier. Mais bien sûr, moi, je n'ai pas un état d'âme. La liberté de la presse, évidemment.
Merci Robert Ménard d'être venu nous voir ce matin. Il est 8h54. Vous êtes sur RMC et BFM TV.
Merci.
Robert Ménard