Brigitte Bourguignon : "On n'a pas pris la mesure de la dépendance en France"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse directe
Bonjour.
- 0:05ComplaisanteRéponse directe
Vous êtes députée La République En Marche dans le Pas-de-Calais, présidente de la Commission des Affaires Sociales de l'Assemblée Nationale.
- 0:11OuverteRéponse directe
Vous avez commandé une mission flash sur les EHPAD, en clair un état des lieux express sur les maisons de retraite.
- 0:17OuverteRéponse directe
Le constat est sans appel, dites-vous Brigitte Bourguignon, et qu'y a-t-il d'accablant dans ce rapport ?
- 1:03OuverteRéponse directe
Dans le détail, les aides-soignantes notamment, je crois, en première ligne ?
- 1:55OuverteRéponse directe
Un problème aussi, un manque aussi d'infirmiers de nuit, j'ai cru voir.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« Ce qu'il y a d'accablant, c'est qu'on n'a pas pris la mesure de l'évolution de la dépendance en France »
- 0:31Invité politiqueFait
« aujourd'hui, les personnes qui entrent dans ces établissements sont beaucoup plus âgées qu'autrefois »
- 0:39Invité politiqueFait
« les pathologies dans ces établissements sont beaucoup plus lourdes »
- 0:44Invité politiqueFait
« Les personnes aussi sont atteintes souvent de maladies neurologiques, dégénératives, de type Alzheimer »
- 0:52Invité politiqueFait
« Les réponses ont été plus technocratiques, je dois dire, qu'humaines »
- 1:15Invité politiqueFait
« aujourd'hui, il y a beaucoup plus d'accidents de travail qu'autrefois »
- 1:22Invité politiqueFait
« On a découvert ça dans une étude d'adresse »
- 1:30Invité politiqueFait
« il n'y a pas d'appétence pour ces métiers et qu'il y a une difficulté de recrutement »
- 1:34Invité politiqueFait
« Il y a aussi une sous-médicalisation de ces établissements qui demeurent, alors qu'un médecin coordinateur est obligatoire »
- 1:42Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, un tiers d'établissements n'est pas pourvu de ce médecin »
- 2:02Invité politiquePromesse
« nous demandons à ce que ça fasse partie, dans les contrats d'objectifs et de moyens des établissements, d'une provision suffisante pour fournir des infirmiers de nuit »
- 2:24PrésentateurChiffre
« la baisse des contrats aidés, vous qui êtes de la majorité, justement, ça ne va pas beaucoup aider dans les EHPAD, voire ça peut même devenir catastrophique, non ? »
- 3:03Invité politiqueFait
« tout ce qui relève de la dépendance, du handicap, de l'urgence sociale, et je pense que les trois sont réunis, faisaient l'objet aussi des critères d'appréciation pour le maintien des contrats aidés »
- 4:40Invité politiquePromesse
« La revalorisation du statut du métier d'aide-soignante, déjà, ça fait partie des choses qui sont déjà en cours »
- 4:47Invité politiqueFait
« la ministre qui en a été saisie a mis un groupe de travail sur le sujet très rapide »
Temps de parole
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6h23 avec nous au téléphone aujourd'hui, notre invitée Brigitte Bourguignon, bonjour. Bonjour. Vous êtes députée La République En Marche dans le Pas-de-Calais, présidente de la Commission des Affaires Sociales de l'Assemblée Nationale. Vous avez commandé une mission flash sur les EHPAD, en clair un état des lieux express sur les maisons de retraite. Le constat est sans appel, dites-vous Brigitte Bourguignon, et qu'y a-t-il d'accablant dans ce rapport ?
Ce qu'il y a d'accablant, c'est qu'on n'a pas pris la mesure de l'évolution de la dépendance en France et que dans ces établissements en particulier, aujourd'hui, les personnes qui entrent dans ces établissements sont beaucoup plus âgées qu'autrefois, et c'est tant mieux parce que ça veut dire que le maintien à domicile fonctionne, mais que pour autant, les pathologies dans ces établissements sont beaucoup plus lourdes. Les personnes aussi sont atteintes souvent de maladies neurologiques, dégénératives, de type Alzheimer, et on n'a pas mesuré suffisamment. Les réponses ont été plus technocratiques, je dois dire, qu'humaines.
Et aujourd'hui, on se trouve dans des établissements un peu à bout de souffle
avec un personnel très fatigué et insuffisant. Dans le détail, les aides-soignantes notamment, je crois, en première ligne ? Les aides-soignantes en première ligne, évidemment,
puisqu'elles ont des métiers difficiles. C'est un métier qui reste encore très féminin. Aujourd'hui, avec ce glissement des tâches et l'insuffisance de personnel, eh bien, aujourd'hui, il y a beaucoup plus d'accidents de travail qu'autrefois. On a découvert ça dans une étude d'adresse. Et c'est assez affligeant de voir aussi que, de fait, il n'y a pas d'appétence pour ces métiers et qu'il y a une difficulté de recrutement. Il y a aussi une sous-médicalisation de ces établissements qui demeurent, alors qu'un médecin coordinateur est obligatoire. Aujourd'hui, un tiers d'établissements n'est pas pourvu de ce médecin.
Et puis, aussi, peut-être un manque de formation en gériatrie dans les cursus universitaires de ces médecins
qui ne créent pas l'appétit nécessaire pour ces structures. Un problème aussi, un manque aussi d'infirmiers de nuit, j'ai cru voir. Alors, il n'y a pas d'infirmiers de nuit la plupart du temps,
alors que nous demandons à ce que ça fasse partie, dans les contrats d'objectifs et de moyens des établissements, d'une provision suffisante pour fournir des infirmiers de nuit dans ces établissements qui en ont besoin.
Alors, un grave problème d'effectifs, Brigitte Bourguignon, la baisse des contrats aidés, vous qui êtes de la majorité, justement, ça ne va pas beaucoup aider dans les EHPAD, voire ça peut même devenir catastrophique, non ? Alors, la réponse par les contrats aidés n'est absolument pas suffisante,
vous l'imaginez, dans ce type de constat. Par contre, bien sûr, nous avons mis l'accent sur le fait qu'il ne faudrait pas de plus, dans cette période transitoire, où il faudra renforcer les moyens de ces établissements, en plus les pénaliser par un manque de contrats aidés. Mais ça ne peut pas être la réponse à ce type de constat que nous faisons aujourd'hui.
Mais vous en avez encore besoin ? Vous avez l'oreille des vôtres au gouvernement là-dessus ? Bien sûr, nous l'avons, d'autant que tout ce qui relève
de la dépendance, du handicap, de l'urgence sociale, et je pense que les trois sont réunis, faisaient l'objet aussi des critères d'appréciation pour le maintien des contrats aidés. Donc, nous, j'allais répondre bien sûr là-dessus. Ça, ça fait partie des premières choses que nous, on peut faire à partir de ce constat. Et c'est pour ça que la forme un peu innovante de ce travail parlementaire rapide, mais qui n'exclut pas la qualité, puisqu'il y a eu beaucoup d'écoutes et beaucoup d'auditions menées en cas de course, nous permet dans un premier temps, d'abord,
de mettre des points de vigilance. Et ça fait partie des points de vigilance que celui-ci. Et ensuite, c'est quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? La mission flash, rapide, efficace, mais il y a une suite, évidemment. Bien sûr, bien sûr.
C'était fait pour balayer le terrain, puisque, bien sûr, nous ne sommes pas insensibles à ce que nous entendons et qu'il y avait eu beaucoup de remontées, vous le savez, à aussi bien médiatique que de nos territoires, d'ailleurs, qui nous alertaient sur ce sujet. Maintenant, la suite, moi, j'aimerais, au-delà du constat, au-delà toujours de rechercher plus de moyens, plus de ce qui est le cas aujourd'hui, il faut aussi voir ce qui fonctionne. Et il y a des choses qui fonctionnent aujourd'hui. Il y a beaucoup d'innovations dans ce domaine. Les gens ne nous ont pas attendus, heureusement, pour continuer à travailler sur le sujet.
Et moi, je veux aujourd'hui poursuivre cette mission par une mission d'immersion, en quelque sorte, sur le terrain. On ne va pas recommencer les mêmes auditions pour les mêmes auditions, mais on va faire maintenant de la recherche. Moi, je veux faire un recueil un peu de tout, et quitte à aller les voir. Ça, c'est un délai beaucoup plus long, Brigitte Bourguignon ?
Non, honnêtement, oui.
C'est ce que je viens de vous dire. Il y a une graduation dans ce qu'on est en train de faire. On alerte sur des points de vigilance, sur ce à quoi il faut toucher dès maintenant. La revalorisation du statut du métier d'aide-soignante, déjà, ça fait partie des choses qui sont déjà en cours, puisque la ministre qui en a été saisie a mis un groupe de travail sur le sujet très rapide. Et nous, la mission que je vais proposer, qui va suivre, je la demande sur deux ou trois mois, pas plus.
Parce qu'il faut maintenant qu'on soit plus réactifs. Brigitte Bourguignon, merci beaucoup d'avoir été en ligne en direct avec nous sur France Inter ce matin. Je rappelle que vous êtes députée LREM, présidente de la Commission des Affaires Sociales à l'Assemblée. On verra aussi ce qu'en dit la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Elle est l'invité de Nicolas Demorand à 8h20 tout à l'heure. En attendant, le 5-7 se poursuit. D'ici 20 minutes, la bande du vendredi. Il y aura des sciences, des histoires judiciaires et même un inconnu de la matinale. Mais d'abord, un oeil sur le ciel après la pub. Sous-titrage Société Radio-Canada
Brigitte Bourguignon