Violences sexuelles : «Augmenter les peines, ce n'est pas ça qui empêchera quelqu'un de passer à l'acte», selon Éric Coquerel
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Un agresseur qui aime les enfants et qui agresse les enfants, le taux de récidive est extrêmement élevé.
Un agresseur qui agresse les enfants n'aime pas les enfants.
Donc, les agresseurs d'enfants que vous libérez vont à nouveau agresser. Je ne vous ai pas dit... Le taux de récidive est extrêmement élevé. Donc, est-ce que vous êtes pour ou contre ? La perpétite est réelle. Quand vous le relâchez, il y a un risque énorme. Eh bien, ça veut dire qu'il recommence. Ça veut dire que...
Alors, vous préconisez quoi ? La peine de mort ? Moi, je ne préconise rien du tout. C'est vous, le politique. Et justement, ça veut dire qu'une fois qu'on a traité la peine de quelqu'un qui, surtout dans cette situation... Déjà, il y a un suivi nécessaire, absolument drastique, de ce qu'il fait, de où il va. Je vais vous donner un exemple précis. Vous allez bien comprendre. Il y a quelques années de ça. Alors, ce n'est pas par rapport à un enfant. Là, c'était par rapport à une femme. Il y a quelques années de ça dans ma circonscription à Épinay. Laissez-moi dire. Parce que c'est concrètement les problèmes qui sont posés. Vous avez une personne qui a commis un féminicide.
Cette personne n'avait pas le droit d'aller à Épinay. D'accord ? Tout simplement parce qu'elle devait être à distance de la femme qu'il avait déjà maltraitée pendant des années. Personne n'a prévenu, cette personne qui avait pourtant un téléphone de secours, qu'il était sorti de prison. Le bilan, c'est qu'en quelques jours, il est arrivé, il a tué cet homme. Donc, ce qu'il faudrait, par exemple, par rapport à un dossier comme ça, c'est que vous ayez un suivi, ne serait-ce à minimum qui prévient la personne que cette personne est sortie de prison, et que cette personne qui est sortie de prison soit évidemment, j'allais dire, contrôlée dans ses actes.
Donc, pas de perpétuité réel pour les agresseurs et les violeurs d'enfants.
Ça, c'est le juge qui décide, c'est le juge qui décide, c'est le juge qui décide, c'est le juge qui décide, quelle peine doit encourir quelqu'un de ce type-là. Je vous dis qu'après, le problème, c'est que déjà, il y en a peu qui sont repérés, donc ce qui pose un problème de moyens pour faire en sorte qu'il y ait moins d'affaires classées sans suite. Il y a les trois quarts des affaires classées sans suite sur les questions de violence faites aux enfants.
Et deuxièmement, puisque vous voulez réduire uniquement cet interview à ça, deuxièmement, vous savez, ce n'est pas le fait qu'il y ait la perpétuité réelle qui va régler la question du fait que des personnes, à un moment donné, aient des actions criminelles vis-à-vis d'enfants de pédocriminalité. Ce n'est pas parce que vous allez faire en sorte, ça c'est assez documenté, que vous pouvez toujours augmenter les peines, ce n'est pas ça qui empêche qu'à un moment donné, quelqu'un passe à l'acte de ce type-là. Donc ce qu'il faut faire, c'est de faire en sorte que ces personnes-là soient davantage suivies. La perpétuité réelle, ça permet d'empêcher qu'ils repassent à l'acte.
Que par exemple, on ne les retrouve pas auprès d'enfants dans des écoles, dans des centres de loisirs, etc. Donc ça veut dire qu'il faut y avoir un suivi beaucoup plus important de la société. Bien sûr, un suivi, quand je dis suivi, ça veut dire également de contrôle, et ça veut dire empêcher par exemple d'être au contact des enfants. Ça absolument, c'est nécessaire, et ça vous voyez bien que ça renvoie à des problématiques de moyens.
Éric Coquerel