"L'enjeu, c'est de produire en Europe, mais aussi d'acheter en Europe"
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qui est député des Français de l'étranger et président de la commission des affaires européennes de l'Assemblée bonjour Pierre Alexandre Anglade et merci de venir si tôt alors on vous invite bien sûr comme député mais comme l'a dit Brigitte comme président de cette commission des affaires européennes hier le sommet de Bruxelles a réitéré son soutien à l'Ukraine un soutien à 26 et pas à 27 Victor Orban joue toujours solo qu'est-ce que vous avez tiré comme conclusion de ce somédiia ah c'est un moment très important parce que les européens prennent enfin la mesure de la rupture des relations internationales telles que nous le connaissons depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale c'est-à-dire avec un pilier transatlantique très fort États-Unis qui protégeait les Européens et depuis la conférence de Munich depuis l'altercation brutale dans le bureau oval entre volodimir zelanski et et le président Trump et bien il y avait urgence à prendre conscience que les Américains sont en train de se désengager de l'Europe sont en train d'abandonner l'Ukraine ils ont cessé de fournir des renseignements à à la résistance ukrainienne ce qui a des conséquences évidemment sur la sécurité des Ukrainiens et qui est une décision évidemment complètement irresponsable et donc il était temps que les Européens et bien prennent la mesure de ce qui est en train de se passer et qu'il qu'il se réveille quelque part et donc ce plan de 800 milliards d'euros qui a été acté hier doit permettre de soutenir la résistance ukrainienne pendant encore un moment c'est 30 milliards qui vont être donnés aux Ukrainiens cette année et puis aussi et surtout enfin d'assumer notre propre sécurité et notre propre défense en développant nos propres systèmes de défense ce qui n'était pas suffisamment le cas aujourd'hui en Europe alors avant de revenir au regard je dirais franco-français de cette crise ces 800 milliards il faut quand même préciser euh à quoi ça correspond réellement ces 800 milliards c'est de sortir par exemple les dépenses de défense des fameux pactes de stabilité c'est pas 800 milliards que l'Europe va donner au au 27 ou au 26 on verra non non c'est c'est la liberté qui est donnée aux États-membres de pouvoir investir de manière plus net et plus franche euh dans les dans les budgets de défense comme cela est fait notamment en France qui a presque doublé son budget de défense en l'espace de 10 ans en permettant de sortir les dépenses que l'on fait du pacte de stabilité et de croissance les fameux 3 % qui limitent parfois les investissement et donc cela va donner plus de capacité au 27 individuellement chacun de de son côté pour investir dans son système de défense et puis un autre volet qui est la mobilisation de fonds européens parfois qui n'ont pas été utilisés ou de ou de nouveaux fonds pour permettre d'investir en commun dans des systèm euh et dans des systèmes de défense européens euh parce que l'enjeu c'est de produire en Europe mais aussi d'acheter en Europe quand vous regardez l'équipement militaire qui est aujourd'hui délivré à l'Ukraine 80 % de l'équipement militaire qui est envoyé en Ukraine vient de de production qui n'est pas européenne c'est des productions que nous actons nous européens aux États-Unis à la Corée à d'autres pays que nous envoyons ensuite en Ukraine donc l'enjeu pour nous c'est de développer une véritable base industrielle et technologique de défense c'est-à-dire produire et acheter en Europe alors le président de la République s'est exprimé mercredi devant les Français mais il s'est aussi exprimé hier euh lors d'une conférence de presse après ce sommet est-ce que vous trouvez que le Président de la République dont un certain nombre de choix sont validés par la situation euh a eu le ton juste et on reparlera tout à l'heure de son ton par rapport à la Russie mais plus globalement est-ce que cette gravité làà euh n'inquiète pas plus qu'elle ne rassure je crois pas je crois que le Président de la République a raison de marquer le moment de rupture dans lequel nousous trouvons de dire aux Français et aux Français quelle est la situation nous avons vécu euh pendant depuis 1945 sur un continent qui est un continent libre en paix prospère et qui aujourd'hui doit affronter une rupture majeure avec la volonté impérialiste brutale de la Russie de Vladimir Poutine d'asservir un pays libre l'Ukraine qui n'est pas attaquée pour ce qu'elle fait l'Ukraine ne menace personne elle est attaquée pour ce qu'elle est c'est-à-dire un pays libre démocratique et qui a fait le choix de se tourner vers l'Europe et si nous laissons tomber l'Ukraine alors demain et bien les Russes iront peut-être dans d'autres pays d'Europe les États baltes la Roumanie la Moldavie qui n'est pas encore membre de l'Union européenne mais qui est un pays qui fait aussi le choix de se tourner vers l'Europe et notre allié américain notre partenaire américain nous a clairement dit nous ne serons plus là pour vous protéger et donc à vous d'assumer ce moment singulier de notre histoire et évidemment que la France qui est un grand pays qui est membre permanent du Conseil de sécurité des nations- Unies puissance nucléaire première armée du continent a un rôle singulier dans ce moment et donc c'est la responsabilité du chef de l'État et bien de dire aux Français dans quel moment nous nous trouvons et les efforts que nous aurons peut-être à faire collectivement avec nos partenaires européens pour permettre à nos enfants de continuer à vivre en paix libre et prospère en Europe ce qui n'est plus assuré aujourd'hui lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 le président de la République avait dit il ne faut pas humilier la Russie aujourd'hui il dit elle est surarmée et prédatrice elle ne s'arrêtera pas aux frontières de l'Ukraine ce changement de ton il vient d'où il vient de quoi d'une analyse qui a changé ce changement de ton il vient de la du changement de comportement de de la Russie et et de son président Vladimir Poutine qui qui n'a fait que mentir et qui en réalité avait déjà menti avant 2022 mais le président de la République je crois avait eu raison pour les raisons queexpliqu avant précisément parce que la France est une grande puissance memre permanant du Conseil de sécurité des Nations unies puissance nucléaire de continuer le dialogue jusqu'au bout pour essayer d'arrêter la guerre ça n'a pas fonctionné parce que le président russe est dans une dans une mécanique de violence de brutalité et on a encore vu 7ette nuit en Ukraine où les infrastructures civiles ont été bombardées il faut comprendre que l'armée russe ne s prend pas simplement à l'armée ukrainienne elle vise délibérément les civils ce sont les civils Ukrainiens qui sont écrasés par les bombes russes de manière quotidienne et les infrastructures civiles et donc cette logique mortifère qui est poursuivie par la Russie et bien en 2022 le président de la République a essayé de la stopper le président russe n'a pas voulu le faire et dans le même temps la Russie a continué de réarmer son appareil de de défense et même offensive puisque c'est une guerre d'agression et donc avec la la volonté très certainement de poursuivre au-delà de l'Ukraine à l'horizon 2030 vous savez les services de sécurité allemand les services de sécurité danois et les services de sécurité de beaucoup de pays européens alertent sur la volonté russe et bien de poursuivre cette offensive c'est pour ça que le Président de la République qualifie la Russie de menace existentielle pour l'Europe mais aussi pour la France et c'est pour ça que nous nous ne devons rien céder et que le Président de la République a raison de se placer en rempart de l'Europe aujourd'hui alors Russie toujours il y a un débat autour de quoi faire des avoirs gelé alors le président de votre groupe Gabriel Atal l'ancien Premier ministre dit qu'il faut les utiliser alors que ce n'est pas l'option de l'exécutif pourquoi cette différence alors que ça pose peut-être un problème de droit international de d'utiliser des avoirs qui sont pour l'instant bloqué mais pas confisqué votre position à vous elle est celle du de Gabriel Atal oui moi je défends depuis maintenant plusieurs semaines plusieurs mois la nécessité donc de de geler les avoirs russes ça c'est déjà le cas mais aussi de les saisir pour permettre de soutenir la résistance ukrainienne on parle Deo 300 milliards il a PR 300 milliards au total mais ce serait plutôt autour de 209 milliards voilà c'est ça son les actifs d'une banque et le reste c'est des avoirs privés exact exactement et et donc moi je pense que ce débat effectivement il y a un débat juridique qui existe ce débat était valable tant que nos alliés américains étaient présents pour soutenir la résistance ukrainienne à nos côtés maintenant que les Américains ont fait le choix de se replier sur les États-Unis d'Amérique de regarder vers l'Asie et d'abandonner l'Ukraine on le voit de manière très injuste et très brutale et bien je crois que nous Européens devons nous saisir de ces avoirs russes pour pouvoir soutenir la résistance ukrainienne et je vais vous dire j'entends ce qui me c'est pas un peu œil pour œil dent pour dent de ne pas respecter le droit international non parce que à la fin la Russie aura payé des réparations pour cette gurière d'agression illégale brutale totale massive qui je le disais cible en priorité les les civils ukrainiens et donc la Russie aura un jour à payer ses réparation et donc ça peut-être une avance sur ces réparations et par ailleurs j'entends certains qui nous disent oui mais si nous saisissons ces avoirs plus personne ne viendra investir en Europe moi je vous dire si on vit sur un continent en guerre si nous ne sommes plus stables alors plus personne ne viendra de toute manière investir en Europe donc saisissons ses avoirs utilisons-les pour soutenir la résistance ukrainienne nous en avons besoin alors l'une des questions qu'a soulevé président de la République c'est celle du partage de la dispersion nucléaire alors attention pas le partage du bouton atomique mais celui de comment dire de transférer la protection américaine euh en fait avec la la la protection française de l'ensemble de l'Europe est-ce que ce débat euh il a vraiment lieu au sein des des 27 ou est-ce que c'est pas un débat un peu franco-français pour l'instant non c'est un débat européen puisque le président de la République a répondu à la demande du chancelier en devenir fréériich Schmerz qui a été qui a gagné les élections en Allemagne il y a quelques jours de de cela et qui lui-même a ouvert cette discussion en demandant à la France quelle pourrait être l'évolution de sa doctrine pardon sur le sujet et donc le président de la République a a répondu à cet appel et je pense que ce débat est tout à fait valable et et justifié au moment où les États-Unis d'Amérique font le choix du désengagement européen et au moment où nous sommes la seule puissance nucléaire du continent européen avec nos alliés britanniques mais qui sont dans une situation un peu différente et donc je pense que c'est le rôle de la France d'assumer aussi euh une part de la sécurité de l'Europe sans dire ce que sont complètement nos intérêts vitaux mais l'ensemble des présidents de la République depuis le général de Gaulle en passant par le président de mitéran jus ça ne dévoit pas le principe gaulien des intérêts vitaux à défendre c'est pas un changement dans le l'idée de l'autonomie stratégique de la France non parce que l'ensemble des l'ensemble de ces présidents du président de Gaulle président mitteran jusqu'au président Chirac ou au président Macron on ont tous dit de manière explicite que les intérêts vitau de la France ne s'arrêtait pas aux frontières de l'Hexagone et qu'il y avait une dimension européenne à cette à ses intérêts vitaux et donc moi je pense que ce débat est un bon débat il il s'ouvre mais il faut tordre le coup aux fausses informations propagé par Marine Le Pen Jordan Bardella ou d'autres au rassemblement national qui explique que le Président de la République abandonne la dissuasion nucléaire française et que ce serait quelqu'un à Bruxelles qui viendrait appuyer sur le bouton nucléaire à la fin si cela était nécessaire ce n'est pas le cas la seule qui à la fin prendra la décision si jamais c'était nécessaire d'utiliser l'arme nucléaire c'est évidemment le président de la République française quel qu'il soit dernière question très rapidement vers quelle augmentation des dépenses de défense la France doit aller 3 4 % aujourd'hui c'est 50 milliards la défense il faut aller vers quoi 100 milliards 150 milliards et qui paye on a un modèle on a un modèle de défense qui est très singulier par rapport à d'autres pays européens où on a l'arme nucléaire on vient d'en discuter à l'instant et donc on peut pas dupliquer par exemple ce que font nos amis polonais qui monte à 5 % du PIB les mêmes 5 % en France n'aurait pas ou peu de sens mais il faut que nous remontions progressivement en puissance notre nos investissements en matière de défense on l' fait ces 10 dernières années sous l'imposition du président de la République et il faut qu'on arrive autour de 3 3 et5i % mais juste un un chiffre pour ceux qui nous écoutent aujourd'hui les les dépenses de défense en France c'est à peine 2 % les dépenses sociales des collectivités territoriales du fonctionnement de l'État c'est 57 % donc vous voyez bien qu'entre 2 % et 57 % ceux qui vous expliquent que on VI va prendre beaucoup d'argent à l'école ou dans la santé pour venir le mettre dans la défense ce n'est pas vrai mais il y a des manières de rationaliser aujourd'hui le budget c'est sur cela qu'on doit travailler ce sera un débat à suivre il est très intéressant pour l'ensemble des Français je vous remerci beaucoup tá
Pieyre-Alexandre Anglade