Attaques racistes après France-Maroc : BFM et CNEWS sont-ils responsables ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 7 %Attaque 70 %Défensif 23 %
Questions et réponses
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- 4:49OuverteRéponse directe
Bonjour Youssef, bonjour Raphaël, est-ce qu'on peut parler de ratonade ?
- 5:42OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut parler de ratonade ?
- 6:41RelanceRéponse directe
Est-ce que l'histoire ne se répète pas, là ?
- 9:01OuverteRéponse directe
La question de la responsabilité dans cette déferlante de haine.
- 10:24OuverteRéponse partielle
Est-ce que tu peux nous dire qui a produit cette vidéo et à quelle fin ?
- 11:56OuverteRéponse directe
Est-ce que le gouvernement a réagi ? Et notamment le ministère de l'Intérieur ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19PrésentateurFait
« plusieurs grandes villes ont été le théâtre de tentatives d'attaques planifiées par des gros buscules d'extrême droite contre des supporters du Maroc à Lyon, Nice ou encore à Paris »
- 0:23PrésentateurChiffre
« 47 militants d'extrême droite ont été interpellés à proximité des Champs-Alizés et arrêtés pour groupements en vue de commettre des violences et port d'armes prohibées »
- 0:45PrésentateurFait
« Il voulait clairement en découdre sur les champs, a déclaré une source policière qui a également fait savoir que 14 d'entre elles sont fichées S par la Direction Générale de la Sécurité Intérieure »
- 2:09InvitéFait
« 2018, finale avec l'équipe de France victorieuse, il y a eu des émeutes, il y a eu des débordements, il y a eu des incidents, il y a eu des arrestations »
- 3:14InvitéFait
« il y avait des délinquants avec des drapeaux marocains sur le dos »
- 3:47InvitéFait
« ce n'est pas un alibi pour casser, seulement. C'est un alibi qui vient démontrer qu'il y a dans notre pays un volcan, et vous avez là des explosions de lave identitaire qui, à chaque fois qu'elles le peuvent, jaillissent partout dans toutes nos villes »
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« on a l'extrême droite qui, vraiment, aujourd'hui, a un empire médiatique. Il faut le dire, un empire médiatique autour de Bolloré, qui leur permet de s'exprimer, en fait, matin, midi et soir »
- 7:24InvitéFait
« Ce sont des suprémacistes blancs qui ont une idéologie, une idéologie de mort, qui, on l'a vu pendant des jours et des jours, ont préparé ce qui s'est passé hier soir »
- 7:53InvitéFait
« celui qui a été invité sur BFM, c'est qui ? C'est Éric Zemmour »
- 9:36InvitéFait
« Ceci n'est pas un test. Le ministère de l'Enrichissement Culturel vous annonce une purge, désormais autorisée par le gouvernement français, à l'occasion de tout événement sportif inclinant un pays du Maghreb »
- 12:07InvitéFait
« Il ne me semble pas que le gouvernement ait réagi pour le moment »
- 12:43InvitéFait
« il y a les militants d'extrême droite qui commencent à se mobiliser pour attaquer les supporters algériens »
- 13:10InvitéFait
« Pendant longtemps, la préfecture a caché ces violences, volontairement, même des fois en mentant, pour les protéger »
- 13:33InvitéFait
« l'extrême droite, ce n'est pas seulement ceux qui s'arment et qui vont faire le coup de poing. C'est par exemple l'Empire Bolloré, comme l'a rappelé Youssef il y a quelques instants »
- 28:20InvitéFait
« il y a eu un massacre à Sétif et Guelma en 1945 parce qu'il y a eu un drapeau qui a été brandi par un enfant, par un jeune scout, un enfant »
- 31:28InvitéFait
« c'était la première fois qu'on a utilisé des armes chimiques sur des populations civiles. »
- 35:17InvitéFait
« Les joueurs marocains sont devenus les porte-drapeaux de la cause palestinienne. »
- 35:36InvitéFait
« ce soutien appuyé aux palestiniens est encouragé par les autorités au Qatar à Doha. »
Temps de parole
- Invité39 %
- Invité 225 %
- Présentateur23 %
- Invité 37 %
- Invité 42 %
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L'équipe de France a remporté sa demi-finale de Coupe du Monde contre le Maroc hier. Voilà, une victoire. Toutefois, au goût amer, si la plupart des rassemblements se sont déroulés sans heure et dans la joie, plusieurs grandes villes ont été le théâtre de tentatives d'attaques planifiées par des gros buscules d'extrême droite contre des supporters du Maroc à Lyon, Nice ou encore à Paris, où 47 militants d'extrême droite ont été interpellés à proximité des Champs-Alizés et arrêtés pour groupements en vue de commettre des violences et port d'armes prohibées.
Matraque point américain ont été retrouvés dans les affaires de ses proches de mouvements comme le GUD de Génération Identitaire ou de groupuscules supposés être dissous comme les Oives Paris. Il voulait clairement en découdre sur les champs, a déclaré une source policière qui a également fait savoir que 14 d'entre elles sont fichées S par la Direction Générale de la Sécurité Intérieure. Alors ces arrestations n'ont pas empêché des agressions racistes à l'encontre des supporters marocains. Je vous propose de regarder quelques images.
C'est des semaines que les admirateurs d'Éric Zemmour et de Jordan Bardella prévenaient que ça allait dégénérer, mais ils n'avaient pas dit que ça viendrait de leurs alliés identitaires.
2018, finale avec l'équipe de France victorieuse, il y a eu des émeutes, il y a eu des débordements, il y a eu des incidents, il y a eu des arrestations. On en a peu parlé. Il y en a eu. Pour préparer l'émission, je suis retourné voir des articles. Excuse-moi, mais les incidents étaient commis par qui ? Par des supporters français ? Non. Qu'est-ce que tu me racontes ?
Par qui, Daniel ?
Mais en fait, les fauteurs de troupes sont quasiment... Quand dans les manifs, c'est les Black Blocs, dans ce genre de manifestation publique, qui commet les infractions ? Mais va au bout de ton raisonnement qui ? D'après toi. Ce sont toujours les mêmes bandes de délinquants ? Ce sont toujours les mêmes bandes de délinquants ? Mais qui ? Qui viennent des banlieues, qui viennent des quartiers. Qui viennent des quartiers ? Mais ce n'est pas la vérité ! Que vous le vouliez ou non, il y a eu des incidents sur les Champs-Elysées en France. Il n'y a eu aucune violence marocaine au Maroc. Il n'y a eu aucune démonstration des Français au Maroc.
Il n'y a eu aucune manifestation anglaise et portugaise en France. On a eu des incidents avec des supporters marocains qui étaient sans doute français à Paris, à Lille et dans certaines régions. Ce que disait, et je ne veux pas traversir vos propos Jean Messia, pardonnez-moi, chez ces délinquants comme vous dites, il y avait des délinquants avec des drapeaux marocains sur le dos. Donc je veux bien qu'on appelle ça des black blocs. Moi je n'ai jamais vu, j'ai fait 40 manifestations de gilets jaunes, des lois sécurité globale, réforme des retraites.
Je n'ai jamais vu un black bloc, comme vous dites, ou des groupements de black blocs avec des drapeaux de quelle que soit la nation, que ce soit française, algérienne, marocaine, tunisienne, que sais-je. C'est eux qui le font, quand ils défilent avec des drapeaux marocains, qu'est-ce que c'est ? N'est-ce pas là, justement, l'alibi, vous avez utilisé le mot alibi, je suis parfaitement d'accord avec ce mot. Sauf que ce n'est pas un alibi pour casser, seulement. C'est un alibi qui vient démontrer qu'il y a dans notre pays un volcan, et vous avez là des explosions de lave identitaire qui, à chaque fois qu'elles le peuvent, jaillissent partout dans toutes nos villes.
Alors, un scénario catastrophe également relayé par la maire du 8e arrondissement, qui, elle aussi, s'est trompée de pronostics.
On peut le faire pour le 31 décembre, donc le jour du réveillon, pourquoi on ne le ferait pas pour un événement comme ce qui va se passer mercredi, où tout le monde a peur d'une guerre, d'une guérilla et d'une guerre civile, parce que c'est quand même le Maroc et la France, et vous connaissez les sentiments des uns et des autres. On ne voudrait pas que les Champs-Élysées soient transformés en champs de bataille.
Des attaques planifiées par l'extrême droite à l'encontre des supporters marocains. Le mot ratonade est lâché à gauche, en particulier chez les Insoumis, même s'il fait débat. On discute de cette affaire, de ces violences, avec mes deux invités du jour. C'est l'heure de l'entretien d'actu. Bonsoir Youssef, bonsoir Raphaël, bonsoir Youssef, est-ce qu'on peut parler de ratonade ?
Déjà, avant de commencer, j'aimerais déjà avoir une pensée pour cet enfant de 14 ans, qui a été fauché, ce jeune montpelien, qui est sûrement sorti pour faire la fête, pour célébrer cette demi-finale, et qui s'est retrouvé fauché par une voiture. Je voudrais penser à sa famille.
Oui, alors effectivement, je ne l'ai pas dit, parce qu'à ce jour, pour l'heure, on ne sait toujours pas si c'est un militant d'extrême droite qui l'a fauché avec la voiture. En tout cas, c'est un supporter français qui brandissait, selon des témoignages, un drapeau tricolore.
En tout cas, il y a une vidéo qui circule, et c'est effroyable. Est-ce qu'on peut parler de ratonade ? Après, c'est un terme qui est situé historiquement. C'est un terme qui renvoie au début des années 70, et notamment dans le sud de la France. C'est-à-dire, je pense, à l'été 73, où on a eu des chasses à l'homme dans la rue, des lynchages de jeunes. Surtout, à l'époque, c'était beaucoup des hibigrés algériens. Et en fait, c'était un contexte particulier, parce qu'on sortait de la guerre de libération nationale algérienne. Il y avait beaucoup de rapatriés, beaucoup de pieds noirs. Il y avait une ambiance, beaucoup d'anciens appelés qui ont fait la guerre d'Algérie.
Donc on imagine comment ça a dû travailler les esprits, cette guerre coloniale horrible, atroce, qui a encore des répercussions encore aujourd'hui. Et donc, à l'époque, ça a été un déchaînement de haine et de violence contre les Algériens. En fait, aujourd'hui, moi, je n'ai pas utilisé ce terme. Pour quelle raison, Youssef ? Parce que je trouve que c'est un mot, comme j'ai dit, chargé, qui renvoie à une histoire.
Est-ce que l'histoire ne se répète pas, là ?
Oui, non, mais après, de toute façon, l'histoire ne se répète pas. Ce n'est pas qu'elle se répète, je ne pense pas. Je pense qu'en fait, ça ne s'est jamais arrêté. C'est ça que je voulais dire. Et quand on regarde les vidéos, en fait, il y a toujours eu des groupes d'extrême droite. Il y a toujours eu des groupes organisés. C'est juste qu'aujourd'hui, on les voit et s'exprime. Parce qu'en fait, en réalité, il se passe quelque chose depuis quelques années en France. C'est qu'on a l'extrême droite qui, vraiment, aujourd'hui, a un empire médiatique. Il faut le dire, un empire médiatique autour de Bolloré, qui leur permet de s'exprimer, en fait, matin, midi et soir.
Et en fait, quand on regarde ce qui s'est passé là, c'était des prophéties autoréalisatrices pendant plusieurs jours de cadres de l'extrême droite française, de suprémacistes blancs. Parce que c'est comme ça qu'il faut les appeler. Il faut utiliser ce terme-là. Plutôt que d'utiliser le terme ratanade, je préférerais plutôt qu'on mette ce mot-là dans le débat. Ce sont des suprémacistes blancs qui ont une idéologie, une idéologie de mort, qui, on l'a vu pendant des jours et des jours, ont préparé ce qui s'est passé hier soir. C'est-à-dire qu'en fait, ils voulaient que ça arrive. C'est-à-dire qu'ils ont armé idéologiquement des bandes de jeunes, d'accord, pour qu'ils passent à l'acte.
Clairement, on les a chauffés à blanc, sans faire de jeu de mots. Juste pour finir, il faut quand même savoir que le lendemain de la qualification de la France et du Maroc pour les demi-finales, celui qui a été invité sur BFM, c'est qui ? C'est Éric Zemmour.
Moi, je ne comprends pas la responsabilité de ces médias, et là, ce n'est pas Bolloré, c'est BFM TV, d'inviter Éric Zemmour, un suprémaciste blanc, avec une idéologie bien précise qui est celle du grand remplacement, d'accord, qui passe à la télé et qui peut dire que voilà ce qui se passe aujourd'hui en France quand des jeunes Français d'origine nord-africaine, et pas que d'ailleurs aussi d'Afrique de l'Ouest et d'un peu partout en réalité, sortent dans la rue, c'est la démonstration de ce grand remplacement.
Et donc forcément, d'accord, quand on passe le lendemain d'une victoire, le lendemain de ce match, on invite Éric Zemmour, forcément, ça arme idéologiquement et ça donne envie à ces jeunes de passer à l'acte. Et pour finir, que s'est-il passé ce matin, qui a été invité pour commenter encore une fois le football ? Marion Maréchal-Le Pen. Donc il y a une responsabilité de ces médias, clairement, et voilà, c'est une stratégie politique, voulue médiatique, de à chaque fois mettre en avant ces figures de la suprématie blanche aujourd'hui en France.
C'était une question que j'allais vous poser, la question de la responsabilité dans cette déferlante de haine. La police, effectivement, tu l'as rappelé, Youssef a indiqué qu'il s'agissait d'attaques planifiées. Elles ont été aussi préparées à travers des discours qu'on a pu entendre d'éditorialistes qui roulent clairement pour Jordan Badela ou Éric Zemmour. D'ailleurs, Raphaël, tu as partagé sur les réseaux sociaux une vidéo qui, si elle n'appelle pas ouvertement à passer à l'acte, elle échauffe clairement les esprits.
Voilà. Ceci n'est pas un test. Le ministère de l'Enrichissement Culturel vous annonce une purge, désormais autorisée par le gouvernement français, à l'occasion de tout événement sportif inclinant un pays du Maghreb. La première édition de cette purge aura donc lieu ce mercredi 14 décembre 2022 à partir de 20h. C'est officiel. Rodéo, vol, pillage, destruction de mobilier urbain, incendie de véhicules particuliers, actes anti-français ainsi que violences envers les forces de l'ordre seront permis pendant 12h, à compter du coup d'envoi du match. Les criminels en prison seront libérés.
Les armes à feu seront également autorisées pour tous ceux qui n'ont pas consenti à les rendre lors de la récente collecte. Tous les membres du gouvernement bénéficient d'une immunité totale et ne doivent pas être visés.
Alors Raphaël, tu as partagé cette vidéo. Est-ce que tu peux nous dire qu'il l'a produite et à quelle fin ? Pardon.
Alors je suis désolé, je n'ai plus exactement la référence. Je crois que c'est Risenblut, un truc comme ça, une page sur Instagram d'Extrême droite qui relaie souvent ce type de vidéo. Oui, c'est ça, c'est Risenblut MP4. Là, c'est pas comme ça leur page sur Instagram. Alors c'était assez drôle parce que quand je l'ai partagé sur Twitter, les fascistes se sont empressés de dire que c'était une vidéo à but humoristique. Il va falloir qu'on m'explique quel est le côté humour dans tout ça.
Et puis voilà, ça rejoint un peu tout ce qui a été dit par vous-même et par Youssef sur le fait qu'il y a des médias qui participent un peu à cette montée de l'extrême droite, qui légitiment leurs actions violentes. Et là, sur leurs réseaux sociaux, effectivement, ils se sont chauffés à blanc. Là, la veille de leurs exactions, on met plusieurs messages sur les réseaux sociaux en disant « Attention, on a des alertes comme quoi les groupuscules d'extrême droite vont tenter des attaques ». Et c'est ce qui s'est passé malheureusement. Donc oui, ça fait un peu froid dans le dos cette période.
On s'attendait à des attaques des supporters marocains à l'encontre des supporters français. Et là, en fait, c'est tout l'inverse. Tu as également relayé une photo très inquiétante. C'est celle de partisan d'Éric Zemmour qui célèbre la victoire des Bleus avec un salut néo-nazi tout en piétinant un emblème marocain après une soirée foot dans un QG aux couleurs de Zemmour 2022. C'est à Paris. Est-ce que le gouvernement a réagi ? Et notamment le ministère de l'Intérieur ?
Il ne me semble pas que le gouvernement ait réagi pour le moment. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a une radicalisation de ces militants de l'extrême droite. On le voit bien, même les militants de Zemmour, pendant la campagne présidentielle, qui lingent des militants d'SOS Racisme en plein meeting, devant des centaines de caméras, devant des gros médias, etc. On sent bien qu'il y a cette légitimité qui est dans leur tête, qui est bien présente, et qui font qu'ils agissent un peu à visage découvert et comme si tout allait bien. Nous, ça fait des années qu'on connaît cette situation sur lui, en réalité.
Notamment en 2019, lors de la Coupe d'Afrique des Nations, il y a l'Algérie qui remporte la Coupe. Et au fil des matchs, il y a les militants d'extrême droite qui commencent à se mobiliser pour attaquer les supporters algériens. Moi, je me souviens d'images assez choquantes. On voit une voiture d'une famille algérienne, avec notamment un enfant d'un bas âge qui avait seulement quelques mois, il me semble. Ils avaient juste un drapeau algérien posé sur la voiture. Ils allaient klaxonner comme d'autres familles qui venaient faire la fête. Et les militants d'extrême droite chargent la voiture, éclatent la voiture. Donc voilà, nous, c'est des violences qu'on connaît trop bien.
Pendant longtemps, la préfecture a caché ces violences, volontairement, même des fois en mentant, pour les protéger. Donc c'est sûr qu'il y a des fois une complicité de la part de certains pouvoirs publics. Et ça, c'est quelque chose qu'il faut pointer, évidemment, à chaque fois également.
Et qui sont les responsables de toute cette violence, selon toi ?
Les responsables, il y en a plusieurs à différentes échelles. C'est-à-dire que l'extrême droite, ce n'est pas seulement ceux qui s'arment et qui vont faire le coup de poing. C'est par exemple l'Empire Bolloré, comme l'a rappelé Youssef il y a quelques instants. C'est une partie aussi d'entre eux qui arrive à rentrer à un moment donné dans des institutions comme la police, etc. Et évidemment, en premier lieu, les militants d'extrême droite qui eux-mêmes, du coup, s'organisent pour mener ces actions et qui trouvent de la légitimité dans ces actions, grâce aussi à leurs porte-parole, comme Marine Le Pen, comme Éric Zemmour, pardon, qui atteignent des scores immenses.
Moi, je porte aussi une responsabilité de la gauche. Nous, c'est quelque chose qu'on fait assez régulièrement avec la jeune garde, de dire que pendant toute son histoire, la gauche a su se prémunir des principes d'autodéfense, notamment de nos manifestations, mais pas forcément que des manifestations de gauche, même de nos quartiers, des manifestations comme celle qu'il y a pu avoir hier pour la Coupe du Monde et qu'aujourd'hui, malheureusement, la plupart des organisations de gauche ont un peu délaissé cette question de l'autodéfense et qu'il serait bon de revoir ces organisations, justement, prendre ce principe à cœur au vu des attaques de l'extrême droite de plus en plus fréquentes.
Là, en fait, ça va être une question de survie, tout simplement. Si, à un moment donné, on ne se pose pas cette question de l'autodéfense, et l'autodéfense, ce n'est pas seulement dans la rue, c'est partout, partout, dans les médias, dans notre discours aussi, c'est se prémunir des discours de l'extrême droite, de leur violence, et de partout, dans la rue, dans les médias, à l'Assemblée, de partout où ça sera nécessaire, il faudra qu'on amène un contre-discours et qu'on soit présent dans la rue pour contrer leurs attaques.
C'est vrai qu'on parle beaucoup de la responsabilité de l'extrême droite des médias et des députés, de ces 89 députés qui, aujourd'hui, siègent à l'Assemblée nationale. En tout cas, c'est ce que Louis Boyard a indiqué sur Twitter. Pour lui, ce sont ces 80 députés du Rassemblement national qui ont libéré la violence. Et d'ailleurs, Marine Le Pen, au nom du RN, a déposé plainte contre lui pour diffamation. Youssef, est-ce que tu es d'accord avec Raphaël quand il dit qu'il y a aussi une responsabilité du côté de la gauche ?
Oui. Ça, c'est clair que moi, j'appartiens à un mouvement qui s'appelle le mouvement antiraciste en France des quartiers populaires avec une longue histoire. Soit que je vous dis qu'on a une mémoire, on sait que ce n'est pas du tout nouveau. Peut-être l'intensité. C'est ça qui varie en fonction des contextes sociopolitiques, économiques. Mais en fait, moi, je pense... Alors, il faut parler d'extrême droite, il faut parler de Rick Zemmour, il faut parler de Marine Le Pen, du RN, etc. Mais en réalité, c'est beaucoup plus complexe que ça, en fait. Moi, je pense que pour combattre efficacement... C'est pour ça que je parle de suprématie blanche, cette idéologie-là, d'accord ?
Il faut regarder toute la société et pas simplement que le RN. Et ça, c'est le problème d'une certaine gauche qui s'est focalisée sur le fait de dire qu'aujourd'hui, dans le paysage politique en France, le raciste, les idées racistes sont à l'extrême droite. Mais en fait, c'est pas vrai. C'est pas vrai. C'est-à-dire que quand on regarde l'ensemble du spectre politique, en fait, on va trouver des discours racistes partout. C'est ça qui fait la différence. Donc, on le voit bien, ne serait-ce que sur la question de l'islamophobie. La question de l'islamophobie, elle traverse tous les courants, tous les partis, toutes les tendances, les syndicats, ce que vous voulez.
Et c'est ça, pour moi, c'est pour ça que quand on parle de responsabilité, oui, de la gauche, oui, il y a une responsabilité, mais y compris dans une certaine gauche qui a participé à diffuser des idées racistes, notamment sur la question, encore une fois, de l'islamophobie, notamment la question du voile, du voile et du foulard. Je parle du Parti Socialiste, mais pas que, même une certaine partie de l'extrême-gauche. Moi, je me souviens, et tu le sais, dans les années 2003-2004, c'est l'extrême-gauche qui commence à porter la question du débat du voile à l'école, notamment à Aubervilliers. On le sait très bien, on a commencé à se politiser dans ces années-là.
Donc, on a commencé à entrer en politique à ce moment-là, en tout cas, sur la question, quand on regarde la question des violences policières, que je connais bien au comité Adama, et moi, j'ai passé 6 ans...
Moi, tu as été porte-parole, Youssef.
Oui, on est encore en lutte, mais moi, j'ai passé 6 ans, 6 ans, d'accord, depuis juillet 2016, 6 ans, à aller dans des espaces de gauche pour interpeller sur la question des violences policières, dire que ça existe. Parce qu'aujourd'hui, vous avez vu, dans le débat, on parle de violences policières, ça a fait un bond énorme.
Notamment à la France Insoumise, qui parle de violences policières,
mais c'était pas du tout le cas en 2017, mais pas du tout. En 2017, moi, j'interpelle François Ruffin sur l'affaire Adama, au Havre, en septembre 2017, il dit, moi, j'ai besoin de faire ma propre enquête pour me positionner. Alors que ça, c'est des petits exemples comme ça. Quand je fais le tour des universités d'été, il faut aller voir la tête des gens en 2017, en été 2017, en août, fin août, quand je parlais de violences policières.
Enfin, toutes ces choses-là, il a fallu batailler, il a fallu se battre et tout ça, tous ces renoncements et le fait aussi d'avoir produit un discours a fait qu'on en est là aujourd'hui, a fait qu'aujourd'hui, on a un boulevard, effectivement, pour ces idées-là. Parce que, quand on regarde du point de vue des quartiers populaires, du point de vue des militants antiracistes, en fait, on n'a pas d'alliés. C'est ça, la vérité.
C'est ça, la vérité. En tout cas, aujourd'hui, s'agissant des violences qu'on a pu voir, la gauche, et l'extrême-gauche ou la gauche, en tout cas, à la France insoumise, on l'a vu, elle s'est clairement...
C'est normal, c'est l'extrême-gauche.
Elle s'est clairement positionnée et elle a condamné et elle parle même de ratonade.
Excuse-moi, mais pour prendre un exemple, quand il y a un attentat devant une mosquée, d'accord, qui est par un ancien... un ancien candidat IRN à Bayonne. Qu'est-ce qui s'est passé quand on a organisé la marche contre l'essamophobie ? Moi, j'ai fait partie des co-organisateurs. Mais on a bien vu qu'une partie de la gauche a dit qu'il est hors de question, comme Yannick Jadot, par exemple. J'ai parlé de Ruffin, mais Jadot a dit qu'il était hors de question pour lui de se rendre dans cette marche. Il y a eu un débat, quand même, pour savoir.
Ruffin, il avait foot
avec ses enfants, il mangeait des gaufres. Moi, je veux bien qu'on parle du IRN, moi, j'en parle tout le temps et je serai toujours le premier à en parler. Mais ça, c'est quand même problématique. C'est plus que problématique. Quand on a un attentat devant une mosquée et que tu as des gens qui vous disent que c'est une marche de la honte, qu'on n'a pas à y être, que ce n'est pas à notre place, etc., ça, il faut le pointer du doigt parce qu'après, il ne faut pas se plaindre qu'on se retrouve avec 89 députés du Rassemblement national et de l'Assemblée nationale quand ces idées deviennent majoritaires et qu'elles sont diffusées par tout le monde.
En tout cas, on va revenir sur les discours qu'on a pu entendre dans les médias durant ce mondial qui aurait contribué à ces passages à l'acte et ces tentatives de passages à l'acte. C'est un classique à chaque compétition internationale. La question de l'identité, elle va ressurgir avec beaucoup plus d'acuité quand l'équipe de France fait face à une ancienne colonie. Je pense que vous avez peut-être vu l'article passé de Ramdan Benzine qui s'intitule « France-Maroc, on sera gagnant quoi qu'il arrive ».
Les jeunes Français issus de l'immigration se trouvent toujours au cœur d'un conflit de loyauté interne ou imposé et imposé notamment une fois de plus par des éditorialistes proches d'Éric Zemmour qui enjoignent à ces Français, pas tout à fait Français de se positionner.
Les Italiens, au bout de deux ou trois générations, ils n'étaient plus Italiens, ils étaient Français donc ils supportent la France. Même Platini, même Laurence Ferrari qui ont des origines italiennes, ils jouent pour la France ou ils supportent la France de manière naturelle. C'est la première fois qu'un pays africain arrive à ce stade. Non, non, non. C'est de parler. De manière naturelle. Aujourd'hui, tu es à la troisième ou quatrième génération de Marocains en France et ils soutiennent encore le Maroc comme leur pays de cœur. Ça, c'est problématique. Ensuite, tu me dis « Non, attends, je ne dis pas qu'il puisse avoir un attachement. Pas de problème avec l'attachement, etc.
Les racines, je comprends très bien. Je le comprends d'autant plus avec le Maroc qui est un pays magnifique que moi, j'adore. Maintenant, je te pose une question. Quand il y a France-Maroc, est-ce que tu tolères l'idée que ces gens préfèrent le Maroc à la France ? Ça ne me pose aucun problème. Moi, oui. Ma réponse, c'est oui. Moi, ça me pose un problème. Et la double culture à partir du moment où... Ce n'est pas une double culture, c'est une préférence marocaine.
Voilà. Typiquement, on crée un problème. Cette injonction faite aux binationaux va les assigner quelque part au statut d'ennemi intérieur. Est-ce qu'aussi pour vous, alors là, voilà, j'éditorialise beaucoup, pour moi, ce type de discours-là qui peut paraître un peu anodin a contribué à toutes ces violences qu'on a pu voir hier soir. Raphaël, on va entendre un petit peu Raphaël. Qu'est-ce que tu en penses ?
Oui, évidemment, tous ces discours ont participé à, encore une fois, légitimer les violences qui ont suivi pendant la soirée. On retrouve quand même un peu le... Comment dire ? Tout le fond idéologique un peu de l'extrême droite qui est l'idée de dire qu'il y a l'homme blanc et Jean-Jean Youssef sur l'idée de suprémaciste blanc, l'homme blanc viril, etc., qui est remis en question, on remet en question sa nation et qu'il faut détruire un peu tous les ennemis qui viendraient entraver cette idée que l'homme blanc viril devrait être dominant dans une société.
Et donc, effectivement, il y a cette espèce de truc qui est intolérable, l'idée que des gens puissent, sur le sol de la nation française, puissent défendre une autre identité que celle qu'ils imaginent comme étant la plus légitime. Donc là, on retrouve bien le fond idéologique de l'extrême droite. Et oui, tu l'as très bien dit durant l'introduction, l'idée que les fascistes, pendant plus d'une semaine, ont répété qu'il y allait avoir des extrêmes violences, notamment de la part des supporters marocains, des violences urbaines, des actes anti-français, comme ils aiment bien l'appeler, etc., en fait, rien du tout.
Il y a de nombreuses images dans toutes les villes de France où on voit des supporters marocains, des supporters français faire la fête ensemble autour de ces matchs de foot. Et en fait, ils pètent un boulon.
Ils n'arrivent pas à comprendre comment ça se fait qu'ils ont raison d'un côté, avec autant d'énergie qu'ils mettent, avec des milliardaires comme Bolloré qui leur sert H24 la soupe, ils n'arrivent tout de même pas encore à faire unanimité dans la société et qu'on voit bien que dans la jeunesse en France, il y a encore des gens quand même pour être à l'encontre de leurs idées tout simplement parce qu'ils ont envie de continuer à faire la fête ensemble et à l'inverse, il y a les militants d'extrême droite justement qui vont s'organiser et qui vont provoquer des véritables émeutes.
À Montpellier, c'est le truc le plus fort qu'il y ait eu, je pense, en termes d'image, c'est cette quarantaine de militants d'extrême droite qui attaquent sur la place de la comédie des supporters marocains et français qui faisaient la fête ensemble. Mais tout le monde a pris tarif là pour le coup parce qu'ils ont attaqué avec des mortiers donc tout le monde a pris sa sauce et derrière, en fait, ça a créé des bagarres un peu partout sur la place alors que juste avant qu'ils arrivent, a priori, tout allait bien.
Donc, il y a bien cette volonté de l'extrême droite de déclencher un peu leur véritable fantasme qui est de déclencher une guerre civile en France entre les races et donc, oui, évidemment que tous ces discours ont participé largement à légitimer toutes ces actions encore une fois.
Et pour déclencher cette guerre civile, ils sont même prêts à traverser la réalité, à déformer l'histoire. Je propose de regarder une petite vidéo qui souligne un traitement journalistique très différencié.
C'est la passion du foot, du pays, on est là, on aime notre pays. On a gagné ! Portugais de France ou bien français d'origine portugaise, toutes les générations sont réunies autour de cet exploit. Je suis avec un supporter qui est franco-marocain qui s'appelle Mohamed. Bonsoir Mohamed. Bonsoir, ça va ? C'est compliqué parce qu'il y a le pays de nos parents et il y a le pays qui nous a tous donnés. Donc c'est compliqué. Mais, on est chez nous, on est à Paris, c'est notre ville, c'est chez nous, la France est chez nous, on est français.
Alors on voit bien que quand les supporters sont français d'origine portugaise ou des portugais et de France, absolument aucun problème à célébrer cette pluralité des identités. Alors c'est quoi le problème ici, Youssef ? C'est parce que les supporters sont arabes ?
Je pense que le problème il est colonial. Moi je pense que voilà, tant qu'on n'aura pas réglé cette question coloniale, tant qu'elle continuera à être au cœur de la vie politique française, qu'on le veuille ou non. Je veux dire, à un moment donné, en fait, ça n'a jamais quitté la scène politique française, que la vie politique française est hantée par ce fantôme de la colonisation, qu'en fait, on a les descendants de ceux qui ont été colonisés auparavant en France et qui sont français aujourd'hui. Alors évidemment, mais c'est sûr que, je ne sais pas, quand moi j'étais petit, moi j'ai toujours été un fanatique de l'équipe de France. Ça ne se posait même pas.
Aujourd'hui, je le vois aussi sur les enfants, ceux qui ont 7 ans, 8 ans, 10 ans, en primaire, je vois, ils sont tous à fond autour de l'équipe de France, quelle que soit leur origine, l'origine de leurs parents, etc. Je veux dire, ça c'est évidemment que ces images-là, nous on le sait, il n'y a pas de problème là-dessus. En fait, la question c'est vraiment notre présence ici et l'idée, je pense, dans une certaine élite politique française, de tous bords confondus, c'est la question de se dire, au fond, un jour, ils vont vouloir se venger. Moi je pense qu'il y a cette idée-là, ils pensent ça.
Ils pensent qu'ils disent qu'un jour, ces gens-là, avec tout ce qu'on a fait, maintenant ils ont accès à leur histoire, ils ont accès à l'histoire de leurs parents, donc on cache, on ne veut pas trop en parler, on en parle le moins possible.
Ils s'organisent en association.
Oui, on parle de repentance, etc. Vous voyez, toutes ces idées cadres à dire, ils veulent se venger. Alors que ce n'est pas du tout ça, en fait, regarder l'histoire en face et regarder encore ses répercussions aujourd'hui, c'est pour mieux avancer, c'est pour, j'ai envie de dire, l'intérêt du pays, l'intérêt de tout le monde. Mais en fait, il y a cette idée-là et cette idée, je pense, qui structure aussi la société, c'est qu'en fait, il y a vraiment l'idée qu'il y a des individus, des êtres humains qui sont inférieurs. C'est-à-dire qu'on a cette conviction-là.
Il y a une partie de l'élite politique française qui pense que vraiment, ces populations-là sont encore colonisées, pour eux, dans leur tête. C'est-à-dire que pour eux, il y a encore cette domination-là. Et on le voit quand on avance un peu, on le voit dans les, je le vois dans les partis politiques, je le vois dans les, je ne sais pas, des lieux culturels, des lieux élitistes. On revient que quand il y a des jeunes arabes, noirs, musulmans, etc., qui avancent, entre guillemets, qui arrivent à émerger, on voit tout de suite cette remise en question, ce truc, oui, mais toi, tu n'es pas comme les autres, etc. qu'il y a toujours ce truc-là dans le monde professionnel.
Donc il y a toujours cette question coloniale qui continue, pour moi, de hanter cette société. Et tant que ça ne sera pas réglé, tant que ça ne sera pas regardé en face, il y aura toujours ces problèmes-là, on aura toujours ce genre de discours sur ce que tu dis, les conflits de loyauté, sur ils ne sont pas vraiment français. Et après, il y a l'idée aussi, pour finir, c'est que la question du drapeau, c'est quelque chose de très sensible en France. C'est-à-dire qu'en fait, il y a eu un massacre à Sétif et Guelma en 1945 parce qu'il y a eu un drapeau qui a été brandi par un enfant, par un jeune scout, un enfant.
C'est-à-dire qu'en fait, il a été abattu parce qu'il a brandi un drapeau algérien à l'époque. Et derrière, on a eu quasiment plus de 30 000 morts pour un drapeau. Juste au moment de la libération du pays contre le nazisme, avec des troupes coloniales qui ont participé à la libération. C'est-à-dire des troupes algériennes, notamment, pas que, mais notamment. Et ça, cette idée du drapeau, il y a quand même un traumatisme, encore une fois, qui n'est pas réglé par rapport à ça. Je pense qu'il y a quelque chose qui se joue là-dessus. Et vraiment, pour finir, c'est que moi, je m'interroge sur le nombre de commentateurs sportifs qui ont fait notre enfance.
Je pense que quelqu'un comme Pascal Praud, je le regardais sur Téléfoot. Il était jeune à l'époque. Je me dis, mais en fait, c'était raciste ou quoi ? C'était incroyable. Les masques tombent. Mais oui, mais regardez tous les commentateurs sportifs qui sont vraiment ultra-réacs qui ont les pires discours et qui commentent un sport, notamment le football et l'équipe de France de football, qui est composé essentiellement de descendants de personnes qui descendent, en tout cas, leurs parents viennent du continent africain.
Donc, tu parles de l'impensée coloniale et d'ailleurs, sur ce sujet, je recommande une autrice, psychologue et psychanalyste Malika Mansouri qui a écrit Révolte post-coloniale au cœur de l'Hexagone et qui parle de la question de la transmission transgénérationnelle et de ce passé qui se télescope dans le présent. Tu as parlé de ce drapeau qu'on a brandi à Assetif et derrière 30 000 morts. Tout à l'heure, Raphaël parlait de ce drapeau en 2019 algérien qui a été brandi par un supporter et qui a été du coup visé par une attaque et par des violences.
Toujours sur ce colonial, d'ailleurs, tu disais que ça hante beaucoup aussi les esprits mais au sein d'une classe politique, j'ai envie de dire pas seulement, même les journalistes s'y mettent. Je pense que vous avez dû voir cette petite vidéo d'Yves Calvi qui met vraiment les pieds dans le plat.
Je veux qu'ils s'inquiètent des éventuels débordements en France. Rappelons que le Maroc n'est pas l'Algérie, que nous n'avons pas été divisés par une guerre coloniale et enfin que les Marocains sont exactement comme nous en 1998. Ils attendent depuis si longtemps une grande victoire de leur équipe, autant nationale que binationale.
Il y a quand même eu une guerre coloniale au Maroc. Tu veux dire quelque chose Jussef ?
Oui, alors ça c'est typique, on en parlait tout à l'heure, enfin on a fait une blague tout à l'heure un peu hors antenne, mais c'est typique l'opposition entre Marocains et Algériens. C'est qu'en fait les Marocains c'est les bons élèves, c'est ceux qui sont les disciplinés, c'est les travailleurs. D'ailleurs, c'était des mineurs dans le Nord, ils étaient dans la SNCF, on a bien vu comment ils ont été traités, que ce soit dans les mines du Nord comme pour la SNCF, ils ont été discriminés, etc. Je ne reviens pas là-dessus. Et les Algériens qui sont agités, qui sont violents par nature, qui se gênent de la violence, pas civilisée, etc.
Et ça c'est une reconstruction coloniale typique, c'est un peu l'opposition entre Arabes et Kabiles, c'est la même chose. C'est-à-dire qu'en fait les Kabiles c'est les civilisés contre les Arabes, etc. Et ça c'est encore une fois, quand je parle d'un pensée colonial, quand je parle de continuum colonial, c'est exactement ce qui vient d'être fait là. C'est-à-dire qu'en fait, soi-disant, il y aurait eu un rapport pacifique, une histoire d'amour pour reprendre Emmanuel Macron avec le Maroc et la France, ce qui est complètement faux. Ça a été une colonisation ultra-violente et ne serait-ce que la guerre du Rif.
La guerre du Rif, il faut le savoir, c'est Franco, l'espagnol, et Pétain, ensemble, qui ont réprimé la révolte extraordinaire de Abdelkrim el-Khatabi pendant la guerre du Rif dans les années 1920. Et il faut savoir que c'était la première fois qu'on a utilisé des armes chimiques sur des populations civiles. Ça a été fait dans les tranchées de la première guerre et ça a été utilisé massivement avec des répercussions encore aujourd'hui sur les populations du Rif où il y a des cancers dus à l'utilisation du gaz moutarde qui étaient massivement déversés sur des populations civiles pour détruire la République du Rif qui avait été autoproclamée par Abdelkrim el-Khatabi.
Donc l'utilisation d'armes chimiques, les massacres de masse, etc., on ne peut pas dire que c'était une grande histoire d'amour entre la France et le Maroc.
Alors toutes ces images de violences, on les a récupérées sur le Twitter de Raphaël Arnaud. Donc on voit des Français entre guillemets de souche chargés des Français d'origine marocaine qui ne sont pas tout à fait français. Est-ce que tu ressens, tu as cette impression toi aussi Raphaël Arnaud, qu'on a mis en scène quelque part ce combat entre cet affrontement entre pays colonisés et pays colonisateurs ? Ce que semble un peu décrire Yves Calvi dans son intervention.
Oui, il y a une vraie volonté de la part des groupes d'extrême droite encore une fois de provoquer cette fameuse guerre civile qui est théoriste depuis maintenant des années avec cette théorie du grand remplacement comme quoi les populations principales africaines donc voilà des ex-colonies françaises viendraient se venger des Français et viendraient prendre le pays à grands bras et donc tout est fait effectivement de la part des militants d'extrême droite pour provoquer ça. On peut quand même relativiser dans le sens où il y a un véritable échec de la part de ces groupes d'extrême droite parce qu'on voit bien que ça ne fonctionne pas.
Dans les villes en réalité il n'y a eu aucun affrontement réel entre blancs et non-blancs pour caricaturer un peu les seuls affrontements qu'il y a eu c'est les affrontements provoqués par les militants d'extrême droite eux-mêmes donc finalement qui étaient quand même très minoritaires.
Par contre le danger qu'on doit se poser c'est si à force à force à force qu'ils prennent de la place notamment d'un point de vue médiatique politique et aussi dans nos rues à force ouais malheureusement peut-être qu'ils vont bien réussir à déclencher quelque chose je ne sais pas dans combien de temps ça sera c'est très difficile à estimer ça dépend de tout un contexte politique, économique, social qui est malheureusement très instable actuellement donc qui fait que très rapidement la politique peut évoluer dans un sens comme dans un autre n'empêche que nous on a une responsabilité aujourd'hui toutes et tous à se poser les bonnes questions et à réfléchir à comment faire reculer l'extrême droite j'entends bien Youssef lorsqu'il parle des problèmes beaucoup plus gros dans notre société notamment la question du racisme qui est aussi un problème qui se pose à gauche notamment la question de l'islamophobie mais beaucoup d'autres questions que ce soit le sexisme évidemment la lutte contre le capitalisme comme société inégalitaire aujourd'hui dans laquelle on est moi je pense que quand même il y a un problème vis-à-vis de l'extrême droite où il y a une forme d'autonomie de la part de ces groupes d'extrême droite en dehors de l'état bourgeois qui arrivent à s'organiser aujourd'hui qui arrivent à imposer leur calendrier politique qui arrivent à nous imposer leur violence qui des fois est d'ailleurs couvert encore une fois par certains pouvoirs publics donc moi je pense qu'on a tout intérêt quand même à se poser la question de comment y répondre le plus efficacement possible encore une fois de partout et ça passera aussi évidemment en créant de la solidarité de partout que ça soit à travers nos luttes que ça soit à travers des événements comme hier lors des fêtes absolument créer du lien toutes et tous ensemble et c'est la meilleure façon d'y répondre
On voit bien du coup que le sport est politique contrairement à ce qu'a pu soutenir Emmanuel Macron je vous propose de regarder un dernier magnéto qui est assez édifiant
Les joueurs marocains sont devenus les porte-drapeaux de la cause palestinienne alors que le Maroc a été un des premiers pays arabes à avoir normalisé ses relations avec Israël les joueurs marocains on l'a vu ont brandi le drapeau palestinien après leur victoire contre le Canada et puis toute l'équipe a posé autour de ce même drapeau après avoir éliminé l'Espagne le 6 décembre ce soutien appuyé aux palestiniens est encouragé par les autorités au Qatar à Doha il est souligné par la chaîne Panarabe Algezera qui émet du Qatar et d'après le journal Le Monde tout cela avec le soutien tacite du président de la FIFA qui condamne la politique dans le sport en général mais qui en l'occurrence a des indignations sélectives ce soir ce sera donc la France contre le Maroc mais aussi la France contre le monde arabe et la Palestine
ça sera la France contre le Maroc contre les pays arabes et contre la Palestine on a évoqué le colonial maintenant question d'évoquer la question du conflit oui c'est toujours effectivement au fond
c'est toujours colonial
et la question de la Palestine
bah oui mais je veux dire en fait c'est parce que les gens en tout cas ce commentateur il ne connait pas très bien le monde arabe c'est à dire qu'en fait le drapeau palestinien c'est un étendard c'est un emblème en fait de tous les matchs de foot dans le monde arabe c'est à dire qu'en fait quand on s'intéresse un peu au foot je parle aux championnats locaux notamment au Maghreb et ailleurs surtout au Maghreb parce que c'est surtout là qu'il y a un bon il y a quand même des matchs voilà assez on peut dire que c'est des matchs où il y a des supporters massivement en fait il y a toujours eu des champs pour la Palestine enfin je veux dire ça a toujours été ça a toujours été c'est un lieu de politisation en fait les stades en Afrique du Nord en fait il faut savoir que toutes les révoltes qui ont eu lieu contre le printemps ce qu'on appelle le printemps arabe en 2011 contre Moubarak contre Bouteflika plus récemment en 2019 mais le mouvement du 20 février au Maroc en Tunisie contre Ben Ali en fait c'est venu des stades parce qu'ils ne connaissent pas ces sociétés là en fait la jeunesse est très politisée très très politisée et elle se politise dans les stades parce que c'est le seul endroit où il y a encore un espace d'expression dans les tribunes et notamment dans les champs et donc tous les champs contre Moubarak contre tous les dirigeants tous les dictateurs venaient des stades en fait venaient des stades un peu ce qu'on voit en France avec notamment les gilets jaunes où c'était des champs des supporters français dans les clubs et la Palestine a toujours joué un rôle très important de ciment en fait de conscience d'unité qui dépasse les nations la Palestine a toujours joué un rôle de politisation dans le monde arabe mais même j'ai envie de dire même en France dans le mouvement antiraciste en France dans les années 70 la Palestine a toujours joué un rôle très important notamment je pense au mouvement des travailleurs arabes le MTA qui a lancé d'ailleurs des grèves suite au ratonade de l'été 73 et la marche pour l'égalité les jeunes brandissaient des kéfiers en tête de cortège la marche de 83 pour l'égalité contre le racisme donc en fait juste pour finir ce drapeau palestinien c'est pas que l'équipe du Maroc c'est d'ailleurs on l'a vu dans toutes les tribunes dans tous les matchs on avait des supporters anglais on avait des supporters uruguayens bref c'était le monde entier en fait qui disait free Palestine et qui refusait de participer à des interviews avec des journaux avec des médias israéliens qui étaient présents au Qatar et d'ailleurs le Qatar a laissé une ligne directe pour permettre aux correspondants de venir à Doha et ça c'est intéressant parce que juste pour terminer sur les accords d'Abraham qui sont mis en avant et qu'en fait on le voit bien qu'en fait c'est des dictatures qui signent notamment des monarchies rétrogrades réactionnaires qui signent des accords avec un état colonial qui pratique l'apartheid et la colonisation de peuplement et qui signent avec eux et qu'en fait les peuples en réalité sont toujours attachés à la justice
oui c'est pour ça que je pense que ça surprend plus spécifiquement parce que le Maroc et donc Mohamed VI a normalisé les relations avec Israël et là on voit que finalement le peuple est toujours attaché à la liberté de la Palestine est-ce qu'il n'y a pas aussi l'unité encore on va parler de fantasme l'unité des pays arabes donc des arabes qu'il soit de France ou d'ailleurs qui pourraient expliquer toutes ces peurs toutes ces craintes et ces tentatives d'attaque
non bien sûr que la Palestine joue ce rôle d'unificateur en fait du monde arabe mais ce qui est bien c'est qu'Hualid Régrahi le sélectionneur du Maroc l'a très bien précisé à chaque fois il n'a pas arrêté de répéter et ça j'ai trouvé ça très très bien et j'ai beaucoup apprécié c'est qu'il a dit on est là pour l'Afrique donc oui évidemment il y a un lien culturel il y a un lien culturel qui unit par la langue le monde arabe mais voilà le Maroc est là pour l'Afrique et c'est bien qu'un pays africain soutienne la Palestine voilà je trouve que c'est aussi c'est même plus fort symboliquement parce qu'on sait que par ailleurs l'état colonial d'Israël tente de rentrer dans l'Union africaine veut être membre observateur il veut intégrer cette organisation continentale très importante très stratégique et que du coup ça envoie un message qu'en fait non on n'est pas prêt à ça qu'en fait les peuples nous le voudrons pas et ça j'ai trouvé ça je trouvais que c'était magnifique pour tout ça je trouvais vraiment l'équipe du Maroc pour ça c'était incroyable d'un point de vue politique moi je suis côté militant quand Régraguet a dit ça voilà on est là pour montrer que l'Afrique sait faire des belles choses voilà j'étais j'étais conquis
Raphaël Arnaud porte-parole de la jeune garde membre de l'observatoire de l'extrême droite est-ce qu'il y a des manifestations qui seront organisées pour dénoncer toutes ces violences qui ont eu lieu hier
pour l'instant on n'a pas prévu de dates en particulier surtout que c'est quand même des dates à chaque fois qu'on espère collectives avec le maximum d'associations syndicats partis peu importe donc il n'y a pas encore de dates prévues puis là on a un calendrier quand même assez chargé notamment avec les retraites la question de la réforme des retraites sur lesquelles aussi évidemment on est très mobilisés parce que si aujourd'hui on en est là et qu'il y a des gens qui se tournent vers l'extrême droite c'est bien aussi parce que ça fait des années que les gouvernements successifs nous en mettent plein la tronche et lorsqu'on en a plein la tronche et qu'on ne sait pas trop vers qui se tourner à l'extrême droite pour certaines personnes ça peut devenir une solution donc en tout cas ils espèrent une solution même si pour nous c'est un véritable problème parce qu'on voit bien ce que vote l'extrême droite à l'Assemblée c'est tout avec En Marche et rien pour les classes populaires mais donc il y a ce calendrier chargé après évidemment qu'on garde dans le coin de la tête qu'il va falloir absolument se bouger sur la question de l'extrême droite et ça passera par des mobilisations parce qu'il y a encore de l'espoir dans ce pays beaucoup d'espoir il y a encore beaucoup de monde qui veut crier sa rage contre cette littérature de l'extrême droite contre leur violence donc très rapidement il y aura des dates et n'hésitez pas à suivre sur les réseaux sociaux etc.
on vous tiendra informé
Merci pour cette note d'espoir Raphaël Arnaud porte-parole de la jeune garde et membre de l'Occertoire de l'extrême droite et merci beaucoup aussi à Youssef Brachny militant des quartiers populaires qui a une très bonne connaissance des luttes puisqu'il est aussi professeur d'histoire je le rappelle merci à vous deux merci à vous également de nous avoir suivis merci à vous
merci à vous