Écotaxe : "Les transporteurs routiers sont à bout", alerte Éric Mignon, représentant du secteur en Lorraine
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Chapitres
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Attaque 40 %Défensif 60 %
Questions et réponses
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- 1:02RelanceRéponse partielle
De vous provoquer un petit peu, Éric Mignon, en disant qu'il était temps que vous vous mobilisiez parce que sur la crise des carburants, on vous entend très très peu, alors qu'on le sait très bien.
- 1:38OuverteRéponse directe
Alors, cette éco-taxe, justement, elle doit être votée aujourd'hui par les élus régionaux et l'expérimentation doit débuter dès l'été prochain.
- 2:11OuverteRéponse directe
Vous avez déjà calculé, Éric Mignon, ce que ça pouvait représenter ? Donnez-nous un exemple concret, par exemple, d'un transporteur qui ferait tous les jours Nancy-Épinal pour aller livrer des fruits et légumes, par exemple.
- 2:54OuverteRéponse directe
Vous avez calculé, vous, pour une entreprise moyenne, ce que ça engendrerait comme coût supplémentaire ?
- 3:24FerméeRéponse directe
Et ça, avec la crise des carburants en ce moment, pour vous, c'est impossible à absorber ?
- 3:44FerméeRéponse directe
Donc, vous demandez une suspension et pas une annulation pure et simple de l'écotaxe ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« cette nouvelle impôt, comme vous disiez, qui va nous être imposée à compter de l'année prochaine. »
- 1:57Invité politiqueFait
« l'éco-taxe, c'est relativement simple. C'est une taxation au kilomètre parcouru par les véhicules de plus de 3,5 tonnes sur les axes principaux en Lorraine et en Alsace. »
- 5:35Invité politiqueChiffre
« puisqu'aujourd'hui, c'est 90-95% des marchandises qui sont transportées par camions. »
Temps de parole
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- ?7 %
- Présentateur 26 %
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Le
réveil 100% local,
ici matin.
7h46, les routiers lorrains refusent un impôt supplémentaire voté aujourd'hui par les élus régionaux. L'éco-taxe prévoit de faire payer dès l'été prochain une somme au kilomètre à tous les poêleux qui circulent notamment sur la 31 et la 33. Pour en parler, nous recevons Éric Mignon, secrétaire général de la Fédération nationale des transporteurs routiers dans les Vosges et en Meurthe-et-Moselle. Éric Mignon, bonjour.
Bonjour.
Vos
collègues doivent converger avec ceux d'Alsace vers l'hôtel de région. Vous attendez du monde
?
Oui, absolument. Aussi bien à Strasbourg qu'à Metz, la mobilisation est assez conséquente
contre
cette nouvelle impôt, comme vous disiez, qui va nous être imposée à compter de l'année prochaine.
On va y revenir dans un instant, mais ce sont quoi ? Ce sont des centaines de camions qui sont attendus
?
Des centaines, non, parce que de toute façon, on va dire qu
'il
y a à peu près 50-60 véhicules en tout sur les deux sites. Oui.
J
'ai
envie
de vous provoquer un petit peu, Éric Mignon, en disant qu'il était temps que vous vous mobilisiez parce que sur la crise des carburants, on vous entend très très peu, alors qu'on le sait très bien. Le jour où les transporteurs routiers se mobilisent, ils sont capables en trois jours de bloquer la France.
Oui, on n'en est pas encore là, mais s'il faut en arriver là, on y arrivera. De toute façon, puisqu'aujourd'hui, les entreprises sont à bout, n'ont plus les moyens de supporter ces carburants qui sont chers, même s'ils peuvent indexer leur prix de transport. Donc, c'est pour ça que ce nouvel impôt, si vous voulez, qui va nous tomber dessus, devient complètement insupportable.
Alors, cette éco-taxe, justement, elle doit être votée aujourd'hui par les élus régionaux et l'expérimentation doit débuter dès l'été prochain. Donc, c'est demain pour vous, quand on regarde les carnets de commandes à l'échelle d'une entreprise. En quoi consiste cette éco-taxe pour celles et ceux qui n'auraient aucune idée de ce que ça va être dans quelques mois
? Eh
bien, écoutez, l'éco-taxe, c'est relativement simple. C'est une taxation au kilomètre parcouru par les véhicules de plus de 3,5
tonnes
sur les axes principaux en Lorraine et en Alsace.
Comme l'A31 et l'A33 que tout le monde connaît
ici ?
Absolument, oui. Absolument.
Vous avez déjà calculé, Éric Mignon, ce que ça pouvait représenter ? Donnez-nous un exemple concret, par exemple, d'un transporteur qui ferait tous les jours Nancy-Épinale pour aller livrer des fruits et légumes, par exemple.
Eh bien, écoutez, Nancy-Épinale, c'est 60 km. On va arrondir 120 km aller-retour. On nous annonce une taxation entre 20 et 25 centimes du kilomètre. Donc, on va prendre 20 centimes. Ça ferait du 24 euros par aller-retour.
En
même temps, Nancy-Épinale, c
'est
un mauvais exemple parce que c'est la N57.
Elle
n'est pas intégrée
pour l
'instant dans le processus. Pour
l'instant, je dis bien.
Nancy-Mess, mais j'ai corrigé immédiatement.
Alors,
Nancy-Mess, oui, c'est exactement le même kilomètre.
Exactement.
Vous avez calculé, vous, pour une entreprise moyenne, ce que ça engendrerait comme couvre supplémentaire
?
Écoutez, pour quelqu'un qui ne circule que sur ses axes, je dirais, routiers soumis, qui va faire en gros 300 km par jour, c'est 60 euros par jour. Sur 20 jours par mois, c'est 1 200 euros. C'est plus de 10 000 euros à l'année par véhicule.
Et
ça, avec la crise des carburants en ce moment, pour vous, c'est impossible à absorber
?
De toute façon, absorber, non, ce n'est pas possible. Donc, ce qu'on demande, nous, aux élus régionaux, c'est de laisser le temps à la région et aux entreprises
de
négocier un texte qui nous obligerait à répercuter
dans
nos prix de transport.
Donc, vous demandez une suspension
et pas une annulation pure
et sainte de l'écotaxe ? Non, on demande une
suspension, absolument. On demande une suspension et non pas une annulation pour, justement, avoir le temps de mettre en place cette indexation, cette répercussion obligatoire.
En tout cas, on sent votre colère. Vous êtes les nouveaux bonnets rouges de 2014. Souvenez-vous, avec cette réforme et cet écotaxe, d'ailleurs, voulu par Nicolas
Sarkozy, enterré par François Hollande ?
Absolument. Vous
êtes dans le
portège, là.
Oui,
on est vent debout contre cette nouvelle taxe.
Mais
vous entendez l'argument de celles et ceux qui la défendent, qui disent que cet axe va servir à rénover les axes routiers qui sont, justement, gérés depuis peu par la région. On peut l'entendre, cet argument ? Ah, mais on
l'entend fort bien. C'est pour ça qu'on ne demande pas l'annulation, mais la suspension. Le temps de négocier,
c
'est une répercussion obligatoire.
Mais pourquoi il faut du temps pour répercuter ? Je ne comprends
pas, Éric Mignon. Pourquoi il faut du temps pour négocier une répercussion
?
Mais parce que ça fait des mois, voire des années qu'on en parle. Aujourd'hui, on est face à l'obstacle, je dirais. Et on n'a jamais été entendu jusqu'à maintenant. Donc là, on passe la vitesse supérieure. Et si jamais on n
'a
pas cette suspension, on ira un peu plus loin, comme vous disiez tout à l'heure. C'est-à-dire que vous pourriez commencer à bloquer les routes ? Peut-être pas bloquer les routes, mais laisser les véhicules au garage. Et vous savez, il suffit de, comme vous le disiez, 3-4 jours pour qu'il n
'y
ait plus rien dans les commerces, dans les stations-services. Parce que le transport routier est l'élément essentiel de l'approvisionnement, je dirais, journalier.
Oui, j'allais vous le dire. On ne s'en rend pas compte, sauf si, bien évidemment, on prend conscience du nombre de camions qu'il y
a
sur les routes. Mais sans transport routier, la France s'arrête.
Ah
ben bien sûr. Bien sûr. Absolument. Puisqu'aujourd'hui, c'est 90-95% des marchandises qui sont transportées par camions.
Avez-vous un chiffre, pour terminer, sur le nombre d'entreprises en grande difficulté ou qui ont carrément mis la clé sous la porte avec cette hausse exponentielle du prix des carburants en Lorraine
?
Non. En Lorraine, on n'a encore pas été trop touchés parce que, justement, les transporteurs ont pu indexer rapidement leur prix en négociant avec leurs clients.
Mais
on voit bien qu'il y a toujours un décalage entre l'achat du carburant et la facturation client, ce qui fait qu'aujourd'hui, les entreprises sont un peu au bout du rouleau en matière de trésorerie, notamment.
Merci beaucoup, Éric Mignon, secrétaire général de la Fédération nationale des transporteurs routiers dans les Vosges. Jean-Marc Thébrouzel, vous êtes vous-même prêt pour vous rendre à l'hôtel de région à Metz avec, vous le disiez, une cinquantaine ou soixantaine de camions où doit être voté aujourd'hui l'EcoTax. Bonne journée. Merci d'avoir
été en direct avec
nous. Bonne journée.