Macron : acte II - Les questions SMS #cdanslair 26.04.2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03OuverteRéponse partielle
Le grand débat n'a-t-il pas au moins changé le discours du président sur la forme et sur le style ?
- 2:14OuverteRéponse partielle
Selon vous, Emmanuel Macron a-t-il réussi à convaincre globalement Raphaël Baquet ?
- 3:29OuverteRéponse partielle
Ai-je malentendu ? Pas un seul mot qui puisse faire entrer nos enfants et nos petits-enfants dans un monde meilleur.
- 5:09OuverteRéponse directe
Le cadeau fiscal de 5 milliards d'euros ne va-t-il pas repartir dans le circuit de la consommation et servir à tous ?
- 5:43RelanceRéponse partielle
Créer de la dette pour essayer de satisfaire les Gilets jaunes, est-ce cela gouverner le pays ?
- 6:22OuverteRéponse directe
Les riches retraités qui ont un peu plus de 2000 euros par mois, ne sont-ils pas les dindons de la farce ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:17InvitéChiffre
« Il y a 62% de Français qui nous disent qu'il n'a pas convaincu. »
- 5:18InvitéFait
« La hausse de la prime d'activité en janvier est déjà repartie, effectivement. »
- 5:31InvitéFait
« Sur le premier trimestre 2019, il y a une injection de pouvoir d'achat. »
- 6:10InvitéChiffre
« Hier, on a ajouté 8 milliards de déficit supplémentaires. »
- 6:36InvitéPromesse
« À partir de 2021, l'indexation se ferait de nouveau sur l'inflation pour ceux qui sont au-delà de 2000 euros. »
- 7:02InvitéFait
« Il a réhabillé avec du nouveau papier cadeau quelque chose qui était déjà décidé. »
Temps de parole
- Présentateur30 %
- Invité19 %
- Invité 219 %
- Invité 319 %
- Présentateur 214 %
≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Alors, le grand débat n'a-t-il pas au moins changé le discours du président sur la forme et sur le style ? Brice Tinturier.
Oui, moi j'ai souvent souligné sur ce plateau qu'Emmanuel Macron faisait la leçon aux Français et que l'image d'arrogance qu'il avait progressivement forgée était l'effet de cette forme d'admonestation qu'il avait vis-à-vis des Français. Et ce que je trouve notable, c'est que dans la conférence de presse, on a quand même le sentiment que ça, il l'a compris, qu'il l'a intégré. C'est, en tous les cas, au moins pendant cette conférence de presse, il faisait tout pour éviter ce travers et au contraire pour montrer qu'il avait compris. Il n'y avait pas de petites phrases hier d'ailleurs.
Il n'y avait pas de petites phrases et il y en avait d'autres, y compris ce qu'on évoquait à l'instant autour de la mère célibataire. Il faisait tout pour montrer qu'il avait été à l'écoute, qu'il avait compris, qu'il avait intégré des choses, qu'il avait appris. Venant de quelqu'un qui faisait la leçon, on avait quand même un petit renversement. C'était, j'ai aussi intégré et appris l'épaisseur de vie, a-t-il dit, des Français. Donc là, il y a quand même un changement de pied qui est important.
Une heure d'introduction, moi, j'ai laissé tomber. Je crois que j'ai bien fait, c'était du blabla. Il faudrait qu'il n'y ait pas été surpris.
Il devait parler 20 minutes au début. Oui, c'est ce qui était promis par les services de l'Elysée. Effectivement, c'était assez long. Trop ? Trop long, ça, indubitablement. En même temps, il a commencé assez fort dans le sens où c'était dense et c'était clair. Il a dit d'entrée de jeu, nos orientations étaient les bonnes. Donc là, au moins, le discours était posé. On savait que ce soir-là, on n'allait pas assister à une sorte de méa culpa général du macronisme ou à un détricotage des premiers mois ou des premières années du quinquennat. Ensuite, c'était beaucoup trop long.
Était-ce une technique pour pouvoir garder davantage la parole et qu'il y ait moins de temps pour les questions puisqu'il avait dit qu'il finirait à 20 heures, évidemment, avant les journaux télévisés ? C'est possible. Mais je crois qu'il y a aussi une volonté de montrer qu'après trois mois de grands débats, la parole présidentielle ne peut pas être faite à la légère et tenir sur un post-it.
Mais il le dit d'ailleurs. Il a dit, pardon, je suis trop long. Il a fait des débats où il a tenu quoi ? 6 heures, 8 heures ? C'est presque l'un de ses défauts, non ?
Oui, pour le coup, je ne vous cache pas qu'il y avait une certaine partie des journalistes en arrivant dans la salle de presse de l'Elysée qui se demandaient s'il allait faire comme pour les intellectuels qu'il avait reçus à l'Elysée à finir à 2h30 du matin. Il y avait un peu d'appréhension. Tiens, regardez s'il y avait des sandwiches chachés dans un coin.
Ah oui, c'était Daniel Cohn-Bendit qui avait dit aux journalistes « Amenez vos sandwiches, charise d'être long. » Selon vous, Emmanuel Macron a-t-il réussi à convaincre globalement Raphaël Baquet ? Ça dépend quelle tranche de la population, si je puis dire. C'est-à-dire qu'on voit bien que ceux qui ont provoqué, au fond, toutes ces mesures, c'est-à-dire les Gilets jaunes, je les vois en tout cas dans les reportages et je pense que Brice Tinturier les voit aussi dans ses enquêtes, ils sont dans une telle situation de radicalisation, en tout cas ceux qui restent, et de détestation, il faut bien le dire, du président de la République que je doute que ça les ait fait bouger d'un iota.
Mais en même temps, ce n'est pas toute la population française. Donc, ça peut avoir ressoudé son électorat, ça peut avoir convaincu une partie des modérés, des modérés, si on peut dire, mais il n'est pas sûr que ça ait réconcilié, si vous voulez, cette partie des Français qui sont extrêmement défiants à l'égard des élites et de leurs représentants à leurs yeux, qui est le président de la République.
Globalement, il n'a pas convaincu, les mesures le montrent. Il y a 62% de Français qui nous disent qu'il n'a pas convaincu. En revanche, une fois qu'on a posé ça et qu'on le dit, le fait qu'il y en ait 38-39% n'est pas négligeable. C'est juste cette pondération, je crois, qu'il faut apporter.
« Ai-je malentendu ? Pas un seul mot qui puisse faire entrer nos enfants et nos petits-enfants dans un monde meilleur. » Alors, il a pourtant parlé des inégalités de destin. Et il a eu ces mots, finalement, plus graves que les inégalités de revenus, c'est surtout les inégalités de destin.
Il revient à l'origine du macronisme, c'est-à-dire, je ne suis ni de droite ni de gauche, je veux corriger les inégalités réelles en instituant des droits réels et non pas simplement formels. Je ne veux pas simplement qu'on nous dise, « Oui, tout le monde a le droit d'aller à l'école à 6 ans et donc au total, c'est un droit qui est appliqué. » Il faut vérifier dans la réalité si tout le monde va bien certains 3 ans, d'autres plus tard.
Il a dit que tout se jouait d'ailleurs, presque un discours de pédopsychiatre dans les 3 premières années de sa vie.
Mais il a raison sur un point, c'est que la France, sur le plan des inégalités de revenus, est un des pays qui redistribue le plus aujourd'hui. Alors que dans les inégalités de destin, elles sont criantes.
Il a d'ailleurs quand même beaucoup parlé d'éducation et d'école, parce que là, on a parlé des mesures, mais c'est quand même un point très important.
Elle est intéressante cette question, parce qu'elle montre bien ce qui hante les Français, c'est cette idée que l'ascenseur social s'est terminé, que la génération à venir vivra plus mal que la génération actuelle. Donc ça aussi, ça taraude les Français. Et de ce point de vue, moi je trouve qu'un des éléments qui n'étaient pas suffisamment présents dans cette conférence de presse, c'était sa vision de la société. Vers quel type de société veut-il emmener les Français pour que justement, ils essayent de croire à nouveau qu'il y a un ascenseur social possible dans ce pays ?
Le cadeau fiscal de 5 milliards d'euros ne va-t-il pas repartir dans le circuit de la consommation et servir à tous ? Dominique Saut, c'est un mini plan de relance ?
C'est un mini plan de relance. On a vu d'ailleurs que la hausse de la prime d'activité en janvier est déjà repartie, effectivement. Un petit peu a été épargnée, mais l'essentiel est déjà reparti. Oui, mais l'essentiel est reparti quand même dans le circuit de consommation. Au total, sur le premier trimestre 2019, il y a une injection de pouvoir d'achat. C'est l'OFCE, un organisme économique, qui a dit que ça n'avait pas été le cas depuis 10 ans.
Alors, contre-question par rapport à la même problématique, créer de la dette pour essayer de satisfaire les Gilets jaunes, est-ce cela gouverner le pays ?
C'est toujours la même chose, c'est repousser à plus tard les efforts, l'endettement. On a appris cette semaine que la France était sur les 28, encore 28, pays de l'Union européenne, dans les deux ou trois derniers. Enfin, celui qu'il y avait, la France a le déficit le plus élevé. Et hier, on a ajouté 8 milliards de déficit supplémentaires. Les pays qui ont un déficit le plus élevé sont la Roumanie et Chypre. Et nous, juste derrière.
Les riches retraités qui ont un peu plus de 2000 euros par mois, alors riches entre guillemets, ne sont-ils pas les dindons de la farce, taxes d'habitation, CSG, retraite bloquée, etc. C'est vrai. En plus, ils votent qui, d'ailleurs, ces riches retraités ?
Pendant un an, simplement, puisqu'Emmanuel Macron a dit qu'à partir de 2021, l'indexation se ferait de nouveau sur l'inflation pour ceux qui sont au-delà de 2000 euros. Après, vous avez raison, c'est l'ensemble des mesures qui peut donner le sentiment d'une certaine persécution fiscale.
C'est ce que dit Laurent Wauquiez. Il dit, maintenant, on découpe les Français en fonction de seuil. Alors, on dit, au-delà de tel seuil, vous payez la CSG. Au-delà de tel seuil, vous n'avez pas la suppression de la taxe d'habitation, etc.
Ce qu'il faut dire sur cette question des retraites, c'est qu'aussi, il y a eu une opération de communication hier, puisqu'il a réhabillé avec du nouveau papier cadeau quelque chose qui était déjà décidé. Quand Gérald Darmanin annonce la désindexation des retraites, il y a quelques mois, il dit que ce sera simplement pour l'année 2020-2021. Et après, on arrête. Il y a des échéances que je ne vous dessine pas. L'année suivante, il n'y pense visiblement pas. Il a dit que, loin de lui, cette idée, et évidemment, dans la salle, ça a suscité un éclat de rire général.
Fondamentalement, vous qui connaissez bien la vie politique, Raphaël Bacquet, quand on est à ce moment du mandat, on pense à sa réélection ? Non, pas à ce moment du mandat, dès son élection, bien sûr. Bien sûr, mais tous les présidents. Donc, il ment quand il dit que son horizon... Mais il ne peut pas dire le contraire. En même temps, ce serait très choquant, si vous voulez, s'il était déjà en train de dire, oui, je pense tous les soirs à ma réélection. Eh bien voilà, c'est la fin de cette émission. En se rasant. Merci beaucoup de l'avoir suivie. Elle sera rediffusée ce soir à 23h15. On se donne rendez-vous demain à la même heure pour un nouveau C'est dans l'air. Merci de votre soirée.
Bonne soirée sur France 5. À suivre, c'est à vous. Sous-titrage ST' 501