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interviewFrançois Ruffin· 23 octobre 2025 4 min

Bataille du budget : alerte sur le handicap !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est dans cette salle de la commission des affaires sociales que va être discuté à partir de lundi le projet de loi de financement de la sécurité sociale, le PLFSS. Et il y a un point en particulier à la lecture de ce pavé de ce projet de loi qui nous a effaré, c'est sur les personnes handicapées qui sont particulièrement ciblées et qui sont les premières victimes de la cure d'austérité. Elles sont visées par de multiples billets.

Un, le gel de l'allocation adulte handicapée qui est aujourd'hui de 1033 € par mois. Et on a un taux de pauvreté chez les personnes en situation de handicap qui est à peu près deux fois plus élevé que dans le reste de la population. On est à 14 % dans le pays, on est à 25 % chez les personnes en situation de handicap et pourtant on va joler leurs principales sources de revenu.

De le doublement des franchises médicales. On les avait déjà doublé l'année dernière, ça veut dire qu'elles auront quadriplay. Évidemment, ça vaut pour tout le monde.

Mais qui est le plus touché ? ceux qui ont le plus recours à des soins et c'est évidemment les malades de longue durée et les personnes handicapées. En moyenne pour ell, il y a entre 1500 et 1800 € chaque année de frais de santé non remboursé.

C'est-à-dire que d'un côté, elles ont de faibles recettes, elles sont plus pauvres que la moyenne de la population et de l'autre côté, elles ont beaucoup plus de reste à charge de frais de santé non remboursé et ça va encore augmenter. Et en plus, les choses sont vraiment très bien faites parce qu'avec 1033 € avec la location adulte handicapée, vous ne pouvez pas toucher la complémentaire santé solidaire. 3.

Pour les travailleurs handicapés, l'Ah ne sera plus considéré comme un revenu professionnel. Qu'est-ce que ça change ? Et bien, si ça n'est plus un revenu professionnel, ça ne donne plus droit à la prime d'activité.

Pour un travailleur en ESAT, en établissement spécialisé, qui toucherait 1200 € par mois, qui aurait le droit par-dessus ça à 200 à 300 € de prime d'activité, elle serait entièrement supprimée. 4. Une diminution de 15 % du budget pour les entreprises adaptées, pour les associations d'insertion, pour les territoires zéro chômeurs.

Le taux de chômage chez personnes en situation de handicap est double de la moyenne de la population. Et donc le marché du travail pour elle ne marche pas marche encore moins que pour les autres. Et là ce sont des dizaines de milliers de postes qui vont être supprimés dans les structures qui sont adaptées. 5.

Londame pour les personnes en situation de handicap, c'est-à-dire l'objectif d'augmentation des dépenses ne sera que de 2,5 % l'année prochaine. Alors que d'après la Fédération hospitalière conténue des besoins, il faudrait 4 %. La différence entre les deux, c'est 500 millions d'euros.

Et en plus dans ces établissements désormais va s'appliquer la tarification à l'acte, la T2A qui a déjà fait des dégâts à l'hôpital et pourtant on va l'étendre à ces structures. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand un éducateur prendra en charge un enfant pendant 1 heure, pendant 2h, et bien il devra en référer pour qu'il y ait un budget qui soit alloué à ça. 6.

Il me faut les deux mains maintenant. En plus, le ministère annonce que le contrôle des MDPH de l'attribution des allocations adultes handicapées va être renforcé comme si aujourd'hui c'était un chemin de pétale de rose pour obtenir cette AAH pour remplir les dizaines de formulaires. Ce qu'on décrit ici, c'est une cassure, c'est une rupture.

C'est-à-dire que dans la durée, depuis quelques décennies, la reconnaissance du handicap a progressé dans notre pays. Et là, par ces mesures dans le budget, ce serait une marche arrière qui serait engagée, quelque chose qui se faisait de manière pernicieuse, silencieuse, mais qui là serait désormais affiché. Nous avons contacté des associations en charge du handicap.

Leur jugement sur ce projet de budget, c'est ce cumul de mesures visant les personnes en situation de handicap est à la fois historique et dévastateur. Et donc nous lançons l'alerte auprès de ces associations, auprès des personnes en situation de handicap, auprès de leur famille et bien sûr auprès des journalistes. Nous lançons l'alerte parce que nous jugeons comme un recul dans notre humanité quand pour des raisons de budget on s'en prend aux personnes qui sont les plus en situation de fragilité.

Okay.

Bataille du budget : alerte sur le handicap ! — François Ruffin · Pourquijevote