80 ans du Débarquement: le discours d'Emmanuel Macron lors de la cérémonie américaine
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Chère Joe Biden, Madame la Première Dame, Dr Jill Biden, Mesdames et Messieurs en vos grades et qualités, Messieurs les combattants du débarquement, chers vétérans, Mesdames et Messieurs, Ces humbles tombes blanches qui sont juste là, à portée de main derrière vous, sont un des lieux les plus émouvants de France. On y sent vibrer l'histoire, l'héroïsme des morts et celui des vivants. On y lit la grandeur d'un peuple prêt à mourir sur un sol qui n'est pas le sien pour une cause qui est la sienne. Il est un sanctuaire où se transmet comme un flambeau la mémoire inlassable du jour J. Car ici est le lien séculaire entre nos deux nations, nos deux républiques qui se renouvellent et s'affirment.
Un lien de sang versé pour la liberté. Ce lieu comme cette cérémonie disent notre dette à l'égard de ceux qui sont tombés comme de ceux qui ont survécu. Et vous voilà, aujourd'hui, à nos côtés. A l'été 1944, vous aviez 20 ans à peine, parfois moins. Vous aviez une famille, des amis, une fiancée, une femme, parfois des enfants. Vous aviez des rêves, des projets, un avenir. Et vous avez tout quitté. Vous avez franchi l'océan et débarqué sur les côtes de France, il y a huit décennies de cela. Vous avez tout quitté et pris tous les risques. Pour notre indépendance, pour notre liberté. Cela, nous n'oublions pas. Merci.
Vous êtes venus ici et vous avez rejoint notre guerre pour y faire basculer l'histoire. Oui, vous êtes venus ici, Mr. Hilbert Margol, débarqué à Marseille en janvier 1945, remontant l'Europe de la Provence à la Pologne, jusqu'à ce jour dramatique où avec votre frère jumeau Howard, vous avez découvert les charniers de Dachau. Vous êtes venus ici, Mr. John Wardle, fantassin auquel votre courage avait eu une blessure à Hürtgenwald en Allemagne, en pleine bataille. Vous êtes venus ici, Mr. Robert Pédigo, pour combattre avec votre escadrille de Saint-Laurent à l'Allemagne. Vous êtes venus ici, Mr.
Calvin Scheiner, qui avait participé à l'opération Dragoon depuis le sud de la France et passé les derniers mois de guerre à réparer nos hôpitaux, nos voies ferrées, nos routes. Vous êtes venus ici, Mr. Edward Berthold, devenus avec vos 35 missions de combat un véritable fléau des nazis dont vous bombardiez inlassablement les centres névralgiques, tout comme Edwin Cottrell, pour qui j'ai une pensée aujourd'hui et qui aurait dû être des vôtres. Vous êtes venus ici, Mr. Dominique Critelli, pour libérer le continent où vous étiez né. Et vous, Mr. Bill Casasa, avec cette force d'âme exceptionnelle qui vous a permis de tenir 171 jours de combat continu face à l'ennemi. Vous êtes venus ici, Mr.
Victor Chani, débarqués en juillet sur la plage d'Utta Beach pour libérer la Normandie, puis Angers, puis Reims. Vous êtes venus ici, Mr. Raymond Glansberg. Vous, l'enfant du Bronx, combattant le long de la Moselle et des Vosges. Et vous, Mr. Richard Stewart, pour faire passer nos messages à travers les frontières de la France, la Belgique, l'Allemagne. Vous êtes venus ici, Mr. John Kenyon, qui avait vécu la Normandie, la libération de Paris, le Maroc, évacuant nos blessés, transportant nos hommes et notre matériel. Vous êtes venus ici. Le monde libre avait besoin de chacun de vous.
Et vous avez répondu présent, comme vos frères d'armes, encore vivants, comme vos frères d'armes, alors tombés. Here you came, to join your efforts, with our own soldiers, and to make France a free nation. And you are back here today, at home, if I may say. Let us lead the way, telle fut l'exclamation de Norman Cotta sous le feu de la mitraille à ses hommes sous la pluie d'obus. Vous êtes venus ici, alors vous voilà à jamais chez vous, sur le sol de France. Et nous n'oublions pas. A vous, hommes de la Great Generation, de nous enseigner à notre tour, à être grands, à lutter pour la paix et la liberté du monde. A nos côtés, vous avez fait cette guerre et nous l'avons gagnée.
Alors pour vous qui êtes là, et pour vos camarades qui ne le sont plus, et dont vous portez la mémoire en ce jour, pour votre bravoure au service de notre liberté, j'ai l'honneur de vous remettre les insignes de chevalier de la Légion d'honneur. Merci.