"Bien manger" est devenu un luxe (et un mépris de classe) ? - C Ce Soir 30 avril 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Vous critiquez l'inversion de culpabilité sur la malbouffe. Pouvez-vous donner un exemple ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Comment changer les modes de consommation sans faire peser la culpabilité sur les individus ?
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Bien manger coûte-t-il vraiment cher ?
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Quelles alternatives proposer pour une alimentation accessible ?
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La sécurité alimentaire peut-elle devenir une cause nationale ?
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L'alimentation est-elle au cœur de tous les enjeux sociaux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Fait
« C'est pas cher. Deux il y a pas de gaspillage. Troisièmement ça permet de s'assurer qu'ils vont manger. »
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de votre livre Manger les riches où vous critiquez ce que vous appelez une sorte d'inversion de culpabilité ou sur les questions de malbouffe sur les question de manger équilibré et bien on va faire peser la responsabilité sur le consommateur plutôt que de remettre en cause le système alimentaire. Vous donner un exemple très simple, mais je trouve qu'il est très éclairant euh euh sur une forme aussi de de d'imaginaire extrêmement méprisant, classiste consistant à penser que les pauvres euh les défavorisés euh dépenseraient mal, euh qui achèteraient dans les mauvaises choses, qui pourraient s'organiser autrement et cetera. Vous donner un exemple très simple, c'est des parents euh qui le soir euh donnent à leurs enfants non pas un repas équilibré, bio avec plein de légumes, mais le cordon bleu.
Et vous dites celui qui critique ça de l'extérieur, il a rien compris à la réalité sociale. Vous donnez plusieurs raisons. Vous dites "Uh euh euh c'est c'est pas cher." Deux il y a pas de gaspillage.
Troisièmement ça permet de s'assurer qu'ils vont manger, qu'à la fin, ils auront plus faim. Et quatrièmement, et je trouvais ça intéressant, vous dites "Ça fera plaisir aux enfants parce qu'il y a aussi un point qu'on qu'on a oublié de soulever mais c'est que c'est agréable. Euh au-delà du fait, enfin en tout cas pas peut-être pas pour tout le monde, mais au-delà du fait que c'est ça peut être dangereux pour la santé et cetera, il y a aussi un plaisir.
Les gens ne font pas seulement ça par contrainte. Alors, d'où cette question ? Comment on change les modes de consommation, les modes de vie sans faire peser la culpabilité sur les individus ?
Bah justement, c'est ce que j'essaie. Merci beaucoup pour d'avoir parlé de mon livre en ces termes. Moi, c'est ce que j'essaie de faire avec mon travail aussi, c'est de et j'en parlais depuis le début, de dématiser certaines pratiques et de se rendre compte que moi, il y a une phrase que je peux que je ne peux plus que je ne veux plus entendre et je débunque cette idée reçue dans mon riches qui est bien manger, ça ne coûte pas cher.
Non, c'est pas vrai. Bien manger, c'est faux. Alors pour le coup, moi je tout le monde dit mais si mais ça bien manger ça coûte plus cher.
Bien manger, ça ne coûte pas cher. Pourquoi ? Parce que ça n'est pas qu'une question d'argent.
Et on parlait de manger à l'extérieur. Il y a des gens pour qui c'est une contrainte. Pourquoi ?
Quand vous dans un hôtel social hm pour faire à manger, vous avez un micro-onde et c'est tout. Quand vous n'êtes pas valide, quand vous avez de l'arthrose, quand vous ne pouvez pas prendre les transports en commun, quand il n'y a plus de transport en commun parce que les régions ont sabré dans les dépenses pour le ferroviaire, pour les bus et cetera, quel est votre choix ? manger dehors.
Il y a aussi un statut effectivement symbolique, mais aujourd'hui il y a des gens qui n'ont pas le choix que d'aller chercher quelque chose, de manger à l'extérieur. On va parler des pas thermique aussi hein. C'est que quand vous vivez à 4 dans 30 m² dans un logement insalubre, une passoire thermique que le gouvernement aujourd'hui veut quand même réussir à nous faire relouer, bah c'est agréable de manger dehors parce que on a trop chaud ou bien on a trop froid.
Mais il y a cette contrainte là. Et donc moi je je pour répondre à votre question d'abord je pense qu'il y a ce levier symbolique dont on parlait tout à l'heure aussi la symbolique de ce plat ou d'autres plats. C'est pour ça que je tenais à dire quand même euh une et je n'ai rien contre la gastrome italienne, j'adore manger italien mais des pâtes à la carbonara ou une pizza, ça n'est pas euh ça n'est pas non plus le plat équilibré et ça on c'est pas stigmatisant.
Pourquoi ? Parce que la gastronomie italienne a gagné ses lettes de noblesse ajout. C'est vrai, je vous écoute.
Mais c'est vrai que s'il y avait 10 restos italiens côte à côte, je pense qu'il y aurait pas de pétition pour dire il y a resto it que les mais je pense que les restaurateurs sera pas contents. Je veux dire, il y a aussi quand il y a trop quand il y a trop de choix et moi ce que je voulais dont je voulais parler aussi c'est on n pas dit le mot mais le mot alternative c'estd que fermer certains ou empêcher certains établissements mais alors quelle est l'alternative ? Qu'est-ce qu'on met à la place ?
Qu'est-ce qu'on met à la place ? Qui soit accessible aussi vous le disiez aussi accessible. On n'est pas à dépenser deux fois plus que ça.
Qui fasse plaisir aussi. La gourmandise c'est l'appellage des riches aujourd'hui hein. C'est vrai dire que on va pointer du doigt la maman papa la maman plutôt parce que 85 % sont les femmes qui font à manger qui donnent le cordon bleu.
Celles qui vont aller au McDo avec leurs enfants mais tout le monde mange des cordons bleus, tout le monde mange des barres chocolatées et cetera. Quelle alternative ? Et et ça pour moi c'est crucial, c'est quand on n pas le choix.
Si on peut pas aller manger là, où est-ce qu'on va manger ? Et une dernière chose parce qu'on parlait du pouvoir des politiques, de la volonté, au Québec en 2021, il y a une commune où le le maire de la ville a voulu empêcher l'installation de restauration dite de Malbouffe dans un périmètre de 750 m autour des écoles. Ça a été, il s'est fait attaquer en justice par notamment McDo puis des enseignes canadiennes, Orton et cetera.
Ça s'appelle le zonage hein. Euh et on lui a donné raison pourquoi et je lisais une étude qui donne les chiffres. Quand un établissement de restauration rapide, malbouffe et cetera est dans les 750 m autour d'un périmètre d'établissement scolaire, il y a 50 fois plus de chances que les gamins ils mangent deux fois par semaine ou plus.
H et on sait très bien que moi, j'habite dans le 11e à Boboland. Alors pour le coup, j'ai le choix hein pour manger. J'ai du vin nature, j'ai des brasseries, j'ai des kebabs, j'ai des tacos.
J'ai absolument tout. Et j'habite près de la rue de la Roquette. Rue de la Roquette, il y a un lycée technique et il y a toute l'offre jusqu'à 2 4h du matin de reste de malbouffe et cetera.
Malbouffe entre guillemets. J'aime pas diaboliser les aliments comme on dit. C'est la dose qui fait le poison.
Merci de de l'avoir rappelé. Et donc moi je vois le midi, c'est que des ados quasiment et des ouvriers qui mangent là-bas et c'est quasiment que des garçons et ça on l'a pas dit. Oui, c'estd que on parlait des des femmes des mères et voilà que moi je le vois et j'écris aussi des livres sur le genre et l'alimentation et donc pour finir répondre à votre question, il y a aussi cette symbolique de la fast food comme un espèce de liberté ou en tout cas certains plats vu comme de la malbouffe comme un espèce de liberté mais aussi quelque chose qui est profondément geré.
C'est pas moi qui le sort de ma tête hein, c'est les études qui montrent que et on sait qu'aujourd'hui les hommes boivent plus, les hommes mangent plus gras, plus sucré, salé que les femmes, mangent beaucoup plus de viande rouge, prennent plus de risques et sont beaucoup moins réceptifs au message de santé publique. Et donc je pense que c'est aussi par là qu'on devrait prendre le problème. Ce sont des hommes majoritairement effectivement qui vont dans ce type d'enseigne.
Alors peut-être pas toutes mais en tout cas typiquement le tacos et le kebab c'est assez c'est assez parler de l'équipe de l'équipe garçon de foot. Ouais, je jouais pas chez les du coup. Non non non non mais l'équipe féminine de basket je suis pas sûr qu'elle maintenant maintenant maintenant attention ou de rugby maintenant on va on va tous les faire euh aille aille dans donc il y a il y a bien sûr qu'il y a des stéréotypes et ce qui se monsieur le maire le le rappelait aussi tout à l'heure c'est que c'est c'est tout ça c'est des marqueurs sociologiques.
C'est-à-dire que euh il y a quelques années, on avait déjà parlé de Saint-Touin quand il y avait eu une pétition de la part de certains habitants pour qu'un picard hm ah oui euh surgelé vienne s'installer à Saint-Toin parce que ça voulait dire que il y avait la même offre qu'à Paris à Paris et donc ça voulait dire que Saint-toin faisait partie de cet espace-là. On parlait des kebabs tout à l'heure tout ça rejoint la question de la gentrification. Ouais ou ou aussi de de marqueurs territoriaux.
C'est-à-dire que dans certains centres-villes euh quand la ville est en déclin, on nous dit "Ah de toute façon, il y a plus que des kebabs." Quand on nous dit il y a plus que des kebabs, ça veut dire que la ville est perçue comme étant en train de se popériser et tout le monde a ses codes dans la tête et on voit en fonction des enseignes, ça vaut pour la restauration comme pour d'autres types de commerce, comment tout ça marque aussi euh un territoire. Alors quand c'est mixte on fait pas la différence mais c'est y a des enjeux aussi très forts.
Je ce que vient dire Forquet ça a présidé aussi à votre décision. Oui. Et sur le fait que depuis longtemps on se bat pour que la sécurité alimentaire comme vous l'évoquez madame soit cause nationale.
H et si on décrétait cause nationale concrètement un les maires qui sont en contact avec les maires sont les responsables des écoles élémentaires. H pas au niveau du contenu mais au niveau du contenant. H donc on en travaille directement avec l'éducation nationale.
Donc si les maires avaient le pouvoir le pouvoir au même titre que l'aménagement, la construction de pouvoir avoir le mot final sur tout type d'installation de commerce, déjà le projet politique serait plus simple à mettre en place au regard de la sécurité alimentaire. Deuxièmement, mais vous avez le pouvoir de de ce que mangent les les élèves à la cantine ou pas ? Non mais là alors ça c'est le deuxième élément, c'est l'aspect éducatif que ce soit au niveau scolaire ou périscolaire.
Quand euh monsieur Camara évoquait euh l'aspect euh économique, Oui. et madame lui opposait toute une question de fréquence. Mais le toute une question de fréquence, c'est éducatif.
On l'apprend le tout jeune âge. Comme il y a l'éducation alimentaire, il y a l'éducation civique, il y a l'éducation culturelle, il y a l'éducation euh patriotique et ça ça s'apprend entre 5 et 6 7 ans. Savoir que effectivement faut manger des légumes, faut faut boire, faut s'hydrater, faut faire du sport et cetera et cetera et cetera.
Et malheureusement malheureusement le lien avec l'éducation nationale, l'aspect socio-éducatif et tout de suite tout de suite nous renvoie ben aux inégalités sociales parce que lorsque vous êtes issu de familles euh très pauvres, il n'y a pas le niveau d'éducation malheureusement pour pouvoir transmettre cette éducation alimentaire et on le voit le sujet ne devient plus uniquement économique mais socio-éducatif. et sur je terminerai là-dessus sur l'aspect euh sur l'aspect économique. Oui, a un vrai sujet du pouvoir d'achat.
Je pense notamment aux jeunes ou jeunes étudiants, ce qui renvoie au condition de la précarité des jeunes étudiants. Premier problème, le logement, ensuite se nourrir et derrière comment les départements et les régions qui sont de plus en plus dans une situation budgétaire compliquée pour pouvoir apporter des aides très concrètes pour faire en sorte que nos étudiants ne se paérisent plus puissent avoir les moyens de cette ambition. Donc la sécurité alimentaire cause nationale.
Je peux donner juste un chiffre vraiment juste un chiffre juste pour illustrer ça. Euh le la ville de Strasbourg a accueilli le la cérémoué des Michelins en 2023. Elle a dépensé 390000 € pour la cérémonie.
Il y a un établissement scolaire sur 5 qui n'a pas de quantité scolaire et il n'y a pas de tarification sociale en Alsace. H voilà où va l'argent public. Voilà.
Bah nous on travaille sur la cuisine centralisée là-dessus et puis c'est dommage c'est dommage qu'il faille des buz qui polarisent les réseaux sociaux pour qu'on parle d'alimentation parce que il y a vous l'avez mentionné monsieur des groupes plus de 20 en France qui ont lancé la sécurité sociale de l'alimentation à plus de 80 pardon mon chiffre est pas à jour plus de 80 groupes qui ont lancé la sécurité sociale de l'alimentation et pendant que ça s'embrase sur des thèmes très émotionnels, il y a des français partout sur le territoire qui agissent pour le droit à bien manger de toutes et tous et je crois que enfin Enfin, c'est quand même enfin on peut terminer cette émission de manière optimiste en pensant à ça, ces sécurités sociale de l'alimentation puisque c'est des citoyens qui ont compris à quel point l'alimentation est au confin de tous les enjeux qu'on a mentionné pendant ce débat et qui veulent créer un une approche démocratique de l'alimentation qui rémunère justement les producteurs parce que là on parle des banlieux mais on aurait pu aussi faire cette émission sur les agriculteurs et on aurait eu le même genre de débat mais on les a ces débats là sur les agricultures. On les fait aussi d'ailleurs assez ce soir bien sûr plus souvent. Non, mais c'est vrai et et et en fait finalement il y a une convergence des luttes sur le droit à bien manger et c'est ce que la sécurité sociale de l'alimentation c'est sur ce sur quoi il travaille.
Je on a encore un peu de temps, c'est vous voulez conclure l'émission mais à la camara ce droit à bien manger, est-ce qu'il a été aussi au cœur de vous de votre de votre engagement de créateur de contenu ? Euh c'est comme je vous l'ai dit tout à l'heure, en fait, nous dans la création de contenu qu'on fait, on fait en sorte de pouvoir toucher tout le monde. Donc on va pouvoir parler à des jeunes qui ont 18 ans, qui commencent un peu à avoir de l'argent de poche et qui veulent aller manger dehors.
On va aussi euh avoir un gros message de représentation en disant aux gens que euh bah vous pouvez aller manger dans certains lieux, dans certaines adresses ou bah certains où vous ne pensez pas que vous avez votre place. Exactement. Vous ne pensez pas que vous avez votre place parce que c'est pas moi qui le dit, c'est des personnes qui que je rencontre au quotidien qui me disent "Ah bah tu es parti chez Cédric Grôet." Bon, je pensais que c'était que bah sur l'avenue opéra quand je vois les photos, les vidéos.
J'ai pas l'impression que moi j'ai le droit d'y aller mais en fait ils peuvent y aller. J'ai déjà parlé aussi avec Cédric Golé pendant une trentaine de minutes qui était super gentil, super cool qui m'a accueilli à bras ouvert. Donc en fait euh faut juste avoir envie de faire un peu de queue quoi.
Faut juste faire la queue sur le trottoir quand même. En fait tout tout le monde a le droit tout le monde a le droit de bien manger. C'est le le problème c'est surtout le pouvoir d'achat.
Aujourd'hui euh dans le contenu qu'on fait, on va aussi tester comme je vous ai dit des trucs des des adresses très luxueuses comme des euh des choses très simples. Et en fait aujourd'hui euh faut faire faut le message que j'ai envie de faire passer aujourd'hui, c'est euh quelles sont les solutions pour que certaines personnes puissent aller dans ce genre d'endroit ? comment, quelles sont les solutions pour que certains jeunes puissent du coup euh euh pouvoir comment certaines personnes peuvent euh manger, on va dire, mieux avec un budget qui est raisonnable.
H euh et aujourd'hui ce qu'on voit aussi qui est vraiment déplorable et qui qui fait très mal au cœur, c'est que dans les maraodes qu'on peut faire bah de manière assez assez régulière, c'est que bah c'est toujours la même chose qui en ressort, c'est des enseignes aussi comme Master Poulet ou d'autres des anciennes de fast food qui nous disent "Bah tenez, vous voulez distribuer des repas, euh nous on a de quoi vous passer un grand nombre de repas pour que vous puissiez alimenter les gens." Donc ce qui est dommage, c'est peut-être que ces grands restaurants là, je ne sais pas si il ferait autant pour les jeunes. Donc c'est pour ça que j'ai dit je dis aujourd'hui que c'est dommage de vouloir opposer ces enseignesl on peut tous faire du bien pour la population et il faut le faire et c'est au politique aujourd'hui de faire en sorte que tout le monde puisse s'alimenter du mieux possible.
C'est intéressant Frédéric dans les de vous le savez, vous écrivez dessus, vous travaillez dessus, mais à quel point l'alimentation est politique ? Ah bah et à quel point elle est le cœur euh surtout en France enfin on est un pays de bouffe. Cette bouffe est issue de notre diversité de paysage du travail des agriculteurs.