Les vacances pour tous avec Benjamin Lucas et Cécile Cottereau
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:48OuverteRéponse directe
Pourquoi les vacances ont-elles une telle importance dans nos vies ?
- 1:28OuverteRéponse directe
Le lien social, c'est l'essentiel, Benjamin Lucas ?
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Cécile Cotreau, vous avez participé à une vaste étude menée par la Fondation Jean Jaurès. Il en ressort aussi qu'être en vacances, c'est d'abord être comme tout le monde.
- 2:51OuverteRéponse directe
Benjamin Lucas, est-ce que vous pensez que c'est aussi le miroir de l'état de notre société en fait ?
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Cécile Cotreau, effectivement, on part beaucoup en famille, en fait, quand on ne peut pas partir.
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Vous, à Lunat, vous proposez 1 400 hébergements. C'est ce que vous constatez, effectivement, cet été ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« 35 à 40% des Français vont rester chez eux. »
- 2:21PrésentateurFait
« Il en ressort aussi qu'être en vacances, c'est d'abord être comme tout le monde. »
- 3:58AuditeurFait
« depuis plus de dix ans, avec la retraite que je touche, je ne peux pas me permettre de partir en bord de mer ou à l'étranger. »
- 5:08InvitéFait
« Ils partent un peu moins longtemps, un peu moins loin, dans des hébergements un peu moins chers. »
- 5:46InvitéChiffre
« les gens qui ne partent pas en vacances, c'est un sujet qui plafonne depuis quelques années. En fait, on est autour de 40% depuis assez longtemps. »
- 6:10PrésentateurFait
« Le 19 juin, six députés de l'ANUP dont vous faites partie, Benjamin Lucas, ont déposé à l'Assemblée nationale une proposition de loi d'urgence afin d'instituer, je cite, une vraie politique publique des vacances. »
- 6:43Invité politiqueFait
« il ne suffisait pas de libérer du temps, il ne suffisait pas de réduire le temps de travail. Encore fallait-il accompagner cette libération du temps d'une grande ambition émancipatrice. »
- 6:55Invité politiqueFait
« C'est ce qui a conduit au développement des auberges de jeunesse, des mouvements d'éducation populaire, des billets annuels de congés populaires. »
- 7:00Invité politiquePromesse
« nous, nous posons ici un certain nombre de propositions d'urgence sur les péages gratuits pour faire ruisseler un peu les super profits des grandes compagnies autoroutières »
- 7:08Invité politiquePromesse
« permettre des départs à moindre coût en train. »
- 8:37PrésentateurChiffre
« Autrefois, les colonies de vacances permettaient un certain brassage social. Il y avait 4 millions d'enfants qui en profitaient l'été. Ils ne sont plus qu'un million. »
- 9:52PrésentateurChiffre
« la secrétaire d'État chargée de la Jeunesse affirme que l'aide de 200 euros versée l'an dernier a permis de former 27 000 animateurs. »
- 10:08InvitéChiffre
« Le BAFA, ça coûte cher. Entre 800 et 1 000 euros. »
- 10:40PrésentateurChiffre
« on était à 25 euros par jour. »
- 12:52PrésentateurChiffre
« plus d'un Français sur deux avec des enfants renoncent aux vacances par manque de moyens »
Temps de parole
- Invité38 %
- Benjamin Lucas35 %
- Présentateur23 %
- Auditeur4 %
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Vous êtes peut-être en train de compter les jours ou les dodos comme font les enfants qui vous séparent de vos vacances, mais vous n'allez pas forcément partir. 35 à 40% des Français vont rester chez eux. C'est un chiffre en hausse cette année. Alors pourquoi cette parenthèse est-elle si essentielle ? Comment réduire cette inégalité pour se rapprocher des vacances pour tous ? Quelles sont les solutions qui existent déjà et comment les optimiser ? Vos témoignages, vos questions, vos astuces aussi sont les bienvenus au standard. 0145 24 7000. Pour dialoguer avec vous, Cécile Cotreau, la déléguée générale de l'UNAT, l'Union Nationale des Associations de Tourisme et de Plein Air. Bonjour.
Bonjour. Et nous sommes aussi avec Benjamin Lucas, député écologiste des Yvelines, membre de la NUP, qui vient de déposer une proposition de loi pour réduire ces inégalités. Bonjour.
Bonjour.
D'abord, pourquoi les vacances ont-elles une telle importance dans nos vies ? Je vous pose la question, Cécile Cotreau.
Eh bien, d'abord, les vacances, c'est un moment très important pour les Français d'un point de vue individuel. C'est un moment de déconnexion par rapport au quotidien. C'est un moment de repos bien mérité, un temps qu'on consacre à sa famille et ses amis. C'est ce qu'ils nous ont répondu principalement dans l'enquête qu'on a menée. C'est aussi un temps très important collectivement pour la société. Dans un moment où on vit des tensions très fortes, le départ en vacances, c'est aussi un moyen de faire baisser la pression et de tisser du lien social. Et je crois que c'est un élément très important dans la période qu'on vit. Le lien social, c'est l'essentiel, Benjamin Lucas ?
Oui, et puis le lien avec soi-même, la possibilité de se mettre un peu en pause, de s'émerveiller, de se reposer, de se réparer après une année de travail ou autre. C'est le moment où on se reconnecte aussi avec soi-même. Et ça ne doit pas être un privilège aujourd'hui réservé à quelques-uns. Et c'est une inégalité qu'on ressent dès le premier jour de la rentrée scolaire, par exemple dans une classe. La classe se coupe en deux, parce que la première question que vous posez à vos petits camarades de classe, on se les posait des dizaines de fois les uns et les autres, c'est « Et toi, tu as fait quoi pendant les vacances ?
» Et là, la classe se coupe en deux entre ceux qui ont pu partir, s'émerveiller, se reposer, s'épanouir, découvrir. Et les autres, il y aurait beaucoup à dire aussi sur ce que coûte le non-départ en vacances, en termes de ce que la sédentarité produit, comme tension dans les familles, comme dépression, comme perte de confiance en soi aussi. Donc c'est vraiment un sujet, je crois, essentiel.
Cécile Cotreau, vous avez participé à une vaste étude menée par la Fondation Jean Jaurès. Il en ressort aussi qu'être en vacances, c'est d'abord être comme tout le monde.
Oui, tout à fait, ça c'est un élément important. C'est ce que vous veniez de dire, les vacances ont une forme de norme sociale, que ce soit à l'école ou au travail, c'est la conversation principale du moment, et effectivement à la rentrée, et d'être privé de ce départ en vacances, c'est clairement ressentir une forme d'exclusion, de quelque chose qui permet de se sentir comme tout le monde, d'appartenir à un vrai collectif, de faire une expérience commune et de pouvoir la partager.
Benjamin Lucas, est-ce que vous pensez que c'est aussi le miroir de l'état de notre société en fait ?
Oui, bien sûr, les vacances sont un phénomène social qui est le réceptacle des tensions sociales, de la façon aussi dont on a changé nos modes de consommation, nos modes de vie, etc. C'est vrai, et donc aussi un révélateur de ce que sont les inégalités aujourd'hui, et des inégalités qui vont jusque dans ce moment, qui est un moment de répit, un moment de repos. Moi je crois que de l'avoir un accès égal, ça fait un peu nier de le dire comme ça, mais au beau, à l'émerveillement. Voilà, vous n'avez pas la même année qui arrive derrière quand vous avez pu respirer, quand vous avez pu vous émerveiller devant la nature, devant un musée, ne serait-ce qu'un autre environnement que le vôtre.
On va prendre un premier appel, c'est celui de Christian, bonjour. Oui, bonjour. Soyez le bienvenu, nous vous écoutons.
Je vous appelle de Strasbourg, voilà, moi je suis en retraite depuis une dizaine d'années, j'étais technicien aux hôpitaux universitaires de Strasbourg, technicien biomédical. Oui. Bah écoutez, depuis plus de dix ans, avec la retraite que je touche, je ne peux pas me permettre de partir en bord de mer ou à l'étranger. Donc je me contente d'aller chez ma sœur à Romorantin, en Sologne, et ça s'arrête là, quoi, en fait. Finalement, je regrette de ne pas m'avoir travaillé à la SNCF, parce qu'aujourd'hui, je pourrais voyager en train gratuitement, quasiment gratuitement.
Merci Christian, en tout cas, vous gardez votre sens de l'humour. Cécile Cotreau, effectivement, on part beaucoup en famille, en fait, quand on ne peut pas partir. Si on a la chance d'avoir la famille un peu plus loin.
C'est vrai que l'hébergement chez les proches, la famille, les amis, c'est un moyen, en fait, de répondre à ce frein financier pour le départ en vacances. Et ce moyen, il a augmenté par rapport à l'année dernière, on peut le voir. Mais il y a aussi des aides qui existent pour ne pas partir en vacances.
On va y venir. Mais aujourd'hui, on essaie de trouver des astuces pour partir quand même. Si on a un petit budget, par exemple, on décale ces vacances. On voit qu'il y a de plus en plus de monde, là, en ce moment, début juillet.
C'est vrai que ce qu'on constate, c'est que l'inflation, elle a moins joué sur le fait de partir ou pas. C'est un moment qui est tellement important pour les Français qui l'ont préservé. Mais par contre, ils ont changé leurs habitudes sur la manière de partir en vacances. Ils partent un peu moins longtemps, un peu moins loin, dans des hébergements un peu moins chers. Et comme on l'a dit, chez des proches, pour limiter les frais.
Vous, à Lunat, vous proposez 1 400 hébergements. C'est ce que vous constatez, effectivement, cet été ?
C'est une tendance qui s'accentue ? Alors, ce qu'on constate, c'est qu'effectivement, après le Covid, les vacanciers sont de retour. Donc, les gens, ils ont envie de partir. Ils sont là. Mais c'est vrai que sur des durées un peu moins longues, avec des contraintes financières plus fortes, c'est sûr que l'inflation, elle pèse. Est-ce qu'il y a beaucoup de personnes qui partaient jusqu'à présent et qui renoncent ou qui reviennent moins souvent chez vous ? Alors, là, de ce point de vue-là, je pense que c'est assez stable. C'est-à-dire que les gens qui ne partent pas en vacances, c'est un sujet qui plafonne depuis quelques années. En fait, on est autour de 40% depuis assez longtemps.
C'est ça, tout à fait. Et donc, nous, ce qu'on a voulu tester, c'est si l'inflation venait aggraver ça, et d'une certaine manière un peu, mais pas tant que ça. Ça veut dire que les inégalités, elles sont assez profondément ancrées, finalement, et depuis longtemps. Et que donc, c'est sur la durée, sur le long terme et sur les choses de fond qu'il faut travailler.
Le 19 juin, six députés de l'ANUP dont vous faites partie, Benjamin Lucas, ont déposé à l'Assemblée nationale une proposition de loi d'urgence afin d'instituer, je cite, une vraie politique publique des vacances. Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
Que ça doit être, aujourd'hui, le droit aux vacances, un objectif politique prioritaire. Et qu'en réalité, on doit reprendre, renouer le fil tendu par Léo Lagrange et le Front populaire il y a 83 ans, qui avait compris qu'il ne suffisait pas de libérer du temps, il ne suffisait pas de réduire le temps de travail. Encore fallait-il accompagner cette libération du temps d'une grande ambition émancipatrice. C'est ce qui a conduit au développement des auberges de jeunesse, des mouvements d'éducation populaire, des billets annuels de congés populaires.
Et donc, nous, nous posons ici un certain nombre de propositions d'urgence sur les péages gratuits pour faire ruisseler un peu les super profits des grandes compagnies autoroutières qui sont quand même mises plein les poches ces derniers mois et ces dernières années. Faire évidemment avec le train, le député écologiste que je suis, est très attaché au transport collectif et donc permettre des départs à moindre coût en train. Aujourd'hui, ça pèse énormément les transports sur le budget des familles.
Pardon, juste sur le train. Il y a un petit effort qui est fait aussi par la SNCF et par l'État pour des voyages à prix réduits. Il y a des intercités à 19 euros cet été.
Bien sûr, mais je ne dis pas qu'il n'y a pas d'effort. Je pense qu'il faut aller plus loin.
Oui, c'est pour dire qu'il y a quand même des choses qui existent.
Bien sûr, bien sûr. Après, vous avez aussi des difficultés sur les départs collectifs où beaucoup d'associations nous expliquent que c'est plus difficile maintenant de réserver pour des groupes avec la SNCF. Il y a aussi des choses qui ne relèvent pas de la loi, qu'il faut améliorer rapidement. Mais le non-départ en vacances, ce n'est pas simplement une question de moyens. Nous, on s'est intéressé à cette question d'urgence. C'est aussi un apprentissage parce que quand vous n'êtes jamais parti en vacances de votre vie, faire une valise, se projeter ailleurs que chez soi, c'est compliqué. Et donc, il faut aussi accompagner les associations, les mouvements d'éducation populaire.
Le droit aux vacances, ce n'est pas simplement une affaire de moyens. C'est aussi une affaire d'offre de tourisme. Et ça, Lunat en parlerait mieux que moi. Et c'est aussi une question d'accompagnement. Et je l'ai dit, une question, pourquoi on disait une politique publique des vacances ? Il faut une vraie ambition politique pour faire du droit aux vacances, qui jusque-là est proclamé comme un objectif national dans la loi de 1998 contre les exclusions, en faire un vrai droit et que les pouvoirs publics se mettent autour de la table. Il y a des collectivités locales qui font beaucoup. J'étais il y a quelques mois à Poitiers avec la maire Léonore Monconduit, qui fait beaucoup.
Ces collectivités, ces associations, elles ont besoin d'être accompagnées aujourd'hui par l'État.
Autrefois, les colonies de vacances permettaient un certain brassage social. Il y avait 4 millions d'enfants qui en profitaient l'été. Ils ne sont plus qu'un million. Pourquoi, par exemple, Cécile Cotereau ? Vous, vous en avez des colonies de vacances ?
Oui, bien sûr, on a des colonies de vacances. Et ce que je veux dire, c'est que c'est vrai que par rapport à un certain âge d'or, dans les années 60-70, le nombre de colonies de vacances a baissé, mais que la tendance est plutôt positive. Et ça date d'avant le Covid. 2019, c'était une des meilleures années en termes de fréquentation. Donc, on est plutôt sur un regain d'intérêt qu'une tendance qui continue à baisser. Il faut le valoriser. Parce que nous, on croit vraiment que les colonies de vacances, c'est des outils exceptionnels pour les enfants.
Pour l'émancipation des enfants aussi. Pour l'émancipation.
Ils ont grandi. Quand on les récupère après une semaine ou deux semaines de colo, en général, on les trouve un peu changés. Parce que c'est des temps d'émancipation, d'autonomie, d'apprentissage qui sont incroyables. Puis là encore, c'est un vrai lieu de mixité sociale. C'est un vrai lieu de brassage. Il n'y en a plus tant que ça dans notre société. Et je pense qu'il faut continuer à les défendre. Et effectivement, pour ça, à la fois les aider à partir, ces enfants en vacances, et puis aider ceux qui les accueillent, les hébergeurs de l'économie sociale et solidaire notamment.
Alors justement, le problème, c'est la formation au BAFA, au brevet d'animateur, encore trop chère. Pourtant, la secrétaire d'État chargée de la Jeunesse affirme que l'aide de 200 euros versée l'an dernier a permis de former 27 000 animateurs. C'est vrai que ça coûte cher de se former au BAFA ?
Oui, c'est vrai. Alors d'abord, il faut aussi dire qu'il y a eu un petit trou d'air lié au Covid. Il y a eu deux ans où il n'y a pas eu de formation pour les animateurs. Donc ça pèse maintenant. Ça va probablement se réguler. Oui, le BAFA, ça coûte cher. Entre 800 et 1 000 euros. Pour des jeunes de stagiaire, c'est très cher. Alors il y a des aides. Elle a annoncé, madame Lairie, une augmentation des aides. C'est un très bon signal. Il y a aussi des aides au niveau de la mairie, au niveau des régions, au niveau des départements, au niveau des caves. Donc il y a vraiment des choses qui sont possibles, mais probablement que c'est un peu complexe.
Et il faut encore pousser ça, et notamment valoriser sans doute davantage le fait d'être un animateur. Alors dans la rémunération, c'est une chose importante.
Dans la rémunération, c'est assez catastrophique quand même, parce qu'on était à 25 euros par jour. Oui, c'est ça. Et on va passer à 50 euros bruts par jour. Ce qui est quand même très, très bas.
Oui, alors ça a une histoire, ça. C'est l'histoire de l'éducation populaire, avec des enfants qui partent en colonie de vacances, puis qui deviennent animateurs après, et qui ont l'impression de rendre un peu aussi ce qu'ils ont reçu. Donc une notion d'engagement, et pas qu'un travail comme les autres. Mais je crois que cet engagement, il n'a pas disparu, mais qu'effectivement, il faut davantage le valoriser. Donc en termes salariales, c'est une chose. Mais aussi en termes de reconnaissance dans le parcours. Il faut qu'être animateur, ça puisse apporter des choses dans son parcours scolaire, dans son parcours professionnel.
Et puis par ailleurs, nous, on est évidemment très favorables à la revalorisation de leur rémunération. Mais il faut aussi, en face, qu'on accompagne les associations qui accueillent ces colos. Parce qu'une fois qu'on a payé la facture d'électricité qui coûte 30% plus cher, qu'il faut revaloriser ses salaires, et que notre raison d'être, c'est de permettre des tarifs accessibles pour ces colos, bon, ça finit par devenir compliqué. Donc il y a aussi besoin que l'État s'occupe de ceux qui accueillent des colonies de vacances pour qu'on continue à avoir des tarifs accessibles pour que le plus grand nombre puisse partir. Benjamin Lucas ?
Oui, moi j'ai proposé il y a quelques semaines de cela qu'on réoriente les crédits prévus pour le service national universel vers le soutien au monde associatif au mouvement d'éducation populaire. Si on considère qu'on a aujourd'hui besoin de recréer un pacte républicain, vous l'avez dit, les colonies de vacances, elles sont ce moment d'émancipation, le départ en vacances, ils concourent finalement à apaiser aussi la société. Alors on doit donner à ceux qui savent faire au mouvement d'éducation populaire, au monde associatif, les moyens de faire ce qu'est leur vocation et ce qu'est, vous l'avez dit, leur engagement. Pour ça, il y a effectivement besoin de moyens.
Il n'y a pas seulement besoin de moyens, vous l'avez dit, sur la reconnaissance, sur la valorisation, sur aussi les discours qu'on peut porter sur le départ en vacances et sur la société. Mais je pense qu'il y a besoin aujourd'hui d'un investissement massif pour l'éducation populaire et le monde associatif.
Oui, nous ce qu'on voudrait, c'est qu'on puisse institutionnaliser le fait que tous les enfants avant le collège puissent partir au moins une fois en classe découverte et une fois en colo, avec l'aide d'un passe-colo par exemple, et qu'il soit accessible pour les familles modestes, mais aussi pour les classes moyennes, pour justement qu'on puisse maintenir cette question de mixité.
Dans une étude publiée hier par la fondation Jean Jaurès, on s'aperçoit que plus d'un Français sur deux avec des enfants renoncent aux vacances par manque de moyens et ils sont autant à en cacher les raisons à leurs proches. C'est vécu comme une humiliation,
Cécile Cotreau ? Ça, c'est un chiffre vraiment très marquant, le fait que ceux qui renoncent à partir, il y en a la moitié qui n'en parlent pas à leurs proches, il y en a 11% qui disent qu'ils sont partis alors que ce n'est pas vrai. Donc, ça rejoint ce qu'on disait tout à l'heure, il y a un sentiment de honte sociale par rapport à ce non-départ et un sentiment d'exclusion. Et donc, pouvoir être comme tout le monde, pouvoir vivre et pas seulement survivre, pouvoir profiter des fruits de son travail, je pense que c'est quelque chose d'indispensable aujourd'hui. Oui, Benjamin Lucas, c'est pour ça que vous voulez l'inscrire dans la loi.
Oui, ce chiffre est le monde que ce n'est pas simplement une politique sociale, le droit au vacances, ce n'est pas simplement un supplément d'âme en matière de dignité, c'est un vrai objectif démocratique aujourd'hui. On ne peut pas expliquer, on ne peut pas vouloir faire société, parler de liberté, égalité, fraternité comme des mots gravés au fronton de nos mairies et ne pas leur donner une traduction concrète. Et dans la traduction concrète, il y a l'idée que chacune et chacun puisse profiter de ce temps de repos, de répit, de bonheur, de loisir qui est quand même une base aussi pour que la société aille bien.
Je le disais tout à l'heure, mais quand des familles restent entassées dans des petits appartements avec des canicules qui se répètent et qui vont se répéter de plus en plus, ça nourrit des tensions, ça fait des gamins qui perdent confiance en eux avant la rentrée scolaire, ça fait des familles qui sont épuisées et ça fait un temps de vacances qui est un temps uniquement proclamé formel mais qui n'existe pas dans la réalité de leur vécu.
Une dernière question sur le maire du Blanc-Ménil en Seine-Saint-Denis. La ville a décidé d'annuler sa plage d'été et ses activités prévues pendant trois semaines pour réaliser des économies qui serviront à payer les dégâts causés par les violences urbaines. Benjamin Lucas.
C'est un sale type. Je n'ai pas d'autres mots. J'ai à priver des gamins, des familles qui ne pourront pas partir en vacances d'un dispositif qui permet d'avoir un peu de répit, un peu de bonheur dans la journée, de s'aérer, de se baigner un peu et de compenser le fait qu'on ne parte pas de chez soi mais au moins de pouvoir à quelques mètres de son appartement, de son logement profiter de l'été. Franchement, ce n'est même pas démagogique. C'est vraiment une proposition qui est sale, qui est moche et qui, je pense, fait du mal à ce qu'est notre pacte républicain.
Merci beaucoup. Merci à vous deux d'avoir été les invités du 13-14. Cécile Cotrou de Lunat et députée écologiste des Yvelines. Benjamin Lucas. Bonne journée à vous deux. Merci. Merci.
Benjamin Lucas