Faut-il annuler tous les feux d’artifice ? / Réseaux sociaux : faut-il une restriction d'âge ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Place maintenant à Quentin Barbasa. Quentin Barbasa, ça réagit au 0826 300 300. Vous nous rappelez, vous avez fait des choix actu. Allez-y. Bien sûr, Fédéric, on va encore parler de ces incendies, ces fortes chaleurs, ces incendies qui frappent notamment aux portes de Paris, dans la forêt de Fontainebleau. Et là, il y a un événement, vous le savez tous, demain, la fête nationale, avec ces fameux feux d'artifice. À Paris, ce sera ce soir, parce que demain, ils vont rendre hommage pour les attentats de Nice, les 10 ans. Alors, faut-il annuler tous les feux d'artifice, ou les réinventer ?
En raison des risques d'incendie et de forte chaleur, de nombreuses villes annulent les feux d'artifice organisés d'ordinaire pour le 14 juillet. C'est le cas notamment à Nantes, Montpellier, Nîmes, ou même encore au Cap d'Agde. Alors, faut-il tous les feux d'artifice les annuler ou quand il y a des vigilances rouges à la canicule ? Aviez-vous prévu d'aller voir un show pyrotechnique et finalement, il est annulé ? Venez réagir avec nous. Dites-nous vos réactions sur ces annulations. C'est sur Sud Radio 0826 300 300. Bon, au Cap d'Agde, ça sera toujours la fête, de toute façon, quoi qu'il arrive, bien sûr. Alors, êtes-vous pour, êtes-vous contre l'annulation ?
Alors, est-ce que c'est pour ou est-ce que c'est contre ? Après, il y a contraint et forcé. Vous avez des auditeurs en ligne ? Oui, bien sûr, on va recevoir Frédéric de Paris. Bonjour Frédéric.
Bonjour Frédéric.
Très, très beau prénom Frédéric. Exactement. Bon, Frédéric, vous, quelle est votre première réaction quand vous avez vu tous ces feux d'artifice décalés ou même, pour la plupart, dans les grosses villes, annulés à cause de ces fortes chaleurs et ces incendies ? Eh bien, moi, je pense... Ah non, c'est pas moi. Allez-y, Frédéric.
Pour moi, c'est une décision de bon sens. Je connais bien les services de sécurité en France. Je connais bien les sapeurs-pompiers de Paris. À Paris, les sapeurs-pompiers qui sont sous effectif chronique travaillent énormément actuellement. Leur garde de 24 heures se transforme en garde de 48 voire de 72. Il y a beaucoup de malaises. Il y a beaucoup de gens à récupérer sur la voie publique ou beaucoup de personnes à récupérer à leur domicile, notamment les ressources âgées. En province, il y a essentiellement des volontaires. Il ne faut pas l'oublier. Ces volontaires, actuellement, dans beaucoup de régions, sont concentrés sur les incendies de forêt.
Mais ils ont aussi des malaises, comme à Paris, sur la voie publique. Des personnes âgées, ça encombre énormément le service hospitalier. Il y a un risque évident, qui est l'échelleur que nous connaissons, que des gens à l'extérieur, debout, qui attendent un feu d'artifice pendant une heure, feu d'artifice qui va durer 30 minutes, que ça génère des malaises, que les pompiers doivent encore intervenir. Il y a des risques d'incendies derrière, surtout dans le sud, et pas que dans le sud, parce qu'on voit la forêt de Fontainebleau qui brûle, la végétation est vraiment à un niveau maximal de risque. C'est une bonne décision.
Et Frédéric, une double sanction en plus, puisque vous le dites, vous connaissez bien les sapeurs-pompiers, traditionnellement, et notamment à Paris, le 13 juillet au soir, ils ont leur bal, le bal des pompiers, qui est une institution.
Exactement. C'est une institution qui a, je crois, pas loin d'une centaine d'années maintenant. C'est une fête pour tous les Français, pour tous les Parisiens, pour tous les gens qui ont accès à une caserne de sapeurs-pompiers chez eux. C'est vrai, c'est une belle fête. Seulement, voilà, il y a des choix à faire. Le général qui commande la brigade des sapeurs-pompiers de Paris a fait un choix. Il sait que ces hommes sont en limite de charge. Ils sont très fatigués. Il y a des risques. Et plus les hommes sont fatigués, plus il y a des risques d'accident. Chez les hommes, les hommes et les femmes, les sapeurs-pompiers de Paris, ont rajouté le soir du 14 juillet. C'était l'élément de trop.
Il a fait un choix. Et il a eu raison. Et beaucoup des sapeurs-pompiers de Paris ont soufflé à l'annonce de cette décision. Même s'ils sont tristes, bien sûr. Ils avaient commencé depuis plusieurs semaines. Ils avaient commencé à préparer cette fête. Bien sûr qu'ils sont tristes. Mais ils comprennent, eux, qu'il y a un moment, il faut savoir dire non. Il faut savoir s'arrêter.
La sagesse. Autre sage ? Peut-être 0826-300-300, Quentin Barbasa ? Non, pas spécialement. On n'a personne d'autre ? Non, on va rester avec Frédéric ? Si, on avait. Ah, on me dit qu'ils vont faire une petite respiration. Ah, d'accord. Parce que je pensais qu'on allait mettre en lien nos deux auditeurs et puis après, on discute avec eux. Ah d'accord, on doit faire ça après. D'accord, très bien. Alors, Frédéric, vous restez bien avec nous et on aura un autre auditeur qui va donner son point de vue et on vous fera échanger justement tous les deux votre ressenti sur cette fête du 14 juillet. A tout de suite.
Sud Radio, parlons vrai.
Nous échangeons avec vous, c'est le principe, de 19h30 à 20h, chaque soir dans les vraies voies de l'été. La question de cette grande fête attendue ce soir le 13 ou demain soir, le 14 juillet, les feux d'artifice a priori dans de nombreux endroits. Ils vont être annulés, tout comme les fameux balles des pompiers. Frédéric de Paris, qui est un proche du monde des pompiers, nous disait qu'il comprenait. D'autres auditeurs avec vous, Quentin Barbaza au téléphone. Oui, au 0826 300 300. On va accueillir Jean-Paul de Toulouse. Bonsoir Jean-Paul.
Oui, bonsoir. Bonsoir à toute l'équipe. Bonsoir Jean-Paul. Merci de me prendre.
C'est nous qui vous remercions. Ne nous remerciez pas, s'il vous plaît.
D'accord.
Quentin, allez-y. Quentin avait une question. Oui, Jean-Paul, vous dites que vous comprenez, c'est ça, les annulations de ces feux d'artifice. Mais par contre, il y a quelque chose qui vous désole, ces achats un peu clandestins. C'est-à-dire que tout le monde peut faire des feux d'artifice un peu sauvages. Et c'est ça, le risque premier, selon vous ? Ah oui.
Donc, oui. Le bon sens doit triompher. Donc, je me place toujours du côté du bon sens. C'est-à-dire que les feux d'artifice sont annulés parce qu'il y a des risques. Ça me paraît normal de les annuler. Je cite l'exemple de Gruissant à côté de Narbonne, où le feu d'artifice est tiré sur l'étang. Donc, s'il n'y a pas de tramontane violente, il n'y a pas de risque à tirer le feu d'artifice. Après, dans les zones où effectivement il fait très chaud, quand il fait encore large, plus de 30 degrés à minuit, il y a des risques au niveau des personnes, des risques des malaises, des choses comme ça. Donc, là aussi, il faut que le bon sens triomphe.
Mais par contre, comme je le soulignais, je vois que des feux d'artifice sont tirés. Bon, il y en a eu il n'y a pas très longtemps pour des matchs ou des événements de ce style. Dans la nuit, on entend, on voit des feux d'artifice qui sont tirés. Je suis dans le parti nord de Toulouse. Et donc, ces feux d'artifice sont en vente libre. Et ceux qui tirent ça n'ont rien à foutre des conséquences qu'ils peuvent avoir. Le meilleur exemple, c'est de voir qu'on peut acheter des bombes, c'est-à-dire des fusées de feux d'artifice qui contiennent un kilo ou plusieurs kilos d'explosifs, et de les acheter, de les utiliser contre les forces de police.
Oui, ça c'est incroyable. C'est incroyable de les avoir en vente libre. Et alors, en fait, ça, je veux dire, ajoute à la peur du risque, finalement. Parce que si le feu d'artifice traditionnel, avec des gens hyper professionnels, maîtrise bien, à la limite, il peut y avoir une réflexion. Mais c'est un appel au feu d'artifice de chacun. Il y a ça aussi, c'est ça Jean-Paul ?
Oui, disons que c'est un appel pour certaines catégories de personnes. Tout ce qu'on qualifie de racailles ne va pas se gêner pour, effectivement, l'utiliser et tirer des feux d'artifice.
Et les pétards, plus généralement ?
Et les pétards, plus généralement. Bon, les pétards, il y a moins de risques, parce que la quantité d'explosifs n'est quand même pas la même. Et si les pétards sont jetés dans la rue, donc ça ne présente pas trop de risques. Alors qu'une fusée, quand elle va tomber, elle peut tomber dans des zones, même dans Toulouse. Je vois, donc, la mairie n'a pas fait des broussailliers à un certain nombre de rues. Pas très loin de chez moi, l'herbe fait plus d'un mètre de haut. Donc, l'herbe est ultra-sèche et ultra-jaune. Donc, si quelqu'un balance un mégot ou des débris de fusée de feux d'artifice, il est clair que ça va partir. Le feu va partir, ça, immédiatement.
Oui, alors ça, depuis Toulouse. Frédéric, vous, à Paris, vous sentez, là, à chaque fois, ce phénomène des feux d'artifice, de chacun de son côté, des pétards, tout ça, ou moins ?
Ah ben si, là, je suis d'accord avec l'auditeur. Bon, j'avais pas entamé cette partie-là dans mon propos. Ici, c'est tous les jours. Moi, pas tous les jours, mais presque. Quand c'est pas pour fêter un mariage en semaine, c'est pour jeter des feux d'artifice sur les portes du commissariat, qui est à quelques centaines de mètres. C'est quasiment presque tous les soirs. Du moins, c'est sûr qu'après chaque match de football, où il y a un certain nombre d'équipes, le commissariat, il sait qu'il va y suyer largement pendant au moins une demi-heure. Là, c'est un sujet qui demanderait de la fermeté politique qui n'existe pas.
Il y a des possibilités pour faire en sorte que les gens ne puissent pas s'approvisionner. Mais pour ça, il faut une certaine fermeté politique. Et je n'ai pas le sentiment que cette fermeté soit présente chez nos politiciens. Parce que ça voudrait dire qu'il faudrait commencer à vouloir interdire un certain nombre de choses. Et on interdit sur le papier, mais dans les faits, on n'interdit pas. On ne fait rien pour que ces interdictions aboutissent à un résultat. C'est toujours les mêmes populations. Le citoyen lambda français respectueux, il sait très bien que ce n'est pas lui qui va l'acheter à mortier pour tirer sur la police.
C'est pas lui qui va acheter à mortier dans un anniversaire à tirer devant la mairie.
Les pétards, les feux d'artifice effectivement sauvages, etc. C'est vrai, c'est important que vous rappeliez aussi cette donnée. Parce que ça ajoute, comme je le disais, à la crainte générale. Quentin, ça réagit aussi toujours ? Oui, bien sûr, ça réagit avec Hervé D'Antoni qu'on va accueillir au 0826 300 300 qui nous attend, qui attend patiemment de donner son avis. Bonjour Hervé.
Bonjour, oui, c'est bonjour.
Bienvenue André D'Antoni dans les Hauts-de-Seine. Hervé D'Antoni. Hervé, j'ai dit quoi ? André. André ? Ah d'accord, non mais c'est Hervé. Donc en fait, vous appelez Anthony et vous habitez à Valérie, c'est ça. Voilà, c'est ça, j'ai tout compris. Hervé D'Antoni, allez-y, votre point de vue.
Mon point de vue, si vous voulez, je ne peux être que d'accord avec Jean-Paul et Frédéric, c'est de bon sens, bien évidemment. Mais c'est vrai que tant qu'on n'aura pas changé l'éducation qui soit plus répressive contre ceux qui mettent les incendies, si vous voulez, mettons un enferme sans possibilité de discuter, si vous voulez, ça continuera. D'autre part, ce n'est pas nouveau. Au XIXe siècle, entre les années 1822 et 1854, il y a eu une épidémie d'incendie dans toute la France.
Et puis moi, ça me fait penser, je ne me souvenais plus, mais pendant les guerres révolutionnaires en 1793 en France, les révolutionnaires obèsphéristes n'hésitaient pas à mettre le feu aux forêts pour déloger ceux qui les résistent. Et les bolcheviques ont fait pareil en Russie clébétique.
Mettre le feu, alors on appelle ça un pyromane, qui est une pathologie psychiatrique, effectivement. Et là, encore une fois, et Hervé, je vous lance là-dessus, c'est-à-dire que, pour l'instant, d'après ce que dit Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, avec les plusieurs dizaines d'appels de feu autour de la forêt de Fontainebleau, il y a fort à parier que, mais là, on n'est plus dans la négligence de l'idiot qui balance son bégo de cigarette, mais de l'acte criminel.
Oui, puisqu'il a dit qu'il y avait, sur une superstition, je ne sais pas, 2000 mètres carrés, il y avait 10 départs de feu simultanés, donc ça n'était pas possible, si vous voulez. Donc c'est forcément criminel, alors on ne sait pas si c'est des mineurs, on ne sait pas si c'est une partie de l'extrême gauche, enfin il y a tout un tas de gens qui sont très intéressés, plus, bon, les criminels de l'habitude, ils les incendiaires, bien évidemment. Non, donc c'est, et là, si vous voulez qu'on se rende que, d'abord, on est mal équipé, parce qu'on n'a pas, paraît-il, qu'on devait acheter deux Canadaires supplémentaires qui n'ont pas été achetés.
Alors ça, c'est, bon, on connaît tous l'histoire, c'est-à-dire qu'il y a du retard, c'est une entreprise canadienne, les gens ont tous attendu, et maintenant, voilà. Donc il y a du délai, voilà.
Il y a du délai, et puis il y a surtout la volonté de ne pas punir, quoi, voilà, il faut dire les choses, en définitive, parce que vous verrez bien, quand ils seront attrapés, ils ne seront rien, comme toujours. Donc à partir du moment, si vous voulez, on peut discuter. Ces discussions, on peut les avoir tous les ans, bientôt.
Oui, non, mais Hervé, moi, je suis tout à fait d'accord avec vous. Simplement, je me suis dit, bon, on parle de la pathologie du pyroman. Alors, il y en a d'autres, malheureusement, le pédophile, enfin, bref, on se dit, mais dans quel monde on est, il y a des comportements humains incroyables. Mais autant, on peut effectivement agir, mais je ne sais pas ce que vous en pensez, vous, Jean-Paul, à Toulouse, essayer d'avoir une politique dissuasive pour les pyromanes, c'est assez difficile, parce qu'une forêt, ce n'est pas 5 mètres de précaré, c'est des milliers d'hectares, ce n'est pas simple non plus. Comment vous voyez les choses, Jean-Paul ?
Tout à fait d'accord, mais par contre, que ce soit des pédophiles ou des pyromanes, il y a une volonté de ne pas sanctionner, une volonté de ne rien faire, de protéger ces gens-là. Donc, il suffit de regarder les trices histoires de pédophilie, qui durent depuis déjà un paquet d'années, et contre lesquelles on ne fait rien. Donc, pour les incendies, c'est pareil. Donc, on va faire quoi ?
Sur la répression, je suis tout à fait d'accord avec vous, et vous venez de le redire, et il semble que chacun ait compris la portée de tout cela, et heureusement, on va vers plus de répression. Mais la prévention, c'est-à-dire anticiper l'acte criminel pour empêcher un feu de forêt, c'est quasiment impossible, Jean-Paul, non ?
Non, on peut anticiper, non, mais surveiller. Donc, à l'heure actuelle, on parle de drones tous azimuts, donc on peut utiliser des drones qui surveillent et qui détectent les départs de feu, mais ça suppose qu'on ait des moyens aériens conséquents. Or, on n'a que 12 Canadair depuis 1990. Depuis 1990, on n'en a pas acheté, on a acheté deux, qui arriveront quand. Airbus devait fabriquer, devait transformer des avions en bombardiers d'eau. Airbus n'a pas travaillé sur le sujet.
Je connais une entreprise qui s'est à Ispre, qui s'est lancée dans la fabrication de Canadair d'hydravions en bombardiers d'eau français, mais le premier avion, il ne pourra voler que dans six ans, compte tenu des délais de fabrication, fabrication des prototypes, homologation.
Et donc ça, effectivement, on est battu. Effectivement, on est battu. Juste pour, parce que je ne vous ai pas posé la question, Frédéric de Paris, au débat qui a été soulevé par Hervé, en guise de conclusion, vous, ça vous semble jouable de prévenir, d'anticiper les actes criminels de départ de feu de forêt ?
Alors, anticiper des actes criminels commis par des gens qui sont malades, ça paraît extrêmement difficile. Par contre, Hervé a raison, on peut mettre, il y a techniquement, là encore, c'est une volonté politique suivie du moyen, on peut mettre en place des moyens de détection quasi immédiate d'un départ d'incendie pour pouvoir le traiter immédiatement. S'agissant des avions bombardiers d'eau, les Canadairs, la chaîne avait été arrêtée parce qu'il n'y avait plus de commande, et la commande tardive faite par un certain nombre de pays européens, c'est un peu compliqué pour Canadair parce qu'il faut reconstruire une chaîne.
Alors, il est vrai qu'il y a une offre française, il y a une double offre française, il y a celle dont Hervé vient de parler, d'une entreprise, une jeune entreprise française qui a mis au point un bombardier d'eau, mais qui ne sera pas disponible avant la fin de la décennie. Et pour conclure ? Par contre, la 400M est disponible, et je pense qu'il devrait voler d'ici quelques jours en format bombardier d'eau.
Merci, vous êtes un spécialiste Frédéric, vous êtes un spécialiste, merci, vous nous éclairez. Alors malheureusement, on reparlera de tout ça, Hervé d'Antoni, Frédéric de Paris, Jean-Paul de Toulouse, on doit vraiment y aller parce que les tontons du Mondial nous attendent, avec Joseph Ruiz, qui est là. Merci Quentin Barbazara pour sa première, on se retrouve demain bien sûr. Rendez-vous avec les vrais voix de l'été dès demain 17h. Merci.
Merci.