L'invité d'Apolline Matin : Prix des carburants... Face à la flambée des prix, une sortie de crise est-elle possible ? - 14/09
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26OuverteRéponse partielle
Ça va monter jusqu'où ?
- 0:35OuverteRéponse directe
Irréaliste d'imaginer un litre de carburant à 3 euros le litre dans les semaines qui viennent ?
- 0:56OuverteRéponse directe
La question, c'est non seulement les prix, mais aussi le volume.
- 1:00OuverteRéponse directe
Vous nous révélez ce matin que les chiffres du volume de vente de carburant atteignent un record à la baisse.
- 2:13OuverteRéponse directe
Les Français espèrent encore peut-être que ça baisse ?
- 3:13OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on a des chiffres sur ce que ne font pas les Français en ne prenant pas cette voiture ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:12PrésentateurChiffre
« Le prix du baril jusqu'à 118 dollars le baril de brut vendredi, 108 au moment où l'on se parle. »
- 1:58PrésentateurChiffre
« Moins 5 à moins 6% de volume. »
- 3:00InvitéChiffre
« On est à 1,6, 1,7. »
- 3:12AuditeurChiffre
« On était à 1,1, on était à 1,7. »
- 5:13InvitéChiffre
« Il y avait 24 raffineries en France en 1975. Il n'y en a plus que 7. »
- 5:47InvitéFait
« Il y a pénurie de produits raffinés. »
- 7:00InvitéFait
« Le règlement méthane serait suicidaire. »
Temps de parole
- Invité51 %
- Présentateur31 %
- Invité 29 %
- ?5 %
- Auditeur4 %
≈ 30,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous
écoutez RMC.
Les
stocks mondiaux sont au plus bas, la reprise du conflit au Moyen-Orient avec à nouveau ce week-end la prise de ce détroit de Babel Mandel. Tout ça a fait monter le prix du baril jusqu'à 118 dollars le baril de brut vendredi, 108 au moment où l'on se parle. Vous êtes toujours avec nous, Philippe Casbas, vous êtes le président de l'UFIP,
c
'est l'Union Française des Industries Pétrolières. Ça va monter jusqu'où
? Alors
voilà une question à laquelle je ne peux pas répondre,
parce
que ça dépend du prix du Brent, ça dépend des tensions qu
'on a pu faire sur le marché. Est-ce qu'il est
irréaliste d'imaginer qu'on puisse se retrouver dans les semaines qui viennent avec un litre de carburant à 3 euros le litre
? Dans les semaines qui viennent, probablement irréaliste. Si le conflit devait perdurer et devait s'éterniser au-delà des mi-terme, plus rien n'est invraisemblable.
Plus rien n'est invraisemblable,
ça veut dire que dans les mois qui
viennent, ça vous paraît non plus irréaliste. La question, c'est non seulement les prix, mais c'est aussi le volume. Et vous nous révélez ce matin que les chiffres du volume de vente de carburant
atteignent
un record à la baisse.
Oui, en cumulé, sur l'année, on doit s'approcher des 5, 5, 5, 6. On a fini
le mois de...
5, 5, 6% de volume de vente
?
Oui.
Ce qui n'est pas en soi quelque chose sur lequel on devrait se consterner, parce que c'est la première fois qu'on arrive à atteindre les objectifs de la transition écologique énergétique. Donc,
le
volume
en
soi... Sauf que c'est subi. Sauf que c'est subi et que c'est pas qu'on n
'a
pas augmenté le prix avec une intervention volontaire qui fait rentrer l'argent d'un côté ou de l'autre. C'est simplement l'effet du marché. Mais le fait est que, pour la première fois, on a vu une demande qui réagissait au prix. Alors, il ne
faut
pas se leurrer non plus, réagir au climat économique, parce que le PIB qui se casse la figure, c'est quelque chose qui est d'avant hors mousse.
La croissance, au moment où l
'on
se parle, est à moins de la moitié de ce qu'elle était prévue pour cette année. Moins 5 à moins 6% de volume. Ça veut dire qu'effectivement, les Français ont tenté de changer leurs habitudes. Les cuves de fuel ne sont pas encore remplies. Là aussi, ils tentent de prendre leur temps. Ils espèrent encore peut-être que ça baisse, les Français ?
Je
ne
sais
pas. Parce que l'espoir de baisse sur le fuel domestique, c'est quelque chose qui est quand même très limité. Je crois qu'ils ont différé au maximum, parce qu'ils n'en avaient tout simplement pas besoin, parce que certains ont fait des remplissages de cuves en mars. Mais, inévitablement, ça va se produire en septembre.
On voit
bien les chiffres
des
vendeurs de fuel, qui disent que, pour le moment, ils sont à 30, 40, parfois 50% en moins de vente. Ça veut
dire
que les gens attendent. Mais là, les gens vont se retrouver piégés. Donc, quand c'est 500 ou 600 euros de plus, pour le coup, à sortir d'un coup, là, ce
n
'est plus un choc au quotidien comme le carburant. Ça va être quelque chose de tout à fait sensible. Oui, si la baisse ne s'amorce pas sur ce fuel, ça va être très, très, très sensible. On est à 1,6, 1,7.
Ça veut dire que, concrètement, ce sont parfois plusieurs centaines d'euros
de plus ?
Ah
bah oui, clairement,
on était à 1,1, on était à 1
,7. Mais est-ce qu'on a des chiffres sur ce que ne font pas les Français, en ne prenant pas cette voiture, en ne consommant pas... À
quoi ça
correspond, quoi
?
À quoi ça correspond ? Parce qu'intuitivement, ce que je me dis, c'est qu'en fait, ça va créer de la baisse de productivité. C'est des zones d'endroits où ils ne vont pas, où ils ne vont pas consommer. Parfois, peut
-être
qu
'ils
ne
vont
pas travailler.
Ce sont des trajets qu'ils ne
font
pas, ce sont des décisions qu'ils
doivent
ajorer.
Il y
a eu la deuxième partie du premier semestre où il y a eu pas mal de rationalisation.
C
'est-à-dire qu'il
y a
des choses qu'on faisait, qu'il n'y
a
pas lieu de faire des livraisons très très courts, qui font partir les camions à vide, etc. Donc tout ça, ça s'est fait. Il
y
a un certain nombre de réorganisations qui ont eu lieu. Et puis, il y a des gens qui commencent réellement à arbitrer. C'est-à-dire que les transports professionnels et contraints sont faits, les transports pour le loisir, un peu moins. Ça, c'est très très clair. L'activité économique
baissant, le
transport de marchandises baisse. Mais enfin, vous comme moi, on regarde la circulation sur les routes et on voit autant de camions que ce qu
'il
y
en
avait avant. Donc il y a des choses à expliquer qu'on n'a pas nécessairement.
On n'a pas
l'explication.
Les gérants de péage
disent que le trafic de camions a plutôt bien tenu, mais que c'est le trafic de voitures particulières.
C
'est exact.
La reprise du conflit au Moyen-Orient ce week-end, avec notamment la prise du détroit de Bab el-Mandeb sur la mer Rouge par les outils qui sont donc des alliés de l'Iran. Ça veut dire que l'autre passage, celui qui permettait parfois justement d'être une alternative au détroit d'Hormuz, a été pris lui aussi et va devenir à nouveau dangereux.
De
la même façon que quand on s'était vu la dernière fois, je modérais sur l'euphorie du signature de l'accord. La prise, c'est des outils qui se déplacent pour l'instant. On n'a pas de signal d'interruption.
Ça ne va pas faire renoncer ou rebrousser chemin à un certain nombre de pétroliers ?
Rebrousser, non, parce qu
'ils
sont dans l'arence.
Il
faut bien qu
'ils
sortent, mais ça aurait un impact.
Quand
même un point, parce que la hausse des prix du carburant est aussi liée à des marges de raffinage exceptionnelles. Il y avait 24 raffineries en France en 1975. Il n'y
en
a plus que 7. Est-ce qu'on peut espérer un jour en France reconstruire des raffineries et ne plus subir cette pénurie sur les produits raffinés ? Une petite précision. Le prix des produits n'est pas dû à la marge de raffinerie. La marge de raffinage, la marge brute de raffinage, c'est un calcul qu
'on
fait qui est quasi bête et méchant. Entre le prix de vente du produit fini sur le marché et le prix du brut.
Il
y a bien pénurie de produits raffinés. Mais il y a pénurie de produits raffinés. Ça, c'est réellement la cause. Il y a trois grands axes dans la détermination du prix de vente. C'est clairement le prix du pétrole brut, y compris transport et assurance, qui a gentiment explosé, la capacité de raffinage et la demande. La demande, on a vu qu'elle était en train de... Mais
est-ce que raffinée, ça peut redevenir rentable en
France
?
Par votre conséquence, aujourd'hui, ça l'est. Dans les six derniers mois, ça l'est. Puisque les raffineries sont des outils industriels qui sont quand même des machines de gaz, c'est
le
cas de le dire, mais qui chassent l'efficacité, qui passent leur vie à produire le litre de carburant au prix le plus bas. Et ce n
'est
pas parce qu'il
y
a le prix qui s'envole Donc il faut faire
revenir des raffineries sur le sol français ?
Ça nous donnerait un levier de plus pour piloter cette crise. Clairement, le jour où on n'a plus de raffinerie, on n'a plus qu'un seul moyen, c'est acheter au prix où on veut nous le vendre. Quand on a des raffineries, quand on a l'outil industriel chez nous, et le savoir-faire, et la filière, et les compétences...
Donc quand
on parle de réindustrialisation, vous vous appelez à un retour des raffineries sur le sol français ?
À minima, faire en sorte que celles qui sont là ne soient pas dans des conditions où elles sont obligées de fermer.
Et il y
a
une menace
? Il y a
des menaces qui existent dans les types de règlements qu'on peut mettre en œuvre. Il y a le règlement méthane, pour ne pas le citer, qui arrive au 1er janvier, qui est un risque fort.
C'est
suicidaire, quoi, vis-à-vis de la souveraineté française ?
Le
règlement méthane serait suicidaire, oui. Mais pour l'instant, on est en train de travailler à faire en sorte de le décaler.
Merci beaucoup. C'est bizarre, cette formule. On est en train de travailler à le faire décaler. C'est-à
-dire
quoi ? C'est-à-dire que le lobby, en quelque sorte, des pétroliers travaillent avec les politiques en leur disant que vous êtes en train de faire une folie
? Oui,
on est en train d'expliquer de montrer, avec les chiffres à l'appui, quel est l'impact réel de ce genre de règlement.
Merci beaucoup d'être venu répondre à nos questions ce matin. Philippe Casbas, je rappelle que vous êtes le président de l'UFIP, l'Union française des industries pétrolières. Et vous nous dites donc ce matin, ce chiffre, une baisse historique des ventes de carburant en France, moins 5 à moins 6%.